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Regardez Ils refont la France avec Vincent Parizot du 01 mai 2026.
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00:07On adore écouter nos amis étrangers, les correspondants en France de grands médias européens
00:14poser leur regard, leur diagnostic sur notre actualité et nous aider à comprendre comment on fonctionne.
00:22Parfois un petit peu bizarrement, notamment en ce 1er mai.
00:26Je suis ravi d'accueillir dans cette émission des journalistes venus du Portugal, d'Espagne, d'Italie et de Norvège.
00:32Bonsoir, Vibge Knoup.
00:34Bonsoir.
00:35Correspondante de la presse norvégienne.
00:37Bonsoir, Alberto Toscano.
00:39Buonasera et buon primo maggio.
00:41Voilà, alors, journaliste italien auteur et je l'espère ce soir un peu chanteur.
00:47Bon, on verra ça là.
00:49Bonsoir, Juan Rosé Dorado.
00:51Hola, buenas tardes Vicente, buenas tardes a todos.
00:53J'adore.
00:54Journaliste espagnol à Paris, Juan Rosé.
00:57Et bonsoir, Nana Voro.
00:59Buona noite, parce que j'ai quasi noit.
01:01Eh ben voilà, vous l'avez compris.
01:03Journaliste correspondante pour la presse portugaise.
01:07Merci à vous quatre d'être avec nous pour cette émission réalisée en collaboration,
01:13comme toujours, avec Courrier International.
01:16RTL.
01:17Ils refont la France.
01:18Avec Vincent Parizeau.
01:20Le gouvernement a dit qu'il faisait Paris de l'intelligence collective.
01:23Franchement, ce serait un scandale s'il y avait des verbalisations qui étaient mises
01:27par des inspecteurs du travail aujourd'hui sur des boulangers et des fleuristes.
01:30Tant mieux si on va tous soutenir aujourd'hui nos boulangers, nos fleuristes en cette journée importante.
01:34Voilà, Gabriel Attal, c'est d'ailleurs celui qui a allumé la mèche il y a environ trois semaines,
01:38en se filmant avec des croissants dans une boulangerie.
01:42Quelle histoire que celle de ce 1er mai 2026, avec un gouvernement qui veut tout d'abord
01:48faire passer un texte de loi mi-avril pour être applicable tout de suite et pour que
01:53certaines professions puissent travailler et faire travailler le 1er mai, avant de
01:57renoncer sous la pression de la gauche et pour finalement renoncer sans renoncer, en
02:02assurant une modification pour l'année prochaine en 2027 et en promettant que cette année,
02:07s'il y a des contrôles, voire des verbalisations, le gouvernement passera l'éponge.
02:11Autrement dit, c'est interdit, mais on vous l'autorise.
02:15Et d'ailleurs, le Premier ministre, il a mis tout cela en scène d'une certaine manière
02:21puisqu'il a téléphoné à un boulanger qui avait été contrôlé en lui disant
02:26« Ne vous inquiétez pas, si vous êtes verbalisé, vous ne payez rien. »
02:29Bienvenue en Absurdi, bienvenue en France mes amis.
02:33Qu'est-ce que vous en pensez ?
02:34La France est un pays heureux, heureux le pays qui avec tout ce qui se passe dans
02:39le monde aujourd'hui, les guerres, les massacres, les problèmes économiques, peut se poser
02:45le problème du Muguet, le problème du 1er mai, le problème d'un boulanger qui va travailler
02:52sans travailler en travaillant, le problème d'un ancien Premier ministre qui fait de cette
02:58histoire du 1er mai, la grande urgence nationale.
03:04Franchement, heureuse la France d'aujourd'hui qui peut s'en ficher de ce qui se passe dans
03:09le monde et se concentrer sur son nombril qui a la forme d'un Muguet.
03:14J'ajouterais même plus que tout le monde en France s'est ajouté avec une gourmandise
03:19évidente sur cette affaire médias, syndicats, hommes politiques, hommes et femmes politiques.
03:25C'est quelque chose qu'on connaît bien, ce déchirement sur une affaire comme celle-là
03:31qui est un peu ubuesque, un peu obscure, chacun en rajoute quelque chose.
03:35Vous êtes chez vous là.
03:36Ah oui, c'est ce que j'allais dire.
03:38Et vous êtes nostalgique.
03:39On aime les débats.
03:39Et vous êtes nostalgique de ce monde-là.
03:42Et donc évidemment que c'est un petit bonheur gratuit qu'on s'offre en France.
03:46C'est peut-être quand même pousser un peu loin le principe de la tempête dans le
03:49verre d'eau.
03:49C'est-à-dire que là, quand même, on y va fort dans le débat qui ne mène pas à
03:53grand-chose.
03:54On y va très fort et puis on voit des choses quand même assez étonnantes.
03:59Je pense en particulier au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour ne pas le nommer,
04:05chômé, qui a en quelque sorte enfilé son bleu de travail, qui défend, lui, le caractère
04:12chômé de ce qu'il appelle le Noël des ouvriers.
04:16Il invoque la mémoire des humbles, la tradition industrielle et ouvrière et même les manifestants
04:23morts pour l'amélioration de leurs conditions sociales.
04:27Et là, il fait référence à quelque chose de très grave qui s'est passé le 1er mai
04:331891 à Fourmis, dans le Nord, où il y a eu un bain de sang après l'arrestation
04:38de 4 ouvriers qui manifestaient et il y a eu 10 morts et 30 blessés.
04:45Donc, il fait pleurer dans les chômères quand même.
04:47Oui, c'est ça.
04:48Il y a une mise en scène politique aujourd'hui, tous azimuts, autour de ce 1er mai.
04:55Mais à l'arrivée, sur le fond quand même, est-ce que ça ne peut pas vous paraître
05:01un petit peu étonnant, choquant, qu'un Premier ministre dise « Ok, c'est interdit,
05:06mais vous pouvez le faire quand même ».
05:07C'est un pays, la France est un pays des paradoxes et des contradictions.
05:10C'est justement l'exemple que vous venez de donner.
05:12Un Premier ministre qui vous dit « Surtout, ne suivez pas la loi ».
05:15Alors, c'est complètement absurde.
05:18Après, c'est un débat qui est très franco-français, parce que dans d'autres débats européens,
05:23ce débat n'existe pas.
