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  • il y a 14 heures
Le 5 mai, le Sénat a adopté la proposition de loi de Bruno Retailleau visant à “lutter contre l’entrisme islamiste”. Ce texte crée un délit “d’atteinte aux principes fondamentaux de la République”, permet de dissoudre des associations au motif d’entrisme ou d’ingérence étrangère ou encore de suspendre un projet de construction de lieu de culte. La gauche s’est opposée très fortement à ce texte, qu’elle accuse de stigmatiser les musulmans. Le ministre de l’Intérieur a émis un avis de sagesse, car il travaille de son côté à un projet de loi sur l’entrisme. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025

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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans 100% Sénat.
00:00:13L'an dernier, un rapport commandé par le gouvernement faisait un constat alarmant sur le poids des frères musulmans dans
00:00:20la société.
00:00:21Un entrisme qui inquiétait Bruno Retailleau, alors ministre de l'Intérieur.
00:00:26Désormais, il est redevenu sénateur.
00:00:28Il porte une proposition de loi qui vise à lutter contre ce phénomène.
00:00:33Proposition de loi adoptée par le Sénat à majorité de droite et du centre par 208 voix pour, contre, 124
00:00:40contre.
00:00:41Je vous laisse revivre les débats très animés entre la gauche et la droite.
00:00:44Écoutez.
00:00:45L'ordre du jour appelle la discussion de la proposition de loi visant à lutter contre l'entrisme islamiste en
00:00:52France.
00:00:52présentée par M. Bruno Retailleau et plusieurs de ses collègues.
00:00:57Dans la discussion générale, la parole est à M. Bruno Retailleau, auteur de la proposition de loi pour 10 minutes.
00:01:15M. le Président, M. le Ministre, Mme la Présidente de la Commission et Mme la Rapporteure.
00:01:24Il y a un fait que je voudrais souligner en commençant mon propos parce que c'est suffisamment rare.
00:01:30Le rapport sur lequel nous avons appuyé la proposition de loi, c'est un rapport qui a été commandé par
00:01:37trois ministres de l'Intérieur.
00:01:39C'était mon prédécesseur, le ministre des Armées et le ministre des Affaires étrangères sur l'entrisme.
00:01:45Plus exactement, il s'agissait de convoquer, de diligenter une mission d'évaluation sur la mouvance des frères musulmans et
00:01:54de l'islam politique en France.
00:01:57Et les conclusions de ce rapport, qui est factuel, qui a été mené par des personnalités en dehors de tout
00:02:05soupçon, en dehors de tout soupçon,
00:02:07ces conclusions sont sans appel.
00:02:11Puisque je cite dans le rapport, ces conclusions pointent l'existence d'une menace contre la cohésion nationale
00:02:22dans laquelle la mouvance frériste a une responsabilité historique et actuelle.
00:02:29Alors, chers collègues, nous sommes des responsables publics, il y a un rapport.
00:02:35Qu'en fait-on ? Est-ce qu'on le couvre de cendres ? Est-ce qu'on le classe
00:02:39? Où est-ce qu'on agit ?
00:02:41Dès lors qu'il y a une menace qui est documentée, nous avons un devoir.
00:02:45C'est d'agir fermement, rapidement.
00:02:49Parce qu'on ne peut pas dire qu'il y a une menace grave.
00:02:51Et dans la menace grave, pardon, c'est la menace à la cohésion nationale, aux institutions de la République et
00:02:59à notre tissu associatif.
00:03:02Peut-on donc documenter cette menace et, en même temps, si j'ose dire, ne rien faire ? Non.
00:03:08Pour être bien clair, l'islamisme, ce n'est pas une religion.
00:03:13C'est une idéologie qu'il faut combattre en tant que telle.
00:03:18L'islamisme politique, c'est comme un iceberg.
00:03:23Il y a une partie émergée que les Français, avec stupéfaction, ont bien vue avec les attentats.
00:03:30C'est le djihadisme, c'est le terrorisme.
00:03:32Et puis il y a le séparatisme.
00:03:34Et puis il y a l'antrisme.
00:03:36Les voies d'expression sont évidemment très différentes.
00:03:39Mais l'objectif final est le même.
00:03:42Faire prévaloir la suprématie de la loi religieuse sur la loi républicaine
00:03:46et installer à terme, sur notre territoire, un État islamique.
00:03:53L'antrisme, en réalité, c'est deux choses, fondamentalement.
00:03:58Une idéologie et une stratégie.
00:04:02L'idéologie, c'est en grande partie celle des frères musulmans,
00:04:06puisque c'est eux qui, il y a près d'un siècle, ont conçu la matrice politique de l'islamisme.
00:04:13Et selon cette doctrine, il s'agit moins d'ailleurs de créer, comme le voudrait d'ailleurs le séparatisme,
00:04:18des petites contre-sociétés islamiques, séparées de la société en général,
00:04:24plutôt que d'influencer les normes, les conditions d'application de nos textes sur l'ensemble de la société.
00:04:34C'est ça la doctrine.
00:04:35Et la stratégie, c'est un, l'infiltration, c'est-à-dire l'antrisme,
00:04:42notamment dans le milieu associatif, l'éducation, le sport, le social, etc.
00:04:46C'est la dissimulation, toujours se situer en deçà des radars juridiques,
00:04:51pour échapper aux sanctions prévues par les lois.
00:04:55Et enfin, une recherche de respectabilité.
00:04:58Le double discours.
00:04:59Un discours qui emprunte, d'ailleurs, au langage de la démocratie,
00:05:04au langage des libertés individuelles, des droits, de la non-discrimination.
00:05:10Mais pour mieux retourner ce langage et ces normes,
00:05:13contre nos propres normes, nos principes de la démocratie, je me souviens d'ailleurs,
00:05:17il est pointé dans le rapport de l'imam Mikyusen,
00:05:20qui a été expulsé.
00:05:22Dans ses vidéos publiques, pas de problème.
00:05:25Les femmes et les hommes ont les mêmes droits.
00:05:27Mais à la mosquée, dans les prêches, c'était différent.
00:05:31Il fallait que l'homme s'assure que la femme ne sorte pas seule,
00:05:36qu'il s'assure qu'elle soit bien voilée,
00:05:38qu'elle ne se maquille pas.
00:05:40C'est ça, le double discours.
00:05:42Un discours très lisse en apparence,
00:05:43une recherche de la respectabilité,
00:05:46mais des convictions bien ancrées,
00:05:48et une idéologie qui est contraire, je crois, à la République.
00:05:52C'est une idéologie qui fait du mal, qui progresse.
00:05:56On l'a vu dans le dernier sondage que l'IFOP fait chaque fin d'année,
00:06:00notamment chez les jeunes de 15-24 ans.
00:06:02Un tiers d'entre eux justifie le frérisme.
00:06:05Et 57% sont d'avis que la loi religieuse doit prévaloir sur la loi de la République.
00:06:13Voilà où on en est.
00:06:14Donc il y a un paradoxe.
00:06:15On ne peut pas dire d'un côté, on ne peut pas soutenir,
00:06:19documenter, préciser une menace,
00:06:21et de l'autre côté ne rien faire.
00:06:24En tout cas, laisser notre arsenal désarmé
00:06:28pour contrer cette nouvelle menace.
00:06:30C'est ce que la proposition de loi fait.
00:06:32Je voudrais vraiment remercier la Commission des lois,
00:06:34la rapporteure avec laquelle on a beaucoup travaillé,
00:06:36qui a précisé le texte,
00:06:38parce qu'un texte est toujours améliorable.
00:06:40J'y reviendrai, M. le ministre, d'ailleurs, en conclusion.
00:06:43Mais ce que je veux dire, c'est que les outils,
00:06:46j'ai résumé les trois grands outils, finalement,
00:06:49c'est-à-dire réarmer l'État
00:06:51pour avoir une réponse pénale plus ferme, c'est fondamental.
00:06:54On a, dans le Code pénal, le 410, article 1,
00:06:59qui décrit les intérêts fondamentaux de la nation,
00:07:02il y a bien l'atteinte à la forme républicaine des institutions.
00:07:06Mais sur cet intérêt fondamental,
00:07:08M. le ministre, vous la connaissez,
00:07:09la finalité 5A,
00:07:11elle renvoie à l'insurrection armée et violente.
00:07:14Mais ça, c'est dépassé par rapport à la menace que je vous décris,
00:07:18qui est une menace subversive, subversive.
00:07:21Donc il faut adapter la réponse pénale.
00:07:23C'est ce que prétend faire la nouvelle incrimination,
00:07:27qui renvoie un peu, d'ailleurs, à la PPLC constitutionnelle
00:07:30qu'avec Philippe Bas, nous avions ici voté il y a plusieurs années.
00:07:36Deuxième exemple, pour prendre une autre catégorie d'actions et de mesures,
00:07:40assécher les circuits de financement.
00:07:42Comment se fait-il qu'aujourd'hui, on peut dissoudre des associations,
00:07:45mais qu'on ne peut pas dissoudre leur tirelire,
00:07:47les fonds de dotation ? Ridicule !
00:07:49Comment se fait-il que, lorsqu'il y a eu dissolution de Baraka City
00:07:52ou du CCIF,
00:07:54les avoirs se soient enfuis,
00:07:56dans un cas à Londres,
00:07:57et de l'autre côté, en Belgique ?
00:07:59On doit pouvoir répondre à ce genre de choses.
00:08:01On est désarmé.
00:08:03L'accueil collectif des mineurs,
00:08:05je parlais à quelques préfets, pardon,
00:08:09qui ont fermé des madrassas,
00:08:11en s'appuyant sur les principes,
00:08:14les règles de l'accueil collectif des mineurs.
00:08:16Donc il faut, comment dirais-je, agir,
00:08:19parce que la menace est là.
00:08:21Elle est désormais documentée,
00:08:23et on n'a plus d'excuses.
00:08:25Je voudrais terminer
00:08:27par quelques remarques.
00:08:29La première remarque, monsieur le ministre,
00:08:31il n'y a pas de concurrence entre un texte que vous préparez,
00:08:33préparez que je ne connais pas, et le mien.
00:08:37Tous ceux qui me connaissent ici
00:08:38savent mon engagement constant
00:08:41pour la lutte contre l'islamisme.
00:08:43J'ai été le premier parlementaire français,
00:08:44c'était en août 2014.
00:08:47Ceux qui connaissent l'histoire du Moyen-Orient
00:08:49savent de quoi je veux parler en août 2014,
00:08:52à me rendre seul, d'ailleurs, en Irak.
00:08:54Parce que j'avais le pressentiment
00:08:55que ce qui se passait avec l'État islamique
00:08:58qui avait été proclamé à Bagdad au mois de juin
00:09:02aurait des répercussions sur la France.
00:09:04Ça a été le cas d'ailleurs en 2015.
00:09:06J'ai un engagement constant.
00:09:08Simplement, je mets un texte sur la table.
00:09:11J'ai entendu dire que vous aviez un texte.
00:09:13Gérard Larcher, ce matin, nous a décrit
00:09:15le calendrier, l'ordre du jour, l'inscription
00:09:18que lui a proposé le Premier ministre
00:09:19jusqu'au mois de septembre.
00:09:21Il n'y a pas le texte.
00:09:22Donc moi, je n'ai pas de susceptibilité d'auteur.
00:09:24Encore une fois, les textes peuvent être améliorés.
00:09:26Simplement, notre responsabilité
00:09:28c'est de se retrousser les manches.
00:09:30Ce n'est pas de rester les pieds
00:09:32dans le même sabot, comme on dit
00:09:33chez moi dans un département que je connais bien.
00:09:36La deuxième remarque que je voudrais faire.
00:09:39Il y a un piège dans lequel il ne faut pas tomber.
00:09:42Le fameux amalgame.
00:09:44Le fameux amalgame, parlons-en.
00:09:47Ceux qui considèrent, écoutez-moi bien,
00:09:50ceux qui considèrent que s'en prendre aux islamistes,
00:09:52ça serait s'en prendre à nos compatriotes musulmans,
00:09:55tombent dans le piège des islamistes
00:09:57qui, eux, veulent confondre, justement, les deux.
00:10:00Moi, je ne confonds pas.
00:10:03Nos compatriotes musulmans
00:10:05doivent pouvoir exercer leur culte
00:10:08en toute liberté.
00:10:09C'est la définition de la République.
00:10:12C'est la définition de notre laïcité.
00:10:15Mais le piège qui nous est tendu, justement,
00:10:17c'est qu'avec cette crainte
00:10:19et cette menace sans cesse brandie
00:10:21contre ceux qui veulent lutter contre l'islamisme,
00:10:23de ne rien faire, alors le pire des amalgames,
00:10:28il est celui-là.
00:10:29Et concernant les frères musulmans,
00:10:32je vous ferai remarquer aussi un dernier point.
00:10:34Comment se fait-il que parmi les dix pays
00:10:37qui est interdit la mouvance frériste
00:10:40sur le sol national,
00:10:41neuf sur dix sont des pays musulmans
00:10:44et qui, pour la plupart dans leur constitution,
00:10:46considèrent que la religion, l'islam,
00:10:48est une religion d'État ?
00:10:50Ce n'est pas des nations européennes judéo-chrétiennes.
00:10:54Non.
00:10:55Ceux qui ont, les nations,
00:10:56les pays qui ont interdit les frères musulmans,
00:10:58précisément, ce sont des pays d'islam.
00:11:01Voilà ce que je voulais vous dire.
00:11:03Je pense qu'il faut être capable
00:11:05d'être absolument ferme, intraitable
00:11:08avec ces mouvances
00:11:09qui veulent atteindre vraiment notre cohésion sociale
00:11:12et la forme républicaine de nos institutions,
00:11:15mais aussi encourager et faire en sorte
00:11:18que nos compatriotes musulmans
00:11:20puissent, évidemment,
00:11:23comment dirais-je,
00:11:24suivre leur foi
00:11:24et l'exercer totalement librement.
00:11:27Il y a un certain nombre de dossiers.
00:11:28Je pense, par exemple,
00:11:29au carré confessionnel dans les cimetières.
00:11:32Il y a des choses qu'on doit pouvoir faire avancer,
00:11:34envoyer des signaux,
00:11:35mais ces signaux ne sont tenables
00:11:37qu'avec, en parallèle,
00:11:39la plus grande fermeté
00:11:41vis-à-vis de celles et de ceux
00:11:42qui veulent se soustraire
00:11:44à la règle commune,
00:11:45à la loi de la République.
00:11:46Merci de votre attention.
00:11:47Merci, chers collègues.
00:11:50La parole est maintenant
00:11:51à madame Agnès Canaillé,
00:11:53rapporteure de la Commission des lois.
00:11:54Vous avez dix minutes,
00:11:56chers collègues.
00:12:01Monsieur le Président,
00:12:02monsieur le ministre,
00:12:04madame la présidente de la Commission des lois,
00:12:05mes chers collègues,
00:12:07nous examinons aujourd'hui
00:12:08un texte nécessaire,
00:12:09attendu et urgent,
00:12:11la proposition de loi
00:12:12visant à lutter contre l'entriste islamiste
00:12:14en France, portée par notre collègue
00:12:16ministre d'État Bruno Retailleau.
00:12:18Ce texte s'inscrit dans la continuité
00:12:20d'un travail de fond mené depuis des années
00:12:23par les services de renseignement,
00:12:24le ministère de l'Intérieur,
00:12:26et je tiens à saluer ici
00:12:27l'implication du président Retailleau
00:12:29lorsqu'il en avait la responsabilité
00:12:31pour identifier les lacunes
00:12:33brillantes de notre arsenal juridique
00:12:36face à une menace
00:12:38qui, elle, n'a cessé d'évoluer.
00:12:40Ce texte est avant tout un constat partagé.
00:12:42L'entrisme islamiste est une menace
00:12:44insidieuse et grandissante.
00:12:47Le rapport du ministère de l'Intérieur
00:12:49de mai 2025
00:12:50sur les frères musulmans et l'islamiste
00:12:52a révélé au grand jour
00:12:53ce que les services savaient depuis longtemps.
00:12:56L'islamisme ne se manifeste plus seulement
00:12:57par la violence terroriste
00:12:59ou le séparatisme communautaire.
00:13:01Il a muté vers une stratégie d'entrisme,
00:13:04une subversion lente et méthodique
00:13:06de nos institutions, de nos associations,
00:13:09de nos écoles, voire de nos entreprises
00:13:11avec un objectif clair,
00:13:13supplanter les principes républicains
00:13:15de façon insidieuse
00:13:16par l'application d'une loi religieuse.
00:13:19Cette menace, mes chers collègues,
00:13:21n'est pas théorique.
00:13:22Elle est documentée, organisée
00:13:24et elle progresse.
00:13:26Les élus locaux, les préfets, les enseignants,
00:13:28les associations laïques nous alertent.
00:13:30Des territoires, des structures éducatives,
00:13:32des lieux de culte échappent
00:13:34aujourd'hui à notre contrôle.
00:13:36Non par la force, mais par la ruse.
00:13:39Et notre droit, aujourd'hui, est désarmé
00:13:42face à ces pratiques de dissimulation
00:13:44et de contournement.
00:13:45C'est pourquoi il nous faut un sursaut républicain.
00:13:49Fruit d'un dialogue constant
00:13:50avec les services de renseignement
00:13:52et le Trésor qui nous ont confirmé
00:13:54l'urgence d'agir sur la dissolution
00:13:56des associations ou le contrôle
00:13:58des fonds de dotation établis
00:14:00à l'étranger pour échapper
00:14:02à notre législation,
00:14:03ce texte est un premier arsenal.
00:14:06Sur le terrain, les préfets et les maires
00:14:08nous ont expliqué leur impuissance
00:14:09face à des demandes de permis de construire
00:14:11pour des lieux de culte
00:14:12ou à l'absence de contrôle
00:14:14des accueils de mineurs non déclarés.
00:14:16Ce texte est la traduction législative
00:14:18des réponses à des manquements
00:14:21identifiées par Bruno Rotaillot
00:14:22lorsqu'il était ministre.
00:14:23C'est un ensemble de solutions concrètes
00:14:26et pragmatiques.
