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  • il y a 3 heures
Actrice, réalisatrice et autrice, Josiane Balasko retrace les étapes marquantes d'une carrière riche en comédies cultes. Elle aborde son nouveau rôle au cinéma dans "L’Arnaqueuse" et son travail théâtral aux côtés de sa fille.

Retrouvez "À la régulière" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

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Transcription
00:10Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans La Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:14Ce soir, je reçois Josiane Balasco, une femme que la France entière connaît,
00:18une actrice populaire mais aussi une autrice, une réalisatrice qui a débuté presque par hasard
00:22dans un cours de théâtre après avoir longtemps pensé devenir peintre.
00:25La suite de l'histoire, on la connaît évidemment, la troupe du Splendide dans les années 70
00:29et quelques-unes des comédies les plus cultes du cinéma français.
00:32Évidemment, Les Bronzes et Le Père Noël est une ordure et j'en passe.
00:34Des films devenus des classiques qui traversent les générations
00:36mais dans lesquels elle refuse très vite de se laisser enfermer.
00:39Alors elle écrit, elle réalise, elle invente ses propres rôles et ses propres espaces de liberté.
00:42En 1995, par exemple, elle frappe fort avec le classique Gazon Maudit, un film en avance sur son temps.
00:48Depuis, elle navigue entre comédie et gravité, entre cinéma populaire et sujet de société
00:52et aujourd'hui encore, elle n'a jamais été aussi active.
00:55Elle est à l'affiche du film L'Ardaqueuse.
00:56Elle est aussi sur scène au théâtre dans « Ça, c'est l'amour » aux côtés de sa fille
01:00Marie Lou Berry.
01:01Une carrière immense, une liberté rare.
01:03Josiane Blasco est avec nous ce soir à la régulière jusqu'à 23h.
01:06France Inter
01:10À la régulière
01:15Medi-Maisie
01:17Et toi, ça ne me dérange pas d'avoir un enfant chez mon père ?
01:19Il faut qu'on se trouve en chez nous.
01:20On n'a pas les moyens ?
01:21C'est vrai, je vais le trouver toute seule l'appart.
01:23Et ça sera à Paris.
01:24Est-ce que vous connaissez le Viaget ?
01:26Si vous êtes intéressé, il faut vous décider très vite.
01:28On a déjà plusieurs œuvres sérieuses.
01:31Vous m'avez fait penser à ma fille.
01:33C'est trop bizarre d'attendre que les gens meurent.
01:35Mais attends, mais attends, tout le monde meurt en fait.
01:39Putain de ma gueule !
01:39Je vais mieux.
01:40J'ai pris un crédit à 300 000 balles.
01:42Je suis victime d'une arnaque.
01:44Là, je me ferais se croquer là.
01:45Vous ne pouvez rien faire, rien du tout.
01:47Et je peux vous assurer que je ne vais pas mourir tout de suite.
01:53Qu'est-ce qu'il dit qu'on doit la payer tout le moins ?
01:54C'est le contrat à Jess.
01:55Ok ?
01:56Et le contrat est où ?
01:57Allez, gars !
02:00Comment crois-tu qu'on change de vie, Fanny ?
02:03Respectons les règles.
02:04Car on ne le dit pas assez, mais à la maison, on a tout ce qu'il faut pour fabriquer
02:07le poison qui marche à tous les coups.
02:09Mais ça se voit qu'elle cannera jamais en plus.
02:11Tu vois pas que c'est que de l'amour ce petit bout de femme ?
02:14Tu crois vraiment que j'ai essayé de la tuer ?
02:17Donc ça, c'est un extrait de l'abondance du film « L'arnaqueuse » où tu es à l
02:20'affiche.
02:21Josiane Balasco, merci d'être là.
02:22Comment ça va ?
02:23Merci à vous de m'inviter.
02:24Ben non, je suis très heureux.
02:26On se tutoie ?
02:26Allez.
02:27Bon, si ça va.
02:28Si ça va, puis si jamais ça va, passe au bout, c'est pas grave.
02:31C'est pas grave, on fait comme on sent.
02:33Rien de dramatique.
02:34On l'entend dans la bande-annonce, vous jouez donc Madame Masséna, qui est une arnaqueuse.
02:39On peut le dire.
02:40Qu'est-ce qui t'a attirée dans ce personnage ?
02:43Ce personnage de femme quand même âgée, c'est le début de la première jeunesse,
02:46qui quand même continue à faire des escroqueries.
02:49Et elle le fait très bien.
02:50Et en plus, non seulement elle fait des escroqueries,
02:52mais elle s'arrange pour avoir des complices qui sont plutôt jeunes et beaux garçons.
02:55Oui.
02:56C'était sympa.
02:58Elle a l'habitude d'un agréable.
02:59Et donc, c'est drôle de faire une personne âgée un peu immorale.
03:04Est-ce qu'il y avait des personnages qui ont pu être des inspirations ?
03:08Des personnages comme ça au cinéma, que vous avez regardés avant, des films que vous avez ?
03:12Il n'y a pas eu vraiment dans la comédie des personnages d'arnaqueuses.
03:15Il y a eu des personnages d'arnaqueurs, ça c'est sûr.
03:17Mais des personnages de femmes, ou alors c'est dans des films plus sérieux,
03:21où elles jouent des rôles plus dramatiques.
03:24Mais non, je n'avais pas vraiment de modèle.
03:26Je me disais qu'il fallait qu'elle soit...
03:27Et qu'elle ait un côté quand même sympathique,
03:28parce qu'on n'est pas escrocs sans être sympathiques.
03:30Oui, il fallait que ce ne soit pas purement une méchante.
03:32Mais non, il faut mettre en confiance le client.
03:35Est-ce que finalement, même dans les personnages un petit peu plus ambigus
03:41que tu as pu jouer dans ta carrière,
03:43je ne veux pas dire méchant,
03:44mais j'ai l'impression qu'il y a toujours une forme de tendresse.
03:46C'est important qu'on puisse s'attacher à l'antagoniste du film,
03:49même quand il joue justement le rôle du méchant.
03:52Je ne sais pas, c'est très difficile d'écrire des bons méchants.
03:57Écrire un bon méchant et jouer à un bon méchant, c'est formidable.
03:59C'est ce qui donne tout le sel d'un film où il y a un gentil,
04:03c'est qu'il y a un bon méchant.
04:05Et c'est vrai que moi, je n'ai pas souvent joué des méchantes.
04:07Si dans « Crimes au paradis »,
04:08je jouais une femme très méchante,
04:11mais vraiment très très méchante avec Villeray.
04:14Et puis après, j'ai joué avec ma fille, la Marâtre.
04:16Je ne peux pas dire que j'ai joué des personnages méchants,
04:19mais je trouve que c'est assez jouissif à jouer des méchants.
04:23Souvent, les comédiens et les comédiennes disent ça.
04:25Il y a que c'est jouissif de pouvoir vraiment laisser cours
04:27aux choses les plus immorales parfois.
04:28Bien sûr, on a le droit.
04:30Moi, j'ai le droit.
04:31Dans la vie, je ne pourrais pas le faire,
04:32mais dans le film, je peux escroquer tout le monde.
04:36Il y a aussi, ce qui est intéressant,
04:38c'est qu'il y a aussi, bien sûr, Fadili Kamara
04:39qui joue le rôle principal, en tout cas,
04:42qui est cette jeune femme.
04:43Oui, elle joue la jeune femme
04:44qui va se faire escroquer au départ.
04:45Exactement.
04:46Et qui cherche un nouvel appartement
04:47pour sa famille en devenir.
04:49Elle va avoir un enfant.
04:50C'est ce qu'on prend au début du film.
04:51Je ne spoil pas là.
04:52Quel rapport aussi ?
04:53J'ai le sentiment que c'est aussi toujours intéressant
04:56chez toi d'échanger avec cette nouvelle génération
05:00qui a toujours eu cette espèce de regard,
05:03de transition.
05:03Bien sûr, et en plus,
05:04une nouvelle génération de couleurs
05:05parce qu'en France,
05:06on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup,
05:07beaucoup de rôles.
05:08Moi, j'ai commencé à travailler
05:10quand j'étais plus jeune avec Isaac de Bancolet.
05:12Je voulais parler de ce film que tu réalises.
05:13Les Keufs,
05:14donc c'était un des premiers films
05:16où on voyait vraiment,
05:17il y avait même une histoire d'amour
05:17en blanc, blanc, blanc, blanc, noir.
05:20Et Isaac, il a fini par partir aux Etats-Unis
05:22où il tourne beaucoup.
05:23Tout à fait.
05:24Parce qu'il n'y avait pas de rôle à l'époque.
05:25C'est un acteur extrêmement important.
05:26Mais c'est vrai que oui.
05:27Parce qu'il n'y avait pas...
05:27Et pour Fadili et les autres comédiennes,
05:31il y a effectivement des rôles,
05:32mais il y en a déjà.
05:32Il y a moins de rôles de femmes.
