- il y a 10 heures
Elisabeth Borne, ancienne Première ministre, autrice de "Réveillons-nous" (Robert Laffont), annonce qu'elle se retire de la direction de Renaissance, car elle ne se "retrouve pas" dans la ligne du parti. Elle veut se consacrer à sa propre structure, Bâtissons ensemble. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mercredi-06-mai-2026-7836828
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00:00Nous recevons donc dans le grand entretien ce matin une ancienne première ministre,
00:05aujourd'hui députée du Calvados.
00:06Vos questions et réactions sont les bienvenues chers auditeurs au 01 45 24 7000
00:11et sur l'application Radio France.
00:13Bonjour Elisabeth Borne.
00:14Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter alors que vous publiez.
00:18Réveillons-nous aux éditions Robert Laffont demain.
00:23Votre contribution en vue de 2027 sous-titrée
00:26« Appel à un rassemblement républicain et démocrate ».
00:29On y retrouve vos propositions pour réformer le modèle social,
00:33vos propositions sur l'Europe, l'immigration, un droit d'inventaire du macronisme aussi.
00:38On y reviendra mais d'abord pour qu'on comprenne qui est en face de nous ce matin.
00:44Est-ce que ce livre, Elisabeth Borne, c'est celui d'une candidate à l'élection présidentielle ?
00:49Alors non, ce n'est pas du tout le sens de ma démarche
00:52et je pense qu'aujourd'hui on a pléthore de candidats.
00:55Donc moi j'ai voulu mettre sur la table des propositions.
00:58Aujourd'hui, le débat public est saturé par les propositions des extrêmes
01:03et donc dans ce livre, moi j'ai voulu dénoncer ces réponses des extrêmes
01:09et dire qu'il y a un autre chemin
01:11mais qui suppose qu'on se retrousse les manches, qu'on se rassemble.
01:16Moi je crois beaucoup à un rassemblement de la gauche réformiste à la droite modérée
01:20pour apporter des vraies réponses aux Français.
01:22Mais juste Elisabeth Borne, vous dites « Non, ce n'est pas du tout ma démarche ».
01:25Quand nos confrères de Paris Match vous disiez il y a quelques semaines,
01:28après tout, pourquoi pas moi ?
01:29Juste là encore pour clarifier pour nos auditeurs,
01:32est-ce que parmi cette pléthore de candidats que vous citez,
01:35est-ce que vous envisagez la possibilité de porter ces idées que vous défendez dans ce livre en vue de
01:412027 ?
01:42Alors écoutez, moi je suis dans une démarche un peu différente.
01:44Vous voyez, je pense que c'est très important de proposer un projet.
01:48Et je vous le dis, on voit qu'on a des extrêmes qui sont aujourd'hui à un niveau très
01:54élevé dans les sondages
01:55et c'est important de dire qu'il y a d'autres réponses, d'autres chemins.
02:00Donc pourquoi pas vous ?
02:01Non mais, moi je vais vous dire, je ne crois pas à l'homme providentiel.
02:07Et c'est pour ça que je fais des propositions dans mon livre,
02:10parce que je pense qu'il faut qu'on retrouve un président de la République
02:16tel que son rôle est défini dans la Constitution de 1958.
02:20Et c'est pour ça que, notamment, je fais des propositions sur les institutions
02:24sur lesquelles on pourra revenir avec un septennat non renouvelable,
02:29un Premier ministre qui préside le Conseil des ministres,
02:32parce que c'est à lui de gouverner, c'est lui qui est responsable devant le Parlement.
02:35Et donc je pense que, voilà, toutes ces aventures individuelles, ces guerres d'égo,
02:41je pense que c'est important de prendre du recul.
02:44Enfin, je veux dire, vous savez, j'ai écrit 250 pages de propositions
02:48et c'est ça qui m'intéresse.
02:50Et je pense que c'est comme ça qu'on peut se rassembler.
02:52Alors, on va revenir à vos propositions pour la France,
02:55mais finalement, ce projet, ces propositions que vous faites,
02:59est-ce que vous les avez envoyées à Gabriel Attal,
03:01puisque c'est lui, sans doute, le candidat de votre parti Renaissance ?
