Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des Arts et Métiers, était l'invité de l'émission Le Quartier Général ce mardi 28 avril. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Allez, premier invité ce soir dans les fauteuils du quartier général, professeur émérite de criminologie, auteur de Trump, le pouvoir
00:06des mots, auteur d'intrigue à l'ONU, de livres aux éditions First.
00:09Bonsoir Alain Bauer, merci beaucoup d'être avec nous ce soir. Les livres sont là, je les ai avec moi.
00:15Les tout derniers mots de Trump, justement, l'Iran vient de nous informer qu'il est dans un état d
00:20'effondrement.
00:21Ils veulent que nous ouvrions le détroit d'Ormousse dès que possible pendant qu'ils essaient de gérer leurs problèmes
00:25de leadership à la tête du pays.
00:27Ce que je pense qu'ils pourront faire, c'est signer du président Donald Trump. On a le message juste
00:31ici.
00:32Est-ce qu'il y a ce soir des signes d'un état iranien en état d'effondrement, comme le
00:37dit Trump ?
00:38Alors c'est son interprétation, comme toujours, il faut la prendre avec mesure, car il y a une manière de
00:44dire les choses.
00:45L'état iranien est très profondément affecté, 40% de taux de chômage selon les indications qui sont données par
00:52les autorités iraniennes elles-mêmes,
00:55car elles font de la contre-propagande sur l'enjeu qu'il y a de ne pas faire trop de
01:00victimes sociales du processus militaire.
01:03Mais l'Iran est très profondément affecté par les destructions, les destructions d'infrastructures, la situation économique, la situation sociale,
01:13l'effondrement de la monnaie.
01:15Donc oui, il y a une partie d'effondrement, mais elle ne touche pas la partie essentielle, qui est sa
01:21capacité à rendre des coûts qu'elle reçoit.
01:25– Trump donne le sentiment ce soir que l'Iran supplierait de trouver un accord, supplierait d'ouvrir le détroit
01:31d'Hormuz.
01:32Même chose, on a des signes de ça, de ces supplications ?
01:35– Alors ce qui est intéressant, c'est que chaque fois que nous passons notre temps à entendre les commentateurs
01:40expliquer qu'il n'y a plus de négociations,
01:41que tout est rompu, etc., on découvre qu'il y a toujours des négociations, qu'il y a des plans
01:44qui sont proposés,
01:45et même qu'on les accepte, qu'on les refuse, qu'on les négocie, qu'on fait sa tournée générale
01:49de tous les intermédiaires possibles et imaginables,
01:52à Oman, au Pakistan, en Russie, bientôt en Chine, qui est très intéressé par ce qui est en train de
01:58se passer
01:59et qui regarde ça avec beaucoup d'intérêt.
02:01Mais on oublie aussi d'autres intermédiaires habituels, les Turcs d'un côté, les Indiens,
02:08qui sont aussi très intéressés à retrouver de la distribution de pétrole et d'un certain nombre d'éléments essentiels
02:14à leur économie.
02:15Donc il y a toujours des négociations.
02:16Sont-elles des supplications ?
02:18Disons que c'est une interprétation heureuse du président Trump.
02:22– J'apporte de l'eau à votre moulin.
02:23CNN, ce soir, dit que l'Iran s'apprêterait à envoyer une nouvelle, nouvelle proposition d'accord.
02:27Dans la précédente, les Iraniens proposaient un arrêt de la guerre et ensuite on discute d'Hormuz et du nucléaire.
02:34Donc le lien est toujours là, malgré les rhodomontades, malgré les trois porte-avions, malgré tout, le lien est toujours
02:40là.
02:40– Les négociations, ça dure tout le temps.
02:41La négociation entre les deux Corées dure depuis 60 ans, il n'y a jamais eu de paix, il y
02:45a un cessez-le-feuille,
02:46on discute régulièrement de tout, de rien et d'autre chose,
02:49parce qu'il faut toujours arriver un jour à avoir un progrès sur un sujet,
02:55retrouver des gens qui ont été enlevés, des enfants disparus, des corps, des soldats.
