Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste spécialiste de l'école, était l'invité de Première Édition pour évoquer les résultats du baccalauréat et la valeur de ce dernier.
00:007h45 sur BFM TV, notre invité d'un première édition, Jean-Paul Brigheli, enseignant, SCI, spécialiste de l'école, auteur de la fabrique de crétins aux éditions de l'Archipel.
00:10Alors les résultats du bac français seront publiés à partir du 7 juillet, mais il y a qu'un jour il y avait une réunion pour harmoniser les barèmes en matière de correction pour le bac français.
00:18La grammaire et l'orthographe deviennent secondaires. Jean-Paul Brigheli, en fait, on accepte tout et n'importe quoi maintenant dans les copies ?
00:30Alors je voudrais d'abord féliciter les candidats qui viennent de battre tous les records de moyenne. Les chiffres sont tombés sur Ex-Marseille hier soir.
00:41Ils ont presque 13 de moyenne à l'écrit en français et pas tout à fait 14 à l'oral. C'est extraordinaire quand on pense que pendant toute l'année, ils ne savaient pas orthographier,
00:52ils ne savaient pas écrire, ils ne savaient pas qu'ils en mettaient des majuscules en début de phrase. Bien. Donc les réunions sont guidées par un mot de base
01:01qui est la bienveillance. Donc on a été bienveillant, on a remonté les notes comme il fallait, ils auront le bac qui en soi ne leur sert à rien
01:12puisque Parcoursup a déjà décidé de ce qu'il ferait en terminale. Voilà. C'est ça le résultat.
01:19Donc ce que vous dites en substance, Jean-Paul, c'est qu'on marche sur la tête et qu'on a donc laissé filer à la fois sur la grammaire et sur l'orthographe.
01:30C'est terrible.
01:34Ah ben je vous rappelle que d'après un leader que je ne nommerai pas, la langue française en soi n'existe plus. Il n'y a plus qu'une langue créole qui est faite d'improvisation orale.
01:47Et c'est ça qui est la vraie vie.
01:49Oui, si vous voulez.
01:51C'est ça qui est la vraie vie. Youplala.
01:53Alors il faut bien être conscient que ça concerne essentiellement les élèves les plus démunis.
02:00Les élèves les plus démunis vont avoir entre les mains un bac qui ne leur servira à rien, qui a une valeur marchande nulle.
02:08Je vous rappelle qu'avec le bac, il y a 30 ans, vous passiez directement, je ne sais pas, le concours d'officier de police, le concours de facteurs, etc.
02:18Actuellement, à moins de bac plus 5, vous n'avez rien.
02:21C'est ce qu'on appelle l'inflation scolaire, c'est-à-dire que pour le bac, tu n'as plus rien.
02:26C'est la faute à qui, Jean-Paul Bréguéli ? Est-ce que c'est la faute des élèves qui sont moins bons, moins compétents qu'avant ?
02:31Ou c'est la faute aussi des professeurs à qui on demande justement plus de bienveillance ?
02:35Il y a un exemple, par exemple, pour le bac français. Ils disent qu'il ne faut noter que la fin de la lecture à l'oral parce qu'au début, l'élève peut être un petit peu stressé.
02:42Donc ça ne sert à rien de le noter sur le début de son texte à l'oral.
02:45Il ne faut pas non plus attendre de l'élève les problématiques.
02:47C'est la faute à qui, Jean-Paul ?
02:51Alors, il faut voir une chose. Je ne sais pas quand vous avez passé le bac de français vous-même, mais quand j'enseignais en première, mes élèves avaient à peu près 35 textes à présenter.
03:02Actuellement, ils annoncent 16. Parce que les profs ont dit qu'au-delà de 16, nous, on n'assure pas la préparation.
03:10Il faut bien comprendre une chose, c'est que le cataclysme, l'apocalypse a commencé après la réforme Jospin en 89.
03:17Ça ne nous rejeunit pas. Et qu'on en est à la deuxième génération d'enseignants formés sur ces critères-là.
03:28C'est-à-dire que les profs eux-mêmes, vous savez, ceux qu'on a du mal à recruter, etc., etc., etc.
03:33Les profs eux-mêmes ne sont pas particulièrement bons. Les profs eux-mêmes ignorent tout de la grammaire. Tout.
03:40Ils n'en ont à peu près jamais fait en fac. Donc, ils ne risquent pas de l'enseigner à leurs élèves.
03:45C'est comme ça que vous avez des élèves qui écrivent « je les plante » avec un « s » à « plantes » parce que « les plantes vertes », probablement.
03:53– Ce n'est pas un tableau, effectivement, très réjouissant que vous décrivez, Jean-Paul Brigalli.
03:58On sort de cette impasse comment ? Parce qu'on a l'impression que ça va être compliqué, très très compliqué.
04:05– Alors, le premier point, c'est que le bac est mort. Il est techniquement mort.
04:14Il faut en finir avec cette fiction qui coûte extrêmement cher.
04:18On en est à faire des économies. En ce moment, le bac, c'est 900 millions d'euros.
04:23Vous imaginez, chaque année. Plus l'épuisement des personnels qui sont pris entre des consignes contradictoires,
04:31des exigences sur lesquelles ils doivent s'asseoir, etc.
04:34Bon, premièrement, on supprime le bac et on laisse par consub faire le boulot.
04:39C'est-à-dire, je vous rappelle que les élèves qui passent le bac savent déjà où ils iront après le bac.
04:45On s'en fiche qu'ils aient le bac, on les a orientés parce qu'on part du principe qu'ils l'auront.
04:51Et d'ailleurs, à 96%, ils vont l'avoir.
04:54Voilà. Pour rater le bac actuellement, il faut être soit très malade, soit vraiment le faire exprès.
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