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00:00Noémie Philippot, ils vont dire leur colère dans les rues de Grenoble.
00:02Parents d'élèves, enseignants, AESH manifeste aujourd'hui contre les fermetures de classes
00:08envisagées pour la rentrée prochaine, 16 rien qu'à Grenoble.
00:11On en parle avec Émilie Baba, bonjour.
00:14Bonjour.
00:14Vous êtes AESH, donc accompagnante d'élèves en situation de handicap
00:18et représentante du syndicat FSU SNUIPP.
00:21Pourquoi ces fermetures de classes sont si problématiques selon vous ?
00:25Eh bien, tout simplement par rapport au nombre d'élèves qui se retrouvent ensuite par classe.
00:32Voilà, tout simplement.
00:33Là, il faut savoir qu'on arrive en moyenne, dans l'agglomération grenobloise,
00:38je vous dis une moyenne de 26 élèves par classe.
00:42Ensuite, à savoir dans les secteurs REPREP+, les classes sont quand même dédoublées.
00:48Donc, secteur d'éducation prioritaire ?
00:50Oui, moi je travaille en éducation prioritaire,
00:52donc on arrive sur des moyennes entre 15 et 20 élèves par classe,
00:55mais si on ferme des classes, malheureusement, on ne pourra plus atteindre ces niveaux
00:59et ils sont déjà quand même assez nombreux par classe.
01:02Parce que l'argument du rectorat, en fait, c'est de dire qu'il y a une baisse démographique,
01:06une baisse du nombre d'élèves, alors est-ce que ça ne s'équilibre pas finalement ?
01:10Nous, on ne trouve pas que ça s'équilibre,
01:12tout simplement pour le bien de l'enfant, pour l'apprentissage,
01:15parce que moins il y a d'élèves, plus l'enseignant est disponible pour les élèves
01:19et forcément, l'apprentissage peut se faire moins bien.
01:24Donc, la fermeture de classes, c'est synonyme, selon vous,
01:27de dégradation des conditions d'apprentissage avec trop d'élèves malgré tout dans les classes ?
01:32Tout simplement et également aussi, forcément, des suppressions de postes derrière.
01:36Donc, il faut savoir qu'il y a des gens derrière qui vont subir ces suppressions de postes.
01:41Est-ce que vous avez des chiffres à nous donner sur Grenoble,
01:44peut-être un peu plus largement sur l'ISER ?
01:45Alors, moi, malheureusement, je n'ai pas forcément tous les chiffres en tête,
01:48mais voilà, nous, je sais que Grenoble, on est quand même pas mal touchés
01:51par ces suppressions de postes,
01:52donc ça reste inquiétant pour la suite, en fait, tout simplement.
01:56Une pétition contre ces fermetures de classes a recueilli plus de 1000 signatures en ligne.
02:02J'imagine que ça en dit long sur la préoccupation,
02:04notamment des parents d'élèves qui vous soutiennent.
02:06Il y a déjà eu plusieurs mobilisations à Grenoble.
02:09Oui, tout à fait.
02:09Les parents d'élèves nous soutiennent depuis le début, depuis l'année dernière.
02:13Vraiment, là, on les remercie, d'ailleurs, parce que sans eux,
02:17les manifestations ne pourraient pas se faire vraiment entièrement.
02:23Donc ça, on les remercie vraiment pour leur soutien.
02:25Ils nous soutiennent également quand on fait grève,
02:27quand on ferme les écoles, quand on ne peut pas accueillir leurs enfants.
02:29Donc ça aussi, on tire à leur dire merci.
02:33Ensuite, il faut savoir que, malheureusement, c'est compliqué.
02:39Ensuite, tout ce qui se passe, en fait, derrière, reste compliqué.
02:447h48, une colère qui va s'exprimer dans les rues de Grenoble.
02:47Et nous en parlons ce matin avec Émilie Baba, AESH,
02:51et représentante également du syndicat FSU,
02:53qui répond à vos questions, Noémie Philippot.
02:55Votre souhait, c'est de maintenir le même nombre de classes,
02:58mais est-ce qu'il y a assez d'enseignants en face pour assurer toutes ces classes ?
03:03Alors, pour le moment, il y a assez d'enseignants,
03:05mais ce qui reste aussi problématique, malheureusement,
03:07c'est qu'il y a de moins en moins d'enseignants.
03:10Le concours n'attire plus comme il a tiré auparavant.
03:13Donc il y a un gros problème également au niveau des remplaçants.
03:17Donc il y a de moins en moins de remplaçants.
03:18Donc ça devient un petit peu compliqué, mais pour le moment, ça se maintient.
03:22On parle des enseignants, mais on parle aussi de votre profession,
03:25celle d'AESH, donc accompagnante d'élèves en situation de handicap.
03:30Il y a un an, déjà, vous étiez mobilisée pour demander des moyens supplémentaires
03:34spécifiquement pour ces élèves en situation de handicap.
03:37Si vous vous remobilisez aujourd'hui, on imagine qu'on en est toujours un peu au même point ?
03:41Alors, on prend les mêmes et on recommence, tout simplement.
03:45Il n'y a absolument rien qui a changé pour nous, les AESH.
03:49Malheureusement, nos conditions de travail n'ont pas du tout évolué,
03:52vont continuer à s'empirer.
03:53J'ai envie de vous dire si malheureusement, rien n'est fait.
03:56Nous n'avons toujours pas accès aux formations.
03:58Nous nous demandons tout simplement des formations sur nos temps de travail
04:00et non pas sur nos temps personnels, ce qui paraît un peu logique.
04:04Rien.
04:05Le statut, non.
04:07Notre ministre de l'Éducation, il n'y est pas favorable,
04:11malgré des groupes de travail qui ont été mis en place,
04:13mais aucune avancée de ce côté-là.
04:15Les salaires, c'est pareil, il faut savoir qu'on est quand même la deuxième profession de l'éducation nationale
04:21et nous sommes quand même les moins bien payés.
04:23Nous vivons sous le seuil de pauvreté, malheureusement.
04:25Et les enfants que vous accompagnez, ces élèves en situation de handicap
04:29qui sont inclus dans les classes classiques, pour le dire très simplement,
04:34ils bâtissent d'autant plus des fermetures, des effectifs qui peuvent augmenter ?
04:37Oui, bien sûr, malheureusement, ce sont ces enfants-là qui vont subir des conseils
04:41quand ça s'éclaire en premier, parce qu'il y a des conditions déjà qui se dégradent
04:45au sein des écoles, mais ces enfants-là sont encore plus fragiles,
04:49ressentent encore plus les difficultés.
04:51S'il n'y a pas d'AESH à côté, alors là, d'autant plus vous dire
04:54que c'est encore plus difficile pour cet élève-là.
04:57Il y a des enfants, malheureusement, qui ne dépendent que d'AESH,
05:00qu'on ne peut même pas accueillir sans les AESH.
05:02En fait, c'est très, très, très difficile.
05:05Merci beaucoup, Émilie Baba, pour ce point de situation.
05:09Alors que les enseignants, les AESH, les parents d'élèves se mobilisent aujourd'hui
05:13pour dénoncer notamment les fermetures de classes,
05:15mais on l'entendait plus largement pour demander plus de moyens pour l'éducation.
05:20Je rappelle qu'une manifestation doit partir à 14h de la place de Verdun à Grenoble.
05:24Merci à vous.
05:25C'est ça, merci à vous.
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