- il y a 18 heures
Le 26 mai, le Sénat organisait un débat sur l’électrification, à la demande du groupe LR. Quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron avait tenu une conférence de presse sur l’électrification. Il a présenté trois axes d’effort pour “rendre le passage à l’électrique naturel et désirable, car il est bon pour le pouvoir d’achat, la compétitivité et l’indépendance du pays” : produire de l’électricité, accélérer le raccordement avec des projets et une électrification des usages. Il a mis l’accent sur l’électrification des mobilités, notamment avec les véhicules électriques pour les particuliers via le leasing électrique. Il a annoncé 240 000 nouvelles bornes de recharge et une clarification des prix de l’électricité d’ici 2030. Le groupe Stellantis devrait investir un milliard d’euros dans les véhicules électriques. Cette conférence de presse intervient quelques semaines après la présentation par Sébastien Lecornu de son plan d’électrification, et quelques mois après la publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie par le gouvernement. Les sénateurs ont salué la volonté de l’exécutif d’accélérer sur l’électrification des usages, mais plusieurs ont émis des réserves. Sur la nécessité d’investir dans les réseaux électriques pour pouvoir faire face à la hausse de la demande, d’abord. Sur l’importance d’aider de façon équitable sur le territoire les Français à rénover leur logement et à passer à un véhicule électrique, ensuite. Revivez ces débats. Année de Production : 2025
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00:00:09Vous êtes sur Public Sénat et vous avez bien raison, soyez les bienvenus.
00:00:14Aujourd'hui, la France qui produit beaucoup, beaucoup d'électricité, elle en exporte aussi une bonne partie.
00:00:20Mais pourquoi sommes-nous si réticents à nous convertir à l'électrique ?
00:00:24C'est la question que les sénateurs se sont posée hier à l'occasion d'un débat organisé à l
00:00:29'initiative du groupe LR.
00:00:31Débat qui s'inscrit dans le contexte de très fortes tensions que l'on connaît sur les prix des carburants.
00:00:36Je vous propose de revivre ces échanges et on en reparle juste après.
00:00:40L'ordre du jour rappelle le débat sur le thème l'électrification des usages dans le contexte de crise internationale.
00:00:48Je vous rappelle que dans ce débat, le gouvernement aura la faculté, s'il le juge nécessaire, de prendre la
00:00:56parole immédiatement après chaque orateur pour une durée de deux minutes.
00:01:00L'orateur disposera alors à son tour d'un droit de répartie pour une minute.
00:01:06Madame la ministre, vous pourrez donc répondre après chaque orateur, si vous le souhaitez, une fois que celui-ci aura
00:01:12retrouvé sa place dans l'hémicycle.
00:01:15La parole est tout d'abord à l'orateur du groupe qui a demandé ce débat, à monsieur Daniel Grimillet
00:01:20pour le groupe Les Républicains, avec huit minutes d'intervention, chers collègues.
00:01:26Applaudissements
00:01:43Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, pour la seconde fois en quatre ans, notre pays est frappé
00:01:50par une crise énergétique qui trouve son origine dans la situation internationale.
00:01:54En 2022, les prix du pétrole et du gaz avaient explosé à la suite de l'invasion de l'Ukraine
00:02:00par la Russie.
00:02:01En France, les prix de l'électricité avaient également connu une hausse très élevée en raison de l'épisode de
00:02:07corrosion sous contrainte qui avait fait chuter la production nucléaire d'EDF.
00:02:12À cela s'est ajoutée une sécheresse exceptionnelle qui avait sensiblement réduit la production d'hydroélectricité.
00:02:18La crise énergétique que nous traversons, la pire de l'histoire d'après l'Agence internationale de l'énergie, est
00:02:25due à l'intervention américo-canaux israélienne en Iran et à la fermeture du détroit d'Hormuz,
00:02:31une artère vitale pour l'économie internationale par laquelle transitent habituellement 20% des approvisionnements de gaz et de pétrole.
00:02:39Toutefois, contrairement à 2022, les prix d'électricité sur les marchés à terme sont relativement stables, ce qui rend cette
00:02:46énergie compétitive pour nos entreprises et protectrice pour le pouvoir d'achat de nos concitoyens.
00:02:52La question de l'électrification, aussi bien pour l'industrie que pour nos usages quotidiens, se pose donc avec une
00:02:58inquieté particulière.
00:03:00Comment faire pour accélérer un processus devenu indispensable que le Sénat appelle de ses voeux depuis de nombreuses années déjà
00:03:07?
00:03:07En 2024, les énergies fossiles représentaient 58% de notre consommation d'énergie et notre facture énergétique s'élevait à
00:03:16près de 58 milliards d'euros.
00:03:19Chaque crise géopolitique fragilise notre pays puisque nous importons 99% du pétrole et 97% du gaz que nous
00:03:29consommons.
00:03:30Le nombre de pays exportateurs d'hydrocarbures étant restreint, nos ressources d'approvisionnement sont inévitablement concentrées.
00:03:38En l'absence de souveraineté énergétique, nos décisions se résument donc à choisir les pays dont nous nous rendons dépendants.
00:03:45Alors que l'attitude de certains de ces États à notre égard, et plus largement à l'égard de l
00:03:50'Union européenne, peut légitimement nous interroger, voire nous inquiéter.
00:03:54Cette situation est donc problématique pour plusieurs raisons.
00:03:59Elle engendre une dépendance vis-à-vis des puissances extra-européennes et l'aggrave notre balance commerciale.
00:04:05Elle nous tient éloignés de notre objectif de neutralité carbone à horizon 2050.
00:04:09Certes, la France n'a pas de pétrole, mais heureusement, elle a de l'électricité.
00:04:15En effet, nous pouvons actuellement nous prévaloir d'une position avantageuse pour nous électrifier et atteindre un objectif climatique grâce
00:04:25à une production abondante d'électricité bas carbone.
00:04:28L'an passé, nous avons exporté plus de 92 TWh d'électricité, un record, ce qui représente un volume supérieur
00:04:37à la consommation électrique annuelle d'un pays comme la Belgique.
00:04:41Ces exportations représenteraient 17% de notre production, ce qui met en évidence nos marges de manœuvre en matière d
00:04:49'électrification.
00:04:49Pour aborder cette question, le gouvernement s'est tout d'abord penché sur l'électrification des industries en s'entachant
00:04:57à en identifier les freins.
00:04:59Si cette réflexion est tout à fait bienvenue, elle n'aborde cependant qu'une partie du problème.
00:05:05La principale étant de trouver les leviers pour réindustrialiser notre pays en attirant des industries sur notre territoire grâce notamment
00:05:13à une électricité largement disponible qui figure parmi les moins chères d'Europe.
00:05:17Pour l'heure, la principale opportunité qui semble se présenter à nous est l'implantation de centres de données dont
00:05:24les besoins de soutirage sont à la fois élevés et croissants.
00:05:28S'il s'agit d'une piste intéressante pour le sujet qui nous occupe, qui représente l'avantage de répondre
00:05:33également à une volonté de souveraineté numérique, les centres de données ne peuvent constituer la seule réponse.
00:05:38Quelles autres industries, notamment parmi les électro-intensifs, pouvons-nous relocaliser en France afin de créer de l'emploi et
00:05:48redynamiser certains de nos territoires ?
00:05:50C'est à cette interrogation qu'il nous faut répondre.
00:05:54Dans cette perspective, la question du raccordement constitue un élément central.
00:05:57Comment faire pour accorder de nouvelles entreprises sur notre réseau d'électricité en temps raisonnable ?
00:06:05Une réflexion est en cours sur ce point et les réponses qui seront apportées constitueront un élément déterminant parce que
00:06:15de cela va dépendre l'attractivité qui sera pour nos territoires reconnus par le monde de l'industrie.
00:06:24Au-delà de l'industrie, deux secteurs sont à prendre en compte, le secteur des transports et le secteur résidentiel,
00:06:30qui représentent à eux deux plus de 60% de notre consommation finale énergétique.
00:06:36Les ventes de voitures neuves ont progressé de moitié depuis le début de l'année, probablement raison de l'augmentation
00:06:42du prix à la pompe.
00:06:43Si nous voulons amplifier l'électrification des véhicules individuels, il conviendra d'être attentif à deux obstacles majeurs qui pourraient
00:06:50apparaître, les inégalités territoriales et les inégalités sociales.
00:06:55Tout d'abord, la croissance du parc électrique doit s'accompagner dans le développement des bornes de recharge électriques partout
00:07:02sur le territoire, y compris dans les zones rurales et de montagne.
00:07:05La mobilité électrique ne saurait être l'apanage des seuls Français résidant en zone urbaine.
00:07:11En outre, il faudra veiller à rendre les véhicules propres plus accessibles financièrement.
00:07:17Le dispositif de leasing social a rencontré un vif succès, mais il reste très limité.
00:07:23Avec seulement 50 000 véhicules proposés cette année, lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2026,
00:07:29la Commission des affaires économiques avait déploré la poursuite de la dégébutisation des dispositifs d'accompagnement à la transition énergétique.
00:07:38Le gouvernement ayant décidé de remplacer dès cette année les aides à l'acquisition de véhicules propres par un dispositif
00:07:45fondé sur les certificats d'économie d'énergie.
00:07:47Cette décision a pour effet de priver le Parlement d'un droit de regard sur le montant des aides accordées
00:07:53aux particuliers et par conséquent d'un débat sur tout un pan de la politique publique de mobilité durable.
00:07:59Cela n'est pas acceptable.
00:08:01Par ailleurs, cette réflexion doit impérativement s'étendre au transport routier de marchandises.
00:08:06Comment électrifier dans les années à venir les poêles ou repérant sur de longues distances ?
00:08:11Peut-on raisonnablement proposer des solutions de recharge haute capacité sur les principaux axes routiers pour permettre un développement rapide
00:08:18des flottes de camions électriques ?
00:08:20Ce point est aussi très déterminant.
00:08:22S'agissant du secteur résidentiel, qui représente le deuxième secteur consommateur d'énergie en France,
00:08:29la sortie des énergies fossiles doit également être accompagnée.
00:08:35Le gouvernement a fixé un objectif d'un million de pompes à chaleur installées en 2030 sans donner de détails
00:08:43sur la manière d'y parvenir.
00:08:45Plusieurs mesures restrictives ont été annoncées, comme la limitation des nouveaux raccordements au gaz pour les bâtiments ou encore la
00:08:52fin du gaz dans les constructions neuves à partir de 2030.
00:08:55En revanche, aucune mesure incitative concrète n'a été avancée pour le moment.
00:09:01Là encore, il est important que le gouvernement précise ses intentions, notamment à l'égard des foyers modestes,
00:09:07pour les aider à sortir des énergies fossiles et préserver ainsi leur pouvoir d'achat.
00:09:13Outre les aides ciblées, l'incitation à l'électrification peut aussi passer par une réforme de la fiscalité énergétique,
00:09:19afin de faire converger la fiscalité du gaz et de l'électricité.
00:09:23Lors de l'examen du dernier projet de loi de finances, le Sénat avait adopté un amendement du rapporteur général
00:09:29de la Commission des finances dans cette fin.
00:09:32Pour terminer, j'aimerais élargir ce débat avec une autre solution qui me paraît importante.
00:09:39Ne pas occulter, à savoir le fond chaleur, qui contribue là aussi à un rôle important sur à la fois
00:09:47la chaleur et la fraîcheur à partir d'énergie renouvelable et de récupération.
00:09:51Les réseaux de chaleur et de froid apportent eux aussi une réponse efficace au bassin,
00:09:56aux besoins de souveraineté énergétique et de décarbonation,
00:10:00tout en bénéficiant directement à nos collectivités territoriales.
00:10:03Le Sénat y est attaché et sera donc très attentif au montant qu'il y sera alloué l'an prochain
00:10:09dans la prochaine loi de finances.
00:10:11Merci.
00:10:12Je vous remercie, chers collègues.
00:10:14Madame la ministre.
00:10:19Merci, Madame la Présidente.
00:10:22Mesdames et Messieurs les sénateurs, Monsieur le sénateur Grébillet,
00:10:25d'abord, permettez-moi de vous remercier pour avoir initié ce débat aujourd'hui.
00:10:30Il se trouve qu'il tombe le jour où le Président de la République a réuni ce matin même l
00:10:35'ensemble des acteurs et des filières
00:10:39impliquées dans cette électrification, que ce soit les énergéticiens, que ce soit les industriels.
00:10:43Il arrive quelques semaines après l'annonce du plan d'électrification
00:10:47et quelques mois après l'annonce de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie.
00:10:52Je ne pourrais pas être exhaustif pour répondre à l'ensemble de vos points,
00:10:55mais en fait, vous avez essayé, me semble-t-il, dans votre prise de parole, de lister les freins à
00:11:00l'électrification.
00:11:01Et vous avez raison, parce qu'ils sont nombreux.
