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Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, est l'invitée de Questions politiques ce dimanche. Une émission présentée par Alexandra Bensaid avec Alix Bouilhaguet (France Télévisions) et Françoise Fressoz (Le Monde). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/questions-politiques/questions-politiques-du-dimanche-19-avril-2026-9825538
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00:04Générique
00:10Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques.
00:14Nous sommes toujours dans le brouillard ce dimanche, sans visibilité sur une issue à la crise au Moyen-Orient
00:19et par conséquence sur la fin des augmentations de prix pour le pétrole et le gaz.
00:24Le pouvoir d'achat, ça sera sans doute encore une fois un des thèmes au cœur de la présidentielle.
00:28Un scrutin pour lequel les partis tentent de se mettre en ordre de marche, quelle incarnation, quel programme.
00:34Les partenaires sociaux, eux aussi, veulent peser sur les propositions, mobiliser leurs adhérents, affiner leur stratégie.
00:41Demain, Force Ouvrière ouvrira son congrès. D'ici juin, la CGT, la CFE, CGC et la CFDT tiendront également le
00:49leur.
00:50Notre invité est à la tête du premier syndicat de France, à un moment de notre histoire où l'extrême
00:55droite est en tête des sondages
00:56et où le patronat multiplie les rencontres avec les dirigeants du Rassemblement national.
01:01On en parle avec la secrétaire générale de la CFDT.
01:04Marie-Lise Léon est en direct sur France Inter.
01:06France Info, le canal 16 de la télé.
01:09Une émission en partenariat avec le journal Le Monde.
01:11Nous sommes ensemble jusqu'à 13h.
01:13France Inter.
01:15Question politique.
01:17Alexandra Bensaïd.
01:20Bonjour et bienvenue Marie-Lise Léon.
01:22Bonjour.
01:22Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:24Merci à vous.
01:25Et tant que j'en suis au remerciement, merci à tous les auditeurs qui nous suivent de plus en plus
01:28nombreux.
01:28Le dimanche, 1,7 million derrière le poste.
01:31C'est l'émission dominicale politique la plus écoutée du PAF.
01:35A mes côtés, pour vous interviewer Marie-Lise Léon, je les salue.
01:38Alex Bouillaguet de France Télévisions.
01:39Bonjour Alex.
01:40Bonjour Alexandra.
01:41Bonjour à tous.
01:41Avec vous tout à l'heure, bien sûr, on fera le portrait de la dirigeante de l'organisation de salariés.
01:46Oui, le syndicalisme, ce n'était pas dans votre culture familiale Marie-Lise Léon.
01:51Et pourtant, vous la chimiste de formation, vous avez gravi toutes les marches de la CFDT jusqu'à la plus
01:55haute.
01:55On y reviendra tout à l'heure.
01:57Françoise Fressos du journal Le Monde est également en plateau avec nous.
02:00Bonjour Françoise.
02:00Bonjour à toutes et tous.
02:02Et le sujet pour 2027, quelle place pour la démocratie sociale ?
02:06Les syndicats ont-ils envie et surtout sont-ils assez puissants pour prendre toute leur place au fond dans la
02:13vie démocratique française ?
02:14Et peut-être par exemple gérer à la place de l'État le régime de l'assurance des retraites ?
02:20Une grande question.
02:21Reste au programme.
02:21Vers 12h50.
02:23Pour démarrer Marie-Lise Léon, 5 minutes d'actualité entre 4 yeux.
02:26On va commencer avec la mort de ce soldat français au Liban.
02:30Hier, le sergent-chef Florian Montorio appartenait à la force intérimaire des Nations Unies au Liban.
02:36La finule.
02:37Trois autres soldats français ont été blessés.
02:40La secrétaire générale de la CFDT, qu'en pense-t-elle ?
02:43Comment regarde-t-elle cette situation ?
02:45Une situation qui suscite énormément d'inquiétudes et d'angoisse pour le monde du travail.
02:50On voit bien qu'il y a à la fois une inquiétude sur les enjeux démocratiques et de voir un
02:56peu le sentiment, quand je vais voir des salariés, des agents des fonctions publiques,
02:59le sentiment que l'ordre mondial est un peu en train de basculer sous nos yeux.
03:04Et puis les pensées les plus solidaires pour la famille de ce soldat.
03:08Et puis vous dire que depuis ce que l'on peut faire en tant qu'organisation syndicale, la CFDT est
03:15affiliée à la Confédération internationale des syndicats
03:18et que la CFDT est en lien direct avec la FENASOL, qui est notre homologue au Liban.
03:24Et donc de pouvoir modestement être là en soutien auprès d'eux et puis de prendre régulièrement des nouvelles
03:30et leur apporter un certain nombre d'éléments dont ils peuvent avoir aujourd'hui besoin, y compris matériel, financier.
03:37Donc faire vivre cette solidarité syndicale dans ces moments, c'est extrêmement important.
03:42Parlons à présent des partenaires sociaux et de la présidentielle, Marie-Lise Léon.
03:45Demain, Jordan Bardella déjeune avec le bureau exécutif du MEDEF.
03:48C'est un déjeuner officiel, ça sera la première fois.
03:50Il y a dix jours, première fois aussi pour Marine Le Pen, qui a dîné avec de grandes figures du
03:54capitalisme français.
03:56On peut citer les patrons de Total Energy, Accor, Renault, Engie, il y avait aussi Cyril Bolloré
04:01et encore une première, le PDG de LVMH, Bernard Arnault.
04:05Comprenez-vous ces premières fois, Marie-Lise Léon ?
04:08Je n'ai pas de jugement à avoir, c'est un choix que la CFDT a pris depuis de nombreuses
04:14années
04:14de ne pas discuter avec ses formations politiques.
04:17Je pense qu'aujourd'hui, on est à un moment extrêmement important aussi de clarification
04:22et de savoir finalement quel est le rôle d'acteurs démocratiques comme les organisations syndicales et patronales
04:29dans le paysage actuel.
04:31Et je pense qu'aujourd'hui, certains confondent le pragmatisme.
04:37Certains, là pour le coup, je n'ai pas envie de faire de généralité
04:41parce que je sais qu'il y a une diversité d'approches et des positions différentes.
04:46Donc, je n'ai pas envie de globaliser pour vous dire de qui parle-t-on.
04:50Aujourd'hui, je pense qu'il y a une grande confusion entre ce qu'est le pragmatisme et une forme
04:54de cynisme.
04:55Le cynisme de considérer qu'il est prudent ou raisonnable.
04:59Je reprends les mots de Pascal Demurgé, qui est un chef d'entreprise,
05:02Le patron de la Maïf.
05:02D'une grande entreprise qui est la Maïf, qui a fait une tribune la semaine dernière,
05:07qui dit qu'il ne faut pas confondre le fait d'avoir l'impression d'être raisonnable ou pragmatique
05:14de rencontrer l'extrême droite.
05:18Je partage son opinion.
05:20C'est pour ma part, je pense, faire preuve de cynisme.
05:23Et le cynisme, c'est de considérer que l'économie passe avant tout
05:26et que pour la CFDT, les enjeux démocratiques sont au moins aussi importants.
05:32Donc, c'est la raison pour laquelle la CFDT...
05:35Je vous entends et je vais vous demander, évidemment, si vous accepteriez une invitation.
05:39Mais d'abord, quand même, revenir sur ce que vous venez de dire.
05:41Vous venez de dire, si on déjeune avec le patronat, si le patronat déjeune avec le RN,
05:47si le patronat a l'espoir de peser sur son programme économique, c'est du cynisme.
05:51Je pense que c'est du cynisme et je pense que c'est illusoire.
05:54Je pense que c'est illusoire et que, pour mon organisation, ne pas les rencontrer,
05:58donc s'il y a une invitation, elle sera refusée,
06:00c'est non pas mépriser les électeurs de cette formation politique.
06:06Je connais par cœur leur rhétorique et le fait qu'ils ne supportent pas qu'on ne veuille pas les
06:10rencontrer.
06:11Je pense qu'aujourd'hui, on a besoin de repères clairs.
06:15Et pour la CFDT, l'extrême droite et le Rassemblement National en particulier n'est pas un parti comme les
06:21autres.
06:21Et donc, les rencontrer, débattre avec eux, c'est finalement parachever leur recherche de légitimation
06:28que la CFDT ne leur accordera pas.
06:30Qu'est-ce qui vous choque le plus dans le programme du Rassemblement National ?
06:34Le cœur du réacteur de ce programme, c'est la préférence nationale.
06:37Et donc, quand on met au cœur de son programme une préférence nationale
06:40qui stigmatise certains et qui divise le monde du travail,
06:44ça n'est pas compatible avec ce que porte la CFDT.
06:46Nous portons des valeurs de démocratie, d'égalité, de solidarité.
06:49Et donc, il y a incompatibilité.
06:53C'est important de se le dire et de ne pas perdre de temps à des débats
06:57qui, je pense, ne peuvent qu'être stériles.
07:00Allez, on ouvre la discussion avec Alix Bouillaguet et Françoise Fressoz.
07:03Alix.
07:04Comment néanmoins, ignorer totalement un parti qui est devenu central politiquement
07:09et qui peut être à l'Elysée en 2027 ?
07:11Est-ce que vous allez les ignorer jusqu'au bout ?
07:14C'est-à-dire ne pas donner de consignes de vote avant 2027 ?
07:17Et si jamais Jordan Bardella ou Marine Le Pen se retrouvent à l'Elysée,
07:21comment vous travaillez ?
07:21On entrera dans une autre phase.
07:24Aujourd'hui, on est dans une phase avec l'idée qu'on doit protéger la démocratie
07:29et faire en sorte que ces formations politiques n'accèdent pas au pouvoir.
07:33Et lorsque, je veux être très claire, lorsque l'on dit qu'on ne s'adresse pas
07:37à ces responsables politiques, ça ne veut pas du tout dire
07:39qu'on ne s'adresse pas à ces électeurs.
07:41Ça pose une question fondamentale au syndicalisme.
07:43Comment on peut avoir des sympathisants CFDT, voire des adhérents CFDT
07:48qui pensent que voter pour l'extrême droite, c'est une bonne idée ?