05:25Ce que les Espagnols, j'ai posé des questions aujourd'hui à mes confrères en Espagne,
05:29parce que vous avez quand même quelque chose de magnifique,
05:32surtout pour ceux qui sont dans la presse écrite, c'est qu'il n'y a pas de journaux.
05:36En Espagne, il y a des journaux, le 1er mai.
05:39Nous, les journalistes, on devrait faire greffe au lieu de travailler le 1er mai.
05:44Vous, vous ne travaillez pas, pas vous, monsieur.
05:45Non, mais on travaille le 1er mai pour les journaux qui sortent le 2 mai.
05:48Le 2 mai.
05:49Mais c'est vrai qu'il n'y a pas de journaux datés 1er mai qui auraient dû être faits
05:54le 30 avril.
05:56Donc, ce que je veux dire par là, c'est qu'en Espagne, on ne se pèse pas, on ne
05:59se pose pas.
05:59Effectivement, on travaille et on est tous à travailler ici.
06:01Voilà.
06:02On a ce qu'on appelle des récups.
06:04Bien sûr, en Espagne aussi.
06:06Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'imaginez que nous avons découvert
06:10que les boulangeries ne sont pas un service essentiel.
06:15En France, en Espagne, c'est un service essentiel.
06:18Les boulangeries sont ouvertes toute l'année.
06:22Ça, on l'a découvert en regardant ce débat français.
06:23Et ça nous rappelle d'ailleurs au grand débat sur les premières c'est essentiel au moment du Covid, d
06:27'ailleurs.
06:27Donc, voilà.
06:28C'est un pays des contradictions.
06:29C'est un pays des paradoxes.
06:31Mais vous oubliez aussi qu'il y a quelques années, étant M. Macron ministre de l'économie,
06:38il a poussé la réforme de la loi du travail et les dimanches chômés ont pratiquement disparu.
06:45Et ça, c'est aussi la France.
06:46Oui, parce qu'en plus, en cette période préélectorale, on voit bien aussi que tous les hommes ou femmes politiques
06:54qui mettent en avant la valeur travail, et visiblement, Gabriel Attal s'est emparé de ce sujet,
07:03on va dire, font du 1er mai une sorte de totem à découper en rondelles.
07:13Un totem ou totem à découper.
07:14Parce que l'idéologie a un rôle toujours fondamental dans tout débat politique français.
07:19Mais imaginons ce qui se passera dans un an.
07:22Parce que dans un an, on sera en pleine période des élections présidentielles,
07:26dont le 1er tour sera juste avant le 1er mai,
07:29et on débattra, qu'est-ce qu'on va faire le 1er mai ?
07:32Le 2er tour sera à cheval du 1er mai,
07:37dont le 1er mai, on débattra.
07:38Donc l'élection présidentielle, qui sera un moment pour débattre des vrais problèmes du pays et du monde,
07:45sera en partie consacré, le débat sera en partie consacré
07:49à une chose qui, sincèrement, a vraiment très peu d'importance.
07:54Anna ?
07:55En réalité, je rapproche aussi tout à l'heure,
07:57je parlais d'un ton léger, mais plus profondément,
08:00et venant d'un pays qui a connu une crise,
08:01et qui a connu beaucoup de mesures prises dans ce sens,
08:04une crise que la France commence à traverser,
08:06à l'identique,
08:08je rapproche cette histoire du 1er mai,
08:10des tentatives de supprimer des jours fériés en France.
08:15C'est ce qui s'est passé au Portugal pendant la crise,
08:17on a eu 4 fériés supprimés,
08:18qui ont été remis une fois qu'en 2015, en 2016.
08:22Une fois qu'on avait passé la crise.
08:23Une fois qu'on avait passé la crise, oui.
08:25On a rétabli 4 jours fériés,
08:26et ça c'est intéressant,
08:28on vous a supprimé 4 jours fériés,
08:32et c'est passé, comme on dit, crème ou pas ?
08:34Non, c'est pas passé crème,
08:35mais à l'époque on était sous la férule du prêt,
08:38et donc de l'Europe,
08:39et du FMI, du Fonds Monétaire International.
08:41On avait un mémorandum,
08:43on ne pouvait appliquer que cela,
08:45et les Portugais sont très disciplinés.
08:47En France, ça se passerait différemment, à mon avis.
08:49Mais c'est cela que je vois,
08:53c'est des réformes du travail,
08:55en ce jour des droits des jours des travailleurs,
08:57j'attire aussi l'attention,
08:59c'est la Grèce qui autorise les journées de travail
09:01de 12 heures,
09:02c'est l'Argentine qui réforme sa loi du travail,
09:09et qui autorise même des entreprises
09:11à payer les salariés en nature,
09:13en aliments,
09:14et qui autorise des journées de travail
09:16de 12-13 heures aussi.
09:18Donc, il y a une investie à ce niveau,
09:20et effectivement,
09:22je rapproche un petit peu cette histoire
09:24du 1er mai de tout le reste.
09:25C'est-à-dire que si on désacralise le 1er mai,
09:28on risque d'ouvrir la porte.
09:31On met le pied dans la porte.
09:32En Italie, on n'a pas désacralisé le 1er mai,
09:34parce que pour les syndicats,
09:36c'est une vraie occasion d'engagement unitaire.
09:39À ce moment, il y a le concert à Rome,
09:41organisé par les trois grandes confédérations
09:45syndicales ensemble.
09:46Mais à la fin des années 70,
09:48les Italiens ont dû digérer
09:51l'effacement de plusieurs jours fériés
09:54à cause de la nécessité
09:56d'aider les finances publiques.
09:58Moi, j'ai appris quelque chose
09:59en préparant cette émission.
10:01C'est que le 1er mai,
10:03en tant que jour férié officiel,
10:05a été instauré par Kisling
10:06en 1942, pendant la guerre.
10:09C'est-à-dire, plus ou moins,
10:11l'équivalent de Pétain, ici.
10:13Oui, effectivement.
10:14Ce ne sont pas forcément les meilleurs sauviers.
10:16Très vite.
10:16Juste, on ne désacralise pas du côté espagnol.
10:18On a beaucoup plus de jours fériés que chez vous
10:20puisqu'on en a 14 dans l'année.
