- il y a 19 minutes
Après avoir déposé plainte pour viol contre Patrick Bruel, après les prises de position de plusieurs maires qui demandent aux organisateurs d'annuler les concerts de Patrick Bruel, après les dénégations du chanteur et les interventions de son avocat, l'animatrice Flavie Flament prend la parole sur RTL.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 22 mai 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est donc Flavie Flamand qui est l'invité d'RTL Matin.
00:05Bonjour et merci d'être là ce matin Flavie.
00:07Bonjour Thomas.
00:08Merci de votre confiance aussi parce qu'on va parler d'un sujet difficile, d'un sujet douloureux
00:12sur lequel tout le monde ou presque s'autorise à avoir un avis mais qui vous, vous touche intimement.
00:16Et je précise ce matin que je vais vous poser des questions mais que je ne suis ni juge, ni
00:19procureur, ni avocat.
00:21Pourquoi vous avez décidé de parler aujourd'hui ?
00:23Vous aviez dit quelques mots la semaine dernière quand vous avez déposé votre plainte à Mediapart
00:26mais rien depuis, c'était le silence. Pourquoi aujourd'hui c'est le moment ?
00:29Pour deux raisons. Parce que ça fait une semaine précisément que la plainte a été médiatisée.
00:36J'avais porté plainte avant mais j'ai décidé de la médiatiser il y a précisément une semaine.
00:40Parce qu'il se passe depuis une semaine tant de choses.
00:43Il se dit tant de choses.
00:45J'ai voulu laisser faire parce que je pense que ce qui se passe aujourd'hui,
00:49d'un point de vue médiatique et à l'échelle nationale, c'est ce qui se passe aussi parfois dans
00:53les foyers,
00:53dans les institutions, lorsque des victimes qui sont anonymes osent porter plainte enfin.
00:59Et ensuite, parce qu'on ne parle pas dans le bruit, on ne m'aurait pas entendu dans ce bruit
01:03qui a été fait,
01:04dans ce chaos qui a été fait en réponse à cette information.
01:10Donc le moment est venu, vous avez donc porté plainte pour viol contre Patrick Bruel,
01:13pour des faits que vous dénoncez et qui remontent à 1991.
01:17Vous aviez 16 ans à l'époque, il en avait 32.
01:20Pourquoi cette plainte ? Pourquoi maintenant Flavie ?
01:22Parce qu'elle s'est présentée à moi.
01:25C'est un moment que j'attendais depuis longtemps.
01:27Ça n'était pas un moment que je redoutais, j'étais prête.
01:29Je savais, après la consolation, c'était il y a 10 ans,
01:32quand j'avais fait paraître ce livre dans lequel j'accusais David Hamilton.
01:36Je savais qu'un jour, j'aurais une fois de plus rendez-vous avec mon passé, rendez-vous avec la
01:40justice.
01:41Ça s'est présenté à moi en début d'année, avec la première enquête de Mediapart.
01:46Et je ne me suis pas posé de question, puisque je savais depuis des années
01:49que cette heure viendrait où j'enverrais ce fameux texto à la journaliste Marine Turquie
01:54en lui disant « je dois vous parler ».
01:56Donc c'est plus un soulagement qu'une épreuve aujourd'hui pour vous ?
01:59Comment vous le vivez tout ça ?
02:00Alors, maintenant que j'ai parlé, je le vis comme une forme de soulagement.
02:03Vous savez, la parole c'est quelque chose d'absolument fascinant,
02:06la parole des victimes, et je pense que toutes celles qui m'écoutent le comprennent,
02:09et tous ceux d'ailleurs, parce que des hommes sont victimes aussi.
02:13Notre parole, c'est quelque chose que l'on fait taire dans un premier temps
02:19et que l'on doit gérer ensuite.
02:20On vit avec une parole étouffée en nous.
02:23À partir du moment où on décide qu'elle sortira,
02:26là il y a quelque chose de fou, parce que cette parole, elle porte le mal,
02:29le mal qu'on nous a fait.
02:31Et donc, j'ai vécu là deux mois, parce qu'il faut le dire aussi,
02:34ça n'est pas une plainte déposée comme ça.