03:00Il y a toujours une négociation, il y a toujours des négociateurs, c'est le charme de la diplomatie.
03:04– Hormuz, point de crispation centrale évidemment, on voyait ces images envoyées par le commandement américain ce soir,
03:10de marines américains qui viennent à l'abordage d'un cargo pour aller vérifier s'il va ou pas vers
03:15l'Iran,
03:16ce qui contreviendrait évidemment au blocus des Américains.
03:19Est-ce que le blocus américain fonctionne concrètement ce soir ? Est-ce que cette stratégie-là, elle fonctionne ?
03:25– D'abord, ça n'a jamais été un blocus, un barrage filtrant, très relatif.
03:30Donc ceux qui bloquent le plus les étroits d'Hormuz sont les assureurs, ni les Iraniens, ni les Américains.
03:36Deuxièmement, il y a un certain nombre de bâtiments qui continuent à transiter,
03:40soit parce qu'ils sont des bâtiments chinois, indiens, etc.
03:47Soit parce qu'ils ont, si vous aviez une carte du Détroit,
03:51vous verriez qu'il y a un petit port iranien qui est très proche d'un petit port pakistanais,
03:56un médiateur juste à la frontière au nord du Détroit,
04:01et qu'un certain nombre de bâtiments passent très aimablement par le Pakistan,
04:04se transforment en bâtiments pakistanais,
04:08et permettent de, ce qui permet au Pakistan, comme souvent, de jouer un double jeu.
04:12Par ailleurs, l'Iran a une voie maritime qui s'appelle la mer Caspienne, c'est là-haut.
04:18Alors ça, c'est ici, et là, vous avez la frontière pakistanaise quelque part.
04:21– Oui, qui est là, qui est là.
04:21– Voilà, et puis si vous remontez là-haut, c'est la mer Caspienne,
04:24qui a repris un rythme d'activité très soutenu ces temps-ci.
04:28Par ailleurs, l'Iran dispose d'équipements terrestres qui n'ont pas tous été détruits.
04:33Certains l'ont été lors des bombardements américains,
04:36notamment à un pont très important pour la route de la soie chinoise,
04:39ce qui était un signal très précis, une carte postale envoyée à la Chine.
04:42Donc il se passe beaucoup, beaucoup plus de choses que le détroit d'Ambouse.
04:46Le détroit d'Ambouse impacte surtout ceux qui sont à l'extérieur,
04:50et pas essentiellement les Européens, même s'ils le sont un peu,
04:53peu sur le pétrole, beaucoup sur le gaz, beaucoup sur les engrais,
04:56beaucoup sur le bitume, beaucoup sur les précurseurs chimiques pour médicaments,
05:00mais qui, eux, vont en Inde, un peu sur la métallurgie.
05:04Voilà les éléments tels qu'ils sont.
05:05Mais il y a aujourd'hui des voies de diversion.
05:08Il y a des gens qui payent pour passer, des gens qui ne payent pas,
05:10mais qui font des échanges.
05:12Et l'arraisonnement que vous avez vu tout à l'heure
05:13n'est pas un arraisonnement du Gol vers l'extérieur,
05:18mais vers l'intérieur.
05:19Là, on vérifie qu'il n'y a pas du perchlorate de sodium,
05:22puisque les Chinois ont pris l'habitude d'en envoyer.
05:24Ça permet de faire du propergol solide, le carburant des missiles.
05:29Donc voilà, il y a plein d'éléments qui montrent qu'il faut percevoir
05:33la notion de blocus avec une certaine souplesse.
05:37J'ai commencé ce quartier général par là ce soir.
05:39C'est la question centrale.
05:40Est-ce que la guerre va reprendre, peut reprendre ?
05:42Est-ce que Trump aurait un intérêt évident, selon vous, aujourd'hui,
05:45à reprendre des frappes ?
