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Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #LaMatinale

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Transcription
00:00Vous nous parlez de ce que l'on connaît de l'antavirus des Andes,
00:04de la manière dont le patient zéro a été contaminé dans cette dernière crise sanitaire,
00:09et des symptômes que provoque ce virus. Dites-nous tout.
00:12Déjà, on va revenir à la base. Il y a d'un côté le virus et de l'autre côté
00:18la maladie.
00:19On parle évidemment du virus, de l'antavirus des Andes, comme on va le voir sur cette image.
00:24L'antavirus des Andes, il faut savoir que des antavirus, il y en a partout.
00:27Vous venez de le dire, la femme de Gene Eichmann a été contaminée par des rongeurs.
00:32Il y en a partout, il y en a sur tous les continents, on le sait.
00:35Mais là, on s'intéresse à quoi ? À la seule souche pour l'instant connue
00:39qui peut provoquer une transmission inter-humaine, d'homme à homme.
00:44Donc le virus, c'est l'antavirus des Andes, parce qu'il a été trouvé près de l'antavirus des
00:48Andes,
00:48tout simplement. Et la maladie, c'est ce qu'on appelle le HPS, en anglais,
00:53mais en français, c'est le syndrome pulmonaire à antavirus.
00:56Donc on parle bien de cette pathologie-là, comme on avait avant le SARS, qui était le virus,
01:01et le Covid, qui était la maladie. Donc il faut bien savoir de quoi on parle.
01:04Alors, depuis plusieurs jours, on entend qu'on connaît très bien ce virus.
01:09Il faut émettre quelques réserves tout de même.
01:12On a découvert qu'il pouvait y avoir, parmi les antavirus,
01:16une souche qui pouvait se transmettre d'homme à homme en 1995.
01:21On l'a découvert au début au Chili, puis après en Argentine,
01:25cette souche, ce virus-là.
01:27Et on a découvert à ce moment-là, il y a eu 16 cas au début au Chili.
01:32On s'est dit, tiens, finalement, 16 cas, ce n'est pas normal.
01:34Là, ce n'est pas un rongeur qui a contaminé 16 personnes.
01:36Donc il y a sûrement une contamination d'homme.
01:38Je rappelle que sur ces 16 cas, 8 sont décédés.
01:43Donc c'était du 50% de létalité.
01:46Ensuite, il y a eu quelques cas, mais beaucoup plus sporadiques,
01:50des petits clusters comme ça, familiaux.
01:52Pareil, avec dans chaque famille, un ou deux décès.
01:56Et en fait, ce sur quoi on se base, c'est surtout l'épidémie
02:01qui a eu lieu en Patagonie sur 34 personnes
02:06qui ont été contaminées, notamment lors d'un anniversaire,
02:11en sachant tout de même, puisqu'on a tous les détails de cette étude,
02:14qu'il y avait des personnes qui se situaient déjà à 2,50 m l'une de l'autre
02:19qui ont été contaminées.
02:20Parce qu'on nous dit, il faut absolument des contacts très proches.
02:242,50 m, ce n'est pas non plus très très proche.
02:26Je parle de ce que l'on sait, je reste factuelle.
02:29Il y a eu des contaminations, d'autres personnes qui ont été contaminées
02:33à ce moment-là, aussi au moment de funérailles.
02:37Donc anniversaire, funérailles, donc quand même des contacts rapprochés.
02:41Donc sur ces 34 cas détectés, 11 personnes sont décédées.
02:47Sur les 11 personnes décédées, aucun enfant,
02:50alors qu'il y avait des enfants, n'est décédé.
02:53Il y a eu un peu tous les âges, 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans,
02:57on va dire que le maximum, c'était entre 40 et 50.
03:00Mais on voit bien que ça peut toucher tous les âges.
03:02Contrairement, puisqu'on compare en ce moment beaucoup avec le Covid,
03:06qui est touché essentiellement les personnes âgées.
03:08Là, on voit bien que ça peut toucher.
03:09Avec des problèmes respiratoires, oui.
03:10Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut émettre des réserves
03:15quand on parle de ce virus en disant qu'on le connaît bien.