02:36C'est un processus deux mois, deux mois et demi de travail.
02:40Je me sens soulagée d'avoir enfin parlé, parce que ça faisait deux mois et demi
02:43que je vivais avec la torture du mal que l'on m'avait fait en moi.
02:46Et il fallait à un moment donné que je la partage avec le monde.
02:51Ce viol que vous racontez, c'était donc il y a 35 ans.
02:54À ce moment-là, est-ce que Patrick Bruel sait que vous êtes mineure ?
02:57Est-ce qu'il connaît votre âge ?
02:59Indubitablement, puisque j'ai quelques années auparavant, en 1988,
03:06été médiatisée en participant à une élection pour un magazine de jeunes filles,
03:13de Misoké, à laquelle ma mère m'avait inscrite.
03:16Donc, je pense que ce n'était pas compliqué à ce moment-là de faire un calcul.
03:19Donc, il est conscient de ça.
03:20Ça se passe chez lui à Paris, dans son appartement de la rue Jussieu.
03:23Qu'est-ce qui vous a amené chez lui ? Comment vous êtes arrivée là ?
03:25Je ne saurais pas vous dire, je me souviens de Patrick Bruel appelant chez mes parents.
03:30Je me souviens de ma mère, dans tous ses émois, parce qu'il avait appelé.
03:37Après, c'est compliqué, parce que c'est tout un contexte
03:40que je n'aurais pas le temps de vous raconter, malheureusement, aujourd'hui.
03:43C'était quoi ? C'était un copain ?
03:44Ah non, c'était une idole ?
03:46Ah non, non, non, non, pardon.
03:47Ça n'était ni un copain, j'étais comme toutes les gamines, j'écoutais Patrick Bruel.
03:51Je l'avais rencontré, en fait, sur un plateau de télévision,
03:54parce que Laurent Boyer, à cette époque-là, me permettait d'assister à ses émissions.
03:59Et un jour, en fait, j'ai rencontré Patrick Bruel sur le tournage d'une de ses émissions.
04:03Et quelques mois après, je me suis retrouvée rue Jussieu.
04:06Non, non, ça n'était pas un copain, c'était une star pour moi.
04:09C'était une star.
04:10Vous avez raconté que ce jour-là, dans son appartement, il vous sert un thé.
04:13Après, vous dites que c'est le trou noir.
04:15Vous ne vous souvenez plus de rien jusqu'au moment où vous revenez à vous.
04:18Il se passe quoi alors ?
04:19En fait, je suis rentrée dans cet appartement dont je me souviens très, très, très précisément les détails.
04:25Et je suis rentrée dans cet appartement.
04:26Il m'a proposé un thé.
04:27Je me suis dit, mais le thé, c'est une boisson de vieux.
04:30Et je n'ai pas osé dire non.
04:31Et donc, j'ai bu ce thé.
04:33Et après, j'ai sombré dans un trou noir, ce que j'appelle le blackout.
04:38Et je me suis réveillée.
04:41C'est fou, d'ailleurs.
04:41Je me suis réveillée.
04:42Mon esprit s'est réveillée.
04:43Mon corps ne répondait pas.
04:44Et quand j'ai ouvert les yeux, j'étais allongée sur le dos.
04:47Quand j'ai ouvert les yeux, je l'ai vu.
04:48Il était en train de me remettre mon pantalon comme une poupée.
04:54J'étais dans un état complètement jeté dans le gaz.
04:57J'étais à mort.
04:58Vous dites qu'il s'est passé quelque chose.
04:59Sans doute quelque chose.
05:00Je ne me dis même pas qu'il s'est passé quelque chose.
05:01Je suis absolument effarée, effrayée.
05:05Mon esprit est en panique et mon corps ne répond pas.
05:10Et je le vois.
05:10Il est en train de remettre mon pantalon comme on habillerait un mort.
05:15Et il reboutonne le pantalon.
05:17Il lève les yeux.
05:18Il croise mon regard.
05:19Il voit que je suis réveillée.
05:21Et là, il prend la parole et il me dit tout simplement.