05:46Je crois que Donald Trump, en fait, c'est le docteur Hauss de la guerre.
05:51Vous savez, le docteur Hauss, c'était une série télé
05:52où un médecin, après vous avoir tué 22 fois, vous sauvait
05:55après avoir expérimenté à peu près toutes les formules possibles.
05:58Imaginez un peu comme la médecine de guerre.
06:00Voilà, donc on est un peu ça.
06:02C'est-à-dire qu'il est en train de caler une stratégie fonctionnelle
06:05après avoir essayé l'option Venezuela.
06:07Ça va durer trois jours, je coupe la tête.
06:09Je vais trouver une vice-présidente bienveillante
06:11qui va signer tout ce que je veux et on passe à autre chose.
06:14Donc, il teste toute une série d'opérations, mais in vivo.
06:18D'habitude, on les teste dans un bureau, sur une salle de quartier général.
06:23Les militaires arrivent en disant qu'on a 15 options possibles et imaginables.
06:26Non, lui, il teste la 1, puis la 2, puis la 3, puis la 4, puis la 5.
06:30Là, il est arrivé à l'option intéressante puisque pour lui,
06:32elle est équilibrée.
06:33Il pense qu'il a trouvé la martingale de
06:36« je fais aussi mal aux Iraniens qu'ils me cassent les pieds »,
06:39ce qui est probablement la bonne solution à mon problème.
06:42Et ça, c'est le blocus ?
06:42C'est le relatif blocus.
06:44Enfin, le relatif blocus, le blocus filtrant.
06:46Mais est-ce qu'il aurait besoin, est-ce qu'il aurait un intérêt
06:49à rajouter par-dessus ce blocus filtrant, ce barrage filtrant ?
06:52Alors, ça dépend des frappes.
06:53Tempo.
06:54Le tempo, c'est normalement aujourd'hui,
06:57mais en fait, puisqu'il a mis quatre jours à déclarer au Congrès
06:59qu'il était en guerre,
07:00on est le 2 mai dans la phase déclaration officielle
07:04et discussion avec le Congrès, est-ce qu'on poursuit ou pas la guerre ?
07:08Ce sera partagé vendredi ?
07:09Oui, pour l'instant, la guerre est suspendue.
07:11Il pourrait même expliquer qu'il n'a plus rien à expliquer
07:14puisqu'il n'y a plus rien, ce qui est une option.
07:16Autrement, c'est dans 30 jours.
07:18Donc, on a 30 jours pour arriver à une décision éventuelle du Congrès
07:21s'il arrive déjà à finir de gérer son budget.
07:24Deuxième problème, le 14 mai, la visite chez le président Xi Jinping
07:28où là, il a des armes qui est non seulement jetée, virée du canal de Panama
07:34pour te montrer que chez moi, c'est chez moi,
07:36parce que pendant qu'on regarde ça, on ne regarde pas le reste.
07:38J'ai bloqué le détroit de Malacca au cas où par un accord...
07:41Ah, est-ce qu'on peut voir les cartes, pardon ?
07:41Est-ce qu'on peut voir les cartes, justement ?
07:43Parce que vous vous dites, grosso modo, il y a une stratégie plus globale derrière tout ça.
07:46Il y a une manière de voir ça au microscope où on ne voit rien
07:48et au télescope où tout d'un coup, ça paraît plus logique.
07:51Si on s'intéresse qu'à l'Iran et à Hormuz, on ne comprend pas forcément.
07:53Il se passe plein de choses.
07:54Pour vous, dans la tête de Trump, il y a un plan plus grand.
07:56Pas seulement dans sa tête.
07:57Alors, canal de Panama, gestion chinoise, ils viennent d'être jetés.
08:01Détroit de Malacca, 80% des exportations chinoises.
08:05Il vient d'y avoir un accord entre les trois pays principaux,
08:07Malaisie, Indonésie, Philippines, pour entièrement contrôler l'accord militaire
08:12entre les États-Unis et les trois pays en question sur le thème.