07:53Nous travaillons sur cette question depuis des mois et des mois.
07:56Nous organisons des débats avec ces personnes.
07:58Nous les questionnons.
08:00Quelle est leur vision de la démocratie ?
08:01Des dangers, des forces actuelles ?
08:03Et comment on peut leur redonner de l'espoir, confiance
08:08dans les organisations syndicales et les partis politiques ?
08:10J'entends parfaitement ce que vous nous dites aujourd'hui.
08:13Mais je repose néanmoins à ma question.
08:15Est-ce que vous allez donner une consigne de vote avant le premier tour de la présidentielle ?
08:19Comme on l'a toujours fait, on l'a fait au moment des législatives anticipées de 2024,
08:24la CFDT a toujours incité à voter.
08:27On évoquait les collègues dans d'autres pays du monde, syndicalistes,
08:32qui régulièrement nous disent que c'est une véritable chance
08:36de pouvoir voter à des élections dans une démocratie.
08:40et donc il y aura une consigne de vote à un moment.
08:43Mais le premier tour ?
08:45Non, non.
08:45On a toujours laissé le choix.
08:47Moi, je ne suis pas la directrice de conscience des adhérents de la CFDT
08:50et des adhérentes en l'occurrence puisqu'on est majoritairement des femmes.
08:53Je ne suis pas leur directrice de conscience.
08:56L'important est de pouvoir les éclairer sur ce qui sera en débat
09:00et j'espère que d'ici la prochaine élection,
09:03on ne sera pas uniquement sur la question de qui.
09:05Donc, pas de consigne de vote en fait ?
09:07Non, il n'y a jamais de consigne de vote au premier tour.
09:10La CFDT est toujours extrêmement claire sur les candidatures de l'extrême droite,
09:14qu'elles ne doivent pas être, que les adhérents et les adhérentes
09:18aient bien conscience du danger qu'elles peuvent représenter.
09:21Mais au deuxième tour, on verra en fonction de la configuration qui se porte.
09:26Ça a toujours été tout sauf l'extrême droite.
09:28Oui, on a toujours eu cette constance au début des années 2000,
09:32en 2017, en 2022.
09:34Alors, dans les rangs des syndicats,
09:36on sent aussi quand même qu'il y a des sympathisants du Rassemblement national.
09:40On l'a vu dans les sondages sortis des urnes, aux européennes, aux municipales.
09:45Comment vous gérez cette situation ?
09:47Alors, c'est plus important chez FO qu'à la CFDT où ça reste très minoritaire.
09:51Mais comment vous entendez, au fond, pas cet entriste,
09:56mais en fait cette réalité-là qu'il y a quand même des votants RN dans votre tour ?
10:02Parce que les organisations syndicales sont des organisations de masse.
10:05À la CFDT, on est plus de 640 000 adhérents et adhérentes.
10:09Donc, ça n'est pas complètement anormal d'avoir des adhérents qui sont à l'image aussi du paysage politique.
10:17Mais est-ce qu'ils sont déçus par vous ?
10:20Non, parce que vous portez...
10:22Je pense qu'ils sont profondément déçus par l'offre politique aujourd'hui.
10:28Le premier élément que j'entends quand on est en débat avec les adhérents,
10:33c'est une très grosse critique, de façon générale, sur les responsables politiques.
10:39Le sentiment de ne pas être entendu, de ne pas être considéré,
10:42et de ne pas entendre dans ce que portent ces responsables politiques
10:48les vraies préoccupations de ce qu'ils vivent au quotidien.
10:51Donc, ça, c'est un enjeu pour mon organisation, en tout cas,
10:56de pouvoir mieux porter ces préoccupations
10:58et faire en sorte que les responsables politiques s'en emparent.
11:01Mais chacun sa place.
11:03Moi, je suis responsable syndicale.
11:05Je fais partie, en plus, des organisations syndicales, la CFDT,
11:09qui considèrent que le contractuel, la négociation collective,
11:12peut avoir une existence propre
11:14et n'a pas à être toujours tributaire de la démocratie politique.
11:17Donc, ça fait partie des choses que l'on travaille en interne
11:20et je pense que le premier message,
11:25la première chose à mettre en place,
11:27c'est le dialogue avec ces adhérents et adhérentes
11:29qui nous disent, mais finalement, l'extrême droite peut être une solution.
11:33Et là, il faut pouvoir en discuter.
11:35Après, il y a plein d'autres...
11:36Il y a un lien évident et qui a été prouvé
11:39entre le sentiment d'être abandonné,
11:42la question de la présence...
11:44Le respect, la dignité,
11:46mais c'est aussi un enjeu des services publics,
11:48le fait de pouvoir ne pas se sentir abandonné
11:51et de pouvoir avoir accès comme n'importe quel citoyen et citoyenne
11:54à un certain nombre de services.
11:55Donc, c'est tous ces éléments qui doivent être travaillés ensemble.
11:58Marie-Lise Léon, je lis que vous ne voulez pas parler au Rassemblement National,
12:02vous ne voulez pas les aider à accéder au pouvoir
12:03et cependant, vous vous préparez à leur accession au pouvoir.
12:06J'ai lu qu'il y avait une cellule spéciale mise en place
12:08pour étudier des scénarios.
12:10Donc, qu'est-ce qui vous inquiète exactement
12:11sur ce qui arriverait au syndicat, à l'organisation ?
12:15À quoi vous préparez-vous ?
12:16J'ai en tête des déclarations de responsables politiques,
12:20notamment du Rassemblement National,
12:21qui considèrent que, pour certains,
12:23les syndicats sont les cancers de l'économie, par exemple,
12:26que la meilleure entreprise,
12:29c'est une entreprise où il n'y a pas d'organisation syndicale,
12:31où l'employeur décide tout seul.
12:33Donc, forcément, ça suscite un certain nombre d'inquiétudes dans nos rangs.
12:38Ça va être un sujet au Congrès ?
12:39Oui, pas forcément, non.
12:41Il n'y aura pas forcément de débat sur cette question
12:43du positionnement de la CFDT,
12:45mais moi, je suis responsable d'une organisation
12:47qui a des salariés, qui a des militants,
12:50qui a des centaines de milliers d'adhérents et d'adhérentes.
12:52Et donc, il faut pouvoir se dire,
12:54si demain, ils arrivent au pouvoir,
12:55quelles pourraient être leurs premières actions ?
12:59Et pour ça, on travaille beaucoup avec les camarades d'Italie
13:01qui ont affaire à Giorgia Meloni
13:04et qui n'est pas la plus tendre avec les organisations syndicales.
13:07Donc, c'est un très beau laboratoire
13:09et on a des partages d'expériences réguliers avec eux.
13:13Justement, vous ne voulez pas répondre à la question
13:15si le RN, effectivement, accédait à l'Élysée en 2027,
13:19mais est-ce que vous ne serez pas de fait rattrapé
13:20par le pragmatisme dont parle aujourd'hui,
13:23par exemple, MEDEF ?
13:25Le fait qu'il y a un moment,
13:26il faudra faire avec les cartes du jeu, si je puis dire.
13:27Oui, être pragmatique en 2027
13:29avec une présidence RN
13:31et être pragmatique, soi-disant, aujourd'hui en 2026,
13:34je pense que ce n'est pas tout à fait de même nature.
13:36Marie-Lise Léon, on parle de démocratie.
13:38Une question qui concerne la démocratie,
13:40c'est ce qui se passe en ce moment dans le monde de l'édition.
13:42Le limogéage d'Olivier Noral, patron de Grasset,
13:45c'est une des maisons du groupe Bolloré.
13:46Est-ce que vous considérez que c'est grave pour la démocratie ?
13:48Oui, c'est grave pour la démocratie
13:50parce que ça n'est ni plus ni moins
13:51qu'un épisode d'une chorégraphie très très bien huilée,
13:56d'une stratégie de vouloir s'approprier
13:59de ce groupe Bolloré
14:00un certain nombre de relais d'influence et intellectuelle.
14:05Et je pense que les auteurs concernés
14:07qui veulent cette clause de conscience
14:09ont tout à fait raison
14:11à partir du moment où il y a une production intellectuelle.
14:13Être en phase avec...
14:14Comme les journalistes.
14:15Comme les journalistes.
14:16Lorsqu'on est dans une production intellectuelle,
14:18être en phase avec les valeurs
14:20qui peuvent être partagées ou pas,
14:23c'est extrêmement important.
14:23Est-ce que c'est une riposte suffisante ?
14:25Probablement pas.
14:27Probablement pas.
14:27Mais je pense que c'est déjà une bonne...
14:29C'est une première étape.
14:31Vincent Bolloré, lui,
14:32dénonce le bruit médiatique extraordinaire
14:34causé, je le cite,
14:35par une petite caste
14:36qui se croit au-dessus de toutes et de tous
14:39et qui se co-opte et se soutient.
14:41Et qui aurait une capacité de fracas médiatique
14:44qui fait peur à beaucoup.
14:45Moi, ça me fait pas rire,
14:47mais je trouve ça quand même assez audacieux
14:49que Vincent Bolloré qualifie de caste
14:54un ensemble de personnes
14:55qui veulent défendre leurs intérêts,
14:57mais aussi une certaine vision de la démocratie
14:58qu'il a, lui, plutôt l'intention de piétiner.
15:01Donc c'est...
15:02Voilà.
15:03Mais je ne suis pas étonnée de ce personnage.
15:05Marie-Lise Léon, parlons du 1er mai.
15:07Sébastien Lecornu a décidé de ne pas convoquer
15:10la commission mixte paritaire
15:11sur le projet de loi de Gabriel Attal
15:13qui voulait élargir cette autorisation
15:14de travailler ce jour férié et chômer.
15:17Mais les salariés des fleuristes
15:19et des boulangers indépendants
15:21pourront aller au boulot
15:22s'ils sont volontaires.
15:23Une question de Françoise Fresson.
15:24Saluez-vous cette décision ?
15:27Laquelle ?
15:28Parce que pour le coup,
15:29c'est quand même un marasme politique.
