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  • il y a 5 mois

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00:00Pensez à covoiturer.
00:02La matinale de Radio Classique avec David Abiker.
00:068h11, l'heure de l'éditorial de Guillaume Tabard avec Le Figaro,
00:09avant de retrouver Manal Salamé qui publie Abibi Berwood, je le dis sans accent.
00:14C'est l'invité de la matinale pour ce roman très réussi
00:17qui vous ouvre les portes d'un Liban tourmenté et blessé.
00:22Bonjour Guillaume Tabard.
00:23Bonjour David.
00:24Le Sénat a commencé hier l'examen des propositions de loi sur la fin de vie.
00:29Il a adopté à une très large majorité le texte sur les soins palliatifs.
00:33Cela annonce-t-il un accord sur l'aide à mourir ?
00:36Non, loin de là, le consensus sur les soins palliatifs n'est pas une surprise.
00:40Et on mesure aujourd'hui que la décision de François Bayrou
00:43de distinguer les deux volets du projet sur la fin de vie fut une bonne chose.
00:48Cela a permis aux partisans comme aux opposants de l'euthanasie
00:52au moins de s'accorder pour améliorer l'accompagnement des mourants.
00:57Les soins palliatifs offrant pour le coup une véritable aide à mourir dans la dignité.
01:04Encore faut-il rappeler que cette loi est avant tout une pétition de principe.
01:08Les soins palliatifs ont un coût et il faudra veiller à ce que les moyens budgétaires
01:13soient bel et bien votés année après année.
01:16Ce qui dans un contexte de dérapage des comptes publics sans qu'on ose toucher au modèle social
01:21n'aura rien d'automatique.
01:23Sur l'autre volet, l'aide active à mourir, faut-il s'attendre à nouveau un Sénat
01:29qui rejette ce que l'Assemblée a voté ?
01:30Écoutez, une Assemblée favorable à l'euthanasie et au suicide assisté
01:34et un Sénat hostile, des députés supposés progressistes et à l'écoute de l'opinion
01:39contre des sénateurs conservateurs et sourds aux évolutions de la société.
01:44Cette opposition est une image d'épinal.
01:47La réalité est bien moins tranchée que cela.
01:51À l'Assemblée nationale, des doutes aussi existent et ils ont même grandi.
01:55Entre les deux lectures, la majorité favorable à l'aide à mourir s'est réduite.
02:00Ensuite, 299 députés ont voté pour la PPL-Falorni.
02:05C'est 51,8% seulement de l'hémicycle.
02:10Donc, en affichant à son tour des réserves,
02:12le Sénat ne contrarie pas la volonté de l'Assemblée élue au suffrage universel.
02:17Il poursuit le débat nécessaire sur une question que l'on peut aborder qu'en tremblant.
02:23Et admirer quand même le contraste.
02:25Sur quantité de sujets, les retraites ou même les ouvertures du 1er mai,
02:30on nous dit « Oh là là, tout cela est bien compliqué, c'est passionnel, c'est partagé ».
02:35Attendons la présidentielle pour trancher.
02:37Et là, sur un sujet de civilisation majeure et grave,
02:41on nous dit qu'il faut aboutir à tout prix avant l'été.
02:45Soit pour éviter que l'opinion se retourne,
02:47soit pour permettre à Emmanuel Macron d'accrocher au moins une réforme au bilan de son second mandat.
02:54Le Sénat a modifié le texte, n'y a-t-il pas là une voie vers un compromis ?
02:59En commission, les sénateurs sont en effet passés de l'aide active à mourir à une assistance médicale à mourir.
03:07Admirez la subtilité.
03:09Les pros suicides assistés disent que le texte est vidé de sa substance,
03:13et ils vont donc voter contre.
03:14Et ceux qui refusent que l'État légitime un droit à tuer,
03:18préviennent que cette version valide le principe maître de l'aide à mourir,
03:22et donc devraient aussi voter contre.