05:33Et en tout cas,
05:34ce n'est pas évident
05:35que quand on écrit un scénario,
05:37on se dit,
05:37pourquoi il ne serait pas de couleur la fille
05:40où il y a deux blanches,
05:41il pourrait y avoir une blanche noire,
05:42une jaune et une noire.
05:43Donc ça, c'est aussi un travail à faire encore.
05:45Donc c'est important.
05:46Oui, bien sûr.
05:47Surtout quand on a des bandes actrices
05:49comme Fadili et Haye.
05:52Alors justement,
05:52parce que tu parles du film Les Keufs,
05:54parce que je voulais parler
05:55du film qui est un petit classique
05:57pour moi avec Isaac de Montcollé.
05:58Oui, je sais que ça a marché
05:59dans les banlieues.
06:01En 85, je crois.
06:02Je crois que c'est 86,
06:03si je ne dis pas de bêtises.
06:04Mais aussi pour les raisons que tu cites,
06:05c'est-à-dire qu'on voyait peu
06:07d'acteurs noirs.
06:08C'est-à-dire que dans le cinéma français.
06:10Et on s'est beaucoup marré à le faire d'ailleurs.
06:13On a un extrait avec Jean-Pierre Léo.
06:17Écoutez,
06:18vous ne m'avez pas bien compris, Molineux.
06:20Vous êtes suspendus
06:22avec enquête administrative en prime.
06:26Donnez-moi votre âme de service
06:27et foutez-moi le cun !
06:31Ok.
06:33Mais je vous préviens, commissaire,
06:35je vous préviens que si je ne retrouve pas cette fille,
06:37elle va sans doute y passer.
06:39Et je vous en tiendrai
06:40pour personnellement responsable.
06:43D'or !
06:45Alors, c'est intéressant
06:46parce que c'est les années 80,
06:46on en parlait il n'y a pas longtemps
06:47avec Thaumann Gijol
06:48qui était là pour le film
06:49Police Flash 80.
06:50C'est vrai que dans les années 80,
06:51dans le cinéma français,
06:51il y avait un moment des films de keufs.
06:53Il y avait beaucoup de films
06:53justement avec des policiers.
06:55Et moi, je sais que pour le titre,
06:56j'avais eu des problèmes
06:57avec les distributeurs
06:59en disant
06:59« Les keufs, ça, personne ne comprend. »
07:02Je dis « Il faut descendre dans la rue. »
07:03« Il est bien, descendez un peu dans la rue. »
07:04« Les mecs sortaient du champ d'Elysée. »
07:06Après, c'est passé.
07:06Mais au départ,
07:07ça lui paraissait un peu curieux
07:08quand j'appelais le film « Les keufs ».
07:10Mais cette histoire justement
07:10de diversité,
07:12d'importance d'avoir
07:14des acteurs et des actrices de couleur,
07:16très tôt,
07:17toi, tu as eu cette envie-là justement
07:18parce qu'effectivement,
07:19on le voit avec ce film
07:19que tu réalises « Les keufs ».
07:20Mais c'était important pour toi
07:22de montrer la réalité du pays.
07:25Oui, encore que maintenant,
07:26ça vient.
07:27Ça se fait de plus en plus
07:28aussi par les télés,
07:29plateformes et tout ça.
07:31Mais c'est vrai que
07:32par rapport à la réalité
07:33d'une population,
07:36les gens de couleur
07:37n'étaient pas tellement représentés
07:38ou alors faire les balayeurs.
07:39Enfin, je dis en gros,
07:40pour Merdo, les balayeurs.
07:42Ce qui n'est pas non plus
07:43très amical
07:45parce que les gens font
07:46autre chose que ça.
07:47Bien sûr.
07:48Donc voilà.
07:49Mais c'est intéressant.
07:50En tout cas, je trouve
07:50c'est important
07:51parce qu'effectivement,
07:52ça arrive assez tôt.
07:53Enfin, il y avait effectivement
07:54peu de films
07:54avec des comédiens
07:55comme ça justement racisés
07:57comme on le dit
07:57et Isaac de Boccolet en est un.
08:00Qu'est-ce qui...
08:00Moi, je me pose toujours
08:01la question.
08:02Tu as tourné
08:02si on regarde la filmographie,
08:03il y a évidemment
08:04beaucoup de films
08:04et pas que des comédies.
08:05C'est important de le dire.
08:06Qu'est-ce qui te fait encore
08:07dire oui à un film aujourd'hui ?
08:09Parce que tu as touché
08:10à beaucoup de gens.
08:11Oui, l'histoire.
08:12Enfin, moi, l'histoire,
08:13c'est ce qui m'intéresse.
08:16Qu'est-ce qu'on va raconter le film ?
08:17Qu'est-ce qu'il va représenter
08:20pour le public ?
08:21Est-ce que c'est fédérateur ?
08:22Est-ce que c'est comique ?
08:24Ça peut être un film
08:25qui n'est pas drôle du tout
08:27mais qui peut avoir
08:28des choses intéressantes.
08:29C'est vraiment l'histoire.
08:30C'est l'histoire
08:30parce que si on a
08:31une bonne histoire,
08:32on a automatiquement
08:32des bons personnages.
08:34Alors, il y a l'actualité,
08:35c'est bien sûr ce film-là
08:36mais c'est aussi une pièce de théâtre
08:37pour laquelle tu tournes actuellement.
08:39Tu fais des représentations.
08:40Ça, c'est l'amour
08:41avec notamment Marie Lauber
08:43et qu'est-ce que ça fait
08:43de jouer comme ça
08:45avec sa fille ?
08:46D'abord, j'ai joué
08:47avec une excellente actrice
08:48parce que c'est une très bonne actrice.
08:49Avant d'être, bien sûr.
08:50Ma fille, mais c'est aussi
08:51une très bonne actrice.
08:53Et ça me fait un bien.
08:55Ça me fait vraiment plaisir.
08:57Je me dis, c'est rarement...
08:58On vous offre rarement
08:59la possibilité de jouer sur scène
09:01avec la personne
09:02des personnes qu'on aime le plus
09:03et qui jouent extrêmement bien
09:04et des rôles qui ont été écrits
09:06en pensant à elle et à moi.
09:08Donc, tous les soirs,
09:10on est heureuse.
09:12Est-ce qu'on est plus exigeante
09:14avec sa fille ?
09:15Au contraire, plus indulgente,
09:16plus libre ?
09:17Est-ce qu'il y a du stress aussi ?
09:18Parce que c'est effectivement
09:19l'une des points
09:19que vous aimez le plus au monde.
09:21Donc, ça doit quand même
09:22installer un climat particulier.
09:23Évidemment, d'amour.
09:23Elle est très au point.
09:26Elle est au point.
09:28On est au même niveau.
09:30Sauf qu'elle a 40 ans
09:32de moins que moi.
09:33On prend 5 ans
09:33puisqu'elle a de moins que moi.
09:36On est au même niveau.
09:37Et donc, je n'ai rien à lui dire.
09:38Je peux lui dire des choses
09:39comme elle peut me dire des choses.
09:40Ce n'est pas à sens unique.
09:43Et c'est quelqu'un
09:44qui est une bosseuse.
09:45Donc, ça, c'est bien.
09:47Est-ce que le fait
09:47de jouer avec elle aussi
09:48vous permet peut-être
09:49de découvrir
09:50une autre facette d'elle ?
09:52Parce qu'effectivement,
09:52vous ne la voyez pas.
09:53On ne voit pas son enfant
09:54tous les jours
09:54sur le lieu de travail.
09:55Non, mais là,
09:55elle voulait jouer avec sa mère
09:56parce qu'elle me dit
09:57que ça, je te verrai tous les jours.
09:59Je la vois avec ses autres, surtout.
10:01Je la vois avec les autres.
10:02Avec les autres
10:02qui sont plus de son âge.
10:03Je vois comment elle est.
10:04Et c'est vrai,
10:05on n'a pas forcément l'occasion
10:06de voir sa fille
10:06avec les autres et tout.
10:08Donc, ça, c'est sympathique.
10:10Est-ce que le théâtre,
10:11c'est quand même aussi
10:11une forme de...
10:12Parce que le grand public
10:14te connaît pour le cinéma,
10:15mais tu es aussi
10:16une comédienne de théâtre
10:17sur les planches.
10:18Est-ce que c'est un plaisir
10:19qui est différent,
10:20qui est tout aussi jouissif ?
10:21Est-ce que c'est important
10:22en tout cas de garder une prise
10:23avec le théâtre aujourd'hui ?
10:25Pour moi, c'est important
10:25de jouer au théâtre régulièrement.
10:27Là, j'ai joué
10:28il y a un an, un an et demi.
10:29J'ai fini un chalet
10:31qu'on avait joué pendant trois ans
10:32qui était une comédie bouffe.
10:34Une comédie très efficace
10:36sur des ultra riches
10:38et extrêmement cons.
10:40Donc, ça marchait très bien.