15:31Celle annoncée par Sébastien Lecornu
15:33vendredi en disant
15:34qu'on essaiera d'appliquer
15:36uniquement à ces corps de métier.
15:38Oui, je pense qu'on a vraiment eu
15:40un triste épisode la semaine dernière
15:43avec cette histoire de...
15:45Enfin, cette saga autour du 1er mai.
15:47Nous, organisations syndicales
15:48de façon conjointe,
15:50on était tous unis dans ce combat
15:53parce qu'on voyait bien
15:54qu'il y avait une volonté
15:55de non pas ouvrir plus la liberté
15:58de travail pour un certain nombre
16:01de salariés,
16:02mais c'était juste le fauné
16:04en fait de la dérégulation
16:06attendue d'un 1er mai
16:07et finalement de vouloir banaliser
16:09aussi ce jour qui est quand même spécial
16:11et qui est unique en France.
16:14Le Premier ministre nous a,
16:17dès dimanche dernier,
16:20indiqué que la commission
16:22mixte paritaire ne serait pas convoquée.
16:24Très bien.
16:25Donc, il fallait quand même néanmoins
16:27voir quelles étaient les suites
16:29de cette question.
16:32que ce soit uniquement pour l'artisanat,
16:35c'est une bonne chose
16:36puisqu'on savait que le précédent texte
16:40pouvait ouvrir à d'autres,
16:42notamment de grandes surfaces,
16:43de grandes enseignes.
16:44Ça veut dire, Paul,
16:45ça pouvait être une grande chaîne
16:46de boulangerie ou des grandes chaînes
16:47de boulangerie,
16:48des chaînes de fleuristes,
16:49les chaînes de jardinerie, par exemple.
16:53Mais il y avait aussi dans les tuyaux
16:56la question de l'ouverture des cinémas,
16:58des musées, des lieux culturels.
17:01Donc, on était quand même très, très loin
17:03de ce qui était soi-disant prévu.
17:05Et donc, c'est une bonne chose.
17:06Un, que ce soit uniquement
17:07pour les entreprises artisanales
17:10et que ce soit uniquement
17:12pour ces deux secteurs,
17:14la boulangerie et les fleuristes.
17:15Et pour la CFDT,
17:16c'est un leitmotiv pas d'ouverture
17:19s'il n'y a pas d'accord.
17:20Donc, rendez-vous dans les discussions de branche.
17:22Sauf que les organisations professionnelles
17:24des bouchers et des poissonniers
17:26regrettent aujourd'hui
17:28de ne pas être concernés par la mesure.
17:30Ils parlent d'inégalités injustifiées
17:32entre les professions.
17:34Est-ce qu'il ne faut pas aussi
17:34tout simplement prendre en compte leurs demandes ?
17:36Non, mais vous n'allez pas me faire croire.
17:39Autant, on peut comprendre
17:40que la relation des Français
17:42à la boulangerie et du pain
17:43le matin frais peut s'entendre.
17:46Et les croissants.
17:47Bon.
17:48Mais le boucher et les poissonniers,
17:50ce sont des produits
17:51qui se conservent plusieurs jours.
17:53Je ne vois pas
17:54qu'ils soient déçus, je le comprends.
17:56Mais qu'on ne les inclut pas
17:58dans ce périmètre,
17:58ça me semble complètement normal.
18:00Je repose ma question
18:01un peu différemment.
18:03Il y a un récent sondage
18:04OpinionWay
18:05pour la CPME,
18:07Confédération des petites
18:08et moyennes entreprises,
18:09qui a été publié
18:10dans la tribune dimanche,
18:11c'était début avril.
18:1274% des Français
18:13sont favorables
18:14à ce que les salariés volontaires
18:16dans les commerces de proximité
18:17puissent travailler le 1er mai,
18:19mais avec une rémunération double.
18:22Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas
18:23et il ne faut pas entendre
18:24les salariés,
18:25si les salariés réclament cela ?
18:27Voilà, c'est un sondage
18:27avec un échantillon représentatif.
18:30D'accord,
18:30mais parce que c'est une journée
18:32spécifique, symbolique.
18:33C'est une journée
18:35de célébration du droit
18:36des travailleurs
18:37et des travailleuses
18:39internationales
18:40qui symbolisent
18:43un ensemble de luttes
18:44qui ont pu être menées
18:45depuis des années
18:46et des années.
18:47Mais s'ils sont volontaires
18:47et qu'ils sont payés double ?
18:48Avouez que c'est un peu
18:49lui-même.
18:50C'est pour ça
18:51que pour les boulangers
18:51et les fleuristes,
18:52il faut renvoyer
18:53ces éléments-là
18:54à la discussion de branches.
18:55Vous savez que
18:56quand vous êtes
18:56dans un établissement
18:58de trois ou deux salariés,
19:00un salarié même,
19:02un salarié
19:02et le patron artisan,
19:04lorsque l'artisan
19:05vient vous demander
19:06s'il peut ouvrir
19:07le 1er mai,
19:08ça veut dire que la décision
19:09du salarié,
19:10elle est,
19:11comment dire,
19:13l'ouverture est conditionnée
19:14à cette décision.
19:15C'est extrêmement déséquilibré
19:17dans le rapport de force
19:18entre le salarié
19:19et l'employeur.
19:21Donc,
19:21que ce soit renvoyé
19:22à la branche,
19:22moi je trouve que
19:23c'est une bonne chose
19:25et qu'on limite
19:26au maximum les secteurs.
19:27Je trouve également
19:28que c'est important
19:29de garder cette journée
19:33pas uniquement symbolique.
19:34Moi j'ai aussi rencontré
19:35des boulangers
19:36qui m'ont dit
19:38écoutez Madame Léon,
19:39moi le 1er mai
19:40c'est férié chômé,
19:42c'est un jour
19:43où je n'ai pas
19:43mauvaise conscience
19:44à fermer ma boutique
19:46et à profiter
19:47de cette journée.
19:48Voilà,
19:48c'est aussi une réalité.
19:49Mais ça ressemble
19:50quand même beaucoup
19:50au débat qu'il y avait eu
19:51à la fin du quinquennat Hollande
19:53à propos du travail
19:54du dimanche.
19:54Est-ce qu'au fond
19:55vous n'êtes pas en retard
19:56d'une évolution de société ?
19:58Est-ce que au fond
19:59les Français,
19:59même s'ils attachent
20:01une grande importance
20:02au symbole social
20:04du 1er mai,
20:05ils n'ont pas envie
20:05qu'au fond
20:06tout soit ouvert ?
20:08Je pense qu'effectivement
20:09il y a besoin
20:10d'avoir un certain
20:12nombre de règles
20:12comme pour le travail
20:13du dimanche,
20:14nous on avait toujours
20:15été clair sur le fait
20:16qu'il pouvait y avoir
20:17des établissements
20:18ouverts le dimanche
20:19à condition
20:20qu'il y ait une négociation
20:21collective
20:21et qu'on puisse poser
20:22les termes véritablement
20:24de la présence
20:26de ces salariés
20:27dans des jours
20:28exceptionnels.
20:29Mais mon organisation...
20:31Est-ce que vous êtes en retard ?
20:31Non, non,
20:32je pense qu'aujourd'hui,
20:33je pense qu'aujourd'hui,
20:34là où la place du travail
20:37a été largement modifiée,
20:39un monde du travail
20:40qui connaît
20:40des bouleversements
20:41majeurs
20:42en termes
20:43de rapports
20:44au travail,
20:45en termes
20:46d'évolution
20:47des métiers
20:48par la transformation
20:49écologique,
20:49par le numérique,
20:50l'intelligence artificielle,
20:52je pense que c'est aussi
20:53important que les organisations
20:54syndicales soient
20:55les garants
20:56d'un certain nombre
20:56de temps
20:58de sociétés
20:59communs
21:00qui permettent
21:01aussi de se dire
21:02qu'il y a des jours
21:04où on ne consomme pas
21:06et je pense que ça fait partie
21:07aussi des équilibres
21:09de la société
21:09dont on a besoin.
21:10Alors aujourd'hui,
21:11on a 11 jours fériés
21:12en France,
21:12votre homologue de la CGT,
21:14elle voudrait bien
21:14en avoir un de plus,
21:15on écoute Sophie Binet.
21:17Mais sur les jours fériés,
21:18on a 11 jours fériés
21:19en moyenne
21:19contre 12 en moyenne
21:20en Union européenne
21:21et donc nous voulons
21:22un nouveau jour férié,
21:23le 8 mars,
21:24journée internationale
21:25de lutte pour les droits
21:25des femmes
21:26qui doit devenir
21:26comme le 1er mai,
21:28un jour férié,
21:29chômé et rémunéré.
21:30Et voilà ce qu'il faut
21:30mettre à l'ordre du jour.
21:32Maryse Lyon,
21:32ce 8 mars,
21:33jour férié,
21:34chômé, rémunéré,
21:35est-ce que vous soutenez
21:37la demande de Sophie Binet
21:38de la CGT ?
21:38Non, parce que pour la CFDT,
21:40le 8 mars,
21:41c'est une journée de grève
21:42et je pense que c'est important
21:43d'avoir un mouvement
21:48pour dénoncer
21:49le fait qu'il y a
21:50de profondes inégalités
21:51dans le monde du travail
21:52entre les hommes et les femmes
21:53sur les types d'emplois occupés
21:54et sur les rémunérations.
21:55Je pense que l'urgence,
21:56en fait, aujourd'hui,
21:57c'est que le gouvernement
21:59respecte ses engagements
22:00et qu'il apporte la preuve
22:02qu'il respecte les travailleuses.
22:03Aujourd'hui,
22:04nous sommes dans la dernière ligne droite
22:06d'une transposition
22:07d'une directive européenne
22:09qui doit permettre
22:11aux employeurs
22:12de donner plus de transparence
22:14sur les écarts de salaire
22:15entre les hommes et les femmes.
22:17Moi, je pense que le sujet
22:18du jour, aujourd'hui,
22:19c'est d'avoir un calendrier
22:21qui permette véritablement
22:22de prouver que le gouvernement
22:24est engagé sur cette question
22:26de l'égalité entre les hommes
22:27et les femmes.
