00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Maxime Liedot.
00:07Il est 7h14 sur Sud Radio, soyez les bienvenus à la une ce matin.
00:10Bien sûr le travail le 1er mai et cette question, est-ce qu'on va à nouveau faire le débat
00:15qu'on a connu malheureusement pendant le Covid entre les professions qui sont essentielles
00:18et celles qui apparemment le seraient moins ? Bonjour Jean-François Guillard.
00:23Bonjour.
00:24Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes le président de la Confédération de la boucherie charcuterie.
00:28Vous avez été vous-même bouché dans le Morbihan pendant près de 40 ans.
00:31La question est simple ce matin, est-ce que votre profession fera donc partie des professionnels
00:36qui vont quand même décider d'essayer de bosser en cette journée du 1er mai ?
00:41Chacun est libre de faire ce qu'il a envie de faire, mais il est certain et même évident
00:46que beaucoup de mes collègues vont ouvrir aujourd'hui un vendredi, la veille d'un grand week-end.
00:53Ce qui est sûr c'est qu'ils vont ouvrir alors qu'ils n'en ont théoriquement pas le droit.
00:58Vous n'êtes pas considéré comme étant un métier dont l'exercice continu est absolument indispensable
01:03et vous ne faites pas non plus partie des métiers concernés par l'exception du gouvernement.
01:08Vous décidez donc que ces règles sont à balayer d'un revers de main, vous ne les écoutez pas ?
01:12En fait, il y a un profond sentiment d'inégalité.
01:19Comme vous avez bien dit tout à l'heure, vous avez parlé de métiers essentiels.
01:24Pendant le Covid, nous étions des métiers essentiels.
01:28Le gouvernement nous demandait justement d'ouvrir pour assurer la continuité.
01:33Et aujourd'hui, je ne sais pas quelle mouche a pu les piquer,
01:38mais aujourd'hui on ne ferait plus partie de ces métiers essentiels.
01:43Et nos collègues poissonniers, fromagers sont dans le même bateau que nous.
01:48C'est vraiment quelque chose d'incompréhensible.
01:50Et ça crée vraiment une inégalité inacceptable entre les métiers alimentaires.
01:56Bien sûr, chose incompréhensible.
01:57Et puis cette sensation bien sûr de ne pas être traité de la même manière.
02:00Jean-François Guayard, vous qui êtes président de la Confédération de la boucherie charcuterie,
02:03comment vous interprétez, on va dire, ce choix de faire ouvrir certains commerces
02:07et pas d'autres, notamment celui de la boucherie ?
02:10À quel moment vous pensez que certains, notamment ceux qui nous dirigent,
02:13ont décidé que la boucherie, la vente de viande n'était pas considérée
02:16comme une activité essentielle et importante en ce vendredi 1er mai ?
02:21Voilà, je crois qu'on est arrivé quand même à une absurdité.
02:27On est même à ce point de se demander si ce n'est pas le lobby du végétal
02:31qu'il a emporté sur les produits, puisqu'on interdit le poissonnier,
02:36on interdit le fromager, on interdit les bouchers, les charcutiers, tout ça.
02:40Vous pensez quoi que c'est la mode végane qui est allée jusqu'au gouvernement
02:43et qui vous a empêché d'ouvrir, de peur de déclencher d'autres polémiques ?
02:47On se demande si ce n'en est pas une.
02:49On se demande.
02:50On est arrivé à un tel point d'absurdité
02:53qu'on peut même se poser cette question.
02:56On peut même se poser cette question.
02:58Plusieurs, évidemment, bouchers vont donc couvrir.
03:01Vous n'avez pas du tout peur de l'inspection du travail ?
03:04Parce que même si le ministre du Travail l'a assuré,
03:07on va faire confiance apparemment à l'intelligence collective,
03:09vous n'avez pas peur d'être contrôlé, d'être sanctionné ce matin ?
03:14Il y a un risque.
03:15Notre Confédération accompagnera bien sûr mes collègues
03:20qui seront verbalisés s'il y a lieu.
03:25Mais je pense aussi que nous sommes dans le même point
03:31que les boulangers ou les fleuristes,
03:33puisque pour le coup, il n'y a pas de loi les autorisant.
03:37La loi, s'il y en a une, ce sera pour 2027.
03:39C'est juste des propos, des engagements du Premier ministre.
03:44On ne sait pas qui sera Premier ministre dans un an.
03:47Donc je crois qu'on a essayé de faire plaisir à deux professions
03:53en laissant sur le bord du côté d'autres professions
03:57qui sont apparemment les parias de l'alimentation.
04:01Donc c'est quand même dramatique.
04:03Les parias de l'alimentation, c'est ce que vous dites ce matin.