03:06Alors, en fait, je ne me retrouve pas complètement dans la ligne
03:09qui n'est pas forcément débattue au sein de Renaissance.
03:13Donc, j'ai décidé de démissionner du Conseil National de Renaissance,
03:20de me mettre en retrait du bureau exécutif
03:24et de me consacrer à la structure que j'ai créée,
03:28l'Attisson Ensemble, qui est un espace ouvert,
03:31qui a vocation à rassembler au-delà des partis,
03:34à animer des débats dans des territoires,
03:38pour faire émerger des propositions concrètes.
03:40Mais ça veut dire que vous quittez le parti de Gabriel Attal ?
03:43Je reste comme sainte adhérente,
03:46parce que c'est un parti auquel je suis attachée,
03:49je suis attachée aux militants,
03:52et je suis attachée aux valeurs qu'on a pensées en 2017.
03:55C'est étonnant comme démarche, Elisabeth Bande,
03:57que vous dites qu'effectivement,
03:58vous quittez les fonctions qui sont les vôtres dans ce parti.
04:01Est-ce que vous ne restez pas au milieu du guet ?
04:02Si vous êtes en désaccord avec un parti
04:04qui est sur le point de désigner Gabriel Attal
04:05comme candidat à l'élection présidentielle,
04:07pourquoi y rester ?
04:09Parce que ce parti, c'est mon histoire politique,
04:13et je suis en désaccord avec la ligne actuelle,
04:16mais pour autant, je reste attachée à ce parti.
04:19Il n'y a pas un petit côté mauvais perdant, Elisabeth Borne,
04:21quand on est dans un parti adhérente,
04:24avec quelqu'un qui s'apprête à être candidat,
04:27qui a été élu à la tête du parti par les adhérents ?
04:31Est-ce que la logique ne serait pas que vous le souteniez ?
04:34Peut-être vous dire que moi, j'ai eu une vie avant la politique,
04:37et que je me suis engagé,
04:38et c'est peut-être pas habituel,
04:41mais je me suis engagé pour porter des idées et des valeurs auxquelles je crois.
04:45Et donc, voilà, je souhaite avoir un espace
04:48où ces valeurs sont portées,
04:50et où on peut se rassembler,
04:51et se préoccuper de faire des propositions aux Français
04:54sur la base de valeurs auxquelles je crois fondamentalement.
04:56Qu'est-ce qui vous dérange dans cette ligne de Gabriel Attal ?
05:00Enfin, je ne vais pas ouvrir,
05:01vous voyez, des critiques sur Gabriel Attal.
05:04Si vous dites que vous ne vous retrouvez pas dans sa ligne,
05:06il serait mieux de nous expliquer pourquoi,
05:08parce que sinon c'est difficile à comprendre.
05:09Ce que je peux vous dire, par exemple,
05:11et c'est ce que j'évoque dans ce livre,
05:13moi, je suis convaincu
05:15qu'on peut protéger notre pays
05:17dans le respect du droit international,
05:19que la France a toujours porté le droit international,
05:22que ce n'est pas une faiblesse,
05:24qu'évidemment, il faut se mettre en situation de peser
05:27face à des puissances qui sont assez désinhibées.
05:30Je suis aussi convaincu
05:32qu'on peut protéger les Français
05:34sans remettre en cause la Constitution
05:36dans le respect de l'État de droit.
05:39Mais ça, vous entendez, Gabriel Attal,
05:41vouloir remettre en cause le droit international ?
05:43En fait, moi, je ne supporte pas
05:45quand on met en cause le Conseil constitutionnel,
05:48qu'on peut dire que la Constitution est un carcan.
05:51Vous voyez, notre Constitution,
05:52elle a permis de faire les lois d'urgence post-attentat,
05:55les lois d'urgence pendant le Covid.
05:57Et voilà, donc, je vous dis ce à quoi je crois.
06:00Et donc, je souhaite, dans cet espace que je crée,
06:04pouvoir porter ces valeurs.
06:05Donc, vous créez ce parti qui s'appelle
06:07Bâtissons Ensemble.
06:07Encore un mot là-dessus avant de parler
06:09des propositions que vous faites dans ce livre,
06:11pour bien comprendre, dans l'année qui nous reste
06:13avant l'élection présidentielle,
06:15ce que vous appelez de vos voeux,
06:17puisque vous vous mettez en retrait
06:18de vos fonctions dans ce parti,
06:20vous en créez un nouveau.