00:14:27Notre travail en commission a été d'affiner,
00:14:30de sécuriser et de rendre opérables
00:14:32ces propositions sans jamais perdre de vue
00:14:35un impératif, l'équilibre entre la sécurité
00:14:38et les libertés.
00:14:40Le texte qui vous est donc soumis aujourd'hui
00:14:42nous semble plus robuste, plus précis,
00:14:44plus protecteur.
00:14:45Tout d'abord par le renfort de nos outils
00:14:48contre l'entrisme dans les institutions,
00:14:49grâce à la création d'un délit d'atteinte
00:14:52aux principes de la République
00:14:53que nous avons souhaité affiner.
00:14:56Nous avons mieux ciblé, en lien avec Bruno Rotaillot,
00:14:58ce délit pour éviter toute dérive.
00:15:00Il ne vise plus des comportements contestataires
00:15:03respectueux des principes de la République,
00:15:05mais uniquement les actions relevant
00:15:07des stratégies d'entrisme.
00:15:09Serait ainsi pénaliser des démarches opérées
00:15:11obligatoirement de manière concertée
00:15:13pour conduire un organisme public ou privé,
00:15:16un groupement de fait,
00:15:17à prendre des décisions ou adopter des pratiques
00:15:20contraires aux règles légalement édictées
00:15:23dans l'objectif de porter gravement atteinte
00:15:26aux principes de la République.
00:15:28A noter que la précision par tout moyen
00:15:30introduite par l'amendement
00:15:32de notre collègue Nathalie Goulet,
00:15:34tendant à couvrir tous les agissements,
00:15:36y compris les incitations via les réseaux sociaux,
00:15:39est tout à fait opportune.
00:15:41La notion floue de cohésion nationale
00:15:43a été remplacée par la référence explicite
00:15:46à l'article 1er de la Constitution
00:15:48qui vise le caractère indivisible,
00:15:50laïc, démocratique et social de la République,
00:15:53l'égalité devant la loi de tous les citoyens,
00:15:56le respect de toutes les croyances,
00:15:58ainsi que l'égalité entre les femmes et les hommes.
00:16:01A l'article 2,
00:16:03la Commission a approuvé,
00:16:04moyennant quelques ajustements techniques,
00:16:06la création de deux nouveaux motifs
00:16:08de dissolution administrative,
00:16:10d'associations ou de groupements de faits,
00:16:13visant des entités entristes,
00:16:16ou se livrant à des ingérences étrangères.
00:16:19A l'article 3,
00:16:20nous avons validé l'interdiction des actions commises en France
00:16:23par des associations situées à l'étranger,
00:16:26dès lors que ces actions relèvent
00:16:28des agissements autorisant
00:16:30la dissolution des associations en France.
00:16:33Par contre,
00:16:34après l'audition des services concernés,
00:16:35nous avons considéré que la rédaction
00:16:37d'une nouvelle finalité
00:16:38pour l'utilisation des techniques de renseignement
00:16:41n'était pas à ce jour opérationnelle.
00:16:43La délégation parlementaire au renseignement
00:16:46présidée par la présidente Jourdat
00:16:48travaille sur ce sujet,
00:16:50il est donc préférable d'attendre ces conclusions.
00:16:54Les constructions d'édifices liées
00:16:56à l'exercice du culte
00:16:57devront désormais être soumises
00:16:58à l'avis conforme du représentant de l'Etat.
00:17:02C'est une attente légitime des maires
00:17:04qui ne peuvent aujourd'hui légalement
00:17:05refuser la délivrance d'un permis de construire
00:17:07pour des raisons qui ne sont pas strictement liées
00:17:10à l'urbanisme.
00:17:11La Commission des lois a précisé
00:17:14les conditions dans lesquelles le préfet
00:17:15peut rendre un avis défavorable
00:17:17et ses conséquences juridiques,
00:17:19à savoir le rejet de la demande en cours
00:17:22et l'impossibilité de déposer le même dossier
00:17:24pendant six mois.
00:17:27Lutter contre l'antrisme islamiste,
00:17:29c'est aussi couper les entités en frise
00:17:32de leurs sources de financement.
00:17:33Cinq mesures de la proposition de loi
00:17:35vont dans ce sens.
00:17:35Le nouveau dispositif du gel des avoirs
00:17:38est dorénavant appliqué
00:17:39à toutes les personnes physiques ou morales
00:17:41dont les agissements correspondent
00:17:43aux motifs de dissolution
00:17:44des associations ou groupements de fait.
00:17:47Afin de mieux cibler ces effets
00:17:49et d'éviter les risques d'inconstitutionnalité,
00:17:51la Commission a restreint son périmètre
00:17:54aux agissements d'une particulière gravité.
00:17:57Lors de leur rapport d'évaluation
00:17:58sur l'application de la loi dite séparatiste
00:18:01du 24 août 2021,
00:18:03nos collègues Jacqueline Nostage-Brignot
00:18:04et Dominique Vérien,
00:18:05avaient révélé que le contrat d'engagement républicain
00:18:09avait tout d'une formalité administrative
00:18:11plutôt que d'être un instrument réellement dissuasif.
00:18:15Le texte, aujourd'hui soumis à votre appréciation,
00:18:19répond à ce triste constat,
00:18:21puisque dorénavant,
00:18:22les préfets pourront en joindre une collectivité
00:18:24ayant attribué une aide financière à une association,
00:18:27ne respectant pas les engagements
00:18:29du contrat d'engagement républicain,
00:18:31à reprendre cette subvention
00:18:32et à suspendre les avantages fiscaux.
00:18:35Enfin, le titre 3 est consacré à la protection des mineurs
00:18:39qui est un enjeu capital.
00:18:41L'antrisme islamiste vise un projet politique de long terme,
00:18:46tendant à supplanter, nous l'avons dit,
00:18:48les lois de la République par les lois religieuses.
00:18:50La jeunesse et l'éducation sont donc des cibles prioritaires.
00:18:54De nombreux accueils de mineurs échappent aujourd'hui
00:18:57à tout contrôle en raison des lacunes juridiques.
00:19:01Ces strictures qui accueillent des enfants,
00:19:02parfois quotidiennement,
00:19:04sont en dehors des radars
00:19:06et ne peuvent être inspectées par les services de l'État.
00:19:09Cependant, nous n'avons pas considéré
00:19:11que de les soumettre à un régime d'autorisation préalable
00:19:14en remplacement de la simple déclaration existante aujourd'hui
00:19:17répondait à l'objectif visé.
00:19:20En effet, la catégorie des accueils collectifs de mineurs
00:19:24qui englobent une grande variété d'accueils,
00:19:26les centres de loisirs, le périscolaire,
00:19:28donne lieu aujourd'hui à plus de 300 demandes par jour
00:19:31auprès de la préfecture.
00:19:33Alors, les accueils qui ne se déclarent pas aujourd'hui
00:19:37ne demanderont pas plus demain d'autorisation préalable
00:19:41et de plus, ce mécanisme d'autorisation préalable
00:19:44risquerait d'emboliser les services de la préfecture
00:19:47au détriment évidemment des bons élèves.
00:19:49Le renforcement des contrôles sur ces accueils de mineurs
00:19:52qui ne sont pas soumis à une réglementation particulière
00:19:55nous semble beaucoup plus efficace.
00:19:58C'est dans ce sens que nous avons travaillé
00:20:00et que nous vous proposons de renforcer à l'article 12
00:20:02les pouvoirs de contrôle des services de l'Etat,
00:20:05notamment dans les garderies non soumises au régime
00:20:08des accueils collectifs de mineurs
00:20:10ou encore dans les structures qui dispensent,
00:20:12après l'école, un culte ou une langue.
00:20:15Enfin, l'allongement du délai de prescription
00:20:17pour les délits de presse visant les mineurs
00:20:19et la modification du point de départ de ce délai
00:20:22éviteront que les éditeurs qui ciblent les jeunes
00:20:25avec des contenus dangereux
00:20:27ne puissent jouer avec les délais
00:20:29pour échapper à toute sanction.
00:20:31Mesdames, Messieurs les Sénateurs,
00:20:33ce texte est un texte d'équilibre
00:20:35permettant l'efficacité sans être arbitraire.
00:20:38Certains pourraient nous reprocher d'aller trop loin,
00:20:41d'autres de ne pas aller assez loin.
00:20:43Notre réponse est simple, ce texte est proportionné.
00:20:46Nous avons évité des notions trop vagues
00:20:48comme celle de la cohésion nationale
00:20:50pour les remplacer par des critères juridiques précis
00:20:53et validés par la jurisprudence.
00:20:55Nous avons supprimé et amendé des dispositions
00:20:57qui auraient alourdi des procédures sans résultat.
00:21:01De plus, chaque outil nouveau est encadré
00:21:03pour éviter des dérives.
00:21:05Les contrôles de lieux de culte, par exemple,
00:21:07reposent sur des critères objectifs
00:21:09et non pas sur des suspicions.
00:21:11C'est pourquoi ce texte est un premier pas.
00:21:14D'autres restent à réaliser,
00:21:16notamment dans notre prise de conscience collective
00:21:18au sein de nos institutions.
00:21:20Ce texte ne résoudra pas tout.
00:21:22L'antrisme islamiste est un hydre.
00:21:24Il faut une vigilance constante,
00:21:26une coopération européenne,
00:21:27une mobilisation de toute la société civile.
00:21:30Mais il donnera à l'État les moyens d'agir
00:21:33là où il était jusqu'à aujourd'hui
00:21:35paralysé.
00:21:36La République ne se défend pas par la passivité.
00:21:39Elle se défend par des lois claires,
00:21:40des outils adaptés
00:21:41et une volonté politique sans faille.
00:21:44Le devoir, notre devoir,
00:21:46en tant que représentant de la nation,
00:21:47est de protéger nos institutions,
00:21:49nos enfants et les valeurs
00:21:51qui nous unissent.
00:21:52C'est pour ça que je vous demande,
00:21:53mes chers collègues,
00:21:54d'adopter ce texte tel qu'il a été modifié
00:21:56par la Commission des lois.
00:21:58Merci, chers collègues.
00:22:00La parole est maintenant
00:22:01à M. Laurent Nunez,
00:22:03ministre de l'Intérieur.
00:22:11Merci beaucoup, M. le Président,
00:22:14Mme la Présidente de la Commission des lois,
00:22:16Mme la rapporteure,
00:22:18M. le ministre, M. Bruno Retailleau,
00:22:21Mesdames et Messieurs les sénateurs.
00:22:24A mon tour, en quelques mots,
00:22:25je vais m'exprimer sur cette proposition
00:22:27de loi dont vous allez débattre,
00:22:30qui a été revue par la Commission.
00:22:31Je voudrais, à mon tour,
00:22:32comme l'a fait M. Bruno Retailleau,
00:22:34refaire un peu l'historique
00:22:35de ce qu'a été l'action du gouvernement
00:22:37sur ces sujets,
00:22:38qui sont éminemment complexes,
00:22:40en réalité, éminemment complexes.
00:22:43Et pour vous dire, évidemment,
00:22:45quel est le projet de loi
00:22:47qui est en cours de préparation
00:22:49par le gouvernement,
00:22:49qui est écrit et qui se trouve actuellement
00:22:51au Conseil d'État pour avis ?
00:22:53D'abord, vous dire,
00:22:54et vous l'avez toutes et tous en tête,
00:22:55que nous avons commencé cette bataille
00:22:58avec tous les textes
00:22:59qui ont concerné
00:23:00la radicalisation violente.
00:23:02Tous les textes qui ont concerné
00:23:03la radicalisation violente,
00:23:05la loi de 2017,
00:23:06et avant la loi de 2017.
00:23:092015, l'état d'urgence,
00:23:11notre pays est frappé
00:23:11par des attentats terroristes,
00:23:13et il y a tout un tas de dispositifs
00:23:15qui sont mis en place,
00:23:16à l'époque, sous le quinquennat
00:23:17de M. Hollande,
00:23:18qui vise à créer le fameux fichier
00:23:20des personnes radicalisées,
00:23:22et un certain nombre de dispositifs
00:23:24qui, au début du quinquennat
00:23:26du président Macron,
00:23:28sont traduits en droits positifs
00:23:29avec la loi de 2017
00:23:30qui vise à lutter
00:23:31contre le terrorisme.
00:23:33On a tout un dispositif
00:23:34qui se met en place
00:23:35et qui vise à lutter
00:23:35contre la radicalisation
00:23:38islamiste violente,
00:23:39terroriste, bien sûr,
00:23:40et toute celle
00:23:40qui fait l'apologie du terrorisme.
00:23:42En ont découlé
00:23:43tout un tas de dispositifs
00:23:45juridiques,
00:23:46qui d'ailleurs
00:23:46sont toujours appliqués aujourd'hui.
00:23:47Cet étage de la fusée,
00:23:48il existe encore aujourd'hui
00:23:50et nous l'appliquons
00:23:51tous les jours.
00:23:51Tous les jours,
00:23:52les services de renseignement,
00:23:53les préfets,
00:23:54les services de police,
00:23:55de gendarmerie
00:23:56appliquent ce dispositif.
00:23:58Et puis,
00:23:58nous avons eu
00:23:59un deuxième étage
00:24:00de la fusée,
00:24:01c'est ce que disait d'ailleurs
00:24:01M. Bruno Rotaillot,
00:24:03c'est ce qu'on appelait
00:24:03le séparatisme.
00:24:04Le séparatisme
00:24:06qui nous a conduits
00:24:07à nous intéresser
00:24:08à ces mouvances
00:24:09qui ne s'inscrivent pas forcément
00:24:10dans la radicalisation violente,
00:24:12mais qui visent clairement,
00:24:13de manière visible,
00:24:14affichée,
00:24:15à faire prévaloir
00:24:16les lois religieuses
00:24:18sur les lois de la République.
00:24:19Il en a découlé
00:24:21un texte de loi
00:24:22qui est la loi de 2021
00:24:23visant à conforter
00:24:24les valeurs de la République
00:24:25qui a été adoptée,
00:24:27qui est appliquée,
00:24:28qui a permis
00:24:29un certain nombre
00:24:30de mesures
00:24:31comme des procédures
00:24:33de fermeture
00:24:34de lieux de culte,
00:24:34des procédures de contrôle
00:24:36et qui a engagé
00:24:37tout un dispositif.
00:24:39Aujourd'hui,
00:24:39nous sommes confrontés
00:24:41et M. Bruno Rotaillot
00:24:42l'a rappelé,
00:24:43Gérald Darmanat
00:24:44avait commandé
00:24:44un rapport
00:24:46qui a permis
00:24:47de cerner
00:24:49un mouvement,
00:24:50une mouvance,
00:24:51celle des frères musulmans,
00:24:52qui n'est d'ailleurs
00:24:52pas la seule
00:24:53qui nous préoccupe.
00:24:54Il y a aussi
00:24:55d'autres structures.
00:24:56Dans les médias,
00:24:56j'ai cité le milligorus,
00:24:58qui est aussi
00:24:59une structure
00:25:00qui pose
00:25:00un certain nombre
00:25:01de difficultés
00:25:02et qui s'inscrivent
00:25:03dans une autre logique
00:25:04que la logique séparatiste.
00:25:05C'est une logique
00:25:06qui est une logique,
00:25:07et j'en emploie le terme
00:25:08évidemment à des seins,
00:25:09qui est la logique
00:25:10d'entrisme,
00:25:11c'est-à-dire
00:25:11qu'il s'agit moins
00:25:12d'essayer de se séparer
00:25:14de manière visible
00:25:15que d'essayer
00:25:16d'infuser,
00:25:16de diffuser
00:25:17au sein de la société,
00:25:18de prendre l'apparence
00:25:19de la normalité républicaine,
00:25:20mais en réalité
00:25:22avec le dessin
00:25:22d'imposer au final
00:25:24une loi religieuse.
00:25:25Et donc ça,
00:25:26c'est ce qu'on a appelé
00:25:27l'entrisme.
00:25:29Les réflexions
00:25:29qui ont été lancées
00:25:30à l'époque,
00:25:31à l'époque,
00:25:31moi j'étais préfet de police
00:25:32auprès de M. Rotaillot,
00:25:33ministre de l'Intérieur,
00:25:34les réflexions
00:25:35qui ont été lancées,
00:25:35elles avaient deux buts.
00:25:36Il ne faut pas oublier
00:25:37qu'elles avaient deux buts.
00:25:39Et ces buts,
00:25:39évidemment,
00:25:39ont été poursuivis
00:25:40par le gouvernement
00:25:41que j'incarne aujourd'hui
00:25:41devant vous.
00:25:42Elles avaient deux buts.
00:25:43Le premier,
00:25:44c'était de corriger
00:25:45une partie des dispositions
00:25:46de la loi 2021
00:25:48qui était finalement
00:25:49incomplète.
00:25:50Il y a des choses
00:25:51qu'on a...
00:25:51Dans les mailles
00:25:53de notre filet,
00:25:53on n'arrivait pas
00:25:54à appréhender
00:25:54tous les phénomènes.
00:25:56M. Bruno Rotaillot,
00:25:57Mme la rapporteure,
00:25:58on a en cité
00:25:59un certain nombre.
00:26:01Je pense notamment
00:26:01à la possibilité
00:26:02de dissoudre
00:26:03des structures
00:26:05sans qu'elles soient
00:26:05forcément dans l'entrisme,
00:26:06des structures
00:26:07au titre du séparatisme.
00:26:09Vous avez cité
00:26:10l'un et l'autre
00:26:12un certain nombre
00:26:13de dispositions
00:26:14qui sont des prolongements
00:26:15de la loi de 2021.
00:26:17Quand on dissout
00:26:18une structure,
00:26:19il est important aussi
00:26:20de s'intéresser
00:26:20à la dévolution des biens.
00:26:22Est-ce que la structure
00:26:23ne va pas finalement
00:26:25remettre les biens
00:26:26à une structure
00:26:27qui va obéir
00:26:28aux mêmes finalités ?