05:26Bien, je te ramène.
05:28Je te ramène.
05:29Patry Brouel conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés.
05:31Et s'agissant de vous, il conteste formellement votre version.
05:34Cette histoire est fausse, a-t-il écrit sur Instagram.
05:36Cette relation ne fut ni violente, ni contrainte, ni sournoise.
05:39Il n'y a eu ni viol, ni drogue.
05:40Je ne l'ai jamais maltraité, ni abandonné devant un hôtel sordide.
05:43Ça, c'est parce que vous avez dit qu'il vous avait laissé devant un hôtel sordide dans la gare
05:46Saint-Lazare.
05:46Lui dit qu'il vous a ramené à la gare pour que vous preniez votre train pour rentrer chez vous
05:50en Normandie.
05:51Son avocat, Christophe Ingrain, a parlé d'une relation parfaitement consentie.
05:55Disant que vous étiez probablement ce qu'on appelle des sex friends.
05:58Autrement dit, des amants qui se fréquentaient de temps en temps.
06:01Vous imaginez, en fait, pour une victime mineure, de s'entendre dire qu'elle était consentante au mal qu'on
06:06lui a fait,
06:07au drame qu'elle a subi, qui a piétiné et ravagé son adolescence.
06:12Ces allégations, cette diffamation, elle est absolument épouvantable.
06:15Mais, en fait, c'est extraordinaire.
06:17Vous aurez remarqué aussi qu'à partir du moment où j'ai porté plainte,
06:20on a eu une variation, en fait, des faits qui est fabuleuse dans cette version.
06:25C'est-à-dire qu'on est parti d'une relation épisodique, selon Patrick Bruel,
06:28à, finalement, une relation consentie, une relation qui a duré des années.
06:32Ça a été une relation épisodique, vous l'avez revue, après ça ?
06:34Mais je ne l'ai revue que dans le cadre de mes émissions de télévision.
06:38Je n'ai jamais eu les coordonnées de Patrick Bruel sur mon répertoire.
06:40Je n'ai jamais eu de relation sexuelle consciente avec lui.
06:44Mais Thomas, si je porte plainte aujourd'hui pour viol,
06:46c'est que vous imaginez bien que je suis consciente de ce que je fais.
06:49Je n'ai jamais eu de relation sexuelle consentie avec Patrick Bruel.
06:54Je l'ai vu une fois, quand j'avais 16 ans, dans cet appartement,
06:57et je ne l'ai revue après que dans mes émissions de télévision.
07:00Je voudrais quand même préciser, parce que c'est hyper important,
07:03que depuis une semaine, la diffamation varie.
07:07Les arguments de la défense, si je puis dire les choses ainsi, varient.
07:12On parle d'une relation épisodique, ça devient une relation sur des années.
07:15On dit qu'on s'est croisés pendant les vacances,
07:17et puis après, on nous dit qu'on est partis passer nos vacances ensemble tous les ans.
07:21Je tiens à préciser quelque chose, c'est qu'il y a une fébrilité, en fait,
07:24avec toutes ces versions.
07:26Toutes ces versions de l'histoire ne font que dénoter une fébrilité.
07:29Quand on détient la vérité, Thomas, quand on détient la vérité,
07:32on ne change jamais de version, et on ne va jamais dans la surenchère.
07:36Jamais, jamais, jamais.
07:37Vous employez un mot qui est un terme juridique, diffamation.
07:40Ça veut dire que vous allez porter plainte ?
07:41Ça veut dire qu'on est en train d'étudier, effectivement,
07:44avec mes avocates, Corinne Hermann et Sonia Camoun,
07:49la possibilité d'actionner des leviers judiciaires.
07:53Mais ce qui se passe aujourd'hui, encore une fois,
07:55c'est l'illustration de ce qui se passe dans toutes les familles
07:57et toutes les institutions lorsqu'une victime porte plainte.
08:00On fait tout pour la faire taire et pour la décrédibiliser.
08:03Alors, vous le revoyez, Patrick Bouel, le 30 septembre 2006,
08:06vous êtes présenté une émission, c'est en marge d'une émission de TF1 à Bercy,
08:10et il vous dit, tu te souviens, on a couché ensemble,
08:12et là, tout s'éclaire pour vous. Là, vous comprenez.
