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Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), était l’invité du Face-à-Face d’Apolline de Malherbe ce vendredi 16 janvier.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Alain Boer.
00:04Bonjour.
00:05Vous revenez des Etats-Unis et vous en revenez avec un livre,
00:08Trump, le pouvoir des mots, c'est publié aux éditions First.
00:12Vous êtes bien sûr professeur émérite de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers.
00:16On va essayer de mieux comprendre avec vous le langage, les décisions,
00:22l'incertitude que fait peser sur le monde Donald Trump.
00:27Et cette semaine, l'Iran et le Groenland, plus incertains que jamais.
00:32Mais avant de parler de Donald Trump, j'aimerais parler d'Emmanuel Macron.
00:35Et précisément de ce rapport de force, Emmanuel Macron qui hier a déclaré
00:39« Pour être craint, il faut être puissant. Pour être puissant dans ce monde si brutal,
00:44il faut faire plus vite et faire plus fort. »
00:47Dans le même temps, il annonce envoyer des soldats au Groenland. Ils sont 15.
00:52Alors, en diplomatie, il y a le symbolique et il y a le réel.
00:55– On a bien compris que dans le réel, on n'était plus présent depuis un certain temps.
00:59Depuis l'effondrement de nos armées, la réduction à une armée bonsaï,
01:03un peu de tout, beaucoup de rien, qui a été dénoncée à juste titre
01:06par le général de Villiers d'abord, par le général Burkhardt ensuite,
01:10deux chefs d'état-major des armées qui ont eu le courage,
01:13l'un a été puni, l'autre a été promu, mais au moins on peut-on parler d'une évolution,
01:17de dire à quel point nous avions éliminé nos capacités
01:21de souveraineté nationale et militaire au nom de l'idée que notre dissuasion nucléaire servait à tout.
01:26– Que ça suffisait.
01:27– Depuis 2001 que ça n'est pas vrai, les Russes nous ont rappelé à quel point ça n'était pas vrai,
01:32mais au moins a-t-on fait quelque chose dans l'envoi non seulement des Français,
01:36des Danois, quelques Anglais aussi, des Norvégiens ?
01:41– C'est mieux que rien ?
01:42– C'est mieux que rien, c'est mieux que rien parce que ça implique l'idée que…
01:47– Ça n'est pas ridicule ?
01:48– C'est ridicule, mais c'est mieux que rien.
01:50– Ah, c'est ridicule, mais c'est mieux que rien.
01:50– Oui, on avait le choix entre rien, la lâcheté totale, la mobilisation structurelle et l'entre-deux.
01:58Mais il faut le rappeler, contrairement à ce que tout le monde raconte,
02:01le Groenland n'est pas parti de l'Union Européenne, ça n'est pas vrai.
02:04Le Groenland a choisi par deux fois de ne pas être dans l'Union Européenne, deux fois.
02:08Le Groenland est soumis à un traité, je l'ai ramené, 1951.
02:11– Vous l'avez sous les yeux, vous l'avez même imprimé.
02:13– Oui, je l'ai imprimé parce que ça sert toujours.
02:15Qui donne aux États-Unis la possibilité de mettre n'importe où, n'importe quand et n'importe comment au Groenland
02:21des équipements militaires de défense dans l'intérêt des États-Unis.
02:26– Donc pas dans l'intérêt des habitants du Groenland, pas dans l'intérêt des membres de l'OTAN ou de l'Union Européenne ?
02:33– Dans le cadre de l'OTAN, mais dans l'intérêt des États-Unis.
02:36– Ceci date de 1941, dix ans avant, quand l'ambassadeur du Groenland,
02:41contre l'avis de son propre gouvernement danois, a donné tout pouvoir aux États-Unis
02:46pour se prévenir d'attaques de sous-marins allemands.
02:48Depuis 1951, c'est une immense base d'abord aérospatiale de contrôle aérien, du NORAD,
02:57donc qui contrôle tout le continent nord-américain, États-Unis, Canada et Groenland,
03:02et surtout qui a été une base de bombardiers stratégiques contre la Russie pendant des années.