10:22Mais par contre,
10:23on a désacralisé les dimanches,
10:25on a désacralisé le travail le soir
10:27puisque vous allez à Madrid
10:28et dans la principale voie madrilaine
10:31à 11h du soir, tout est ouvert.
10:33Avant de marquer une pause,
10:34tiens, cette chanson que vous connaissez bien,
10:36mon cher Alberto Toscano,
10:38on peut même la chanter avec vous.
10:47Primo Maggio, voilà.
10:48Primo Maggio, et Coraggio.
10:52Premier mai, courage.
10:53Primo Maggio, et Coraggio, et Coraggio.
10:56Je suis ravi.
10:57J'aurais bien aimé vous entendre chanter un petit peu plus,
10:59mais peut-être une autre fois, mon cher Alberto.
11:01On la chante tous ensemble.
11:02Comment ?
11:03On la chante tous ensemble.
11:05Il pleut déjà assis sur Paris.
11:07Je pleut beaucoup.
11:08On essaiera à la fin,
11:09à la fin de l'émission.
11:10Promis, on va la remettre.
11:13Sachez qu'Humberto Tonsi,
11:14et ça n'a rien à voir avec le fait que vous l'ayez chanté,
11:17va donner son tout dernier concert en France,
11:19son ultime spectacle,
11:20mercredi prochain,
11:21au Grand Rex, à Paris.
11:23Je suis sûr que, si vous le souhaitez,
11:25mon cher Alberto Toscano,
11:27vous pourrez aller le voir.
11:28Promis, on va essayer de chanter Tiamo tout à l'heure,
11:31tous ensemble.
11:32Mais d'ici là, on va marquer une courte pause.
11:33Et puis, dans un instant,
11:35se demander si Total n'est pas finalement un bon bouclier
11:37pour les Français.
11:39A tout de suite.
11:49Merci d'écouter RTL.
11:52Ils refont la France sur RTL.
11:55Avec Vincent Parizeau.
11:56Et tout de suite,
11:57elle nous refait l'actualité de ce 1er mai.
12:00Nathalie Michet.
12:01D'abord, les chiffres du jour.
12:04158 000 manifestants d'après le ministère de l'Intérieur.
12:07300 000 selon la CGT,
12:09le bilan des cortèges du 1er mai dans toute la France.
12:11Les syndicats avaient appelé à marcher
12:13pour demander des hausses de salaire,
12:15mais aussi défendre la fête du travail.
12:17Un 1er mai,
12:18marqué par un grand flou juridique
12:20sur le travail des salariés
12:22dans les boulangeries et chez les fleuristes.
12:24Et ce soir,
12:24les députés LFI
12:26annoncent saisir la justice
12:27après le coup de fil passé par Sébastien Lecornu
12:30à un boulanger isérois
12:31qui a été contrôlé par les inspecteurs du travail.
12:33Le Premier ministre,
12:35lui ayant promis qu'il ne serait pas sanctionné,
12:37les députés insoumis
12:38dénoncent une initiative contraire à la loi.
12:41350 gendarmes
12:42mobilisés dans le Cher
12:43pour encadrer une rave-party non déclarée
12:45sur un terrain militaire près de Bourges.
12:48Environ 20 000 teufeurs sont sur place.
12:50Les fêtards entendent danser,
12:51mais aussi protester
12:53contre une proposition de loi
12:54destinée à renforcer les sanctions
12:56contre les rave-party non déclarées.
12:58Enfin, aux Etats-Unis,
13:0060 jours après le début du conflit contre l'Iran,
13:03Donald Trump exclut de demander
13:04le vote du Congrès
13:06pour poursuivre l'engagement militaire américain.
13:08Je pense que ceux qui le demandent
13:10ne sont pas des patriotes, dit-il.
13:12Merci Nathalie.
13:15RTL.
13:15Ils refont la France.
13:17Avec Vincent Parizeau.
13:18Ils refont la France sur RTL ce soir.
13:21Vibbe Knoop pour la presse norvégienne.
13:24Juan Roset Dorado pour la presse espagnole.
13:27Alberto Toscano pour la presse italienne.
13:30Et Anna Navarro pour la presse portugaise.
13:34Jusqu'à 20h, ils refont la France
13:36avec Vincent Parizeau.
13:38Il y a peu de pays qui peuvent se targuer
13:39d'avoir ce qu'on appelle une major,
13:41c'est-à-dire une compagnie pétrolière intégrée
13:42qui fait de la production,
13:44qui fait du transport,
13:45qui fait du raffinage
13:46et qui fait de la distribution.
13:47Et cette position privilégiée,
13:49évidemment, a permis à Total
13:51de gagner de l'argent ailleurs.
13:52Nigeria, Angola, là où ils produisent du pétrole.
13:55Et ça, ça leur permet,
13:56et c'est ce que le Premier ministre
13:57avait demandé d'ailleurs hier,
13:59que face à des résultats exceptionnels,
14:01ils ont été publiés par Total,
14:03on ait des mesures exceptionnelles
14:04qui permettent de se retrouver
14:05au niveau de la pompe.
14:06Donc, je salue la décision de Total.
14:08Je salue la décision de Total,
14:11dit donc le ministre de l'économie,
14:13M. Lescure,
14:14ce qui nous amène à notre question ce soir,
14:18Total est-il notre bouclier anti-flambé
14:21des prix de carburant ?
14:23En gros, en France,
14:25on n'a pas de pétrole,
14:27on ne baisse pas les taxes sur les carburants,
14:29mais on a Total qui nous procure,
14:33c'est vrai, un bouclier,
14:36puisque les prix aujourd'hui
14:37dans les stations Total sont très intéressants,
14:40à tel point que l'Allemagne,
14:42qui vient de baisser ses taxes sur les carburants,
14:45est encore aujourd'hui,
14:47dans ses stations-services,
14:48plus chère que dans les stations Total en France.
14:53Donc, finalement,
14:55merci Total,
14:58malgré l'annonce,
14:59malgré l'annonce
15:00des résultats
15:02de la compagnie pétrolière cette semaine,
15:04qui ont défrayé la chronique.
15:05C'est très gentil de la part de Total,
15:08très généreux,
15:09mais ça veut dire aussi
15:10qu'il faut aller chez eux.
15:13Ah oui, ça c'est le principe,
15:14c'est-à-dire que,
15:15si on veut les prix de Total,
15:16il faut aller chez Total.