10:42Et puis là, d'un seul coup,
10:43on joue avec ma fille
10:44un drame.
10:45Mais les gens ne savent pas
10:46que c'est un drame.
10:46Ça, c'est l'amour.
10:48Et la première scène,
10:50il y a 40 minutes
10:51de jeu de drôle.
10:53Et puis après,
10:53c'est plus drôle.
10:54C'est plus drôle
10:54parce que c'est la réalité
10:56d'une possession,
11:00d'une maîtrise,
11:00d'un contrôle de la personne.
11:03De l'emprise.
11:04De l'emprise, voilà.
11:05Et dans la salle,
11:06les gens pleurent.
11:08Dans la salle,
11:09les gens se reconnaissent
11:11ou reconnaissent
11:11des gens qu'ils connaissent.
11:13Et à la fin,
11:14tous les soirs,
11:15c'est en négoïsation
11:17puisque les gens sont heureux
11:18même s'ils se sont trompés.
11:19Au départ,
11:19les gens pensaient
11:20que c'était drôle.
11:21Pour ça,
11:21ils se marraient.
11:22Mais on est content
11:23de l'avoir vu
11:24parce que ça montre
11:25des choses
11:25qu'on ne montre pas forcément
11:26sur une scène de théâtre
11:30qui sont la violence,
11:32qui sont le fait
11:33que les gens
11:33qui sont victimes
11:35de la violence
11:35ne le montrent pas forcément.
11:36Enfin, voilà.
11:38J'ai une question
11:39d'une personne,
11:40moi en l'occurrence,
11:41qui n'est pas du tout comédien.
11:43J'ai toujours imaginé
11:44que c'était plus compliqué
11:46le théâtre que le cinéma
11:47parce que je me dis
11:47que le théâtre,
11:48on n'a pas le droit
11:48à l'erreur.
11:49Tous les soirs,
11:50il n'y a pas de coupe,
11:50on ne peut pas tricher.
11:51Est-ce que c'est vrai
11:52ou pas du tout ?
11:52C'est deux choses différentes.
11:55C'est comme si on comparait
11:57la course de fond
11:58avec un sprint.
12:00C'est deux efforts différents.
12:02Oui, deux efforts différents.
12:03Le théâtre, effectivement,
12:04on va jouer pendant
12:04une heure et demie,
12:05deux heures ou une heure.
12:07Mais on aura répété
12:08longtemps avant.
12:10Et il y a l'occasion
12:12d'arpentir.
12:12Si jamais on s'est planté,
12:13on se dit
12:14« Oh la mince,
12:14j'ai raté tel truc
12:15ou j'ai mal prononcé ça
12:17ou j'ai mal... »
12:17On a l'occasion
12:18de mieux faire le lendemain.
12:19Au cinéma,
12:20il n'y a pas de repentir.
12:21C'est bon,
12:22c'est dans la boîte.
12:23Une fois que la journée
12:23est terminée,
12:24c'est terminé.
12:24Voilà.
12:25Ok.
12:25Très bien.
12:26Je propose qu'on écoute
12:26un morceau d'une artiste belge
12:28très talentueuse.
12:29Son morceau vient de rentrer
12:30en pile sur Françaire.
12:31C'est le morceau
12:31Rien n'a fêté
12:32de Camille Yambé.
12:33On écoute ça
12:33et juste après,
12:34on est de retour
12:35avec Jozen Balasco
12:35qui est donc avec nous
12:36pour le film
12:37L'arnaqueuse
12:37et pour la pièce
12:38Ça, c'est l'amour
12:39et puis on va essayer
12:39évidemment de retracer
12:41cette carrière.
12:45Je traîne pas
12:46n'importe où
12:47c'est bléthé
12:47Je me dévête
12:48mon cours
12:49Je rêve
12:49de prolonger l'été
12:50Quand j'ai rien à faire
12:52Je fais
12:5210 fois le tour
12:53du quartier
12:53Je dis bonjour
12:54à tout le monde
12:55De toi et de garder
12:57Trop de cas
12:58N'arrête pas
12:59de me mater
13:00Pourtant
13:00Je suis jeune
13:01Lettre
13:01Noir
13:02Et le nez
13:02Pâté
13:03Dans ma rue
13:04On fait que boire
13:05On n'a rien à fêter
13:06Putain
13:06Mon déjeun
13:07Ce soir
13:08Vient de se faire arrêter
13:10Où est le traquenard
13:11Dans ma rue
13:12Je vois les mêmes gens
13:13Tous les jours
13:14Et tous les jours
13:14La boulangère
13:15Me dit que c'est la merde
13:16Je ne s'appelle
13:17Son pote
13:18Parle pas le con
13:19Chez moi c'est laid
13:20Donc attends-moi
13:21Sur le paillasson
13:22A ton allure
13:24Je sais que ta vie
13:24Ben c'est la même
13:25Même tête
13:27Même rêve
13:27Même quartier populaire
13:29Je ne s'appelle
13:30Son pote
13:30Parle pas le con
13:32Chez toi c'est laid aussi
13:33Donc viens à la maison
13:34Je traîne pas
13:35N'importe où c'est bédé
13:37Je me dévête
13:38mon cours
13:38Je rêve de prolonger l'été
13:40Quand j'ai rien à faire
13:41Je fais une petite fois
13:42Le tour du quartier
13:43Je dis bonjour à tout
13:44Mon monde
13:45De toi l'écarté
13:46Ah ah
13:47Autre cas
13:48N'arrête pas de me mater
13:49Pourtant je suis jeune
13:50Laite
13:51Noire et le nez
13:52Épadé
13:52Dans ma rue
13:53On fait que boire
13:54On a rien à fêter
13:55Putain mon déjeun
13:57Ce soir
13:57Vient de se faire arrêter
14:10Mes chansons racontent la même chose
14:13Je dois me répéter sans arrêt
14:16Pour que tu comprennes les raisons
14:19Qui font que je suis des travers
14:21Sans cesse
14:23Dis-moi est-ce que je ressemble à quelque chose
14:26Est-ce que tout est dans l'ADL
14:29J'ai plus les rêves
14:30Et les neuroses
14:32Semer dans ma rue
14:33Semer dans ma tête
14:36Je traîne pas
14:37N'importe où c'est pété
14:39Je me dévête mon cours
14:40Je rêve de prolonger l'été
14:42Quand j'ai rien à faire
14:43Je fais une petite fois
14:44Le tour du quartier
14:45Je dis bonjour à tout
14:46Mon monde
14:47De toi l'écarté
14:48Ah ah
14:49Autre cas
14:50N'arrête pas de me mater
14:51Pourtant je suis jeune
14:52Laite
14:53Noire et le nez
14:54Épadé
14:54Dans ma rue
14:55On fait que boire
14:56On a rien à fêter
14:57Putain mon déjeun
14:58Ce soir
14:59Vient de se faire arrêter
15:00Ah ah
15:26C'était Rien à fêter
15:27Donc excellent
15:28Nouveau morceau
15:29De Camille Mb
15:30France Inter
15:33Medi Maizi
15:35A la régulière
15:36On est avec Josène Balasco
15:37Donc jusqu'à 23h
15:39Notamment pour le film
15:39L'arnaqueuse
15:40Et Josène
15:41En préparant l'émission
15:43J'ai appris quelque chose
15:44C'est que notamment
15:45En fait finalement
15:45La vocation de base
15:47C'était le dessin
15:48La peinture
15:49Oui le dessin
15:50Parce que j'étais un peu
15:51J'avais un petit coup de crayon
15:52Quand j'étais mou
15:53Mais que je pensais
15:54Pouvoir l'exploiter plus
15:56En avant
15:57Et puis finalement
15:57Je me suis rendu compte
15:59J'étais pas suffisamment douée
16:00Pour en faire vraiment
16:02Quelque chose d'intéressant
16:03C'était vraiment une question
16:04De talent
16:04Ou plus de la comédie
16:06Le cinéma
16:07Qui vous a accapé
16:08Non non
16:08C'est vraiment
16:08Je me suis dit
16:10C'est pas
16:11Je ne viendrai pas peintre
16:12Même si quand j'étais mon
16:13Je peignais des trucs
16:14Je ne viendrai pas peintre
16:15Je n'ai pas de sujet
16:16Parce qu'un peintre
16:17Il faut qu'il ait un sujet
16:18Je n'avais pas de sujet
16:19C'est tout
16:20Donc j'ai décidé
16:21De faire de la déco de théâtre
16:23Et d'aller dans la cour de théâtre
16:24Pour voir ce que c'était
16:24C'est comme ça
16:25Que par le biais de ça
16:26J'ai abordé le théâtre
16:28Est-ce qu'il y avait quand même
16:29A la base une passion
16:30Pour le théâtre et le cinéma
16:31Ou même pas spécialement
16:33Avant d'en être
16:34La passion
16:34Non
16:35J'aimais aller au théâtre
16:36Et au cinéma
16:37Quand j'étais môme
16:38Surtout au cinéma
16:38Quand on est môme
16:39Parce que
16:40J'allais voir
16:41J'allais voir
16:42Chateau d'Eston
16:43Dans le colosse
16:44Je ne sais plus
16:44Dans des grands films
16:45Dans des péplums
16:46Et tout ça
16:47Voilà c'est ça
16:48Et des westerns
16:49Avec mon père
16:49Mon père m'emmenait voir
16:50Des westerns
16:51Et des péplums
16:53Et ma grand-mère
16:54M'emmenait voir
16:55Des trucs à l'eau de rose
16:56C'était plutôt
16:57Une culture cinéma américaine
16:58Au départ
16:59Via les parents
17:00Enfin via le papa
17:01Par exemple
17:02Oui oui
17:02Western
17:03Oui
17:03Beaucoup de westerns
17:04Ou italiennes
17:05Parce que les péplums
17:06C'était italien
17:07C'était les racistes
17:08Et compagnie
17:08Et ma grand-mère
17:10M'emmenait voir
17:10Les films avec
17:11Romy Schneider
17:13Si si impératrice
17:14Donc c'était très
17:15Mais c'est européen
17:15Disons que c'était
17:16C'était mélangé
17:18Et effectivement
17:19Vous allez donc
17:20A un cours de théâtre
17:21Et donc c'est comme ça
17:22Que finalement ça vous
17:24Que je m'y intéresse
17:25Que je découvre
17:26Est-ce que
17:27Il y a une forme
17:27De talent un peu inné
17:29Est-ce que c'est
17:30On se pose toujours
17:30Nous la question
17:31Est-ce que
17:32Est-ce qu'il y a
17:33Un moment où vous êtes senti
17:34Directement
17:34A votre place
17:35Ou est-ce que
17:36Ça a été long
17:36Est-ce que ça a été
17:37Ma place
17:39Dès que j'ai commencé
17:40A donner la réplique
17:41A des camarades
17:42Sur des comédies
17:43Sur des scènes de comédie
17:44Je trouvais que ça fonctionnait
17:45Je me disais
17:45C'est peut-être là
17:46Que je pourrais
17:47Faire des trucs
17:48Voilà
17:48Là oui
17:48Je me suis senti
17:49Plus à ma place
17:50Mais je ne savais pas
17:51Avant du tout
17:52Ok
17:52Et il y a évidemment
17:53La troupe du Splendide
17:55Que vous rejoignez
17:58C'est quelque chose
17:58Maintenant c'est un peu bizarre
17:59De parler de ça
18:00Parce que ça fait partie
18:01Presque de l'histoire de France
18:02Ou au moins de l'histoire
18:03De la pop culture
18:04Française
18:05A ce moment-là
18:06Est-ce que
18:07Quand il y a cette bande
18:08Est-ce que déjà
18:09Vous vous voyez comme telle
18:10Est-ce que vous vous voyez
18:10Comme une bande
18:11Ou c'est juste
18:11Non non c'est
18:12Enfin eux se voyaient
18:13Comme une bande
18:14Parce qu'ils étaient
18:14Une bande depuis longtemps
18:16Depuis le lycée
18:17Ils se connaissaient
18:18Ils avaient envie
18:18D'écrire des trucs ensemble
18:19De faire
18:20Junio avait déjà envie
18:21De tourner des films
18:22Enfin bon
18:22Ils avaient vraiment
18:23Moi j'ai remplacé
18:25J'ai remplacé Valérie Mérès
18:26Qui partait tourner
18:27Qui était l'ex-petit-amie
18:29De l'ermite
18:29Et qui partait tourner
18:31Donc
18:32Elle a quitté le groupe
18:34J'avais besoin d'une actrice
18:35Pour rentrer dans la troupe
18:36Pour la prochaine pièce
18:37C'est comme ça
18:37Que je suis rentrée
18:38Voilà
18:39Et là
18:39Vous avez trouvé
18:41Votre place immédiatement ?
18:43Euh
18:43Bah
18:46Oui
18:46Enfin j'ai trouvé ma place
18:47Ils étaient plutôt cool
18:49C'était pas du tout
18:49Il n'y avait pas de chef
18:51Vraiment
18:51Il n'y avait pas un mec
18:52Qui disait
18:52C'est moi qui décide
18:54Donc
18:56Je suis venue
18:57Avec
18:58Mon boyfriend
18:59De l'époque
18:59Qui était Bruno Moineau
19:01Qui lui
19:02Était un précoleur
19:03De génie
19:04Avant d'être un acteur
19:05Un précoleur génie
19:06Donc
19:06Pour un petit théâtre
19:07Café théâtre
19:07Qui commençait
19:08C'était parfait
19:08Il est devenu régisseur
19:09Il s'est occupé de tout
19:11Et puis après
19:12On a fait des pièces
19:13Moi j'avais dit au départ
19:15Non je ne vais pas écrire avec vous
19:18Parce que je suis
19:28C'est casque
19:33En tout cas la volonté
19:35De changer les choses
19:36Parce qu'il y avait même
19:37Quelque chose de rebelle
19:38Presse dans le ton
19:38Qui transigeait avec
19:40C'est à dire qu'on avait
19:41Comme modèle
19:41Le café de la gare
19:43Le café de la gare
19:44Qui est le premier
19:45Et qui a été le premier
19:45A faire des trucs
19:46Complètement différents
19:47Des jeunes
19:48Qui faisaient des sketchs
19:49Qui n'avaient rien à voir
19:50Avec ce qui se passait
19:51Qui faisaient de l'impro
19:52C'était des anars
19:53Il n'y avait pas de place
19:55À prix déterminé
19:56Il y avait une roue
19:56Qui tournait
19:57Et on rentrait
19:58En fonction du prix
19:59Que de l'indiquer la roue
20:00Ça pouvait être zéro
20:01Comme ça veut être dix balles
20:03Il y avait plein d'acteurs
20:04Dont Guy Bay
20:05Qui fait un personnage
20:07De notaire
20:08Dans le film
20:08L'Arnaqueuse
20:09Il y avait
20:10Il y avait Patrick Devers
20:12Il y avait Coluche
20:14Il y avait Miu Miu
20:14Il y avait aussi
20:15Tout un ramassis de talent
20:17Qui se retrouvait
20:18Et qui faisait des spectacles
20:20Qui nous faisaient pleurer de rire
20:21On n'avait jamais vu avant
20:22Et ça a été notre modèle
20:25En disant
20:25Mais ils ont fait leur théâtre
20:26Ils ont pris une mananerie
20:28Une muisserie de bananes
20:28Ils en ont fait un théâtre
20:30On peut faire la même chose
20:31Je crois que c'est ça
20:32Qui a donné l'impulsion
20:35Au copain du Spond
20:36Avant même que j'arrive
20:36Parce que quand je suis arrivé
20:37Ils étaient déjà en train de faire un théâtre
20:39Est-ce qu'il y avait l'envie un peu
20:40Non pas de ringardier
20:41Ce qu'il y avait avant
20:42Mais en tout cas
20:42D'être en opposition
20:43On avait envie de se foutre
20:44De la gueule des gens surtout
20:46On était des gros moqueurs
20:48Donc on avait envie
20:51De se moquer un petit peu
20:52C'est ce qu'on a fait
20:53En faisant des personnages
20:54Comme dans Les Bronzés
20:56Comme Bernard et Nathalie
21:00Des archétypes
21:01De gens plus ou moins cons
21:03Ou plus ou moins marrants
21:04Et quand ces films
21:05Deviennent des standards
21:07Parce que c'est le cas encore aujourd'hui
21:09Mais c'est curieux
21:10Oui ça fait curieux
21:11Vous vous en rendez compte
21:12A ce moment-là
21:13Quand vous le vivez ?
21:14On est très très contents
21:16D'abord que la pièce marche
21:20Que tous les gens du Club Med
21:22Parce que c'était quand même
21:24Inspiré du Club Med
21:25Parce qu'on allait faire
21:26Des spectacles gratuits
21:27On était hébergés
21:28Pendant une semaine
21:31Et puis quand on a décidé
21:32De faire le film
21:33Le Club Med était moins d'accord
21:35Moins d'accord
21:36Ah oui il y a eu des problèmes
21:37A l'époque avec le Club Med
21:38Oui parce qu'il n'a pas voulu
21:39Qu'on tourne avec eux
21:40Enfin bref
21:40Parce que c'était quand même
21:42Le Club Med à l'époque
21:43C'était
21:44La pub
21:45C'était aimer
21:46Se rencontrer
21:47C'était quand même basé
21:48Beaucoup sur la rencontre
21:49Voilà
21:49C'était pas familial
21:50Comme ça peut l'être aujourd'hui
21:51Non
21:51Du moins il y avait certaines
21:53Pas partout
21:54Mais bon
21:54Et donc nous
21:55On a raconté
21:58Enfin ils ont raconté
21:59Parce qu'ils ont été plus souvent
22:00Que moi au Club
22:00Leur expérience
22:01Qu'ils ont vue
22:02D'après les géos
22:03Ce que racontaient les géos
22:04Et les chefs de village
22:04Voilà
22:05C'est tout
22:06Donc peser
22:07C'est terrible
22:07En vieille
22:08Je me suis fait 250 kilos de nanas
22:10On n'a pas inventé
22:11Parce que c'est tellement absurde
22:13Oui
22:14Voilà
22:15Jossiane Balasco est avec nous
22:17Jusque 23h
22:25Alors on discute là de comédie
22:27Et évidemment
22:28Le nom de Jossiane Balasco
22:29Il est aussi associé à la comédie
22:31Mais pas que
22:32Et je crois qu'il y a aussi
22:32Une volonté chez vous
22:34Assez tôt
22:35Enfin tôt je ne sais pas d'ailleurs
22:36Mais de ne pas être cantonné
22:37Alors est-ce que ça a été compliqué
22:39De faire comprendre au cinéma
22:40A l'industrie
22:42Que vous n'étiez pas que ça
22:44Non
22:44C'est à dire que c'était différent
22:46C'est moi qui faisais mon propre
22:48Boulot
22:48Voilà
22:48Donc j'attendais absolument
22:50Je crois qu'on était un peu
22:51Dans le même état
22:52Tous
22:53On n'était pas dans les cases
22:55En entrée
22:56Ça dépend
22:56Ça dépend
22:57Ça dépend
22:57Ça dépend
22:57Ça dépend
22:57Ça dépend
22:57On n'entra pas dans les cases
22:58Et donc
23:00On a fait tous
23:01Plus ou moins
23:01Notre propre travail
23:03Certains ont travaillé
23:03Plus vite que d'autres
23:04L'ermite
23:06Très vite était le beau gosse
23:07Donc il a trouvé des rôles
23:07Junio le français moyen
23:09Et à réaliser ses films
23:10Voilà
23:10Et à réaliser ses films blancs aussi
23:11Et puis pour les filles
23:12C'était peut-être un peu plus difficile
23:16Mais on comptait absolument pas sur les autres
23:17Moi j'ai jamais compté sur le
23:20Sur l'industrie
23:21Sur l'industrie
23:22Pour me proposer des choses
23:24Parce que je rentrais pas dans les cases
23:25Il n'y avait pas de truc pour moi
23:26J'aurais fait la copine d'à côté
23:28Qui fait deux minutes de scène
23:30Tout ça
23:31Donc on a décidé
23:32De passer à l'attaque
23:33À l'action
23:33Est-ce que vous avez l'impression
23:35D'avoir créé une case aujourd'hui
23:37Ou un archétype peut-être aussi
23:38De personnages
23:39Du cinéma français
23:40Parce qu'aujourd'hui
23:41Il y a des héritiers
23:42Des héritières
23:42Ce qu'on a ouvert
23:44Peut-être pas
23:45On n'a pas balancé un héritage
23:47Mais ce qu'on a ouvert
23:47C'est qu'on a ouvert la voie
23:48A des personnages
23:49A des caractères d'acteurs
23:50Qui n'étaient pas forcément
23:51D'archétypes
23:52De physique
23:55De jeunes premières
23:56Ou de jeunes premiers
23:57On trouvait que la jeune première
23:58A été la jeune première
24:00Aux yeux bleus
24:01À une époque
24:01Si on n'était pas comme ça
24:02On ne trouvait pas de boulot
24:03À la télé
24:03Pour faire les jeunes filles
24:05Ou les jeunes femmes
24:06Donc ça
24:06Ça a volé en éclats
24:08Quand même
24:09Maintenant il y a plein d'actrices
24:10Qui ont des physiques
24:11Aussi intéressants
24:12Et qui ne sont pas des archétypes
24:13Oui
24:14Il y a un moment aussi important
24:15Bien sûr c'est 1995
24:17Si je ne dis pas de vivre
24:17C'est Gazon maudit
24:18Qui est un film
24:19Que vous réalisez
24:20Dans lequel vous interprétez
24:21Aussi un des rôles principaux
24:22Et ça
24:23C'est un moment aussi
24:24Parce que
24:25C'est un film qui est célébré
24:26Qui a du succès
24:27Mais qui est aussi célébré
24:28Et où j'ai le sentiment
24:28Que vous êtes célébré
24:29Évidemment en tant qu'hommaine
24:30Mais aussi en tant que réalisatrice
24:31En tant qu'autrice
24:33Est-ce que vous vous rendiez compte
24:34À ce moment-là
24:34Moi en tout cas
24:36Qui suis né en 1986
24:37C'est vraiment
24:38Je me souviens de ce moment-là
24:39Et aussi de ces comédies-là
24:41Rien à voir
24:41Mais un film comme
24:42Les Trois Frères aussi
24:43Qui était quelque chose
24:43Qui était marrant
24:44Mais qui avait aussi
24:44Une portée sociale
24:45Ça faisait partie vraiment
24:46Qui sortent à peu près
24:47Au même moment
24:48Des films qui sont marrants
24:49Mais pas uniquement
24:50Et Garza Maudit
24:52Il y avait vraiment ça
24:52C'était un sujet
24:54Que personne n'avait osé aborder
24:57Sans caricature
24:58Oui
24:59Donc
25:00J'avais envie d'en parler
25:01Je m'étais dit
25:02Mais pourquoi
25:03Pourquoi on fait
25:04La cajou folle
25:04Pourquoi on fait
25:05Des tas de films
25:06Avec des garçons
25:07Garçons de la bande
25:08Qui était un film américain
25:09Traitant de l'homosexualité
25:10Masculine
25:11Et on ne fait pas
25:12Les femmes
25:14Souvent sont invisibles
25:15Voilà
25:16Et moi j'avais
25:17Une de mes meilleures copines
25:18C'était Catherine Lara
25:20Qui était chanteuse
25:21Et qui était chanteuse
25:22De talent
25:23Et qui avait dit cette phrase
25:25On lui avait demandé
25:25Qu'est-ce que vous regardez
25:26En premier
25:27Chez un homme
25:28Elle a répondu
25:29Sa femme
25:31Quel punchline
25:32Je trouve ça incroyable
25:33Et donc
25:35Comme ça je me suis dit
25:36Mais on peut très bien
25:37Créer des personnages
25:39Qui sont
25:39Qui sont pas forcément
25:41Ostrastisés
25:42Ou diabolisés
25:43Parce que
25:43Le rôle des lesbiennes
25:45Souvent dans le cinéma
25:46On les voyait très peu
25:47Mais qui sont des personnages
25:48Très sympathiques
25:49Très rigolos
25:50Qui peuvent intervenir
25:51Comme leur sexualité est là
25:54Mais c'est pas quelque chose
25:55Qui va les définir totalement
25:57Voilà
25:59Et donc j'ai écrit Gazon
26:01Est-ce que c'était compliqué
26:03Malgré votre statut à l'époque
26:05De le vendre
26:06Ou pas du tout ?
26:06Alors pas du tout
26:07Et maintenant
26:08Je me dis comment j'ai fait
26:09Pour que ça soit pas compliqué
26:11Parce que
26:12D'abord c'était plus simple
26:13A l'époque
26:14Maintenant
26:14Quand on écrit un scénario
26:15On voit une boîte de prod
26:16Ou une télé
26:18Il y a 50 copies
26:20Et t'as 50 personnes
26:21Du premier au plus bas
26:23Qui va lire
26:24Pour donner son avis
26:25A l'époque
26:26Il y avait 6-7 personnes
26:28Qui décidaient
26:29C'était plus simple
26:31Donc on allait faire un dîner
26:32C'était
26:32Moi je me souviens
26:33D'un déjeuner
26:53Chez
26:53Que j'allais faire
26:54Une grosse farce
26:57Comme la cage aux folles
26:58Qui était une farce
26:58Quelque part
26:59Même c'était une farce géniale
27:00Bien sûr
27:01Donc c'était un équivalent
27:02De farce de la cage aux folles
27:03Et j'avais même dit
27:04Au garçon
27:05Qui est mon meilleur ami
27:06Qui a été aussi mon assistant
27:07J'ai dit
27:07Ils ont une grenade dégoupillée
27:09Ils savent pas encore
27:10Quand elle va exploser
27:13Effectivement
27:13Mais c'est vrai
27:14Parce que le film
27:14A une autre portée
27:15Bien sûr
27:15Donc après
27:17Quand c'est sorti
27:18Tout le monde
27:19Ça s'est très bien passé
27:20Je veux dire
27:20Il n'y a pas eu
27:21Oui oui
27:21Très bien passé
27:22Je ne sais pas peut-être
27:23Que maintenant
27:24Ce serait plus difficile
27:24J'en sais rien
27:25Peut-être
27:25Je pense qu'on écoute
27:26Un morceau
27:27Mais un morceau
27:27Sur lequel vous apparaissez
27:29Un morceau de Mac Tire
27:30Est-ce que vous vous souvenez
27:31De ce morceau ?
27:32Je ne me souviens pas
27:33De ce morceau
27:34Si je me souviens
27:35De ce morceau
27:35Parce que j'ai une histoire
27:36Avec ce garçon
27:37J'ai une histoire
27:40D'adolescence
27:41Avec Mac Tire ?
27:43Non pas une histoire d'amour
27:43J'ai dit
27:44Oui mais ça m'intéresse
27:45C'est intéressant
27:46Je fais une émission de radio
27:47Oui
27:48Non je vais faire une émission
27:50De radio
27:50De radio dans une prison
27:52À la frêne
27:53Chez les détenus mineurs
27:54Ils avaient des petites émissions de radio
27:56Donc on propose de le faire
27:57Je dis ok
27:58Donc je fais l'émission de radio
27:59Et puis il y a un jeune gars
28:02Qui me parle
28:02Et qui me dit
28:04Ce qu'il a fait
28:04Il avait fait des tourgards
28:05Et je lui dis
28:05Mais si tu veux t'en sortir
28:06Tu peux
28:07Tu peux t'en sortir
28:08Mon pote
28:08Il faut simplement
28:09Que tu décides
28:10Que tu vas t'en sortir
28:11Basta
28:11Fini
28:1210 ans plus tard
28:1315 ans plus tard
28:14Je fais une autre émission de radio
28:15Et l'animateur me dit
28:16Il y a quelqu'un
28:16Qui veut vous parler
28:18Au téléphone
28:19Et c'est Mac Tire
28:20Qui me dit
28:21J'ai jamais oublié ce que tu m'as dit
28:22Incroyable
28:23Ça m'a aidé
28:24Je savais pas
28:24Ça m'a aidé
28:25Pour m'en sortir
28:27Alors j'ai dit
28:27Bah écoute
28:28Je suis très heureuse
28:28Parce que moi
28:29Je t'ai dit ça
28:29Ce qui me paraissait évident
28:30Ça me paraissait
28:31C'est pas
28:33Le secret de la réussite
28:34C'était juste
28:34Quelque chose de simple
28:35Voilà
28:36C'est comme ça
28:36Que j'ai une histoire
28:38Avec Mac Tire
28:39Incroyable
28:39C'est génial
28:40Effectivement
28:41Il vous a invité
28:42Sur un morceau
28:42Qui s'appelle
28:42Meilleur souvenir
28:43Qui est sorti en 2018
28:44Sur l'album
28:44C'est la street mon pote
28:45Et je propose
28:46Qu'on l'écoute évidemment
28:47Donc c'est Mac Tire
28:47En collaboration
28:48Avec Josiane Balasco
28:49Et oui
28:50Je tournais un film
28:52Au Venezuela
28:53Dans la jungle
28:55Et nous travaillions
28:56Avec une tribu d'Indiens
28:58Nommée les Piroirs
28:59Il y avait plein d'enfants
29:00Et George Aguilar
29:02Qui est devenu mon mari
29:03Qui est un natif américain
29:05Apache
29:05Et moi même
29:07Nous nous sommes dit
29:07Qu'est-ce qu'on pourrait donner
29:09A ces enfants
29:10Pour leur faire plaisir
29:11Et j'ai trouvé
29:12Quelque chose
29:14Qui n'avait absolument
29:15Pas au Venezuela
29:16Dans la jungle
29:17C'est des pommes
29:18On a commencé
29:19A faire une distribution
29:20De pommes
29:21Tous les jours
29:22D'abord il y a eu
29:23Que les enfants
29:24Après les adultes
29:25Après les vieux
29:27Après toute la tribu
29:28A fait la queue
29:29Pour avoir des pommes
29:31Et c'était
29:32Un souvenir magnifique
29:33Et toi Socrate
29:35C'est quoi ton meilleur souvenir ?
29:36Un jour une personne
29:38M'a dit
29:38Quel est ton meilleur souvenir ?
29:40Je n'ai pas pu répondre
29:41Je me suis tellement fait violence
29:43Que tout est enfoui
29:44Il y a ceux qui fuguent de chez eux
29:46Et d'autres qui fuient leurs problèmes
29:47Mais le bonheur
29:48N'est pas une équation
29:49Ni un théorème
29:50L'affaire T.O.
29:51Me fout la haine
29:52Je suis Boudna S.I.N
29:53Justice pour Adama
29:54J'ai une pensée
29:55Autre aurait qu'ils enferment
29:56C'est la street mon pote
29:58Regarde toujours derrière toi
29:59Je me sens au bord d'une falaise
30:01Avec du vide derrière moi
30:02C'est l'hiver
30:03Mais t'es en âge
30:04Devant le confieux
30:05Entouré de gens bien
30:06Et de cas sociaux
30:07Chacun fait comme il peut
30:08Pour pas rester les poches vides
30:10Général Socrate est juste un grand frère
30:12Et pas un guide
30:13Arrêtez vos matrices
30:14Et vos manigances
30:15Faites de la bonne musique
30:16Pour faire le buzz
30:17N'y a pas que les gros noirs
30:18Pour amuser la galerie
30:19Pour s'fils de but
30:20Je peux gâcher ma vie
30:21Comme si j'avais que ça à faire
30:22La frustration que je renferme
30:24Les prisonniers la comprennent
30:26Est-ce que je me vas
30:26Pour la vie au contraire
30:27Je suis pas en paix pour le savoir
30:29Amine, amène
30:30Amère et la vie que je mène
30:33Ça a l'air d'être mort
30:34Mais j'y vais quand même
30:36Ça a l'air d'être mort
30:37Mais j'y vais quand même
30:38Je reviens de loin
30:39J'ai jamais cessé de me battre
30:41Je rêve de mon arbre de paix
30:43Comme César
30:44Je pars du sein
30:45Celui qui rêve de copains
30:46Celui qui a compris
30:47Que la violence est nécessaire
30:49Des fois
30:50Je reviens de loin
30:51J'ai jamais cessé de me battre
30:53Je rêve de mon arbre de paix
30:55Comme César
30:56Je pars du sein
30:57Celui qui rêve de copains
30:58Celui qui a compris
30:59Que la violence est nécessaire
31:01Des fois
31:01Je vois le petit frère sortir, retomber, ressortir
31:05T'as raté l'enterrement ton daron, je vois ce que tu dois ressentir
31:08Souvent la vie est violente, il ne faut pas se mentir
31:11Profite du soleil quand tous les jours tes nuages sont gris
31:14Il est tout petit mon quartier, mais il y a beaucoup disparu
31:17De l'autre côté du mur, redis-moi ce que t'as vu
31:20Des marcheurs blancs ou des porcs assassins
31:22Hein, dis-moi, chaque fin du mois la daronne te dit non
31:24Parce qu'elle a passé la vie des quartiers pauvres
31:27On a perdu le sens du partage
31:29Les bâtards qui prennent s'empressent à larguer les amarges
31:32Les va râper pour le buzz, le strass et les michtos
31:34J'aime l'argent, j'aime les femmes, ouais, mais j'préfère mon ghetto
31:37Moi là-bas j'ai pris l'argent du bendo
31:39Il a financé mes classiques et mes albums solo
31:42Bref, aujourd'hui j'ai grandi, aujourd'hui j'ai mûri
31:45Demain j'peux mourir, j'ai toujours l'amour du risque
31:49Je suis un blé authentique, détruit par la drogue
31:51Des potes d'enfance sont comme des épaves
31:53L'état n'est pas mon bourreau, je ne suis pas son esclave
31:57Ça a l'air d'être mort mais j'y vais quand même
32:00Ça a l'air d'être mort mais j'y vais quand même
32:02Je reviens de loin, j'ai jamais cessé de me battre
32:05Je rêve de mon arbre de paix comme César, ouais
32:08Je pars du sein, celui qui rêve de copain
32:10Celui qui a compris que la violence est nécessaire des fois
32:13Je reviens de loin, j'ai jamais cessé de me battre
32:17Je rêve de mon arbre de paix comme César, ouais
32:20Je pars du sein, celui qui rêve de copain
32:22Celui qui a compris que la violence est nécessaire des fois
32:25Je reviens de loin, je n'ai jamais cessé de me battre
32:29Je rêve de mon avreau de paix comme César
32:32Je pars du singe, celui qui rêve de combat
32:34Celui qui a compris que la violence est nécessaire des fois
32:37Je reviens de loin, je n'ai jamais cessé de me battre
32:41Je rêve de mon avreau de paix comme César
32:44Je pars du singe, celui qui rêve de combat
32:46Celui qui a compris que la violence est nécessaire des fois
32:56C'était un morceau du rappeur Mac Tailleur, également appelé Socrate, en collaboration avec notre invité ce soir.
33:02Enfin, très modestement.
33:03Vous êtes sur le morceau.
33:04Je suis sur le morceau.
33:05Voilà.
33:15Finalement, je n'aurais pas réussi à vous tutoyer.
33:17Voilà.