03:07Cette base était secrète, c'est un Français, Jean Mallory, qui la découvre en se baladant
03:11avec son guide Inuit et qui, quatre ans plus tard, dit, vous savez,
03:16qu'il y a une grande base américaine dont personne ne connaît l'existence.
03:19– Cette base aérienne, ce traité que vous avez sous les yeux, ils sont toujours aujourd'hui en application ?
03:26– Oui, ils ont été remis à jour, mais pas du tout supprimés,
03:29ils ont intégré la volonté du Groenland de devenir indépendant et les raisons de son autonomie,
03:34donc il prévoit que les États-Unis parlent aussi aux Groenlandais et pas seulement aux Danois
03:38s'ils décidaient de faire quelque chose de nouveau ou une nouvelle implantation.
03:43– Prenons le temps d'essayer de comprendre Alain Boer,
03:46on se retrouve avec une situation où Donald Trump, de manière de plus en plus pressante,
03:50de plus en plus évidente, dit qu'il veut le Groenland.
03:53– Les Européens qui, eux, disent qu'il n'en est pas question,
03:57les Danois évidemment également, et donc les Européens qui envoient,
04:02alors même si en effet, on l'a bien compris, c'est pour l'instant un nombre symbolique de soldats,
04:07donc on a des soldats de membres de l'Alliance Atlantique
04:11qui sont postés au Groenland pour faire face à une éventuelle arrivée de soldats
04:21ou une action d'un autre membre de ce même traité de l'Alliance.
04:26– Non, ce n'est pas ce qui est annoncé.
04:27– Alors expliquez-nous.
04:28– Il est annoncé que c'est pour garantir la protection du Groenland
04:32dans le cadre de la demande du président Trump
04:34afin de se prémunir contre les Russes et les Chinois.
04:37– C'est-à-dire ? Qui dit ça ?
04:39– Les Européens.
04:41– Donc au fond.
04:41– Le commentaire sur l'envoi de cette mission préparatoire
04:46à un exercice qui permettrait de défendre le Groenland,
04:50ce n'est pas pour le défendre contre les États-Unis.
04:52– En tout cas officiellement ?
04:53– Ni officiellement, ni officieusement, ça n'est pas dit du tout.
04:56C'est fait pour le défendre, comme le demande Donald Trump,
05:00contre les Russes et les Chinois.
05:02– Mais attendez, je ne comprends rien.
05:04– C'est parce que nous ne savons pas comment parler le Trump,
05:07c'est tout le cadre de cet ouvrage.
05:08J'essaie d'expliquer que Trump dit toujours la même chose,
05:11depuis 1987.
05:13En 1987, il achète une page complète du New York Times
05:15en disant, en matière de politique étrangère,
05:17voilà ce qu'il faut faire.
05:18Taper fort, s'exprimer clairement
05:21et avancer dans un cadre qui est dans l'intérêt des États-Unis
05:25et des États-Unis seulement.
05:2740 ans qu'il dit la même chose.
05:29Mais nous ne l'écoutons pas, nous ne le lisons pas,
05:31nous ne le comprenons pas
05:32et nous réajussons uniquement à ces provocations.
05:36Mais derrière la provocation, il y a un autre Trump.
05:38Il y a un Trump extrêmement structuré,
05:40extrêmement rationnel, extrêmement business
05:42qui dit clairement ce qu'il veut,
05:45comment il le veut et comment il veut le faire.
05:47Et en plus, il vous le fait sans hypocrisie,
05:49sans masque, sans emballage.
05:51– En fait, il ne nous prend pas à défaut.
05:53– Non.
05:54– Il nous dit, et vous l'avez d'ailleurs analysé
05:56effectivement dans ce livre,
05:58Trump, le pouvoir des mots,
06:00il dit les choses, il faut juste l'écouter et le lire.