00:11:03C'est à la fois une révolution industrielle, c'est aussi une révolution sociale,
00:11:09avec des changements de mentalité qu'il faut arriver à accompagner,
00:11:13et notamment vis-à-vis des Français les plus modestes.
00:11:15Et c'est vraiment ce qu'on essaie de faire avec ce plan d'électrification,
00:11:18qui, tant pour le changement de mode de chauffage que le changement de véhicule thermique en véhicule électrique,
00:11:25cible très prioritairement, avec le leasing social, vous en avez parlé,
00:11:29mais aussi avec le bonus qui permet de passer d'un véhicule thermique à un véhicule électrique,
00:11:34avec l'ensemble des dispositifs qui sont soumis à condition de ressources,
00:11:38les populations les plus modestes, les plus précaires,
00:11:41d'une part parce que ce sont elles qui souffrent le plus de la difficulté à faire cette transition énergétique,
00:11:50et parce qu'on le voit bien, c'est cet investissement de départ, au fond, qu'il est difficile à
00:11:55faire.
00:11:56Une fois qu'on a changé de mode de chauffage, qu'on a changé de mode de déplacement, on y
00:12:03est gagnant.
00:12:04Donc nous, ce qu'on essaie de faire avec ce plan d'électrification,
00:12:07c'est bien de donner ce coup de pouce de départ, de permettre cette bascule pour prioritairement les Français les
00:12:13plus modestes.
00:12:15Je vous remercie. Dans la suite du débat, la parole est à M. Raphaël Daubé
00:12:18pour le groupe du Rassemblement démocratique et social européen, avec cinq minutes d'intervention, chers collègues.
00:12:34Madame la Présidente, Madame la Ministre, mes chers collègues,
00:12:37l'engagement dans la transition énergétique, aussi noble et impérieux soit-il,
00:12:43ne doit pas nous faire perdre de vue l'essentiel.
00:12:46Notre stratégie d'électrification, pensée d'abord comme une réponse à l'urgence climatique,
00:12:53puis comme une condition de notre souveraineté, est en réalité bien davantage.
00:13:00Elle est l'architecture du nouveau modèle économique, industriel, social et territorial français.
00:13:09Et nous aurions tort de la regarder comme un simple chapitre de notre transition énergétique.
00:13:14Merci au groupe LR d'avoir voulu soulever ce débat.
00:13:19Le défi est grand.
00:13:22Construire le plus vite possible un système énergétique nouveau, décarboné,
00:13:28sans abandonner trop vite les sécurités de l'ancien,
00:13:32sans déstabiliser les usages, les filières,
00:13:35sans fragiliser les entreprises et les Français
00:13:38qui vivent déjà sous la contrainte du coût de l'énergie.
00:13:42Une étude de l'INSEE de mars 2026
00:13:45montre que les ménages ruraux sont frappés trois fois plus durement que les Parisiens.
00:13:49La fracture territoriale est tragique.
00:13:52Le comble, c'est que la France dispose d'une électricité abondante,
00:13:57qu'on a même exportée en masse en 2025,
00:13:59et pourtant, les énergies fossiles représentent toujours 60% de notre consommation
00:14:05et coûtent 60 milliards d'euros par an à notre balance commerciale.
00:14:09C'est un non-sens économique et écologique.
00:14:12L'instabilité géopolitique, la guerre en Ukraine,
00:14:15au Proche-Orient, les verrous sur les routes de l'énergie,
00:14:18nous ont placés en quelques mois dans une situation de vulnérabilité
00:14:22qui commande un sursaut de notre part.
00:14:25Les changements que nous imaginions organiser
00:14:28comme une transition en douceur
00:14:30sont devenus, vous l'avez dit, une révolution électrique et numérique.
00:14:35Le gouvernement vient de présenter son plan d'électrification
00:14:38et a réuni aujourd'hui l'équipe de France de l'électrification
00:14:42pour donner corps à cette ambition.
00:14:44Sur la stratégie de production et d'approvisionnement,
00:14:47nos positions au RDSE n'ont jamais varié.
00:14:50La relance de la filière nucléaire était essentielle
00:14:54pour une électrification massive du pays.
00:14:58pilotée par les pouvoirs publics
00:15:00et ne doit pas être opposée aux énergies renouvelables
00:15:03dont nous jugeons l'effort de déploiement,
00:15:06d'ailleurs trop prudent, dans la PPE 3.
00:15:08La France a besoin des deux,
00:15:11même s'il en découle une complexité technique particulière
00:15:13et des surproductions aujourd'hui,
00:15:15qui peut-être ne le seront plus demain.
00:15:17Je le redis, notre stratégie d'électrification
00:15:20doit être aussi une stratégie de développement économique
00:15:23et les ENR décentralisées au cœur des territoires
00:15:27et au plus près des usages sont autant d'opportunités,
00:15:31de relais de croissance, de ressources financières
00:15:34pour les collectivités et de développement rural.
00:15:36N'ayons pas peur, planifions, encadrons, mais avançons.
00:15:41L'électrification n'est pas seulement une affaire de câbles et de bornes,
00:15:45c'est une politique climatique, économique et territoriale à la fois.
00:15:49Pour autant, la dépendance aux énergies fossiles
00:15:51va perdurer encore longtemps.
00:15:53Votre plan prévoit une réduction de leur part
00:15:56dans la consommation à 30% en 2035,
00:15:59ambitieux, mais c'est presque un tiers encore.
00:16:02Donc rien ne nous exonère de notre obligation
00:16:06de sécuriser nos approvisionnements fossiles
00:16:08en parallèle de l'électrification.
00:16:11C'est même, je dirais, un versant obligatoire
00:16:13et complémentaire de notre stratégie.
00:16:16Je pense à l'Italie qui a su transformer
00:16:18sa relation avec l'Algérie en véritable partenariat stratégique.
00:16:21Quelle diversification construisons-nous
00:16:24pour la part de consommation qui échappera à l'électrification ?
00:16:28Sur la question des usages, quelques mots.
00:16:31Votre plan, madame la ministre,
00:16:32contient bien des choses intéressantes.
00:16:34Les pompes à chaleur, le leasing social,
00:16:37l'accompagnement des gros rouleurs,
00:16:39les utilitaires électriques.
00:16:40Je me réjouis d'ailleurs de cette innovation.
00:16:42Indispensable au monde rural,
00:16:44parce qu'on a toujours mille choses à transporter.
00:16:46Et je pense d'ailleurs que le secret de la réussite est là.
00:16:49Il faut construire des véhicules électriques
00:16:51adaptés aux attentes des usagers.
00:16:53Pas sûr qu'on ait encore trouvé le format idéal
00:16:56pour la voiture électrique campagnarde
00:16:58adaptée à nos chemins bucoliques.
00:17:01Mais pas un mot sur le rail.
00:17:03Comment le plan d'électrification des mobilités
00:17:05peut-il ignorer la stratégie ferroviaire ?
00:17:09Là encore, de nombreux pays d'Europe
00:17:10ont un coup d'avance sur nous,
00:17:12sur le fret ou encore les trains de nuit.
00:17:14Idem sur l'électrification agricole,
00:17:16je pense que l'effort n'est pas suffisant
00:17:18dans un secteur où il est urgent
00:17:19de trouver de la compétitivité.
00:17:22Nous pensons qu'il fallait aborder ce plan
00:17:24d'une manière plus transversale
00:17:26et interministérielle.
00:17:27Madame la Ministre,
00:17:29le RDSE soutient l'électrification des usages
00:17:32avec conviction et pragmatisme
00:17:34et avec cette exigence,
00:17:35la matrice sur laquelle repose
00:17:38cette révolution industrielle
00:17:39ne doit pas rompre avec le principe humaniste
00:17:41qui nous guide depuis le siècle des Lumières.
00:17:44Il ne saurait y avoir de progrès technique
00:17:46s'il n'est accompagné d'un progrès social.
00:17:49Je vous remercie.
00:17:51Je vous remercie.
00:17:52La parole est à monsieur...
00:17:53Pardon, madame la ministre, excusez-moi.
00:17:56Merci.
00:17:57Je vais essayer, merci, madame la présidente,
00:18:00monsieur le sénateur,
00:18:00de prendre le temps de répondre rapidement.
00:18:02Juste un point sur la ruralité.
00:18:04En quelques mots, le leasing social,
00:18:06ça bénéficie pour 75 % aux territoires ruraux.
00:18:10En tout cas, il est utilisé à 75 %
00:18:12dans les territoires ruraux.
00:18:13J'ai conscience que c'est probablement très insuffisant.
00:18:16Mais pour autant, ça démontre bien
00:18:18que c'est une approche qui est en large partie
00:18:21tournée vers ces territoires-là.
00:18:23Ensuite, la mesure sans territoire d'électrification
00:18:25qui a été mise en place avec ce plan d'électrification
00:18:27qui vise à accompagner des territoires
00:18:30et des communes volontaires,
00:18:31tant sur le plan financier
00:18:32que sur le plan de l'ingénierie,
00:18:34pour sortir progressivement du gaz,
00:18:37réfléchir à comment est-ce qu'on décommissionne
00:18:38les réseaux de gaz.
00:18:39Tout ça prend du temps
00:18:40et doit être évidemment réfléchi avec les experts.
00:18:43C'est ce qu'on permet à ces futurs sans territoire.
00:18:46Et enfin, à la question des bornes de recharge,
00:18:49évidemment incontournables.
00:18:52Il y a, par exemple, je donne encore là un chiffre,
00:18:544 500 bornes de recharge rapides aujourd'hui.
00:18:56L'objectif, c'est d'atteindre 22 000
00:18:58sur les autoroutes, les routes nationales,
00:19:00donc en maillant l'ensemble du territoire
00:19:02d'ici à 2035.
00:19:04Je vous remercie.
00:19:05La parole est à M. Patrick Chauvet
00:19:06pour le groupe Union Centriste,
00:19:08avec 4 minutes d'intervention, chers collègues.
00:19:27Madame la Présidente, Madame la Ministre,
00:19:29mes chers collègues,
00:19:30pendant longtemps, notre débat énergétique
00:19:33s'est concentré sur la nécessité
00:19:35de produire davantage d'énergie décarbonée.
00:19:37Ce défi demeure, bien sûr,
00:19:40car ni la réindustrialisation revendiquée,
00:19:42ni l'électrification ambitionnée
00:19:45ne pourront se faire sans davantage
00:19:47d'énergie décarbonée.
00:19:48Mais la réalité de notre système électrique
00:19:51nous a conduit à changer de perspective.
00:19:53L'enjeu n'est plus seulement la production.
00:19:56Il devient celui de la consommation,
00:19:58des comportements et des usages.
00:20:01Et la programmation pluriannuelle de l'énergie
00:20:03l'affirme clairement.
00:20:04Dans de nombreux usages,
00:20:06l'électrification est synonyme
00:20:08de gain d'efficacité énergétique.
00:20:10Mais cette transformation ne se décrète pas,
00:20:12elle se construit.
00:20:14Et une politique d'électrification réussie
00:20:16suppose au moins deux conditions.
00:20:19Des infrastructures adaptées
00:20:20et des signaux économiques cohérents.
00:20:23Sur le premier point,
00:20:25les besoins sont considérables.
00:20:26Les raccordements électriques,
00:20:28le renforcement des réseaux,
00:20:30l'adaptation des capacités industrielles
00:20:32vont exiger des investissements massifs.
00:20:34Ce sont des sujets que nous avons récemment débattus
00:20:37dans cette enceinte.
00:20:38Il faut évidemment faire évoluer
00:20:40les procédures de raccordement.
00:20:42Sur le second point,
00:20:44il faut regarder avec lucidité
00:20:46notre fiscalité énergétique.
00:20:48Aujourd'hui, l'électricité française,
00:20:50pourtant produite à plus de 95%
00:20:53à partir d'énergie bas carbone,
00:20:56demeure davantage taxée
00:20:57que le gaz fossile importé.
00:20:59Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
00:21:01L'axis sur l'électricité
00:21:03atteint aujourd'hui près de 30 euros
00:21:05par mégawatt-heure pour les ménages
00:21:07contre environ 15 euros pour le gaz.
00:21:10Comment prétendre encourager l'électrification
00:21:12tout en maintenant un tel différentiel fiscal ?
00:21:16Comment demander aux Français
00:21:17de changer leurs usages
00:21:19lorsque le signal prix envoyé
00:21:20reste contradictoire
00:21:22avec nos objectifs climatiques ?
00:21:24Cette incohérence est d'autant plus problématique
00:21:26que le prix de l'électricité
00:21:28constitue déjà un facteur déterminant
00:21:30des décisions d'investissement
00:21:31des ménages comme des entreprises.
00:21:34En France, la Cour des comptes
00:21:36appelait déjà en 2024
00:21:38à une réflexion d'ensemble
00:21:39sur la fiscalité énergétique
00:21:41afin de mieux l'aligner
00:21:43avec les objectifs environnementaux.