33:18C'est moi, c'est moi.
33:18J'ai fauté.
33:19Moi, je peux vous voyer des gens avec qui je travaille depuis 30 ans et que j'aime beaucoup.
33:23Et que ma fille va tutoyer.
33:24Donc, le tutoiement, le vouvoiement, c'est en fonction de la personne.
33:28Ce n'est pas quelque chose de défini.
33:29Oui, tout à fait.
33:30Alors, on parlait de rap avec Mac Tailleur.
33:32Vous avez aussi été cité dans le rap.
33:35Il y a plusieurs morceaux et j'en ai pris quelques-uns.
33:36D'accord.
33:37Par exemple, Dinos.
33:44Ça, c'est Dinos.
33:46Il y a Dossé, également.
33:51C'est souvent des jeux de moi avec les bronsés.
33:53Oui, bien sûr.
33:54Les rappeurs moins connus, mais Bonobo et K.O.Z. sur Elan School.
33:58Mais c'est des mecs qui ont quel âge maintenant ?
34:02Des jeunes ?
34:03Alors, ça, je n'aime bien.
34:04Pardon.
34:04Fuck une thalasso sur la prod, je ski comme balasco.
34:06Sur le bronzé.
34:07Oui, souvent.
34:08Alors, Dossé, il a la quarantaine.
34:10Une jeune quarantaine.
34:11Dinos, il doit avoir la jeune trentaine.
34:13Eux, je sais moins.
34:14Et puis, il y avait aussi la Smala sur le morceau.
34:16Poignée de punchline.
34:17La Smala et Five, bien sûr que ça tabasse gros.
34:19Trop sale, ma troupe est splendide.
34:20Junio, clavier balasco.
34:21Josia, c'est la Smalice, Malfice.
34:23Le groupe que les cas...
34:23Ma troupe est splendide, voilà.
34:25Donc, c'est beaucoup de références.
34:27Et il y en a d'autres.
34:27J'aurais pu en citer, évidemment, d'autres.
34:30La question, elle est un peu simple.
34:31Mais qu'est-ce que ça fait d'être, aujourd'hui, une figure pop ?
34:34C'est-à-dire qu'en fait, il y a des gens, effectivement, là, ce sont des gens qui parfois...
34:36Mais vous me l'apprenez, déjà, je me l'apprenez.
34:38Moi, je suis très fière de savoir que je peux rentrer un petit peu dans l'imaginaire des jeunes d
34:42'aujourd'hui.
34:43Voilà.
34:43Oui.
34:44Oui, c'est une fierté, bien sûr.
34:46Est-ce que vous avez conscience de ça ?
34:47Du côté un peu culte, qu'il y a les films, bien sûr, mais aussi vous, en tant que personne.
34:52Ben, je...
34:53On ne pense pas trop à ça, parce que c'est un peu bizarre.
34:55Non, non, je ne pense pas à ça, dire je suis culte.
34:57Je me regarde dans ma glace le matin.
34:59Oh, mon Dieu, je suis culte.
35:01Non, mais il y a sûrement des gens qui se le disent.
35:03Ça doit exister, des gens qui le sont réellement et qui...
35:05Oui, qui se disent qu'ils sont culte, je ne sais pas.
35:06Qui le conscientisent.
35:07Et ils ont un problème.
35:09Vous n'avez jamais eu ça de...
35:12Comment dire ?
35:12D'envie égocentrique.
35:15Non, mais parce que non, parce que je travaille, que je pense à d'autres choses que...
35:20Je pense sur l'extérieur, je suis tourné vers l'extérieur, je suis tourné vers le travail, je ne suis
35:23pas tourné vers...
35:23Moi, si je suis tourné vers moi, c'est déprimant.
35:25Évidemment, tu vois ta gueule.
35:27Quand tu es belle, ça va tout seul.
35:28Quand elle est jeune, on s'habitue, on se dit qu'on n'est pas mal foutu, comme disait Ferré.
35:31Mais c'est intéressant parce que j'ai l'impression que beaucoup de comédiens et comédiennes comme vous,
35:36qui continuent à travailler beaucoup, ont cette réflexion-là.
35:38Comme beaucoup de gens, je suis fan de Robert De Niro, mais ce n'est pas très original.
35:41C'est quelqu'un qui déteste pareil du passé, qui en fait tourne encore 4 à 5 films par an.
35:46Et qui est tourné encore vers l'actualité.
35:48Et je vois la Scorsese qui commence une carrière d'acteur à 80 ans.
35:52Oui, il n'y a pas de...
35:53Ce n'est pas fini en fait.
35:55Est-ce que vous pensez aussi que le fait d'être cité, c'est peut-être aussi...
35:58Alors, il y a le cinéma bien sûr, mais il y a aussi ce que vous incarnez-vous peut-être
36:01en tant qu'humaine.
36:04C'est-à-dire aussi les prises de parole, le fait d'avoir été engagé.
36:06J'ai l'impression qu'il y a aussi ça, peut-être dans la tête des gens, d'avoir pas
36:09été qu'une comédienne.
36:10D'accord, peut-être.
36:11Mais ça aussi, c'est à double tranchant.
36:13Il y a des gens qui peuvent le reprocher, me reprocher.
36:14Enfin, on pourrait mieux de fermer sa gueule, celle-là.
36:17Maintenant, on a les réseaux sociaux pour que tout le monde parle, surtout les abrutis.
36:21Mais bon, on le sait.
36:22Et puis, il y en a qui sont contents, mais je n'ai jamais pensé en fonction des gens qui
36:27allaient réagir.
36:29Si j'ai envie de dire des choses, je le dis.
36:33On se rend compte peu à peu qu'on a pris beaucoup d'importance dans l'histoire, dans l'imaginaire
36:38populaire, à la mort de Michel Blanc.
36:40Quand Michel Blanc est mort, salopard, il part toujours en premier, tout le temps, qui va bientôt avoir une place
36:46à son nom.
36:47Voilà, je suis une Russe, je suis content.
36:50Quand il est mort, on s'est aperçu que pour les gens, il perdait quelqu'un.
36:56Il perdait vraiment à quelqu'un de proche.
36:59Jean-Claude Duss, même si Michel en avait marre de Jean-Claude Duss, Jean-Claude Duss était quelqu'un qui
37:03existait,
37:04vraiment qui était ancré profondément dans la mémoire populaire, sur un malentendu.
37:08C'est ça dont on s'est aperçu.
37:11Là, vraiment, d'abord qu'on n'était plus immortels, mais ça, on le savait déjà.
37:16Mais que pour le public, ce personnage était un personnage important.
37:22Est-ce que parfois, effectivement, vous mentionnez Jean-Claude Duss, qui est évidemment panthéon du cinéma et de la comédie
37:27française,
37:28est-ce que parfois, quand on regarde votre filmographie, et c'est d'ailleurs le cas pour la plupart de
37:32vos compères du Splendide,
37:34il y a énormément de choses.
37:35Et parfois, évidemment, dans la culture populaire, on peut vous résumer à 3, 4, 5 rôles, ce qui est déjà
37:41beaucoup, en fait.
37:42Mais est-ce que c'est frustrant, parfois, quand on a fait autant, donné autant, qu'on a travaillé autant
37:47?
37:47Est-ce que parfois, on a envie de se dire, mais j'ai aussi fait ça, ça et ça ?
37:50Non, parce que finalement, il faut regarder les choses.
37:53Moi, je suis très contente d'avoir fait Gazon.
37:55Par exemple, j'en suis assez fière.
37:56C'est un de mes meilleurs films.
37:57Je n'ai pas le monde de le dire.
37:58Les gens le citent, c'est normal.
37:59Après, il y a des tas de films que j'ai fait qui sont comme tout le monde.
38:02On a fait des films plus ou moins réussis, plus ou moins bons, dont je n'ai absolument pas honte,
38:06parce que je n'avais qu'à pouvoir les faire.
38:09Je n'avais qu'à pouvoir accepter.
38:10Donc, je n'ai honte de rien.
38:12Dans mon métier, de ce que j'ai fait dans mon métier, je n'ai pas eu l'impression d
38:15'escroquer,
38:16d'être une arnaqueuse de base.
38:18Oui, contrairement au film.
38:19Oui, contrairement au film.
38:20Non, je n'ai pas...
38:21Alors, si les gens citent tel ou tel truc, c'est bien sûr que les bronzés, que le Père Noël,
38:26que tout ça prend...
38:28Mais moi, les jeunes me disent des répliques que moi, j'ai oubliées.
38:32Quel est le défaut de Bernard, pardon ?
38:35Quel est le défaut de Bernard, je ne sais pas.
38:37Il est égoïste.
38:38Ah oui, mince.
38:38J'ai oublié.
38:40Très bien.
38:41Josiane Balasco est avec nous jusqu'à 23h.
38:52Alors, effectivement, on l'a dit, vous avez joué dans énormément de films, de films
38:57notables, remarquables.
38:58Et je voulais parler de quelques films comme ça, oubliés ou pas d'ailleurs.
39:02Mais alors, en traçant votre fiche Wikipédia, un des premiers rôles qui est noté, c'est
39:09Docteur Popole de Claude Chabrol en 1972.
39:12Je n'ai pas le souvenir.
39:14Je crois que vous apparaissiez dedans.
39:15Je ne sais pas si c'est le cas, du coup, je voulais en parler parce que c'est un
39:17Chabrol,
39:18etc.
39:18Non, sincèrement, je m'en serais souvenu.
39:20Ok.
39:21J'aurais adoré tourner avec Chabrol, mais en 72, j'avais 22 ans.
39:27J'étais au cours, j'ai juste démarré au cours, non.
39:30Je pense que c'est...
39:31Donc c'est une erreur.
39:32Ou alors c'était une frime, je fais de la figuration dans une entrée, mais je n'ai pas le
39:35souvenir.
39:36Sinon, j'aurais été trop contente.
39:37Vous en avez fait à l'époque, ça ne faisait pas aussi partie du rôle d'une jeune comédienne,
39:40de faire de la figuration.
39:41Alors, des petits trucs, quand on avait besoin de se bouffer, oui, bien sûr, des petits trucs.
39:47Autre film, évidemment, pour le coup, c'est un classique, Les Frères Pétards.
39:50Ah oui, ça, je m'en souviens bien.
39:51Évidemment, là, on est quelques années plus tard.
39:52Quel souvenir vous avez de ce film qui est là, vraiment aussi un classique de la comédienne ?
39:55C'était un film très culotté, très gonflé à l'époque, parce que c'était quand même une histoire de
40:01deux abrutis
40:02qui étaient défoncés, qui vendaient du chic, qui étaient défoncés.
40:06C'était assez provoquant et qui avaient des copines à leur image.
40:11La question, je la pose souvent, soit aux personnes qui travaillent dans l'humour ou aux comédiens,
40:15mais est-ce que c'est plus compliqué aujourd'hui, en tout cas, de tout se permettre dans l'humour
40:18?
40:18Est-ce qu'on a l'impression qu'aujourd'hui, c'est un peu plus lisse ?
40:21Est-ce qu'on vous le demande ? Est-ce que les studios le demandent ?
40:23Ou les plateformes ? Ou pas spécialement quand on écrit, quand on crée ?
40:26Ah, quand on écrit, quand on crée, il y a longtemps que je n'ai pas, à part les pièces.
40:30Au théâtre, on est assez libre, alors je ne sais pas comment ça se passe à la télé.
40:34Bon, c'est sûr que pour les gens qui font du stand-up, je ne sais pas comment ça se
40:37passe,
40:37s'ils passent un examen de censure ou pas.
40:43Je ne sais pas, je ne sais pas.
40:44Peut-être qu'effectivement, ce qui change tout, c'est les réseaux sociaux.
40:47C'est qu'il y a des tribunales populaires qui vont monter sur leurs grands chevaux.
40:52C'est une ordre, disons-le.
40:53Il n'y avait pas à l'époque.
40:55Bien sûr, oui.
40:55Donc il y avait peut-être un peu plus de liberté, fatalement, puisqu'on ne pensait pas à ça.
40:58Oui, il n'y avait pas plus de liberté.
41:00Mais bon, là aussi, il faut s'arranger pour biaiser avec la censure.
41:07Avec les contraintes de l'époque à chaque fois et la censure.
41:09Autre film, et ça aussi, je crois que c'est un classique,
41:12Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes.
41:14Ah oui, c'est un joli film.
41:15Oui, joli film aussi.
41:16Et c'est intéressant, parce que je crois que vous êtes nommé au César pour ce film.
41:20Est-ce que ça, ce genre de distinction, c'est important ?
41:23Moi, je ne vous connais pas, mais j'ai l'impression que ce n'est pas quelque chose
41:26pour laquelle vous allez prêter beaucoup d'attention, les distinctions honorifiques.
41:29Peut-être que je me trompe.
41:30Non, mais c'est toujours agréable.
41:35Je n'ai jamais participé, vraiment.
41:36À vrai dire, je participe de loin.
41:38Mais je n'ai jamais travaillé en me disant, bon sang, pourvu que j'ai un César ou pas,
41:42j'en ai eu un pour du meilleur scénario, pour Gazon Moudi.
41:46Oui, tout à fait.
41:48J'ai eu un César pour l'achievement, comme on dit.
41:53La carrière.
41:53La carrière.
41:54On a eu deux.
41:55Et puis il y a un autre pour le Père Noël, pour le Splendide.
41:58Donc, ça va.
41:59Comme je l'ai dit, j'en ai eu un pour toute ma carrière.
42:01Donc, à chaque fois que je fais un film, je l'ai, quoi.
42:03Puisque j'ai toute ma carrière.
42:04Non, ce n'est pas quelque chose qui m'a motivée d'avoir ou pas.
42:11Peut-être parce qu'on a commencé comme ça, dans notre côté, un petit peu rebelle.
42:16Comme ça, des rebelles.
42:17Est-ce que c'est bizarre de commencer comme un rebelle et au bout d'un moment de finir un
42:21peu dans l'establishment, malgré ?
42:22Parce que c'est ça, au final.
42:23Oui, c'est ça.
42:24Mais qu'est-ce que tu veux ?
42:24C'est dur.
42:26C'est dur de ne pas se laisser enliser.
42:30Non, ce qu'il faut, c'est toujours avoir quand même l'esprit rebelle.
42:35L'esprit rock'n'roll.
42:36Oui, c'est une question de...
42:37C'est un petit peu comme les Stones, les Rolling Stones.
42:40Oui, qu'ils le sont encore.
42:40Qu'ils le sont encore à 80 ballets.
42:42Voilà, c'est ça.
42:43C'est ce qu'il faut lutter pour garder l'indépendance.
42:45Plutôt Stones ou Beatles, Josiane ?
42:48Alors, moi, j'adorais les Beatles.
42:50Mais je trouve que les Stones, dans leur parcours, sont géniaux.
42:53J'ai lu le bouquin de Keith Richards.
42:55Je ne sais pas si tu l'as lu.
42:57Extraordinaire.
42:58Voilà, c'est des mecs qui étaient pendant trois ans dans le coma pendant une tournée.
43:01Parce que tellement ils étaient chargés et qu'ils ont réussi à s'en sortir.
43:05C'est fou, même.
43:05Ils ont réussi à être vivants après tout ça.
43:09Autre film, là aussi, c'est un classique.
43:12Mais vous l'avez mentionné, c'est le film de Michel Blanc, Grosse Fatigue.
43:15C'est aussi intéressant parce que vous êtes quand même plusieurs de cette troupe-là.
43:19Notamment, je pense à Gérard Genoux, à Michel Blanc, à vous.
43:21A avoir aussi pris les dents, à avoir réalisé des films.
43:25Ça, c'était quelque chose que vous aviez en commun.
43:26C'était important de créer vos propres espaces de liberté, comme je le disais en introduction.
43:31De créer vos endroits, en fait.
43:32Gérard Genoux, il a toujours eu envie de se faire de la mise en scène.
43:34Même qu'au tout début du Splendide, il avait envie de se faire de la mise en scène.
43:37Avant même d'être acteur, je crois qu'il avait envie de faire de la mise en scène.
43:40Blanc aussi.
43:41Moi, je l'ai fait parce que je n'ai pas trouvé des gens pour faire les choses, les trucs
43:46que j'écrivais.
43:46Mais je ne voulais pas forcément faire de la mise en scène.
43:48Ce n'était pas une vocation.
43:49Non, ce n'était pas une vocation.
43:50J'en ai fait comme ça, par défaut.
43:52Bon, très bien, je vais m'y coller.
43:55Mais parce qu'on avait envie de garder justement cette liberté de pouvoir raconter ce qu'on était.
44:03Raconter du moins ce qu'on était ou ce qu'on représentait ou ce qui nous faisait rire.
44:07Et on a des rires très différents.
44:09Un film de Michel ne ressemble pas à un film de Gérard ni à un de mes films.
44:12Donc, on a chacun la manière d'entrevoir l'humour.
44:17Quand vous faisiez des choses ensemble, est-ce que c'était parfois compliqué de composer avec toutes vos sensibilités ?
44:22Les égos aussi qu'il peut y avoir ou ça a globalement été toujours assez fluide ?
44:26Ok, j'ai la réponse.
44:28On se marrait et on s'engueulait bien sûr.
44:31Mais il n'y avait pas de chef.
44:32C'était à l'unanimité.
44:34Donc, c'était parfois compliqué.
44:36Je pense qu'on écoute un morceau d'un groupe qui s'appelle Fucker.
44:39C'est un groupe de musique électronique américain formé en 2022.
44:42On s'écoute un morceau qui s'appelle Feel the Wheel.
44:43Et juste après, on est de retour avec Josiane Balasco.
45:08Feel what I feel, what I feel.
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