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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:02Bonjour Jean-Philippe Tanguy, Sébastien Lecornu doit annoncer cet après-midi les aides du
00:08gouvernement pour les automobilistes. Doit-il creuser le déficit pour aider les français ?
00:13Mais vous savez, il est possible de faire beaucoup d'économies dans notre pays. La
00:16mesure que propose le rassemblement national, effectivement, baisser de 40 centimes le litre
00:21pour les consommateurs, ça représente 16 milliards d'euros par an, c'est 1% de la dépense publique.
00:26On estime que ces économies sont possibles et que le chantage entre le pouvoir d'achat des français et les
00:31comptes publics n'est pas justifié. Et d'ailleurs, vous verrez, même si les mesures ne sont pas prises,
00:34il faudra quand même faire beaucoup d'économies, ce que le gouvernement ne fait pas.
00:37Creuser le déficit même provisoirement, parce que vous allez me dire que vous, vous avez des mesures
00:40pour régler le problème. Creuser le déficit même provisoirement, c'est pas grave.
00:45Sincèrement, moi je pense qu'on peut faire des économies très rapidement, je le pense. On les
00:49propose, on les assume. D'ailleurs, la gauche nous accuse d'être austéritaires maintenant parce
00:54qu'effectivement, on a un plan d'économie très fort. Donc on a la gauche qui nous accuse de vouloir
00:59faire trop d'économies. Le gouvernement, trop de dépenses. C'est sans doute qu'il y a un chemin de
01:03traverse.
01:04– Votre plan, votre façon de baisser le carburant, c'est de baisser la TVA pour tout le monde.
01:09Est-ce que vous assumez que vous permettez donc de baisser la TVA, même pour des gens comme vous et
01:13moi
01:13qui n'en ont pas besoin. Là, il y a des gens qui vont partir en week-end de Pentecôte.
01:17Tout le monde, même le bourgeois, entre guillemets, qui partira en week-end, pourrait bénéficier
01:22sur fonds publics, sur fonds publics, de baisse de carburant dont il n'en a pas besoin.
01:27– Oui, parce qu'il faut une mesure simple, compréhensible, applicable immédiatement.
01:31Et vous savez très bien qu'il y a des mesures dans le programme du Rassemblement National
01:34d'équité fiscale pour rattraper ces petits avantages. Mais vous savez, c'est pas grand-chose
01:39effectivement pour les plus privilégiés. C'est beaucoup pour les classes moyennes.
01:42Et dès que vous mettez des critères, plus personne ne comprend rien.
01:44C'est la machine à gaz, l'usine à gaz, pardon.
01:47– Donc on le fait pour tout le monde, même pour ceux qui n'ont entendu.
01:48– Absolument, mais on l'a toujours assumé. Et il y a d'autres mesures d'équité fiscale.
01:52Mais là, la société française a besoin d'air. Elle a besoin de pouvoir respirer.
01:56Parce que vous parliez, à juste titre, du déficit.
01:58Si on rentre en récession à cause d'une baisse de la consommation,
02:01mais aussi d'anticipation de la crise, les conséquences pour les recettes fiscales
02:06et pour le déficit seront pires que la mesure de TVA qu'on propose.
02:10– Emmanuel Moulin est désormais gouverneur de la Banque de France.
02:13Il n'est pas compétent pour le poste ?
02:15– Non, sincèrement, je ne pense pas.
02:17– Il n'est pas compétent ?
02:17– Non, non, non, sincèrement, je ne pense pas.
02:19Parce que quand il était à des postes de responsabilité,
02:21notamment la direction du Trésor, qui a un rôle très important
02:24pour la prévision du déficit, il était responsable
02:26des fameux 40 à 60 milliards d'euros d'erreurs, de prévision de recettes, pardon,
02:31qu'on conduit au pire déficit de la Ve République hors crise.
02:362022, 2023, 2024.
