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  • il y a 21 heures
Retrouvez « Dans la bouche de Sofia Aram » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-billet-de-sophia-aram

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Et c'est à vous, Sophia Aram, on vous écoute !
00:06Dans ma bouche, ce matin, il y a cette petite musique qui démarre comme à chaque fois que Ségolène Royal
00:12réapparaît.
00:25On ne l'attendait plus, mais la revoilue !
00:27La madone de la bravitude revient, telle une cigogne à Strasbourg au printemps.
00:32Après avoir encensé l'hydroxychloroquine de Raoult, remis en cause les bombardements russes sur la maternité de Marioupol,
00:37la revenante la plus navrante du siècle est allée sauter à pieds joints dans le plat de couscous des relations
00:42franco-algériennes
00:43dont elle explique doctement la détérioration à la télévision algérienne.
00:47Si vous voulez, soyons très simples, il y a des responsables politiques en France qui pensent, qui ont la nostalgie
00:52de l'Algérie française, c'est très grave.
00:55Mais il y a encore plus grave.
00:57De la demande d'excuses, la question du pardon, la question de la reconnaissance, la question de la vérité,
01:03ce sont des choses essentielles pour pouvoir se reconstruire.
01:06Et ça, nous le devons.
01:08Voilà, c'est pas compliqué d'après Tata Yo-Yo.
01:10Si on en est là des relations franco-algériennes, c'est à cause des nostalgiques de l'OAS en France.
01:15Et si l'Algérie a du mal à se reconstruire, c'est parce que la France n'a pas pleinement
01:18demandé pardon.
01:19L'état de l'Algérie n'aurait donc rien à voir avec la responsabilité de son propre régime.
01:23Et les tensions diplomatiques entre nos deux pays n'auraient rien à voir avec la position de la France sur
01:27le Sahara occidental,
01:29ni avec la condamnation prononcée contre Kamel Daoud.
01:31Rien à voir non plus avec l'incarcération du journaliste Christophe Glaze,
01:34ni avec celle de l'écrivain Boilem Sansal au sujet duquel Ségo rappelle.
01:38Moi, j'ai pas été dans son comité de soutien non plus, parce que je trouvais que les déclarations qu
01:42'il faisait étaient agressives
01:44et qu'on n'avait pas assez d'éléments d'évaluation.
01:48Parce que oui, elle aurait pu soutenir la liberté d'un écrivain incarcéré par un régime autoritaire,
01:53mais à condition qu'il ne fasse pas preuve d'agressivité à l'égard du régime qu'il a incarcéré,
01:58auquel cas elle préfère le jeter sous le bus.
02:00C'est un écrivain qui revendique la liberté de parole, la liberté de critique,
02:05mais il ne l'accepte pas pour lui-même. C'est ça qui est surprenant.
02:08Si bien connu, un écrivain qui défend sa liberté d'expression et son droit de ne pas finir en prison
02:12pour ses idées
02:13ne devrait pas répondre aux attaques. Bah non !
02:16Ce qui est tellement vertigineusement bête que j'ai besoin de m'apaiser en écoutant...
02:21La relance de Benjamin, de la mère.
02:25Mais ne peut-on pas dire, Sophia, que Ségolène Royal a le droit de rappeler que le travail de mémoire
02:30et de reconnaissance des torts de la France commis pendant la guerre d'Algérie
02:33est un préalable à la réconciliation ?
02:35Mais vous avez parfaitement raison, Benjamin. Tellement raison.
02:40Ce qui n'empêche pas d'éviter de sombrer dans la propagande d'un régime qui exige de la France
02:43un devoir de vérité, tout en condamnant les écrivains qui ont le malheur de le critiquer.
02:47A commencer par Kamel Daoud, qui a eu l'audace de briser le silence
02:50au sujet des centaines de milliers de victimes de la décennie noire.
02:53Le problème, c'est qu'au milieu des déclarations de tata Yoyo au service d'Alger,
02:56il y a bien pire, notamment au sujet du journaliste français Christophe Glez,
03:00toujours incarcéré, et au sujet duquel, compte tenu de sa situation,
03:03je préfère m'abstenir de commenter.
03:06Merci Sophia Aram.
03:07Dans un instant, les infos et la suite de la grande matinale.

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