00:26:28Quand on dissout
00:26:29une structure,
00:26:30et on l'a vécu
00:26:30avec la loi séparatisme,
00:26:31je pense au CCIF,
00:26:33est-ce que cette structure
00:26:34ne va pas se reconstituer
00:26:35à l'étranger
00:26:36et continuer à opérer
00:26:37sur le territoire national ?
00:26:38On le vit actuellement
00:26:39avec la structure
00:26:40que je viens de citer,
00:26:40qui a une antenne à Londres,
00:26:41qui a une antenne à Bruxelles.
00:26:42Est-ce qu'il n'est pas utile
00:26:44de prévoir une mesure
00:26:45d'interdiction
00:26:46de ces activités
00:26:47sur le territoire national ?
00:26:49Est-ce qu'avec les dispositions
00:26:51sur l'accueil collectif
00:26:52des mineurs,
00:26:53et Mme la rapporteure,
00:26:54M. le ministre l'ont cité,
00:26:56est-ce qu'on couvre
00:26:56tout le champ
00:26:57des accueils des mineurs ?
00:26:58La réponse est non.
00:26:59On couvre une partie
00:27:00des accueils des mineurs,
00:27:01mais pas dans leur globalité.
00:27:02Or, nous savons
00:27:03qu'il y a un certain nombre
00:27:04de dérives qui se déroulent
00:27:06dans le cadre
00:27:07de ces accueils de mineurs.
00:27:09Est-ce qu'en matière
00:27:12d'ouvrages,
00:27:13de publications,
00:27:14qui posent problème,
00:27:15qui sont des publications
00:27:16qui peuvent finalement
00:27:18dénigrer les homosexuels,
00:27:20remettre en cause
00:27:21le principe d'égalité
00:27:21homme-femme,
00:27:22est-ce qu'en matière
00:27:23d'ouvrages,
00:27:24notre arsenal juridique,
00:27:25il est suffisamment complet ?
00:27:28Non, il ne l'est pas.
00:27:29On a des délais
00:27:30de prescription pénaux,
00:27:31on a des délais
00:27:32de prescription
00:27:33pour les polices administratives
00:27:34qui ne nous permettent pas
00:27:35d'agir de tout temps.
00:27:36Est-ce qu'il n'est pas temps
00:27:37de réfléchir
00:27:38à un pouvoir
00:27:38de police général
00:27:39en matière d'interdiction
00:27:40des publications ?
00:27:41Voilà, donc il y a
00:27:42tout un tas de dispositifs
00:27:43qui ont été travaillés
00:27:45par le gouvernement
00:27:46et que je retrouve
00:27:47dans la proposition
00:27:48de loi de M. Rotaillot
00:27:49qui visent à améliorer
00:27:52cette loi de 2021,
00:27:53à la rendre plus efficace,
00:27:55à la rendre plus performante.
00:27:57Évidemment,
00:27:58ces dispositions
00:27:59figurent également
00:28:00dans le projet de loi
00:28:01que prépare le gouvernement.
00:28:02Évidemment,
00:28:03elles ont été depuis enrichies,
00:28:05on a travaillé
00:28:06un certain nombre
00:28:06de rédactions
00:28:07et puis surtout,
00:28:07nous avons saisi
00:28:08le Conseil d'État
00:28:09pour être certain
00:28:10que cette rédaction
00:28:12sera conforme
00:28:13notamment aux dispositions
00:28:15constitutionnelles.
00:28:16Et puis,
00:28:16il y a un deuxième volet
00:28:17sur lequel nous travaillons
00:28:18et qui figure aussi
00:28:19dans la proposition
00:28:20de loi de M. Rotaillot,
00:28:21c'est d'essayer
00:28:22d'appréhender l'entrisme.
00:28:23On n'est plus dans
00:28:24le séparatisme
00:28:25comme je venais d'en parler
00:28:26où on améliore
00:28:27la loi de 2021.
00:28:28On est dans un dispositif
00:28:30où on est confronté
00:28:32à une menace nouvelle
00:28:32qu'il faut mieux appréhender.
00:28:34Et on a un certain nombre
00:28:35de dispositions
00:28:36qui figurent
00:28:37dans la proposition
00:28:37de M. Rotaillot,
00:28:38qui figureront
00:28:39dans le projet de loi
00:28:39qui visent effectivement
00:28:41à traiter de l'entrisme.
00:28:43Et ce sera le débat
00:28:44que nous allons avoir
00:28:44qui va être très intéressant
00:28:45parce que définir
00:28:46juridiquement l'entrisme,
00:28:47ça n'est pas facile.
00:28:48Ça n'est pas facile,
00:28:49c'est assez complexe
00:28:51et on y reviendra
00:28:52dans le cadre des débats.
00:28:52Mais le projet de loi
00:28:53du gouvernement
00:28:54prévoit aussi un volet
00:28:55en matière d'entrisme
00:28:56et notamment
00:28:57la possibilité
00:28:58non pas d'en faire
00:28:59un délit pénal
00:29:00dont je note d'ailleurs
00:29:01que la Commission
00:29:02a retravaillé ce sujet,
00:29:03non pas d'en faire
00:29:04un délit pénal
00:29:05mais d'en faire
00:29:05un motif de dissolution
00:29:06administrative.
00:29:07Je veux saluer aussi
00:29:08le travail de la Commission
00:29:09qui a conduit
00:29:10à revenir sur la possibilité
00:29:12de mettre en place
00:29:12des techniques de renseignement
00:29:13en matière d'entrisme
00:29:15dès lors qu'il faut
00:29:17retravailler cela
00:29:18notamment avec la délégation
00:29:19parlementaire au renseignement
00:29:20et nous-mêmes,
00:29:21gouvernement,
00:29:21nous sommes rendus compte
00:29:22que c'était une voie
00:29:23qui était périlleuse
00:29:24et sans doute
00:29:25assez compliquée
00:29:26à mener à bien.
00:29:27Voilà,
00:29:27tout cela pour vous dire
00:29:28que la position
00:29:29du gouvernement
00:29:30évidemment
00:29:30est de constater
00:29:32qu'on partage
00:29:32les mêmes objectifs,
00:29:33qu'on partage
00:29:34les mêmes objectifs.
00:29:35Moi, je n'ai fait
00:29:35que reprendre,
00:29:36le gouvernement n'a fait
00:29:36que reprendre le travail
00:29:37qui avait été engagé
00:29:38par mon prédécesseur,
00:29:39par mes prédécesseurs
00:29:40dans une vraie logique
00:29:41de lutte contre
00:29:42l'islam politique
00:29:43et la menace
00:29:44que représente
00:29:45l'islamisme politique.
00:29:46Évidemment,
00:29:47on est dans la même logique.
00:29:49Simplement,
00:29:49ce que je veux dire,
00:29:50c'est qu'on partage
00:29:51une logique,
00:29:51mais attention,
00:29:52attention,
00:29:53et M. Retailleau
00:29:54l'a parfaitement cité.
00:29:55Ce sujet est extrêmement complexe.
00:29:57J'ai eu l'occasion
00:29:57de le dire dans la presse,
00:29:58j'ai eu l'occasion
00:29:58de m'exprimer devant vous,
00:29:59de répondre à une question,
00:30:00de repréciser ma position
00:30:01sur le port du voile.
00:30:03Attention,
00:30:03c'est un sujet
00:30:04qui est extrêmement compliqué.
00:30:05Et là,
00:30:06pardon,
00:30:06je n'étais pas là en 2014,
00:30:08mais j'étais là en 2021,
00:30:09quand nous avons eu la loi
00:30:10sur le séparatisme,
00:30:11on a été extrêmement critiqué,
00:30:12ne l'oubliez pas.
00:30:13partout dans le monde,
00:30:14on a été critiqué
00:30:15sur ces sujets,
00:30:15et on nous traitait
00:30:18d'islamophobes.
00:30:20On a été critiqué
00:30:21partout
00:30:22dans le monde musulman,
00:30:24dans certaines démocraties
00:30:25occidentales,
00:30:25qui,
00:30:26je constate maintenant
00:30:27qu'elles nous ont rejoints
00:30:28dans cette lutte.
00:30:29Je pense à certains pays
00:30:30comme le Danemark,
00:30:31les Pays-Bas,
00:30:32la Belgique,
00:30:32qui, à l'époque,
00:30:33étaient extrêmement critiques
00:30:34sur les dispositions
00:30:35de la loi de 2021.
00:30:36Mais maintenant,
00:30:37ce sont des pays
00:30:37qui se sont ralliés
00:30:38à nos positions,
00:30:39et c'est heureux.
00:30:40Mais c'est donc un sujet
00:30:41qu'il faut manier
00:30:41avec beaucoup,
00:30:42beaucoup de précautions
00:30:43et ne jamais donner,
00:30:44comme l'a dit
00:30:45M. Bruno Retailleau,
00:30:47ne jamais donner
00:30:47l'impression
00:30:48que l'on stigmatise.
00:30:50Ne jamais donner
00:30:50l'impression
00:30:51que l'on stigmatise.
00:30:52Et M. Retailleau
00:30:54a cité
00:30:55des signaux positifs
00:30:56qu'il faut envoyer.
00:30:57C'est extrêmement important.
00:30:59Des signaux positifs.
00:31:00C'est le travail
00:31:00qui est engagé
00:31:01au sein du FAURIF,
00:31:02par exemple,
00:31:03avec le travail
00:31:03que nous faisons
00:31:04sur les carrés confessionnels,
00:31:06sur le fait
00:31:07d'expliquer
00:31:08en permanence
00:31:10qu'évidemment
00:31:10que l'islam
00:31:11est totalement
00:31:12compatible
00:31:12avec les valeurs
00:31:13de la République
00:31:13et il a toute sa place
00:31:15dans la République.
00:31:15Il faut toujours le dire.
00:31:16Et puis,
00:31:16il y a des signaux aussi,
00:31:18au-delà de ces signaux positifs,
00:31:20il y a des signaux négatifs
00:31:21qu'il faut éviter.
00:31:22Il y a des signaux négatifs
00:31:23qu'il faut éviter.
00:31:23Et je me réjouis,
00:31:24je me réjouis
00:31:25que ni la proposition
00:31:26de M. Retailleau
00:31:27ni le travail
00:31:27de la Commission
00:31:28n'ont réintroduit
00:31:29un certain nombre
00:31:30de mesures
00:31:30qui étaient dans
00:31:31les rapports parlementaires
00:31:32et qui pouvaient poser
00:31:33un certain nombre
00:31:34de difficultés.
00:31:35Je pense au port
00:31:36des signes religieux
00:31:36notamment.
00:31:37Et je n'irai pas plus loin
00:31:38mais tout le monde voit
00:31:39ce à quoi je fais allusion.
00:31:41Voilà ce que je voulais vous dire.
00:31:42Donc le gouvernement,
00:31:43la position du gouvernement
00:31:43sur ce texte,
00:31:44elle sera très claire.
00:31:45C'est une position de sagesse.
00:31:46Nous, nous avons
00:31:47les douze articles
00:31:48qui sont dans ce texte,
00:31:49ils sont dans le projet
00:31:50de loi du gouvernement.
00:31:51Ils ont parfois été réécrits.
00:31:53Ils ont parfois été,
00:31:53pardon,
00:31:54au moins juridiquement,
00:31:55je me permets au moins
00:31:56de le dire juridiquement,
00:31:57je le pense améliorés.
00:31:58Nous avons saisi
00:31:59le Conseil d'État.
00:32:00Nous avons saisi
00:32:00le Conseil d'État.
00:32:01Il nous dira
00:32:02si ces dispositions
00:32:03sont constitutionnelles ou pas.
00:32:05C'est important.
00:32:06C'est important.
00:32:06Et puis surtout,
00:32:07nous avons ajouté
00:32:08un certain nombre
00:32:09de briques à cet édifice.
00:32:10Nous avons ajouté
00:32:11un certain nombre de briques.
00:32:12C'est notamment le cas
00:32:13sur la police des ouvrages,
00:32:15un pouvoir de police générale
00:32:16dont je parlais.
00:32:18C'est notamment le cas
00:32:19sur Pharos,
00:32:20donc où nous avons prévu
00:32:21de faire un certain nombre
00:32:22de retraits de contenus
00:32:23qui ne sont pas prévus actuellement
00:32:24et qui ne figurent
00:32:25ni dans la proposition de loi
00:32:26ni dans le rapport
00:32:27de la Commission.
00:32:28Et nous avons tout un tas
00:32:29de mesures supplémentaires.
00:32:30Donc la position du gouvernement
00:32:32sur ce texte
00:32:33sera une position de sagesse,
00:32:35de participation constructive
00:32:36à ces débats
00:32:37qui vont forcément enrichir
00:32:38notre propre réflexion.
00:32:40Ce sera donc une position
00:32:41de sagesse.
00:32:43Je veux remercier évidemment
00:32:44M. Retailleau
00:32:46pour sa proposition.
00:32:47La Commission
00:32:48pour le travail
00:32:49de réajustement
00:32:51qui nous convient parfaitement
00:32:52d'un certain nombre
00:32:52de dispositions
00:32:53qui ont été introduites.
00:32:54Mais pour ce qui me concerne,
00:32:56nous avons notre texte,
00:32:57nous avons le Conseil d'État
00:32:59qui est saisi.
00:32:59Et je tiens à dire,
00:33:01M. le ministre,
00:33:02qu'évidemment,
00:33:03moi je vais veiller
00:33:04à ce qu'il soit inscrit ce texte.
00:33:05Vous connaissez mon engagement
00:33:06sur ces combats
00:33:07qui ne remontent pas
00:33:09de l'engagement
00:33:10sur l'entrisme.
00:33:10Donc je veillerai
00:33:11à ce que nous inscrivions
00:33:12ce texte
00:33:13et qu'il aboutisse
00:33:14et qu'il aboutisse.
00:33:15Ce sera compliqué,
00:33:16mais je crois que les débats
00:33:17qu'on va avoir
00:33:17vont utilement enrichir
00:33:19tout cela.
00:33:20Voilà, en vous remerciant.
00:33:21Merci, M. le ministre.
00:33:23Nous passons à la discussion
00:33:24de la motion tendant
00:33:25à opposer l'exception
00:33:26d'irrecevabilité.
00:33:28La parole est au président
00:33:29Patrick Cannaire
00:33:30pour la motion.
00:33:31Vous avez 10 minutes,
00:33:33M. le président.
00:33:46Monsieur le président,
00:33:47M. le ministre,
00:33:48Mme la présidente
00:33:49de la commission,
00:33:50Mme la rapporteure,
00:33:51le 16 juillet 1971,
00:33:54le Conseil constitutionnel
00:33:56rendait une de ses décisions
00:33:58les plus emblématiques,
00:33:59la décision dite
00:34:00liberté d'association.
00:34:02En censurant une tentative
00:34:04de contrôle préalable
00:34:05des associations,
00:34:06les sages ne faisaient
00:34:07pas qu'interpréter un texte,
00:34:09ils sanctuarisaient
00:34:10un héritage,
00:34:11celui de la loi de 1901,
00:34:12et le plaçaient au sommet
00:34:14de notre pyramide des normes.
00:34:16Ce jour-là,
00:34:16la République affirmait
00:34:17que la liberté
00:34:18ne se négocie pas
00:34:19avec l'administration.
00:34:20Alors pourquoi évoquer
00:34:21cette décision emblématique
00:34:23que tous les étudiants
00:34:24en droit ont pratiquée ?
00:34:26Eh bien parce que,
00:34:2755 ans plus tard,
00:34:28nous voici face à un texte
00:34:30qui semble avoir écrit
00:34:30avoir été écrit
00:34:32pour effacer
00:34:32d'un trait de plume
00:34:33cette décision.
00:34:34En déposant cette exception
00:34:36d'irrecevabilité,
00:34:37mon groupe entend
00:34:38dénoncer une double imposture.
00:34:41Une imposture juridique
00:34:42par le mépris
00:34:43des principes constitutionnels
00:34:44et une imposture politique
00:34:46par l'instrumentalisation cynique
00:34:48de nos institutions.
00:34:49Et en voici
00:34:50quelques illustrations.
00:34:52Dès l'article 1er,
00:34:53vous nous proposiez
00:34:54dans la version initiale
00:34:56de créer un délit
00:34:57d'atteinte
00:34:57à la cohésion nationale,
00:34:58M. Rotaillot,
00:35:00M. le ministre.
00:35:01Mes chers collègues,
00:35:02nous touchions ici
00:35:02l'acmé de l'insécurité juridique.
00:35:05Qu'est-ce que la cohésion nationale
00:35:07dans le code pénal ?
00:35:07Un concept gazeux,
00:35:08une notion subjective
00:35:09que chaque préfet
00:35:11pourrait interpréter
00:35:12selon l'humeur du jour
00:35:13ou la couleur
00:35:14du pouvoir en place.
00:35:15En proposant une infraction
00:35:17aussi nébuleuse,
00:35:18vous piétignez
00:35:18le principe
00:35:19de la légalité
00:35:20des délits et des peines.
00:35:21Le Conseil constitutionnel
00:35:23était pourtant clair.
00:35:24La loi doit être
00:35:26intelligible,
00:35:27précise,
00:35:28accessible.
00:35:29Votre texte
00:35:31faisait tout l'inverse.
00:35:33Il créait
00:35:33un soupçon
00:35:34là où il lui fallut
00:35:36de la clarté.
00:35:37Vous vouliez punir
00:35:38mais vous refusiez
00:35:39de définir.
00:35:40C'est la définition même
00:35:41de l'arbitraire.
00:35:42La rapporteure est d'ailleurs
00:35:43arrivée à la même conclusion
00:35:44que nous,
00:35:44au point qu'elle a dû
00:35:45intégralement réécrire
00:35:46l'article en commission
00:35:48sans lever d'ailleurs
00:35:49toutes les difficultés juridiques
00:35:50pour autant.
00:35:51L'article 2
00:35:52s'en prend lui
00:35:53à la liberté d'association
00:35:54avec une violence rare.
00:35:55En élargissant
00:35:56les motifs
00:35:57de dissolution administrative,
00:35:59vous offrez
00:36:00sur un plateau
00:36:00au pouvoir exécutif
00:36:01le droit de vie
00:36:02ou de mort.