22:28Aujourd'hui,
22:30la directive devait être
22:31transposée au 7 juin.
22:33Le calendrier est impossible
22:34à tenir.
22:35Et quand,
22:36ça a été un des éléments
22:37de discussion que j'ai eues
22:38avec le Premier ministre,
22:39quand j'entends qu'il y a
22:40potentiellement une loi
22:41sur l'ouverture du 1er mai
22:42qui pourrait arriver
22:44rapidement,
22:45alors qu'on attend
22:46depuis des semaines
22:47sur cette question
22:48de la transparence salariale,
22:50la CFDT lui a dit
22:51que c'est hors de question.
22:52Ça vous met en colère, ça ?
22:53Ah oui, ça me met en colère.
22:54Ça me met en colère
22:54parce que, comme d'habitude,
22:56la question de l'égalité
22:57entre les hommes et les femmes,
22:58ça devient secondaire.
22:59Il a dit qu'il allait regarder
23:00et donc moi,
23:01je lui dis aujourd'hui,
23:02nous attendons
23:03pour la semaine prochaine
23:04un calendrier clair
23:05d'inscription
23:06de cette transposition
23:07de la loi
23:08qui soit respectueuse
23:10de ce que prévoit l'Europe.
23:11Aujourd'hui,
23:12on a besoin
23:13de donner à avoir aussi
23:14une Europe
23:14qui fait progresser
23:16les droits
23:16des salariés
23:17et des agents
23:18des fonctions publiques
23:19puisque les deux
23:20vont être concernés.
23:21Et donc,
23:22j'attends fermement
23:23que, dès la semaine prochaine,
23:24on ait l'agenda
23:26au Sénat
23:26de la transposition
23:28de cette directive.
23:29Là, on pourra dire
23:30que les preuves
23:31sont là
23:33et qu'il y a
23:34un véritable engagement
23:36du gouvernement.
23:38Il y a aujourd'hui...
23:39Pourquoi ça bloque ?
23:40Ça bloque parce que
23:41les employeurs considèrent
23:42que ça va être
23:42trop compliqué.
23:43Alors justement,
23:44qu'est-ce que ça va...
23:44Qu'est-ce que ça peut changer ?
23:45Cette transparence,
23:46cette directive,
23:46elle va prévoir
23:47que les employeurs
23:49communiquent régulièrement
23:50sur les écarts salariaux
23:52dans des collectifs
23:54de travail
23:54et de pouvoir comparer...
23:57On va pouvoir demander
23:58le salaire de son collègue ou pas ?
23:59Vous pouvez toujours le faire.
24:00Enfin, moi,
24:01je ne sais pas
24:02ce que je fais tous les matins
24:03mais ça peut déjà être
24:04un sujet.
24:06Alors,
24:06moi,
24:07je suis convaincue
24:07que les écarts salariaux
24:12inexplicables,
24:12pardon,
24:13sont inacceptables
24:14et qu'aujourd'hui,
24:16il y a une forme
24:17d'accommodation
24:18dans les entreprises
24:18de dire,
24:19finalement,
24:19si les femmes sont
24:20un peu moins payées,
24:20ce n'est pas si grave que ça.
24:22Cette directive,
24:23elle doit permettre
24:24de mettre la lumière
24:26sur ces écarts
24:27et je pense qu'aujourd'hui,
24:28ils ne sont pas visibles
24:29donc,
24:30on ne se donne pas
24:32les moyens
24:32de les supprimer.
24:33Et vous dites que c'est
24:34le patronat qui freine ?
24:35Aujourd'hui,
24:35ils freinent
24:36parce que,
24:36voilà,
24:37à chaque fois qu'on leur demande
24:38quelque chose,
24:38de toute façon,
24:39ils considèrent qu'on leur demande
24:41de construire des usines à gaz.
24:42Ça peut être très simple
24:44et je rappelle
24:45qu'un index a été mis en place,
24:47il y a quelques années,
24:47l'index de Muriel Pénicaud
24:49sur ces écarts
24:50et le patronat
24:52nous a fait exactement
24:53le même sketch
24:53il y a quelques années
24:54de dire que c'était impossible.
24:56Aujourd'hui,
24:56ils le défendent ce mordicus,
24:57ils le défendent
24:58donc je pense que c'est urgent
25:00d'avoir cette loi
25:01et qu'elle soit en débat
25:02au Parlement.
25:03Je reviens d'une question
25:04au 1er mai.
25:05Ce 1er mai 2026,
25:07est-ce que les syndicats
25:08vont se défiler ensemble ?
25:10Alors,
25:11ça dépendra des villes.
25:13Moi,
25:13pour ma part,
25:14je serai avec mes camarades
25:16de plusieurs organisations syndicales
25:18à Paris la très midi.
25:19Les 4 hôtes,
25:19vous serez avec Sophie Binev,
25:20Frédéric Souillot ?
25:21On n'est pas encore
25:22complètement calés.
25:23Après,
25:23vous savez,
25:24le Force Ouvrière
25:25n'est pas toujours
25:26dans les cortèges
25:26parce qu'ils ont
25:27leurs propres initiatives.
25:29Il y a des régions
25:30où on va travailler ensemble.
25:31On va faire
25:32des initiatives communes.
25:35Ce n'est pas le cas partout
25:36et ce n'est pas grave.
25:36Moi,
25:37je pense que ce qui est important,
25:38c'est que
25:38chaque organisation
25:40soit à l'aise
25:41avec le mot d'ordre
25:42ou le message
25:43qu'elle a envie de porter.
25:45Et pour ma part,
25:46je serai à Paris
25:47l'après-midi.
25:47Et le mot d'ordre,
25:48ça sera quoi ?
25:49Le mot d'ordre de la CFDT,
25:51c'est la défense
25:52du 1er mai.
25:52Je pense que c'est important
25:53cette année
25:54que nous marquions le coup,
25:56que nous félicitions
25:58d'avoir contré
25:59une proposition de loi
26:00qui était dangereuse.
26:03Et donc,
26:04ça sera
26:05le principal mot d'ordre
26:06de la CFDT,
26:07c'est la défense
26:07du 1er mai
26:08avec un angle particulier
26:12y compris
26:13sur la question
26:14des fonctionnaires
26:15qui sont aussi
26:17régulièrement attaqués
26:18et donc mettre en lumière
26:19le travail
26:20des fonctionnaires
26:20sera aussi
26:21un de nos objectifs.
26:22Marie-Lise Léon,
26:23vous parliez
26:24du marasme politique
26:25au sujet du 1er mai.
26:26Il y a eu un revers
26:27pour le gouvernement.
26:28Les députés
26:29ont rejeté
26:30le projet de loi
26:30qui transpose
26:31l'accord des partenaires sociaux
26:33sur l'indemnisation
26:34des demandeurs d'emploi
26:35à la suite
26:36d'une rupture conventionnelle.
26:37Question d'Alix Bouillac.
26:39Effectivement,
26:39vous aviez signé
26:40cet accord
26:41d'assurance chômage
26:43en février
26:43avec un encadrement
26:44plus strict
26:45des droits au chômage
26:46après une rupture conventionnelle.
26:48Ce rejet
26:48de l'Assemblée nationale,
26:50pour vous,
26:51c'est quoi ?
26:51C'est un déni
26:52de démocratie sociale ?
26:54Elle n'aurait pas dû
26:55détricoter
26:56ce que les syndicats
26:57ont fait ?
26:59Moi,
26:59j'étais assez affligée
27:00de cet après-midi
27:01à l'Assemblée nationale.
27:02Je ne savais pas
27:03qu'il y avait autant
27:03de députés
27:04qui allaient à la piscine
27:05le jeudi après-midi.
27:06Je pense que c'est important
27:07d'en avoir conscience.
27:09Non.
27:10Un, c'est affligeant.
27:11Je pense qu'il y a eu
27:12un petit ping-pong politique.
27:14Je ne pense pas
27:15que ce soit
27:15complètement décorrélé
27:16justement des débats
27:17sur le 1er mai
27:18puisqu'on sait
27:19que c'est le bloc central
27:20qui portait la loi
27:22sur le 1er mai
27:23et qu'ils étaient clés
27:25dans le vote
27:25pour l'assurance chômage.
27:27On ne va pas rentrer
27:27dans les détails
27:29de cette petite tambouille politique.
27:30Je le regrette.
27:31Moi, j'ai pris
27:33mes responsabilités
27:34et la CFDT
27:35a pris ses responsabilités
27:36en étant opposée
27:38à une réforme majeure
27:40de l'assurance chômage
27:40qui devait être engagée
27:41en 2025.
27:43Donc, ce qui est important
27:44aussi de se dire,
27:45c'est qu'une négociation,
27:46c'est une histoire
27:47qui démarre
27:48bien avant
27:49cette semaine.
27:50Ça fait,
27:51donc depuis septembre 2025,
27:53il y avait cette lettre
27:53de cadrage
27:54qui était posée
27:55et qui demandait
27:56jusqu'à 4 milliards
27:57d'euros d'économie.
27:58Donc, nous avons négocié,
28:00nous étions engagés
28:01à trouver un accord.
28:02Un accord a été trouvé.
28:03Il faut qu'il soit transposé.
28:05Voilà, la CFDT,
28:06c'est une organisation
28:07qui est responsable
28:08et qui respecte
28:09ses engagements
28:10et on le fera jusqu'au bout.
28:11Vous mettez un peu
28:12en cause le bloc central
28:13mais il y a peut-être aussi
28:14une histoire de gauche
28:15derrière.
28:17LFI extrêmement puissante,
28:18en tout cas offensive
28:19et le reste de la gauche
28:20un peu moins présente.
28:22Est-ce que vous pensez
28:22que vous êtes de nouveau
28:23victime à la CFDT
28:25de cette guerre des gauches ?
28:26Non, je ne le dis pas.
28:27Non, je pense qu'on est
28:28surtout victime
28:29de responsables politiques
28:31qui ne savent pas trop
28:32de quoi on parle
28:33quand on parle
28:34du monde du travail.