15:17Alors, j'ai vu que M. Mélenchon
15:20dit qu'il serait temps
15:21qu'il passe à la caisse.
15:22C'est-à-dire que,
15:24compte tenu de leurs énormes bénéfices
15:27ces derniers temps,
15:28il faudrait peut-être
15:29les taxer un peu davantage.
15:31Alors, il y en a qui vont plus loin.
15:33Je vous propose d'écouter
15:34Marine Tondelier,
15:36la patronne des écologistes.
15:39C'était cet après-midi,
15:41dans le défilé du 1er mai.
15:44Écoutez, c'est étonnant.
15:46Tous les pays d'Europe,
15:46un par un,
15:47l'Allemagne, l'Espagne, etc.,
15:48sont en train d'appeler
15:49une réaction européenne
15:50sur le sujet,
15:51pas la France.
15:52Parce que nous,
15:53Pouyanné,
15:53au lieu de lui demander
15:54des explications,
15:55nous, on lui donne
15:55la Légion d'honneur.
15:56Je suis pour le retrait
15:57de la Légion d'honneur
15:58à M. Pouyanné.
15:59Il fait 5 milliards
16:01de bénéfices
16:01sur le 1er semestre 2026
16:03en projeté.
16:04Qu'est-ce que ça s'appelle ?
16:04Ça s'appelle
16:05être un profiteur de guerre.
16:06Voilà, donc elle veut retirer
16:08la Légion d'honneur
16:09à M. Pouyanné,
16:11le patron de Total.
16:17Ça vous fait un peu sourire
16:18d'entendre Marine Tondelier.
16:20Le sujet de la Légion d'honneur
16:21à M. Sincèrement,
16:24n'est pas ma priorité
16:25de réflexion politique.
16:27Par contre,
16:28il y a un sujet
16:28qui a la vraie priorité.
16:30C'est les surprofits.
16:31Les pays européens,
16:32c'est là où Marine Tondelier
16:34a raison.
16:36Parce que, sur un point,
16:38il faudrait se rassembler
16:40entre Européennes.
16:41Et il faudrait demander
16:42à la Commission européenne
16:44qu'elle accepte
16:45d'arrêter cette histoire
16:47des paramètres
16:48des pactes de stabilité
16:50devant une urgence
16:52qui risque de devenir grave,
16:55presque comme l'urgence Covid.
16:57Au moment de l'urgence Covid,
16:59les plafonds,
17:01les paramètres
17:01des pactes de stabilité
17:02ont été suspendus.
17:04Et il faut prendre en considération
17:06une hypothèse de cette nature,
17:08même devant la crise énergétique
17:11qui se prépare
17:12et que nous vivons actuellement.
17:14Mais on exclure le ministre
17:15de l'économie,
17:16mais il doit sur un point
17:17qui explique peut-être
17:19que la France
17:19traîne un peu des pieds
17:21par rapport aux autres.
17:22C'est que la France
17:23est le seul pays
17:23à avoir
17:25un géant
17:26du pétrole
17:27qui va
17:27à la fois
17:28le puiser,
17:30l'exploiter,
17:30le raffiner
17:32en Europe.
17:33Peut-être
17:33en tant que compagnie,
17:35mais chez moi,
17:36c'est un pays entier
17:37qui bénéficie
17:39de la crise.
17:39Je vous mettais un petit peu
17:41à l'écart,
17:41mais c'est vrai que vous n'êtes pas
17:42dans l'Union Européenne.
17:44mais par contre,
17:46on encaisse
17:46d'énormes profits.
17:48Oui,
17:48ça c'est vrai,
17:49que vous ne voulez pas partager
17:50un petit peu,
17:50parce que,
17:51non mais,
17:52pour le coup,
17:54c'est une très bonne affaire,
17:54cette affaire pour la Norvège.
17:56Tout à fait,
17:57tout à fait.
17:58Et justement,
17:59puisque c'est une si bonne affaire,
18:01il y a eu un truc
18:02assez incroyable,
18:04c'est que certains partis politiques,
18:07pas le parti travailliste au pouvoir,
18:09mais les autres partis,
18:10ont voté au Parlement
18:12une baisse des taxes.
18:14Et le parti travailliste
18:16était contre.
18:17Ah oui,
18:17parce que ça remplit les caisses.
18:18Voilà.
18:19C'est le pays,
18:20le pays tout entier,
18:21qui finalement,
18:23se fait de l'argent
18:25sur cette guerre.
18:27Voilà.
18:28C'est un vrai sujet.
18:29J'avoue que je n'avais pas pensé
18:31au cas norvégien,
18:32qui est assez particulier.
18:34Juan Rosé.
18:35Dans le cas espagnol,
18:36c'est particulier
18:36parce que l'Espagne souffre aussi
18:38de cette crise énergétique
18:39et du prix de l'essence.
18:41Mais l'Espagne a pris
18:43des décisions assez rapidement.
18:44La première,
18:44c'est qu'effectivement,
18:46à l'encontre de la France,
18:47elle a décidé de baisser
18:48des 11% de la TVA.
18:49On est passé de 21%
18:51à 10%
18:52le gouvernement a pris
18:53cette décision.
18:54Et donc,
18:54il a pris sur soi.
18:55Comme aurait dit Emmanuel Macron,
18:56ça, ça coûte un pognon de dingue.
18:58Ah oui,
18:58ça coûte un pognon de dingue,
18:59mais ça coûte beaucoup plus
19:00le fait que vous ayez
19:02effectivement des personnes,
19:04des citoyens
19:04qui n'arrivent pas
19:05à mettre de l'essence
19:06dans leur voiture,
19:07sachant que la voiture
19:08continue à être quand même
19:10le moyen des transports,
19:11l'un des plus utilisés
19:12en Espagne.
19:13Et donc,
19:14ça, c'est la première chose.
19:14Et puis,
19:15on a dégainé tout de suite derrière
19:16un plan qui a été approuvé
19:17au Parlement espagnol
19:18des 5 milliards d'euros,
19:20justement,
19:20pour aider
19:21pendant cette crise énergétique.
19:23Alors,
19:23faut-il effectivement
19:25prendre une décision européenne ?
19:26Oui, certainement.
19:27Mais on sait effectivement
19:28que l'Espagne aussi,
19:29à un moment donné,
19:30a décidé de taxer
19:31les super-profits.