00:21:45Nous savons aussi
00:21:46qu'une partie de nos concitoyens
00:21:48ne peut pas simplement choisir
00:21:50de changer d'énergie.
00:21:51C'est la réalité des prisonniers énergétiques,
00:21:54selon l'expression de deux chercheurs,
00:21:57c'est-à-dire ces ménages
00:21:58qui vivent loin des centres urbains,
00:22:00sans solution de mobilité alternative,
00:22:03ces artisans, agriculteurs
00:22:05et petites entreprises
00:22:06dont les équipements existants
00:22:08rendent les transitions plus difficiles.
00:22:10Le signal prix est nécessaire,
00:22:12mais il ne suffit donc pas.
00:22:14Électrifier suppose aussi
00:22:15d'accompagner ceux
00:22:16qui n'ont pas immédiatement
00:22:17la capacité technique ou financière
00:22:19de modifier leurs usages.
00:22:21Et sans être un gros mot,
00:22:23cet accompagnement se planifie.
00:22:25A ce titre,
00:22:26je salue l'initiative
00:22:27des territoires zéro gaz,
00:22:28initiée par le gouvernement.
00:22:30Cette réflexion
00:22:31sur la cohérence fiscale
00:22:34rejoint d'ailleurs
00:22:35les travaux
00:22:36de la commission d'enquête sénatorielle
00:22:37sur le prix de l'électricité.
00:22:39Elle formulait notamment
00:22:41une proposition
00:22:43particulièrement intéressante,
00:22:44consistant à adapter
00:22:46l'accès sur l'électricité
00:22:47selon les volumes consommés
00:22:49avec une logique
00:22:50de progressivité
00:22:51permettant de mieux protéger
00:22:53les consommations essentielles
00:22:55tout en conservant
00:22:56un signal
00:22:56d'efficacité énergétique.
00:22:58Aussi,
00:22:59Madame la ministre,
00:23:01quelles évolutions
00:23:02le gouvernement envisage-t-il
00:23:04pour rapprocher
00:23:05la fiscalité du gaz
00:23:06et de l'électricité ?
00:23:08Ne pas ouvrir ce débat
00:23:09reviendrait à freiner
00:23:11la dynamique d'électrification
00:23:12que nous appelons tous
00:23:14de nos voeux.
00:23:14Je vous remercie.
00:23:15Je vous remercie,
00:23:17Madame la ministre.
00:23:23Merci, Madame la Présidente.
00:23:25Monsieur le Sénateur.
00:23:27C'est une question complexe
00:23:29sur laquelle je suis,
00:23:30pour tout vous dire,
00:23:31très partagée.
00:23:32Je suis complètement d'accord
00:23:34avec vous lorsque vous dites
00:23:35qu'il faut un signal prix
00:23:37qui incite les Français
00:23:38à se tourner vers l'électrique.
00:23:41C'est en partie déjà le cas
00:23:42quand on compare le prix
00:23:44de l'électricité en France
00:23:45vis-à-vis de certains
00:23:45de nos voisins européens.
00:23:47Il faut qu'on continue à avancer.
00:23:48C'est ce qu'on a fait
00:23:49lors du dernier projet
00:23:50de loi de finances
00:23:50en baissant la CTA
00:23:52sur l'électricité
00:23:53à son niveau minimum.
00:23:55On se pose ensuite
00:23:55la question de la convergence,
00:23:58vous l'avez dit,
00:23:58des axes entre le gaz
00:23:59et l'électricité.
00:24:01Moi, je suis très favorable
00:24:02à ce qu'on réfléchisse
00:24:03à comment est-ce qu'on peut faire
00:24:04baisser le prix de l'électricité
00:24:06et notamment en baissant
00:24:08le niveau de l'axi sur l'électricité.
00:24:10J'ai davantage de réserves
00:24:12ou en tout cas d'interrogations
00:24:13sur la nécessité
00:24:14que cela passe
00:24:15par une augmentation
00:24:17de la fiscalité sur le gaz.
00:24:19Pourquoi ?
00:24:19Parce que derrière,
00:24:20il y a 11 millions de Français
00:24:20qui se chauffent au gaz
00:24:21qui n'ont pas nécessairement
00:24:23les moyens
00:24:23d'opérer cette transition.
00:24:26Alors, il faut les accompagner.
00:24:27C'est ce qu'on fait
00:24:27avec toutes les aides
00:24:29qui permettent cette bascule.
00:24:31Mais ce côté très punitif
00:24:32en leur disant au fond,
00:24:34on va augmenter vos factures
00:24:36pour inciter les autres
00:24:39à aller vers l'électrique,
00:24:40je crains que ce soit
00:24:41assez mal compris
00:24:42de nos concitoyens
00:24:43à fortiori dans un contexte
00:24:44où le prix du gaz
00:24:46a sensiblement augmenté
00:24:47depuis le début
00:24:48de la crise au Moyen-Orient.
00:24:50Je vous remercie.
00:24:51La parole est à madame
00:24:52Vanina Paoli-Gagin
00:24:53pour le groupe
00:24:54Les Indépendants,
00:24:55République et Territoires
00:24:56avec six minutes
00:24:57d'intervention,
00:24:58chers collègues.
00:25:05Madame la Présidente,
00:25:07Madame la Ministre,
00:25:08mes chers collègues,
00:25:09il est regrettable
00:25:10de devoir attendre
00:25:11une crise géopolitique
00:25:12au Moyen-Orient
00:25:13et la perturbation mondiale
00:25:14des approvisionnements
00:25:15en pétrole
00:25:16pour aborder sérieusement
00:25:18la question
00:25:19de l'électrification
00:25:20des usages.
00:25:21Notre mix électrique
00:25:23dominé par le nucléaire
00:25:24et soutenu par l'hydroélectricité
00:25:26et les renouvelables
00:25:27est particulièrement robuste.
00:25:29Il nous permet de produire,
00:25:30ça a été dit,
00:25:31une électricité décarbonée
00:25:32et abondante, certes,
00:25:34mais elle ne représente
00:25:35que 28%
00:25:36de notre consommation
00:25:37finale d'énergie.
00:25:39Notre French paradoxe
00:25:41tient au fait
00:25:42que nous produisons
00:25:42la moitié
00:25:43de l'énergie nucléaire européenne
00:25:45tout en ayant augmenté
00:25:47notre production renouvelable
00:25:48de 50 TWh en 8 ans,
00:25:51mais que 60%
00:25:52de notre consommation
00:25:54repose encore
00:25:54sur le pétrole
00:25:56et sur le gaz.
00:25:57Ces importations
00:25:58ont un coût écologique
00:26:00d'abord,
00:26:00mais également financier.
00:26:0264 milliards d'euros
00:26:04annuels
00:26:04qui pèsent lourdement
00:26:05sur notre balance commerciale.
00:26:07Voilà qui n'est pas,
00:26:09vous en conviendrez vraiment,
00:26:10avoir le sens
00:26:11de ces intérêts.
00:26:12Pour ces raisons,
00:26:13nous devons limiter
00:26:14notre dépendance
00:26:15aux énergies fossiles
00:26:16et ce,
00:26:16d'autant plus,
00:26:17désormais,
00:26:18pour des questions
00:26:18de souveraineté
00:26:19et de sécurité nationale.
00:26:22Comme le soulignait
00:26:23le Premier ministre,
00:26:24quand nous importons
00:26:25du pétrole ou du gaz,
00:26:26nous importons en même temps
00:26:27les crises des autres.
00:26:29Nous sommes aujourd'hui
00:26:30moins dépendants
00:26:31que dans les années 70.
00:26:32Trois fois moins
00:26:33de pétrole brut importé
00:26:34et des sources
00:26:35largement diversifiées.
00:26:37Toutefois,
00:26:37notre exposition
00:26:38reste trop forte.
00:26:39Le conflit au Moyen-Orient
00:26:42et le blocage
00:26:43du Détroit-Dormuz
00:26:43ont entraîné
00:26:44des variations
00:26:45très importantes
00:26:46du prix du Brent
00:26:47et, en conséquence,
00:26:49renchéri le prix
00:26:50des carburants,
00:26:51du coût des transports
00:26:52de marchandises,
00:26:53des engrais,
00:26:53etc.
00:26:54Nos entreprises,
00:26:55on le sait tous,
00:26:56nos collectivités
00:26:57et nos concitoyens
00:26:58subissent de plein fouet
00:27:00les conséquences
00:27:01de l'interventionnisme
00:27:02erratique de Donald Trump.
00:27:04Si nous ne pouvons
00:27:05pas contrôler
00:27:05ce qui surgit
00:27:06à la seconde
00:27:07dans son cerveau malade,
00:27:09tentons au moins
00:27:10d'en limiter
00:27:11les conséquences
00:27:11pour notre pays.
00:27:12C'est pourquoi
00:27:13notre groupe soutient
00:27:14la stratégie
00:27:15d'électrification
00:27:16des usages
00:27:16qui doit se traduire
00:27:18à la fois
00:27:18par un déport
00:27:19de consommation
00:27:20finale d'énergie
00:27:21vers l'électricité
00:27:22et aussi
00:27:23par une augmentation
00:27:24de nos capacités
00:27:25de production.
00:27:26Il ne s'agit pas
00:27:27de consommer plus
00:27:28en valeur absolue
00:27:29mais aussi
00:27:30de substituer
00:27:31l'électricité
00:27:32aux usages
00:27:32du pétrole
00:27:33et du gaz
00:27:34électrifiés,
00:27:34oui,
00:27:35mais avec sobriété.
00:27:36Il faut donc
00:27:37soutenir la demande
00:27:38et accompagner
00:27:39une électrification massive.
00:27:41C'est encore plus vrai
00:27:41avec la révolution
00:27:43des intelligences
00:27:44adossées à des centres
00:27:45de données
00:27:46et des modèles
00:27:47d'entraînement
00:27:47électro-intensifs.
00:27:49Aller plus loin
00:27:50en faisant
00:27:51de la tokenisation
00:27:52de l'énergie
00:27:52décarbonée,
00:27:53un levier de puissance
00:27:54pour l'Europe
00:27:55serait judicieux.
00:27:56C'est pourquoi
00:27:57l'annonce
00:27:58de ce plan
00:27:58d'électrification
00:27:59visant en priorité
00:28:00le logement,
00:28:01les transports
00:28:02et l'industrie
00:28:03est bienvenue.
00:28:04Véhicules légers
00:28:05électriques,
00:28:06électrification
00:28:06des poids lourds,
00:28:07installation d'un million
00:28:08de pompes à chaleur,
00:28:10toutes ces propositions
00:28:11vont dans le bon sens
00:28:12pour nos entreprises
00:28:13et nos concitoyens.
00:28:15Mais s'attaquer
00:28:16au défi
00:28:17de l'augmentation
00:28:17de la production
00:28:18électrique nucléaire
00:28:19est aussi nécessaire.
00:28:20C'est un défi stratégique,
00:28:22éminemment stratégique.
00:28:23C'est pourquoi
00:28:24je me réjouis
00:28:25que le portage
00:28:25se fasse
00:28:26au plus haut niveau
00:28:27de l'État.
00:28:28Mais je tiens
00:28:28à souligner,
00:28:29Madame la ministre,
00:28:30que ce portage politique
00:28:31vous engage,
00:28:33nous engage.
00:28:34Ces annonces faites,
00:28:35nos concitoyens
00:28:36attendent l'action
00:28:37et vite.
00:28:39Car sur la majorité
00:28:40des Français,
00:28:40malheureusement,
00:28:42nos concitoyens
00:28:43sont habitués
00:28:43à ce que les annonces
00:28:44ne soient pas nécessairement
00:28:45suivies d'effets.
00:28:46Ils s'y résinent,
00:28:47petit à petit,
00:28:48ils perdent confiance
00:28:48en la puissance publique.
00:28:50C'est navrant,
00:28:50mais ils ont l'habitude.
00:28:52Or là,
00:28:53je me permets d'insister,
00:28:54c'est très différent.
00:28:55Les Français garderont
00:28:56les yeux rivés
00:28:57sur ce plan d'action
00:28:57aussi intensément
00:28:59que sur les chiffres
00:29:00qui défilent
00:29:00lorsqu'ils font le plein
00:29:02à la pompe.
00:29:03Dans l'aube,
00:29:04deux sujets
00:29:04concentrent l'attention.
00:29:05Le premier,
00:29:06c'est le projet Nucléo
00:29:07qui vise à développer
00:29:08la première usine
00:29:09de fabrication
00:29:10de combustible
00:29:11pour les réacteurs
00:29:12à neutrons rapides
00:29:13en Europe occidentale.
00:29:14C'est une entreprise
00:29:15comme d'autres,
00:29:16emblématique
00:29:17du nouveau nucléaire.