08:14Absolument, mais je ne présente pas l'émission, en fait,
08:16mais je suis en tout cas sur ce tournage,
08:18et je le croise dans un couloir.
08:22J'avais toujours fait en sorte de ne jamais me retrouver en tête à tête avec lui,
08:25jamais tous les deux.
08:26Et je le croise dans un couloir, je le vois arriver, je me retourne,
08:29je vois qu'il n'y a absolument personne, je n'ai pas d'autre choix.
08:32Et il me prend dans ses bras, et il me murmure,
08:35il me murmure à l'oreille, tu te souviens ?
08:39Et je lui dis, non, je me souviens de quoi ?
08:41Et là, il me dit, évidemment qu'on a couché ensemble.
08:44On a couché ensemble, avec précisément ce regard,
08:48ce regard que l'on voit partout aujourd'hui,
08:50ce regard qui est celui d'un prédateur.
08:52Et j'ai trouvé ce moment d'une parfaite impunité,
08:55et ça m'a éclairée sur tout ce qui s'était passé dans cet appartement,
08:58en 1991.
09:00Et pourquoi vous ne portez pas plainte à ce moment-là, en 2006 ?
09:02Ce n'est pas prescrit à l'époque encore.
09:03Mais je ne porte pas plainte parce que je suis absolument enfermée
09:07dans un passé traumatique qui est épouvantable.
09:10Et c'est ça aussi, cette histoire.
09:11C'est une façon d'expliquer que prendre la parole,
09:15c'est quelque chose.
09:16Et que les victimes sont les premières victimes du silence qu'on leur impose.
09:21En 2006, ma carrière est ce qu'elle est sur TF1.
09:25Je suis une femme qui a déjà vécu tellement de violences
09:29que je ne peux pas parler.
09:31Il faut qu'on comprenne ce que c'est.
09:32Viole de David Hamilton, différentes violences.
09:35Il y en a eu d'autres.
09:36Vous avez dit, en gros, j'ai une liste,
09:38mais ce n'est pas le moment de tout sortir maintenant.
09:41Non, parce que la société n'est pas toujours prête à entendre.
09:44Il y en a d'autres ?
09:45Oui.
09:46Vous donnerez d'autres ?
09:47Un jour viendra, l'heure viendra.
09:49Je voudrais juste qu'on respecte le temps de la parole des victimes.
09:52J'ai parlé il y a dix ans pour David Hamilton.
09:54Je parle aujourd'hui pour Patrick Bruel.
09:56À chaque fois qu'on doit prendre la parole,
09:58à chaque fois qu'on doit porter cette parole,
10:01je peux vous assurer que c'est une épopée pour les victimes.
10:03Il y a d'autres personnalités publiques ?
10:05Je ne vous en dirai pas plus aujourd'hui.
10:07Mais ce que je peux vous dire, Thomas,
10:08c'est que mon passé est malheureusement chargé de rencontres.
10:11Pourquoi ?
10:12Parce que lorsque l'on a été victime une fois de viol,
10:15et qui plus est, lorsque l'on a treize ans,
10:17on devient une proie.
10:19Et donc, le plus grand risque pour une personne d'être violée,
10:22c'est d'avoir été violée une fois.
10:24Quand on a été violée, on est en danger de viol toute sa vie.
10:27Lyo a dit, dans la dépêche du midi hier,
10:29on le sait depuis des années,
10:30qu'il aille se faire soigner Patrick Bruel.
10:32Est-ce qu'il était protégé ?
10:34Est-ce qu'il y avait une omerta autour de Patrick Bruel ?
10:37Mais il y a Lyo et il y a tant d'autres qui le disent.
10:40On le savait, tout le monde le savait.
10:42Ça rappelle évidemment ce qu'on disait à l'époque de DSK,
10:45tout le monde savait pour DSK,
10:46tout le monde savait pour PPDA.
10:48C'est vrai ça ?
