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  • il y a 1 heure
En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les décès ont été plus nombreux que les naissances en France. Dans ce contexte le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, Clément Beaune publie mardi une note détaillée sur la dénatalité en proposant des mesures, comme une bonification du congé de naissance, garantir un accès à un mode de garde. Clément Beaune, Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 05 mai 2026.

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Transcription
00:01L'invité d'RTL Soir
00:03Fini l'exception française, désormais comme nos voisins européens, nous ne faisons plus assez de bébés.
00:09Un quart de moins qu'il y a 15 ans, c'est vertigineux.
00:12Il va falloir au minimum s'adapter, au mieux tenter de redonner envie d'avoir des enfants.
00:17Notre grand invité d'RTL Soir a des pistes, c'est le haut commissaire au plan et à la stratégie.
00:22Bonsoir Clément Beaune.
00:23Bonsoir.
00:23Alors d'abord, votre constat n'est pas réjouissant, la natalité en France s'est effondrée.
00:27Alors on ne sait pas trop quel a été le déclic, pourquoi tout d'un coup la France est sortie
00:33de ce statut exceptionnel et a commencé à faire moins d'enfants ?
00:36C'est difficile à expliquer, mais c'est vrai que c'est un phénomène au moins européen, et même en
00:41réalité mondiale, dans la plupart des pays, même en Chine,
00:43on voit un décrochage démographique massif, donc on va devoir affronter ça et vivre avec cette réalité démographique.
00:50Ça affecte nos écoles, ça affecte le financement de nos retraites, donc c'est une nouvelle réalité qui va irriguer,
00:55j'espère, les débats politiques
00:56et les propositions, les actions des années qui viennent.
00:58C'est vrai qu'on vit encore dans l'idée parfois qu'il y a une exception française, on a
01:01tous entendu, appris, qu'il y avait une bonne natalité en France, qu'il y a une bonne démographie.
01:06Alors la bonne nouvelle, c'est qu'elle est un peu meilleure, cette natalité française, que ce qu'on voit
01:10en Allemagne, en Espagne, en Italie.
01:12La mauvaise nouvelle, c'est qu'elle est en dessous de ce qu'on appelle le renouvellement des générations,
01:15et qu'elle est en chute extrêmement rapide ces dernières années, puisque le nombre de naissances a à peu près
01:21reculé d'un quart cette année, l'an dernier, plus exactement, par rapport à 2010.
01:26Si je prends par exemple les écoles, ça se traduit très concrètement, c'est depuis 2010, 6 000 écoles maternelles
01:31et primaires
01:32qui ont fermé en France sur la question démographique à cause de la question démographique.
01:36Vous disiez, on est passé sous le seuil de renouvellement des générations, c'est 2,1 enfants par femme.
01:42Qu'est-ce qui se passe quand on passe sous ce seuil ?
01:44Le risque, c'est qu'on va avoir une décroissance de la population, ce qu'on appelle un solde naturel
01:50négatif.
01:50C'est ce qui est arrivé l'an dernier, c'est ça le choc français nouveau.
01:53Pour la première fois en 2025, depuis la libération, on a eu plus de décès que de naissances.
01:58Ça ne veut pas forcément dire que la population diminue tout de suite, parce qu'il y a aussi des
02:02arrivées, l'immigration.
02:03Et donc au total, la population française n'a pas diminué pour l'instant.
02:06Mais si cette tendance se maintient, il y aura une décroissance de la population,
02:10et ou des débats qui sont évidemment difficiles, politiques au sens large du terme,
02:15sur l'immigration économique, sur la retraite et le temps de travail au long de la vie
02:20pour financer le modèle social ou sur la productivité.
02:22Si on peut travailler plus et faire venir d'autres personnes, il faut produire plus chaque heure et chaque jour.
02:27Alors, pas le choix, il faut un réarmement démographique, je reprends l'expression du président.
02:31Oui, il faut affronter cette situation, pas comme si c'était une fatalité.
02:36Parce que d'abord, on l'a vu dans l'histoire, et parfois d'ailleurs c'est tout aussi imprévu,
02:39il y a des rebonds démographiques.
02:40Affronter, c'est même plus que ça, si on veut réharmer...
02:44Il faut en tout cas essayer d'inverser la courbe, on va le dire comme ça,
02:46et donc relancer la natalité, ça ne se décrète pas.