06:02– Et le croire.
06:03Toujours le croire.
06:04– Il faut toujours croire ce que dit Donald Trump.
06:06– Oui.
06:06– Alors attention, il y a aussi ce que les Iraniens
06:09ont peut-être cru et qui n'a ensuite pas été suivi de fait.
06:13On y viendra, mais restons sur le Groenland.
06:15Moi, ce que j'aimerais comprendre,
06:16c'est ce que vous êtes en train de nous dire.
06:17C'est-à-dire que le sentiment qui s'est installé
06:20dans les opinions publiques européennes,
06:23ou en tout cas que nos gouvernants nous laissent entendre,
06:28c'est qu'attention, il ne faut pas toucher au Groenland
06:30et qu'on va s'en prémunir
06:31et que s'il le faut, on va envoyer des soldats.
06:34Mais en réalité, vous dites que vis-à-vis des Etats-Unis,
06:36ils n'assument pas du tout le même langage.
06:38– Pas du tout.
06:39Ils disent aux Etats-Unis,
06:40vous voyez, nous faisons l'effort nécessaire
06:41pour protéger le Groenland
06:43contre vos nouveaux ennemis, les Russes et les Chinois.
06:45– Mais il y a aussi ce que disent
06:46le Premier ministre du Groenland
06:48et les gouvernants du Danemark.
06:51– Oui, mais c'est plus normal.
06:52C'est un peu chez eux.
06:53Alors, le Danemark de moins en moins.
06:54Le Danemark a admis que l'indépendance du Groenland
06:57arriverait un jour.
06:58Le Groenland est dirigé par des partis
07:01tous indépendantistes.
07:03Alors, plus ou moins indépendantistes,
07:05mais tous indépendantistes.
07:07Et Donald Trump dit,
07:08soit j'achète le Groenland,
07:09soit j'achète les électeurs groenlandais,
07:11soit il faut organiser un référendum.
07:13– Est-ce que c'est possible, ça ?
07:14C'est-à-dire, quels sont les scénarios ?
07:16Alors, j'aimerais les scénarios
07:17du point de vue, effectivement, américain
07:19et ensuite du point de vue européen.
07:20Mais du point de vue de Donald Trump,
07:22quel est le scénario
07:23et à quelle échéance ?
07:25– J'achète ou j'occupe ?
07:27J'achète parce qu'il a fixé un tarif
07:30entre 10 000 et 100 000 dollars par habitant.
07:33Vu le nombre d'habitants du Groenland,
07:34c'est à peu près…
07:35– Ils ont 50 000 à peu près.
07:36– Voilà, jouable.
07:37Ou j'occupe parce que dans le cadre
07:39du traité de 1951,
07:41eh bien, je décide à nouveau
07:42de renforcer la base de Thulé,
07:44désormais pitoufique,
07:45où il n'y a que 150 soldats américains,
07:48mais il peut y en avoir 15 000 demain matin.
07:49Comme ça a été le cas dans les années 50…
07:51– Et ça, personne ne pourrait s'y opposer.
07:53– Rien.
07:54– Ni les Européens,
07:55ni… c'est dans le traité,
07:57il a le droit d'envoyer 15 000 hommes
07:59s'il veut sur sa base.
07:59– Ce n'est pas dans l'Union Européenne.
08:01Le Groenland n'est pas dans l'Union Européenne.
08:04Par une décision des Groenlandais eux-mêmes.
08:06– Alors maintenant, de notre point de vue,
08:08du point de vue des Européens,
08:09du point de vue des Danois,
08:12que pouvons-nous faire ?
08:13Que devons-nous faire ?
08:14Quels sont les différents plans
08:16sur lesquels travaillent les uns et les autres ?
08:17Lorsqu'Emmanuel Macron convoque hier matin
08:19un conseil de défense en urgence,
08:22c'est pour faire quoi ?
