00:00Et à l'occasion de l'épreuve pour le concours Meilleur Ouvrier de France à Grenoble,
00:03Noémie Philippot, nous nous intéressons à l'apprentissage ce matin.
00:06Et pour en parler, on reçoit Christian Rostin, président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de l
00:10'ISER.
00:10Bonjour.
00:11Bonjour.
00:12On s'est glissé ce matin dans les coulisses de ce concours Moff Cuisine au lycée Lédiguerre,
00:17mais cette distinction existe dans de nombreux métiers.
00:20Est-ce que c'est un titre qui fait rêver des jeunes et qui attire aujourd'hui ?
00:24C'est plus qu'un titre, c'est quand même une reconnaissance d'un parcours.
00:28Meilleur Ouvrier de France, c'est quand même l'excellence, c'est des ambassadeurs.
00:32À ce niveau-là, on peut même parler de grands sportifs.
00:35Pourquoi ? Parce qu'il y a quand même une préparation.
00:37Ça ne se fait pas comme ça.
00:39Il y a une préparation, il y a quand même des gestes à avoir et des gestes à maîtriser.
00:47Et est-ce que cette excellence, justement, ce prestige, ça donne envie à des jeunes de se lancer dans les
00:52différentes filières
00:53dans lesquelles on peut prétendre à cette distinction ?
00:56Oui, parce que les meilleurs ouvriers de France, en principe, ils sont beaucoup médiatisés.
01:02Donc automatiquement, ça parle d'une branche, un métier.
01:05L'artisanat, c'est 250 métiers.
01:07Donc automatiquement, vous avez une voie d'excellence.
01:09Vous avez les métiers d'art qui y vont.
01:11Vous avez la restauration.
01:13C'est magnifique.
01:15C'est vrai qu'on parle beaucoup des métiers de bouche quand on pense meilleur ouvrier de France.
01:18Mais ça existe, vous l'évoquiez, dans plein d'autres métiers d'artisanat, finalement.
01:23Oui, vous avez 250 métiers.
01:25Vous avez un métier d'art, mais vous avez le bâtiment.
01:27On n'y penserait pas.
01:27Mais vous avez des personnes dans le bâtiment qui sont dans le patrimoine vivant.
01:32Ils font des choses excellentes.
01:34Et ils travaillent pour des monuments historiques.
01:36C'est vraiment le gros niveau.
01:38On parle là de métiers auxquels on se forme via l'apprentissage.
01:42Comment se portent ces formations en ce moment ?
01:45Alors, l'apprentissage, on est un peu dans une période de tension.
01:48Pourquoi ?
01:49Parce qu'on a des baisses de coût contrat.
01:52On a des CFA, des centres de formation d'apprentis,
01:56où il est difficile de faire venir un peu des jeunes.
01:59Malgré tout, on arrive quand même à tenir un haut niveau.
02:02Et pour cela, l'apprentissage, ça leur permet aussi d'accéder à Meilleur Apprenti de France.
02:07C'est déjà aussi une étape qui les prépare à aller un peu plus loin.
02:11Donc, c'est une voie à la limite où 90% des apprentis trouvent un job au bout de trois
02:17mois.
02:17Alors, pourquoi c'est difficile de les attirer dans les centres de formation ?
02:20Parce qu'on a encore une image de l'apprentissage qui est un peu compliquée.
02:24On oublie de dire quand même que l'apprentissage, c'est un contrat de travail.
02:27Ce n'est pas un stage.
02:29Ce qui veut dire que pour le jeune, c'est aussi compliqué de se mettre en contrat de travail.
02:37C'est un autre état d'esprit.
02:38Ça demande des devoirs, des choses à réaliser.
02:41Et donc, tout ça, c'est intéressant pour lui.
02:447h48, l'apprentissage.
02:45Justement, nous en parlons ce matin avec Christian Rostin, président de la Chambre des Métiers de l'Artisanat de l
02:49'ISER
02:49à l'occasion de l'épreuve pour le concours Meilleur ouvrier de France qui s'est tenu à Grenoble.
02:53Vous parliez de l'image de l'apprentissage finalement qui fait que certains jeunes hésitent encore à se lancer.
02:58Mais il y a aussi des questions budgétaires que vous évoquiez.
03:01Le président de la République, Emmanuel Macron, s'était dit très favorable, avait annoncé un certain nombre de mesures.
03:06Aujourd'hui, on n'est plus dans la même situation au niveau budgétaire pour soutenir l'apprentissage ?
03:12On est arrivé à un point que quand le président de la République a annoncé qu'il était pour l
03:17'apprentissage et qu'il voulait mettre en valeur,
03:18on a multiplié par trois l'apprentissage. De 300 000, on est parti à 800 000.
03:26Automatiquement, ce flux de jeunes a été important et a eu un coût.
03:30Mais il ne faut pas non plus le prendre pour un coût. La jeunesse, c'est un investissement.
03:35Des jeunes qui rentrent dans l'apprentissage, c'est des jeunes qui vont...
03:38Alors, on ne pourrait pas parler de cotisation, mais c'est quand même des gens qui vont s'impliquer dans
03:42une vie de travail,
03:44dans un métier qu'ils ont choisi, en principe,
03:46ou alors, s'ils ne l'ont pas choisi, ils peuvent basculer sur un autre métier.
03:50Ce n'est pas une voie de garage, l'apprentissage.
03:52Vous pouvez vous tromper et partir sur une autre filière d'excellence.
03:55Est-ce qu'il y a des formations, des métiers dans lesquels vous avez particulièrement de mal à recruter aujourd
04:00'hui ?
04:02Alors, c'est cyclique. On a des fois... En ce moment, oui, c'est la charcuterie.
04:08On a des bouchées dans le...
04:11Mais pas de charcutier.
04:12Mais charcutier, c'est un peu plus compliqué.
04:15Pourquoi ?
04:15J'imagine qu'on n'a pas forcément trop d'explications et que c'est tout un travail aussi
04:20pour continuer de valoriser ces filières et d'aller chercher des candidats ?
04:23Disons que les bouchées ont bien amélioré aussi leur image de marque.
04:27Ils ont travaillé soit avec des viandes locales, ils amènent une compétence,
04:31ils ont fait en sorte de, comment dirais-je, de remettre leur métier au goût du jour.
04:39La charcuterie, ça peut des fois se dire, c'est quoi la charcuterie ?
04:43Qu'est-ce que je vais préparer ?
04:45Pour certains, à la limite, ou certaines, ça peut être...
04:48On peut se dire que c'est compliqué, ou ça va être dégradant, ou c'est peut-être salissant.
04:53Mais non, la charcuterie, c'est quand même aussi notre fleuron national.
04:56Je rappelle qu'au niveau gastronomie, on est quand même bien placé.
04:59Il faut garder cette place.
05:01Et on entend donc qu'il y a beaucoup de questions, d'images autour de ces différents métiers,
05:05autour de l'apprentissage en lui-même.
05:07Merci beaucoup, Christian Rostin, d'être venu discuter de ces filières avec nous.
05:12Je rappelle que vous êtes président de la Chambre des métiers et de l'artisanat de l'ISER.
05:14Bonne journée.
05:15Merci à vous.
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