06:21Dans le même temps, vous appelez un rassemblement.
06:24Il y a pléthore de candidats
06:26ou de potentiels candidats.
06:28Comment est-ce qu'à la fin,
06:29vous vous retrouvez pour qu'il n'y ait
06:31qu'un seul candidat à l'élection présidentielle
06:33dans cet espace politique ?
06:35Alors, ce n'est pas moi qui vais vous dire
06:36comment on sort des aventures individuelles
06:39pour que chacun veuille bien se retrouver.
06:41Ce que je souhaite faire,
06:43c'est avoir des idées qui sont sur la table.
06:45Je pense que c'est important
06:46que ces idées, elles existent,
06:48qu'elles circulent
06:48et qu'elles puissent rassembler.
06:50Donc, c'est ce à quoi, moi,
06:51je veux consacrer mon énergie
06:52à porter des débats d'idées,
06:55à dire aux Français
06:56que oui, le monde est inquiétant,
06:59oui, ils vivent des difficultés
07:00dans leur vie quotidienne,
07:02oui, on fait face
07:03à une multiplication de crises,
07:05oui, on a un modèle social
07:07qui s'essouffle
07:08et qu'on finance depuis des décennies
07:10par la dette,
07:10mais il y a un chemin
07:11à condition de se retrousser les manches
07:13et de se rassembler.
07:14Donc, vous ferez la campagne
07:16de celui ou celle
07:17qui reprendra une partie
07:18de vos idées ?
07:19Pour l'instant,
07:20je souhaite que ces idées,
07:22elles existent
07:23et que le débat
07:26ne soit pas monopolisé
07:29par des extrêmes
07:30dont je constate
07:31que les thèses finissent
07:33par déborder
07:34au-delà de ces parties extrêmes.
07:35Alors, Elisabeth Borne,
07:36vous contribuez donc
07:37à ce débat d'idées
07:39avec ce livre.
07:41Commençons par ce que Florence
07:42s'évoquait tout à l'heure,
07:43le droit d'inventaire
07:44du macronisme que vous faites.
07:45Vous parlez notamment
07:46d'une pratique du pouvoir
07:48inadaptée.
07:49Est-ce que vous comprenez
07:50que pour quelqu'un
07:50qui a fait partie
07:51de l'exécutif pendant sept ans,
07:52ça puisse interpeller
07:53à moins, Elisabeth Borne,
07:54que vous preniez pour vous-même
07:55cette pratique du pouvoir inadapté ?
07:58Je ne parlais pas
07:59du Premier ministre
08:00dans cette critique.
08:02Donc, vous parlez qui ?
08:03Donc, du Président.
08:03Voilà.
08:04Non, mais je pense...
08:05Vous voyez, moi,
08:06je suis vraiment convaincu
08:08que je suis contre
08:10un pouvoir solitaire
08:12et un peu vertical.
08:14Je pense qu'il faut
08:15respecter les corps
08:17intermédiaires.
08:18Je pense qu'il faut
08:20dialoguer avec
08:20les collectivités.
08:21Je pense qu'il faut donner
08:22toute leur place
08:23aux partenaires sociaux.
08:24Donc, ça, c'est comme ça
08:25qu'on peut...
08:26C'est une critique pure
08:26de la politique
08:28d'Emmanuel Macron.
08:29C'est une critique
08:30de méthode.
08:31Mais après,
08:32je développe dans le livre
08:34le fait que je crois
08:35que les intuitions
08:36qui ont été portées
08:37en 2017
08:37étaient bonnes,
08:38même si, naturellement,
08:39il faut aussi tenir compte
08:40d'un monde
08:41qui a évolué depuis.
08:42Mais sur la méthode,
08:44je pense qu'il faut
08:44faire autrement.
08:45Mais est-ce que vous prenez
08:45votre part ?
08:46Parce que peut-être
08:47que certains de nos auditeurs
08:48s'étonnent en vous entendant.