03:25Alors pourquoi, encouragés par Gérard Larcher,
03:28une partie des sénateurs veulent aboutir à tout prix à un compromis ?
03:32Eh bien, le rapporteur du texte, Alain Milon, le dit explicitement.
03:36« Prenons garde à ne pas renvoyer l'image d'une chambre d'arrière-garde ».
03:42Eh bien, voyez la différence entre les deux chambres, elle est là.
03:45À l'Assemblée, les pro-euthanasies assument leur combat
03:50et assument de tenter de durcir le texte à chaque lecture.
03:54Alors qu'au Sénat, des anti-euthanasies ont tout simplement peur d'être traitées de ringard.
04:01Comme si, sur un sujet de conscience par excellence, on devait se soucier de son image.
04:07Guillaume Tabard, éditorial à retrouver sur lefigaro.fr en vidéo.
04:11Et la chaîne YouTube de Radio Classique.
04:14Il est 8h15, l'invité de la matinale est libanaise et française, poète et photographe.
04:19Elle publie aujourd'hui « Abibi Beyrouth »,
04:21un roman qui raconte le retour au Liban d'une jeune femme ayant quitté son pays 17 ans plus tôt
04:26et qui y revient pour refaire sa carte d'identité.
04:29Tout un symbole dans un pays où l'identité, la mémoire et l'appartenance sont des sujets brûlants.
04:39Amal Salamé, bonjour.
04:40Bonjour David.
04:41Merci d'être avec nous sur Radio Classique pour parler du Liban,
04:44ce pays qui entretient un lien profond avec la France
04:47et qui demeure meurtri par les crises successives, les divisions internes,
04:51mais aussi par sa proximité et la géopolitique proximité avec la Syrie et Israël.
04:56Pour commencer, on a envie de vous entendre prononcer le titre de ce livre.
05:01Moi, je l'ai dit à la française, mais je préfère l'entendre avec l'accent.
05:05Alors, avec l'accent libanais, ça donnerait « Abibi Beyrouth ».
05:09Tout simplement et musicalement.
05:11On a envie de vous demander aussi comment va votre Liban,
05:14celui que vous racontez dans le livre, comme celui qui est à nouveau ravagé par la guerre.
05:19Il va très mal, très mal au regard de l'actualité que vous souleviez à l'instant.
05:25Et puis, on est, je pense, aujourd'hui dans une situation telle d'expectative
05:32qui fait que...
05:34Alors, je ne parlerai pas au nom de tous les Libanais, évidemment,
05:36parce qu'en plus, je parle sous le prisme de l'expatriation depuis ici en France.
05:42Mais en tout cas, quand j'entends mes proches qui sont sur place
05:46parler de la situation et de l'état mental dans lequel ils et elles sont,
05:52c'est très difficile.
05:53Le Liban, Manal Salamé, était encore dans les journaux de Radio Classique ce matin.
05:58Les dirigeants libanais exhortent les Etats-Unis à faire pression sur Israël.
06:02Malgré un cessez-le-feu décrété le 17 avril, les frappes se poursuivent dans le sud.
06:05En tout, depuis le 2 mars, ces frappes ont fait plus de 2800 morts,
06:09selon le ministère libanais de la Santé.
06:14Le Liban est donc un pays meurtri.
06:17Est-ce que quand il y a un épisode de guerre meurtrier comme celui-là,
06:23vous vous dites, finalement, l'histoire se répète et se répète encore ?
06:27Alors, c'est la première pensée, effectivement, qui me vient à l'esprit.
06:32C'est assez drôle parce que je regardais hier un film,
06:37plutôt entre le film et le documentaire,
06:39qui rassemblait plus de 20 000 images d'archives apparemment du Liban,
06:43donc de Lana Daher, Do You Love Me ?
06:46Il y a une phrase qui revient à un moment donné
06:49et qui résume très bien ce que je ne veux plus penser.