02:49Et ça ne marche pas non plus, c'est ce qu'on montre en cette étude,
02:51qui est très détaillée, qui fait des comparaisons européennes très précises,
02:54ça ne marche pas avec un chèque.
02:55Ce n'est pas un chèque qui fait un enfant.
02:56Là, vous faites référence à ce qu'a fait la Hongrie,
02:59qui a fait un énorme chèque à ses familles, pour qu'il y ait des bébés.
03:02Plein de chèques, beaucoup de chèques, des réductions d'impôts.
03:04Ça n'a pas marché.
03:06Ça, si on est honnête, un tout petit peu marché au début.
03:08Il y a eu sans doute un effet de nouveauté, d'accompagnement.
03:11Et puis en réalité, assez vite, la tendance est repartie à la baisse,
03:15et la Hongrie est un des pays en Europe aujourd'hui qui a toujours, malgré tout ça,
03:18une des plus mauvaises démographies, une des plus basses natalités.
03:21Donc ce n'est pas le chèque.
03:22Ce qui semble fonctionner, on regarde la Suède, on regarde l'Allemagne,
03:25qui a fait des efforts ces dernières années,
03:27c'est l'accompagnement des parents dans leur projet d'enfant.
03:30C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a encore un désir d'enfant
03:32qui est plus important que le nombre moyen d'enfants qu'on a dans les familles.
03:35Donc ça veut dire que si on allège un peu les contraintes,
03:37alors c'est certes un peu les allocations, les finances quand même,
03:40mais c'est surtout l'accès au logement,
03:41c'est aussi l'accueil de l'enfant, la garde, la garde de l'enfant, la crèche.
03:45Vous voulez même garantir un droit à une place en crèche,
03:49ou une place en garderie, je ne sais pas, à l'âge d'un an, c'est possible ça ?
03:52Alors c'est un service public de la petite enfance, ça a été annoncé, engagé,
03:56ça s'est amélioré ces dernières années,
03:57mais on manque encore effectivement de solution de garde.
03:59Vous voulez dire que ça a été promis, ça n'a pas été tenu, c'est ça que vous dites
04:01?
04:01Alors ça s'est amélioré, donc à blanc ou noir.
04:03Mais on n'est pas encore, on n'est pas au 100% place en crèche,
04:07on le vit, on le sait, pour toutes celles et ceux
04:09qui voudraient avoir une place en crèche pour leur enfant.
04:11Et en plus, c'est assez inégalitaire,
04:12parce que quand on regarde, c'est plutôt les familles aisées
04:14qui ont accès de fait à la crèche,
04:16que les familles les plus pauvres,
04:18qui ne sont que 20% pour les familles qui sont en dessous du seuil de pauvreté,
04:21à avoir accès en pratique à la crèche.
04:23Et puis vous dites aussi que l'autre critère,
04:25c'est en quelque sorte la sécurité dans sa carrière,
04:29dans l'évolution de sa carrière,
04:30et ça, ça concerne avant tout les femmes.
04:31Bien sûr, il faut tendre le cou à l'idée
04:34que si vous revenez à la famille traditionnelle,
04:37en gros, et vous dites,
04:38on va vous faire un chèque pour avoir des enfants
04:40ou empêcher les femmes de travailler,
04:42ça va créer de la natalité.
04:43C'est pas vrai.
04:44D'ailleurs, c'est pas ce qu'on veut, mais c'est pas vrai en plus.
04:46Et ce qu'on voit, c'est que toutes les politiques qui marchent le mieux,
04:48c'est les politiques de liberté.
04:49C'est les politiques, justement, qui allègent les contraintes.
04:51Et ce qui marche bien, on le voit en Suède notamment,
04:53c'est quand vous avez un congé à la naissance,
04:55qui n'est pas trop long,
04:57pour ne pas écarter les parents,
04:58notamment les mères du marché où ils travaillent trop longtemps,
05:00bien rémunérés,
05:02c'est-à-dire qu'un bon taux de remplacement,
05:03et puis partagés entre les parents.
05:06C'est bien pour les enfants, si je puis dire,
05:08parce que ça équilibre entre le père et la mère, notamment,
05:10mais c'est bon aussi pour les femmes
05:12et pour la capacité qu'elles auront à retrouver
05:14quand elles le voudront, une activité professionnelle.
05:16Alors, ça tombe bien, parce que justement,
05:18on va en avoir un, à partir du 1er juillet,
05:21ce congé supplémentaire de naissance.