08:15« Si tu nous cherches, tu vas nous trouver ».
08:18Canal de Suez, il le contrôle.
08:20Détroit d'Hormuz, non.
08:21Bab el-Mandeb, il a payé les outils qui, comme chacun a pu constater, ne font pas grand-chose.
08:25Il a payé les outils ?
08:26Oui, bien sûr.
08:27Vous ne pensez pas que c'est l'immense puissance des forces navales
08:31qui ont permis de ne pas débloquer le détroit allemand-deb ?
08:35Ils sont payés, ils ne s'en cachent pas d'ailleurs.
08:37Les outils sont corruptibles.
08:39D'ailleurs, la corruption est un élément qui peut donner des résultats en Iran aussi,
08:43comme ça en donnait au Venezuela.
08:44Il a viré le pétrole vénézuélien, qui est le pétrole lourd qui va chez les Chinois,
08:49et le pétrole léger.
08:51La quasi-totalité des raffineries chinoises sont formatées pour le pétrole iranien.
08:55Et donc, il a la main aussi là-dessus, parce qu'il peut effectivement décider de faire un blocus total,
09:00ce qui n'est pas le cas.
09:01Donc, il a beaucoup d'armement pour dire à Xi Jinping, parlons à armes égales.
09:05Et il a construit, pendant qu'on ne le regardait pas, pendant que sa main gauche faisait des trucs bizarres,
09:11sa main droite faisait des choses très rationnelles.
09:13Et donc, il a récupéré, il est en train de signer quatre nouvelles bases au Groenland,
09:18ce qui est un message pour les Russes dans l'option des gels.
09:21Non, non, il y a une stratégie.
09:22Trump, on ne la voit pas quand on regarde de près, quand on la regarde de loin, c'est plutôt
09:26évident.
09:26Il y a une stratégie mondiale.
09:27Je reviens au Moyen-Orient.
09:29Quand vous voyez, on en parlait juste avant que vous n'arriviez sur ce plateau,
09:32les trois porte-avions qui sont déjà sur zone,
09:34un quatrième qui pourrait arriver pour relever, on le disait, le général Ford,
09:39est-ce que c'est dans les habitudes de Trump ou de l'armée américaine
09:43de déployer autant de force et au final de ne pas s'en servir ?
09:46Non.
09:48Donc, il va se passer quelque chose ?
09:49Oui, mais ça va se passer si, ça va se passer si, 14 mai, ça va se passer…
09:54Si, 14 mai, c'est la Chine, c'est…
09:56Oui, et puis, 4 juillet, la grande fête du 250e anniversaire de création des États-Unis,
10:05qui doit être pour lui l'incarnation de la victoire.
10:08Déjà, il est l'élu de Dieu, il a survécu, un assassinat, disons, moins de proximité que le président,
10:16mais déjà, ça l'avait marqué.
10:18Et on est dans cette phase-là où il a besoin d'arriver au réolé de sa victoire et de
10:22son futur arc de triomphe.
10:24Ce qui peut passer aussi par la guerre, en tout cas, tout ça ne sert pas à faire la paix.
10:29Ni à peser simplement sur des négociations ?
10:32Ça pèse aussi. L'armement, c'est un élément de la diplomatie.
10:37Mais ce n'est pas le cœur de la diplomatie, mais c'est un élément de la diplomatie.
10:40Ulysse Gosset citait Vergès tout à l'heure.
10:42Eh bien, on est dans cette…
10:43Mais là, Vergès, c'était « si tu veux la paix, prépare la guerre pour ne pas la faire ».
10:47Là, c'est « je peux faire la guerre pour arriver à ma paix ».
10:50Ma paix étant ma paix à moi.
10:53La stratégie de Trump, est-ce qu'il peut jouer le pourrissement ?
10:55Est-ce qu'il peut laisser tout le monde mijoter avec un blocus filtrant ?