08:50Ils savent que vous avez
08:52défendu une réforme des retraites
08:53qui a mis des millions
08:54de personnes dans la rue,
08:55que vous avez fait passer
08:55des budgets
08:56à coups de 49,3.
08:58Là encore,
08:58est-ce que cette pratique
08:59du pouvoir inadapté,
09:01vous considérez, vous aussi,
09:02qu'à un moment donné,
09:02dans la façon dont vous avez
09:04conduit les affaires du pays,
09:06il y a des choses
09:06que vous ne referiez pas
09:07de la même manière ?
09:09Sur l'utilisation du 49,3,
09:12moi, j'ai gouverné
09:13en majorité relative
09:14et je crois que vous avez
09:15pu remarquer
09:16que tous mes successeurs,
09:19en tout cas ceux
09:19qui ont eu à faire passer
09:20un budget,
09:21ont dû recourir au 49,3.
09:23Parce que ça fait partie
09:25des règles
09:26dans notre 5e République.
09:28Voter un budget,
09:29c'est affirmer son soutien
09:31au gouvernement.
09:31Quand vous n'avez pas
09:32une majorité
09:33qui soutient le gouvernement,
09:35vous êtes obligés
09:36de recourir au 49,3.
09:37Et un septennat
09:38non renouvelable,
09:39le fait que le Premier Ministre
09:40préside le Conseil des Ministres
09:43et non plus le Président
09:43comme ça se fait
09:44dans un certain nombre
09:44d'autres pays européens.
09:46En fait, vous souhaitez quoi ?
09:48C'est un retour
09:48à un Président de la République
09:49qui inaugure
09:50les chrysanthèmes
09:52comme c'était le cas
09:52sous la 4e République ?
09:54Au fond, ils n'interviennent plus.
09:56Est-ce que ça correspond
09:57à la demande
09:59que les Français mettent
10:01dans un Président de la République
10:02qu'on élit tous les 5 ans
10:03et en qui on place
10:04un certain nombre
10:05même beaucoup d'espoir ?
10:06Est-ce que ça,
10:07c'est cohérent
10:07avec ce que veulent les Français ?
10:09Je pense qu'on voit
10:10que nos institutions,
10:11notamment avec les réformes
10:13qui ont pu intervenir
10:14en 2000,
10:15le quinquennat,
10:15la version du calendrier,
10:17sont déséquilibrées,
10:18qu'il y a une confusion
10:20sur le rôle
10:20entre le Président
10:21de la République
10:22et le Premier ministre.
10:23Je rappelle que
10:24la Constitution de 1958
10:26dit
10:27le Premier ministre
10:28ou le gouvernement
10:29détermine et conduit
10:30la politique de la nation.
10:31Et c'est une bonne chose
10:32puisqu'il se trouve
10:33que le Premier ministre
10:34est responsable
10:35devant le Parlement,
10:36qu'il est au contact
10:37du Parlement en permanence
10:38et donc je pense
10:39que c'est important
10:40effectivement
10:41qu'on revienne
10:42à l'esprit
10:43de nos institutions
10:43en donnant toute sa place
10:45au Premier ministre
10:46responsable devant l'Assemblée.
10:48En sachant qu'on en a vu
10:49défiler un certain nombre
10:50ces derniers mois
10:51de Premier ministre
10:52dans la situation parlementaire
10:54que l'on connaît
10:55avec l'absence de majorité.
10:56Oui absolument
10:57mais du coup
10:58vous voyez
10:59je pense que c'est aussi important
11:00qu'on puisse avoir
11:02des coalitions
11:03dans notre pays.
11:04Je pense que
11:05les Français
11:05ils attendent
11:06qu'on apporte
11:07des réponses
11:07dans leur vie quotidienne.
11:09Et apporter des réponses
11:10ça suppose
11:11d'avoir du temps
11:12de pouvoir
11:14porter des réformes
11:15dans la durée
11:15et donc de la stabilité.
11:17Ça passe par des coalitions.
11:19C'est pour ça
11:19que je propose aussi
11:20d'introduire une dose
11:21de proportionnelle.
11:22Ce qui par ailleurs
11:23Elisabeth Borne
11:24est une promesse
11:25était une promesse
11:26d'un certain nombre
11:27de candidats
11:27et qui n'a pas pu être
11:28qui n'a pas pu être
11:29oui moi je le regrette
11:30oui je le regrette vraiment.