19:32L'Espagne ne l'a fait
19:32pas aujourd'hui,
19:33elle l'a fait depuis des années
19:34avec les industries énergétiques,
19:38pétrolières,
19:39les grandes banques.
19:41Donc,
19:41peut-être aussi
19:42que cette mesure
19:43avancée par Total
19:45va éviter
19:46que le gouvernement français
19:47aille taxer
19:50les super-profits
19:51qui ont été générés
19:53ces dernières semaines.
19:54C'est-à-dire
19:54qu'il y a finalement
19:55deux possibilités,
19:57soit taxer
19:57les super-profits,
19:58soit demander à Total
19:59de faire encore
20:00un effort
20:01et d'abaisser
20:03encore un petit peu plus
20:04son plafond.
20:05Mais de toute façon,
20:05à un moment,
20:05il n'y aura plus d'essence
20:06dans les stations Total
20:07parce que tout le monde
20:08va aller chez Total.
20:09Évidemment,
20:09l'écart est tel
20:10avec les autres stations-service.
20:13Total est extracteur.
20:15Oui.
20:16Total est là
20:16du début à la fin.
20:17C'est une des grandes
20:18compagnies mondiales
20:19de pétrole.
20:19Donc,
20:19du début à la fin,
20:20évidemment qu'ils ont fait
20:21des bénéfices,
20:22mais c'est leur but aussi.
20:23C'est le but d'une entreprise.
20:24Au Portugal,
20:25on a une petite entreprise,
20:26grande pour nous,
20:27mais petite par rapport
20:28au reste du monde,
20:29de pétrole,
20:30qui est plutôt acheteuse
20:32et pas extracteur
20:34au très peu
20:34au large de la Namibie,
20:36mais qui est plutôt acheteur.
20:37Et puis,
20:37il y a une industrie pétrochimique.
20:39C'est pareil,
20:40ils ont des bénéfices énormes
20:41par rapport
20:41à leurs bénéfices
20:42de l'année dernière
20:43pour le premier trimestre.
20:45Et hier,
20:46sur les ondes
20:47des radios anglaises,
20:48des politiciens,
20:49des parlementaires anglais
20:51disaient que c'est
20:52absolument scandaleux
20:53qu'il y a un manque d'éthique,
20:54un manque,
20:55c'est pas moral
20:55de la part des entreprises,
20:58des grandes compagnies
20:59de pétrole,
20:59de faire des bénéfices
21:00comme ils le font
21:01et de ne pas les répercuter
21:02auprès de la population.
21:04Il y a deux choses
21:05en plus là,
21:06dans l'attitude totale,
21:07je pense qu'ils voient
21:08assez bien
21:08ce qui est en train
21:09de se passer.
21:09Je vais vous rappeler
21:10quelque chose.
21:102008,
21:11la grande crise,
21:11on en a parlé tout à l'heure,
21:12on en reparle.
21:132008,
21:13énorme crise.
21:14La banque Lehman Brothers
21:16a fait faillite
21:17aux Etats-Unis.
21:19Obama est élu
21:20en 2008,
21:212009,
21:21il est au pouvoir.
21:23Et là,
21:23il a une réunion,
21:24la crise est immense,
21:25la banque est en train
21:26de s'effondrer.
21:27Il choisit de sauver la banque,
21:29mais d'une certaine façon
21:30et telle qu'elle était,
21:31hélas,
21:31pour nous tous
21:32et pour le système financier
21:34et bancaire mondial.
21:34Mais,
21:35à ce moment-là,
21:36il est président,
21:37il appelle tous les grands banquiers,
21:38tous les PDG des banques
21:39et des fonds d'investissement
21:40à la Maison Blanche
21:41et leur dit une chose.
21:43Souvenez-vous,
21:44on était dans cette crise
21:45entre les fourches
21:47et vous,
21:48il n'y a que moi.
21:49Donc,
21:49vous allez faire
21:50ce que je vous dis.
21:51En France,
21:52il n'y a pas le cornu
21:54ni Macron,
21:55pardonnez-moi,
21:55Emmanuel Macron
21:56et je n'ai plus son prénom,
21:58Premier ministre.
21:59Sébastien Lecornu.
22:00Sébastien,
22:01entre les fourches
22:02et Total Energy.
22:03Donc,
22:03Total Energy prend les devants
22:05parce qu'ils savent aussi
22:06ce qui peut se passer.
22:06Il y a eu 2018,
22:08les Gilets jaunes.
22:08Je ne pense pas
22:10que cette fois-ci,
22:10s'il y a un mouvement
22:11de colère en France
22:13qui sera dirigé
22:14vers le gouvernement
22:15parce qu'ils savent
22:16ce qui se passe dans le monde,
22:17ils savent
22:17que ce n'est pas
22:18uniquement
22:19une décision du gouvernement.
22:20Ils savent qu'en plus
22:21les caisses sont vides,
22:22que la dette est immense
22:23et que baisser
22:25les taxes sur le pétrole,
22:26il peut y avoir
22:26un petit geste
22:27du gouvernement
22:28mais il ne peut pas
22:29aller très loin.
22:29Parce que les caisses
22:30sont vides en France ?
22:31Les Français n'ont pas,
22:32excusez-moi juste pour finir,
22:34n'ont pas très bon caractère
22:35quand on les titille
22:37et ils vont se retourner
22:38vers le principal
22:39pourvoyeur d'essence
22:40dans le pays
22:40qui est Total Energy
22:41à tort ou à raison.
22:42On rappelle l'opération
22:44marketing de Total
22:45valable en tout cas
22:46pour les prochaines semaines,
22:471,99€ le litre d'essence,
22:492,09€ celui de diesel,
22:51c'est beaucoup moins,
22:52enfin c'est moins en tout cas
22:54que dans d'autres stations-service.
22:57Il n'empêche,
22:57tout le monde ne peut pas
22:58aller chez Total,
22:59certains paient
23:00beaucoup plus cher.
23:01Et donc maintenant,
23:02est-ce que le problème,
23:03finalement mon cher Alberto,
23:05n'est pas lié à la situation
23:07que vous dénoncez vous-même
23:09et comme à peu près
23:10tout le monde ici
23:10autour de cette table
23:12en tant que journaliste européen
23:13à savoir l'état des finances
23:15qui fait qu'on n'a pas
23:16la moindre marge de manœuvre,
23:17qu'on est à l'os comme on dit.
