00:01Et bonjour mon cher Franck de Dieu, bonjour Maxime, drôle d'époque, là on est parfaitement dans le thème, vous
00:05êtes rédacteur en chef à Marianne, la une de votre hebdomadaire, la Belgique sous emprise islamiste, la France dans 10
00:11ans, c'est en tout cas la question que vous posez, c'est la question que vous posez, en effet
00:15c'est à retrouver donc en kiosque et sur le site internet.
00:17Mais ce matin, pour cette chronique, mon cher Franck vous intéressez à un sujet, mais alors qui provoque et qui
00:22met le feu aux poudres depuis quelques heures, arros sur les hyper et sur les supermarchés, c'est un rapport
00:27sénatorial qui a été dévoilé il y a quelques heures et qui pointe du doigt, on en parlait tout à
00:31l'heure dans le journal de 7h30, les pratiques de la grande distribution qui font pression sur l'agroalimentaire et
00:37pour le dire quand même simplement, qui se taille la part du beefsteak, donc l'inflation dans les rayons au
00:42détriment des consommateurs, fait les affaires en fait de la grande distrib.
00:45Et oui Maxime, les sénateurs de la commission d'enquête, comme vous dites, ne ménagent pas les Leclerc, Auchan et
00:50autres carrefours, ils ont fait 200 auditions de grands pros du secteur, c'est donc une affaire sérieuse, et ils
00:57avancent 3 chiffres qui parlent d'eux-mêmes, 3 pas plus.
00:59Sur 100 euros dépensés par le consommateur d'un alimentaire, 40 vont aux hypermarchés, 35 aux importateurs, les fameux intermédiaires,
01:0914 à l'industriel, industriel j'entends par là les fournisseurs de produits que l'on trouve en rayon,
01:14et 8 à peine vont dans les poches des agriculteurs.
01:18L'un prend le gros du morceau, les grandes enseignes, l'autre une part non négligeable, les industries de l
01:24'agroalimentaire, et celui qui produit dans les champs avec les difficultés que l'on sait, l'agriculteur, il récupère des
01:30miettes.
01:30Alors la sénatrice, présidente de la commission, une centriste bontain, Anne-Catherine Loisier, pas du genre à vouloir abattre tous
01:37les matins le mur de l'argent, elle parle de déséquilibre structurel,
01:41alors ils sont polis les sénateurs, le terme d'accaparement, voire de spoliation, paraissent plus indiqués.
01:49Alors, comment foncer super et hyper pour emporter le gros du morceau ? C'est un peu l'objet de
01:54l'enquête, c'est l'objet de cette commission.
01:56Alors il y a plusieurs techniques diaboliques, il y en a une qui est réputée, c'est que dès le
02:03début de négociation, quand ils sont autour de la table,
02:07la grande distribution menace de diminuer les commandes, de différencer les produits.
02:15Certaines entreprises, notamment dans les produits frais, preuvent se retrouver très dépendantes à 60% d'une seule grande enseigne.
02:21Pas besoin de vous faire un dessin, Maxime, ces boîtes finissent par manger dans la main des grandes surfaces.
02:27Et certaines ne peuvent pas compenser le coût de l'énergie, vous en parlez beaucoup sur cette radio, et donc
02:33finissent par fermer boutique.
02:34Donc ok, ça on l'a, Franck, les grandes surfaces ont du pouvoir, mais vous n'allez quand même pas
02:38nous faire pleurer sur les multinationales,
02:40comme, allez au hasard, Danone, Coca-Cola, Ferrero, Nutella et autres producteurs de lessive, par exemple.
02:45Parce qu'eux, à la limite, qui ne gagnent pas d'argent, bon...
02:48Non, mais alors, c'est vrai, les noms que vous citez, ils font des profits, ils ne sont pas sur
02:51la paille.
02:53Mais, d'abord, ne figurent pas simplement des géants dans cette histoire.
02:57Il y a en France des entreprises de l'agroalimentaire de petite taille, c'est pas que des géants, et
03:02qui souffrent.
03:03Un chiffre, 30% des PME de l'agroalimentaire en France sont déficitaires.
03:07Si elles sont déficitaires, Maxime, c'est donc bien qu'il y a un problème au niveau de leur prix.