05:23Alors, d'abord, je rappelle ce qu'il existe déjà.
05:25Il y a les 16 semaines de congé maternité pour la mère.
05:29Il y a le congé paternité de 28 jours.
05:32Qui a été doublé ces dernières années.
05:33Voilà, exactement.
05:34Et il y a un congé parental d'éducation
05:36qui peut durer jusqu'à 3 ans pour l'un ou l'autre des parents.
05:38Et donc, à partir du 1er juillet,
05:40le congé supplémentaire de naissance,
05:42en quoi consiste-t-il et pourquoi c'est si bien ?
05:45Alors, ça, ça va dans la bonne direction
05:46parce que ça va permettre, justement,
05:48au-delà du congé maternité ou paternité,
05:51d'avoir un mois ou deux mois par parent,
05:54s'il le souhaite,
05:56pour être là et s'organiser,
05:58notamment si on veut attendre une place en crèche
06:00ou si on doit attendre une place en crèche,
06:01les premières semaines, les premiers mois,
06:03avec son enfant.
06:04C'est ce qui marche bien, je le redis,
06:06dans les autres pays européens.
06:07Et vous, vous voulez même qu'il passe à 3 mois ?
06:09Il n'est pas encore entré en vigueur à 2 mois
06:12que vous voulez déjà le passer à 3 mois ?
06:13C'est une bonne nouvelle, tant mieux,
06:14on va voir ses effets.
06:15Ce qu'on dit surtout,
06:16c'est que ce qui serait bien,
06:17c'est d'avoir une sorte de bonus
06:18où quand les deux parents
06:21prennent quelques semaines,
06:22un mois ou deux mois,
06:23pour ce congé de naissance,
06:24on incite avec un mois supplémentaire,
06:26en quelque sorte,
06:27dès lors que ce n'est pas seulement
06:28un des deux parents,
06:30souvent la mère en pratique,
06:31qui a fait ce congé,
06:33si c'est partagé,
06:34on incite,
06:35notamment les pères,
06:36à prendre ce congé
06:37en donnant un mois supplémentaire.
06:38Donc, en gros,
06:38vous avez un mois de plus à 2
06:39si vous avez partagé ce congé.
06:42C'est une idée,
06:43mais c'est ce qu'on voit,
06:44notamment en Suède,
06:45quand c'est partagé
06:46entre le père et la mère,
06:47ou entre les deux parents en tout cas,
06:48c'est bon pour l'enfant,
06:49et c'est bon pour le retour
06:50sur le marché de l'emploi,
06:51et c'est même bon pour la natalité.
06:52C'est vraiment le secret
06:54d'établir cet équilibre
06:56homme-femme-père-mère
06:57qui n'est pas réel aujourd'hui ?
06:59Oui, parce que ce qui souvent fait
07:01que vous n'avez pas
07:01premier enfant ou d'autres enfants,
07:03c'est des choses très concrètes,
07:05le logement en ville, c'est cher,
07:06l'accès à la crèche,
07:08on l'a dit,
07:08mais aussi les premières semaines
07:09ou les premiers mois,
07:10vous avez besoin d'être accompagné.
07:11Il vaut mieux avoir un congé plus court,
07:13mais bien rémunéré.
07:13J'insiste sur ce point
07:14parce qu'on a vu que
07:15dans les exemples qui marchaient,
07:16qui soutenaient la natalité,
07:17c'était clé.
07:18Alors, on pense à l'équilibre homme-femme,
07:20mais aussi et surtout
07:20à l'équilibre des retraites,
07:22et vous l'avez évoqué tout à l'heure,
07:23à quel moment,
07:24avec cette chute de la natalité,
07:26le système va exploser ?
07:28Les jeunes générations
07:29ne pourront plus payer
07:30les retraites des plus âgés ?
07:32Ça ne se fait pas d'un coup,
07:32mais la tendance est déjà lancée.
07:34Si on fait des réformes des retraites
07:35dans tous les pays,
07:36ce n'est pas pour embêter les gens.
07:38C'est parce qu'il faut financer
07:39le modèle social.
07:40Donc, il faut être honnête,
07:40soit on veut avoir
07:42un modèle social
07:43moins bien financé,
07:44moins généreux,
07:45soit on veut qu'on garde
07:46notre protection
07:47en matière de maladie,
07:48de la sécurité sociale,
07:49et je crois qu'on y tient.
07:50Il faudra, c'est certain,
07:52travailler plus longtemps.
