00:00Quand on suit les élections internes à droite, on ne sait que trop bien qu'il vaut mieux y réaliser
00:04un score sans appel afin d'éviter toute contestation.
00:06De ce point de vue, le scrutin est positif pour Bruno Rotaillot, même si le suspense était tout relatif.
00:12Chacune des trois options proposées était favorable à la désignation de Bruno Rotaillot,
00:16mais ce sont quand même trois adhérents sur quatre qui ont fait le choix de faire de l'ancien ministre
00:21de l'Intérieur le candidat à la présidentielle,
00:23et ce, de manière immédiate.
00:25Déjà déclaré avant les municipales, Bruno Rotaillot a désormais le tampon officiel du parti LR pour se lancer,
00:31pour engager la campagne, dévoiler son programme, engager les frais également,
00:36et c'est donc une étape très importante à un an du scrutin.
00:38Est-ce que ce scrutin peut mettre fin aux divisions internes au sein du parti ?
00:42C'est assez peu probable, en réalité. David Lysnard est parti, je vous le rappelle.
00:46D'autres semblent assez peu emballés à l'idée de soutenir Bruno Rotaillot.
00:50Par exemple, vous allez le voir dans son tweet en réaction au scrutin,
00:53Valérie Pécresse ne se montre pas particulièrement chaleureuse.
00:57Mais surtout, et vous le voyez, à peine le résultat annoncé,
01:01elle affirme déjà qu'il faudra réunir la droite et le centre.
01:04Voilà ce qu'elle dit, rassembler la droite et le centre pour desserrer les taux des extrêmes.
01:08Autrement dit, elle parle déjà d'une autre forme de départage,
01:12cette fois avec les candidats macronistes.
01:13Et cette idée risque de peser lourd dans les prochains mois.
01:16Des cadres LR pourraient, par exemple, rallier Édouard Philippe et polluer régulièrement la campagne de Bruno Rotaillot.
01:22Comment voulez-vous convaincre les Français si vous avez des voix dissonantes au sein de votre propre famille politique ?
01:28Il faudra donc une clarification.
01:29Bruno Rotaillot va devoir montrer qu'avant d'être un candidat, il est un chef et plébiscité de façon incontestable
01:34par les militants.
01:35Il doit désormais mettre son parti au pas.
01:37L'heure du chiisme a sonné, a dit Jean-François Copé.
01:40Et il a raison, certains vont devoir choisir, à commencer par Jean-François Copé lui-même,
01:44incapable hier soir de dire que Bruno Rotaillot était son candidat.
01:48Mais au-delà des choix des chefs à plume, il faudra un choix clair et tranché sur les idées, sur
01:52la ligne du parti.
01:53Est-ce que LR a vocation à devenir un parti supplétif d'un futur candidat héritier du macronisme ?
01:58C'est ce que semblent, à appeler de leur vœu certaines voix dans le parti,
02:01à rebours des adhérents qui, eux, ont validé la ligne politique de Bruno Rotaillot,
02:05ou celle d'une droite qui ne s'excuse pas d'être de droite et qui porte un discours constant
02:10et résolument ferme sur les sujets régaliens.
02:12Avant cela, les mêmes adhérents, rappelez-vous, avaient choisi Eric Ciotti pour être le patron du parti.
02:17Ça montre une chose, les électeurs LR, qui n'ont pas encore rejoint le RN ou les macronistes,
02:21aspirent à ce que leurs représentants portent un discours marqué à droite sans aucune compromission.
02:27Alors, pour espérer rassembler largement, Bruno Rotaillot ne pourra pas se payer le luxe de devoir gérer les frondes internes.
02:32Il devra déjà gérer la suite de son aventure, où les questions autour d'une éventuelle primaire risquent de polluer
02:37sa campagne.
02:38À peine désigné, donc, le plus dur commence pour celui qui espère désormais réanimer la droite,
02:4315 ans après le départ de Nicolas Sarkozy, dernier président de droite à ce jour.
02:47Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires