00:00 C'est la Nouvelle Écho et c'est chaque matin sur France Bluéro à 7h15 avec que des bonnes idées, des bonnes initiatives, Guillaume Mourland.
00:06 Bonjour Yann Mailleur, vous êtes directeur de la société CEPOL A7.
00:11 Alors CEPOL c'est pas tout à fait une entreprise cétoise, le siège social est en Normandie, mais il y a une unité A7.
00:20 CEPOL en deux mots, leader français de la transformation du colza et du tourneau sol, c'est ça ?
00:25 C'est ça, donc nous transformons des graines oléagineuses en produits pour l'alimentation animale et en énergie renouvelable.
00:32 Alors alimentation animale on va pas trop en parler, sauf si on a un petit peu de temps.
00:36 C'est surtout les biocarburants que vous développez, vous avez notamment développé un biocarburant qui s'appelle Oléo 100,
00:42 un carburant qui est produit à 100% à partir de colza français, c'est ça ?
00:46 Tout à fait, donc c'est du colza que l'on transforme et avec lequel on fait un biocarburant, ce qu'on appelle un B100,
00:51 et qui équipe actuellement 1200 clients dans toute la France.
00:55 Oui, les biocarburants, on imaginait que jusqu'à présent il y avait une part importante de bio dans ces carburants,
01:03 mais aussi encore une part d'énergie fossile, là c'est pas du tout le cas, c'est ça ? Expliquez-nous la particularité de votre biocarburant.
01:09 Alors le B100, ce que vous voyez à la pompe, c'est-à-dire qu'il y a 7% d'incorporation de biocarburant dans les diesels.
01:13 - Combien vous dites ? - B7.
01:15 - Oui, c'est 7% ? - Oui, 7% volumique.
01:18 - Vous vous êtes passé de 7 à 100 ? - Exactement.
01:21 Donc le B100, c'est vraiment pour les flottes dites poids lourds, ou les bus,
01:24 notamment le contrat qu'on a signé avec les agglomérations et Caolice dans la région cétoise,
01:28 où là pour le coup c'est 100% de biocarburant, donc fabriqué à partir de colza français, à 100%,
01:35 et qui permet jusqu'à 60% d'économie de CO2, quand on fait le bilan, ce qu'on appelle du champ à la roue.
01:39 - Vous nous dites tout là, on va y revenir aussi, sur les économies faites en termes de rejets de diépsies de carbone dans l'atmosphère,
01:50 mais c'est-à-dire que jusqu'à présent, ce qu'on appelait les biocarburants, l'étaient pas tout à fait,
01:55 le vôtre il l'est vraiment, il n'y a aucune énergie fossile dedans.
01:59 - Il n'y a aucune énergie fossile, c'est que de la graine.
02:00 - Pourquoi ça n'a pas été fait avant ? Alors c'est pas à vous directement que je pose la question, mais pourquoi ?
02:05 - Alors les biocarburants, les diéster, existent déjà depuis 1992, donc ça fait quelques années que ça existe.
02:10 Après il y a des questions de législation, il y a des questions de volonté publique aussi de plus en plus les incorporer,
02:15 il fallait aussi développer toute la filière pour les produire et puis les distribuer,
02:21 donc on est aussi attentif à toutes les évolutions réglementaires pour les incorporer.
02:26 - Alors, cet agropole méditerranée et son réseau de transport Kéolis viennent de choisir votre carburant pour alimenter une partie de leur bus, c'est ça ?
02:35 - Oui.
02:35 - Dans quelle proportion ?
02:36 - À 20%.
02:37 - À 20% des bus, c'est ça.
02:38 11 des 51 véhicules de Kéolis qui vont rouler avec Oléo 100.
02:43 - Oléo 100, c'est le nom du produit, oui, donc c'est un carburant 100%.
02:46 - Qui pour l'instant n'est pas destiné aux particuliers ?
02:49 - Non, alors ça c'est pour des questions techniques, c'est qu'on ne peut équiper que pour l'instant que des poids lourds et des gros bus pour des questions de motorisation.
02:55 - Mais on pourrait imaginer que demain, la voiture de monsieur et madame Tout-le-Monde, roule avec ce type de carburant ou pas ?
03:00 - Pourquoi pas, après techniquement il faudrait développer les moteurs, mais il n'y a rien.