00:29:18Elle est aussi présente
00:29:19en Indre-et-Loire
00:29:20chez mon collègue Louau.
00:29:22Or,
00:29:22ces acteurs
00:29:23sont des entreprises privées
00:29:24pour qui le temps
00:29:25se mesure en euros.
00:29:26Tout ce qui raccourcit
00:29:27les délais,
00:29:28viabilise les modèles économiques
00:29:29et donc la possibilité
00:29:30de changer la donne,
00:29:31en l'occurrence,
00:29:33la fermeture du combustible
00:29:34et de son cycle.
00:29:35Le président de la République
00:29:37a d'ailleurs rappelé
00:29:38lors du Conseil
00:29:38de politique nucléaire
00:29:39qu'il faut soutenir
00:29:40tous les acteurs industriels
00:29:42qui peuvent contribuer
00:29:43à relancer le nucléaire
00:29:44en France.
00:29:45C'est pourquoi
00:29:46j'ai déposé
00:29:47une proposition de loi
00:29:47visant à simplifier
00:29:48les procédures
00:29:49pour l'industrie nucléaire
00:29:50innovante
00:29:51afin d'avancer
00:29:52de façon opérationnelle
00:29:53sur l'électrification.
00:29:55Le second,
00:29:56c'est l'installation
00:29:57de PR2
00:29:58sur le site
00:29:58de nos gens sur Seine
00:29:59qui dispose déjà
00:30:00des infrastructures foncières
00:30:02et industrielles
00:30:03en vue d'accueillir
00:30:04ces réacteurs
00:30:04dernière génération.
00:30:05Le tissu d'entreprise,
00:30:07les établissements
00:30:08de formation,
00:30:09les collectivités
00:30:09comme les élus locaux
00:30:11attendent l'annonce
00:30:12promise en fin d'année.
00:30:13C'est le cas aussi
00:30:14pour mes collègues du Nord,
00:30:15l'Ermite
00:30:16et Watteblay.
00:30:17Il faut vraiment
00:30:17que le gouvernement
00:30:19ait à l'esprit
00:30:20cette attente
00:30:21car la réussite
00:30:22des projets industriels
00:30:23tient aussi
00:30:24à la détermination
00:30:25des acteurs locaux
00:30:26de les porter.
00:30:27Nous sommes,
00:30:28je vous le dis,
00:30:29déterminés.
00:30:30Je vous remercie.
00:30:31Je vous remercie.
00:30:34Madame la ministre,
00:30:35souhaitez-vous intervenir ?
00:30:41Pardon,
00:30:42Madame la Présidente,
00:30:43Madame la Sénatrice,
00:30:45vous dire que le site
00:30:45de nos gens
00:30:46est évidemment à l'étude
00:30:47parmi d'autres sites
00:30:48et donc je ne peux pas
00:30:48prendre l'engagement
00:30:49devant vous ce soir.
00:30:50Vous vous en doutez
00:30:51mais on suivra ça
00:30:52avec la plus grande attention
00:30:53et l'objectif évidemment
00:30:54de pouvoir cibler
00:30:56et nommer les sites
00:30:57retenus pour les plus
00:30:58suite en option
00:31:00d'ici à 2027
00:31:02de manière à ce que
00:31:03les études puissent se lancer.
00:31:04Je partage ensuite
00:31:05évidemment le reste
00:31:07de vos mots.
00:31:07Un point sur la proposition
00:31:09de loi de simplification
00:31:10qui vise notamment
00:31:11les SMR que vous proposez.
00:31:14Bien sûr,
00:31:14ça nécessite d'être discuté
00:31:16et débattu.
00:31:16Je ne l'ai pas sous les yeux
00:31:17mais moi sur le principe
00:31:19tout ce qui va dans le sens
00:31:20de la simplification
00:31:21tant que ça ne contrevient pas
00:31:23évidemment aux impératifs
00:31:24de sûreté
00:31:25et aux impératifs
00:31:26environnementaux.
00:31:27Je suis par principe favorable.
00:31:29Je vous remercie.
00:31:30La parole est à monsieur
00:31:31Fabien Genet
00:31:32pour le groupe
00:31:33Les Républicains
00:31:33avec cinq minutes
00:31:35d'intervention,
00:31:36chers collègues.
00:31:43Madame la Présidente,
00:31:44Madame la Ministre,
00:31:45mes chers collègues,
00:31:46le paradoxe mérite
00:31:48d'être rappelé.
00:31:49À l'heure où la fermeture
00:31:50du détroit d'Ormuz
00:31:51par l'Iran paralyse
00:31:52les flux pétroliers mondiaux
00:31:53et fait flamber
00:31:54les prix à la pompe
00:31:55pour nos concitoyens,
00:31:56la France produit
00:31:57abondamment de l'électricité
00:31:59qu'elle ne parvient pas
00:32:00à consommer totalement
00:32:01et qu'elle exporte largement.
00:32:03Ces 100 TWh exportés par an
00:32:05représentent l'équivalent
00:32:06de la consommation
00:32:07de 35 millions de véhicules électriques
00:32:08comme le rappelle souvent
00:32:10Daniel Grémillet.
00:32:11C'est-à-dire si l'électrification
00:32:13des usages est aujourd'hui attendue
00:32:14puisqu'elle égage
00:32:16de décarbonation,
00:32:17de souveraineté énergétique
00:32:18et de réponse
00:32:19à la crise que nous traversons.
00:32:21Alors si l'électrification
00:32:23des usages est légitime,
00:32:25souhaitable et désormais souhaitée
00:32:27et que la capacité de production
00:32:29est démontrée
00:32:29demeure à mon sens
00:32:31une question essentielle.
00:32:33Notre système électrique
00:32:34est-il réellement prêt
00:32:36à absorber cette montée
00:32:37en puissance des usages ?
00:32:39Car derrière les annonces
00:32:40sur les véhicules électriques,
00:32:42les pompes à chaleur,
00:32:43la réindustrialisation
00:32:44ou encore les data centers,
00:32:46il y a une réalité physique,
00:32:47les réseaux.
00:32:49Et convenons,
00:32:49Madame la Ministre,
00:32:50que c'est trop souvent
00:32:51l'angle mort du débat.
00:32:53Sur le terrain,
00:32:54comme par exemple
00:32:54dans mon département
00:32:56de la Saône-et-Loire,
00:32:57nous avons déjà
00:32:58un avertissement très clair
00:32:59avec les difficultés rencontrées
00:33:01par le développement
00:33:02des énergies renouvelables,
00:33:03gestion opaque
00:33:05des files d'attente
00:33:05des raccordements
00:33:06et manque de transparence
00:33:07sur les capacités réelles
00:33:09du réseau,
00:33:10saturation locale
00:33:11des postes sources,
00:33:13retard d'investissement,
00:33:15difficulté de planification,
00:33:17voire explosion potentielle
00:33:19des coûts de raccordement.
00:33:20Nous ne pouvons pas reproduire
00:33:22les mêmes erreurs
00:33:23avec l'électrification des usages.
00:33:25Car électrifier massivement
00:33:27sans préparer les réseaux,
00:33:28c'est créer demain
00:33:29des blocages techniques,
00:33:31économiques et territoriaux,
00:33:33c'est prendre le risque
00:33:34d'une nouvelle fracture territoriale,
00:33:36une fracture électrique.
00:33:38Dans beaucoup de départements,
00:33:40les réseaux basses
00:33:40et moyennes tensions
00:33:41ont été conçus
00:33:42pour des usages très différents
00:33:44de ceux que nous voulons
00:33:45désormais développer.
00:33:46Recharges simultanées
00:33:47de véhicules électriques,
00:33:49généralisation des pompes
00:33:50à chaleur,
00:33:51électrification de certaines activités
00:33:53économiques,
00:33:53industrielles ou agricoles.
00:33:55Concrètement, cela signifie
00:33:56qu'il faut renforcer les réseaux,
00:33:58créer ou adapter
00:33:59des postes sources,
00:34:00moderniser les infrastructures
00:34:02et augmenter les capacités.
00:34:03Or, ces investissements
00:34:05reposent largement
00:34:06sur les collectivités territoriales,
00:34:08autorités organisatrices
00:34:09de la distribution d'électricité,
00:34:11les AODE,
00:34:12et propriétaires des réseaux.
00:34:14Et c'est là qu'apparaît
00:34:15une contradiction majeure.
00:34:17Au moment même
00:34:18où le gouvernement annonce
00:34:19un grand plan d'électrification,
00:34:21les moyens dédiés
00:34:22au territoire ne suivent pas.
00:34:24Comme l'a souligné Patrick Chèse,
00:34:25le compte d'affectation spécial
00:34:27dit casse-facée,
00:34:28qui demeure pourtant
00:34:30l'outil historique
00:34:31de financement
00:34:32de l'électrification rurale,
00:34:34subit en 2026
00:34:35un coût de rabot
00:34:36de 7 millions d'euros,
00:34:37alors que les recettes
00:34:38perçues par l'État
00:34:39à ce titre augmentent
00:34:40et que les besoins explosent.
00:34:42Et dans le même temps,
00:34:43la Creu a validé
00:34:44une hausse du TURB
00:34:45de 7,7%
00:34:46afin de financer
00:34:48les investissements
00:34:49nécessaires
00:34:49sur les réseaux électriques.
00:34:51Autrement dit,
00:34:52tout le monde sait
00:34:52que les réseaux
00:34:53vont devoir absorber
00:34:54un choc d'investissement
00:34:55majeur,
00:34:56mais on fragilise
00:34:57en parallèle
00:34:58les acteurs locaux
00:34:58qui réalisent concrètement
00:35:00ces travaux
00:35:01sur le terrain.
00:35:02J'ajouterai un mot
00:35:03sur le modèle énergétique
00:35:05lui-même.
00:35:05Oui,
00:35:06l'électricité aura
00:35:07un rôle central,
00:35:08mais croire
00:35:09que tout pourra passer
00:35:10uniquement par l'électrification
00:35:12serait une erreur stratégique.
00:35:14La transition
00:35:15doit reposer
00:35:15sur une approche
00:35:16territorialisée
00:35:17et multi-énergie
00:35:19en conservant
00:35:20un mix énergétique
00:35:21équilibrée.
00:35:22Le biogaz,
00:35:23la chaleur renouvelable,
00:35:25le biogNV
00:35:25ou encore l'hydrogène
00:35:26participent eux aussi
00:35:28à notre souveraineté énergétique
00:35:30et au développement économique
00:35:31des territoires.
00:35:33L'électrification
00:35:34a des limites techniques,
00:35:35économiques et sociales.
00:35:37Dans beaucoup de territoires,
00:35:38on ne remplacera pas
00:35:39du jour au lendemain
00:35:40des millions d'équipements
00:35:41au gaz
00:35:41sans accompagnement
00:35:42des ménages,
00:35:44sans solutions adaptées
00:35:45et surtout sans réseaux
00:35:46capables d'absorber
00:35:47les nouveaux appels
00:35:48de puissance.
00:35:49La coordination
00:35:50des réseaux d'énergie
00:35:51reste donc
00:35:51une question centrale
00:35:53à laquelle il faudra
00:35:54répondre.
00:35:55Et dans cette organisation,
00:35:56les AODE
00:35:57ont un rôle
00:35:58central à jouer.
00:35:59Or,
00:36:00le grand plan
00:36:01d'électrification
00:36:01du gouvernement
00:36:02ne les identifie pas
00:36:04suffisamment
00:36:04comme des acteurs
00:36:05structurants,
00:36:06alors même
00:36:07qu'elles sont
00:36:07propriétaires des réseaux
00:36:08et qu'elles assurent
00:36:09déjà une grande partie
00:36:11de la maîtrise
00:36:11d'ouvrage local.
00:36:13Madame la ministre,
00:36:14plutôt que de les provoquer
00:36:15avec le projet
00:36:16de création
00:36:17de conférences départementales
00:36:18de réseaux
00:36:18présidées par le préfet,
00:36:20je crois plus pragmatique
00:36:21de vous appuyer
00:36:22sur les syndicats
00:36:23d'énergie,
00:36:23les communes
00:36:24et les intercommunalités
00:36:26qui portent depuis
00:36:27des décennies
00:36:27les investissements,
00:36:28qui ont la connaissance
00:36:29fine des réseaux locaux
00:36:31et qui veillent
00:36:31à garantir
00:36:32la même qualité
00:36:33de fourniture d'électricité
00:36:34dans chacune
00:36:35de nos communes,
00:36:36qu'elles soient urbaines
00:36:37ou qu'elles soient rurales.
00:36:38Madame la ministre,
00:36:39nous ne réussirons pas
00:36:40l'électrification
00:36:41des usages
00:36:42sans les territoires
00:36:43et je ne doute pas
00:36:44que le Sénat
00:36:44y sera très attentif.
00:36:46Je vous remercie.