10:59J'allais dire, les Iraniens et y compris le reste du monde, et nous aussi avec.
11:02Oui, bien sûr, sauf que là, son interlocuteur n'est pas nous,
11:05ce n'est pas les Occidentaux, ils s'en fous, c'est la Chine.
11:07Et là, le dialogue avec la Chine est beaucoup plus complexe
11:09à cause de la gestion par la Chine d'un autre monopole, celui des terres rares.
11:13Donc, il est en train de rééquilibrer une négociation compliquée avec l'Empire chinois,
11:17qui a fait sa démonstration de force début septembre,
11:19par cet incroyable défilé où il y avait à la fois la masse, qui est habituelle,
11:23et la technologie, ce qui était nouveau.
11:25Et donc, c'est un élément de la négociation.
11:27Il y a une cohérence globale, assez inattendue pour les observateurs du quotidien,
11:32mais dès qu'on se recule un peu, tout d'un coup, tout ça prend curieusement du sens.
11:36Est-ce qu'il est pressé ?
11:38Il a des moments.
11:39Vous avez entendu ces adjectifs qu'on lui colle souvent à la peau ces derniers temps,
11:42coincé, acculé, etc.
11:43Est-ce que c'est ça, Donald Trump, aujourd'hui ?
11:45Est-ce qu'il est dans cette position-là ?
11:46D'abord, dans sa tête, il ne peut pas l'être.
11:48J'écris dans mon livre, page 19, pour ceux que ça intéresse,
11:51les cinq règles du Trump, il ne peut pas perdre.
11:53Il ne reconnaît jamais sa défaite.
11:55Il ne reconnaît jamais sa défaite.
11:57Et de toute façon, la capacité qu'il a de résoter, de faire de la digression,
12:03de la divagation, de la provocation, lui permet d'emballer tout ça
12:07et de parler d'un sujet, puis d'un autre, puis de revenir au premier,
12:10en ayant à la fin toujours un jeton de plus que ce qu'il n'avait au début,
12:13puisque c'est un joueur de poker menteur.
12:15Donc, de ce point de vue-là, je crois qu'il a compris qu'avec l'étranglement relatif du Détroit,
12:21il avait trouvé des armes à quelles il n'avait pas pensé au début.
12:23Et donc, il est à la phase, allez, si on prend 15 options de Dr. House, il doit être à
12:28la phase 12.
12:29Et il y a des options où il perd ?
12:31Où le patient meurt ?
12:32Alors, oui.
12:34Il faut revoir la série.
12:35Il faudrait revoir la série, mais là, en l'occurrence, où lui, en tout cas, Donald Trump, perd.
12:38À vous entendre, ce soir, il ne peut que gagner.
12:40Non, pour lui, il ne peut pas perdre.
12:41Après, c'est la manière dont il enveloppe ce qui sera de toute façon sa victoire
12:45et la manière dont sa victoire va être digérée par son électorat.
12:49Car là, la dernière date finale, ce sont les élections de mid-terme.
12:53Mais c'est en novembre.
12:54C'est très loin et il se peut passer encore énormément de choses d'ici là.
12:58Oui, mais je parlais de la stratégie du pourrissement.
13:00Il y a ces élections de mid-terme.
13:01Est-ce que Trump peut se permettre de laisser filer les choses, de laisser traîner les choses ?
13:07On sait que les États-Unis, lui, il le répète souvent, gagnent de l'argent au moment où le prix
13:11du pétrole augmente.
13:12Sauf qu'ils importent aussi beaucoup de pétrole.
13:14Ils en exportent et ils en importent aussi.
13:16Ce n'est pas le même.
13:17Ce n'est pas la même condition.
13:18Il pourrait être autosuffisant.
13:19Ce n'est pas le même.
13:20Je suis tout à fait d'accord.
13:21Mais de fait, ils importent.
13:22Et de fait, à la pompe aux États-Unis, le prix a largement augmenté aussi.