00:36:03Sur le tissu associatif,
00:36:05la dissolution
00:36:05est un acte chirurgical
00:36:08exceptionnel
00:36:09justifié par un trouble
00:36:10à l'ordre public.
00:36:11Vous voulez en faire
00:36:12un outil banal
00:36:13de gestion politique
00:36:14en modifiant ces motifs.
00:36:16Vous transformez
00:36:16l'administration
00:36:17en juge de la pensée.
00:36:18C'est une attaque frontale
00:36:20à l'esprit de 1901.
00:36:21Vous voulez que les associations
00:36:22ne soient plus
00:36:23des espaces de liberté,
00:36:24mais des structures
00:36:25sous surveillance
00:36:26sommées de plaire
00:36:27au pouvoir
00:36:28pour survivre.
00:36:29L'article 4
00:36:30est tout aussi alarmant.
00:36:32En allongeant
00:36:33le délai de prescription
00:36:33des délits de presse
00:36:34à trois ans
00:36:35sous couvert de lutte
00:36:36contre la propagande
00:36:36séparatiste,
00:36:37vous créez un régime
00:36:38d'exception.
00:36:39La loi de 1881
00:36:40n'est pas un texte
00:36:41comme les autres.
00:36:42C'est le garant
00:36:43de la liberté d'informer.
00:36:44y toucher,
00:36:45c'est inciter
00:36:46à l'autocensure,
00:36:47c'est fragiliser
00:36:49le travail
00:36:49des journalistes.
00:36:50Et que dire
00:36:51de l'article 5
00:36:52et de l'article 7 ?
00:36:53Vous qui vous présentez
00:36:56souvent comme
00:36:56les défenseurs
00:36:56des territoires,
00:36:57vous traitez ici
00:36:58les élus locaux
00:36:59avec un mépris souverain.
00:37:01Imposer la vie conforme
00:37:02du préfet
00:37:02pour des édifices
00:37:03culturelles
00:37:04ou autoriser
00:37:04le préfet
00:37:05à retirer
00:37:05une subvention
00:37:06municipale
00:37:07de son propre chef.
00:37:08C'est piétiner
00:37:09l'article 72
00:37:10de notre Constitution.
00:37:11C'est une recentralisation
00:37:13autoritaire.
00:37:13Vous retirez au maire
00:37:14leur libre administration
00:37:15pour les transformer
00:37:16en simples exécutants.
00:37:18Quel aveu de faiblesse,
00:37:19mes chers collègues,
00:37:20vous ne faites plus confiance
00:37:20aux élus de la République ?
00:37:21Au fond,
00:37:22vous ne faites confiance
00:37:23qu'à la puissance
00:37:24de l'État centralisé
00:37:25car vous êtes incapables
00:37:26de concevoir
00:37:27une autorité
00:37:27qui ne soit pas
00:37:28dans une logique
00:37:28de coercition.
00:37:30C'est d'ailleurs ici
00:37:31que je veux évacuer
00:37:31la petite musique.
00:37:32qu'on tente souvent
00:37:34de distiller
00:37:35ce procès en laxisme
00:37:36qu'on intente
00:37:37à la gauche
00:37:37dès que nous refusons
00:37:39de piétiner
00:37:39l'État de droit.
00:37:40Cette accusation
00:37:42est aussi fausse
00:37:42qu'indigne.
00:37:43La responsabilité
00:37:45du pouvoir,
00:37:45nous l'avons exercée.
00:37:47Au lendemain,
00:37:48des attentats terroristes
00:37:50qui ont meurtri
00:37:51notre nation
00:37:51à partir de janvier 2015.
00:37:53C'est une majorité
00:37:55socialiste
00:37:55qui a pris
00:37:56des mesures fortes
00:37:56immédiates.
00:37:58Elles ont été rappelées
00:37:59par le ministre Lunez.
00:38:01Mais elle l'a fait
00:38:02dans un esprit
00:38:02qui vous est
00:38:03manifestement étranger,
00:38:05celui de la concorde nationale.
00:38:06Nous n'avons pas cherché
00:38:08à diviser les Français
00:38:08entre eux,
00:38:09mais à les unir
00:38:10contre la barbarie.
00:38:11Et pour parler
00:38:12de mon expérience personnelle,
00:38:13lorsque j'étais ministre
00:38:14de la Ville,
00:38:14de la Jeunesse et des Sports,
00:38:16j'oeuvrais concrètement
00:38:17sur le terrain
00:38:17pour empêcher
00:38:18la radicalisation
00:38:18dans les clubs sportifs,
00:38:20pour renforcer
00:38:20les moyens des éducateurs,
00:38:22pour réinjecter
00:38:22de la République
00:38:23là où elle reculait.
00:38:24C'était une question
00:38:25de terrain
00:38:26solide,
00:38:27efficace,
00:38:28qui ne cherchait pas
00:38:29le clash médiatique,
00:38:31mais le résultat durable.
00:38:32Et ne croyez pas,
00:38:33mon cher collègue Bruno Rotaillot,
00:38:35que ce constat
00:38:35soit l'apanage
00:38:36de la gauche.
00:38:37Même au sein
00:38:38de votre famille politique,
00:38:40votre dérive inquiète.
00:38:41Je pense à Jean-François Copé,
00:38:44qui, sans le savoir,
00:38:46dénonçait en février dernier
00:38:47dans une tribune,
00:38:48dans un grand hebdomadaire,
00:38:49les trois mots
00:38:50que l'on retrouve,
00:38:51mots, M-A-U-X,
00:38:52qu'on retrouve dans votre méthode
00:38:53infantilisation,
00:38:55instrumentalisation
00:38:55et essentialisation.
00:38:57En refusant la pédagogie
00:38:58pour lui préférer
00:38:59le soupçon
00:39:00« oui, vous infantilisez
00:39:02nos concitoyens ».
00:39:03En utilisant la foi
00:39:04de millions de Français
00:39:05comme un levier électoral,
00:39:06« oui, vous instrumentalisez
00:39:07le débat public »,
00:39:08mais surtout en les réduisant
00:39:10à leur seule dimension religieuse,
00:39:11« vous les essentialisez ».
00:39:14Monsieur le ministre,
00:39:15les Français
00:39:16de confession musulmane
00:39:18ne demandent ni
00:39:18privilèges ni complaisances.
00:39:20Ils demandent du respect.
00:39:22Ils sont des parents,
00:39:23des salariés,
00:39:25des entrepreneurs,
00:39:26des situations
00:39:26à part entière.
00:39:27Quel message
00:39:28leur envoyons-nous
00:39:29aujourd'hui avec ce texte ?
00:39:30Celui qu'ils seraient
00:39:31des citoyens de seconde zone,
00:39:33perpétuellement suspects
00:39:34des boucs commissaires
00:39:35si commodes.
00:39:36Vous mettez en exergue
00:39:37une différence fondamentale
00:39:38entre nous.
00:39:39Nous croyons
00:39:40à la fermeté républicaine
00:39:41qui punit les coupables
00:39:42et protège les citoyens
00:39:43quand vous prenez
00:39:44une surenchère identitaire
00:39:45qui fragilise
00:39:46l'unité du pays.
00:39:48Aussi,
00:39:48ne nous donnez pas
00:39:49de leçons de courage.
00:39:51Le courage,
00:39:51c'est de tenir notre pays
00:39:53debout,
00:39:53sans jamais sacrifier
00:39:55ce qui est son essence,
00:39:56à savoir
00:39:56l'universalisme républicain.
00:40:00Vous qui vous présentez
00:40:01comme de grands défenseurs
00:40:02des libertés,
00:40:02vous vous attaquez régulièrement
00:40:03au fondement républicain.
00:40:05Il n'y a pas si longtemps,
00:40:06M. Rotaillot,
00:40:06vous jetiez le masque
00:40:08déjà bien mince
00:40:09en déclarant que
00:40:09l'état de droit
00:40:10n'était ni sacré
00:40:11ni intangible.
00:40:12Par cette phrase,
00:40:13vous n'avez pas seulement
00:40:14commis un imperverbal.
00:40:15vous avez théorisé
00:40:16la soumission du droit
00:40:17à l'idéologie.
00:40:19Pour nous,
00:40:19sur les bancs socialistes,
00:40:20l'état de droit
00:40:21n'est pas une option.
00:40:22C'est le cœur battant
00:40:23de la démocratie,
00:40:24c'est la digue
00:40:25qui nous protège
00:40:26de l'arbitraire,
00:40:26de la passion du moment
00:40:27et des dérives populistes.
00:40:29En le contestant,
00:40:30vous ouvrez une brèche
00:40:31dans laquelle s'engouffrent
00:40:32déjà ceux qui rêvent
00:40:33d'un régime illibéral.
00:40:35Jean-Jacques Rousseau
00:40:36écrivait
00:40:37« L'obéissance à la loi
00:40:39qu'on s'est prescrite
00:40:40est liberté.
00:40:41Mais quelle liberté
00:40:42reste-t-il
00:40:43quand la loi devient
00:40:43une arme de circonstance ? »
00:40:45Votre texte
00:40:46n'est pas une œuvre législative,
00:40:47c'est une offensive politique
00:40:49destinée à masquer
00:40:51une crise d'identité
00:40:52partisane.
00:40:53À force de vouloir
00:40:54concurrencer
00:40:55le Rassemblement national
00:40:56sur son propre terrain,
00:40:57vous finissez
00:40:58par parler sa langue,
00:41:00par adopter ses réflexes
00:41:01et, tragiquement,
00:41:02par lui préparer le terrain.
00:41:04Le Sénat,
00:41:05chambre de la stabilité
00:41:06et de la sagesse,
00:41:07ne saurait être l'otage
00:41:08de vos ambitions
00:41:09fustelles présidentielles.
00:41:12Enfin,
00:41:13parlons de la forme.
00:41:15Parlons de la forme.
00:41:17Mon cher collègue
00:41:18Bruno Rotaillot,
00:41:19vous avez refusé
00:41:19de soumettre ce texte
00:41:21à l'avis du Conseil d'État
00:41:23procédure prévue
00:41:24par l'article 39
00:41:25de la Constitution
00:41:26dans son dernier alinéa
00:41:27et pour laquelle
00:41:28j'avais saisi
00:41:28le président Larcher
00:41:29le 27 mars dernier.
00:41:31Pourquoi cette fuite ?
00:41:33Pourquoi cette peur
00:41:33de la confrontation
00:41:34avec la rigueur juridique ?
00:41:36Nous avions déjà vécu
00:41:37ce scénario en 2023,
00:41:39mes chers collègues,
00:41:40avec la loi immigration.
00:41:41Vous aviez alors
00:41:42ignoré toutes nos alertes.
00:41:44Résultat,
00:41:45une censure historique
00:41:47par le Conseil constitutionnel
00:41:49avec 35 articles supprimés.
00:41:53Vous réitérez aujourd'hui
00:41:54la même erreur,
00:41:55tant qu'on puisse
00:41:56la qualifier ainsi,
00:41:58car, mes chers collègues,
00:41:59une erreur constamment répétée
00:42:00n'est plus une erreur,
00:42:01c'est un choix.
00:42:03Aussi, je trouve
00:42:03le ministre Nunes
00:42:04bien modéré
00:42:05quand il qualifie hier
00:42:07dans un grand journal du soir
00:42:08que votre PPL
00:42:09est une œuvre inachevée.
00:42:12Finalement,
00:42:13vous assumez un texte
00:42:14inconstitutionnel
00:42:15pour faire parler,
00:42:16alors qu'il fallait
00:42:17un texte juste
00:42:18pour faire avancer le pays.
00:42:21Monsieur le ministre,
00:42:23cher Bruno Rotaillot,
00:42:24ce texte n'est pas
00:42:25une loi de protection,
00:42:27c'est un tract politique.
00:42:28Il alimente
00:42:29un tournant idéologique
00:42:30où la droite républicaine
00:42:32ne se définit plus
00:42:33par ses valeurs,
00:42:35mais par sa dérive
00:42:36à copier les outrances
00:42:37de l'extrême droite.
00:42:38Un vent inquiétant,
00:42:40mes chers collègues,
00:42:41un vent inquiétant
00:42:42souffle fort
00:42:43dans cet hémicycle
00:42:44et peut-être
00:42:45qu'il soufflera
00:42:47encore plus fort
00:42:47en octobre prochain.
00:42:49Notre groupe
00:42:50socialiste,
00:42:51écologiste et républicain
00:42:53ne cédera pas.
00:42:54Nous ne laisserons pas
00:42:55les principes
00:42:56de 1789,
00:42:58de 1881,
00:43:00de 1901
00:43:01ou de 1905
00:43:03être sacrifiés
00:43:04sur le tel
00:43:05d'une ambition présidentielle
00:43:06en quête
00:43:07de visibilité médiatique.
00:43:09Mes chers collègues,
00:43:10nous considérons
00:43:11ce texte
00:43:11comme dangereux
00:43:12car il affaiblit
00:43:14la République
00:43:14en prétendant
00:43:15la défendre.
00:43:16Il est irrecevable
00:43:17car il contrevient
00:43:18à l'essence même
00:43:19de nos libertés fondamentales.
00:43:21Mes chers collègues,
00:43:22notre rôle
00:43:22est de protéger
00:43:23notre modèle républicain
00:43:25des dérives
00:43:26qui le menacent.
00:43:28Tel est le sens
00:43:29de cette motion
00:43:30de rejet préalable
00:43:31que je vous invite
00:43:32à soutenir.
00:43:33Merci,
00:43:34Monsieur le Président.
00:43:36Quel est l'avis
00:43:36de la Commission ?
00:43:38Madame la rapporteure.
00:43:43Merci,
00:43:44Monsieur le Président,
00:43:45Monsieur le Ministre,
00:43:46mes chers collègues.
00:43:47La Commission
00:43:48émettra un avis
00:43:50défavorable
00:43:51sur cette motion
00:43:52d'exception
00:43:53d'irrecevabilité
00:43:55tout d'abord
00:43:55parce que nous pensons
00:43:56qu'il est important
00:43:57d'avoir le débat.
00:43:58C'est un débat
00:44:00évidemment démocratique
00:44:02dont l'objectif
00:44:02est de débattre
00:44:05sur cette nouvelle menace,
00:44:07enfin cette menace
00:44:08aujourd'hui documentée,
00:44:09reconnue par tous
00:44:11qui est celle
00:44:12de l'antrisme islamiste
00:44:13et je pense
00:44:13que c'est le rôle
00:44:14de notre Assemblée
00:44:15de pouvoir débattre
00:44:16des outils
00:44:17pour pouvoir
00:44:19contrecarrer
00:44:19cette menace.
00:44:21D'autant que nous pensons
00:44:22que l'ensemble
00:44:22des dispositions
00:44:23qui sont dans ce texte
00:44:24d'une part
00:44:26protègent
00:44:27et visent à protéger
00:44:28notre modèle républicain
00:44:29contre cette menace
00:44:30insidieuse
00:44:31qui tend
00:44:31à remplacer
00:44:33les lois
00:44:34de la République
00:44:34par les lois religieuses
00:44:36et que l'enjeu
00:44:38de ce texte
00:44:38et de son intérêt
00:44:39est bien évidemment
00:44:40d'être particulièrement
00:44:42ciblé
00:44:43et de viser
00:44:44un objectif
00:44:45clair
00:44:45et essentiel
00:44:47primo.
00:44:48Deuxièmement,
00:44:48en recentrant
00:44:49ce travail
00:44:50qu'a mené
00:44:50la commission
00:44:51des lois,
00:44:53nous avons fait en sorte
00:44:54que ce texte
00:44:55ne soit pas
00:44:57inconstitutionnel,
00:44:57que les dispositions
00:44:58soient conformes
00:44:59au bloc
00:44:59de la constitutionnalité
00:45:00tel qu'il a été étendu,
00:45:01vous l'avez dit,
00:45:02par le Conseil constitutionnel
00:45:03en juillet 1971
00:45:05et que l'équilibre
00:45:07entre l'objectif
00:45:08de sécurité
00:45:08et celui
00:45:09de protection
00:45:09des libertés,
00:45:10que ce soit
00:45:11la liberté d'association,
00:45:12la liberté de culte,
00:45:13la liberté de croyance,
00:45:14soit respecté
00:45:15par l'ensemble
00:45:16des dispositifs.
00:45:18Et enfin,
00:45:18dernier élément,
00:45:19je pense que
00:45:20véritablement,
00:45:21en visant
00:45:21strictement
00:45:22et essentiellement
00:45:23cette menace
00:45:24d'entrisme islamique,
00:45:25ceux qui visent
00:45:26ce projet
00:45:27de longue haleine
00:45:29insidieux
00:45:29qui vise
00:45:30à mettre à mal
00:45:31nos institutions,
00:45:32eh bien,
00:45:33en ciblant,
00:45:34nous protégeons
00:45:35l'ensemble
00:45:35des musulmans,
00:45:36ceux qui pratiquent
00:45:37leur foi
00:45:38dans le respect
00:45:39de nos valeurs républicaines,
00:45:41dans le respect
00:45:41de notre vision occidentale
00:45:43des libertés
00:45:44et c'est pour ça
00:45:45que nous devons avoir
00:45:46le débat aujourd'hui.
00:45:47Donc,
00:45:47ce sera un avis défavorable.
00:45:49Merci,
00:45:49madame la rapporteure.
00:45:50Monsieur le ministre,
00:45:51ce qu'est l'avis du gouvernement,
00:45:51s'il vous plaît.
00:45:52Merci,
00:45:53monsieur le président.
00:45:54Je vais faire trois remarques.
00:45:55Trois remarques d'abord.
00:45:56Je voudrais dire
00:45:57à monsieur le président Caner,
00:45:59qui me connaît bien,
00:46:00attention quand même,
00:46:01chaque fois qu'on introduit
00:46:03des dispositions législatives
00:46:04qui visent à mieux lutter
00:46:05contre ceux
00:46:07qui finalement nuisent
00:46:08à nos compatriotes musulmans,
00:46:09parce que l'islamisme politique,
00:46:11c'est d'abord ça.