08:22– D'abord, c'est pour convoquer un conseil de défense,
08:25pour vous le faire savoir,
08:26pour que nous puissions en discuter ce matin.
08:27– C'est pour qu'on se dise qu'il s'agite et qu'il agit ?
08:29– S'il se passe quelque chose.
08:30Non mais il reste un Européen disponible
08:33pour tenter vaguement d'unifier l'Europe.
08:38L'Europe n'est pas une puissance,
08:39c'est un marché,
08:40elle a décidé de ne pas être une puissance.
08:41Le Danemark lui-même achète des F-35 américains
08:44dont la règle d'usage fait qu'il ne peut pas servir
08:47contre les États-Unis.
08:49– C'est vrai que c'est assez inouï quand même,
08:51ce que vous êtes en train de nous dire,
08:52c'est que l'Europe aujourd'hui s'inquiète,
08:54mais elle n'a en effet pas créé d'armée
08:57à proprement parler.
08:59Et on s'en souvient bien,
09:00les Polonais, les Danois,
09:01lorsqu'ils ont dû acheter,
09:02contrairement au fait qu'ils auraient pu acheter
09:04des avions qui notamment étaient des avions
09:07de marques françaises,
09:09de fabrication française,
09:10ou franco-allemande, ou suédoise,
09:12ils ont préféré,
09:13peut-être aussi pour flatter les Américains,
09:15aller acheter sur le marché américain.
09:17Et aujourd'hui,
09:18ils ne peuvent donc plus,
09:19pas utiliser leur propre force
09:21contre celui qui leur a vendu le matériel.
09:24– Absolument, c'est interdit.
09:25– Enfin, c'est interdit,
09:25mais bon, bref,
09:26j'ai l'impression que Donald Trump,
09:27ce qui est interdit, ça…
09:28– Oui, ce qui est interdit
09:30contre Donald Trump.
09:31Voilà.
09:32Donald Trump, c'est un sens unique.
09:34Ce qui est à vous est à moi,
09:36et ce qui est à moi reste à moi.
09:37Donc, le processus,
09:38de toute façon, ne change rien.
09:39Mais l'illusion des Européens,
09:42la fascination des Européens,
09:43la lâcheté d'une partie des Européens
09:45crée les conditions d'eux.
09:47Vous noterez d'ailleurs
09:47qu'il n'y a que 4 pays
09:48qui vont envoyer 40 soldats
09:50au Groenland,
09:514 sur 27.
09:52– Les autres, ils disent quoi ?
09:53– Rien.
09:55– Et pourquoi ?
09:55– Ils ont peur.
09:56– Ils ne diront rien,
09:57ils ne disent rien aujourd'hui,
09:58ils ne diront rien ensuite ?
09:59– Ils sont…
10:00– Ils feront un commentaire,
10:02c'est vraiment pas bien.
10:04– Est-ce qu'il faut
10:04véritablement imaginer que,
10:07et je vous repose la question
10:08de l'échéance,
10:09que ces deux options,
10:10c'est-à-dire acheter
10:11le Groenland
10:12ou occuper le Groenland,
10:15pourraient arriver
10:16à brève échéance ?
10:18– Avant la fin de cette année,
10:19en tout cas,
10:19on saura exactement
10:21ce qu'a été le choix
10:22de Donald Trump,
10:23mais dans tous les cas de figure,
10:24il a annoncé
10:25qu'il voulait cela,
10:26il aura cela.
10:27– 2026.
10:28– 2026 est l'année
10:30de la bascule ?
10:31– Oui,
10:31comme ce sera
10:32l'année de la bascule
10:33sur Taïwan probablement,
10:34puisque à nouveau,
10:35le président chinois
10:36vient de raccourcir
10:37le délai 2035,
10:382032,
10:392027,
10:402026,
10:41pour récupérer Taïwan.
10:42– Est-ce que c'est
10:43un rapport l'un avec l'autre ?