03:04 - Mais il n'y a rien qui l'empêche ?
03:05 - Non, il n'y a rien qui l'empêche.
03:06 - Sur le principe.
03:07 - 11 des 51 véhicules de Kéolis qui vont rouler avec votre carburant, ça représente 200 000 litres de biocarburant chaque année.
03:14 Ça vaut une économie de 350 tonnes de CO2 par rapport au diesel.
03:19 C'est pas mal quand même.
03:20 - Oui c'est intéressant.
03:21 - Un peu de mal à me rendre compte, mais 350 tonnes ça pourrait correspondre à quoi, je ne sais pas, combien de Boeing ?
03:26 - Je ne pourrais pas vous dire ça, je n'ai pas fait les calculs, non.
03:29 Non, ce qui est intéressant aussi, c'est qu'au-delà des économies de CO2, c'est que ça réduit aussi les particules qui sont émises.
03:33 Puisqu'on réduit de 80% les particules émises par rapport à un diesel.
03:36 Donc là aussi c'est intéressant.
03:38 - Vous avez reçu il n'y a pas très longtemps la visite d'un ministre, et un ministre important, puisqu'il s'agit de Bruno Le Maire, ministre de l'économie.
03:44 Il est venu pourquoi Bruno Le Maire chez vous ?
03:46 - Alors il est venu dans le cadre du projet de loi qui est actuellement en train de sortir sur l'industrialisation en France.
03:51 Et il est venu se rendre compte de ce qu'on faisait, je ne sais pas, puisqu'on est au cœur de la transition énergétique avec le groupe Avril.
03:57 A la fois dans la production des biocarburants, on est un groupe agricole, puisque nos matières premières c'est de la graine,
04:03 donc on travaille directement avec des agriculteurs.
04:04 Et d'ailleurs le groupe Avril est détenu principalement par la filière agricole.
04:09 Donc on a un modèle qui est très intéressant.
04:11 - Le groupe Avril qui est notamment propriétaire de la marque Le Sieur, je crois.
04:13 - Exactement, ça c'est la marque commerciale qui est connue.
04:16 - Et il a l'air parti content le ministre ?
04:17 - A priori oui, il était content.
04:19 - Donc vous pourriez être cité en exemple demain, un peu partout sur le territoire.
04:23 - On l'espère.
04:23 - D'autant que vous avez vraiment une démarche vertueuse à travers ce biocarburant.
04:27 Mais pas que, vous travaillez aussi avec l'agglomération cétoise sur l'utilisation d'eau grise,
04:35 ce qu'on appelle les eaux grises, c'est-à-dire les eaux qui partent dans le tout à l'égout,
04:39 pour votre propre alimentation en eau pour fabriquer ce carburant, c'est ça ?
04:43 - Exactement, c'est-à-dire qu'on serait capable de substituer 95% de notre consommation d'eau,
04:47 donc l'impactant sur le milieu naturel.
04:49 - 95% ?
04:50 - 95% en prenant l'eau de la station d'épuration qui est à 2 km à vol d'oiseau.
04:56 Et on voudrait prendre aussi la vapeur qui est produite dans l'unité de valorisation énergétique de l'agglopole,
05:01 et ça nous permettrait de produire 20% de notre consommation de vapeur sur le site.
05:06 - Et là, c'est pas quelque chose qui est spécifique à vous,
05:08 c'est qu'on pourrait imaginer que n'importe quelle entreprise, n'importe quelle industrie
05:11 qui a besoin de beaucoup d'eau pour sa production puisse faire pareil aussi ?
05:15 - Tout à fait. Et je sais qu'il y a des partenariats avec d'autres entreprises
05:17 qui sont en train de se monter avec l'agglopole.
05:19 - Merci Yann Maier, directeur de la société CEPOL, à s'être venu nous parler de Oléo 100,
05:25 peut-être un jour on le mettra dans nos réservoirs.
05:27 Pour l'instant c'est pas le cas, mais j'imagine que vous l'espérez en tout cas.
05:30 - Je l'espère oui, effectivement. Merci beaucoup.
05:32 La Nouvelle Écho, c'est chaque matin à 7h15 sur France Bleu.
05:34 Alors vous retrouvez toutes les infos en allant sur notre site internet francebleu.fr.
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