00:46:11Nous,
00:46:11ce qu'on veut,
00:46:12c'est d'abord protéger
00:46:12nos compatriotes musulmans.
00:46:14C'est d'abord les protéger.
00:46:15Attention,
00:46:16chaque fois qu'on introduit
00:46:17ce type de dispositions
00:46:18au discours
00:46:19qui consiste à dire
00:46:19« atteinte aux libertés »,
00:46:21etc.
00:46:21Au même moment,
00:46:22ce matin,
00:46:22la France insoumise
00:46:23nous traitait à nouveau,
00:46:25me traitait en l'occurrence
00:46:26par rapport au projet de loi,
00:46:28d'islamophobe.
00:46:28À nouveau,
00:46:29à nouveau.
00:46:30C'est un reproche
00:46:31qu'on me fait tout le temps.
00:46:32Je suis islamophobe
00:46:33parce que je fais juste
00:46:34de l'antiterrorisme,
00:46:35de l'antiséparatisme
00:46:35et de l'antiantrisme.
00:46:36Mais c'est pour protéger
00:46:37nos compatriotes musulmans.
00:46:38Vous me connaissez,
00:46:39c'est très sincère
00:46:41dans ma bouche,
00:46:41c'est ce que je voulais vous dire.
00:46:43Et donc,
00:46:43il faut qu'on soit extrêmement prudent.
00:46:45Il faut aussi qu'on sache redire,
00:46:47M. le ministre Bruno Retailleau,
00:46:49sur ce genre de texte,
00:46:50que la plupart des dispositions
00:46:52qui sont prévues dans ce texte
00:46:54et qui seront prévues
00:46:54dans le projet du gouvernement,
00:46:56elles ont vocation à s'appliquer
00:46:59à toutes les dérives.
00:47:01Attention,
00:47:02quand on prévoit des dispositions
00:47:04pour dissoudre les structures
00:47:07ou dissoudre les fonds de dotation
00:47:09qui rentrent dans le champ
00:47:10du L212-1,
00:47:11on vise tous les cas
00:47:12du L212-1,
00:47:13y compris les groupes armés,
00:47:15les mouvements d'ultra-droite,
00:47:16les mouvements d'ultra-gauche.
00:47:17Et donc,
00:47:17il faut aussi qu'on sache montrer
00:47:18que ce texte,
00:47:19il n'a pas qu'une cible unique.
00:47:21C'est d'ailleurs une grande différence
00:47:22qu'il y a
00:47:23entre le projet du gouvernement
00:47:24et cette proposition de loi.
00:47:26C'est que nous,
00:47:26on ne parle pas d'entrisme islamiste.
00:47:28Évidemment,
00:47:29on parle de l'entrisme,
00:47:30évidemment,
00:47:30mais on ne parle pas de ça.
00:47:31Il faut être extrêmement,
00:47:32extrêmement prudent.
00:47:33Et la troisième remarque
00:47:34que je voulais faire,
00:47:35M. le Président,
00:47:36moi,
00:47:36je serai sur un avis de sagesse,
00:47:37c'est sur la position du gouvernement
00:47:39sur toutes les discussions
00:47:42que nous aurons,
00:47:42mais je compte bien évidemment
00:47:43participer à ce débat.
00:47:44Je pense qu'effectivement,
00:47:45il est intéressant
00:47:46qu'on puisse avoir cette discussion
00:47:47et ce débat sur ces sujets
00:47:48qui sont,
00:47:50et je vous rejoins sur ce point,
00:47:52éminemment sensibles.
00:47:53Éminemment sensibles.
00:47:54Et il faut que les messages
00:47:55qu'on envoie
00:47:56quand on lutte contre l'entrisme
00:47:57en direction
00:47:58de nos compatriotes musulmans,
00:47:59ils soient extrêmement clairs.
00:48:01Ils soient extrêmement clairs
00:48:02sans aucune ambiguïté.
00:48:04Et là,
00:48:04je vous rejoins en tout point.
00:48:05Sans aucune ambiguïté.
00:48:07Et encore une fois,
00:48:07je me réjouis,
00:48:08je me réjouis
00:48:09que le texte n'ait pas repris.
00:48:11Un certain nombre de mesures
00:48:13qui étaient dans les rapports
00:48:14et qui étaient des mesures
00:48:15qui, à mon sens,
00:48:16n'ont aucun rapport
00:48:17avec le sujet.
00:48:18N'ont aucun rapport
00:48:18avec le sujet.
00:48:19Ou en tout cas,
00:48:19un rapport très éloigné.
00:48:21Voilà.
00:48:21Donc, avis de sagesse.
00:48:24Merci, monsieur le ministre.
00:48:25Est-ce qu'il y a
00:48:25des explications de vote ?
00:48:28Je n'en vois pas.
00:48:29Je vais consulter Sénat
00:48:30sur l'exception
00:48:31d'irrecevabilité.
00:48:33Je vous rappelle,
00:48:34chers collègues,
00:48:34que l'adoption
00:48:35de cette motion
00:48:36entraînerait le rejet
00:48:37du texte en discussion.
00:48:39et je suis saisi
00:48:40d'une demande
00:48:41de scrutin public
00:48:42par le groupe
00:48:43Les Républicains.
00:48:44Le scrutin est ouvert.
00:48:45Le scrutin est clos.
00:48:50Nombre de votants,
00:48:51346.
00:48:52Nombre de suffrages exprimés,
00:48:53327.
00:48:54Pour l'adoption,
00:48:55100.
00:48:56Contre 227,
00:48:57le Sénat n'a pas adopté.
00:49:01Chers collègues,
00:49:02monsieur le ministre,
00:49:03nous passons donc
00:49:03à la discussion
00:49:04de la motion
00:49:04tendant à opposer
00:49:05la question préalable.
00:49:06La parole est à monsieur
00:49:07Yann Brossat
00:49:08pour la motion
00:49:09pour 10 minutes.
00:49:16Monsieur le Président,
00:49:17monsieur le ministre,
00:49:18mes chers collègues,
00:49:19nous avons avec notre groupe
00:49:21déposé cette question
00:49:22préalable sur ce texte
00:49:24parce que,
00:49:25sous couvert de défendre
00:49:26la République,
00:49:26il en altère profondément
00:49:28le socle.
00:49:28Rappelons-le,
00:49:29ce texte s'appuie
00:49:30sur un rapport
00:49:31rédigé par l'ancien
00:49:32ministre de l'Intérieur
00:49:33revenu sur nos bancs,
00:49:35dont les ambitions présidentielles
00:49:36ne font plus mystère.
00:49:38L'ancien rapporteur général
00:49:40de l'Observatoire
00:49:41de la laïcité
00:49:42signalait au sujet
00:49:44de ce rapport
00:49:44qu'il présentait
00:49:45une méthodologie
00:49:46peu rigoureuse
00:49:47des évidences,
00:49:48des amalgames
00:49:49et du simplisme.
00:49:51Et je veux ici
00:49:52vous exprimer
00:49:53une conviction banale
00:49:54mais qu'il est parfois
00:49:55utile de rappeler
00:49:56dans cet hémicycle,
00:49:56on ne protège pas
00:49:57la République
00:49:58en affaiblissant
00:49:59les libertés publiques.
00:50:01On ne la renforce pas
00:50:02en installant
00:50:03la suspicion.
00:50:04On ne la grandit pas
00:50:05en ciblant implicitement
00:50:07ou explicitement
00:50:08une partie
00:50:09de nos compatriotes.
00:50:10Pourtant,
00:50:11ce texte
00:50:12semble emprunter
00:50:13cette voie dangereuse
00:50:14parce qu'il vise
00:50:15à instaurer
00:50:16une suspicion
00:50:18généralisée.
00:50:19Suspition,
00:50:19je le dis,
00:50:20vis-à-vis
00:50:21de nos compatriotes musulmans.
00:50:23Et c'est vous,
00:50:23monsieur Retailleau,
00:50:24qui avez contribué
00:50:26à construire
00:50:26cet amalgame
00:50:27entre l'islam
00:50:28et l'islamisme,
00:50:29entre les musulmans
00:50:30et les islamistes.
00:50:32Par vos expressions incendiaires,
00:50:34par vos mots blessants,
00:50:35j'y reviendrai.
00:50:37Suspition
00:50:37vis-à-vis
00:50:38des collectivités locales
00:50:39et de leurs élus.
00:50:41Suspition
00:50:41vis-à-vis
00:50:42des associations.
00:50:43Pourtant,
00:50:44notre République
00:50:45repose largement
00:50:46sur ces associations
00:50:47que vous attaquez
00:50:48aujourd'hui
00:50:49au travers
00:50:50de cette proposition
00:50:51de loi.
00:50:51Je profite ici
00:50:52de cette tribune
00:50:53pour remercier
00:50:54tous les animateurs
00:50:55du monde associatif
00:50:56qui,
00:50:57grâce à leur travail,
00:50:58tentent,
00:50:58vaille que vaille,
00:50:59de combler les carences
00:51:00de l'État
00:51:01et de nos services publics.
00:51:03Dans ce contexte politique,
00:51:04cette tâche,
00:51:05c'est le moins qu'on puisse dire,
00:51:06n'est pas une sinécure.
00:51:08Car votre gouvernement,
00:51:09Monsieur le ministre,
00:51:10soutenu par la majorité sénatoriale,
00:51:12organise la très forte baisse
00:51:14des financements
00:51:15du secteur associatif.
00:51:17Entre 2023 et 2024,
00:51:19le financement de l'État
00:51:20dédié aux associations
00:51:21est passé de 11,7 milliards d'euros
00:51:24à 9,5 milliards aujourd'hui,
00:51:26soit 19% de pertes.
00:51:27Et lorsque vous affaiblissez,
00:51:29les finances des collectivités territoriales,
00:51:32les associations en pâtissent aussi.
00:51:34En conséquence,
00:51:3550% des associations
00:51:37dans notre pays
00:51:38ont perdu des financements
00:51:39sur l'année 2025.
00:51:41Un tiers des associations
00:51:42ont moins de trois mois
00:51:44de trésorerie.
00:51:4590 000 emplois associatifs
00:51:47sont aujourd'hui menacés.
00:51:48Dans le même temps,
00:51:49les besoins sociaux explosent.
00:51:51Pourtant,
00:51:52ce sont bien ces associations
00:51:53qui assurent l'aide alimentaire,
00:51:55l'accompagnement des plus précaires,
00:51:56l'aide à la scolarité,
00:51:58l'accès à la culture,
00:52:00au sport,
00:52:01à l'éducation populaire.
00:52:02Ce sont elles qui maintiennent
00:52:04dans bien des cas
00:52:04le lien social
00:52:05là où il se défait.
00:52:07Mais alors qu'elles n'ont jamais
00:52:08été aussi nécessaires,
00:52:10jamais elles n'ont été
00:52:11aussi fragiles.
00:52:12Loin de reconnaître
00:52:13leur rôle indispensable
00:52:14à notre République,
00:52:16c'est la suspicion
00:52:17à leur égard
00:52:18qui transparaît de ce texte.
00:52:20Suspicion lorsque vous créez
00:52:22un délit très imprécis
00:52:24d'atteinte aux principes
00:52:25de la République.
00:52:26Suspicion lorsque vous créez
00:52:28de nouveaux motifs
00:52:29de dissolution administrative
00:52:31d'associations
00:52:31tout aussi vagues.
00:52:33Suspicion lorsque vous permettez
00:52:35aux préfets de se substituer
00:52:36aux autorités publiques
00:52:38pour retirer une subvention
00:52:39aux associations
00:52:40pour des motifs flous.
00:52:42Ce faisant,
00:52:43vous abîmez la liberté d'association
00:52:45reconnue par la République
00:52:47depuis plus d'un siècle
00:52:48et qui permet à chacune
00:52:50et à chacun de s'organiser,
00:52:51de s'engager,
00:52:52de débattre,
00:52:53d'agir collectivement.
00:52:54Avec ce texte,
00:52:55vous ne faites qu'ajouter
00:52:56de la contrainte
00:52:57à la fragilité,
00:52:58de l'incertitude,
00:52:59à la précarité
00:53:01et de la suspicion
00:53:01à l'engagement citoyen.
00:53:03Je regrette que cette évolution
00:53:05tende à transformer profondément
00:53:07le rôle de nos associations.
00:53:09On leur demande
00:53:10de plus en plus
00:53:11d'être des prestataires
00:53:13de politiques publiques
00:53:14obéissant le doigt
00:53:15sur la couture du pantalon.
00:53:17On accepte de moins en moins
00:53:18qu'elles soient des acteurs
00:53:20à part entière
00:53:20du débat démocratique.
00:53:22Si on tolère leurs actions,
00:53:23on suspecte leurs paroles.
00:53:25Mais ce texte
00:53:26instaure aussi
00:53:28une suspicion
00:53:29à l'égard
00:53:29de nos collectivités locales.
00:53:31J'ai souvent entendu
00:53:32sur ces bancs
00:53:33des collègues
00:53:33s'ériger en grands défenseurs
00:53:35de la libre administration
00:53:36des collectivités territoriales.
00:53:38Alors,
00:53:38en toute logique
00:53:39et en toute cohérence,
00:53:40vous ne pouvez pas défendre
00:53:42un texte pareil.
00:53:43Avec ce texte,
00:53:44on suspecte
00:53:45et on muselle
00:53:45les collectivités territoriales
00:53:47en permettant par exemple
00:53:49au préfet
00:53:49de se substituer
00:53:50aux collectivités locales
00:53:51en matière de choix
00:53:52de subventions
00:53:53octroyées aux associations.
00:53:54Et sur quelle base
00:53:56ce contrôle est-il effectué ?
00:53:57Le contrat d'engagement républicain.
00:54:01Rappelons d'ailleurs
00:54:01qu'à chaque fois
00:54:02que l'administration
00:54:03a motivé le refus
00:54:04ou le retrait
00:54:05d'une subvention
00:54:05à une association
00:54:06sur ce fondement,
00:54:07la justice a tranché
00:54:09que l'association
00:54:10respectait pleinement
00:54:11ses engagements républicains.
00:54:12Et quelles sont
00:54:13les associations
00:54:13qui étaient visées ?
00:54:14Le planning familial
00:54:16de Chalons-sur-Saône
00:54:17qui défend le droit des femmes,
00:54:18la compagnie Arlette Moreau
00:54:19qui fait du théâtre
00:54:20et de l'éducation populaire
00:54:21dans la région de Poitiers,
00:54:23l'action Justice Climat
00:54:24de Lyon
00:54:25et l'Alternatiba de Poitiers
00:54:26qui agissent
00:54:26pour la justice climatique.
00:54:28Aujourd'hui,
00:54:29le contrat d'engagement républicain
00:54:31est davantage
00:54:31un moyen de pression
00:54:32utilisé
00:54:33sur des associations
00:54:35qu'un véritable outil
00:54:36de lutte contre le séparatisme.
00:54:37Il devient désormais normal
00:54:39de refuser
00:54:40de financer des gens
00:54:41qui ne pensent pas
00:54:42comme soi-même.
00:54:43Est-ce cela
00:54:44défendre la République
00:54:45et ses principes ?
00:54:47Je ne le crois pas.
00:54:48Car oui,
00:54:49le contrat d'engagement républicain,
00:54:51s'il est présenté
00:54:52comme un cadre
00:54:52de respect
00:54:53des valeurs républicaines
00:54:54est dans les faits
00:54:55un outil
00:54:56de contrôle politique.
00:54:57Les associations
00:54:58ne peuvent pas
00:54:58toutes se permettre
00:54:59financièrement
00:55:00d'attaquer
00:55:01les décisions
00:55:01de l'administration.
00:55:02Elles se retrouvent alors
00:55:03terrées dans la crainte
00:55:04de se voir empêchées
00:55:05d'oeuvrer
00:55:06pour l'intérêt général.
00:55:07L'injonction
00:55:07à la neutralité
00:55:09n'est pas une exigence
00:55:10de bon fonctionnement.
00:55:11C'est bel et bien
00:55:12un instrument
00:55:13de régulation
00:55:13des expressions critiques
00:55:15et cela ne peut
00:55:16qu'affecter durablement
00:55:17l'équilibre
00:55:17du débat démocratique.
00:55:19Les conséquences
00:55:20sont graves.
00:55:2027% des associations
00:55:22déclarent aujourd'hui
00:55:23s'auto-censurer
00:55:24selon une étude
00:55:25de l'Observatoire
00:55:26des libertés associatives.
00:55:28Nos associations
00:55:28sont progressivement
00:55:30cantonnées
00:55:31à une fonction
00:55:31d'opérateur technique
00:55:32de l'action publique.
00:55:34Leur vocation
00:55:35de plaidoyer
00:55:36et d'interpellation
00:55:37des pouvoirs publics
00:55:38disparaît progressivement.
00:55:40Cette auto-censure
00:55:41ne peut être
00:55:45qu'alimentée
00:55:45par des notions floues.
00:55:46Si ce texte
00:55:47a été modifié
00:55:48en commission
00:55:49pour enlisser
00:55:50les aspects
00:55:50les plus visiblement
00:55:51contraires à la Constitution,
00:55:53l'esprit du texte
00:55:54demeure
00:55:55et cet esprit
00:55:55repose sur des catégories
00:55:57juridiques larges,
00:55:58interprétables,
00:55:59extensibles.
00:56:00Or, une loi floue
00:56:01est une loi dangereuse
00:56:03car elle ouvre
00:56:03la voie à l'arbitraire.
00:56:05D'autant plus
00:56:05que notre droit
00:56:06permet déjà
00:56:07d'agir.
00:56:08Aujourd'hui,
00:56:09il est déjà possible
00:56:10de dissoudre
00:56:11des associations
00:56:12qui appellent
00:56:12à la violence
00:56:13et heureusement
00:56:13de sanctionner
00:56:14les atteintes
00:56:15à l'ordre public,
00:56:16de lutter contre
00:56:17les entreprises terroristes,
00:56:19de contrôler
00:56:19les financements illicites,
00:56:20de prévenir
00:56:21les ingérences étrangères.