10:49Mais je le pense, je le pense que tout le monde savait,
10:51je pense que tout le monde taisait,
10:54je pense que tout le monde s'accommodait avec cette vérité,
10:57parce qu'il était une star,
10:59et qu'il était alors intouchable,
11:00mais il était intouchable parce qu'on le rendait intouchable.
11:04Parler, Flavie Flamand, c'est aussi s'exposer,
11:06prendre des coups, et vous le savez,
11:07dans un papier consacré à l'affaire,
11:09le Parisien a affirmé que certains de vos proches tombent des nus.
11:11Et je cite ces témoignages anonymes, on le précise.
11:14Ce qu'elle raconte aujourd'hui,
11:15il est exact opposé de ce qu'elle racontait il y a quelques années
11:17sur son histoire avec Patrick Bruel.
11:18Elle en parlait comme d'une jolie aventure,
11:20c'était ses mots,
11:21et surtout ce n'était pas un sujet tabou,
11:22je ferme les guillemets.
11:23Ça c'est, paraît-il, un homme qui a longtemps travaillé avec vous.
11:26Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
11:28Je n'ai pas grand-chose à répondre
11:29quand je vous dis que cette histoire,
11:30c'est l'illustration de ce qui se passe en fait
11:32dans toutes les familles ou dans toutes les institutions.
11:34c'est une réalité.
11:35Vous savez, quand on saigne, parfois,
11:38la meute est là.
11:40Et je peux vous dire une chose,
11:42c'est que moi, mes proches,
11:44les gens qui sont à mes côtés,
11:46mes proches ne sont pas des gens
11:48qui vont parler de façon anonyme.
11:50Je porte cette parole publiquement.
11:52Mes proches ont le même courage que moi.
11:54Donc aujourd'hui, qu'un papier donne la parole
11:58à deux personnes qui se prétendent mes proches
12:02et qui, d'ailleurs, relaient tous ces mensonges
12:07et cette diffamation,
12:09il y a toujours un intérêt à aller mordre une personne qui saigne.
12:12Et pareil, ça se réglera devant la justice, évidemment,
12:15car ils devront rendre compte aussi
12:16de leurs affirmations devant la justice.
12:18Au-delà de ces personnes-là,
12:19on sait qu'il y a toujours ce conflit
12:21entre la présomption d'innocence qui est fondamentale
12:23et l'écoute de la parole des victimes qui est fondamentale.
12:26Est-ce que vous en voulez à ceux qui doutent ?
12:28Il y a des personnes qui nous écoutent
12:29et qui doivent peut-être se dire « mais pourquoi ? »
12:31C'est tellement difficile.
12:32C'est tellement difficile d'entendre une parole comme celle-là.
12:35C'est tellement difficile de devoir déboulonner ses idoles.
12:38Je peux comprendre que ce soit douloureux pour certains.
12:41Je peux comprendre qu'il faille faire encore beaucoup
12:44et toujours, et je ne m'arrêterai jamais,
12:46ça je peux vous le dire Thomas,
12:47de faire de la pédagogie sur ce sujet.
12:50Ceux qui vont voir au théâtre, là, par exemple.
12:51Mais je suis...
12:54Ça revient à le soutenir de faire ça ou pas ?
12:56C'est...
12:57D'une certaine façon, oui,
12:59mais c'est un choix que tout le monde fait en son âme et conscience
13:02et je vous avoue que moi je suis focus sur la bataille judiciaire
13:06et l'instruction qui nous attend plus que sur ce genre de choses.
13:10La seule chose qui m'importe aujourd'hui,
13:11c'est que les personnes qui sont en contact avec lui
13:13et qui vont au théâtre
13:16ou qui travaillent avec lui sur ses concerts soient protégées.
13:20C'est la seule chose qui m'importe.
13:21Le reste, je vous avoue que je n'ai pas spécialement envie.
13:23C'est pas ma priorité, là.
13:25Oui, mais vous entendez des voix qui se lèvent,
13:26des maires, le maire de Paris, le maire de Nancy...
13:28Oui, absolument, parce que tout le monde
13:30prend ses responsabilités aujourd'hui
13:31et je trouve ça très bien.
