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Dans son édito du 06/05/2026, Thomas Bonnet revient sur Emmanuel Moulin, potentiel prochain gouverneur de la Banque de France.

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Transcription
00:00Oui, alors ce n'est pas une surprise, le nom d'Emmanuel Moulin circulait déjà dans les cercles du pouvoir,
00:04il devrait donc atterrir à la Banque de France dans les prochaines semaines.
00:06Son profil semble cocher toutes les cases, conseiller économique sous Christine Lagarde,
00:11puis Nicolas Sarkozy ou encore Bruno Le Maire, il a affronté de nombreuses crises,
00:15il semble avoir le cuir épais pour faire face aux défis de demain.
00:18Ancien directeur du Trésor, certains lui reprochent néanmoins son rôle dans le dérapage des finances publiques
00:24et sur la variation entre les prévisions fiscales et budgétaires qui aura coûté quand même plusieurs dizaines de milliards d
00:30'euros.
00:30Mais c'est surtout son rôle de secrétaire général de l'Elysée qui est pointé du doigt dans le cadre
00:35de cette nomination
00:36parce que c'est encore un proche, parmi les proches, qu'Emmanuel Macron a choisi.
00:41Là encore, rien de nouveau sous le soleil, à une différence près Romain, le timing choisi pour cette nomination.
00:47Alors, l'actuel gouverneur de la Banque de France ne devait quitter son poste que l'année prochaine en réalité.
00:52Oui, le mandat de François Villeroy de Gallo courait jusqu'à la fin de l'année 2027.
00:56Autrement dit, son départ aurait pu permettre au prochain président ou à la prochaine présidente
01:00de choisir à ce moment-là un profil pour ce poste clé dans nos institutions.
01:05Or, de manière surprenante, le gouverneur de la Banque de France a annoncé sa démission plutôt que prévue.
01:10Officiellement, une décision qu'il a prise, je le cite, en totale indépendance.
01:14Dans les faits, difficile de ne pas y voir une manœuvre pour offrir au président de la République
01:18la possibilité de placer dans cette institution un fidèle avant de quitter l'Elysée.
01:23Après tout, il y a eu ces récits de réunion où Pierre Moscovici, ancien premier président de la Cour des
01:28comptes,
01:28où il appelait les dirigeants à quitter leurs fonctions pour justement permettre d'y nommer des personnalités
01:33censées verrouiller l'action du prochain locataire de l'Elysée.
01:36En réalité, la question, c'est celle de ce verrouillage possible des institutions par la Macronie
01:41à quelques mois de la présidentielle ?
01:43Oui, prise individuellement, ces nominations ne sont pas nécessairement scandaleuses.
01:48Mais à grande échelle, on constate le ballet parfaitement chorégraphié de la Macronie finissante
01:52qui place les copains avant de partir.
01:54C'est là aussi un usage de la Ve République entre renvoi d'ascenseur et récompense de la loyauté.
01:59Mais il y a cette fois-ci une teneur politique.
02:02L'idée selon laquelle il faudrait des garde-fous contre de possibles attaques illibérales
02:07de la part du prochain pouvoir, ça c'est la façon distinguée de présenter les choses.
02:11En réalité, il s'agit de restreindre les capacités du prochain président
02:14en limitant le plus possible son action dans un périmètre qui sera bien gardé.
02:19Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, Amélie de Mochalin à la Cour des comptes.
02:24Et voilà le prochain président qui devra composer avec ceux qui se vivent comme des contre-pouvoirs.
02:29Il y a cette petite musique de fond, celle qui accompagne le petit théâtre antifasciste.
02:32En clair, il faudrait tout mettre en œuvre pour limiter les possibilités d'action du RN
02:38en cas de victoire à la présidentielle.
02:40Et comme il s'agit du RN, tout le monde trouve ça très bien.
02:43On ne parle pas à ce moment-là de dérive illibérale comme on le fait pour Orban ou pour Mélanie.
02:47C'est le privilège du camp du bien.
02:49On peut verrouiller la démocratie et faire passer cela pour un acte de résistance par anticipation.
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