00:56:23Alors, pourquoi ce texte ?
00:56:24Pourquoi prendre le risque
00:56:26de déséquilibrer
00:56:26notre état de droit ?
00:56:28La réponse,
00:56:28mes chers collègues,
00:56:29n'est pas juridique,
00:56:30elle est politique
00:56:31car ce texte
00:56:32ne surgit pas
00:56:33de nulle part.
00:56:33Il vise à instaurer
00:56:35une suspicion,
00:56:36je le redis,
00:56:37à l'égard
00:56:37de nos compatriotes musulmans.
00:56:39Il s'inscrit
00:56:39dans une séquence politique
00:56:41où une partie
00:56:42du débat politique,
00:56:43une partie du débat public
00:56:44est monopolisée
00:56:46par la stigmatisation
00:56:47des musulmans
00:56:48et par les enjeux
00:56:49liés à l'islam.
00:56:51Depuis des années,
00:56:52nous voyons se succéder
00:56:53des discours
00:56:54et des textes
00:56:55avec la même cible implicite,
00:56:57la même rhétorique,
00:56:58le même venin
00:56:59de la division,
00:57:00instillé un peu partout
00:57:01et tout le temps.
00:57:03C'est le cas
00:57:03de l'auteur
00:57:04de cette proposition de loi
00:57:05qui a affirmé,
00:57:06je le cite,
00:57:07« Le voile n'est pas
00:57:08un simple bout de tissu,
00:57:09c'est un étendard
00:57:10pour l'islamisme ».
00:57:11Comment ne pas voir
00:57:13qu'une expression
00:57:13comme celle-ci,
00:57:14de fait,
00:57:16stigmatise
00:57:16l'ensemble des femmes
00:57:17de notre pays
00:57:18qui portent le voile
00:57:19et nous ne pouvons pas
00:57:20l'accepter ?
00:57:21C'est vous encore,
00:57:22monsieur Retailleau,
00:57:23qui avez scandé
00:57:23devant des milliers
00:57:24de personnes
00:57:25« Abat le voile »
00:57:26en mêlant sans distinction
00:57:28« Port du voile »,
00:57:29islamisme et séparatisme.
00:57:31L'amalgame,
00:57:31une fois de plus,
00:57:33c'est vous qui l'avez fait
00:57:34et comment ne pas comprendre
00:57:35que des milliers,
00:57:37des centaines de milliers
00:57:38de nos compatriotes
00:57:39se sentent stigmatisés
00:57:41par de tels propos ?
00:57:42Mais pourquoi
00:57:43cette incapacité
00:57:44à penser la République
00:57:45autrement
00:57:46que dans une logique
00:57:47de suspicion
00:57:48vis-à-vis d'une partie
00:57:49de ses enfants ?
00:57:50Ce texte,
00:57:51tel qu'il est conçu,
00:57:52ne touchera pas
00:57:53uniquement des groupes
00:57:54extrémistes,
00:57:54il touchera l'ensemble
00:57:56du tissu associatif,
00:57:57beaucoup de collectivités
00:57:58territoriales
00:57:59et l'ensemble
00:58:00de nos compatriotes
00:58:01musulmans.
00:58:01Or, la République
00:58:02ne se défend pas
00:58:03contre une partie
00:58:04d'elle-même,
00:58:04elle se construit
00:58:05avec toutes et tous
00:58:07par l'inclusion,
00:58:08la confiance
00:58:08et les libertés.
00:58:09Ne cédons pas,
00:58:10mes chers collègues,
00:58:11aux facilités du moment,
00:58:13ne sacrifions pas
00:58:14des principes fondamentaux
00:58:15de notre République
00:58:16sur l'autel
00:58:17de l'affichage politique.
00:58:19Si nous devons,
00:58:19bien sûr,
00:58:20lutter contre
00:58:21toutes les formes
00:58:22d'entriste,
00:58:22nous devons le faire
00:58:23dans le cadre
00:58:24de l'état de droit
00:58:25et nous le croyons,
00:58:26la République est suffisamment
00:58:28forte pour se défendre
00:58:29sans renier ses principes,
00:58:31mais pour cela,
00:58:31il faut du courage politique,
00:58:33c'est pour cela
00:58:33que je vous invite
00:58:34à adopter cette motion.
00:58:36Je vous remercie.
00:58:37Merci,
00:58:38chers collègues.
00:58:39Madame la rapporteure,
00:58:40quel est l'avis
00:58:40de la Commission ?
00:58:42Merci,
00:58:42Monsieur le Président,
00:58:43Monsieur le Ministre.
00:58:44On ne protège pas
00:58:45la République
00:58:46en laissant prospérer
00:58:47la menace islamiste.
00:58:49Nous émettrons donc
00:58:49un avis défavorable
00:58:51contre votre motion
00:58:53pour à peu près
00:58:54les mêmes raisons
00:58:55que la motion
00:58:57d'irrecevabilité
00:58:58précédemment défendue.
00:59:00Nous pensons
00:59:01que ce texte
00:59:01ne vise pas
00:59:02une religion,
00:59:03ne vise pas
00:59:04une catégorie,
00:59:06mais vise simplement
00:59:07ceux qui pratiquent
00:59:09l'entrisme
00:59:09et c'est là
00:59:10où se situe la protection
00:59:11et c'est les amalgames
00:59:12que vous faisiez
00:59:13qui conduisent
00:59:14évidemment
00:59:15à pouvoir
00:59:17et à mettre en jeu
00:59:19notre union républicaine,
00:59:20notre cohésion nationale
00:59:22et qui sont
00:59:22extrêmement dangereuses.
00:59:25Je pense que
00:59:25l'inclusion
00:59:26passe par
00:59:27l'intégration
00:59:28et la volonté
00:59:29de respecter
00:59:30nos valeurs républicaines
00:59:31et d'où
00:59:32la nécessité
00:59:33aujourd'hui
00:59:33d'avoir des dispositifs
00:59:34qui contrecarent
00:59:35cette menace
00:59:36d'entrisme islamique.
00:59:37C'est ce que propose
00:59:38ce texte.
00:59:38C'est pour ça que
00:59:39nous pensons
00:59:40qu'il est nécessaire
00:59:40d'avoir les débats.
00:59:41Nous y mettrons
00:59:42donc un avis défavorable.
00:59:43Merci,
00:59:44madame la rapporteure.
00:59:45Monsieur le ministre,
00:59:46quel est l'avis ?
00:59:47Pardon ?
00:59:47Sagesse.
00:59:49Y a-t-il des explications
00:59:50de vote ?
00:59:53Non.
00:59:54Donc je vais consulter
00:59:55le Sénat
00:59:55sur la question préalable.
00:59:56Je rappelle
00:59:57que l'adoption
00:59:57de cette motion
00:59:59entraînerait
00:59:59le rejet du texte
01:00:00en discussion.
01:00:01Je suis saisi
01:00:01d'un scrutin public
01:00:02par le groupe
01:00:03Les Républicains.
01:00:03Le scrutin est ouvert.
01:00:05Le scrutin est clos.
01:00:11Votant 346
01:00:12exprimé 328
01:00:13pour 101
01:00:14contre 227,
01:00:15la motion n'est pas adoptée.
01:00:18Chers collègues,
01:00:19jamais 203,
01:00:21nous passons
01:00:21à la discussion
01:00:22de la motion tendant
01:00:23au renvoi en commission.
01:00:24La parole est au président
01:00:25Guillaume Gontard
01:00:26pour 10 minutes.
01:00:37Merci Monsieur le Président,
01:00:39Monsieur le Ministre.
01:00:40Notre présence
01:00:41à toutes et tous
01:00:43ici pour étudier
01:00:43ce texte
01:00:44est une anomalie.
01:00:45Depuis quand le Sénat
01:00:47était devenu
01:00:48une chambre
01:00:48de débat
01:00:49de texte
01:00:49xénophobe,
01:00:50alors même
01:00:50que le Rassemblement
01:00:51national
01:00:52n'a pas encore
01:00:52de groupe
01:00:53dans notre hémicycle ?
01:00:54Jour après jour,
01:00:56à mesure que le voile
01:00:57se lève,
01:00:58nous constatons
01:00:59ce que nous savions déjà,
01:01:00la droite sénatoriale
01:01:01est en train
01:01:02de se perdre.
01:01:03L'idéologie
01:01:04d'exclusion,
01:01:05de haine
01:01:06et je pèse
01:01:07le mot
01:01:08de racisme
01:01:09qui transpire
01:01:09dans ce texte
01:01:10ainsi que les fantasmes
01:01:12complotismes
01:01:13de grand remplacement
01:01:14n'ont plus rien
01:01:15à envier
01:01:16au Rassemblement
01:01:16national.
01:01:17Aujourd'hui,
01:01:18j'ai honte.
01:01:20Honte de me tenir
01:01:21devant vous
01:01:21à cette tribune
01:01:22pour m'exprimer
01:01:23sur un texte
01:01:24qui n'aurait jamais dû
01:01:25pouvoir être débattu
01:01:26dans notre Assemblée
01:01:27tant il fracture
01:01:28notre nation
01:01:29et menace
01:01:30notre République
01:01:31en s'attaquant
01:01:32aux associations.
01:01:33Le réel danger,
01:01:34il est bien là.
01:01:36Honte de devoir
01:01:37à nouveau expliquer
01:01:38en quoi ce texte
01:01:39piétine les valeurs
01:01:40que nous devons
01:01:41pourtant collectivement
01:01:42défendre
01:01:42au premier rang
01:01:44desquelles
01:01:44la liberté
01:01:45d'association.
01:01:47Honte de l'image
01:01:48que nous renvoyons
01:01:48à nos concitoyennes
01:01:50et à nos concitoyens
01:01:51de confession musulmane
01:01:52que vous stigmatisez
01:01:54une nouvelle fois
01:01:55avec ce texte.
01:01:57Je suis mortifié
01:01:58et pourtant,
01:01:59c'est vous
01:01:59qui devriez avoir honte.
01:02:01Dans ce texte,
01:02:02vous érigez
01:02:03l'ensemble
01:02:03d'une communauté religieuse
01:02:04comme ennemie
01:02:05de la République,
01:02:06accusant les Françaises
01:02:07et les Français
01:02:08de confession musulmane
01:02:10de s'enfiltrer
01:02:11sournoisement
01:02:11dans notre société
01:02:12pour la détruire.
01:02:14Nous ne sommes pas surpris
01:02:15de lire dans l'exposé
01:02:16des motifs
01:02:17que cette proposition
01:02:18de loi du sénateur
01:02:19Retailleau
01:02:19s'appuie sur le rapport
01:02:21sur les frères musulmans
01:02:22de, devinez qui,
01:02:23de l'ancien ministre
01:02:24Retailleau.
01:02:25Un des plus mauvais rapports
01:02:27jamais produit
01:02:28par l'administration
01:02:29française.
01:02:30Une succession
01:02:31de lieux communs
01:02:32sans méthodologie,
01:02:33sans structure,
01:02:34sans source,
01:02:36sans s'appuyer
01:02:36sur aucun universitaire
01:02:38spécialiste du sujet.
01:02:40Un rapport biaisé,
01:02:41truffé d'erreurs
01:02:42et d'approximations,
01:02:44répandant
01:02:44à une commande politique,
01:02:46celle des fantasmes
01:02:47de l'extrême droite catholique,
01:02:48représentée par notre
01:02:49collègue sénateur
01:02:50de Vendée.
01:02:51A sa lecture,
01:02:52on sentait toute la peine
01:02:53des malheureux fonctionnaires,
01:02:55tenant la plume
01:02:56à produire un document
01:02:57un temps soit peu
01:02:57consistant
01:02:58pour répondre
01:02:59à la commande
01:03:00fantasmagorique du ministre,
01:03:02même l'orthographe
01:03:03s'égarait par moments.
01:03:04Et pour cause,
01:03:05ce rapport
01:03:07raconte n'importe quoi.
01:03:09Il réussit même
01:03:10l'exploit
01:03:10sur le sujet
01:03:11de l'anstrisme
01:03:12dans les associations
01:03:13sportives,
01:03:13d'arriver à des conclusions
01:03:15opposées
01:03:15au rapport sporade.
01:03:17Lui pourtant
01:03:18très sérieux,
01:03:19publié en 2024
01:03:20par l'Institut
01:03:21des Hautes Études
01:03:21du ministère
01:03:22de l'Intérieur.
01:03:23Documentons,
01:03:24M. Retailleau,
01:03:25mais documentons bien.
01:03:27Et tournons-nous
01:03:28au fait.
01:03:28Le rapport reconnaît
01:03:29que la mouvance
01:03:30trairiste représente
01:03:32400 à 1 000 personnes
01:03:33en France,
01:03:34au grand maximum
01:03:357% des 1 800 mosquées
01:03:38du pays,
01:03:3921 écoles coraniques
01:03:40tout au plus
01:03:41et 5 associations
01:03:43sportives
01:03:44sur les 156 000
01:03:45du pays.
01:03:46Voilà pourquoi
01:03:47nous légiférons
01:03:48aujourd'hui
01:03:49quelques centaines
01:03:51de fanatiques
01:03:52qui ne représentent
01:03:53qu'eux-mêmes.
01:03:54Voilà pourquoi
01:03:55vous nous proposez
01:03:56une loi
01:03:58inconstitutionnelle
01:03:58et liberticide,
01:03:59une loi stigmatisante
01:04:01et islamophobe.
01:04:02Voilà pourquoi
01:04:03vous voulez créer
01:04:03un nouveau délit pénal
01:04:05qui ne semble en rien
01:04:06conforme au principe
01:04:07de clarté
01:04:07et de précision
01:04:08de la loi pénale
01:04:09consacrée par l'article 8
01:04:11de la déclaration
01:04:12des droits de l'homme
01:04:13et du citoyen.
01:04:14Qu'en êtes-vous
01:04:15par punir
01:04:16le fait de contester
01:04:17ou de provoquer
01:04:18à la contestation
01:04:19de l'application
01:04:19des règles communes ?
01:04:21Vous dites vouloir
01:04:22protéger la cohésion nationale
01:04:23quand en réalité
01:04:24vous la fracturez.
01:04:26Vous trahissez
01:04:27les valeurs
01:04:27que vous prétendez
01:04:28défendre.
01:04:29La proposition de loi
01:04:30que vous osez présenter
01:04:31devant nous
01:04:32n'est rien d'autre
01:04:33qu'une succession
01:04:33de mesures liberticides
01:04:35et répressives
01:04:36envers les associations
01:04:37que vous estimez
01:04:38être instrumentalisées
01:04:39par un prétendu
01:04:41antrisme islamiste
01:04:42qui n'existe
01:04:43que dans votre imagination
01:04:44et que par conséquence
01:04:46vous êtes incapables
01:04:47de définir juridiquement
01:04:48avec un tant soit peu
01:04:49de clarté.
01:04:51Ces mêmes associations
01:04:52doivent déjà signer
01:04:53un contrat d'engagement
01:04:54républicain
01:04:54si elles souhaitent
01:04:55obtenir des financements
01:04:56publics
01:04:57ou un agrément
01:04:57de la part de l'Etat.
01:04:59Annoncé là encore
01:05:00comme une mesure
01:05:01de lutte contre le séparatisme
01:05:02ce contrat est aujourd'hui
01:05:04en réalité
01:05:04largement détourné
01:05:06par les préfets
01:05:06pour contrôler
01:05:07les activités
01:05:08des associations
01:05:09et museler leur parole.
01:05:11Comme le craignait
01:05:11le mouvement associatif
01:05:13le Haut Conseil
01:05:14à la vie associative
01:05:15et la défenseur des droits
01:05:16de nombreuses dérives
01:05:17ont été constatées
01:05:18depuis l'entrée en vigueur
01:05:20de ce CER
01:05:20sous couvert
01:05:21de non-respect
01:05:22des valeurs de la République
01:05:23de nombreuses associations
01:05:24culturelles
01:05:25de promotion de l'égalité
01:05:27de défense
01:05:27des droits humains
01:05:28ou œuvrant pour la protection
01:05:30de l'environnement
01:05:30se sont vus retirer
01:05:32leur agrément
01:05:33ou leur financement.
01:05:34Dans les faits,
01:05:35l'application de cette mesure
01:05:36aux contours juridiques
01:05:38très flou
01:05:38limite la liberté
01:05:40d'expression
01:05:40des associations
01:05:41ainsi que leur capacité
01:05:42à faire vivre
01:05:43le débat démocratique.
01:05:45Le rapport
01:05:46Le rapport de l'Observatoire
01:05:46des libertés associatives
01:05:48du 12 février
01:05:482026
01:05:49a également révélé
01:05:50une vague inédite
01:05:52de rappels à l'ordre
01:05:53et de sanctions financières
01:05:54contre les associations
01:05:56syndicats
01:05:57et structures
01:05:57ayant pris
01:05:58des positions politiques.
01:06:00Sous couvert
01:06:00de neutralité
01:06:01les subventions
01:06:02sont utilisées
01:06:03comme un outil
01:06:03de chantage
01:06:04et de menace
01:06:05pour contrôler
01:06:06ces acteurs.
01:06:07Votre proposition de loi
01:06:08et le nouveau motif
01:06:09de dissolution
01:06:10que vous souhaitez créer
01:06:11pour non-respect
01:06:12des valeurs communes
01:06:13ne fera qu'accentuer
01:06:15cette répression arbitraire.
01:06:17Pourtant
01:06:17la loi est claire
01:06:19une association
01:06:20est libre
01:06:21d'exprimer
01:06:22ces convictions.
01:06:23Après avoir voté
01:06:24la baisse drastique
01:06:25de leur financement
01:06:25entraînant un plan social
01:06:27ayant conduit
01:06:28selon l'Observatoire national
01:06:29de l'économie sociale
01:06:30et solidaire
01:06:31à la suppression
01:06:32de plus de 12 300 emplois
01:06:34entre fin 2024
01:06:35et fin 2025
01:06:37la proposition de loi
01:06:38que vous nous présentez
01:06:39aujourd'hui
01:06:40vient achever
01:06:41un secteur
01:06:41déjà considérablement
01:06:43affaibli.