13:25Parce que le prix est mondial, quel que soit l'endroit où vous l'explorez.
13:30Bien sûr.
13:30Mais donc, est-ce qu'il peut se permettre ?
13:31Mais il a un pouvoir.
13:32Vous savez que dans la législation américaine, le président peut décréter pour 90 jours le blocage des prix, y compris
13:37du pétrole.
13:37Ce qu'il ne l'a pas encore fait.
13:39Pour ces raisons-là.
13:40Et puis parce qu'il exporte massivement chez nous.
13:43Et qu'on lui achète massivement des armements, par exemple.
13:45Enfin, nos amis européens qui ont le plus grand mal à acheter français tellement ils sont tenus par cette erreur
13:51historique
13:51qui a été la non-construction de ce que le général de Gaulle souhaitait.
13:54C'est-à-dire une véritable Europe de la défense.
13:57Il faut revenir à ce qui se passe du côté iranien.
13:59Qui dirige l'Iran aujourd'hui ?
14:01Les Gardiens de la Révolution et un petit cercle qu'on a désormais découvert et identifié qui s'appelle le
14:05cercle Habib.
14:06Ils sont une bande de copains.
14:08Ancien combattant de la guerre Iran-Irak qui a duré 10 ans.
14:11Je le rappelle pour ceux qui pensent que 60 jours c'est long.
14:14Je rappelle qu'il a fait 79 jours pour que la Serbie, bombardée pendant 79 jours par l'ensemble de
14:20l'Alliance atlantique,
14:21décide d'arrêter les exactions qu'elle commettait dans la guerre civile interne de l'ex-Yougoslavie.
14:26Donc le temps de l'information en continu n'est pas toujours le temps de la guerre ni de la
14:32diplomatie.
14:33Mais oui, il y a aujourd'hui un cercle Habib.
14:35Ils sont partout.
14:36Ils dirigent l'intégralité des centres de pouvoir.
14:39Il n'y en a pas un qui est plus élevé que les autres.
14:40Mais ils sont tous ensemble.
14:42Et l'un des fondateurs du cercle Habib était Moshtaba Kamenai, l'actuel supposé guide de la Révolution.
14:48Oui, qui se trouve dans une condition de santé visiblement particulièrement délicate.
14:53Voilà.
14:53Mais tous les autres, le commandant des gardiens, l'ancien commandant des gardiens, le conseiller militaire,
14:57l'actuel secrétaire du Conseil de sécurité nationale, le secrétaire ou l'un des secrétaires du Conseil des experts,
15:04mais je ne vais pas dire de bêtises, tous sont membres de ce petit cercle qu'on n'avait pas
15:07vu arriver,
15:09pas plus qu'on avait vu arriver la secque des Hauts-de-Jatier du temps du président Ahmadinejad.
15:13Il faut qu'on refasse beaucoup d'études sur la Perse et ses complexités.
15:18Est-ce que Trump pourrait avoir un intérêt à éliminer ces gens-là aujourd'hui,
15:21comme ils l'ont fait il y a 60 jours au tout début avec les frappes contre le régime ?
15:24C'était un effet d'aubaine dont ils se sont beaucoup mordus les doigts
15:26parce qu'au lieu d'éliminer le guide, ils n'avaient plus d'interlocuteurs.
15:30Il restait à l'Hillary Jani, que les Américains ont un temps voulu préserver et que les Israéliens voulaient éliminer.
15:35Je rappelle que les Américains veulent le désarmement de l'Iran,
15:39les Israéliens voulaient l'effondrement de l'Iran.
15:41Ce n'était pas tout à fait le même but final et ça a expliqué pourquoi, de temps en temps,
15:46il y avait de nouvelles éliminations qui posaient un gros problème d'identification des bons interlocuteurs.