11:31Et vous le regrettez
11:31sur les sujets du quotidien
11:33précisément
11:33vous faites un certain nombre
11:34de propositions
11:35dans le champ économique
11:36notamment un impôt minimal
11:37de 15%
11:38sur les multinationales.
11:39Non sur les personnes physiques
11:40oui sur les personnes physiques
11:42ça résonne avec l'actualité
11:43on voulait vous interroger
11:45sur ce qui est en train
11:46de se passer
11:47entre Total
11:48et le gouvernement
11:50la gauche
11:51demande et propose
11:52une taxation
11:53de ce qu'ils appellent
11:54les surprofits
11:54de Total
11:56Total qui sur le premier trimestre
11:57a fait près de 5 milliards d'euros
11:59de bénéfices
12:00des bénéfices en nette hausse
12:01et Total
12:02le patron Patrick Puyenny
12:03qui répond
12:03s'il y a une surtaxe
12:05on arrêtera
12:05de plafonner
12:07les prix
12:08les prix à la pompe
12:09pour les automobilistes
12:10quel regard
12:11est-ce que vous portez
12:12sur cette menace
12:13du président de Total
12:15Patrick Puyenny ?
12:16Je crois que chacun sait
12:17que les bénéfices de Total
12:18ne sont pas faits en France
12:20et qu'il y a des règles
12:21qui font qu'on ne peut pas
12:23taxer deux fois
12:24une entreprise
12:24les bénéfices
12:25ils sont faits
12:26dans des pays
12:27où Total
12:29paye des impôts
12:30et en France
12:31leur activité
12:32ne fait pas de bénéfices
12:32on a essayé
12:34je rappelle
12:34pendant la crise inflationniste
12:36moi quand j'étais
12:36première ministre
12:37de taxer les surprofits
12:39bon ça n'a pas eu
12:40le rendement espéré
12:41parce qu'il y a des règles
12:42qui font qu'on ne taxe pas
12:43deux fois
12:43les multinationales
12:45non mais vous voyez
12:46je pense que
12:46la taxe minimum
12:48de 15%
12:49qui existe
12:49sur les multinationales
12:50à l'échelle de l'OCDE
12:52c'est une bonne réponse
12:53ça permet de s'assurer
12:55qu'on taxe bien
12:57ces multinationales
12:58et comment on fait
12:58aujourd'hui
12:59pour aider les économistes
13:00et l'économie
13:01plus largement
13:01qui est perturbée
13:02par cette crise
13:03des carburants ?
13:04je pense que
13:05moi je partage
13:06le sens des réponses
13:07qui sont apportées
13:08par le gouvernement
13:09vous savez
13:10je suis dans une circonscription
13:11qui est très rurale
13:12et je vois
13:13ce que ça veut dire
13:14pour des français
13:15l'angoisse
13:16d'aller faire le plein
13:17aujourd'hui
13:18quand vous habitez
13:20à 20 kilomètres
13:21à 30 kilomètres
13:22faites 60 kilomètres
13:23par jour
13:23c'est effectivement
13:24une angoisse
13:25donc il faut s'adresser
13:26à ces gros rouleurs
13:28comme le gouvernement
13:29a repris le terme
13:30et les accompagner
13:32au mieux
13:32et je pense que c'est mieux
13:34de cibler
13:35sur les personnes
13:36qui sont mises en difficulté
13:37dans cette crise
13:38plutôt que d'avoir
13:39des remises carburants
13:40comme ça avait pu être fait
13:42et puis on a aussi
13:43une situation budgétaire
13:44dont il faut tenir compte
13:45vous revenez également
13:46Elisabeth Bande
13:46dans votre livre
13:47sur la question des retraites
13:48sujet que vous connaissez
13:49particulièrement bien
13:50puisque vous avez porté
13:50cette réforme
13:51avec Olivier Dussopt
13:52avec Olivier Dussopt
13:53vous n'êtes pas seul
13:55effectivement
13:55qui reportait l'âge légal
13:56à 64 ans
13:57avec cette question centrale
13:59qui monte de plus en plus
14:00dans le débat
14:01de la solidarité
14:02entre les générations
14:05vous posez à un moment donné
14:06la question notamment
14:07du gel des pensions
14:09des retraités
14:09les plus aisés
14:10dans votre livre
14:12François Villeroy de Gallo
14:13le gouverneur
14:13de la Banque de France
14:14qui va quitter ses fonctions
14:15a écrit une lettre
14:16où il parlait
14:18de choix gérontocratiques
14:19qui avaient été faits
14:21ces dernières années
14:21c'est-à-dire
14:22qui favorisaient
14:22les seigneurs
14:23les retraités
14:24au détriment des actifs
14:25est-ce que ça
14:26ça fait partie des débats
14:27qui devront avoir lieu
14:29au cours de l'élection
14:30présidentielle
14:31le rééquilibrage
14:33entre les retraités
14:35et ceux qui travaillent
14:36est-ce que la France
14:37a fait le choix
14:38de la gérontocratie
14:39ces dernières années ?