01:06:44Mais je vous pose
01:06:45une question
01:06:46craignez-vous
01:06:47à ce point
01:06:48les associations ?
01:06:49Formidable espace
01:06:50d'épanouissement
01:06:51de cohésion
01:06:52de réflexion
01:06:53et de débat
01:06:54quelle sera
01:06:55la prochaine étape ?
01:06:56Abolir tout à fait
01:06:57la liberté associative
01:06:59consacrée par la loi
01:07:00du 1er juillet 1901
01:07:01principe à valeur
01:07:03constitutionnelle.
01:07:05Vous avez déjà fait étal
01:07:06de votre mépris
01:07:07pour l'état de droit
01:07:08ainsi nous ne sommes pas
01:07:10surpris
01:07:10que vous ayez refusé
01:07:11de soumettre
01:07:12au Conseil d'État
01:07:13un texte que vous savez
01:07:14pertinemment être
01:07:16inconstitutionnel
01:07:17liberticide
01:07:18et contraire
01:07:19au droit international.
01:07:21Cela prouve
01:07:22s'il en était besoin
01:07:23que vous n'êtes pas ici
01:07:24pour écrire le droit
01:07:25mais pour faire
01:07:26de la politique
01:07:26bassement démagogique
01:07:27et politicienne.
01:07:29Nous avons pris
01:07:30l'habitude
01:07:30ces dernières années
01:07:31de voir les républicains
01:07:32utiliser notre assemblée
01:07:34pour décliner
01:07:35des propositions de loi
01:07:36plus ou moins abouties
01:07:37sur tous les sujets
01:07:38pour décliner leurs programmes
01:07:39et construire
01:07:40leurs rapports de force
01:07:41avec les macronistes
01:07:42au sein du socle
01:07:44soi-disant commun.
01:07:45Nous avons pris l'habitude
01:07:46de vos propositions
01:07:48liberticides
01:07:49et inconstitutionnelles.
01:07:50Nous avons pris l'habitude
01:07:51de parler dans le vide
01:07:52car vous êtes plus là
01:07:53pour débattre
01:07:54ou trouver des compromis.
01:07:55Nous avons pris l'habitude
01:07:56d'écrire la loi
01:07:57n'importe comment
01:07:58sans aucun souci
01:07:59pour son intelligibilité
01:08:00ou pour le respect
01:08:01de la hiérarchie des normes.
01:08:03Mais nous avons en revanche
01:08:04perdu l'habitude
01:08:05de ce qui faisait
01:08:06la spécificité
01:08:07de notre institution
01:08:08la modération
01:08:09la recherche du compromis
01:08:11la défense
01:08:12de l'état de droit
01:08:13et des libertés publiques.
01:08:15Collègues de droite
01:08:16qui se refusent
01:08:17à l'idée
01:08:17d'un groupe d'extrême droite
01:08:18dans notre prochaine
01:08:19chambre en septembre
01:08:20je vous le dis
01:08:21avec gravité
01:08:22transformer le Sénat
01:08:23en sous-assemblée nationale
01:08:24c'est saper
01:08:25les dernières raisons
01:08:26d'être
01:08:26de notre institution
01:08:27déjà décriée.
01:08:29Faire de ce respectable
01:08:30hémicycle
01:08:31l'antichambre
01:08:32de votre campagne présidentielle
01:08:33derrière Bruno Retailleau
01:08:35c'est faire injure
01:08:36à toutes les générations
01:08:37de sénateurs
01:08:38qui se sont succédés
01:08:39avant nous.
01:08:40C'est faire injure
01:08:42à tous nos prédécesseurs
01:08:44qui s'enorgueillissaient
01:08:45d'oeuvrer
01:08:45pour l'intégilibité
01:08:47et l'efficacité
01:08:48de la loi
01:08:48de toiletter les textes
01:08:50parfois trop vite écrits
01:08:51trop vite votés
01:08:52de l'Assemblée nationale
01:08:53à tous nos prédécesseurs
01:08:55pour lesquels
01:08:55l'état de droit
01:08:56était un trésor
01:08:56à préserver
01:08:57c'est faire injure
01:08:58à nos anciens collègues
01:08:59qui en juin 71
01:09:01ont voté
01:09:02une question préalable
01:09:03pour rejeter
01:09:04la loi Marcelin
01:09:04qui voulait détruire
01:09:06la loi de 1901
01:09:07sur le droit
01:09:08de l'association
01:09:08exactement
01:09:09comme vous voulez
01:09:10le faire aujourd'hui.
01:09:11C'est faire injure
01:09:12à Alain Poher
01:09:13président du Sénat
01:09:14qui pour la première fois
01:09:15a fait usage
01:09:16du droit de saisine
01:09:17du conseil constitutionnel
01:09:18entraînant fort heureusement
01:09:20la censure
01:09:21de la même loi
01:09:22Marcelin.
01:09:22voilà ce qu'a toujours été
01:09:24et ce que doit démarrer
01:09:26le Sénat
01:09:26au risque de disparaître
01:09:28la chambre de la modération
01:09:29la chambre du respect des droits
01:09:31la chambre de la défense
01:09:33des libertés publiques.
01:09:34Chers collègues
01:09:35avant que l'extrême droite
01:09:36assoie sa place
01:09:38dans notre prestigieuse
01:09:40enceinte
01:09:40je vous appelle
01:09:41à une nouvelle fois
01:09:42une dernière fois
01:09:43au sursaut républicain.
01:09:44C'est le sens
01:09:45de cette motion
01:09:46de renvoi en commission
01:09:47qui veut, vous l'avez compris
01:09:48une exception d'irrécevail
01:09:49limitée
01:09:50ou une question préalable.
01:09:51Merci.
01:09:53Merci monsieur le président
01:09:54madame la rapporteure
01:09:55quel est l'avis de la commission?
01:09:57Merci monsieur le président
01:09:58ce sera un avis défavorable
01:10:00je voudrais juste préciser
01:10:01au président Gontard
01:10:02que ce texte
01:10:03n'est pas le fruit
01:10:03de l'imagination
01:10:04du président Retailleau
01:10:06qui un jour se serait dit
01:10:07comment vais-je pouvoir
01:10:09travailler
01:10:10quel texte de loi
01:10:11je vais pouvoir déposer
01:10:12aujourd'hui
01:10:12mais bien
01:10:13le fruit d'un travail
01:10:15mené par un rapport
01:10:16qui n'a pas été demandé
01:10:17par le ministre Retailleau
01:10:18à l'époque
01:10:18mais bien par son prédécesseur
01:10:19et qui documente aujourd'hui
01:10:22l'existence de cette menace
01:10:23et qui est à la connaissance
01:10:25de tous
01:10:25et qui impose
01:10:26d'avoir une réponse
01:10:27cette réponse
01:10:28c'est son
01:10:29l'ensemble des mesures
01:10:30qui sont proposées
01:10:31dans ce texte
01:10:32qui est une pierre
01:10:32à l'édifice
01:10:33et ces réponses
01:10:35elles correspondent
01:10:36pour avoir auditionné
01:10:37l'ensemble des services
01:10:38concernés
01:10:39à une vraie attente
01:10:40et à une vraie demande
01:10:41ce sont des solutions
01:10:42pragmatiques
01:10:43concrètes
01:10:43dont les services
01:10:44ont besoin aujourd'hui
01:10:45pour répondre
01:10:46à cette menace
01:10:47et nous avons essayé
01:10:48de travailler
01:10:50intelligemment
01:10:50avec modération
01:10:51au Sénat
01:10:51comme nous savons faire
01:10:52pour réécrire ce texte
01:10:54mieux cibler
01:10:56mieux encadrer
01:10:57les dispositifs
01:10:58de manière à ce qu'ils
01:11:00respectent
01:11:00les principes
01:11:01et les libertés
01:11:02garantis par notre
01:11:03État de droit
01:11:03et nous verrons
01:11:04si le Conseil constitutionnel
01:11:06se prononce
01:11:06et le Conseil d'État
01:11:07sur le projet de loi
01:11:09qui lui est soumis
01:11:09et dont je sais
01:11:10que certaines dispositions
01:11:12sont assez proches
01:11:12des nôtres
01:11:13nous verrons
01:11:15effectivement
01:11:15cette conformité
01:11:17mais nous espérons
01:11:18qu'en travaillant
01:11:19ensemble
01:11:19nous arrivons
01:11:21à trouver
01:11:21une réponse
01:11:22adaptée
01:11:22et modérée
01:11:23pour lutter
01:11:24contre cette réelle menace
01:11:25Merci Madame la rapporteure
01:11:27Monsieur le ministre
01:11:30Merci Monsieur le Président
01:11:33je redis
01:11:33je redis
01:11:34que moi aussi
01:11:35j'aurais préféré
01:11:36qu'il y ait un avis
01:11:36du Conseil d'État
01:11:37bon ça n'a pas été le cas
01:11:39non mais je le redis
01:11:40et le projet du gouvernement
01:11:41est soumis
01:11:42au Conseil d'État
01:11:43attention quand on manipule
01:11:45ces concepts
01:11:45qui sont compliqués
01:11:46à définir
01:11:47donc voilà
01:11:48sagesse
01:11:49que le débat ait lieu
01:11:51mais franchement
01:11:52je vous rejoins
01:11:54sur ce sujet
01:11:54Monsieur le ministre
01:11:55le sait
01:11:55je crois que
01:11:56l'avis du Conseil d'État
01:11:57c'est sur ces sujets là
01:11:59on a besoin
01:12:00d'être certain
01:12:00de ce qu'on écrit
01:12:01c'est compliqué
01:12:02c'est extrêmement sensible
01:12:03la définition de l'entrisme
01:12:04c'est quelque chose
01:12:05qui est extrêmement complexe
01:12:06ça n'est pas ce qui est visible
01:12:07ça n'est pas de la radicalisation
01:12:09violente
01:12:09et ça n'est pas
01:12:10voilà
01:12:11et pardon
01:12:12mais les quelques sursauts
01:12:13que j'ai entendu ici ou là
01:12:14quand on parlait de l'interdiction
01:12:15du voile
01:12:16peuvent aussi inquiéter
01:12:17peuvent aussi inquiéter
01:12:18voilà
01:12:18donc il faut être clair
01:12:20il faut être droit dans vos bottes
01:12:22la cible
01:12:23ce sont des cibles bien précises
01:12:24c'est tous ceux qui portent atteinte
01:12:25aux valeurs de la République
01:12:26c'est pas une religion
01:12:27c'est tous ceux qui portent atteinte
01:12:28aux valeurs de la République
01:12:29et je suis impatient
01:12:30de voir comment le débat
01:12:32va se passer
01:12:32de ce point de vue
01:12:33sagesse monsieur le Président
01:12:34merci monsieur le Ministre
01:12:37y a-t-il des explications de vote
01:12:38je suis saisi
01:12:39par la sénatrice Goulet
01:12:42je vous en prie
01:12:42oui monsieur le Président
01:12:44monsieur le Ministre
01:12:45notre groupe
01:12:45s'opposera à la motion
01:12:47je voulais simplement dire
01:12:48au Président Gondard
01:12:48que le rapport
01:12:50qui est à l'origine
01:12:51de cette proposition
01:12:52ne vient pas
01:12:53d'un esprit tortueux
01:12:54mais du Préfet Courtade
01:12:57et de l'ambassadeur
01:12:58François Gouillette
01:13:00excellent connaisseur
01:13:01du monde arabo-musulman
01:13:02et que donc
01:13:03le rapport qui est fait
01:13:04est particulièrement crédible
01:13:06venant notamment
01:13:07d'arabisans
01:13:08et de gens
01:13:09qui connaissent
01:13:09parfaitement la région
01:13:10donc je voulais quand même
01:13:12vous dire
01:13:13que notre groupe
01:13:13évidemment s'opposera
01:13:14à cette motion
01:13:16merci madame la sénatrice
01:13:18pas d'autres explications
01:13:19de vote
01:13:20je vais donc consulter
01:13:21le Sénat
01:13:22sur la motion
01:13:22de renvoi en commission
01:13:23je suis saisi
01:13:25de demande de scrutin public
01:13:27par le groupe
01:13:27Les Républicains
01:13:29le scrutin est ouvert
01:13:30très bien
01:13:32le scrutin est clos
01:13:36votant 346
01:13:37exprimé 346
01:13:39pour 101
01:13:40contre 245
01:13:41la motion
01:13:42n'est pas adoptée
01:13:44la discussion générale
01:13:46est close
01:13:46nous passons donc
01:13:47à la discussion
01:13:48du texte
01:13:48de la commission
01:13:49nous passons à l'article
01:13:51premier
01:13:51avec une prise de parole
01:13:54de notre collègue
01:13:55Saïd Marsouali
01:13:56du groupe
01:13:57socialiste
01:14:02merci monsieur le président
01:14:05monsieur le ministre
01:14:08je voudrais
01:14:09sur ce projet de loi
01:14:10de monsieur le sénateur
01:14:11Retailleau
01:14:11vous apporter
01:14:13un témoignage
01:14:14je suis un sénateur
01:14:16de la république
01:14:16de confession musulmane
01:14:18qui représente
01:14:19un territoire français
01:14:20depuis 1841
01:14:21Mayotte
01:14:22dans mon archipel
01:14:25de l'océan indien
01:14:25on trouve plus
01:14:26de 200 mosquées
01:14:27pour une église
01:14:29et une chapelle
01:14:30la coexistence
01:14:32entre une religion
01:14:33minoritaire
01:14:34chrétienne
01:14:35et très majoritairement
01:14:37musulmane
01:14:38ne pose pas
01:14:38de problème
01:14:39je n'ai jamais
01:14:41entendu parler
01:14:42ni évoquer
01:14:43de tensions
01:14:44entre les pratiquants
01:14:45de ces deux religions
01:14:48et en tant que
01:14:49ministre de l'intérieur
01:14:50vous êtes venu
01:14:51à Mayotte
01:14:52et récemment
01:14:53comme candidat
01:14:54à l'élection présidentielle
01:14:55vous avez pu le constater
01:14:56vous-même
01:14:57alors je ne comprends pas
01:14:59cette proposition
01:15:01de loi
01:15:01qui de fait
01:15:03amplifie le sentiment
01:15:04anti-musulman
01:15:05porté par des forces
01:15:06politiques
01:15:07dont on connaît
01:15:08très bien
01:15:08leurs racines
01:15:10par votre texte
01:15:11mon cher collègue
01:15:13je me sens
01:15:13bien évidemment
01:15:15comme élu
01:15:16d'un territoire
01:15:17de 95%
01:15:18de confessions musulmanes
01:15:19je me sens
01:15:20bien sûr
01:15:20agressé
01:15:22je sais que
01:15:23vous allez me répondre
01:15:24que ce n'est pas
01:15:25tous les musulmans
01:15:27qui sont visés
01:15:29par ce texte
01:15:30mais alors
01:15:31pourquoi focaliser
01:15:33sur notre communauté
01:15:34je voterai
01:15:35contre votre proposition
01:15:37de loi
01:15:37par respect
01:15:38des grands principes
01:15:39de la république
01:15:40dont la tolérance
01:15:42et la fraternité
01:15:43je vous remercie
01:15:44merci
01:15:46chers collègues
01:15:46la parole est
01:15:47au président
01:15:48Pierre Ouzulias
01:15:49pour prise de parole
01:15:51merci monsieur le président
01:15:53monsieur le ministre
01:15:54mes chers collègues
01:15:56il ne suffit pas
01:15:57de mentionner
01:15:58le culte musulman
01:16:01dans l'intitulé
01:16:02d'une loi
01:16:03pour qu'elle ne
01:16:05ne s'applique
01:16:05qu'aux musulmans
01:16:06bien évidemment
01:16:07elle va s'appliquer
01:16:08à l'ensemble
01:16:09des cubes
01:16:10dans la totalité
01:16:12du territoire
01:16:13de la république
01:16:14c'est à dire
01:16:15y compris
01:16:15en Alsace
01:16:17Moselle
01:16:17et ma collègue
01:16:18Chilinger
01:16:19l'a dit
01:16:19très justement
01:16:20il y a un certain
01:16:21nombre de dispositions
01:16:23ici
01:16:23sur les cultes
01:16:24sur l'enseignement
01:16:25religieux
01:16:26qui sont totalement
01:16:27contraires
01:16:28au concordat
01:16:29de 1801
01:16:30personnellement
01:16:31ça me va bien
01:16:33je suis opposé
01:16:34au concordat
01:16:35je considère
01:16:36que comme la laïcité
01:16:37est un principe
01:16:38constitutionnel
01:16:39il devrait s'appliquer
01:16:40à l'ensemble
01:16:41des territoires
01:16:42de la république
01:16:43mais est-ce vraiment
01:16:45dans ce projet
01:16:47dans cette proposition
01:16:48de loi
01:16:48que nous allons discuter
01:16:49de ce principe
01:16:50je regrette
01:16:51monsieur le ministre
01:16:51que quand il s'agit
01:16:54de la loi
01:16:54dite séparatiste
01:16:55monsieur Darman
01:16:56avait refusé
01:16:57que nous regardions
01:16:58le problème
01:17:00que pose aujourd'hui
01:17:01le concordat
01:17:02et comment expliquer
01:17:03à des enfants
01:17:04que ce qui est possible
01:17:05en Meurthe et Moselle
01:17:07ne l'est pas en Moselle
01:17:08et que la possibilité
01:17:10d'enseigner
01:17:11l'histoire des cultes
01:17:12et les religions
01:17:13en Moselle
01:17:14ça ne l'est pas
01:17:15en Meurthe et Moselle
01:17:16il y a là
01:17:17une incongruité
01:17:19à laquelle
01:17:20vous vous attaquez
01:17:22indirectement
01:17:22de façon très surprenante
01:17:23parce que jusqu'à présent
01:17:25vous étiez opposé
01:17:26à la fin du concordat
01:17:27je vois que vous êtes
01:17:28rallié
01:17:29à ma position
01:17:30que certains
01:17:30qualifient ici
01:17:31de l'AICAR
01:17:32finalement
01:17:33il y a une petite forme
01:17:34de réjouissance
01:17:34merci monsieur le Président
01:17:36merci chers collègues