00:36:47Je vous remercie.
00:36:49Madame la ministre.
00:36:52Madame la présidente,
00:36:53monsieur le sénateur,
00:36:54personne n'avait
00:36:55l'intention
00:36:55de réussir
00:36:56l'électrification
00:36:56sur les territoires,
00:36:57mais je compte
00:36:58sur le Sénat
00:36:58pour le rappeler
00:36:59au gouvernement
00:37:00autant que nécessaire
00:37:01et je rejoins évidemment
00:37:02tout ce que vous avez dit
00:37:03sur la réflexion
00:37:05et le débat
00:37:07qu'il y a porté
00:37:08autour des réseaux
00:37:09et qui est effectivement
00:37:11parfois un peu
00:37:12l'angle mort
00:37:13du débat
00:37:13sur l'électrification
00:37:14qu'on peut avoir
00:37:15et pour autant,
00:37:16RTE,
00:37:16comme il y a 10
00:37:17le disent,
00:37:18100 milliards
00:37:19d'investissements nécessaires,
00:37:20chacun 200 milliards
00:37:21d'ici à 2040
00:37:23et contrairement
00:37:23à ce que certains
00:37:24peuvent colporter,
00:37:25ce n'est pas à cause
00:37:26des énergies renouvelables,
00:37:27c'est l'adaptation
00:37:29au changement climatique,
00:37:30c'est le renouvellement
00:37:32normal,
00:37:33si je puis dire,
00:37:34des réseaux
00:37:34qui va devoir se faire
00:37:36et non,
00:37:37les collectivités territoriales
00:37:39ne sont pas laissées
00:37:40seules face à ces défis,
00:37:41d'abord parce qu'elles
00:37:42n'auront heureusement
00:37:42pas apporté le poids
00:37:44de ces 200 milliards
00:37:45et d'autre part
00:37:46parce que les réseaux
00:37:47en zone rurale
00:37:48sont accompagnés
00:37:50par le FACÉ
00:37:50à hauteur de 300,
00:37:52pardonnez-moi,
00:37:5355 millions d'euros
00:37:54en 2026
00:37:55et nous veillerons
00:37:56évidemment à vos côtés
00:37:57à ce que cela perdure
00:37:59dans l'exercice budgétaire,
00:38:01pardon,
00:38:02voire réaugmente,
00:38:03mais je compte sur vous
00:38:04pour m'aider dans ce combat.
00:38:06Je vous remercie,
00:38:08la parole est à
00:38:08M. Bernard Builly
00:38:09pour le groupe Rassemblement
00:38:10des démocrates progressistes
00:38:12et indépendants
00:38:13avec six minutes
00:38:14d'intervention,
00:38:15chers collègues.
00:38:28Madame la Présidente,
00:38:30Madame la Ministre,
00:38:31mes chers collègues,
00:38:32la situation internationale
00:38:34nous rappelle jour après jour
00:38:35que la souveraineté énergétique
00:38:37est un enjeu décisif
00:38:38pour l'avenir de notre pays
00:38:40et en la matière,
00:38:41l'électricité est un de nos alliés.
00:38:43Alors que les énergies fossiles
00:38:45représentent encore 58%
00:38:47de la consommation finale
00:38:49d'énergie en France,
00:38:50l'électrification massive
00:38:52des usages
00:38:53est un levier majeur
00:38:54pour cette souveraineté
00:38:55tant recherchée.
00:38:57Un enjeu stratégique
00:38:59pour l'État,
00:38:59mais également pour notre économie
00:39:01et nos concitoyens.
00:39:03Depuis sa découverte
00:39:04par Thomas Edison,
00:39:06l'électricité a bouleversé
00:39:07nos usages.
00:39:08Éclairage de nos rues,
00:39:10multiplication des appareils électriques,
00:39:12nouvelles formes de mobilité,
00:39:14les exemples ne manquent pas
00:39:15lorsque l'on réalise
00:39:17que l'électricité
00:39:18occupe désormais
00:39:19une place essentielle
00:39:20dans notre vie quotidienne
00:39:21et il suffit
00:39:22d'une panne de courant
00:39:23généralisée
00:39:24pour que l'on s'en souvienne
00:39:26un instant
00:39:27le temps d'une bougie allumée.
00:39:29Pourtant,
00:39:30force est de constater
00:39:31que nous pouvons faire mieux
00:39:32dans tout un tas de secteurs
00:39:35qui dépendent encore massivement
00:39:36des énergies fossiles
00:39:37alors même que nous sommes
00:39:39en situation
00:39:39de surproduction d'électricité.
00:39:42Autrement dit,
00:39:43nous produisons en France
00:39:44plus d'électricité
00:39:45que ce que nous en consommons
00:39:46réellement.
00:39:47Mais si notre pays
00:39:48est capable de produire autant,
00:39:50cela signifie aussi
00:39:51que nous pouvons accélérer
00:39:53notre transition énergétique
00:39:54en encourageant
00:39:55une électrification massive
00:39:56des usages.
00:39:57Tel est le sens du plan
00:39:59présenté le 23 avril dernier.
00:40:01Avec 22 mesures,
00:40:03ce plan s'inscrit
00:40:04dans la continuité
00:40:05de la programmation pluriannuelle
00:40:06de l'énergie
00:40:07et de l'électrification massive
00:40:09de notre économie.
00:40:10C'est également le sens
00:40:11de la réunion
00:40:12de l'équipe de France
00:40:13de l'électrification
00:40:15organisée ce matin même
00:40:16à l'Elysée
00:40:17par le président de la République,
00:40:18Emmanuel Macron.
00:40:20Qu'il soit question
00:40:21de mobilité électrique
00:40:22ou des secteurs de l'industrie
00:40:23comme des transports,
00:40:24les marges de progrès
00:40:26en faveur de l'électrification
00:40:27des usages
00:40:28sont encore très importantes.
00:40:30En effet,
00:40:30l'électrification passera
00:40:32notamment par le développement
00:40:33des véhicules électriques,
00:40:35aussi bien pour les flottes
00:40:36et d'entreprises
00:40:36que pour les particuliers.
00:40:38Si nous soutenons
00:40:39cette dynamique,
00:40:40il est essentiel
00:40:41qu'elle s'accompagne
00:40:42d'un engagement
00:40:42fort de l'État
00:40:43en faveur du déploiement
00:40:45des infrastructures
00:40:46de recharge.
00:40:47Madame la ministre,
00:40:48quelles mesures
00:40:49le gouvernement envisage-t-il
00:40:50de mettre en place
00:40:51afin d'accentuer
00:40:52le déploiement
00:40:54des bordes de recharge ?
00:40:56Derrière la question
00:40:56de l'augmentation
00:40:57de notre production
00:40:58se pose aussi
00:40:59la question
00:41:00de son raccordement.
00:41:01Autrement dit,
00:41:02produire plus d'électricité
00:41:04n'a de sens
00:41:04que si l'usager peut y accéder.
00:41:06Les réseaux sont indispensables.
00:41:08Aujourd'hui,
00:41:09il y a des situations
00:41:11insupportables
00:41:11avec des délais considérables
00:41:13pour accorder l'électricité
00:41:14dans les zones rurales,
00:41:16sans oublier
00:41:16des permis de construire
00:41:17qui subitement
00:41:18deviennent caduques.
00:41:20Et qui de mieux
00:41:21que les élus locaux
00:41:21pour faire en sorte
00:41:22que les choses
00:41:23puissent s'améliorer ?
00:41:24Les collectivités locales
00:41:26sont des acteurs
00:41:26incontournables
00:41:27dans le défi
00:41:28de l'électrification,
00:41:29notamment grâce au rôle
00:41:31des syndicats d'énergie
00:41:32en leur qualité
00:41:33de maître d'ouvrage
00:41:34des travaux
00:41:34sur les réseaux publics
00:41:36de distribution
00:41:36d'électricité
00:41:37situés sur le territoire
00:41:39de leur commune rurale.
00:41:40Si le plan d'électrification
00:41:42doit bien évidemment
00:41:43s'inscrire
00:41:44dans une vision
00:41:44assez large
00:41:45où les énergies renouvelables
00:41:47ne s'opposent pas
00:41:47entre elles,
00:41:48mais s'intègrent
00:41:49dans un mix équilibré
00:41:50et adapté
00:41:51à la réalité des territoires,
00:41:53les syndicats d'énergie
00:41:54ne doivent pas être oubliés.
00:41:56L'accélération
00:41:57de l'électrification
00:41:58des usages
00:41:59va inévitablement entraîner
00:42:01une augmentation
00:42:01très importante
00:42:02des besoins d'investissement
00:42:04sur les réseaux publics
00:42:05de distribution
00:42:06d'électricité,
00:42:07notamment dans les zones rurales.
00:42:09Et puisque l'électrification
00:42:10des usages
00:42:11ne s'adresse pas uniquement
00:42:12au territoire urbain,
00:42:13il est donc indispensable
00:42:14d'augmenter les crédits
00:42:16du compte d'affectation spécial
00:42:18financement des aides
00:42:19aux collectivités
00:42:20pour l'électrification rurale
00:42:21dans le budget
00:42:22pour 2027.
00:42:23Il s'agit de données
00:42:25aux syndicats d'énergie
00:42:26qui sont, je le rappelle,
00:42:27chargés de la maîtrise
00:42:28d'ouvrage des travaux
00:42:29à effectuer
00:42:30sur le territoire
00:42:31de leur commune rurale.
00:42:32Il faut leur donner
00:42:33les moyens d'adapter
00:42:34leur réseau
00:42:34afin de soutenir
00:42:36l'augmentation
00:42:36de la consommation
00:42:37d'électricité.
00:42:38Malgré les contraintes budgétaires,
00:42:40les acteurs sont inquiets
00:42:41d'une nouvelle diminution
00:42:43au lendemain
00:42:44de la baisse
00:42:44de l'enveloppe
00:42:45de 7 millions d'euros
00:42:46malgré une augmentation
00:42:47des recettes
00:42:48de 5 millions d'euros.
00:42:49Pouvez-vous les rassurer
00:42:50sur ce point ?
00:42:51Je vous remercie.
00:42:52Je vous remercie.
00:42:57Madame la Ministre.
00:43:00Pardon, Madame la Présidente.
00:43:02Merci, Monsieur le Sénateur.
00:43:04Vous répondre essentiellement
00:43:05sur la question
00:43:07des bornes de recharge.
00:43:08On en a un petit peu parlé
00:43:09avec votre collègue tout à l'heure.
00:43:12Deux objectifs.
00:43:12Le premier,
00:43:13donc,
00:43:13le déploiement
00:43:14de bornes de recharge
00:43:15rapides
00:43:16sur les voies rapides
00:43:18nationales
00:43:18ou autoroutes 22 000
00:43:21comme objectif
00:43:22d'ici à 2035
00:43:23entre 4 500 aujourd'hui
00:43:25et l'objectif,
00:43:27là encore,
00:43:27très ambitieux
00:43:28d'1,7 millions
00:43:30de bornes de recharge
00:43:31dans les copropriétés
00:43:32parce qu'on sait
00:43:33que c'est là
00:43:34où il est le plus difficile,
00:43:36en tout cas,
00:43:37c'est pour ces populations-là
00:43:38qu'il est souvent
00:43:39le plus difficile
00:43:40d'opérer cette transition
00:43:41et des dispositifs
00:43:42de soutien
00:43:43et d'appui financiers
00:43:45comme le J-Volt
00:43:46pour les copropriétés
00:43:47et comme le programme
00:43:48C2E Advenir
00:43:50qui aide les copros,
00:43:51les collectivités,
00:43:53les entreprises
00:43:54avec déjà 140 000
00:43:55points de recharge
00:43:57qui ont été financés.
00:43:58donc il y a évidemment
00:43:58encore beaucoup à faire
00:44:00mais ça se développe
00:44:02à une allure soutenue.
00:44:06Je vous remercie.
00:44:07La parole est à monsieur
00:44:07Jean-Jacques Michaud
00:44:09pour le groupe
00:44:10Socialiste,
00:44:11Écologiste et Républicain
00:44:12avec trois minutes
00:44:12d'intervention,
00:44:13chers collègues.
00:44:22Madame la Présidente,
00:44:24Madame la Ministre,
00:44:25mes chers collègues,
00:44:26les territoires
00:44:26doivent être étroitement
00:44:28associés
00:44:29au plan d'électrification
00:44:30des usages.
00:44:31En ce sens,
00:44:32si nous sommes bien
00:44:33entendus tous attachés
00:44:34à l'électrification
00:44:35des usages
00:44:36pour sortir progressivement
00:44:38de la dépendance
00:44:39aux énergies fossiles,
00:44:41celle-ci doit se réaliser
00:44:42dans le cadre
00:44:42d'une approche
00:44:43territorialisée
00:44:44et multi-énergie
00:44:46qui s'appuie
00:44:46sur les réalités locales.