10:44Est-ce que ce dérèglement
10:45complet,
10:46ce chaos,
10:47cette incertitude,
10:48est-ce que tous les morceaux
10:49du puzzle sont liés ?
10:50– Alors je ne crois pas
10:50que ce soit ni un chaos
10:51ni un dérèglement,
10:52c'est un re-règlement,
10:53c'est la revanche
10:54et la vengeance des empires
10:56et chacun revient chez soi.
10:58En fait,
10:59la carte que nous voyons
10:59nous en horizontale,
11:01il faut désormais
11:02la voir en vertical.
11:03Les États-Unis
11:04au sens large,
11:06la Chine
11:07au sens large
11:09et d'ailleurs,
11:09la nouvelle carte chinoise
11:10officielle
11:10de Wué Yaobang,
11:12elle est verticale
11:14et pas horizontale.
11:15– C'est-à-dire qu'on déplie
11:16le monde
11:16à la verticale
11:18au lieu de le faire
11:19à l'horizontale.
11:20On ne l'ouvre pas
11:21sur le côté…
11:23– On a donc
11:23l'empire chinois,
11:25l'empire américain
11:26et au milieu,
11:29les trucs
11:30qui restent à conquérir.
11:31– Les trucs
11:32qui restent à conquérir,
11:32c'est nous ?
11:33– Oui,
11:33les marchés
11:34parce que c'est juste
11:35des clients
11:35ou les adversaires
11:37quand ils ont
11:38cette situation
11:40de pouvoir un jour
11:41concurrencer
11:42d'un point de vue fiscal.
11:43C'est la situation
11:44de M. Breton
11:45d'un point de vue
11:46industriel,
11:49d'un point de vue
11:49politique,
11:51les deux empires.
11:52– Alain Boer,
11:53il y en a qui peut-être
11:54ont cru la parole
11:55de Donald Trump.
11:56Ce sont les Iraniens.
11:58Ils sont descendus
11:59dans la rue
11:59et après quelques jours
12:01de ces manifestations,
12:03de ces manifestations
12:04abominablement réprimées,
12:07Donald Trump a dit
12:08« L'aide arrive ».
12:11Et voilà qu'il dit
12:12qu'au fond,
12:13les choses ont l'air
12:14de se calmer.
12:16Quel Donald Trump
12:17faut-il croire ?
12:19Et a-t-il fait preuve
12:20ou est-il en train
12:21de faire preuve
12:22aujourd'hui
12:22d'une forme de lâcheté
12:23après leur avoir
12:24laissé entendre
12:25qu'il irait les aider ?
12:27Est-il en train
12:27de laisser tomber
12:28les Iraniens ?
12:29– C'est surtout
12:29qu'il s'est rendu compte
12:30qu'il avait un problème.
12:31Voici le positionnement
12:32des forces navales américaines
12:33dans le monde.
12:34Zéro dans le Golfe.
12:35– Vous montrez là
12:37et je le précise
12:38pour ceux qui nous écoutent
12:39sur RMC,
12:40une carte du monde
12:41où sont les porte-avions
12:43américains ?
12:44– Qui ne sont pas
12:45tout seuls,
12:45c'est une flotte complète.
12:47– Et les flottes complètes,
12:48il y en a un qui est
12:49en train de repartir,
12:50on est d'accord ?
12:50– Qui sera là
12:51la semaine prochaine.
12:51– Est-ce que ça veut dire
12:52si on regarde cette carte-là
12:55en temps réel
12:56qu'au fond,
12:57Donald Trump
12:57est en train de faire
12:58que gagner du temps
12:59parce que pour l'instant,
13:00de toute façon,
13:00il ne peut pas taper
13:01et que donc il faut attendre
13:03que son porte-avions
13:04et que sa flotte
13:05soient de retour
13:06dans la zone ?
13:08– Il n'a pas les moyens
13:08d'une frappe,
13:10une frappe conséquente.