15:52Sauf que le principal responsable des gardiens de la Révolution, il y a 20 ans,
15:56qui est maintenant dirigeant du centre de stratégie des gardiens de la Révolution,
16:00a préparé cette guerre, préparé systématiquement, avec non pas un État iranien, mais 31 États iraniens,
16:0627 centres de production de missiles, de drones, de stockage d'armement, de vedettes, de moustiques,
16:12de tout ce qu'on veut, avec 4 ou 5 dirigeants, remplaçables les uns derrière les autres,
16:17ce qu'on appelle une direction Kleenex, dans toutes les directions de l'État iranien,
16:21notamment sécuritaire.
16:23Ce qui explique sa résilience et sa puissance, même atteinte au plus haut niveau,
16:28en fait, ce n'est pas grave, puisqu'ils n'ont pas de tête,
16:30ils ont un cœur, c'est un cytoplasme et pas une pyramide.
16:34On a mis un certain temps à comprendre qu'ils avaient évolué de ce point de vue-là
16:37et que même Ali Khamenei avait prévu ça en donnant tous ses pouvoirs à Ali Larijani
16:42après la guerre des 12 jours, en disant, ça y est, on se prépare à la fameuse guerre mosaïque.
16:47Donc, la réalité, c'est qu'ils étaient prêts à une guerre longue, difficile, durable, compliquée,
16:54mais au bout d'un moment, évidemment, le niveau inférieur n'est jamais aussi intelligent, élevé, expérimenté
17:02que le niveau supérieur.
17:03On le verra tout à l'heure, un peu plus tard dans l'émission,
17:05il y a un certain nombre de voix qui conseillent à Trump ce soir de reprendre les frappes
17:09et un certain nombre de voix qui disent, regardez, si le régime iranien est divisé
17:13entre ceux qui veulent négocier et ceux qui veulent une voie beaucoup plus dure et aller vers la guerre,
17:20il suffit d'éliminer ceux qui sont pour la guerre pour forcer ceux qui veulent négocier à négocier réellement.
17:26Il n'y a pas de modérés dans le régime iranien, il n'y a pas de négociateurs.
17:29Les négociateurs le font parce que le bras droit et le bras gauche, mais sous la même autorité,
17:34jouent sur plusieurs tableaux, poker menteur pour Donald Trump, échec menteur pour les Iraniens,
17:39mais dans la réalité de ce qui est en train de se produire, rien ne se fait sans que le
17:43cercle Habib ait dit,
17:44eh bien, on va jouer ça aussi, il joue sur plusieurs tableaux.
17:47Alors, ce n'est pas Doctor House comme Donald Trump, c'est une version plus décentralisée,
17:52avec plus d'acteurs qui décident ou pas d'y aller, mais tout se fait toujours dans une logique parfaitement
17:58centrale.
17:58Relisez ce que disaient les négociateurs de l'accord de Vienne sur comment ça s'était produit.
18:03D'abord, ça avait mis un temps infini et en fait, on a toujours l'impression qu'il y avait
18:05des modérés qui étaient en...
18:07Pas du tout, tout ça était un jeu parfaitement bien calibré, un théâtre magnifiquement précis,
18:13de la pure marqueterie perse, où chacun jouait un rôle particulier,
18:18dans le but de montrer que c'était si dur d'arriver à la négociation.
18:20Mais si tu me redonnes un petit quelque chose, peut-être que j'arriverais à convaincre.
18:24C'est bad flick, c'est good cop, bad cop, en version iranienne.
18:27En version iranienne. Je précise que tout à l'heure, dans quelques minutes,
18:29on sera avec la ministre des Armées, Catherine Vautrin,
18:32qui a accepté d'être l'invité ce soir du quartier général.
18:34Je remontre les livres Alain Bauer, Trump, le pouvoir des mots, aux éditions First,
18:39et deuxième livre ce soir, Intrigue à l'ONU, ça c'est un roman.
18:43Il raconte les négociations d'il y a trois ans, les vraies négociations d'il y a trois ans,
18:46secrètes entre Iraniens et Israéliens déjà.
Commentaires

Recommandations