28:34Je pense que c'est ça
28:35le principal problème,
28:36quelle que soit
28:37la couleur politique.
28:39C'est pour ça
28:40que je vous rappelle
28:40qu'un accord collectif,
28:41quand il se négocie,
28:42une négociation,
28:43c'est une histoire.
28:44C'est une histoire
28:45qui, dans le temps,
28:48fait en sorte
28:48qu'on avance pas à pas
28:50et le fruit de l'accord
28:51qui est aujourd'hui
28:52sur la table
28:52et qui doit être transposé,
28:54c'est le fruit
28:55d'un équilibre.
28:56d'un équilibre
28:56qui permet
28:57de ne pas modifier
28:59les conditions
29:00d'entrée dans le régime
29:01d'assurance chômage
29:02lorsqu'on fait
29:02une rupture conventionnelle,
29:04qui demande un effort
29:05à certains
29:07pour retourner à l'emploi
29:09avec trois mois
29:11de moins d'indemnité,
29:12mais avec la possibilité
29:15pour certains
29:15et ceux qui en ont
29:16le plus besoin,
29:17notamment les seniors,
29:18de pouvoir bénéficier
29:20d'un accompagnement
29:21renforcé.
29:22Donc c'est cet équilibre-là
29:24que l'Assemblée
29:25doit respecter.
29:26Et puis Marie-Lise Léon,
29:27il y a la situation
29:29géopolitique
29:29dans le détroit d'Hormuz.
29:30La tension se durcit.
29:32Ce matin,
29:32Roland Lescure,
29:33le ministre de l'Économie
29:34dans Le Parisien,
29:35au sujet d'éventuelles pénuries,
29:36dit
29:36« Si la crise se prolonge,
29:39la situation pourrait devenir
29:40alors beaucoup plus difficile. »
29:42Une question de Françoise Fresseuse.
29:43Face à cette crise,
29:45est-ce que le Premier ministre
29:45a raison au fond
29:46d'agir au jour le jour
29:48pour aider les professions
29:49les plus impactées ?
29:50Est-ce qu'il ne prend-il pas le risque
29:52de s'exposer
29:53à un mouvement
29:55gilet jaune,
29:56tout d'un coup
29:57une explosion sociale
29:58parce que certaines professions
29:59n'en peuvent plus ?
30:00Je pense qu'il a raison
30:01d'avancer pas à pas,
30:03c'est-à-dire d'aller
30:03sur des aides ciblées.
30:05Je pense que l'enseignement
30:06de la crise énergétique
30:08de 2022
30:09avec le début
30:10de la guerre en Ukraine,
30:12l'enseignement
30:12qu'il faut en tirer,
30:13c'est que les aides
30:14non ciblées
30:15ont occasionné
30:16des dépenses publiques
30:17massives
30:18sans efficacité.
30:19Et qu'aujourd'hui,
30:20il faut pouvoir
30:21effectivement entendre
30:22les secteurs
30:23qui ont le plus besoin
30:24d'être aidés
30:25et de pouvoir
30:27faire en sorte
30:28que chaque euro
30:29public dépensé
30:30soit un euro utile.
30:32Notamment pour les travailleurs
30:33et les travailleuses concernées,
30:34les aides à domicile.
30:35De manière très concrète.
30:36Oui, de manière très concrète.
30:37Donc vous souhaitez
30:38qu'ils élargissent acquis ?
30:39Parce que pour l'instant,
30:40ce sont les pêcheurs,
30:41ce sont les agriculteurs,
30:42ce sont les transporteurs,
30:43donc les aides à domicile.
30:44Les aides à domicile,
30:45ce sont des personnes
30:46qui utilisent énormément
30:47leur véhicule.
30:49des personnes payées
30:5012 euros de l'heure
30:51qui aujourd'hui
30:52ont une indemnité kilométrique
30:53de 35 centimes
30:54par kilomètre.
30:56Donc ça n'est pas tenable.
30:57Le fisc est autour
30:58de 53, 70 centimes.
31:00Donc elles sont,
31:00et je dis elles
31:01parce que ce sont
31:02majoritairement des femmes,
31:03elles ne sont plus
31:04en capacité
31:05de pouvoir boucler
31:06les fins de mois
31:06avec ces augmentations
31:08du carburant.
31:08Et qui d'autre encore ?
31:09J'ai d'autres exemples.
31:11Il y avait une réunion
31:12dernièrement sur le pouvoir
31:13d'achat avec le ministre
31:15des finances publiques,
31:17des comptes publics
31:17et fonctions publiques.
31:19Il y a l'exemple par exemple
31:20des enseignants,
31:22ce qu'on appelle
31:22les enseignants itinérants,
31:24qui sont des personnes
31:24qui font des remplacements
31:25dans plusieurs établissements.
31:27Vous êtes professeur
31:28dans un collège
31:28et vous devez assurer
31:30des enseignements
31:32dans trois établissements
31:33différents.
31:34vos indemnités kilométriques
31:36ne sont pas réévaluées
31:39et donc ce sont des personnes
31:40qui aujourd'hui
31:41sont très fortement impactées.
31:43Les aides-soignantes aussi ?
31:44Les aides-soignantes également.
31:46Il y a un ensemble...
31:46Les agents publics
31:47d'une manière générale ?
31:48Vous arrêtez où ?
31:49Parce que sinon
31:50ça va terminer
31:51un chèque global.
31:52Quand je dis que c'est ciblé,
31:53c'est qu'il faut véritablement
31:55pouvoir identifier
31:56les personnes
31:57qui ont besoin
31:58de leur véhicule
31:59pour aller travailler.
32:00Et donc ça,
32:01ce sont des aides immédiates.
32:02Et ça, immédiate,
32:03c'est-à-dire que
32:03ce que vous demandez,
32:04c'est n'attendez pas
32:05encore quelques semaines.
32:06Il faut le faire tout de suite.
32:07Il faut le faire tout de suite.
32:08Il faut le faire tout de suite.
32:09Après, il y a
32:10cette question
32:11des aides ciblées.
32:12Après, ça ne sera pas
32:12l'alpha et l'oméga.
32:13Pardon, excusez-moi.
32:14Il y a aussi la question
32:15de l'organisation
32:16du travail adapté.
32:17Comment on peut faire
32:19encourager,
32:19revoir les horaires de travail
32:21pour pouvoir encourager
32:21le covoiturage,
32:22par exemple.
32:23Pour ceux qui le peuvent,
32:24parce que ça n'est pas
32:25la majorité,
32:26pouvoir faire plus
32:27de télétravail,
32:28il peut y avoir
32:29un certain nombre.
32:30Et c'est là où,
32:30finalement,
32:32la question,
32:32elle est autant envoyée
32:33auprès des pouvoirs publics
32:35qu'aux employeurs.
32:36Comment en font-ils
32:37un objet de dialogue social ?
32:39Comment en font-ils
32:40un enjeu de négociation
32:42aussi sur le pouvoir d'achat ?
32:43Il y a des exemples
32:44encore de branches.
32:45Je pense au laboratoire
32:46d'analyse médicale.
32:47Pas d'augmentation de salaire
32:49depuis janvier 2024.
32:50Ça n'est pas tenable.
32:53Il y aura donc,
32:54vous dites,
32:54il faudrait des mesures
32:55ciblées sur certaines professions.
32:57On sait qu'il y aura des conséquences
32:58sur la croissance de cette crise,
33:01sur les dépenses publiques,
33:03donc le budget.
33:04Il y aura un comité d'alerte
33:06des finances publiques
33:07convoquées mardi matin
33:08à Bercy.
33:09Il me semble qu'ensuite
33:10de ce rendez-vous,
33:11vous serez les forces politiques,
33:13les partenaires sociaux,
33:14vous serez aussi attendus.
33:15Absolument.
33:15On a une réunion à Bercy
33:17qui est prévue mardi matin.
33:19Absolument.
33:19Qu'attendez-vous de ce moment ?
33:20Le comité d'alerte,
33:21c'est la clarté.
33:22Je pense qu'un des enseignements
33:24aussi des dernières années,
33:27c'est qu'on a besoin
33:28de transparence
33:29et de clarté
33:29sur la réalité
33:30des comptes publics.
33:32C'est l'exécution
33:32du budget d'alerte.
33:33C'est l'exécution du budget
33:35et puis qu'on puisse avoir
33:36une expression,
33:37nous,
33:38en tant que représentants
33:39des salariés,
33:40de donner à voir
33:42la réalité aussi
33:43des difficultés
33:44de tous ces travailleurs
33:45et travailleuses
33:45qui ont besoin
33:46de leur véhicule
33:47pour aller au travail.
33:49Alors,
33:49je cite mon confère
33:50des échos
33:50qui dit qu'il est en discussion
33:534 milliards d'euros
33:54d'économie
33:55parce que la croissance
33:56est en train
33:57de se réduire
33:58un peu
33:59et que l'inflation
34:00augmente.
34:01Est-ce que vous,
34:02si on vous dit
34:024 milliards d'euros
34:03d'économie,
34:04vous dites n'y êtes ?
34:05Je demande pourquoi.
34:07Pourquoi faire ?
34:08Enfin,
34:09quelle est la réalité
34:10justement
34:10de l'exécution
34:11de ce budget
34:11et quelle est la réalité
34:13de la situation ?
34:14Je pense qu'on a besoin
34:15d'avoir des éléments
34:17extrêmement concrets.
34:18Vous savez,
34:18la CFDT...
34:18Vous n'êtes pas hostile
34:19par principe ?
34:20Non, je ne suis jamais
34:21hostile par principe.
34:22Si on m'explique
34:23à un moment
34:23qu'il y a besoin
34:24de faire un certain
34:24nombre d'économies,
34:25on l'avait intégrée,
34:27on savait qu'il y aurait
34:28des efforts à faire,
34:29notamment dans la construction
34:29du budget 2026.
34:32Le mot d'or
34:32de la CFDT,
34:33c'est que si des économies
34:34et des efforts
34:35doivent être faits,
34:36il faut qu'ils soient
34:37partagés
34:37et justement partagés.
