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  • il y a 12 heures
Dans son édito du 20/04/2026, Paul Sugy revient sur Bruno Retailleau, désigné candidat des LR pour la présidentielle de 2027.

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Transcription
00:00Je pense qu'on peut se mettre d'accord sur le fait que c'est la configuration la moins pire
00:02possible.
00:03Je n'ose pas dire la meilleure parce qu'évidemment le parti est divisé, sans doute plus que jamais dans
00:07son histoire.
00:08Mais Bruno Retailleau a été désigné par une très large majorité des adhérents.
00:12Personne ne conteste le verdict ou n'a que ce qui que ce soit de fraude.
00:15Il s'évite surtout une longue et pénible primaire.
00:17La primaire, au fond, c'est toujours la pire des solutions.
00:20Vous affaiblissez le candidat qui est désigné à l'issue,
00:22qui par ailleurs a dû distribuer des coûts et en recevoir un certain nombre pendant les débats de la primaire.
00:27Vous vous êtes posé d'insoutenables questions sur le périmètre du champ de votre consultation.
00:32Et tout le monde est lessivé avant même que la campagne ait officiellement commencé.
00:35Reste que Bruno Retailleau est donc le candidat d'un parti certes, mais d'un parti divisé,
00:39qui a perdu beaucoup d'adhérents en un an, qui au fond n'a jamais renoué avec ses scores passés.
00:44Et dont nombre de cadres historiques ou figures de proue appellent ouvertement à soit s'allier avec Édouard Philippe,
00:51soit créer des candidatures dissidentes.
00:53Donc il va falloir écarter cette idée d'emblée, surtout d'un rapprochement avec le centre.
00:58Les pressions vont monter ces prochaines semaines pour dire qu'il va falloir créer ce rapprochement.
01:03Bruno Retailleau doit surtout éviter même de rendre l'hypothèse plausible.
01:06Vous pensez que Bruno Retailleau va réussir à faire l'unité autour de lui ?
01:10C'est évidemment la question cruciale.
01:12Mon intuition est qu'elle est pour le moment secondaire chronologiquement.
01:15C'est-à-dire que c'est d'abord la dynamique de la campagne qui va compter.
01:18D'abord parce que si vous faites l'unité autour de vous, mais qu'il n'y a pas de
01:20dynamique, ça ne sert à rien.
01:21Et surtout que souvent la dynamique, notamment dans les sondages, crée plus facilement l'unité.
01:26Elle permet de débaucher un certain nombre de personnes ou finalement de faire la différence et de contenter tout le
01:31monde.
01:32Or pour affoler les instituts de sondage, il n'y a pas beaucoup d'autres solutions que de surprendre.
01:36Les républicains ne peuvent plus faire campagne comme s'il y avait naturellement une inclinaison pour leurs idées dans le
01:41pays
01:41ou comme s'ils occupaient naturellement la place centrale à droite.
01:44Il va falloir bousculer les codes, débaucher des figures de premier plan à leurs adversaires,
01:48mobiliser des forces vives militantes et puis imposer aussi une autorité.
01:52En clair, il faudrait que Bruno Rotaillot fasse parler de lui, c'est ça ?
01:54Qui passe le mur du son, comme on dit dans le secteur de la communication politique.
01:58Et ça, ce n'est pas évident.
01:59Bruno Rotaillot a réussi à faire beaucoup parler de lui lorsqu'il était ministre.
02:02Il n'y a pas de sujet.
02:02Mais maintenant, il va falloir qu'il arrive à lancer des idées nouvelles ou en tout cas qui semblent l
02:08'être
02:08pour que les médias et les réseaux sociaux créent du débat politique autour de ses propositions.
02:13Au fond, c'est maintenant comme ça que ça marche.
02:15Et ce n'est pas toujours le plus intelligent qui gagne, mais c'est le plus habile.
02:17Ceux qui ont percé, comme vous dites, le mur du son médiatique avant lui
02:20ont su faire des coups plutôt que des grandes synthèses très mesurées, très prudentes.
02:25C'est Édouard Philippe qui propose de revenir sur les accords de 68 avec l'Algérie.
02:28C'est Gabriel Attal qui interdit la baïa à l'école.
02:30C'est même Laurent Wauquiez qui propose son idée de primaire allant d'Édouard Philippe à Sarah Knafow.
02:34Et Sarah Knafow, quand on parle d'elle, elle est justement très forte.
02:38Toute proportion gardée par rapport au score qu'elle peut faire.
02:41Mais pour saturer l'espace médiatique de propositions iconoclastes,
02:45il va falloir que Bruno Rotaillot sache le faire et crée le débat autour de lui.
02:49C'est vrai que l'un des grands sujets sur lesquels il est attendu,
02:52c'est notamment la confrontation entre ses ambitions régaliennes
02:54et ce qu'on appelle l'état de droit, les traités, la constitution.
02:57Là, il va falloir qu'il dégage des propositions très rapidement,
03:00suffisamment iconoclastes pour créer le débat, choquer ceux qui devront l'être
03:02et ensuite permettre de réfléchir autour de lui, de sa proposition, de son projet.
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