06:54C'est qu'on se dise, tiens, c'est un cycle qui se répète encore et encore
06:58et que le Liban ne sortira jamais de ce cycle-là.
07:01C'est un abonnement, quoi.
07:02Voilà, enfin oui, exactement.
07:04Comme s'il y avait une fatalité subie.
07:07Alors, la fatalité est toujours subie,
07:09mais en tous les cas, dont on ne cherche pas à s'extraire.
07:11Et j'ai envie, moi, en tout cas, de m'extraire de cette pensée
07:15pour me dire qu'il y a certainement une solution
07:17et que le Liban sera viable à un moment donné.
07:21Alors, votre livre, Habibi Beyrouth,
07:25explique à travers les yeux de sa narratrice
07:27comment le Liban est depuis des décennies un État en survie.
07:31Quand ce ne sont pas les Syriens, c'est les Israéliens.
07:33Quand ce n'est pas la guerre, c'est la double explosion du 4 août 2020.
07:36Et quand ce n'est pas l'influence iranique,
07:38c'est la crise économique.
07:42Souvent, on évoque la résilience libanaise.
07:45Est-ce que vous y croyez, à cette résilience ?
07:47Alors, déjà, le terme de résilience, c'est un mot que j'évite.
07:52C'est pour ça que je l'ai utilisé.
07:52Oui, absolument, c'est pour ça.
07:54Et je l'ai vu à votre regard.
07:57On parle souvent de résilience.
07:58Alors, le problème de la résilience,
08:00c'est que ça nous enferme dans un statut d'acceptation permanente des choses.
08:04Et ça en revient à ce qu'on disait, on évoquait juste avant.
08:07Donc, le fait que les cycles se répètent de manière indéfinie,
08:11que c'est comme ça, c'est un pays qui est condamné à vivre des guerres et des crises à
08:16répétition.
08:18Et donc, ce statut d'acceptation fait qu'on ne se sort pas ou qu'on ne se révolte pas.
08:23Je reprends une expression que j'ai entendue aussi d'un humoriste libanais récemment,
08:28donc Raphaël Abdelnour, qui disait, on n'est pas résilient, on est ravagé.
08:31Effectivement, j'aime beaucoup cette punchline.
08:35Oui, ravagé, en colère.
08:38On peut mettre n'importe quel qualificatif derrière,
08:42mais non, pas résilient du tout.
08:44Parce qu'il y a aujourd'hui, en tout cas, une forme de...
08:46Alors, peut-être une résignation par moment.
08:49Mais aujourd'hui, en tout cas, il y a une vraie colère,
08:51parce que moi, j'entends des personnes aussi sur place qui me disent
08:53qu'elles se sentent prises au piège
08:56entre tous ces paramètres et tous ces pays
08:59et cette ingérence, en fait, finalement, étrangère
09:03qui se fait sur le territoire libanais et dans la politique libanaise.
09:07Et donc, une ingérence qui peut être très violente,
09:10comme ce à quoi on assiste actuellement.
09:13Et donc, non, non, on est tout sauf résilient.
09:16Vous avez évoqué vos proches qui sont là-bas.
09:19Votre famille, comment on vit au Liban aujourd'hui ?
09:22Parce que quand on évoque le sud Liban,
09:24on se dit, c'est comme Paris et Marseille.
09:27En fait, le pays est beaucoup plus petit.
09:29Donc, quand il y a des frappes au sud Liban,
09:31le centre du Liban n'est pas loin du tout.
09:35Votre famille, je crois, vit à Beyrouth,
09:37si je considère que le roman est autobiographique.
09:40Comment vivent vos proches ?
09:42Comment vous vous inquiétez pour eux ?
09:43Comment vous vivez en tant qu'expatrié,
09:47qui est retourné là-bas, évidemment, récemment ?
09:51Donc, il y a des routines comme ça qui s'installent.