34:39Donc,
34:39je ne sais pas
34:40si c'est 1 milliard,
34:402 milliards,
34:413 milliards
34:41ou 4 milliards
34:42qui seront annoncés,
34:43mais j'attends
34:44d'avoir des éléments
34:45extrêmement factuels
34:46et de pouvoir identifier
34:48s'il y a déjà
34:49des pistes,
34:50s'il y a des mesures
34:51de justice sociale
34:51qui pourront être engagées.
34:53Marie-Lise Léon,
34:54deux questions d'actualité
34:55pour terminer cette séquence.
34:57D'abord,
34:57on parle de Stellantis,
34:58Alex Bouillaguet.
34:59Oui,
35:00le site historique
35:01de Poissy
35:02ne produira plus
35:03de voitures
35:03à partir de 2028.
35:05Il deviendra
35:05un centre de fabrication
35:07de pièces
35:07et de déconstruction
35:08de véhicules
35:10et Stellantis
35:11assure que ce sera pérenne.
35:14Autre petit son de cloche
35:15du côté de la CGT,
35:16Sophie Binet n'y croit pas.
35:17Elle dit
35:17qu'une usine
35:18qui ne produit pas
35:19de véhicules automobiles,
35:20c'est qu'elle est promise
35:21à la fermeture.
35:23Est-ce que vous y croyez,
35:24vos promesses de Stellantis ?
35:26Je ne sais pas
35:27quelle est la réalité
35:32de cette transformation
35:34du site de Poissy.
35:36Il y a une probabilité
35:38pour que ce soit
35:40effectivement à long terme
35:41ou moyen terme
35:43la première étape
35:45vers une fermeture.
35:47Mais de manière
35:48beaucoup plus globale,
35:49je pense qu'il faut
35:50qu'on puisse avoir
35:53beaucoup plus de lisibilité
35:54sur les reconversions
35:56possibles de ces salariés.
35:57C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
36:00il y a un enjeu
36:01d'avenir du site
36:02et de type d'activité,
36:04mais c'est surtout
36:04que vont devenir
36:06ces salariés,
36:07ces 2000 personnes,
36:07je crois, concernées.
36:08il faut qu'on puisse avoir
36:10un peu plus de visibilité
36:12sur la façon
36:13dont ils vont être
36:14accompagnés,
36:15préparés.
36:16Et ça,
36:17c'est le problème
36:18du moment
36:19dans beaucoup,
36:21beaucoup d'entreprises.
36:22C'est qu'on est face
36:23à des mutations
36:24extrêmement majeures
36:26et profondes
36:27et que la question
36:28de l'accompagnement
36:29des salariés
36:30est toujours le sujet
36:31qu'on aborde en dernier.
36:32Il y a aussi,
36:33sur le dossier SFR,
36:34il y a trois opérateurs
36:37qui ont positionné
36:39une offre
36:39et il y a des négociations
36:40exclusives
36:41pour racheter
36:42ce quatrième opérateur
36:43SFR.
36:44Est-ce que là,
36:44vous êtes particulièrement
36:45inquiète ?
36:46Vous aviez demandé
36:47une négociation tripartite
36:49avec l'État,
36:50avec SFR
36:51et avec les organisations
36:51syndicales ?
36:52Absolument.
36:53Il y a un mois.
36:54Vous avez été entendue ?
36:55On avait alerté
36:56déjà début mars
36:57sur les modalités
37:00de discussion
37:00de cette opération
37:04qui est d'abord
37:06une opération
37:07financière
37:08et donc je pense
37:09que c'est notre rôle
37:10en tant qu'organisation
37:11syndicale de dire
37:11il y a aussi
37:12des salariés concernés
37:13et on sait
37:14qu'il y a des emplois
37:15en doublon
37:16par exemple
37:16dans les boutiques
37:17et ce sont
37:18près de 7 à 8 000
37:20postes
37:21qui peuvent être
37:22concernés.
37:22Toute activité
37:24confondue,
37:24pas uniquement
37:25sur la question
37:25des boutiques.
37:28Donc,
37:28si on ne veut pas
37:29que
37:31les questions sociales,
37:32la question des métiers,
37:33des emplois
37:35soient traitées
37:36en dernier,
37:36il faut l'intégrer
37:37dès aujourd'hui.
37:38Donc,
37:39nous demandons
37:40effectivement
37:40à ce qu'il y ait
37:41une négo sociale
37:43tout de suite,
37:44maintenant
37:44et un certain nombre
37:45d'engagement
37:46des différents opérateurs
37:47qui reprennent SFR
37:49pour pouvoir aussi
37:50donner de la visibilité
37:51aux salariés
37:52qui sont concernés
37:53et qui sont aujourd'hui
37:56dans une très très forte
37:57inquiétude.
37:58Ça fait des mois
37:59que les discussions
37:59sont en cours
38:00et ils savent très bien
38:01que ça fait des mois
38:02qu'ils ne savent pas
38:03à quelle sauce
38:04ils vont être mangés.
38:05Donc,
38:05c'est important
38:06de le faire
38:06urgemment.
38:07La CFDT d'ailleurs
38:08a adressé un courrier
38:09au ministre concerné
38:11cette semaine
38:12pour pouvoir en faire aussi
38:13avoir un échange
38:14à ce sujet.
38:15Marie-Lise Léon,
38:16vous êtes l'invité
38:17de Questions politiques.
38:18On va tenter
38:19de mieux vous connaître
38:19aujourd'hui.
38:21France Inter
38:24Alexandra Ben Saïd
38:27Questions politiques
38:28Avec la spécialiste
38:30des biographies
38:31et des archives
38:32Alix Bouillaguet
38:33qui a fait remonter
38:34cette archive sonore.
38:37Au cœur de ce modèle,
38:39il y a le travail.
38:41Dans un débat caricatural
38:43qui oppose
38:44valeur travail
38:45et droit à la paresse,
38:47nous pensons,
38:48nous,
38:49que le travail,
38:50c'est une richesse.
38:54On vient de vous entendre
38:55à l'instant résumer
38:56en quelque sorte
38:57la philosophie
38:58de votre ligne.
38:59Nous sommes le 21 juin 2023.
39:01Vous venez d'être élu
39:02à l'unanimité
39:03par le bureau national
39:05secrétaire général
39:06de la CFDT.
39:07Vous succédez
39:08à Laurent Berger
39:09qui a dirigé
39:10la Confédération
39:11pendant 11 ans.
39:12Vous,
39:13dans son nombre,
39:14pendant 5.
39:15Et pourtant,
39:16lorsqu'il vous propose
39:17de prendre sa succession,
39:19vous ne dites pas
39:20oui tout de suite.
39:21Pourquoi ?
39:23Parce que c'est
39:24une question importante
39:27qui ne me concerne
39:28pas uniquement.
39:30Lorsqu'on prend
39:31un mandat
39:32comme le secrétaire général
39:34de la première organisation
39:36syndicale,
39:37c'est une...
39:39Parce que c'était personnel
39:40en quelque sorte aussi ?
39:41Non,
39:41c'est une chance
39:44incroyable.
39:45Mais ça,
39:46il faut avoir conscience
39:47que ça change la vie
39:48en fait.
39:49et que moi,
39:50dans la vie,
39:51je ne suis pas toute seule
39:52et que ça fait partie
39:53aussi des choses
39:54que j'avais besoin
39:56de partager,
39:57d'échanger
39:58avec ma famille,
40:00ce que j'ai fait.
40:01Et je lui ai répondu
40:03quand même assez rapidement.
40:04Combien de jours ?
40:05Il n'y a pas eu
40:05trop de suspense.
40:06Je ne sais plus,
40:07une semaine,
40:07je crois.
40:08Voilà,
40:08le temps de réfléchir
40:10et puis de se retrouver
40:12pour pouvoir en parler
40:14calmement.
40:14Vous êtes un pur produit
40:16du syndicalisme
40:17puisque vous avez gravi
40:19chaque marche
40:20jusqu'à la plus haute
40:21et pourtant,
40:21ce n'est pas du tout
40:22dans votre culture familiale.
40:23Votre père,
40:24cadre dans une société de bus,
40:26votre mère,
40:27secrétaire comptable,
40:28n'était alors
40:29ni politisé,
40:30ni syndiqué.
40:31Qu'est-ce qui vous passe
40:32par la tête
40:32quand vous adhérez
40:33en 2003
40:34à la CFDT ?
40:38Oui,
40:38c'est peut-être
40:39un peu atypique.
40:40En même temps,
40:40mes parents ont toujours
40:41été très investis
40:43dans l'associatif sportif,
40:45musical.
40:46Donc,
40:47j'ai grandi aussi
40:47dans une famille
40:49où la question
40:50de l'engagement
40:55était naturelle.
40:582003,
40:58alors ça peut paraître
40:59en plus un peu particulier
41:01puisque c'était juste
41:02au moment des retraites
41:03où il y avait
41:03un moment un peu compliqué
41:05à la CFDT
41:07et j'ai eu envie
41:08de m'engager
41:08parce que j'ai senti
41:09que c'était
41:10à ce moment-là
41:11que je pouvais
41:13véritablement concilier
41:15ma vision
41:17du travail,
41:18mon métier aussi.
41:20Je suis responsable
41:21sécurité environnement.
41:22On y reviendra
41:23peut-être tout à l'heure.
41:25Et qu'il y avait
41:26un alignement
41:27de planètes
41:28et c'était
41:28le bon moment
41:29pour m'engager
41:31à la CFDT.
41:32Effectivement,
41:32vous êtes chimiste
41:33de formation,
41:34donc diplômée
41:35très précisément
41:36d'un DESS
41:36sur la qualité chimique
41:38et biologique
41:38des atmosphères.
41:40vous avez travaillé,
41:41vous venez de le dire,
41:42dans la prévention
41:42des risques industriels.
41:44C'est une filière
41:45peu courante
41:46pour une future
41:46dirigeante syndicale.
41:47Est-ce que ce sont
41:48finalement des dossiers
41:49auxquels vous êtes
41:50toujours attachés
41:51et que vous poussez
41:52plus particulièrement ?
41:54Je ne sais pas
41:54si je les pousse
41:55plus particulièrement.