23:18Il faut décider
23:19si le problème est européen
23:20ou national.
23:22À mon sens,
23:23il est manifestement européen
23:25et il faut un projet
23:26en plan
23:27et même en plan d'urgence.
23:29Mais c'est à Mme von der Leyen
23:30alors de se dire ?
23:31Oui, vous ne l'avez pas invité
23:32aujourd'hui,
23:33vous m'avez dit
23:33Albert, j'invite Mme de la République.
23:37Donc, sincèrement,
23:38la prochaine fois,
23:38tenez votre parole
23:40et je t'ai dit.
23:40Oui, mais ça sera fait
23:42avec plaisir, M. Alberto.
23:43Oui, c'est à Mme von der Leyen,
23:44c'est à Mme de la Commission européenne,
23:46c'est à tout ce qu'on veut.
23:47Mais il est évident
23:48du point de vue du citoyen
23:50qu'il faut bien comprendre
23:52que la solution
23:53n'est pas une solution nationale,
23:56la solution est une solution européenne.
23:57Il faut faire en sorte
23:58qu'il y ait un projet
24:00qui puisse être mis
24:02en comparaison
24:04avec ce qu'on a vécu
24:05à l'époque du Covid.
24:06parce que la crise de l'énergie
24:08risque de faire des dégâts
24:10autant dramatiques,
24:13même sur le plan sanitaire,
24:15heureusement,
24:15mais sur le plan économique,
24:17oui.
24:17Parce qu'on pense maintenant
24:19que ça va durer,
24:20clairement,
24:21à la fois en raison
24:22de la situation
24:23dans le détroit d'Hormuz
24:24et d'autres.
24:26Et d'ailleurs,
24:26on a déjà entendu
24:27même des gens
24:28comme Michel-Édouard Leclerc
24:29dire des phrases
24:31comme il ne faudrait pas
24:32du tout que les Français
24:33s'imaginent
24:33qu'on va revenir
24:35au prix d'avant,
24:36on ne reviendra pas
24:37au prix d'avant.
24:38On ne revient jamais
24:39sur les prix d'avant.
24:40On l'a constaté
24:41avec la crise du Covid,
24:43on l'a constaté après
24:44avec les différentes
24:45crises énergétiques
24:46qu'on a eues
24:46ces derniers mois.
24:49Et donc,
24:49c'est une réalité.
24:50À part ça,
24:51c'est vrai qu'il y a
24:51une réalité économique.
24:52On est dans
24:53cette Europe occidentale
24:55qui est capitaliste,
24:56c'est une réalité aussi.
24:57Et donc,
24:58les entreprises
24:59essayent de faire leur beurre
25:00à 7,
25:01au gouvernement,
25:02effectivement,
25:02de trouver des parades.
25:04Peut-être cette surtaxe
25:05au niveau national
25:07est une solution,
25:08mais peut-être
25:08faudrait-il effectivement
25:09de prendre des décisions
25:10européennes
25:11avec des surtaxes
25:12par rapport
25:12effectivement
25:13à les grosses entreprises
25:14du CAC 40,
25:16de l'Ivex 35,
25:16etc.
25:17En attendant,
25:19les ventes
25:20de voitures électriques
25:22en France
25:22ont bondi
25:23de 48%
25:24depuis le début
25:26de l'année.
25:26C'est peut-être
25:27une solution aussi.
25:28C'est en augmentation,
25:29mais il y a un rattrapage
25:31par rapport
25:31à des premiers mois
25:32qui étaient difficiles.
25:33Mais quand même,
25:34c'est une tendance
25:35et chez moi,
25:37en Norvège,
25:3895% des voitures
25:40maintenant
25:40sont électriques.
25:42Ce qui est quand même paradoxal
25:43puisque vous nous expliquiez
25:44jusqu'avant
25:44que votre pays
25:45était une grande station de service,
25:46mais en même temps,
25:49on roule à l'électrique.
25:50C'est formidable.
25:51Tous ces paradoxes
25:52qu'on découvre
25:53dans cette émission.
25:54On marque une courte pause
25:55et puis dans un instant,
25:56il y a quelque chose
25:57qui n'est pas nouveau,
25:58mais alors qui s'amplifie
25:59visiblement
26:00de plus en plus.
26:01Les très riches
26:01sont de plus en plus
26:03très riches
26:04et les autres
26:05de plus en plus
26:07très pauvres.
26:08A tout de suite.
26:11Merci d'écouter RTL.
26:23Jusqu'à 20h,
26:24ils refont la France
26:25sur RTL.
26:27Vincent Parizeau.
26:28Avec Anna Navarro,
26:29journaliste correspondante
26:30pour la presse portugaise,
26:32Juan Rosé Dorado,
26:34journaliste espagnol
26:35en poste à Paris,
26:36Alberto Toscano,
26:37journaliste italien
26:38et Vibhe Knoop,
26:39correspondante
26:40de la presse norvégienne.
26:43RTL.
26:43Ils refont la France.
26:45Avec Vincent Parizeau.
26:47L'an dernier,
26:47les 1500 patrons
26:48les mieux payés du monde
26:49ont touché
26:507 200 000 euros
26:52annuels en moyenne,
26:5311% de plus
26:54sur un an,
26:55quand,
26:56sur la même période,
26:57leurs salariés
26:57n'ont vu leur rémunération
26:58progresser que de 0,5%.
27:00Il leur faudrait
27:02490 années de travail
27:03pour gagner la même somme.
27:04Chez nous, en France,
27:05les écarts sont moins impressionnants,
27:07mais les grands patrons
27:08se sont quand même augmentés
27:10plus de 3 fois plus
27:11que leurs salariés.
27:12La rémunération moyenne
27:13des dirigeants du CAC 40
27:14a progressé de 18%
27:15sur un an.
27:16C'est 2% seulement
27:18pour le SMIC.
27:19Voilà, donc,
27:20exemple,
27:21en France,
27:22sur un an,
27:23les grands patrons
27:23se sont augmentés
27:253,3 fois plus
27:27et plus vite
27:28que les salariés.
27:30et ça fait des années,
27:32des dizaines d'années
27:33d'ailleurs,
27:34qu'on voit cet écart
27:35augmenter
27:36et qu'on entend
27:37des bonnes âmes
27:37s'émouvoir sur le thème.