03:11Elles n'arrivent pas à vendre trop cher.
03:13Donc, vous imaginez aussi les effets pour l'emploi.
03:15Mais, le vrai problème réside en amont, à l'échelle des agriculteurs.
03:21Il y a eu, en 2024, 1500 faillites d'exploitation agricole.
03:2542% des agriculteurs se trouvent en situation de sur-endettement.
03:30Tout est fait, tout est fait, pour les privés d'une juste rémunération.
03:34Le rapport parlementaire dénonce une autre pratique, qui est au détriment, directement, des agriculteurs.
03:40Les centrales d'achat mettent en place des grands géants, ce qu'on appelle, se regroupent.
03:48Et ces mastodontes, qui sont nées de regroupements d'enseignes, se trouvent à l'étranger.
03:53Et ils font peser une pression d'enfer sur les prix.
03:55Se mettre à l'étranger, c'est une manière, selon les sénateurs, de contourner la loi EGalim,
04:00qui devait protéger les agriculteurs, notamment face à la hausse de leurs coûts de production.
04:06Donc, s'il faut qu'on soit totalement francs, on peut dire que les agriculteurs sont clairement le dindon de
04:09la farce.
04:10Et les consommateurs, nous, dans cette histoire, alors qu'en permanence, les gros patrons se présentent comme les amis des
04:16consommateurs,
04:17c'est-à-dire de nous, c'est faux ?
04:19C'est faux. C'est exactement ce que dit le rapport.
04:21Les hyper et les super à les écouter, leur pratique d'approvisionnement à prix cassé, serviraient aux consommateurs.
04:28Ils sont contents d'acheter moins cher.
04:29Le rapport sénatorial fait sonner un autre son de cloche.
04:33Et il dit, je le cite,
04:35« Depuis 2021, les prix de vente en magasin augmentent plus vite que les tarifs négociés avec les fournisseurs. »
04:42Ça veut quand même dire qu'il y a une surmarge qui se crée.
04:46Alors, les sénateurs avancent des idées pour rééquilibrer le rapport de force.
04:50Il y en a un qui est intéressant, que je soumets à votre sagacité.
04:55Il est préconisé un affichage obligatoire des marges de la grande distribution sur les produits non transformés.
05:02En gros, les fruits et légumes.
05:04On en déduirait ainsi ce qui reste aux agriculteurs.
05:07Et les consommateurs pourraient choisir les produits les plus favorables aux agriculteurs.
05:12La transparence, Maxime, ça a tout de même des vertus.
05:14Ça, c'est sûr. Merci beaucoup, mon cher Franck Dodieu, pour cet édito.
05:18Drôle d'époque, ça c'est sûr, drôle d'éproque.
05:20Surtout quand on voit que les patrons de supermarchés sont absolument partout sur toutes les antennes et se présentent comme
05:24le meilleur ami des consommateurs.
05:25Ça tombe bien que vous ayez écrit sur ce sujet, mon cher Franck.
05:28Parce que dans une vingtaine de minutes dans ce studio, c'est le ministre de l'économie, Roland Lescure.
05:31On va lui poser la question.
05:33Rappelez-vous, la ministre de l'Agriculture avait parlé, en parlant justement de ses distributeurs, des grandes distributions.
05:38Elle avait évoqué, rappelez-vous, un terme quand même qui n'était pas piqué des hametons.
05:42Elle avait évoqué pendant un temps des marges mortifères de la part de la distribution.
05:46Est-ce qu'après ce rapport, le ministre de l'économie tiendra le même discours ?
05:49On lui posera la question.
05:508h10, 8h30.
05:51Je le crains.
05:52On est obligé.
05:53On a un devoir ce matin, mon cher Franck de Dieu.
05:54Dans un instant, l'actualité en plus.
05:56On va parler rugby avant les journaux de 8h.
05:58Eh bien oui, il y a du programme.
05:59Croyez-moi, ce week-end, on a pas mal de challenges avec la Champions Cup et la Challenge Cup.
06:03On fait le point avec Alexandre Priam, que vous connaissez bien.
06:06Et ce sera un week-end, bien sûr, rugby à suivre sur Sud Radio.
06:09La radio du rugby.
06:10A tout de suite.
06:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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