07:55C'est ça,
07:55ça relance aussi
07:57la réforme des retraites
07:58avec un reculage.
07:59Vous ne pouvez pas fermer
07:59toutes les portes à la fois.
08:00C'est-à-dire, si vous ne voulez pas
08:01faire de la productivité
08:02avec robotisation,
08:03etc.,
08:04ni travailler plus longtemps
08:05avec la retraite,
08:06ni accepter l'immigration économique,
08:08vous avez un problème mathématique.
08:09On peut vouloir privilégier
08:11une piste ou une autre.
08:12Ce que je dis,
08:13c'est qu'on ne peut pas fermer
08:14ces trois totems
08:15ou ces trois portes à la fois.
08:16C'est donc à ça que sert
08:17un haut-commissaire au plan ?
08:18On essaie de mettre des idées
08:19du temps long
08:20dans le débat,
08:21au-delà de l'actualité.
08:22Il y a des urgences.
08:22Et puis nous,
08:23notre mission depuis 1946,
08:25ça ne date pas de mois,
08:26ça a été créé par...
08:30Voilà, de faire...
08:31Je crois que ces propositions,
08:32elles sont utiles.
08:32On a évalué...
08:32Qu'elles vont-elles devenir, d'ailleurs ?
08:34Comment ?
08:34Qu'elles vont-elles devenir ?
08:35J'espère qu'elles vont être utilisées.
08:37Je vous prends un exemple
08:37très concret.
08:38On a publié des choses
08:39dans un autre domaine
08:39sur l'accélération
08:41des projets d'infrastructure
08:42il y a quelques mois,
08:44début de l'année.
08:45Ça a nourri notamment
08:46les annonces
08:46qu'a faites le président
08:47sur les fameux projets Notre-Dame
08:48pour accélérer.
08:49Vous étiez candidat
08:50sur la liste de Pierre-Yves Bournazel
08:51aux élections municipales à Paris.
08:53Vous avez appelé à voter
08:54Emmanuel Grégoire au second tour.
08:55Ça vous situe où aujourd'hui ?
08:57Moi, je crois que je suis assez constant.
08:59Je suis un social-démocrate,
09:00pro-européen.
09:02Je viens de la gauche.
09:03Je ne renie pas du tout
09:04cet héritage et cette culture,
09:05ces valeurs.
09:06J'ai en revanche
09:07toujours été très clair
09:08et jamais soutenu une gauche
09:09qui s'allierait
09:10ou serait complice de LFI.
09:12C'est pour ça que j'ai combattu
09:13le nouveau Front populaire.
09:14Et je suis dans un parti du centre
09:16auquel j'appartiens toujours
09:17parce que je me suis engagé
09:17avec Emmanuel Macron
09:18en venant de ce monde-là,
09:20de cette gauche
09:20à laquelle je tiens.
09:22Et j'essaye de défendre
09:23des idées,
09:24des valeurs,
09:25des propositions,
09:26là je ne parle pas
09:27en tant que haut-commissaire
09:27mais à titre personnel,
09:28qui sont cohérentes.
09:30Tim Attal ou Tim Philippe ?
09:31Écoutez, on verra
09:32ce qui se passe.
09:33Moi, j'ai un parti
09:34en partie qui est dirigé
09:35par Gabriel Attal
09:36mais on est dans une circonstance
09:37très particulière
09:38où il faudra,
09:38mais tout le monde le dit d'ailleurs,
09:40y compris, je crois,
09:41et Gabriel Attal
09:41et moi-Philippe,
09:42s'unir avec des idées.
09:44J'insiste là-dessus
09:45parce qu'il ne s'agit pas
09:46simplement de se réunir
09:47et puis de faire
09:48une sorte de pacte.
09:49Il faut des idées.
09:50C'est ça qui convaincra
09:51et qui permettra
09:55dans un instant,
09:56on retrouve la bande
09:57d'RTL Soir,
09:58la tentation du soir.
09:59C'est le nouvel épisode
09:59des aventures du consul
10:01de Jean-Christophe Ruffin.
10:02Le petit phénomène,
10:03c'est une grande soirée,
10:05celle du Met Gala.
10:06Et puis,
10:06l'info qu'on a failli rater,
10:07c'est la nouvelle tenue
10:08autorisée dans les bureaux japonais.
10:10Le short,
10:11à tout de suite.
10:17Merci d'écouter RTL.
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