27:39C'est plus possible,
27:40il faut limiter ça,
27:42ça va craquer
27:43et pourtant,
27:44rien ne change.
27:45Ce n'est pas tout à fait vrai
27:46que rien ne change
27:46parce que dans le public,
27:48les patrons
27:49des entreprises publiques
27:51ont vu
27:51les salaires plafonnés
27:53déjà dans le passé.
27:55mais globalement,
27:56qu'est-ce que ça vous inspire
27:57et est-ce que ça fait débat
27:59dans vos pays respectifs,
28:02cette affaire,
28:03on va dire,
28:04d'inégalité ?
28:05Oui,
28:05et depuis longtemps,
28:09chez nous,
28:10par exemple,
28:11quand je travaillais
28:12chez Visao
28:13que j'ai amené
28:14pour la manière portugais,
28:15je me souviens,
28:16il y a 10 ans,
28:16quelque chose comme ça,
28:17il y avait eu
28:17un numéro consacré
28:18à la différence
28:19de salaire
28:19entre un employé
28:20et le patron.
28:22Et ça avait fait
28:24des coups de fil,
28:25j'étais à la rédaction
28:25à Lisbonne,
28:26les coups de fil
28:27qu'on a reçus
28:28de tout le monde,
28:28mais le directeur du journal
28:30a tenu bon,
28:31il a dit,
28:31vous me vérifiez vos chiffres
28:32parce que...
28:33Vous voulez dire
28:34des coups de fil
28:35des politiques ?
28:36Des politiques
28:37et surtout des patrons aussi,
28:38mais des politiques aussi,
28:39on n'aimait pas ça,
28:39c'est très mauvais,
28:40ça tombe très mal
28:41toujours dans la population,
28:43évidemment.
28:44Une chose qu'on oublie
28:45de dire,
28:45c'est que la plupart
28:45des grands patrons,
28:47surtout en Europe,
28:48ils sont des salariés aussi.
28:50Oui,
28:50ce sont des...
28:52C'est un salaire.
28:52Ce n'est pas forcément
28:53leur argent dans la...
28:54C'est un salaire
28:55qu'ils perçoivent,
28:55ce n'est pas le patron,
28:56ce n'est pas l'entrepreneur.
28:56Mais ils payent des impôts en même temps.
28:58Gros salaire,
28:59gros impôts ?
29:00Oui,
29:01ça dépend.
29:02Quand vous avez...
29:03Vous savez,
29:04quand vous êtes pauvre,
29:05vous payez vos impôts,
29:07quand vous êtes un peu plus riche,
29:09vous avez de bons...
29:10D'avocats.
29:10D'avocats,
29:11et quand vous êtes très très riche,
29:12vous avez le numéro au téléphone
29:13des politiciens, quoi.
29:15Donc,
29:16non, non, non.
29:18Écoutez,
29:18c'est une blague américaine,
29:19mais elle est très très réelle aussi.
29:21Non,
29:22évidemment,
29:23et puis,
29:25Oxfam,
29:25parce que c'est un rapport Oxfam,
29:26nous rappelle régulièrement
29:28cette distribution
29:30des richesses
29:30qui sont produites par tous,
29:32cette redistribution vers le haut
29:34et vers les plus riches.
29:36Et effectivement,
29:36aujourd'hui,
29:37la mesure,
29:37ce n'est plus de milliards,
29:38c'est les mille milliards
29:40pour comptabiliser
29:41les milliardaires
29:42et les grandes fortunes.
29:43C'est profondément injuste.
29:45On est appauvris,
29:46les classes moyennes
29:46sont extrêmement appauvries.
29:48Est-ce qu'elles vont se révolter un jour ?
29:49Je ne pense pas.
29:50Tant qu'il y a quelque chose à perdre,
29:52le crédit de la maison,
29:53le crédit de la voiture,
29:54les enfants,
29:55l'école des enfants,
29:56les gens sont tenus
29:57et sont tranquilles.
29:59Mais cette situation
30:00sera explosive à terme,
30:02sans l'ombre d'un doute.
30:02Alors,
30:03Oxfam,
30:03qui, on le rappelle,
30:04est une ONG,
30:05une organisation non gouvernementale,
30:07demande à plafonner en France
30:09les revenus des PDG,
30:11proposant un écart maximum
30:12de 1 à 20
30:14avec le salaire médian
30:15dans les entreprises.
30:16Je cite,
30:17pour avoir une certaine décence
30:19et enrayer un système
30:20qui, à l'évidence,
30:21ne peut pas s'auto-réguler.
30:24Vous plafonnez
30:25les salaires des patrons
30:26dans le privé ?
30:27Ça serait une idée, oui.
30:29Ah oui,
30:29vous êtes pour ?
30:30Oui, quand je vois
30:31que dans cette étude
30:32que le PDG de Carrefour
30:34gagne 426 fois plus
30:37que ses salariés,
30:38c'est quand même
30:40un peu fort de café,
30:41comme on dit.
30:42Mais il est peut-être
30:42très très bon,
30:43je n'ai aucune idée,
30:45mais il est peut-être
30:47excellent patron
30:47et il fait en sorte
30:48que son entreprise
30:49s'enrichit,
30:51que les actionnaires
30:51s'enrichissent
30:52et peut-être que les salariés
30:54soient plus nombreux encore
30:54à travailler
30:55et à gagner plus.
30:56Oui, mais enfin,
30:58c'est quand même
30:58un peu choquant.
30:59Alors voilà,
31:00il y a un aspect moral.
31:01Voilà, il y a l'aspect moral.
31:03Et puis,
31:03permettez-moi,
31:04sans salariés,
31:05que ferait-il ?
31:06Oui.
31:08Où se reproduit
31:09la richesse,
31:09les dividendes
31:10pour tous
31:10sans les salariés ?
31:11Après, c'est un débat
31:12qui est quand même récurrent,
31:14mais c'est un débat
31:14aussi très politique,
31:15très syndical,
31:16très théorique
31:17dans la réalité.
31:18Qu'on puisse plafonner
31:20les salaires
31:20des dirigeants
31:22dans les entreprises
31:23d'État,
31:24oui,
31:24sans aucun doute.
31:26Et ça se fait.