14:40Oui moi je ne sais pas
14:40si j'emploierais ces termes
14:43je pense en effet
14:45et il y a toute une partie
14:47de mon livre
14:47que je consacre
14:48à la jeunesse
14:49et je pense qu'il faut
14:50investir pour notre jeunesse
14:52et donc ça suppose
14:53de ne pas consacrer
14:55toutes nos ressources
14:57pour payer les retraites
14:58on a aussi
15:00les dépenses
15:01de santé
15:01des personnes âgées
15:02qui pèsent
15:03aujourd'hui
15:04sur les actifs
15:05et je pense
15:06qu'il faut absolument
15:07investir
15:07dans la recherche
15:08dans l'innovation
15:10dans l'éducation
15:11dans l'insertion
15:12professionnelle
15:13des jeunes
15:13qu'il faut investir
15:15dans la transition
15:15écologique
15:16et donc on doit
15:17poser la question
15:18de la maîtrise
15:20des dépenses
15:21de notre modèle social
15:23qui dans la pérennité
15:25doit être garantie
15:26et je pense qu'on y est tous
15:26Mais donc ça veut dire
15:27concrètement
15:27Elisabeth Borne
15:28faire éventuellement
15:29faire payer les retraités
15:30les plus aisés
15:30peut-être ne pas
15:32augmenter les retraites
15:33tous les ans
15:33vous voyez le débat
15:35qu'on a eu
15:35sur le dernier budget
15:37où finalement
15:38on a renoncé
15:40y compris
15:41pour les retraites
15:42les plus élevées
15:43à ne pas les indexer
15:44dans un contexte
15:45d'inflation
15:46où l'inflation
15:47était très faible
15:48c'est autant de ressources
15:50dont on se prive
15:51pour investir
15:52pour notre jeunesse
15:53et vraiment
15:53la jeunesse
15:54c'est quelque chose
15:55qui me tient à coeur
15:56finalement
15:57quand on parle
15:58de la jeunesse
15:58aujourd'hui
15:59c'est pour
16:01proposer
16:01des interdictions
16:03des sanctions
16:04je pense qu'on a
16:05un autre message
16:06apporté à la jeunesse
16:07la jeunesse
16:07c'est notre avenir
16:08on doit investir
16:09pour la jeunesse
16:10on doit donner
16:11sa chance
16:11à chacun
16:12c'est ce que j'ai porté
16:13comme ministre du travail
16:14et comme première ministre
16:15avec le plan
16:16un jeune une solution
16:17il faut donner
16:18des nouvelles chances
16:19aux jeunes
16:19il faut permettre
16:20à chacun
16:20de trouver sa voie
16:21il faut aussi
16:22s'assurer
16:24qu'on lutte
16:24contre les déterminismes
16:26vous savez
16:26c'est quelque chose
16:26qui est très fort
16:27dans notre pays
16:28par exemple
16:29en permettant
16:30à plus de jeunes filles
16:30d'aller vers les métiers
16:32scientifiques
16:33et d'ingénieurs
16:33c'est le plan
16:34filles et maths
16:35que j'ai porté
16:35il faut ouvrir
16:36les portes
16:37à notre jeunesse
16:38et dire qu'on a confiance
16:39en eux
16:39sur l'immigration
16:40vous plaidez pour des objectifs
16:42d'accueil débattus
16:43chaque année au Parlement
16:45et vous avez des propos
16:46plutôt sibylins
16:47sur la question
16:48du regroupement familial
16:49qu'est-ce qu'il faut changer
16:51selon vous
16:52en sachant que ça ne concerne
16:53plus que 5%
16:53des titres de séjour
16:55délivrés chaque année
16:55il y a un problème
16:56pour vous
16:56avec le regroupement familial ?