09:54Alors, ce n'est pas forcément une routine qui est liée à la guerre
09:57ou à une situation de crise,
09:59mais en tout cas, qui s'accentue et qui s'amplifie dans ces situations-là.
10:03C'est que le matin, la première chose qu'on fait,
10:05c'est simplement faire un message pour s'assurer que tout le monde va bien
10:07et on se tient au courant tout au long de la journée.
10:10Alors, évidemment, il y a aussi l'actualité,
10:12donc on a les yeux rivés, en tout cas, en ce qui me concerne,
10:14les yeux rivés sur l'actualité de manière quasi permanente.
10:17Et le soir, je ne vous cacherai pas que je n'éteins pas mon téléphone
10:21parce que je me dis, s'il y a quelque chose qui se passe,
10:23au moins, je suis au courant et informée en temps réel.
10:25Et donc, c'est une situation d'angoisse permanente,
10:28mais je la minimise vraiment par rapport aux personnes qui vivent sur place.
10:32Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que c'est vrai qu'on cantonne aujourd'hui
10:34les attaques israéliennes au sud du Liban,
10:36mais ça va bien au-delà parce que la BK est également régulièrement attaquée.
10:41Beyrouth, notamment le sud du Beyrouth, a été aussi bombardée récemment,
10:45donc malgré les accords de cesser le feu.
10:48Et au-delà de la zone, ce qu'on appelle la zone jaune,
10:53qui est la zone tampon qui a été mise en place entre Israël et le fleuve Litanie,
10:59donc aujourd'hui, les bombardements et les évacuations,
11:02ou les expulsions plutôt, je voudrais dire, des villages,
11:04se font au-delà de cette frontière, cette zone jaune, entre guillemets.
11:11Donc, c'est-à-dire que même si, dans l'actualité,
11:14ce qu'on entend depuis l'étranger,
11:16c'est qu'il y a une zone qui est cantonnée en termes de guerres et de bombardements,
11:21en fait, ça va bien au-delà.
11:22Et les répercussions se font ressentir de toute manière dans tout le pays,
11:25puisque ces déplacements, donc plus d'un million de personnes aujourd'hui expulsées de leur village,
11:31sont réfugiées et dispersées partout au Liban.
11:34Donc, la crise, elle va vraiment au-delà de la zone sud.
11:38On lit d'ailleurs dans votre livre que ce n'est pas parce qu'on est chiite
11:42qu'on soutient le Hezbollah,
11:44ce n'est pas parce qu'on vit dans un territoire contrôlé par le Hezbollah
11:47qu'on est un supporter du Hezbollah.
11:49Vous montrez toutes ces nuances et vous racontez donc
11:52comment une femme qui vit en France retourne au Liban
11:55dans son pays d'origine,
11:56soi-disant pour refaire une pièce d'identité,
11:58mais finalement, il va y rester plus longtemps.
12:00Donc, c'est évidemment la quête de la pièce d'identité.
12:02Et en même temps, c'est une attraction presque fatale
12:05pour une ressortissante de la diaspora qui retourne au Liban.
12:09D'ailleurs, la diaspora libanaise, elle retourne toujours un peu au Liban.
12:12Quel que soit le risque,
12:15les Libanais retournent dans leur pays.
12:19Qu'est-ce que vous avez voulu raconter dans ce livre-là ?
12:24Cette pièce d'identité, c'est une sorte de prétexte.
12:27Alors, le personnage, la narratrice Amal,
12:30ne s'en aperçoit pas forcément dès le départ.
12:33Elle part vraiment suite à ce rêve qu'elle fait,
12:36où son pays est rayé des cartes et qu'elle ne parle plus l'arabe.
12:39Donc, il y a un déclic qui se provoque au lendemain,
12:42enfin, en tous les cas, un an après l'explosion du port de Beyrouth
12:44que vous évoquiez un peu plus tôt,
12:45donc du 4 août 2020.