31:27En France,
31:28c'est plafonné
31:28dans les entreprises.
31:30Mais dans l'entreprise privée,
31:32c'est très délicat
31:33parce qu'effectivement,
31:33aujourd'hui,
31:35vous avez des très grands dirigeants
31:37qui sont très bons.
31:38Ils ne sont pas si nombreux
31:38que ça,
31:39en fin de compte,
31:40effectivement,
31:41et donc,
31:41ils se font payer très cher.
31:43Mais ça reste un marché,
31:44une société capitaliste,
31:46c'est comme ça.
31:46Donc,
31:47pour l'entreprise privée,
31:48j'ai mes doutes.
31:49C'est vrai qu'il y a
31:49un débat moral,
31:50sans aucun doute.
31:51Vous parlez de la France,
31:52la différence
31:53avec le salaire moyen
31:55d'un salarié
31:56en Espagne,
31:57c'est 98 fois plus
32:00qu'un salaire moyen.
32:0198 fois.
32:0298 fois plus
32:03qu'un salaire moyen espagnol.
32:07Mais par contre,
32:08vous voyez que
32:09sur ces dernières années,
32:10vous avez parlé de la France,
32:1118% d'augmentation
32:12pour les grands patrons.
32:13En Espagne,
32:14c'était un peu moins,
32:1416%.
32:15mais ça n'empêche effectivement
32:16que le débat doit exister,
32:18mais ne soyons pas non plus naïfs
32:21à croire qu'une entreprise
32:23qui a des actionnaires,
32:24qui a du capital privé,
32:25vous allez décider
32:26ce qu'il doit faire.
32:27Surtout des multinationales
32:29qui sont internationales
32:32et mondiales parfois.
32:32Si on réduit
32:34le salaire
32:35d'un grand patron,
32:37du privé évidemment,
32:39ou le profond,
32:41le jour suivant,
32:42il sera embauché
32:43aux Etats-Unis,
32:44dont on perdra
32:48peut-être
32:49toute une série
32:49de personnes
32:51qui peuvent être
32:53utiles
32:54à l'économie nationale.
32:55Non, je crois
32:56que le débat
32:58est un débat moral
32:59très juste,
33:01mais au-delà
33:02du débat moral,
33:03il y a la réalité
33:04des choses,
33:05à mon sens,
33:06étant clair
33:07que notre société
33:08est malheureusement
33:09une société
33:11injuste
33:12où les injustices
33:13augmentent,
33:15au moins,
33:16il faut faire en sorte
33:18que certains secteurs
33:19clés de la société,
33:20la santé
33:21et l'éducation nationale,
33:23puissent être
33:24juste,
33:26puissent échapper
33:27à ce risque
33:28qui est malheureusement
33:29une réalité
33:30d'injustice
33:32qui augmente.
33:33Et là,
33:33il faut vraiment
33:35que l'égalité
33:37des chances
33:38entre citoyens
33:39soit plus grande
33:40de ce qu'elle est
33:41aujourd'hui.
33:43C'était Henry Ford
33:44dans les années 30
33:46qui avait estimé
33:47que pour être
33:48admissible
33:49admissible
33:51par une société,
33:53l'échelle
33:54des salaires
33:54ne devait pas
33:55dépasser
33:56au sein d'une
33:56entreprise
33:57de 1 à 40.
34:01C'était dans
34:02les années 30.
34:02Oui.
34:03C'est ça,
34:04c'est-à-dire que
34:04si la société
34:06a rendu
34:10admissible,
34:11en fait,
34:11il s'était trompé
34:12puisque la société
34:13elle encaisse ça.
34:14Ce qui est inadmissible,
34:16c'était qu'un grand dirigeant
34:17gagne énormément
34:18d'argent
34:18en même temps
34:19que son entreprise
34:20licencie.
34:21ça c'est inadmissible.
34:23Mais si l'entreprise
34:24gagne de l'argent,
34:24les dirigeants
34:25gagnent de l'argent
34:26et ça se repartit
34:28certainement mieux
34:29parmi ses salariés,
34:30laissons faire aussi
34:31de la société.
34:32Je voudrais vous proposer
34:34quand même,
34:34avant de vous quitter,
34:36de tenir ma promesse
34:37quand même.
34:38On a parlé
34:38d'Umberto Tozzi
34:39qui chante
34:40notamment le 1er mai.
34:42On peut l'entendre
34:43Umberto Tozzi ?
34:45Attendez,
34:45c'est...
34:46L'accio
34:48souverain
34:49qui est un mot
34:52et qui est l'opère
34:54de l'ombre
34:56de l'ombre
34:56de l'ombre
34:57de l'ombre
34:57de l'ombre
34:58de l'ombre
35:00de l'ombre
35:01de l'ombre
35:01de l'ombre
35:02de l'ombre
35:03de l'ombre
35:04On vous a eu
35:06Umberto.
35:07Vous êtes impressionnés.
35:09Mon cœur d'italien
35:10pas très fort
35:10des gens.
35:11Vous m'avez dit,
35:12il faut que tu rentres
35:12pour faire baisser
35:13la grille de salaire
35:14de la table
35:14parce qu'on parlait
35:15de salaire
35:15donc je suis rentré
35:17mais en fait
35:17vous êtes allé chanteur
35:17d'italien.
35:18Vous la connaissez
35:19cette chanson
35:20j'imagine ?
35:20Un petit peu.
35:22Tout le monde la connaît.
35:24En tout cas,
35:25merci beaucoup.
35:26Merci à vous quatre
35:27et on refera la France
35:29très prochainement.
35:30Eric Silvestro,
35:31une petite soirée foot.
35:33Oui, 20h, 21h,
35:34pas de match.
35:34Vous savez,
35:35à Nantes,
35:35comme il y avait
35:35des manifs du premier,
35:36on a annulé le match
35:37contre le M,
35:37on l'a déplacé à deux mains
35:38mais on va vous parler
35:39des enjeux
35:39et notamment de la lutte à trois
35:41pour les places
35:41en Ligue des Champions.
35:42On va se régaler.
35:43Bonne soirée,
35:44on fera la France évidemment.
35:46Vendredi prochain,
35:47dans un instant,
35:48les infos
35:48et puis Eric aux manettes
35:50de cette petite soirée foot.
36:07Bonne soirée sur RTL.
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