13:12Il n'est pas possible
13:12de demander aux Israéliens
13:14de sous-traiter
13:14une frappe conséquente
13:16car ça mettrait
13:17l'ensemble du Golfe
13:17en feu.
13:19Les alliés
13:19des États-Unis
13:21dans le Golfe
13:21y compris au Qatar
13:22lui disent
13:22« Ah non, mais là,
13:24ça ne va pas le faire ».
13:24– C'est ce qu'a dit
13:25l'Arabie saoudite,
13:26c'est ce qu'a dit le Qatar
13:27qui ont refusé
13:28que les avions américains
13:30passent dans son
13:31espace aérien.
13:33– Voilà,
13:33donc il ne reste
13:34que la présence
13:35d'une flotte
13:35ce qui laisse
13:36à Donald Trump
13:36huit jours
13:37soit pour constater
13:39la solidité du régime
13:40ce qui est une option
13:42soit pour dire
13:44si la révolte
13:45est suffisamment structurée
13:46et continue
13:47à ce moment-là
13:47je pourrais frapper.
13:49Donc il nous reste
13:50huit jours d'attente
13:51sur la décision
13:53qui pourrait être
13:53ultimement celle
13:54de Donald Trump.
13:55C'est la même chose
13:55que sur les frappes
13:56contre l'Iran
13:57et ses espaces nucléaires.
13:59Non, non, peut-être,
14:01oui, il faut voir, oui.
14:02– Et puis finalement
14:03il avait effectivement
14:04fait ses frappes.
14:05Est-ce que ça veut dire
14:06Alain Boer
14:07que ce que vous comprenez
14:08c'est que Donald Trump
14:09ne dit pas aujourd'hui
14:09qu'il n'interviendra pas
14:11en Iran,
14:12il veut juste gagner du temps,
14:13il n'a pas renoncé.
14:15– Non.
14:16– Pendant ce temps-là,
14:17la répression
14:18a été abominable.
14:21Les premiers constats
14:23officiels
14:24font état
14:25d'au moins
14:264000 morts
14:27mais il ne s'agit
14:28que des constats
14:28officiels.
14:30On imagine
14:30et c'est vraisemblablement
14:31beaucoup plus,
14:33peut-être au-delà
14:33de 10 000 personnes
14:34qui ont trouvé la mort
14:35dans les manifestations.
14:36que peuvent faire
14:38les Iraniens ?
14:39Que peut-il se passer ?
14:41– Il est très compliqué
14:42de résister en Iran
14:45d'abord parce que le régime
14:46est extraordinairement
14:47présent, puissant,
14:49les passes d'Aran
14:50plus que tous les autres.
14:51Donc il y a toujours
14:52un choix des Américains
14:53comme ils l'ont fait
14:53au Venezuela
14:54de trouver un interlocuteur
14:55valable qui pourrait aider
14:56à renverser le régime
14:57parce qu'on ne sait pas
14:59très bien
14:59qui remplacerait
15:00Ali Ramina
15:00et le guide de la révolution.
15:02Je précise que le président
15:03de la République en Iran
15:03est un fantoche,
15:04c'est un président
15:05de la 4ème République,
15:05ça ne sert pas à grand-chose
15:06mais ça donne l'impression
15:07d'une démocratie
15:09et pour l'instant
15:10cette solution
15:12n'a pas été trouvée
15:14par les Américains
15:15notamment.
15:16Deuxièmement,
15:17les Israéliens
15:18ont de gros moyens
15:19de renseignement en Iran
15:20mais eux non plus
15:21n'ont pas trouvé
15:22la martingale
15:23permettant un effondrement
15:24du régime
15:25ou comme au Venezuela
15:27un régime change
15:28sans régime change.
15:29C'est-à-dire
15:29on change la tête,
15:30on trouve quelqu'un
15:31qui est plus compréhensif
15:32mais on garde le système
15:34parce qu'il ne faut pas
15:34que tout s'effondre.