12:48Et elle y retourne pour retrouver, en tout cas,
12:52on va dire, retrouver cette part d'elle-même
12:54qu'elle avait perdue au fil des années passées en France.
12:58Et c'est vrai qu'arrivée sur place,
13:00elle se retrouve happée par cette démarche administrative
13:02qui dure plus longtemps que prévue.
13:03Et pour moi, c'était un peu une porte d'entrée
13:06pour des questionnements qui allaient au-delà
13:09du simple document administratif
13:11ou de la formalité administrative
13:13et d'avoir vraiment des interrogations
13:14autour de l'identité, finalement,
13:17ou des identités plutôt plurielles.
13:20Et pour moi, c'est un roman de réconciliation,
13:23donc de quête, effectivement,
13:25mais surtout de réconciliation et de compréhension.
13:28Avec sa double nationalité, avec sa double culture ?
13:31Avec toutes les dualités, en fait,
13:33toutes les composantes qui la traversent.
13:35C'est la narratrice pensée
13:37ou pense qu'elle a des choix à faire,
13:40et qu'il faut l'être l'un ou l'autre.
13:42En plus, venant d'un pays,
13:45vous l'évoquiez très bien,
13:46c'est-à-dire qu'il y a cette appartenance communautaire
13:48qui est très forte,
13:49qui va au-delà de la croyance religieuse.
13:52Il y a 18 communautés aujourd'hui au Liban.
13:54C'est ce que vous racontez très bien, d'ailleurs.
13:55Pour tous ceux qui ne comprennent rien au Liban,
13:58il faut lire le livre de Manal Salamé,
14:00La question des communautés est expédiée en une page,
14:02parce que vous n'avez pas compris, vous, très longtemps,
14:04et vous l'expliquez très bien.
14:06C'est quelque chose que j'ai découvert moi-même,
14:07déjà, en arrivant au Liban.
14:08J'ai grandi dans l'expatriation,
14:11et en arrivant sur place,
14:12je découvre cette mosaïque
14:14et toute cette complexité
14:16qui fait le Liban
14:19tel qu'on le connaît aujourd'hui,
14:20ou tel que moi j'ai découvert, en tout cas à l'époque.
14:23Et c'est vrai que
14:24c'était important pour moi de le préciser
14:26dans le roman à partir du principe
14:28que les lecteurs et les lectrices
14:31étaient complètement vierges
14:33de toute connaissance du Liban.
14:34On n'est pas très loin, d'ailleurs, du sketch des inconnus.
14:36Il y a un sketch des inconnus
14:37qui racontent toutes les religions,
14:39les ethnies,
14:40les cultures, etc.
14:42Et en fait, on s'aperçoit
14:43que les inconnus sont dans le vrai.
14:46Mais bon, c'est un détail trivial,
14:48mais comme le sketch est connu,
14:49j'y fais référence.
14:51Vous y croyez à la réconciliation
14:53au Liban,
14:55de ces communautés,
14:56de ces religions,
14:57de ces ensembles de populations
14:59dont certains sont sous influence,
15:01d'autres pas ?
15:02Est-ce que vous croyez à la réconciliation ?
15:04Ça peut paraître naïf,
15:06mais oui, j'y crois profondément.
15:08Oui, oui, absolument.
15:09Alors aussi, c'est pour ça,
15:11comme je disais,
15:11les communautés,
15:12ce sont des appartenances identitaires
15:14qui vont se faire
15:15selon des mouvements politiques
15:17ou au-delà de la croyance religieuse
15:20en tant que telle.
15:21Mais je continue à vraiment croire
15:23au plus profond de moi
15:25qu'on dépassera tout ça,
15:27sachant qu'encore une fois,
15:29on vit en communauté.
15:31Pour moi, le Liban est un exemple
15:33vraiment de vie en communauté
15:34parce que les années que j'y ai passées
15:36m'ont été la preuve.
15:39Et aujourd'hui,
15:40les divisions qui se font
15:41sont vraiment le fait
15:42de politiques et de politiciens.