01:17:37je suis donc saisi
01:17:38de trois amendements
01:17:39identiques
01:17:39de suppression
01:17:40le premier
01:17:41le numéro 7
01:17:42madame Narassien
01:17:44merci monsieur le Président
01:17:45nous l'avons
01:17:47largement démontré
01:17:47lors de la discussion générale
01:17:49cette proposition de loi
01:17:49est d'abord
01:17:50un tract politique
01:17:51qui s'affranchit
01:17:52de toute rigueur juridique
01:17:53Eric Carrouche
01:17:54vient de le souligner
01:17:55de ce point de vue
01:17:56malgré les efforts
01:17:57de la rapporteure
01:17:57cet article premier
01:17:58est symptomatique
01:17:59de la légèreté
01:18:00et de l'amateurisme
01:18:01avec lequel vous nous proposez
01:18:03d'aborder des sujets
01:18:04pourtant graves et sérieux
01:18:05je donnerai juste
01:18:06un exemple
01:18:07des conséquences
01:18:08que pourrait produire
01:18:08ce nouveau délit
01:18:09que vous nous proposez
01:18:10de créer
01:18:11l'auteur de cette proposition
01:18:12de loi
01:18:12Bruno Retailleau
01:18:13est par ailleurs
01:18:14président d'un parti politique
01:18:15Les Républicains
01:18:16qui a écopé
01:18:17de lourdes pénalités financières
01:18:18pour n'avoir présenté
01:18:19que 88 candidates
01:18:21contre 178 candidats
01:18:22lors des élections législatives
01:18:24de juin 2024
01:18:25en violation des lois
01:18:27sur la parité
01:18:28si je me réfère
01:18:29à la définition
01:18:30du délit créé
01:18:31par cet article premier
01:18:32il ne serait sans doute
01:18:33pas difficile
01:18:34de démontrer
01:18:34que vous avez œuvré
01:18:36de façon concertée
01:18:37à faire adopter
01:18:38des pratiques contraires
01:18:39aux règles légalement édictées
01:18:41dans le but
01:18:41de porter gravement atteinte
01:18:43aux principes
01:18:44de la République
01:18:45énoncés
01:18:45à l'article 1er
01:18:46de la Constitution
01:18:47l'un de ces principes
01:18:48étant légal
01:18:49axé entre les femmes
01:18:50et les hommes
01:18:51aux responsabilités politiques
01:18:52et des exemples
01:18:53comme celui-ci
01:18:54nous pourrions en donner
01:18:56des dizaines
01:18:56preuve que ce délit
01:18:57que vous avez présenté
01:18:59comme un outil
01:18:59de lutte contre l'antrisme
01:19:00est extrêmement mal circonscrit
01:19:03finalement
01:19:04avec cet article
01:19:05vous réactivez
01:19:06un débat
01:19:06que la République
01:19:07a déjà tranché
01:19:08au prétexte
01:19:09de lutter
01:19:09contre l'antrisme islamiste
01:19:11vous proposez
01:19:12de créer un délit
01:19:12d'outrage
01:19:13à la République
01:19:14lors des débats
01:19:15sur la loi
01:19:15sur la liberté
01:19:16de la presse
01:19:16du 29 juillet 1881
01:19:18la création
01:19:19d'un tel délit
01:19:20d'outrage
01:19:20à la République
01:19:21sorte de blasphème
01:19:22civile
01:19:22avait fait l'objet
01:19:23d'âpres discussions
01:19:24l'histoire se souvient
01:19:26que Georges Clemenceau
01:19:27avait défendu
01:19:28le droit
01:19:28d'outrager
01:19:29la République
01:19:29et il avait prononcé
01:19:30cette exclamation
01:19:31restée fameuse
01:19:32la République
01:19:33vit de liberté
01:19:34elle pourrait mourir
01:19:35de répression
01:19:37Merci chers collègues
01:19:38la parole est à notre collègue
01:19:40Mélanie Vogel
01:19:40pour l'amendement identique
01:19:41numéro 25
01:19:43Il a déjà été
01:19:44brillamment défendu
01:19:46Bien
01:19:46et le 33 rectifié
01:19:48Monsieur Lawait
01:19:48Oui merci
01:19:49Monsieur le Président
01:19:50nous allons examiner
01:19:50une série d'amendements
01:19:51de suppression d'articles
01:19:52qui s'inscrivent
01:19:53pleinement dans la ligne
01:19:54que nous avons exprimée
01:19:54lors de la discussion générale
01:19:56à savoir reconnaître
01:19:57la réalité des enjeux
01:19:58mais contester à la fois
01:19:59l'approche retenue
01:20:00par le texte
01:20:00et certains des dispositifs
01:20:02proposés
01:20:02C'est dans cet esprit
01:20:03que nous proposons
01:20:04en premier lieu
01:20:04la suppression de l'article 1er
01:20:06Cet amendsement
01:20:07vise à supprimer
01:20:07la création d'un nouveau
01:20:08délit d'atteinte
01:20:09au principe de la République
01:20:10Si la lutte contre
01:20:11les stratégies d'identrisme
01:20:13est légitime
01:20:13l'incrimination proposée
01:20:14soulève des réelles difficultés
01:20:16Sa rédaction
01:20:17même réécrite
01:20:18de meurlage
01:20:18fait peser un risque
01:20:19sur la liberté d'expression
01:20:21et le fonctionnement
01:20:22normal des organisations
01:20:23Surtout
01:20:23elle s'inscrit
01:20:24dans un texte
01:20:25dont l'intitulé
01:20:26entretient une confusion
01:20:27entre une dérive politique
01:20:28et une religion
01:20:29ce qui affaiblit
01:20:29la portée du message républicain
01:20:31La défense des principes
01:20:32de la République
01:20:32suppose des outils précis
01:20:34juridiquement robustes
01:20:35et pleinement universalistes
01:20:36Une telle évolution
01:20:37mérite d'être travaillée
01:20:38dans un cadre plus cohérent
01:20:39Pour ces raisons
01:20:40nous proposons
01:20:40la suppression de cet article
01:20:42Je vous remercie
01:20:43Très bien
01:20:43Merci chère collègue
01:20:44Madame la rapporteure
01:20:45L'avis de la Commission
01:20:46sur ces trois amendements identiques
01:20:47Ce sera un avis défavorable
01:20:49Monsieur le Président
01:20:50Monsieur le Ministre
01:20:52Monsieur le Président
01:20:53Ça me permet peut-être
01:20:53de dire quelques mots
01:20:55Quelques mots
01:20:55Je m'y autorise
01:20:56pour répondre à l'ADG
01:20:56parce que j'ai entendu
01:20:57des choses un peu
01:20:59parfois un peu curieuses
01:21:01Notamment
01:21:01Je vais répondre
01:21:02sur l'amendement
01:21:03parce que justement
01:21:03c'est une des dispositions
01:21:05qui ne figurent pas
01:21:05dans le projet de loi
01:21:06du gouvernement
01:21:07Juste
01:21:07Je suis un peu surpris
01:21:09que certains sénateurs
01:21:10aient pu s'étonner
01:21:11qu'il y ait deux textes
01:21:12La ficelle est un peu grosse
01:21:14quand même
01:21:14La ficelle est un peu grosse
01:21:15Monsieur Retailleau
01:21:15était ministre de l'Intérieur
01:21:16Il a participé
01:21:17à tous les travaux
01:21:18sur la préparation
01:21:19du projet de loi
01:21:20Il a quitté le gouvernement
01:21:21à l'automne dernier
01:21:22On a continué le travail
01:21:23On a continué le travail
01:21:24Donc il y a eu effectivement
01:21:26une proposition de loi
01:21:27du gouvernement
01:21:27qui ressemble étrangement
01:21:28d'ailleurs à la copie
01:21:29du travail de l'automne 2025
01:21:31Et depuis
01:21:32nous avons poursuivi ce travail
01:21:33Donc je suis un peu étonné
01:21:34que le sénateur s'étonne
01:21:35qu'il y a deux textes
01:21:35Il y en a un
01:21:36qui a été soumis
01:21:37à un travail interministériel
01:21:39interministériel
01:21:39avec tous les ministères
01:21:40qui a été enrichi depuis
01:21:41et qui va être soumis
01:21:42au Conseil d'État
01:21:43dont on a la faiblesse
01:21:44de penser que la rédaction
01:21:45va passer la rampe
01:21:46Je me permets d'apporter
01:21:47cette réponse
01:21:48parce que dans la discussion générale
01:21:49plusieurs sénateurs
01:21:51s'en sont émus
01:21:51Et je voudrais aussi dire
01:21:53que donner l'illusion
01:21:54que parce qu'on dépose
01:21:55une proposition de loi
01:21:56ça ressemble un peu furieusement
01:21:58au narcotrafic
01:21:59On n'a pas rien fait
01:22:00avant sur ces sujets
01:22:01On n'a pas rien fait
01:22:02avant sur ces sujets
01:22:03Voilà
01:22:04Et c'est une continuité
01:22:05ce texte
01:22:06que va porter le gouvernement
01:22:07c'est une continuité
01:22:08par rapport à une oeuvre
01:22:10qui a été entreprise
01:22:10depuis 2015
01:22:11et je le redis
01:22:12Donc je l'ai dit
01:22:13dans la discussion générale
01:22:15Je l'ai dit
01:22:15dans la discussion générale
01:22:16De la même façon
01:22:17je veux dire
01:22:19aux représentants
01:22:19du groupe socialiste
01:22:20ou écologiste
01:22:20qui se sont exprimés
01:22:21Oui il faut veiller
01:22:22à ne pas stigmatiser
01:22:24Je suis bien d'accord
01:22:25et c'est ce que va faire
01:22:26le texte du projet de loi
01:22:27du gouvernement
01:22:28Mais voilà
01:22:28Pour ceux qui s'étonnent
01:22:29qu'il y ait deux textes
01:22:30je voudrais quand même
01:22:30rappeler une évidence
01:22:33La vie gouvernementale
01:22:34elle continue
01:22:34Un ministre de l'Intérieur
01:22:35reprend un texte
01:22:36l'enrichit
01:22:37il apporte sa patte personnelle
01:22:38et ce qui fait
01:22:38qu'il y aura bien
01:22:39un projet de loi
01:22:39du gouvernement
01:22:40Il y aura bien
01:22:41un projet de loi
01:22:41du gouvernement
01:22:42qui aura été examiné
01:22:43par le Conseil d'Etat
01:22:44qui aura été examiné
01:22:45par le Conseil d'Etat
01:22:46et j'insiste là-dessus
01:22:46qui aura été vu
01:22:47en interministériel
01:22:48Sur cette disposition
01:22:49et sur cet article
01:22:51sur cet amendement
01:22:53c'est sagesse
01:22:54pour ce qui nous concerne
01:22:55Nous ne l'avons pas retenu
01:22:58Le délit
01:22:58c'est-à-dire la sanction pénale
01:22:59n'a pas été retenue
01:23:00parce qu'elle ne nous semblait pas
01:23:01répondre tout à fait
01:23:02au canon de la constitutionnalité
01:23:04mais c'est une des rares dispositions
01:23:05que nous ne l'avons pas retenue
01:23:06et pour les autres
01:23:07elles ont été réécrites
01:23:08et soumises au Conseil d'Etat
01:23:09Donc sagesse sur ce point
01:23:11Merci M. le Président
01:23:13Zoulias
01:23:13pour l'explication de vote
01:23:17Merci M. le Président
01:23:18M. le Ministre
01:23:19Mes chers collègues
01:23:21Je me permets encore une fois
01:23:23de montrer vos contradictions
01:23:25Vous n'arriverez pas
01:23:27à être plus laïque que moi
01:23:28Je vous le dis
01:23:28Comme ça
01:23:29Dans votre article premier
01:23:32vous parlez
01:23:33des pratiques contraires
01:23:34aux règles légalement édictées
01:23:36dont le but portait gravement atteinte
01:23:38aux principes de la République
01:23:39tel que défini par l'article 1
01:23:41qui renvoie à la laïcité
01:23:43Voilà
01:23:43Et je vous rappelle
01:23:45certaines de vos déclarations
01:23:48par lesquelles vous nous dites
01:23:49que le voile musulman
01:23:51c'est l'étendard de l'islamisme
01:23:53Mes chers collègues
01:23:54Quand je présente dans cet hémicycle
01:23:56un amendement
01:23:57pour interdire
01:23:59les signes religieux
01:24:00ostensibles
01:24:01dans les écoles privées
01:24:02vous votez contre
01:24:03Expliquez-moi
01:24:05la cohérence
01:24:06de votre propos
01:24:07Et je me permets
01:24:09de souligner
01:24:09que si cette loi passe
01:24:11on pourra
01:24:12légalement
01:24:13interdire
01:24:14le voile
01:24:15dans les écoles privées
01:24:16et imposer
01:24:17un respect strict
01:24:19de la laïcité
01:24:21dans tous les cours
01:24:22qui sont donnés
01:24:23par des professeurs
01:24:24payés
01:24:24par l'État
01:24:26Voilà
01:24:26où nous emmène
01:24:28aujourd'hui
01:24:29cette proposition
01:24:31de loi
01:24:31qui ne permet pas
01:24:32d'aller jusqu'au bout
01:24:33du discours
01:24:34sur la laïcité
01:24:36et je finirai
01:24:37par ce point
01:24:39je suis un laïc
01:24:40athée
01:24:41de surcroît
01:24:42mais je considère
01:24:44aujourd'hui
01:24:45qu'une voie politique
01:24:47des cultes
01:24:48est tout à fait essentielle
01:24:50et je n'interdis pas
01:24:51l'expression politique
01:24:53des cultes
01:24:53quelle qu'il soit
01:24:54nous allons en parler
01:24:56très prochainement
01:24:56s'agissant
01:24:57de la loi
01:24:58de la fin de vie
01:24:58les trois cultes
01:25:00d'Abraham
01:25:01religion juive
01:25:02chrétienne
01:25:03et musulmane
01:25:04portent le même projet
01:25:06d'interdiction
01:25:07de la fin de vie
01:25:08et je trouve
01:25:09que c'est parfaitement légitime
01:25:11et je ne m'y oppose pas
01:25:11merci monsieur le président
01:25:12Madame la sénatrice
01:25:13Goulet
01:25:14pour l'explication de vote
01:25:15oui monsieur le président
01:25:16juste une minute
01:25:17pour dire que je m'opposerai
01:25:18aux amendements
01:25:19de suppression
01:25:19et qu'il faut bien comprendre
01:25:20que la doctrine
01:25:21des frères musulmans
01:25:22partout où elle s'applique
01:25:23c'est notamment
01:25:24de travailler
01:25:25contre le régime en place
01:25:27c'est exactement
01:25:28ce qui s'est passé
01:25:28en Jordanie
01:25:29et ce qui se passe
01:25:31exactement ailleurs
01:25:32au Jordanie
01:25:32où ils étaient
01:25:33tout à fait institutionnalisés
01:25:34c'est le principe
01:25:36de ce grignotage
01:25:38de la république
01:25:39et c'est la raison
01:25:39pour laquelle
01:25:40je ne voterai pas
01:25:40les amendements
01:25:41de suppression
01:25:42merci Madame la sénatrice
01:25:44je suis donc
01:25:45saisi d'un scrutin public
01:25:47par le groupe
01:25:47Les Républicains
01:25:48pour ces trois amendements
01:25:49identiques de suppression
01:25:50le scrutin est ouvert
01:25:51le scrutin est clos
01:25:58votant 340
01:26:00exprimé 322
01:26:01pour 114
01:26:02contre 208
01:26:03ces amendements
01:26:04ne sont pas adoptés
01:26:05nous passons
01:26:06donc au vote
01:26:07de l'article 1er
01:26:08je suis saisi
01:26:09d'un scrutin
01:26:12à Amalvé
01:26:13d'accord
01:26:13donc il n'y a pas
01:26:14de scrutin public
01:26:15donc pour l'article
01:26:171er
01:26:18qui est pour
01:26:19pardon
01:26:22qui est contre
01:26:24qui s'abstient
01:26:25il est adopté
01:26:27je vais donc mettre
01:26:27en voie
01:26:28l'ensemble
01:26:28de la proposition
01:26:29de loi
01:26:29y a-t-il des demandes
01:26:31d'explication
01:26:31de vote
01:26:32ou pas
01:26:33je suis saisi
01:26:34d'une demande
01:26:35de scrutin public
01:26:36du groupe
01:26:36des Républicains
01:26:38et donc
01:26:38le scrutin est ouvert
01:26:39le scrutin est clos
01:26:45votant 345
01:26:46exprimé
01:26:47332
01:26:48pour 208
01:26:49contre 124
01:26:50la proposition de loi
01:26:50est adoptée
01:26:53la proposition de loi
01:26:55portée par Bruno Retailleau
01:26:56contre l'antrisme
01:26:58islamiste
01:26:58a donc été adoptée
01:26:59à 208 voix
01:27:01contre 124
01:27:02la gauche
01:27:02très virulente
01:27:03vous l'avez entendu
01:27:04estime
01:27:05qu'il s'agit
01:27:06d'un tract politique
01:27:07pour le candidat
01:27:09Bruno Retailleau
01:27:10à la présidentielle
01:27:11dans ce texte
01:27:11on trouve
01:27:12une batterie de mesures
01:27:13pour faciliter
01:27:14la dissolution
01:27:15d'associations
01:27:16et durcir
01:27:16les sanctions
01:27:17pour atteinte
01:27:18aux principes
01:27:19de la République
01:27:20le texte
01:27:20doit maintenant
01:27:21être étudié
01:27:22à l'Assemblée nationale
01:27:23mais le gouvernement
01:27:23promet entre temps
01:27:25un autre texte
01:27:26plus complet
01:27:27affaire à suivre
01:27:28donc
01:27:29100% Sénat
01:27:30c'est terminé
01:27:31je vous souhaite
01:27:31une très belle journée
01:27:32sur les chaînes parlementaires
01:27:39Sous-titrage Société Radio-Canada
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