00:44:48A cet égard,
00:44:49le biogaz,
00:44:49la chaleur renouvelable,
00:44:50l'hydrogène renouvelable,
00:44:52mais aussi les dynamiques
00:44:53locales liées
00:44:54à la valorisation énergétique
00:44:56contribuent au renforcement
00:44:58de notre souveraineté énergétique
00:45:01et au développement économique
00:45:02des territoires.
00:45:03Le développement
00:45:04du biométal
00:45:05et du bio-GNV
00:45:06pour la mobilité lourde
00:45:08et les initiatives locales
00:45:10en matière
00:45:11de chaleur renouvelable
00:45:12démontrent la capacité
00:45:14des territoires
00:45:14à diversifier leurs ressources
00:45:16et à créer de la valeur.
00:45:18Il est donc essentiel
00:45:19que le plan d'électrification
00:45:20s'inscrive
00:45:21dans une vision
00:45:22assez large
00:45:23en veillant
00:45:24à ne pas opposer
00:45:24les énergies renouvelables
00:45:26entre elles
00:45:26mais au contraire
00:45:27à les intégrer
00:45:28dans un mix équilibré
00:45:29et adapté
00:45:31à la réalité
00:45:32des territoires.
00:45:33Par ailleurs,
00:45:34le plan d'électrification
00:45:35des usages
00:45:36va générer
00:45:37une hausse
00:45:37très importante
00:45:38des besoins
00:45:39d'investissement
00:45:40sur les réseaux
00:45:41de distribution d'électricité
00:45:42y compris
00:45:43sur le territoire
00:45:44des communes rurales.
00:45:45L'accélération
00:45:46de l'électrification
00:45:47des usages
00:45:48va inévitablement
00:45:50entraîner
00:45:50une augmentation
00:45:51très importante
00:45:52des besoins
00:45:53d'investissement
00:45:54sur les réseaux
00:45:55publics
00:45:55de distribution
00:45:56d'électricité
00:45:57notamment
00:45:57dans les zones rurales.
00:45:59Puisque l'électrification
00:46:01des usages
00:46:01ne s'adresse pas
00:46:02uniquement
00:46:03aux territoires urbains,
00:46:04il est donc indispensable
00:46:05d'augmenter
00:46:06les crédits
00:46:07du casse
00:46:08fassé
00:46:08dans le budget
00:46:09pour 2027.
00:46:10Pour donner
00:46:11aux syndicats
00:46:12d'énergie
00:46:12chargés
00:46:13de la maîtrise
00:46:13d'ouvrage
00:46:14des travaux
00:46:15à effectuer
00:46:15sur le territoire
00:46:16de leur commune
00:46:17rurale,
00:46:17les moyens
00:46:18d'adapter
00:46:19leur réseau
00:46:19afin de soutenir
00:46:20l'augmentation
00:46:21de la consommation
00:46:22d'électricité,
00:46:24nous y serons
00:46:24très attentifs.
00:46:25Enfin,
00:46:26nous serons
00:46:26particulièrement
00:46:27vigilants
00:46:28concernant
00:46:28l'article 5
00:46:29du projet
00:46:30de loi
00:46:30visant
00:46:31à renforcer
00:46:31l'état local
00:46:32qui pourrait conduire
00:46:33à la suppression
00:46:34des conférences
00:46:35départementales
00:46:36de programmation
00:46:37des investissements
00:46:38sur les réseaux
00:46:39de distribution
00:46:41d'électricité
00:46:42et de gaz.
00:46:42Cette suppression
00:46:43nous paraît
00:46:43guère pertinente
00:46:44au moment même
00:46:45où le plan
00:46:46d'électrification
00:46:47doit au contraire
00:46:48mobiliser
00:46:49les acteurs locaux
00:46:50de l'énergie
00:46:51et en particulier
00:46:52les syndicats
00:46:53d'énergie
00:46:53pour réussir
00:46:54le basculement
00:46:55des usages
00:46:56vers l'électricité.
00:46:58Je vous remercie.
00:46:59Je vous remercie,
00:47:00Madame la Ministre.
00:47:05Merci, Madame la Présidente.
00:47:07Monsieur le Sénateur,
00:47:08deux points.
00:47:09D'abord,
00:47:10sur la question
00:47:11du biométal,
00:47:11juste rappeler
00:47:12que la trajectoire
00:47:14sur les CPB
00:47:14a été mise en consultation
00:47:16et là encore,
00:47:16c'était une vraie demande
00:47:17de la filière
00:47:19avec laquelle
00:47:19on était évidemment
00:47:21complètement en phase
00:47:22et ce qui permet
00:47:23de donner de la visibilité
00:47:24et donc c'est un choix
00:47:25qu'on a réussi à faire
00:47:26et à débloquer
00:47:27il y a quelques semaines
00:47:29de ça.
00:47:29Et ensuite,
00:47:30sur le projet de loi,
00:47:31dit État local,
00:47:33j'entends vos craintes
00:47:36ou vos alertes
00:47:37mais il ne revient pas
00:47:38en l'état
00:47:38sur les compétences
00:47:39des collectivités
00:47:40en la matière.
00:47:41Maintenant,
00:47:42s'il y a des doutes,
00:47:42on est vraiment
00:47:43à disposition
00:47:45ainsi qu'évidemment
00:47:46la ministre Gattel
00:47:47mais de notre côté
00:47:48sur les compétences
00:47:49qui sont les nôtres
00:47:50pour échanger
00:47:50autant que besoin.
00:47:52Je vous remercie.
00:47:53La parole est à
00:47:54M. Fabien Guay
00:47:55pour le groupe
00:47:56communiste,
00:47:57républicain,
00:47:57citoyen,
00:47:58écologiste,
00:47:59Kanaki
00:47:59avec 5 minutes
00:48:01d'intervention,
00:48:02chers collègues.
00:48:23Madame la Présidente,
00:48:25Madame la Ministre,
00:48:26mes chers collègues,
00:48:26le débat sur l'électrification
00:48:29des usages
00:48:30est souvent présenté
00:48:31comme un débat technique
00:48:33mais en réalité
00:48:34la question
00:48:35est profondément politique
00:48:36car elle touche
00:48:38à notre souveraineté énergétique,
00:48:41à notre modèle industriel
00:48:42et au pouvoir d'achat
00:48:43des ménages.
00:48:45Dans un monde
00:48:45marqué par des crises
00:48:46géopolitiques récurrentes
00:48:48en Ukraine
00:48:49ou au Moyen-Orient
00:48:50qui impactent
00:48:50les marchés du gaz
00:48:51et du pétrole,
00:48:53une réalité s'impose
00:48:55au-delà de nos idéologies.
00:48:57Tant que nos économies
00:48:59dépendront massivement
00:49:00des énergies fossiles
00:49:01importées,
00:49:02les peuples européens
00:49:03continueront à payer
00:49:04le prix fort
00:49:04des crises du monde.
00:49:06Produire,
00:49:07transporter,
00:49:08distribuer de l'énergie
00:49:09n'est jamais neutre.
00:49:10Derrière les choix
00:49:11que nous faisons
00:49:12se pose toujours
00:49:13la question
00:49:14de l'organisation sociale
00:49:15de la production,
00:49:16la répartition
00:49:17du pouvoir économique
00:49:18et la hiérarchie
00:49:20des usages.
00:49:21La question n'est donc
00:49:22pas seulement de savoir
00:49:23combien d'électricité
00:49:24nous devons produire
00:49:25demain,
00:49:26mais à quoi elle doit servir,
00:49:28qui décide de son usage
00:49:30et qui en bénéficie
00:49:31ou en tire profit.
00:49:33La France
00:49:35dispose d'un atout majeur,
00:49:37une production électrique
00:49:38largement décarbonée
00:49:40fondée sur le nucléaire
00:49:41et l'hydroélectricité.
00:49:43Et cet héritage
00:49:44n'est pas né du marché.
00:49:45Il est le produit
00:49:46d'investissements publics,
00:49:48massifs,
00:49:49d'une planification
00:49:50de long terme
00:49:51et d'une nationalisation
00:49:53de 1 300 entreprises
00:49:54gazières et électriques
00:49:56qui ont fondé
00:49:56EDF et GDF.
00:49:58Mais depuis des années,
00:50:00les logiques de libéralisation
00:50:01ont affaibli
00:50:02cette pétrise collective
00:50:03en fragmentant EDF,
00:50:05en transformant
00:50:06l'électricité
00:50:07en marchandises
00:50:08et en la soumettant
00:50:09aux règles
00:50:09de rentabilité financière.
00:50:11Et cet affaiblissement
00:50:13est aujourd'hui flagrant,
00:50:14même si EDF
00:50:15a été re-étatisé.
00:50:17Au moment même
00:50:18où l'énergie
00:50:18redevient un enjeu
00:50:19de souveraineté,
00:50:20la Commission européenne
00:50:21continue d'enfermer
00:50:22le secteur
00:50:23dans une logique
00:50:23de marché délétère.
00:50:25D'un côté,
00:50:26les crises
00:50:27nous rappellent
00:50:28que l'énergie
00:50:28est une question
00:50:29de sécurité collective
00:50:30et de stabilité sociale.
00:50:31Mais de l'autre,
00:50:32on continue
00:50:33d'organiser
00:50:35la mise en concurrence
00:50:36des systèmes électriques
00:50:38et l'alignement
00:50:38des prix
00:50:39sur les logiques
00:50:39du marché européen.
00:50:40Le résultat,
00:50:41nous le connaissons,
00:50:43hausse des prix,
00:50:44sous-investissement,
00:50:45désorganisation industrielle
00:50:47et explosion
00:50:48des factures.
00:50:49Or,
00:50:50l'électrification
00:50:51des usages
00:50:51suppose exactement
00:50:52l'inverse,
00:50:53une stratégie
00:50:54industrielle cohérente
00:50:55des réseaux renforcés
00:50:57et des investissements
00:50:58publics massifs.
00:51:00Et c'est là
00:51:00que le plan
00:51:01d'électrification
00:51:01du gouvernement
00:51:03révèle
00:51:04des contradictions.
00:51:06La PPE 3
00:51:07fixe des objectifs
00:51:09très ambitieux
00:51:09de production électrique,
00:51:11mais sans véritablement
00:51:12stratégie
00:51:13pour organiser
00:51:14les usages correspondants.
00:51:16Depuis 10 ans,
00:51:17la consommation
00:51:17d'électricité
00:51:18stagne
00:51:19et pourtant
00:51:20le gouvernement
00:51:20projette une hausse
00:51:21massive
00:51:21de la production
00:51:23sans moyens
00:51:24à la hauteur.
00:51:25Quand on regarde
00:51:25concrètement ce plan,
00:51:27on découvre surtout
00:51:28des aides limitées,
00:51:29des dispositifs recyclés
00:51:30et un financement
00:51:31reposant largement
00:51:32sur les certificats
00:51:33d'économie d'énergie.
00:51:35Autrement dit,
00:51:36des mesurettes
00:51:37en lieu
00:51:37et place
00:51:38d'un investissement
00:51:39public massif
00:51:40et une forme
00:51:41de privatisation massive
00:51:42de la transition énergétique
00:51:44où l'État
00:51:45se défausse progressivement
00:51:46sur les ménages
00:51:47pendant que le marché
00:51:48organise
00:51:48la captation des rentes.
00:51:50Voilà toute la logique
00:51:51actuelle.
00:51:52Socialiser les coûts,
00:51:53privatiser les rentes.
00:51:54En bref,
00:51:55reproduire la même recette
00:51:56que celle
00:51:57qui nous a menés
00:51:58dans l'impasse.
00:52:00Produire toujours
00:52:01plus d'électricité
00:52:02sans poser la question
00:52:03de l'utilité sociale
00:52:04des usages
00:52:05n'a rien
00:52:06d'une planification écologique.
00:52:07C'est une fuite
00:52:08en avant productiviste
00:52:10organisée au profit
00:52:11du marché.
00:52:11car une politique
00:52:13énergétique
00:52:14digne de ce nom
00:52:14devrait prioriser
00:52:16les usages
00:52:16socialement utiles.
00:52:18Le logement,
00:52:19les transports collectifs,
00:52:21l'industrie productive
00:52:22et les services publics.
00:52:23Enfin,
00:52:24je regrette
00:52:25que la question
00:52:26du verdissement du gaz
00:52:27et de sa complémentarité
00:52:29avec l'électricité
00:52:30ne soit pas posée.
00:52:31C'est une solution
00:52:33complémentaire sérieuse
00:52:34qu'il nous faudra
00:52:35évidemment analyser.
00:52:36Je terminerai
00:52:37par la question
00:52:38que je pose ici
00:52:39depuis 2019
00:52:40et qui reste
00:52:41sans réponse.
