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  • il y a 12 minutes
Après l'éviction d'Olivier Nora de Grasset et le départ de nombreux auteurs, Vincent Bolloré a réagi dans le JDD.

Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

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Transcription
00:00La grande matinale sur France Inter
00:04L'édito politique Patrick Cohen, Vincent Bolloré se révèle.
00:09Mais qui est ce monsieur ? Un lecteur naïf ou très mal informé du JDD, ça peut arriver,
00:14eût été en droit de se demander qui est ce Vincent Bolloré qui déboule en page 6 de son journal,
00:19sans titre ni fonction, mais comme sa photo géante façon Staline à la une de l'Huma
00:25occupe deux tiers de pages, soit le double de celle de la grande disparue du jour,
00:29Nathalie Baye, reléguée page 39, le lecteur devine que l'homme qui s'impose et s'étale
00:34est ici, chez lui, dans son empire, que le taulier n'aime pas qu'on lui résiste
00:39et que ses obligés feraient bien de le rester.
00:42Qui paye les musiciens choisit la musique, au fond la réplique méprisante et vénéneuse
00:46à celui dont il a eu la peau, Olivier Norache et Grasset, et plus encore aux écrivains
00:51qui ont choisi de partir, se résume en quatre mots, Vincent est tout puissant.
00:56C'était d'ailleurs le titre du premier livre-enquête qui lui a été consacré il y a huit ans,
01:00chez J.C. Lattès, éditeur qui aujourd'hui, comme Grasset, fait partie de l'Empire Bolloré
01:05et ne pourrait plus publier un tel affront.
01:08Et cette tribune, Patrick, c'est un acte d'autorité ou un geste politique ?
01:11Les deux, puisque Vincent Bolloré fait la guerre, même s'il se cache derrière des arguments économiques
01:16peu convaincants, attribués à l'ex-patron de Grasset des performances décevantes
01:21quand la décision de le virer menace de faire couler la boîte, expliquer que ses départs
01:25vont faire venir du sang neuf alors que Boilem Sansal a justement choisi Grasset
01:30pour le catalogue et le prestige de cette maison, dénoncer enfin la hausse du traitement
01:34d'Olivier Norache après y avoir sans doute consenti.
01:37Bolloré avait usé de la même méthode il y a dix ans à Canal+, en balançant les salaires
01:41des auteurs des guignols au moment de leur couper la tête.
01:44Le plus vorace des prédateurs, le plus violent des démolisseurs est aussi le plus prévisible.
01:49Ça veut dire que tout cela était écrit ?
01:50Oui, et là c'est une leçon de choses pour le monde des médias et de la culture.
01:54Vincent Bolloré n'a pas de limite, aucune inhibition chez lui.
01:57La bataille idéologique prime toujours sur la rationalité économique.
02:01Les salariés de Canal+, puis d'Europe 1 et du JDD, puis les auteurs faillards,
02:06avant ceux de Grasset, ont tous espéré, pour une raison ou une autre, échapper au laminoir.
02:11Ils se sont crus protégés, à tort, comme aujourd'hui le milieu du cinéma,
02:15toujours mutique, de peur de se voir privés de financement.
02:18Peur qui irrigue également le milieu politique.
02:21Puisque la moindre critique du système Bolloré peut vous valoir des heures de dénigrement
02:25sur les antennes du groupe.
02:26La preuve, avec les 200 auteurs démissionnaires, pourtant de toute tendance,
02:31caricaturés hier dans le JDD de façon infamante,
02:34dans un papier digne de l'action française.
02:36Refus de la contradiction, haine du pluralisme.
02:40Voilà ce que dit la contre-attaque de Bolloré.
02:42Intéressante d'ailleurs la façon dont le député RN Sébastien Chenu
02:45a défendu le milliardaire hier sur RTL, en reprenant le dicton que je citais tout à l'heure.
02:50Qui paie les musiciens, choisit la musique.
02:52Chenu n'a pas dit si cela pourrait valoir un jour pour l'audiovisuel public.
02:56Patrick Cohen.
02:57Patrick Cohen.
02:57Amen.
02:57Merci.

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