02:38– Est-ce que, selon vous, Emmanuel Macron l'a proposé à ce poste
02:42pour vous empêcher de gouverner ou d'appliquer votre programme
02:45si, par hasard, vous deviez gagner les élections ?
02:47– C'est possible, c'est un peu ce qu'on se dit dans les couloirs
02:50de l'Assemblée nationale ou dans les rédactions à Paris.
02:53– Il aurait ce pouvoir ? Parce que j'ai regardé les textes, c'est long.
02:56Si on vous prête l'envie d'aller à Bercy, si, par hasard, vous gagnez ?
03:00– Le gouverneur propose des taux d'intérêt, c'est le gouvernement qui décide
03:08en quoi le gouverneur de la Banque de France peut empêcher un gouvernement élu de gouverner.
03:13– C'est surtout le verrouillage des institutions qui nous inquiète, M. Borchlein,
03:17c'est-à-dire qu'on a eu la Cour des Comptes, où Mme de Montchalin, très proche
03:19et ministre sortante, a été à la Cour des Comptes, alors qu'elle est très jeune
03:23et qu'elle n'avait pas les compétences et l'indépendance requises,
03:26au Conseil d'État, encore un très proche d'Emmanuel Macron,
03:29qui a les compétences requises mais qui a un parcours de non-indépendance assez inquiétant
03:33et maintenant la Banque de France, qui a quand même des responsabilités
03:36sur la prévision, sur l'analyse, sur l'accompagnement des entreprises
03:39sur le terrain et des ménages sur le sur-en-dépendant.
03:41– Mais ça n'empêche pas de gouverner ?
03:41– Non, mais c'est un verrouillage des institutions et surtout, c'est une voie à Bruxelles
03:46et vous savez à quel point notre programme a aussi des enjeux de rapports de force,
03:51de renégociations d'un certain nombre de normes ou de réglementations européennes
03:55et la voie de la France à Francfort, à la Banque Centrale Européenne,
03:58elle sera portée par M. Moulin, donc un très proche d'Emmanuel Macron
04:01et là ça pose un problème parce qu'il peut porter une voie politique
04:05puisque pour le coup la politique monétaire, elle a des fortes implications
04:09sur la politique économique et sur l'état économique de notre société
04:14et là c'est inquiétant par rapport à la nomination de M. Moulin.
04:16Alors c'est vrai qu'on est très loin des préoccupations sur le carburant
04:19mais nous on voulait alerter les Françaises et les Français
04:21et puis excusez-moi d'un point de vue démocratique,
04:23certes la Constitution a été respectée hier,
04:25enfin il y a quand même 54% des parlementaires
04:27qui n'étaient pas d'accord avec la nomination d'Emmanuel Moulin.
04:29Certes ça n'empêchait pas Emmanuel Macron de le nommer,
04:32c'est la Constitution, par contre Emmanuel Moulin aurait pu se dire
04:35que comme il était en minorité, il aurait peut-être dû pas accepter le poste.
04:38Ça pose quand même un problème de morale, d'éthique publique.
04:41Quand vous êtes mis en minorité au Parlement,
04:42la moindre des choses ce serait de partir quand même.
04:44– On a du mal à savoir ce que vous proposez sur les retraites.
04:46Dans votre programme, l'âge légal, c'est le retour à 62 ans.
04:51Jordan Bardella a dit, nous examinons le système,
04:54ceux qui ont commencé à travailler plus tard doivent être tenus responsables.
04:59C'est ce qu'il a dit.
05:01Le Rassemblement National envisage-t-il qu'il y ait dans son programme
05:04un report de l'âge légal au-delà de 62 ans ?
05:08– Non, je ne crois pas.
05:09– Vous ne croyez pas, vous êtes sûr ?
05:11– Je ne crois pas, moi aujourd'hui le programme il est certain, il est sûr.
05:14Jordan Bardella l'a présenté encore de cette façon aux dernières élections législatives
05:18et je n'ai pas de raison, aucune raison de croire l'inverse.