16:58D'abord je dis
16:59qu'il faut
17:00rester fidèle
17:02à nous-mêmes
17:03et qu'il n'est pas question
17:04de remettre en cause
17:05le droit
17:05à l'agir privé
17:06et familial
17:07mais aujourd'hui
17:09il y a des règles
17:09très strictes
17:10qui font que le regroupement
17:11familial doit être
17:12effectif
17:12dans les deux ans
17:13pour les personnes
17:16des immigrés
17:17qui ont vocation
17:19à rester
17:19de façon permanente
17:21sur notre territoire
17:22je constate
17:23qu'on a un vrai problème
17:24d'intégration
17:25vous savez
17:26moi quand je visite
17:27ça veut dire
17:29revoir les règles
17:30du regroupement familial
17:31ça veut dire peut-être
17:31se donner plus de temps
17:33pour faire ce regroupement
17:34familial
17:35ça veut dire aussi
17:36dans notre immigration
17:37de travail
17:38et je pense que
17:39cette immigration de travail
17:41elle est indispensable
17:42quand vous voyez
17:43qui on a
17:45dans nos hôpitaux
17:46comme aide-soignante
17:48comme infirmière
17:49voire comme médecin
17:50ce sont souvent
17:51des personnes étrangères
17:53donc cette immigration
17:54de travail
17:55y compris sur des métiers
17:56qualifiés
17:57elle est importante
17:58donc plus d'immigration
17:59de travail
17:59et moins d'immigration
18:00familiale
18:00je dis qu'on doit
18:02se poser la question
18:03des règles
18:03c'est une question
18:04qui est posée
18:04à l'échelle
18:05de l'Europe
18:05et quand on a
18:07comme moi j'ai pu le voir
18:08des écoles
18:09dans lesquelles
18:1080% des parents
18:12ne parlent pas français
18:14c'est un problème
18:15c'est un problème
18:16pour donner
18:17effectivement
18:17toute leur chance
18:18de réussite aux élèves
18:19mais c'est pas un peu
18:20complexe de dire
18:21on a besoin
18:21de travailleurs étrangers
18:22mais ne faites pas
18:24venir vos familles
18:24vous allez rester en France
18:25et occuper des fonctions
18:27je pense qu'il n'y a pas de doute
18:28que ceux qui ont vocation
18:30à s'installer définitivement
18:31dans notre pays
18:32ont droit au regroupement familial
18:34c'est le principe
18:35du droit à la vie privée familiale
18:37on peut regarder les règles
18:39en termes de délai
18:40et je pense que ce débat
18:41et que par ailleurs
18:42vous voyez
18:42il y a quelque chose
18:43dont on s'occupe assez peu
18:44dans notre pays
18:45c'est l'intégration
18:46on n'a pas de vraie politique
18:48d'intégration
18:48quand moi j'ai pu voir
18:50vous savez
18:51y compris
18:52ça s'appelait
18:52Pôle emploi
18:53à l'époque
18:53France Travail
18:54aujourd'hui
18:55des réfugiés
18:57qui avaient des diplômes
18:58mais auxquels
18:59on n'apprenait pas le français
19:01dont on ne se préoccupait pas
19:02de la reconnaissance
19:03des diplômes
19:04qu'on n'accompagnait
19:05pas vers l'emploi
19:06je pense que cette politique
19:07d'intégration
19:08elle mérite d'être portée
19:09c'est pour ça que je propose
19:10un ministère
19:11de l'immigration
19:12et de l'intégration
19:13un ministère de l'immigration
19:15et de l'intégration
19:16je n'ai pas dit
19:17de l'identité nationale
19:18ça ne m'a pas échappé
19:19comme sous Nicolas Sarkozy
19:21en 2007
19:22mais porter une vraie politique
19:23d'intégration
19:24ça me paraît indispensable
19:25y compris
19:26parce qu'aujourd'hui
19:27on demande
19:29aux étrangers
19:30qui s'installent
19:31en France
19:31de parler français
19:32mais on n'a pas mis en place
19:34une offre
19:34pour apprendre le français
19:36qui me semble
19:37au niveau
19:37sur la question
19:38de l'immigration
19:38toujours
19:39un mot sur les positions
19:40qui sont prises
19:40dans le débat public
19:41notamment par
19:42le candidat
19:43Bruno Retailleau
19:44président des Républicains
19:46qui concernant
19:47la décision de Pedro Sanchez
19:49le premier ministre espagnol
19:50de régulariser
19:52500 000 travailleurs
19:53il dit
19:54il faut mettre au banc
19:56de l'Union Européenne
19:57l'Espagne
19:58oui je me demande
20:00pourquoi il ne parle pas
20:00de l'Italie
20:01qui a aussi décidé
20:04d'accueillir
20:05plus d'immigrés
20:06et de régulariser
20:08aussi des étrangers
20:09en situation irrégulière
20:10est-ce que vous avez encore
20:11des valeurs communes
20:12avec Bruno Retailleau ?