13:32Qu'est-ce que ça place sur scène ?
13:33Qu'est-ce que vous pensez de cette...
13:35C'est pareil, je n'ai pas spécialement envie de la développer.
13:37Ce que je peux vous dire, en tout cas,
13:39c'est que les victimes, quand elles prennent la parole,
13:42elles sont dans une très très grande solitude.
13:44Elles sont dans un...
13:46On fait tout pour les faire taire
13:48et elles sont seules.
13:50Un artiste se réassure lorsqu'il est sur scène tous les soirs.
13:53On n'est pas à égalité.
13:55Oui, quelque part, il se réassure avec des applaudissements.
13:59Mais ça n'est pas véritablement l'objet pour moi.
14:03En fait, pour tout vous dire,
14:05je suis depuis deux mois et demi
14:06et depuis une semaine
14:08parfaitement concentrée sur ce qui m'attend
14:09et sur ce qu'il faut faire aujourd'hui.
14:12C'est faire passer des messages
14:13et faire en sorte que toutes les femmes
14:15puissent parler et être entendues
14:17parce que c'est pour ça que j'ai parlé.
14:18Est-ce que vous souhaitez que lui parle,
14:20qu'il s'explique publiquement ?
14:22Il prenne la parole ?
14:23Une chose est sûre,
14:24c'est que vous aurez remarqué
14:26que nous parlons, nous.
14:28Nous prenons la parole.
14:30Quand je vous dis nous,
14:30c'est que depuis une semaine,
14:32tout le monde est concentré
14:34sur un parole contre parole
14:35comme si j'étais seule contre Patrick Bruel.
14:37Je rappelle quand même
14:38qu'il y a aujourd'hui plus de dix plaintes
14:40qui ont été déposées,
14:41qui sont regroupées en fait au parquet de Nanterre.
14:43Je rappelle qu'il y a 30 femmes
14:45qui se sont exprimées.
14:46Mais je ne vous dis pas tout ce qui y arrive,
14:48tout ce qui se passe depuis une semaine,
14:50tous ces témoignages qui arrivent,
14:51c'est un raz-de-marée.
14:53Donc aujourd'hui, je pense que oui,
14:56il conviendrait en tout cas
14:58de prendre la parole.
14:59Mais vous aurez remarqué que
15:00tout simplement, nous, nous le faisons.
15:02Et ce ne sont pas nos conseils
15:04qui parlent pour nous.
15:06S'il le faisait,
15:07s'il était en face de vous,
15:08qu'est-ce que vous lui diriez à Patrick Bruel ?
15:09Alors, ça n'est pas à vous
15:11que je vais le dire.
15:12Et je ne vais pas le partager
15:14ce matin sur RTL.
15:16Mais je suis absolument prête,
15:17en tout cas,
15:18à le faire devant un juge.
15:19Vous êtes impatiente de ce moment,
15:20vous l'aurez les yeux dans les yeux ?
15:21Je suis prête.
15:22Ce n'est pas une question d'impatience.
15:23Je suis prête comme pour tout le reste.
15:25Je vois pour terminer
15:25que vous avez un serpent
15:26à trouver sur la main.
15:27C'est peu commun.
15:29Ma question était incongrue,
15:30mais ça a un rapport
15:31avec tout ce que vous avez vécu,
15:32ce serpent ?
15:33C'est fou,
15:34parce qu'en fait,
15:35j'ai toujours eu cette évidence en moi
15:38de porter ce serpent
15:39comme...
15:40Et aujourd'hui,
15:41en fait,
15:41il prend une toute autre dimension,
15:43effectivement.
15:44Il est bien possible,
15:45vous savez,
15:45parfois on fait les choses
15:46de façon...
15:48En fait,
15:48les choses s'écrivent
15:49un peu malgré nous.
15:50Il est bien possible
15:50que ce serpent,
15:51effectivement,
15:52soit là,
15:52et pas par hasard.
15:53Merci beaucoup,
15:54Flavie Mappel,
15:55d'être venu ce matin sur RTL.
15:56Merci infiniment.
15:57A suivre,
15:58c'est l'œil de Grèce.
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