00:52:43Si on électrifie
00:52:44les usages,
00:52:45il faudra en finir
00:52:47avec un scandale,
00:52:49celui des coupures
00:52:49d'énergie
00:52:50et assurer
00:52:51à minima
00:52:52une réduction
00:52:53d'énergie
00:52:54qui nous pourra aller
00:52:54en-delà,
00:52:55au-dessous
00:52:56de 3 kWh.
00:52:58Oui,
00:52:59si on veut
00:52:59électrifier les usages,
00:53:01être privé
00:53:02d'énergie
00:53:03et d'électricité,
00:53:04aujourd'hui en France,
00:53:06est un véritable scandale
00:53:07et ça touche
00:53:08encore aujourd'hui
00:53:09un peu moins
00:53:10de 200 000 foyers.
00:53:11Je vais donc
00:53:12redéposer
00:53:13une proposition
00:53:13de loi
00:53:14en ce sens
00:53:14pour en finir
00:53:16avec les coupures
00:53:17d'électricité
00:53:18et de gaz
00:53:19tout au long
00:53:20de l'année,
00:53:20été comme hiver.
00:53:22Madame la Ministre,
00:53:23êtes-vous prête
00:53:24à la voter ?
00:53:26Je vous remercie.
00:53:28Je vous remercie,
00:53:29chers collègues.
00:53:34Merci,
00:53:34Madame la Présidente.
00:53:35Monsieur le Sénateur,
00:53:36alors est-ce que je suis
00:53:37prête à la voter
00:53:38au nom de la séparation
00:53:39des pouvoirs ?
00:53:39Vous comprenez bien
00:53:40que j'aurais du mal
00:53:40à vous répondre que oui.
00:53:42Pour autant,
00:53:43vous reprenez là
00:53:45une proposition
00:53:46qui est largement relayée
00:53:49par le médiateur
00:53:50de l'énergie
00:53:52avec qui j'ai pu échanger
00:53:54pas plus tard
00:53:55que la semaine dernière.
00:53:56il faut voir
00:53:57comment est-ce que
00:53:58vous écrivez précisément
00:53:59votre proposition de loi
00:54:00s'il s'agit d'interdire
00:54:02les coupures
00:54:03au profit
00:54:03de baisses de puissance
00:54:05qui soient des baisses
00:54:06de puissance
00:54:09qui incitent,
00:54:10malgré tout,
00:54:10vous comprenez
00:54:11ce que je veux dire,
00:54:11au paiement des factures.
00:54:13Moi, je suis complètement
00:54:14prête à y regarder.
00:54:15Vous noterez d'ailleurs
00:54:15qu'un certain nombre
00:54:16de fournisseurs
00:54:17le font déjà.
00:54:17Je crois que,
00:54:18sous votre contrôle,
00:54:19EDF le fait déjà,
00:54:21notamment,
00:54:22et donc complètement partante
00:54:23pour avancer là-dessus
00:54:24avec vous,
00:54:24sur le verdissement du gaz.
00:54:25Ce n'est pas vrai
00:54:26que ce n'est pas en réflexion
00:54:27ce dont on parle
00:54:28sur la mise en consultation
00:54:30de la trajectoire des CPB
00:54:32est bien une intégration
00:54:34de cette réflexion-là.
00:54:36Et quand vous parlez
00:54:37de mesurettes
00:54:37sur le plan d'électrification
00:54:39avec 8 milliards de C2E,
00:54:41franchement,
00:54:43je vous trouve un peu décalé.
00:54:50La parole est à monsieur Yannick Jadot
00:54:53pour le groupe Écologie,
00:54:54Solidarité et Territoire,
00:54:57avec 5 minutes d'intervention,
00:54:59chers collègues.
00:55:06Madame la Présidente,
00:55:08Madame la Ministre,
00:55:08chers collègues,
00:55:11nos concitoyens,
00:55:12le mot n'a pas encore été évoqué
00:55:13aujourd'hui,
00:55:15souffrent du dérèglement climatique,
00:55:16ils étouffent,
00:55:18et ils souffrent aussi
00:55:19d'un choc pétrolier.
00:55:20Et il n'y a pas de crise.
00:55:22Ce n'est pas une crise climatique
00:55:23et une crise du prix des carburants.
00:55:25Nous savons à quel point
00:55:26c'est structurel
00:55:27et que ce que nous vivons aujourd'hui
00:55:29va malheureusement
00:55:30se reproduire à l'infini
00:55:32si on ne sort pas
00:55:33des énergies fossiles.
00:55:35Nos concitoyens s'appauvrissent.
00:55:37Ils s'appauvrissent pour,
00:55:38évidemment,
00:55:40financer les dividendes
00:55:41des actionnaires,
00:55:42les régimes autocratiques
00:55:44qui nous vendent le pétrole.
00:55:45Et le pire,
00:55:46c'est que cet argent
00:55:47qu'ils récupèrent,
00:55:48ce n'est pas pour investir
00:55:49sur les énergies renouvelables
00:55:50ou sur la sobriété,
00:55:51c'est pour renforcer
00:55:53notre addiction
00:55:54aux énergies fossiles.
00:55:55Il faut donc en sortir
00:55:57pour le pouvoir d'achat,
00:55:58je l'ai dit,
00:55:59pour la liberté individuelle
00:56:00de se déplacer
00:56:01et de vivre
00:56:02dans un logement décent,
00:56:04pour notre souveraineté,
00:56:05pour la réindustrialisation
00:56:06et, je répète,
00:56:07pour le climat.
00:56:08La bonne nouvelle,
00:56:09c'est qu'on peut le faire.
00:56:10Encore faut-il
00:56:11de la stabilité
00:56:13et de la prévisibilité
00:56:14en matière de politique
00:56:15d'électrification.
00:56:17Et vous savez
00:56:17que ces dernières années,
00:56:19ça n'a pas toujours été le cas.
00:56:21On peut prendre
00:56:21la rénovation thermique,
00:56:23en permanence,
00:56:24les dispositifs
00:56:25ont changé.
00:56:26Ça n'a pas aidé,
00:56:27clairement,
00:56:28nos concitoyens
00:56:29à rénover
00:56:30et donc à faire
00:56:31des économies,
00:56:32autour de 30%
00:56:33de leurs factures énergétiques.
00:56:34Et de la même façon,
00:56:36quand on rénove,
00:56:37c'est là que c'est malin
00:56:37de mettre des pompes
00:56:38à chaleur
00:56:38et on a eu
00:56:40quelques baisses
00:56:41d'activité
00:56:42sur les pompes
00:56:43à chaleur.
00:56:44Et d'ailleurs,
00:56:44quand on parle
00:56:45de pompes à chaleur,
00:56:46il est quand même regrettable
00:56:47que le premier groupe français,
00:56:49le groupe atlantique,
00:56:50soit passé sous
00:56:50pavillon Nippo-américain.
00:56:53Et donc,
00:56:53on a une entreprise
00:56:55stratégique
00:56:56sur l'électrification.
00:56:57On laisse passer
00:56:58sous pavillon
00:57:00Nippo-américain.
00:57:02Et l'exemple
00:57:03de Général Electric
00:57:04nous montre
00:57:04que les engagements
00:57:05à maintenir,
00:57:06recherche,
00:57:06développement,
00:57:07emploi
00:57:07et usines
00:57:08sur nos territoires
00:57:09ne sont pas toujours
00:57:10garantis.
00:57:11la voiture électrique.
00:57:14Évidemment,
00:57:14il faut passer
00:57:15à la voiture électrique.
00:57:16100 km
00:57:17avec une voiture thermique,
00:57:19aujourd'hui,
00:57:19c'est 12-13 euros
00:57:20en moyenne.
00:57:21Avec une voiture électrique,
00:57:22c'est 3 euros.
00:57:23Donc,
00:57:24c'est intéressant,
00:57:25évidemment,
00:57:25pour le pouvoir d'achat.
00:57:27Et c'est bien
00:57:28de rompre,
00:57:28quand même,
00:57:29avec 15 années
00:57:30de stratégie industrielle
00:57:32de nos groupes
00:57:32automobiles
00:57:33qui ont décidé
00:57:34de faire des voitures
00:57:34très chères.
00:57:35Entre 2018
00:57:36et 2024,
00:57:38le prix moyen
00:57:39d'une voiture
00:57:39en France
00:57:40est passé
00:57:41de 26 000
00:57:42à 36 000 euros
00:57:43et ils ont décidé,
00:57:45évidemment,
00:57:45au nom de cette stratégie
00:57:47plus de valeur,
00:57:48moins de volume,
00:57:48de sacrifier nos usines,
00:57:50de sacrifier
00:57:51les classes moyennes
00:57:52qui ne pouvaient plus
00:57:52acheter leurs voitures.
00:57:54Et puis,
00:57:54la stratégie hybride,
00:57:56on sait tous
00:57:56que c'est à moitié
00:57:57une arnaque
00:57:58puisque,
00:57:59contrairement à ce qui est mis
00:57:59sur la fiche,
00:58:01une voiture hybride,
00:58:02en moyenne,
00:58:03consomme
00:58:03deux à trois fois
00:58:04plus que
00:58:05ce qui est mis
00:58:07parce qu'on fait
00:58:07beaucoup plus
00:58:08du thermique,
00:58:09finalement,
00:58:10que de l'électrique.
00:58:11Enfin,
00:58:12les groupes automobiles
00:58:13français s'y mettent.
00:58:14Tant mieux,
00:58:15ils vont nous sortir
00:58:16des voitures électriques
00:58:17à moins de 20 000 euros.
00:58:18C'est une très bonne nouvelle
00:58:19et c'est dans ce sens-là
00:58:20qu'il faut aller.
00:58:21On attend aussi
00:58:22de transformer
00:58:24les flottes d'entreprises
00:58:25parce qu'on sait
00:58:26que les flottes d'entreprises
00:58:27c'est à la fois
00:58:28un marché important
00:58:29de débouchés
00:58:30pour nos groupes automobiles
00:58:31et c'est ce qui alimente
00:58:33le marché de l'occasion
00:58:34et là aussi,
00:58:35c'est essentiel.
00:58:36j'aimerais vous
00:58:37un peu une réponse
00:58:38sur cette question
00:58:39de l'obligation
00:58:40pour les flottes
00:58:41d'entreprises
00:58:42d'acheter électrique.
00:58:43L'électrification,
00:58:45ça veut dire
00:58:45qu'il faut aussi une offre
00:58:47et reconnaissons
00:58:48qu'y compris
00:58:49dans cet hémicycle,
00:58:50le soutien
00:58:51aux énergies renouvelables
00:58:52n'a pas toujours été
00:58:53totalement consensuel.