20:13je vais vous dire
20:15quand moi j'entends
20:16Bruno Retailleau
20:17proposer un référendum
20:19sur l'immigration
20:20pour contourner
20:21la république
20:22des juges
20:23incarnés
20:24par le conseil constitutionnel
20:25non je pense
20:26qu'on ne porte pas
20:27les mêmes choses
20:28donc pas de valeurs communes
20:29avec Bruno Retailleau
20:30et par ailleurs
20:30et par ailleurs
20:31vous savez
20:32tous ceux qui prétendent
20:34que c'est en se plaçant
20:36en marge
20:36de l'Europe
20:37qu'on pourra
20:38maîtriser
20:39l'immigration irrégulière
20:41mentent aux français
20:42donc ça veut dire
20:43que dans le rassemblement
20:44tout à l'heure
20:44que vous appeliez
20:45de vos voeux
20:45c'est-à-dire de la gauche
20:46réformiste
20:46à la droite républicaine
20:47j'ai parlé
20:48de la droite modérée
20:49donc Bruno Retailleau
20:50il ne fait pas partie
20:50de cette espace-là
20:52et moi vous voyez
20:52quand on critique
20:54le conseil constitutionnel
20:56quand on porte l'idée
20:59que les lois nationales
21:02devraient prévaloir
21:02sur les traités
21:03je ne partage pas
21:05ces valeurs
21:05pour terminer
21:06Elisabeth Borne
21:07vous consacrez
21:08plusieurs pages
21:09de votre livre
21:09au rassemblement national
21:10ce parti que vous aviez
21:12qualifié d'héritier
21:13de Pétain
21:14il y a quelques années
21:15est-ce que comme la plupart
21:16des personnalités
21:17de votre camp
21:18vous le renvoyez
21:20dos à dos
21:20avec la France insoumise
21:22ou est-ce que vous faites
21:23une différence
21:24laquelle ?
21:27je pense que les deux
21:28se font à la courte échelle
21:30je pense que
21:32quand
21:33Jean-Luc Mélenchon
21:34fait un débat
21:35où il vous parle
21:36du grand remplacement
21:37ça fait monter
21:38le rassemblement national
21:39et donc
21:40voilà
21:41je pense que
21:42les thèses
21:43que porte aujourd'hui
21:44la France insoumise
21:45les thèses
21:45que porte aujourd'hui
21:46le rassemblement national
21:47sont extrêmement
21:48dangereuses
21:49donc ce sont deux dangers équivalents
21:50et c'est pour ça
21:51que dans mon livre
21:52je dis
21:53il y a un autre chemin
21:54que ces réponses populistes
21:55on doit pouvoir proposer
21:57des vraies réponses
21:59aux français
21:59en s'attaquant
22:01aux causes
22:02et pas simplement
22:02aux symptômes
22:03et pas en faisant
22:04des propositions simplistes
22:05merci Elisabeth Borne
22:07d'avoir été au micro
22:07de France Inter
22:08ce matin
22:09c'est un petit peu
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