00:00L'édito politique, bonjour Patrick Cohen, au Rassemblement National, le programme est-il encore en train de bouger ?
00:08On ne parle pas seulement des dissonances entendues la semaine dernière sur une question pourtant simple.
00:12Faut-il taxer les bénéfices exceptionnels de TotalEnergie ?
00:16Réponse oui pour Marine Le Pen, non pour Jordan Bardella.
00:19Mais là je parle d'un mot nouveau, d'un mot inhabituel prononcé par la candidate officielle lors du 1er
00:25mai à Mâcon.
00:26La nécessaire solidarité nationale, à laquelle je crois profondément, n'a rien à voir avec l'adhésion malsaine à un
00:36assistana endémique, entretenu et encouragé.
00:40Assistana, voilà plus de 20 ans que le mot cavale dans le débat public pour désigner des paresseux ou des
00:45fraudeurs,
00:46les mauvais pauvres qui vivent au crochet de ceux qui travaillent.
00:49Et pendant 20 ans, sans doute par égard pour les plus déshérités de ses électeurs, Marine Le Pen s'est
00:54refusée à l'employé.
00:55Et assistana, ce n'est pas un mot de mon programme ou de mon vocabulaire, disait-elle encore le 29
01:01octobre, il y a 6 mois.
01:02Je ne veux pas nourrir l'idée que le chômage serait la faute de ceux qui ne veulent pas travailler.
01:06Et alors vous voyez dans cette volte-face un virage à droite ?
01:09Pas si vite Marine Le Pen, dans le même discours vendredi dernier, je ne suis ni de droite ni de
01:14gauche et je dis à la droite qu'on ne peut pas faire fi de la protection sociale de notre
01:19peuple.
01:20Avant que Jordan Bardella, qui lui se range à droite et parle déjà d'assistanat, ne fasse l'éloge d
01:25'une société du mérite.
01:26C'est quoi ? C'est la stratégie de la répartition des rôles ?
01:29Je ne sais pas et au fond, peu importe.
01:31Si l'expression n'avait pas déjà beaucoup servi pour Emmanuel Macron, je dirais que pour plaire à tous les
01:35publics,
01:35Le Pen et Bardella sont devenus des virtuoses, des champions du « en même temps », voire du « ni
01:41pour ni contre ».
01:42Bien au contraire, la formule est de Coluche, mais les phrases à suivre sont de Marine Le Pen en septembre
01:48dernier sur LCI,
01:49où Darius Rochemin tentait de savoir si, oui ou non, elle voulait moins de fonctionnaires.
01:53Ça fait 30 ans que la droite dit « moins de fonctionnaires » et la gauche dit « plus d
01:59'impôts ».
01:59Alors voilà, moins de fonctionnaires, plus d'impôts, moins de fonctionnaires, plus d'impôts.
02:01Moi, je suis désolée, je ne réfléchis pas ainsi.
02:04Moi, ce qui m'excède, c'est la facilité.
02:06J'en ai marre, je vous le dis, de la même manière que j'en ai marre d'entendre le
02:11MEDEF sauter sur sa chaise en disant
02:13« il faut baisser les charges, il faut baisser les charges, il faut baisser les charges », voilà.
02:15Et voilà comment ne pas répondre en prétendant refuser la facilité.
02:19Pourquoi devrions-nous choisir entre le patron et l'ouvrier ?
02:22A encore lancé Marine Le Pen à Macron, oui, pourquoi choisir ?
02:25Peut-être pour fixer une ligne, mais pourquoi s'embêter à définir un programme économique
02:30quand on stratosphérise à 35% dans les sondages ?
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