03:20Si on prend tous les cas, entre ce 95, l'épidémie de 2002 et l'épidémie de 2018,
03:30on est à une cinquantaine de cas.
03:32Donc quand on dit qu'on connaît très bien ce virus,
03:36on va émettre quelques réserves.
03:38Donc des réserves sur beaucoup de choses.
03:41Notamment sur sa létalité, sur sa comptage transmissibilité.
03:45Alors qu'il est le taux de létalité autour de 40%, 38%.
03:48Mais c'est en Amérique du Sud.
03:50Avec un système hospitalier qui est moins développé qu'en France.
03:53Et surtout sur un petit nombre.
03:56Donc est-ce que finalement ce taux n'est pas plus bas, voire plus haut ?
04:00On ne sait pas.
04:01Puisqu'en fait, peut-être que les gens ne sont venus qu'une fois qu'ils avaient des symptômes.
04:05Mais peut-être qu'il y avait beaucoup plus de gens qui étaient contaminés sans le savoir.
04:08Vous savez, parfois c'est asymptomatique.
04:12Dans cette pathologie, a priori, rares sont les cas asymptomatiques.
04:15Mais bon, après, ce qui est important aussi, c'est de mettre ses réserves.
04:20Une chose qui est primordiale et qu'il faudrait demander à tous nos amis virologues, infectiologues,
04:27infectiologues, c'est ce virus qui est un virus à ARN, peut-il muter ?
04:33Est-ce qu'on est sûr que de tous les virus, parce qu'il faut les séquencer,
04:36il faut savoir si ce sont tous les mêmes que ceux qu'on a connus dans l'épidémie de 2018,
04:41que ceux qu'on a eu cette fois-ci, est-ce que ce sont tous exactement les mêmes ?
04:46Ou est-ce qu'il y a eu des mutations depuis ?
04:48Et s'ils mutent, de quelle manière va-t-il muter ?
04:50Peut-être pas de manière plus virulente, peut-être de manière plus transmissible ou moins transmissible,
04:55on ne sait pas. Après, je voulais vous parler des symptômes,
04:58parce que ce qui caractérise aussi ce virus, de ce que l'on en sait,
05:02c'est effectivement cette phase d'incubation qui peut durer 6 semaines,
05:06donc 6 fois 7, 42, c'est pour ça qu'on les isole pendant 42 jours.
05:10Mais ça commence comme quoi, il y a d'abord une première phase,
05:14que l'on appelle la phase initiale, et c'est là le piège.
05:18C'est que dans cette phase initiale, ce sont des symptômes,
05:22que tout le monde connaît pour la grippe par exemple.
05:24Et puis, fièvre, ma tête, douleur musculaire, trouble digestif, bon.
05:26C'est la fièvre, des courbatures, attention, je ne voudrais pas que toutes les personnes
05:29qui sont en train de souffrir d'un virus de la grippe ou autre s'inquiètent,
05:34mais des maux de tête, douleur musculaire, trouble digestif,
05:36et ça, ça peut durer 10 à 15 jours.
05:39Mais arrive la phase grave, c'est la phase suivante, et parfois c'est brutal.
05:45La jeune femme qui est positive chez nous,
05:48elle a commencé à avoir des symptômes un petit peu dans l'avion,
05:50et puis ça s'est aggravé brutalement, et heureusement à l'hôpital.
05:55– Eudème pulmonaire.
05:56– Parce que tout ça, ça nécessite brutalement une réanimation.
06:00Donc si vous êtes dans un pays où il n'y a pas de réanimation,
06:03si vous êtes sur un bateau où il n'y a pas de réanimation,
06:05vous imaginez bien, puisque tout à coup, ça bascule comme ça,
06:08avec des syndromes graves, de l'eau dans les poumons,
06:11un eudème pulmonaire et un choc cardiopulmonaire.
06:15Donc voilà, quels sont ces symptômes, et on voit que c'est complexe.
06:20Et on va surtout se dire qu'on va prendre du recul,
06:25on va attendre de voir ce qui se passe,
06:26on va attendre aussi les séquençages de ces virus, ça c'est très important.
06:29– Merci beaucoup Brigitte.
06:30– Sous-titrage Société Radio-Canada
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