15:45Mais quand on va vraiment...
15:47Moi, je prends l'exemple
15:48d'un immeuble typique libanais
15:49où toutes les communautés
15:50vont vivre ensemble
15:52sans se poser la question.
15:53Alors, on va le deviner,
15:55évidemment,
15:55par le nom de famille
15:57ou par le village d'origine du père.
15:59Mais après,
16:01on passe à autre chose
16:02la plupart du temps.
16:04Donc, non, non,
16:05j'y crois vraiment profondément
16:06et j'ai envie de continuer à y croire.
16:08Alors, vous êtes photographe,
16:09vous avez choisi
16:10de décrire la réalité libanaise
16:11par cette autofiction
16:13ou cette fiction,
16:14c'est vous qui choisirez.
16:14Est-ce que vous avez l'impression
16:16que ce que donne à montrer
16:17l'information sur le Liban
16:19de France, d'Europe,
16:21est fidèle à ce que représente
16:24votre pays ?
16:25Alors, il y aura toujours
16:26un biais
16:27qui va se faire,
16:29évidemment,
16:30et c'est ce que je voulais aussi
16:34en quelque sorte combattre
16:35à travers Habibi Beyrouth.
16:38C'est ce regard un peu exotisé
16:40qu'on pourrait avoir
16:41sur le Liban.
16:42Alors, certes,
16:43le Liban,
16:43c'est beaucoup de poésie.
16:46Moi, souvent,
16:48quand j'entends
16:48les personnes vivant à l'étranger
16:51parler,
16:51des personnes qui ne connaissent pas
16:52le Liban ont parlé de mon pays,
16:54il y a des mots
16:55qui sont assez récurrents,
16:56qui reviennent
16:56dans les conversations.
16:57Des clichés ?
16:58Des clichés, souvent.
16:59Alors, ça va être guerre,
17:00évidemment.
17:00Je pense que la plupart,
17:01aujourd'hui, en tout cas,
17:02ce sera le mot
17:03qui sera le plus fréquemment
17:05utilisé.
17:07J'entends également
17:08crise,
17:09j'entends résilience,
17:11j'entends aussi
17:14gastronomie libanaise,
17:15le ventine, etc.,
17:15pâtisserie, le ventine.
17:17Donc, il y aura vraiment,
17:18on a l'impression
17:19que le Liban est binaire,
17:21en fait.
17:21C'est soit la crise,
17:22soit la poésie,
17:24alors qu'il y a des nuances,
17:25il y a des milliers
17:26de nuances entre deux.
17:28Et puis, surtout,
17:30ce n'est pas un pays
17:31qui est monolithique,
17:32en fait,
17:32encore une fois,
17:33ou avec deux blocs,
17:34simplement.
17:35Donc, c'est important
17:36pour moi d'apporter
17:37cette nuance.
17:38Manal Salamé,
17:39Abibi,
17:40Beyrouth,
17:40c'est à lire,
17:41si vous ne connaissez pas
17:42le Liban,
17:42ou si vous le connaissez mal,
17:44c'est un livre
17:45qui vous prend
17:45comme un polar,
17:47même si l'enquête
17:48est une enquête
17:49d'identité,
17:50si j'ose dire.
17:51C'est formidable.
17:52Vraiment,
17:52ça paraît chez la tribu
17:53et je vous le recommande
17:55absolument
17:55parce que vous ne le lâcherez pas
17:57de la même façon
17:58que le Liban
17:58n'a pas lâché
17:59notre invité.
18:00Merci Manal Salamé
18:02d'être venue au micro
18:03de Radio Classique
18:04et à bientôt.
18:04Merci David,
18:05bonne journée.
18:06Il est 8h29
18:07à suivre Fabien Albert
18:08pour le rappel des titres
18:09suivis de la revue de presse
18:10d'Hervé.
18:10D'Hervé

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