15:35puisque la grande peur
15:37des Américains
15:38comme ils l'avaient fait
15:39d'ailleurs
15:39après la Deuxième Guerre mondiale
15:41c'est que
15:42l'État s'effondre.
15:44Donc ils sont favorables
15:45simplement à un changement
15:46à la tête
15:46mais ils n'ont pas trouvé
15:47la solution.
15:48Alors ils la cherchent,
15:49le président Trump
15:50par exemple
15:50n'a pas adoubé
15:51M. Palavi
15:52le successeur héritier
15:55du dernier empereur
15:56du dernier char
15:57et donc ça montre bien
15:58les incertitudes
16:00qui existent.
16:01Vous avez pu noter
16:02qu'en Venezuela
16:03il n'a pas non plus
16:03adoubé Mme Machado
16:05qui lui a aimablement
16:06offert son prix Nobel.
16:07Mme Machado
16:07prix Nobel de la paix
16:08qui hier soir
16:10dans un geste
16:12à la fois symbolique
16:13et un peu désespéré
16:14lors de sa rencontre
16:16avec Donald Trump
16:17lui a symboliquement
16:18donné sa médaille
16:20du prix Nobel.
16:20Ça ne change rien.
16:21Donald Trump ne reçoit pas
16:23pour autant le prix Nobel
16:23mais le fait de lui donner
16:25cette médaille
16:26c'en est presque
16:28tristement pathétique
16:29ou est-ce que vraiment
16:30elle peut espérer
16:31qu'alors
16:32il lui donne le pouvoir ?
16:34Non mais le problème
16:35avec Donald Trump
16:35c'est pas que nous
16:36Il ne la respecte pas.
16:37C'est pas que nous le jugions
16:39par rapport à des concepts
16:40moraux parfaitement répandus
16:42c'est de voir
16:43si ça fonctionne ou pas.
16:45Est-ce que Donald Trump
16:46va ou pas
16:47à partir d'éléments
16:49de flatteries
16:50d'accompagnement
16:51etc.
16:52Décider d'aller plus loin
16:54au Venezuela
16:54que simplement
16:55le changement
16:56du président Maduro
16:57par sa vice-présidente ?
16:59La vice-présidente
17:00est très compréhensive
17:01elle parle beaucoup
17:02à M. Rubio
17:02le secrétaire d'État
17:03et conseiller
17:04à la sécurité nationale
17:05américain
17:06il a un objectif personnel
17:08qui s'appelle Cuba
17:09qui est un élément
17:10dont on n'a pas parlé
17:11mais qui est caché
17:12derrière le Venezuela
17:13mais qui est aussi caché
17:14derrière l'affaire iranienne
17:15contrairement à ce qu'on imagine
17:17tous ces éléments
17:17ne sont pas isolés
17:19les uns des autres
17:19tout cela est parfaitement cohérent
17:21parfaitement coordonné
17:23il faut juste se donner
17:23le temps
17:24de regarder
17:25de cartographier
17:26tous ces micros événements
17:28pour se dire
17:28mais il y a une vraie stratégie
17:30derrière
17:30ce que j'explique d'ailleurs
17:31dans le livre
17:32c'est que
17:33Donald Trump
17:34il est totalement stratégique
17:36il est totalement business
17:37et il emballe à ça
17:38avec de la provocation
17:40de l'agitation
17:40tout ce qui nous évite
17:42de réfléchir
17:43au vrai sujet
17:43puisque nous réagissons
17:45simplement
17:45à ces provocations
17:47merci beaucoup Alain Boer
17:48d'être venu ce matin
17:50nous aider un peu mieux
17:51à comprendre
17:51et on a bien compris
17:51désormais il faut regarder
17:53la carte différemment
17:54le pouvoir
17:55la puissance
17:56Trump
17:57le pouvoir des mots
17:58décryptage d'une redoutable
17:59mécanique de persuasion
18:00de masse
18:01votre livre
18:02aux éditions
18:03First
18:03il est 8h47
18:04sur RMC
18:05et BFM TV
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