41:56En tout cas,
41:57c'est la raison
42:00de mon engagement.
42:02J'ai beaucoup
42:04travaillé professionnellement
42:06sur la question
42:06de la prévention
42:06des risques industriels,
42:08des risques environnementaux
42:09et des risques
42:12dans les entreprises
42:13elles-mêmes.
42:15J'ai toujours eu
42:16la conviction
42:17qu'on ne pouvait pas
42:19vivre dans un monde
42:21où on pouvait
42:22s'accommoder
42:23d'avoir quelqu'un
42:25qui part le matin
42:25au travail
42:26et qui ne revient jamais.
42:27Cette question-là,
42:28ça m'a toujours hantée.
42:30Je l'ai vécue
42:30au travail.
42:31Je l'ai vécue
42:32dans le militantisme.
42:33J'ai beaucoup travaillé
42:34avec les équipes
42:35d'AZF
42:36qui étaient sur place
42:36au moment de l'explosion
42:38de cette usine
42:39avec 29 morts
42:42sur le site.
42:43Beaucoup
42:44d'ailleurs
42:45de personnes
42:47qui étaient
42:47investies professionnellement
42:49dans la prévention
42:50des risques,
42:51les pompiers,
42:51les pompiers du site.
42:53Et donc,
42:53oui,
42:54ça fait partie
42:55des sujets
42:56sur lesquels
42:57je suis particulièrement sensible
42:58et notamment
42:59sur la question
43:00des conditions de travail
43:01et des enjeux de santé
43:02et de sécurité au travail.
43:03On vous dit franche,
43:04directe,
43:05honnête,
43:06c'est pas mal.
43:07Est-ce que c'est ça
43:08la clé
43:08pour être une bonne négociatrice
43:11ou c'est vrai
43:12qu'on pourrait plutôt penser
43:13que pour être
43:13une bonne négociatrice,
43:15il faut plutôt bluffer
43:16comme au poker ?
43:17Alors,
43:17tout dépend
43:18à quel moment
43:19il faut être franc.
43:20Non,
43:21mais du coup,
43:21c'est...
43:22Oui,
43:22oui,
43:22c'est une...
43:24La franchise,
43:25je la pratique
43:26et j'attends
43:27de mes interlocuteurs
43:28qu'ils le fassent aussi
43:29quand il y a des moments
43:30où je considère
43:31qu'il ne faut pas perdre de temps.
43:34Il ne faut pas perdre de temps.
43:35Voilà.
43:35Donc,
43:35quand on a des discussions
43:36qui ne sont pas forcément
43:37des négociations,
43:38je n'aime pas
43:38quand on tourne autour du pot.
43:40J'aime qu'on me dise
43:41les choses franchement
43:42parce qu'en fait,
43:43quand on tourne autour du pot,
43:45on perd du temps
43:45pour trouver des solutions
43:47et moi,
43:47je suis pour trouver des solutions
43:49et faire avancer
43:50les choses concrètement.
43:51Et des discussions,
43:52vous en avez eu beaucoup
43:54mais en trois ans
43:55et demi de mandat,
43:56vous en êtes déjà
43:57à votre cinquième Premier ministre.
43:58Alors,
43:59ces discussions,
43:59avec qui ont-elles été
44:02les plus fluides ?
44:03Elisabeth Borne,
44:04Gabriel Attal,
44:05Michel Barnier,
44:05François Bayrou,
44:07Sébastien Lecornu.
44:08Lequel a été le plus
44:08ou laquelle a été le plus
44:09à votre écoute ?
44:10C'est compliqué.
44:11C'est compliqué
44:12de comparer
44:14parce qu'en plus,
44:15à chaque fois qu'il y a
44:16à la fois une...
44:17Enfin,
44:18à chaque époque,
44:18il y a un contexte
44:19qui pèse plus ou moins
44:20différemment.
44:22Je dirais que là,
44:23les discussions...
44:25Je pense que le...
44:26Et ce qui m'importe,
44:27c'est d'avoir
44:28un Premier ministre
44:29qui est convaincu
44:30du dialogue social
44:31et que ce soit...
44:32Sébastien Lecornu ?
44:32Sébastien Lecornu
44:33pour le moment,
44:34aujourd'hui.
44:35Alors,
44:35je ne dis pas que...
44:36Je ne le compare pas
44:37aux autres,
44:37mais je dis que là,
44:38dans le moment,
44:38on peut avoir
44:39des discussions
44:39justement extrêmement franches
44:41et moi,
44:42j'apprécie
44:45ce côté direct.
44:46Une toute dernière question.
44:48Il y a deux femmes.
44:49vous à la CFDT
44:51et Sophie Binet
44:52à la CGT
44:52à la tête
44:53des deux premiers syndicats.
44:55Est-ce que ça donne...
44:56Alors,
44:56c'est peut-être une question
44:57un peu...
44:58Deux femmes.
44:59Oui,
45:00mais est-ce que ça donne
45:00une pratique...
45:00Et il va peut-être y en avoir
45:00une troisième,
45:01bien sûr.
45:02Est-ce que ça donne
45:02une pratique du pouvoir
45:03différent d'être une femme
45:05ou de ne pas en être une ?
45:06Je ne sais pas
45:07si c'est une question
45:07de genre
45:08ou si c'est une question
45:09aussi d'état d'esprit
45:10et de façon de travailler.
45:12Sophie Binet,
45:13je ne la connaissais pas
45:15beaucoup
45:16avant de devenir
45:18secrétaire générale
45:18et en fait,
45:19on a réussi...
45:19Vous vous entendez bien.
45:20On s'entend...
45:21Je ne sais pas si le terme
45:22est bien sentant.
45:22En tout cas,
45:23on sait se parler aussi franchement.
45:24Il y a des choses
45:25qui lui déplaient,
45:26qui me déplaient.
45:28On peut se le dire
45:31calmement,
45:31respectueusement.
45:32Je pense que ça,
45:32c'est extrêmement important.
45:34Et puis,
45:35on n'a pas la prétention
45:37d'être dans la même organisation.
45:39Donc, en fait,
45:39je pense que les choses
45:40sont extrêmement claires.
45:41Marie-Lise Néron,
45:42nous vous avons demandé
45:43de venir avec une carte blanche
45:44ce dimanche,
45:45un sujet sur lequel
45:46vous voulez braquer
45:46les projecteurs.
45:47Ce sujet, c'est ?
45:49L'intelligence artificielle,
45:51en tout cas,
45:51la transformation numérique
45:53et la question
45:54de son accélération.
45:56Je suis frappée
45:57depuis quelques mois
45:58d'avoir de plus en plus
45:59d'équipes syndicales
46:00qui sont confrontées
46:03à cette...
46:04notamment à l'intelligence
46:05artificielle générative
46:06avec une très grande
46:08hétérogénéité d'entreprises.
46:09J'étais avec des collègues
46:11cette semaine
46:11d'une grande entreprise
46:15des télécoms
46:17qui m'expliquaient
46:19que dans leur quotidien,
46:21l'entreprise les encourageait
46:22à utiliser au maximum l'IA
46:24en disant
46:25qu'il faut explorer,
46:26il faut débroussailler,
46:28il faut trouver les...
46:31essayer de rechercher
46:32et de repousser les limites
46:33de cet outil.
46:34Et ils étaient assez inquiets
46:37parce qu'en fait,
46:39pourquoi faire
46:40et à quelle fin,
46:41ce n'était pas forcément
46:42très clair
46:43et j'ai le souvenir
46:44d'avoir un échange
46:45avec un salarié
46:48d'une équipe marketing
46:49qui me dit
46:50Marie-Lise,
46:51ça a un côté un peu spécial
46:54ou voire même cynique
46:55que l'employeur nous demande
46:56d'utiliser
46:57et d'entraîner
46:58un outil
46:59qui va à terme
47:00nous remplacer.
47:01Et c'est ce que vous pensez ?
47:02Je travaille dans le marketing.
47:04Une opération de benchmark,
47:06ça prend aujourd'hui
47:07un mois et demi,
47:08deux mois.
47:09Demain,
47:09c'est 30 minutes.
47:10Et donc,
47:11c'est vertigineux
47:11et je pense qu'il y a vraiment
47:12une sonnette d'alarme
47:13à tirer sur cette question
47:15du travail.
47:15Qu'est-ce que vous pouvez faire
47:16par exemple sur la mutation automobile ?
47:18La CFDT s'était énormément
47:19impliquée en amont.
47:21Là,
47:21tout le monde est absolument
47:23bouleversé
47:23par cette révolution
47:25qui va à une vitesse folle.
47:26Ça va beaucoup plus vite.
47:27Qu'est-ce que vous pouvez faire ?
47:29Nous,
47:30on propose aux militants,
47:34c'est ce qui a été fait
47:35par exemple
47:35dans une entreprise
47:36comme AXA,
47:37de négocier des accords
47:38qui permettent
47:39de cadrer
47:40et de réguler
47:41l'usage de cet outil
47:43et de pouvoir aussi
47:44aller questionner
47:45les employeurs.
47:46J'entends beaucoup
47:46l'IA détruit les emplois.
47:48L'IA ne détruit pas les emplois.
47:50Ce sont les employeurs
47:51qui décident
47:52de gains de productivité
47:55et restructurent
47:56et suppriment des emplois.
47:57Il peut y avoir
47:58d'autres usages
47:59que des gains de productivité
48:01dans l'entreprise.
48:02On peut libérer du temps,
48:04on peut du coup
48:06réorienter
48:06ou en tout cas demander
48:07à les salariés
48:08leur permettre
48:09de bénéficier
48:10d'un peu plus de temps
48:11pour un certain nombre de tâches
48:12mais si ça ne fait pas
48:13l'objet de discussions
48:14dans les entreprises,
48:15c'est certain
48:16qu'on va collectivement
48:18dans le mur.
48:18On a déjà commencé
48:19à parler d'avenir.
48:20Alors parlons de cet avenir proche
48:21qui est 2027,
48:22Françoise Fresseuse.