05:21Ce que Jordan Bardella a voulu dire, je pense,
05:23et ce qu'il nous a expliqué évidemment dans l'accompagnement de cette interview,
05:26c'est qu'il faut donner les moyens de cette réforme.
05:29Il faut trouver les ressources fiscales, il faut trouver les ressources économiques
05:31pour financer notre modèle social.
05:33Et ça applique, pour faire suite à votre question effectivement.
05:35– Parce qu'il a dit.
05:36– Si, que ceux qui travaillent tard, que ceux qui ont commencé à travailler tard,
05:39ceux qui ont fait, vous parlez de vous et de moi,
05:41qui ont fait des études, qui ont eu la chance de faire des études
05:43ou qui ont pu commencer à travailler plus tard que des métiers plus difficiles,
05:47contribuent pour permettre à ceux qui ont travaillé tôt
05:49et qui ont des métiers difficiles de partir avant 62 ans.
05:52– Contribuer, ça peut être de travailler au-delà de 62 ans.
05:55– De toute façon, ceux qui ont commencé à travailler, par exemple,
05:57à 25 ans avec un emploi pérenne,
05:59ils doivent aller travailler jusqu'à, pour ne pas avoir de décote,
06:02ils doivent travailler 42 ans, donc c'est au-delà de 62 ans.
06:04– Dans maintenant à peu près 45 jours, on saura qui est votre candidat.
06:07Si Jordan Bardella devait être votre candidat,
06:10vous excluez qu'il revienne sur cet aspect du programme
06:13qui veut que l'âge légal est à 62 ans.
06:15– Mais il a toujours pris l'engagement.
06:17– Je ne vous sens pas très sûr quand même.
06:19– Non, mais parce que je réponds à votre question
06:21dans le sens, moi je ne vais pas faire de la langue de bois,
06:23donc vous me posez une question, je réponds à la question
06:26avec les informations que j'ai, dont je dispose.
06:29Et Jordan Bardella a toujours présenté ce programme
06:31et je crois qu'il y a une mauvaise interprétation
06:34de son interview, pardon,
06:36dans le sens où ce n'était pas une remise en cause
06:37des 62 ans, c'était une analyse
06:39pour montrer qu'il fallait le financer.
06:41Mais ça, le programme de Marine Le Pen et Jordan Bardella,
06:43il a toujours été très clair.
06:44On ne rase pas gratis.
06:46Le but de cette réforme, pardon,
06:48est d'augmenter ce qu'on appelle le taux d'emploi,
06:50donc les cotisations et donc le financement du système.
06:53Et ce qui est certain, M. Borchlein,
06:54c'est que de toute façon, si on n'augmente pas le taux d'emploi
06:56et la productivité dans notre pays,
06:58aucune réforme des retraites, aucune promesse électorale
07:00ne pourra être tenue et les Français n'en auront pas pour leur argent.
07:03Très rapidement, on dit 10 secondes dans l'oreillette,
07:05ici même Emmanuel Grégoire a demandé à Patrick Bruel
07:08de renoncer à chanter à Paris.
07:10Les uns après les autres, les maires des différentes villes
07:12ont dit à peu près la même chose.
07:13Souhaitez-vous que les maires des désormais plus nombreuses villes
07:16RN, eux aussi, renoncent à faire venir Patrick Bruel ?
07:20C'est très compliqué parce que, comment dire,
07:22c'est une condamnation par avance.
07:24Il y a la présomption d'innocence, il faut écouter les victimes,
07:26il faut les respecter.
07:27Moi, je comprends.
07:29Est-ce que vous avez envie qu'ils chantent dans une ville
07:31dirigée par le RN ?
07:32Moi, à titre personnel, je n'ai pas spécialement envie,
07:34mais la présomption d'innocence fait qu'on ne peut pas
07:36politiquement condamner une personne qui n'a pas eu son procès,
07:39qui n'a pas pu se défendre.
07:40C'est quand même, c'est très compliqué.
07:42Jean-Philippe Tanguy, invité des 4V.
07:44Bonne journée à tous.
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