04:05Les bouchers, là, on se sent comme étant des parias de l'alimentation.
04:09Oui, comme mes amis poissonniers, comme mes amis fromagers,
04:13comme mes amis primeurs.
04:15Ce n'est pas rien comme terme.
04:16Non, mais ce n'est pas rien.
04:17Mais c'est comme ça que le vivent aujourd'hui.
04:20Beaucoup d'artisans bouchers, ils ne comprennent vraiment pas.
04:23Mais ce que vous dites aussi, Jean-François Guière,
04:25et je me permets de revenir sur ce que vous avez dit
04:26il y a à peine quelques secondes,
04:27vous vous dites d'une certaine manière à tous vos amis,
04:30à tous vos bouchers, tous ceux qui font partie de votre confédération,
04:33de toute façon, vous pouvez ouvrir,
04:34parce que si jamais vous faites verbaliser, contrôler, sanctionner,
04:37la confédération sera là pour vous soutenir,
04:40c'est-à-dire que vous allez les accompagner financièrement,
04:42éventuellement rebourser les amants dont ils seraient victimes ?
04:45On les accompagnera, ça c'est une évidence.
04:48Après, si le faut, on fera ce qu'il faut.
04:54Ce qui est sûr, c'est que, encore une fois,
04:58ce n'est pas un appel à désobéir,
05:00il ne faut pas prendre mes propos comme un appel à désobéir,
05:03c'est un appel à la justice, c'est un appel à l'égalité.
05:07Je crois que, sur les frontons de nos mairies,
05:11les deux premiers mots, c'est liberté, égalité.
05:14Et là, je crois qu'aujourd'hui, on n'est vraiment plus dans cette liberté,
05:17on n'est vraiment plus dans cette égalité,
05:19et ça, c'est tout simplement insoutenable.
05:22Jean-François Guillard, tout au long de la matinée,
05:24je vais bien sûr dialoguer avec les auditeurs au 0826 300 300.
05:28On parlera aussi avec Marine Tondelier,
05:30qui sera mon invitée politique à 8h15.
05:33Alors, je n'ai pas lui demandé si c'est une fidèle client des boucheries,
05:36naturellement, mais qu'est-ce que vous répondez à toute cette mouvance politique
05:40qui dit qu'en réalité, travailler le 1er mai, c'est une ouverture vers l'ultra-consommation,
05:45qu'aujourd'hui, on n'a pas forcément besoin de travailler le 1er mai,
05:47et puis qu'en réalité, un artisan n'a pas besoin de se travailler un jour supplémentaire dans l'année.
05:52Il peut se reposer, puisqu'après tout, il peut faire son chiffre autrement.
05:55Qu'est-ce que vous répondez à tous ces arguments,
05:56qui sont souvent les mêmes et qui reviennent en boucle ces derniers jours ?
06:00Oui, je crois que ces gens-là ne sont pas chefs d'entreprise,
06:03ils n'ont pas une entreprise à faire tourner,
06:05ils n'ont peut-être pas les emprunts à payer à la fin du mois,
06:08ils n'ont peut-être pas de salariés, justement,
06:10ils ne connaissent pas le monde de l'économie de proximité,
06:14des petites entreprises.
06:16Vous savez, tous les artisans de boucher,
06:19ils ont commencé bien souvent par l'apprentissage,
06:22après ils ont été salariés, ils connaissent très bien de ce que c'est qu'être salariés,
06:25et bien sûr que si leurs salariés travaillent le jour du 1er mai,
06:30ils sont payés double et c'est récupéré,
06:33et c'est sous le volontariat.
06:35Je crois que nos salariés, notamment dans la branche de la boucherie charcuterie,
06:40sont bien traités.
06:42On a une très bonne convention collective, d'ailleurs,
06:45qui a été revue, puisqu'on a fusionné avec les poissonniers.
06:49Notre convention collective, elle a été revue en 2024,
06:53elle a été étendue par les services de l'État en 2025,
06:58et l'autorisation du travail du 1er mai,
07:01et dans cette convention collective, en plus...
07:03Donc vous dites, en réalité, tout est sous contrôle,
07:05et ceux qui ne nous encouragent pas à aller travailler,
07:07c'est qu'ils ne connaissent pas, en effet, l'économie de petite proximité,
07:11comme vous venez de nous le dire.
07:12Merci beaucoup, Jean-François Guillard, d'avoir été avec nous,
07:14président de la Confédération de la boucherie charcuterie,
07:16et je rappelle que vous-même, vous avez été bougé pendant près de 40 ans,
07:19et c'était du côté du Morbihan.
07:21Merci beaucoup de vous être réveillé,
07:22et d'avoir passé un petit coup de fil à Sud Radio 11, vendredi 1er mai.
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