Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Avec Joy Raynaud, géographe spécialiste de l’accès aux soins et des inégalités territoriales de santé, coordinatrice de l’étude

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-05-22##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:05Il est 7h42 sur Sud Radio et on vous explique ce matin ce chiffre absolument aberrant.
00:1063% des patients en France disent avoir déjà renoncé à consulter un médecin.
00:15Bonjour Joyeux Raineau.
00:17Oui, bonjour.
00:18Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:19Vous êtes géographe, spécialiste de l'accès aux soins et des inégalités territoriales de santé
00:23et coordinatrice justement de cette étude en lien avec la Fondation Jean Jaurès et Doctolib.
00:28Première question, je viens de le citer, on a eu ce 63% des patients qui disent avoir déjà renoncé
00:34à consulter.
00:35C'est le gros enseignement de votre étude ?
00:38Oui, celui-ci parmi d'autres, mais celui-ci est particulièrement important
00:43parce que justement il reflète la réalité des patients.
00:46Qu'est-ce qui se passe lorsque l'on recherche un soin ?
00:49Est-ce qu'on aboutit à ce soin ?
00:51Et quel est le délai d'attente pour consulter un professionnel de santé ?
00:55Tout à fait.
00:56Et autre chiffre qu'il est sans doute nécessaire de mettre en lumière ce matin et qui se trouve dans
01:00votre étude
01:00et à vous de l'expliquer et peut-être de rentrer dans le détail de ce chiffre.
01:04Écoutez bien, 32 jours d'attente en moyenne en France pour avoir rendez-vous avec un spécialiste.
01:10Et c'est une moyenne, 32 jours Joy Rano.
01:13Oui, tout à fait. C'est l'un des principaux enseignements de l'étude.
01:17En fait, on a la chance d'avoir un volume considérable de consultations à analyser via Doctolib.
01:23Et on a des écarts observés entre les professions qui sont considérables.
01:28Tout en bas de ces écarts, on retrouve le temps pour consulter un médecin généraliste qui est de 3 jours
01:35sur l'ensemble de la France.
01:37Donc ça, c'est des délais qui sont plutôt contenus, bien qu'il y ait des grandes disparités par rapport
01:42au territoire.
01:43Mais tout en gros, effectivement, on a 42 jours pour consulter un cardiologue, 32 jours pour consulter un dermatologue.
01:51Et donc, voilà, ces éléments sont très importants à prendre en compte pour agir, voir ce qui se passe.
01:57Et surtout, regarder les dynamiques de ces professions, notamment depuis 2023.
02:01On a fait un premier volet en 2023.
02:03Et ce qui est intéressant, c'est de voir les spécialités qui augmentent, dont le temps d'attente augmente,
02:08et puis celles qui, au contraire, ont un délai qui s'améliore.
02:11– Joy Reynaud, en rappelant que vous êtes géographe, spécialiste de l'accès aux soins et des inégalités territoriales de
02:16santé,
02:16coordinatrice de cette étude, et je le dis franchement, fascinante,
02:19qui était à la une de la dépêche du midi hier, une étude pour la Fondation Jean Jaurès,
02:24en lien avec la plateforme Doctolib, qui est connue.
02:28Vous avez quand même consulté près de 234 millions de données et de rendez-vous
02:32qui ont été effectués sur cette plateforme.
02:34Conséquence de ce que vous venez de dire, du temps d'attente,
02:36évidemment des personnes qui refusent ou qui se mettent, si vous voulez, un peu au pied du mur
02:40et qui ne vont pas consulter.
02:42Mais la plupart, il y a une conséquence, c'est que la plupart des patients,
02:45aujourd'hui, pour consulter, préfèrent aller aux urgences.
02:49– Oui, alors c'est vrai qu'il y a eu une donnée qui était vraiment intéressante par rapport à
02:54ça.
02:55C'est-à-dire qu'on a, sur l'enquête que l'on a menée auprès des patients,
02:58pour éclairer un peu ce qui se passe au niveau des délais,
03:00ceux qui n'arrivent pas à avoir de rendez-vous, qu'est-ce qu'il se passe ?
03:03Eh bien, on a un patient sur quatre qui va aux urgences
03:07parce qu'il n'a pas réussi à trouver de rendez-vous.
03:09– 23%, c'est ça ?
03:09– Et de rendez-vous souvent en ligne.
03:11– Oui, exactement, 23%.
03:12Ce chiffre est important.
03:15Il concerne surtout des populations un petit peu plus précaires,
03:18sans activité professionnelle, et des ouvriers également,
03:21dont le taux de renoncement est plus élevé
03:22parce qu'ils n'ont pas réussi à trouver de rendez-vous.
03:25Et puis, il y a un autre phénomène qui se passe en parallèle
03:29et qui est intéressant, c'est qu'un patient sur cinq
03:32évite d'aller aux urgences grâce à la prise de rendez-vous en ligne.
03:37Ils ont pu obtenir un rendez-vous rapidement en ligne,
03:39par exemple sur Doctolib ou d'autres plateformes.