48:23Oui, la question
48:24de la démocratie sociale
48:25et de sa place
48:26à un moment
48:27où au fond
48:27on parle d'une grave crise
48:29politique,
48:29une grave crise
48:30de la représentation.
48:31quelle leçon tirez-vous
48:33de l'échec du conclave
48:34des retraites
48:34qui a été quand même
48:35à un moment
48:36où François Bayrou
48:38a essayé
48:39de remettre
48:39les partenaires sociaux
48:40dans le jeu
48:41pour essayer de corriger
48:42la réforme des retraites
48:43qui restait
48:44comme une blessure démocratique
48:45à gauche ?
48:46L'enseignement
48:47de l'échec
48:48du conclave
48:49c'est que
48:50pour trouver un accord
48:52il faut être deux.
48:53Bon,
48:54on n'a pas réussi
48:54à converger
48:56et trouver
48:57une voie de passage.
48:58Alors,
48:58ça fait partie
48:59des acteurs
49:01qui n'ont pas voulu
49:03notamment
49:04avancer
49:04sur la pénibilité.
49:06Pour la CFDT,
49:06c'est un marqueur
49:07et c'est un sujet
49:08essentiel
49:09depuis des années
49:10de pouvoir
49:11enfin reconnaître
49:12les critères
49:14de pénibilité
49:14et permettre
49:15à certains
49:16salariés
49:17exposés
49:18de partir plus tôt
49:18parce que c'est
49:19une mesure
49:20de justice sociale.
49:21Donc,
49:22je pense qu'il faut
49:22on ne peut pas
49:24faire vivre
49:24la démocratie sociale
49:25et la négociation
49:27collective
49:28s'il n'y a pas
49:29de volonté
49:30véritablement
49:31d'aboutir
49:32et que ce soit
49:33donnant-donnant.
49:34Ça ne peut pas
49:35être dans un sens.
49:36le rapport de force
49:37n'est pas trop
49:38déséquilibré
49:38pour espérer
49:39que la démocratie sociale
49:41reprenne un peu
49:42de force.
49:43Le rapport de force
49:44il est...
49:45Est-ce que le patronat
49:47au fond
49:47n'a pas énormément
49:48de pouvoir
49:49beaucoup plus
49:49que les syndicats ?
49:50Il l'a depuis...
49:52Ce n'est pas tout à fait récent.
49:53Moi, j'ai le souvenir
49:54que la CFDT
49:55avait adressé
49:56à Emmanuel Macron
49:57nouvellement élu
50:00président
50:00à son premier mandat
50:02en 2017.
50:04On lui avait adressé
50:05un texte
50:05dont le titre
50:06était
50:06Partager le pouvoir.
50:08Je pense que c'est ça
50:09le sujet.
50:09Et ça sera le sujet.
50:11Ça devra être celui-ci
50:12en 2027.
50:13Est-ce que l'ensemble
50:14des acteurs politiques
50:15qui soient élus
50:17dans des partis
50:19ont véritablement
50:21accepte
50:21de partager
50:23le pouvoir ?
50:23Et est-ce qu'on peut
50:24avoir des responsables
50:25politiques
50:26qui acceptent
50:27qu'ils n'ont pas
50:28la réponse seule ?
50:29Je pense que c'est
50:30l'enseignement.
50:31Je pense qu'il n'y a pas
50:32que ça.
50:32Parce qu'à plusieurs moments,
50:33notamment
50:35Rocard,
50:36Larcher,
50:36vous a tendu la main
50:38aux partenaires sociaux
50:39et ils n'étaient pas
50:40au rendez-vous
50:40parce qu'ils sont divisés,
50:42parce qu'ils sont
50:42trop faibles.
50:44Est-ce qu'il n'y a pas
50:44un big bang syndical
50:45à faire,
50:47justement,
50:47au regard
50:48de la profondeur
50:49de cette crise démocratique ?
50:51Alors,
50:51qu'il y ait
50:52des évolutions
50:53pour dynamiser
50:55la démocratie sociale,
50:56les organisations syndicales,
50:58probablement,
50:59probablement.
50:59Peut-être moins.
51:00D'ailleurs,
51:00c'est un des enjeux
51:02du congrès
51:02de la CFDT.
51:03On va proposer aussi
51:05des axes revendicatifs
51:07nouveaux
51:07et des évolutions
51:08internes
51:09pour dynamiser
51:10notre démocratie interne,
51:11la proximité
51:12avec l'ensemble
51:13des salariés,
51:14quel que soit leur statut,
51:15qu'ils soient indépendants,
51:17qu'ils soient
51:17dans des très petites entreprises.
51:19La CFDT,
51:20elle passe son temps
51:21à vouloir être
51:24le plus en phase
51:25avec le monde
51:26du travail d'aujourd'hui.
51:27Mais je pense qu'aujourd'hui,
51:28si on résume
51:30le problème
51:31à des syndicats
51:32trop faibles,
51:33pas assez responsables
51:34et trop divisés
51:35et trop nombreux,
51:36je pense que
51:37ça n'est pas
51:38le bon diagnostic.
51:39Je pense que
51:39ça n'est pas
51:40le bon diagnostic.
51:42Je prends l'exemple
51:43de l'assurance chômage
51:45où le gouvernement
51:46nous a donné,
51:47il y a quelques mois,
51:48une lettre de cadrage
51:49que nous avons considérée
51:50comme intenable.
51:52Lorsque le Premier ministre
51:54suivant
51:55nous a dit
51:55qu'il faut pouvoir
51:56travailler sur la rupture
51:57conventionnelle,
51:58nous avons négocié
51:59et nous avons trouvé
52:00un accord.
52:01Dernière question
52:02sur les retraites
52:04qui est quand même
52:04le gros sujet
52:05de l'avenir.
52:06Est-ce que vous pensez
52:07qu'on peut imaginer
52:09qu'un jour
52:09les partenaires sociaux
52:10gèrent ?
52:11Oui.
52:13Pardon,
52:13excusez-moi,
52:14le régime général,
52:15oui,
52:15mais alors moi,
52:16gérer pour gérer,
52:17ça ne m'intéresse
52:18absolument pas.
52:20Si,
52:21demain,
52:22et c'est là que
52:23je trouve que
52:23c'est intéressant,
52:25régulièrement,
52:26on nous dit
52:26mais si on vous promet
52:27de pouvoir gérer
52:28le régime général
52:29des retraites,
52:30vous allez être reconnus
52:31et ça sera
52:32quelque chose
52:33que vous attendez.
52:34La CFDT
52:35n'attend pas
52:36des postes
52:37pour gérer
52:38un certain nombre
52:39d'organisés.
52:39La CFDT,
52:40elle veut être reconnue
52:41comme légitime
52:42pour pouvoir définir
52:43les règles
52:44et notamment
52:45les règles
52:46des retraites.
52:48Et comme on le fait
52:49à l'assurance chômage,
52:51nous gérons
52:52l'assurance chômage
52:53mais nous le gérons
52:54parce que nous en définissons
52:56les règles.
52:56C'est ça l'intérêt.
52:57Et nous sommes légitimes
52:58pour le faire
52:59parce que nous connaissons
53:00le monde du travail
53:00et que nous pouvons
53:01être légitimes
53:02à gérer
53:03demain le régime
53:04de base
53:06des retraites
53:07parce que nous connaissons
53:08le travail.
53:09Donc vous seriez prête
53:10à dire chiche ?
53:11Moi je dis chiche
53:12mais pas à n'importe quel prix.
53:14Qui décide des règles
53:16entre organisations syndicales,
53:17patronales,
53:18l'État
53:19et le Parlement
53:19qui a aussi son mot à dire
53:21puisque ça fait partie
53:22des débats
53:22des projets de loi de finances
53:23de la sécurité sociale.
53:25Donc pensez
53:26à pâter la CFDT
53:28en promettant un siège.
53:29Ça n'est pas
53:30notre tasse de thé.
53:31Nous voulons savoir
53:33nous dans quelles conditions
53:34on peut être gestionnaire
53:37et donc à quelles conditions
53:39on peut nous donner
53:39de l'espace
53:40pour définir
53:41les futures règles.
53:42C'est ça qui nous importe.
53:43Marie-Lise Léoncée,
53:44la dernière minute
53:45de cette émission.
53:45On passe à une minute
53:47de vrai ou faux.
53:48Ça va très vite.
53:49La CFDT ne gardera pas
53:50un bon souvenir
53:51des relations
53:51avec Emmanuel Macron.
53:52Vrai ou faux ?
53:54Vrai.
53:55Avec Sophie Binet,
53:57vous vous appelez
53:58presque tous les jours.
54:00Vrai ou faux ?
54:01Faux.
54:02Toutes les semaines.
54:03Vous parlez régulièrement
54:04à Laurent Berger.
54:05Vrai ou faux ?
54:06Vrai.
54:06Depuis l'échec du conclave,
54:07vous trouvez plus difficile
54:08de parler à Patrick Martin,
54:09le patron du Medef.
54:10Vrai ou faux ?
54:11Faux.
54:11Vous connaissez le point mousse,
54:12vous êtes fan de tricot.
54:13Vrai ou faux ?
54:14Vrai.
54:15Vous êtes attentive
54:16à ce que disent
54:16Alexandre Jardin
54:17qui a fondé Légue
54:18ou Patrick Sébastien
54:19qui a fondé le mouvement.
54:21Ça suffit.
54:21Vous les écoutez.
54:22Vrai ou faux ?
54:22Faux.
54:23Vous utilisez
54:24une voiture électrique.
54:25Vrai ou faux ?
54:26Hybride.
54:27La séparation artificielle
54:28entre le mouvement
54:29syndical et les militants
54:31politiques
54:32est un boulet.
54:33C'est ce que dit
54:34Jean-Luc Mélenchon.
54:35Vous en pensez quoi ?
54:35C'est vrai ou faux ?
54:36C'est faux.
54:37Parce que je garde jalousement
54:41comme une conquête
54:42l'indépendance
54:43des organisations syndicales
54:44vis-à-vis des partis politiques.
54:45Marie-Lise Léon,
54:47la secrétaire générale
54:48de la CFDT.
54:49Merci d'avoir répondu
54:50à nos questions politiques.
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