03:42Et là, on voit que ce sont surtout des urbains.
03:44Donc, vous voyez, il y a un clivage urbain rural
03:46en termes d'utilisation de ces outils pour consulter.
03:50Et donc, parfois, on n'y arrive pas, on ne trouve pas de rendez-vous,
03:53on va aux urgences.
03:54Et à l'inverse, on arrive à utiliser ces outils
03:57pour éviter un passage aux urgences.
03:59Et alors, vous venez de parler des disparités
04:01entre la ville et parfois des zones plus rurales.
04:04Quelles sont précisément les zones en France, alors,
04:06où on peut le dire, il y a un accès aux soins
04:07qui est beaucoup plus critique ?
04:10Alors, ce qui n'est pas évident,
04:13c'est qu'effectivement, tous les territoires
04:16sont concernés par des délais qui sont potentiellement longs
04:18et la lecture se fait par spécialité, par profession.
04:22Il n'y a pas un paysage unique
04:23où vraiment, dans un territoire absolument, tout va mal.
04:26Ça, c'est vraiment un enseignement fort.
04:29Par contre, là où tout va bien,
04:32globalement et de manière assez répétée,
04:34ce sont les départements de l'île de France,
04:36mais aussi le pourtour méditerranéen
04:38et notamment les Alpes-Maritimes,
04:40où là, on a beaucoup de médecins
04:42et les délais sont diminués.
04:44Et comment expliquer aussi, dans ces disparités,
04:47comment on peut expliquer les difficultés
04:49pour certaines spécialités ?
04:50Vous en avez évoqué quelques-unes au début de notre conversation,
04:53Jairénaud, mais c'est quoi ?
04:54C'est à cause du vieillissement de la population ?
04:56Est-ce que c'est le problème de numerus clausus
04:58qu'on évoque assez régulièrement
04:59dans les débats politiques et médiatiques ?
05:01Oui.
05:02Alors, effectivement, vous avez raison,
05:03il y a plein de facteurs qui jouent.
05:05Tout d'abord, le nombre de médecins diminue,
05:10de professionnels de santé libéraux diminue
05:12parce que c'est une population qui est vieillissante,
05:14il y a des départs à la retraite à prendre en compte.
05:17Et puis, dans certaines spécialités,
05:19les besoins explosent.
05:21Je pense par exemple à la cardiologie,
05:23où on sait que les maladies cardiovasculaires
05:25sont en progression nette,
05:27on a un vieillissement de la population
05:28qui est très important en France.
05:30Et donc, on a des besoins qui explosent
05:33et un nombre de cardiologues
05:34qui a tendance à diminuer
05:36étant donné les départs à la retraite.
05:38Mais ce qui est intéressant dans l'étude,
05:41je vous en prie,
05:42ce qui est intéressant dans l'étude,
05:44c'est que, en fait, il n'y a...
05:45Bien sûr, quand le nombre de professionnels
05:48est important sur un territoire,
05:50ça améliore le délai.
05:51Et au contraire, quand le nombre est plus faible,
05:53le délai augmente.
05:54Mais ce qu'a révélé l'étude,
05:56c'est qu'il y a un autre élément
05:57qui est très important,
05:58c'est l'organisation de la profession.
06:00Et par rapport à ça,
06:01on peut citer l'ophtalmologie
06:03qui fait exception
06:04parce que c'est une spécialité
06:05où les délais étaient très longs
06:07il y a 10 ans
06:08et ils ont diminué leur délai
06:10de plus de la moitié
06:11parce qu'ils se sont réorganisés
06:13à l'intérieur du cabinet médical.
06:14Ils ont fait appel au travail aidé,
06:16ils travaillent avec des orthoptistes salariés,
06:19ce qui fait que ça fluidifie
06:21l'accès au cabinet
06:22et l'ophtalmologue peut voir
06:25un plus grand nombre de patients
06:27grâce à cette réorganisation en interne.
06:29Donc là, on n'est plus qu'à 21 jours
06:30de délai en ophtalmologie
06:31contre 42 il y a quelque temps.
06:33Donc il y a des spécialités
06:34qui savent s'adapter
06:35et pour tous ceux
06:35qui veulent plonger
06:36dans le détail de cette étude,
06:37je la recommande vivement.
06:38C'est donc une étude
06:39pour la Fondation Jean Jaurès
06:40avec Doctoli.
06:41Merci beaucoup,
06:41Joy Grenaud,
06:42d'avoir été avec nous ce matin
06:43pour nous expliquer ces chiffres
06:44assez sidérants.
06:45Et je rappelle le plus important,
06:4663% des patients en France
06:48disent avoir déjà renoncé
06:50à consulter,
06:51faute de place,
06:52manque d'un temps
06:52ou d'un délai
06:53trop raisonnable.
06:54Merci beaucoup d'avoir été avec nous,
06:55géographe,
06:56spécialiste de l'accès aux soins
06:57et des inégalités territoriales
06:58et donc coordinatrice
07:00de cette étude.
07:00Il est 7h49.
Commentaires

Recommandations