00:58:55qu'on voit
00:58:56le projet
00:58:57à Fosse-sur-Mer
00:58:58qui était
00:58:59le grand projet
00:59:00de 10 millions
00:59:02de panneaux solaires
00:59:03par an
00:59:03qui vient d'être abandonné,
00:59:05abandonné à la fois
00:59:06parce qu'on ne garantit
00:59:08pas encore
00:59:08au marché européen
00:59:09le « made in Europe »
00:59:11et puis l'instabilité
00:59:12de nos politiques
00:59:13trop souvent
00:59:14en matière
00:59:14d'énergie renouvelable
00:59:15fait que
00:59:16les développeurs
00:59:19et les industriels
00:59:21ne s'y retrouvent pas toujours
00:59:22et pourtant
00:59:23au mois d'avril 2026
00:59:24dans le monde
00:59:25l'éolien
00:59:26et le solaire
00:59:27ça produit plus d'électricité
00:59:28que le gaz
00:59:29et que si on tient
00:59:31l'agenda européen
00:59:32de notre transition énergétique
00:59:33en 2035
00:59:34on pourra ne dépendre
00:59:36que du gaz norvégien
00:59:37ni les Russes
00:59:38ni les Américains
00:59:39reconnaissons
00:59:40qu'on peut le faire
00:59:41donc nous considérons aussi
00:59:43qu'il faut revoir
00:59:44la PPE
00:59:44qui était avant
00:59:46la guerre
00:59:47en Iran
00:59:48parce que
00:59:49ce plan d'électrification
00:59:51il faut aussi le booster
00:59:52avec des énergies renouvelables
00:59:54bref
00:59:55on a
00:59:56une immense opportunité
00:59:58qui est de passer
00:59:59d'une économie intense
01:00:00en carbone
01:00:01qui pollue
01:00:02qui détruit
01:00:03les conditions de vie
01:00:05et nous rende vulnérables
01:00:06à une économie intense
01:00:08en métaux
01:00:09et pour éviter
01:00:10un nouvel extractivisme
01:00:12la bonne nouvelle
01:00:13c'est que
01:00:13les métaux
01:00:14ça se réutilise
01:00:15ça se recycle
01:00:16et donc on a enfin
01:00:17l'opportunité
01:00:18d'avoir des entreprises
01:00:19sur tous nos territoires
01:00:20c'est aussi la bonne nouvelle
01:00:21de l'électrification
01:00:22et de la sortie
01:00:23des énergies renouveles
01:00:24des énergies fossiles
01:00:25merci
01:00:27je vous remercie
01:00:28madame la ministre
01:00:35merci madame la présidente
01:00:36monsieur le sénateur
01:00:38il n'y a pas d'obligation
01:00:39des entreprises
01:00:39à acheter effectivement
01:00:41des flottes de véhicules électriques
01:00:42et une taxe incitative
01:00:44qui doit les amener
01:00:45à se diriger
01:00:46vers cet objectif là
01:00:47est-ce qu'il faut aller plus loin
01:00:48moi je ne crois pas
01:00:51nécessairement
01:00:52à des outils de coercition
01:00:53et je pense que
01:00:53ce qu'on a vu aujourd'hui
01:00:54autour du président
01:00:55de la république
01:00:57à l'Elysée
01:00:58sans prêcher
01:00:59pour ma paroisse
01:01:00montre qu'au fond
01:01:01on arrive à embarquer
01:01:03aussi les secteurs économiques
01:01:04et le secteur privé
01:01:06dans cette démarche là
01:01:07parce qu'il y a
01:01:08des attentes sociales
01:01:09qui sont très fortes
01:01:11en interne chez eux
01:01:12parce que pour un certain nombre
01:01:13ils sont convaincus
01:01:14de la nécessité
01:01:15de la démarche
01:01:16et parce que ça a
01:01:17des aspects extrêmement vertueux
01:01:19y compris en matière
01:01:20de compétitivité
01:01:22économique
01:01:23pour eux
01:01:24sur la question
01:01:26des énergies renouvelables
01:01:28et de la nécessité
01:01:29d'aller encore plus loin
01:01:29alors d'abord
01:01:30vous avez commencé
01:01:30en disant
01:01:31que la cause
01:01:32des énergies renouvelables
01:01:33n'avait pas toujours été
01:01:35consensuelle
01:01:35au sein de cet hémicycle
01:01:36c'est vrai
01:01:37je pourrais vous dire
01:01:38que la cause du nucléaire
01:01:39non plus
01:01:39à ce compte là
01:01:40et que si chacun
01:01:41fait un point vers l'autre
01:01:42à ce moment là
01:01:43tant mieux
01:01:43et ensuite vous savez
01:01:44qu'il y a une clause
01:01:45de revoyeur en 2028
01:01:46dans la PPE
01:01:48précisément sur ses objectifs
01:01:49de développement
01:01:49des énergies renouvelables
01:01:50qui doit permettre
01:01:51de rehausser
01:01:52les objectifs
01:01:53et nous on souhaite
01:01:53que ça puisse être le cas
01:01:54parce que si on est amené
01:01:55à rehausser les objectifs
01:01:56de développement
01:01:57des énergies renouvelables
01:01:58ça veut dire
01:01:58qu'on aura réussi
01:01:59notre pari
01:02:00de l'électrification
01:02:01et de la réindustrialisation
01:02:03mais on comprend
01:02:03vous et moi
01:02:04qu'on marche
01:02:05sur nos deux jambes
01:02:05et donc en fait
01:02:06l'un va de pair
01:02:07avec l'autre
01:02:08il n'y aurait pas de sens
01:02:09à augmenter les objectifs
01:02:10pour augmenter les objectifs
01:02:12si derrière
01:02:13la vitesse d'électrification
01:02:15ne suit pas
01:02:15tout simplement
01:02:16mais il y a bien
01:02:17cette date de 2028
01:02:19qui laisse la possibilité
01:02:21si on allait encore plus vite
01:02:22que prévu
01:02:23à augmenter les objectifs
01:02:25de ENER
01:02:26et par ailleurs
01:02:26je rappelle
01:02:27qu'on s'est engagé
01:02:28comme on l'avait fait
01:02:29auprès de la filière
01:02:29au moment de la publication
01:02:30de la PPE 3
01:02:31sur la publication
01:02:34de l'ensemble
01:02:34des appels d'offres
01:02:35que ce soit
01:02:35sur le photovoltaïque
01:02:37l'éolien terrestre
01:02:37ou l'éolien en mer
01:02:38ce qui donne
01:02:39de la visibilité
01:02:40d'ici à 2027
01:02:41avec l'objectif assumé
01:02:43d'attribuer
01:02:44ces appels d'offres
01:02:45notamment pour
01:02:46l'éolien offshore
01:02:48mais pas que
01:02:48pour le photovoltaïque
01:02:50et pour le terrestre aussi
01:02:52d'ici à début 2027
01:02:53pour que les projets
01:02:54puissent se lancer concrètement
01:02:55Je vous remercie
01:02:57Monsieur Jadot
01:03:02Juste
01:03:02la défiscalisation
01:03:04pour les flottes d'entreprises
01:03:05ça coûte à l'état
01:03:063 milliards
01:03:07Donc on a parfaitement
01:03:09la légitimité
01:03:10d'exiger des entreprises
01:03:11à partir du moment
01:03:12où elles défiscalisent
01:03:13l'achat de leurs voitures
01:03:14qu'elles achètent
01:03:16européens
01:03:16et qu'elles achètent électriques
01:03:18Deuxièmement
01:03:18il n'y a pas de consensus
01:03:19sur le nucléaire
01:03:20vous avez raison
01:03:20mais reconnaissons
01:03:21que les EPR2
01:03:22c'est au minimum
01:03:232040
01:03:24Là notre enjeu
01:03:25il est maintenant
01:03:26et que
01:03:27si on veut
01:03:28des projets
01:03:30d'énergie renouvelable
01:03:31qu'ils soient solaires
01:03:32ou éoliens
01:03:33ou autres
01:03:34et bien
01:03:34pour alimenter
01:03:36des voitures
01:03:37en leasing social
01:03:38ce qui est une très bonne idée
01:03:39et bien il les faut demain
01:03:40en fait
01:03:41il faut les lancer maintenant
01:03:42sinon on n'aura pas
01:03:43l'offre
01:03:43pour satisfaire
01:03:45la demande
01:03:45merci
01:03:46je vous remercie
01:03:48la parole est à madame
01:03:49Anne-Sophie Romagny
01:03:50pour le groupe
01:03:51Union Centriste
01:03:52avec 4 minutes
01:03:54d'intervention
01:03:54chers collègues
01:04:12Madame la Présidente
01:04:14Madame la Présidente
01:04:14Madame la Ministre
01:04:15mes chers collègues
01:04:16j'axerai pour ma part
01:04:17mes propos
01:04:18sur l'usage industriel
01:04:19de l'électricité
01:04:20pendant longtemps
01:04:22nous avons considéré
01:04:23l'électrification
01:04:24des usages
01:04:24comme un sujet
01:04:25essentiellement environnemental
01:04:27les crises internationales
01:04:29ont changé la donne
01:04:30la guerre en Ukraine
01:04:31et les tensions
01:04:32au Moyen-Orient
01:04:32nous rappellent
01:04:33une réalité simple
01:04:34la dépendance énergétique
01:04:36est une vulnérabilité stratégique
01:04:38aujourd'hui encore
01:04:39les énergies fossiles
01:04:41représentent
01:04:4157%
01:04:43de notre consommation
01:04:44finale d'énergie
01:04:44et 48%
01:04:46de notre consommation
01:04:47énergétique
01:04:48industrielle
01:04:49la France importe
01:04:50quasiment tout son pétrole
01:04:51et son gaz
01:04:52pour une facture
01:04:53d'environ 60 milliards
01:04:54d'euros par an
01:04:55cette dépendance
01:04:56est le résultat
01:04:57de choix politiques
01:04:58assumés
01:04:59la loi Hulot
01:05:00de 2017
01:05:01a mis un terme
01:05:02à la recherche
01:05:02d'hydrocarbures
01:05:03sur le sol français
01:05:04et prévoit l'arrêt
01:05:05de toute exploitation
01:05:06d'ici à 2040
01:05:07en voulant être
01:05:09une nouvelle fois
01:05:09plus vertueux
01:05:10que nos voisins
01:05:11nous avons renoncé
01:05:12à des ressources
01:05:13pourtant présentes
01:05:14sur notre territoire
01:05:15même modestement
01:05:16aussi chaque flambée
01:05:18des cours
01:05:18fragilise
01:05:19notre pouvoir d'achat
01:05:20notre industrie
01:05:21notre souveraineté
01:05:22dans ce contexte
01:05:24l'électrification
01:05:25doit devenir
01:05:25une stratégie nationale
01:05:26de puissance
01:05:27et de compétitivité
01:05:29pour notre industrie
01:05:29et la France
01:05:31bénéficie d'un avantage
01:05:32majeur
01:05:32une électricité décarbonée
01:05:34à plus de 90%
01:05:35grâce au nucléaire
01:05:36mais aussi à l'hydraulique
01:05:38outil essentiel
01:05:39de stabilité
01:05:40et du réseau
01:05:40aussi son excédent
01:05:42commercial
01:05:42de plus de 5 milliards
01:05:43d'euros
01:05:43en fait le principal
01:05:44fournisseur
01:05:45d'électricité
01:05:46en Europe
01:05:47dans un monde
01:05:48où le prix du carbone
01:05:49pèsera de plus en plus
01:05:50lourd
01:05:50ces atouts
01:05:51renforceront encore
01:05:52notre compétitivité
01:05:53mais une question demeure
01:05:55allons-nous réussir
01:05:56une électrification française
01:05:58ou organiser
01:05:59une nouvelle dépendance industrielle
01:06:01car derrière les batteries
01:06:03les véhicules électriques
01:06:05ou les pompes à chaleur
01:06:05il y a une bataille industrielle
01:06:07mondiale
01:06:08qui est menée
01:06:08la Chine contrôle
01:06:10une grande partie
01:06:11des chaînes de valeur
01:06:11des métaux critiques
01:06:12les Etats-Unis
01:06:14investissent massivement
01:06:15pour relocaliser
01:06:16leurs industries stratégiques
01:06:18et l'Europe
01:06:20hésite encore
01:06:20trop souvent
01:06:21entre réglementation
01:06:22et stratégie
01:06:24pourtant
01:06:25le premier acte
01:06:26de la construction européenne
01:06:27fut la communauté européenne
01:06:28du charbon et de l'acier
01:06:29dès l'origine
01:06:31l'énergie était au coeur
01:06:32du projet européen
01:06:33elle doit donc redevenir
01:06:34un vecteur de cohésion
01:06:35et de souveraineté
01:06:36nous devons être lucides
01:06:38une transition
01:06:39sans production française
01:06:40et européenne
01:06:41serait une faute économique
01:06:43et géopolitique
01:06:44l'électrification
01:06:45ne peut pas signifier
01:06:46davantage d'importation
01:06:47et de dépendance
01:06:48elle doit devenir
01:06:49un levier de réindustrialisation
01:06:51de nos territoires
01:06:52à ce titre
01:06:53la méthode Notre-Dame
01:06:54évoquée par Emmanuel Macron
01:06:56pour accélérer
01:06:57150 projets industriels stratégiques
01:06:59illustre la nécessité
01:07:01de simplifier
01:07:01et raccourcir
01:07:02les délais administratifs
01:07:03afin de faire émerger
01:07:05plus rapidement
01:07:05les infrastructures
01:07:06et usines
01:07:07indispensables
01:07:08à notre souveraineté
01:07:09industrielle
01:07:10et énergétique
01:07:11oui
01:07:11il faut d'accélérer
01:07:13mais accélérer
01:07:14avec réalisme
01:07:15et continuité
01:07:16d'abord
01:07:17nos industriels
01:07:18ne pourront pas électrifier
01:07:19leurs procédés
01:07:20si les prix restent
01:07:21durablement supérieurs
01:07:22à ceux de leurs concurrents
01:07:23subventionnés
01:07:24dans leur pays
01:07:24je pense notamment
01:07:26au secteur de la chimie
01:07:27ou de la métallurgie
01:07:28où il faut remplacer
01:07:29des équipements industriels
01:07:30entiers
01:07:31sans gain de productivité
01:07:32pour autant
01:07:33ensuite il faut
01:07:34une véritable visibilité
01:07:35à nos industries
01:07:36énergo-intensives
01:07:37les contrats
01:07:38d'approvisionnement
01:07:39de long terme
01:07:39sur 8 à 10 ans
01:07:40ainsi que les contrats
01:07:42d'allocation
01:07:42de production nucléaire
01:07:43constituent des outils
01:07:44à développer
01:07:45pour garantir
01:07:46la stabilité des prix
01:07:47vous l'aurez compris
01:07:48la transition énergétique
01:07:50ne réussira
01:07:50que si elle conjugue
01:07:52souveraineté
01:07:53compétitivité
01:07:54et cohésion nationale
01:07:55alors ma question
01:07:56est simple
01:07:56madame la ministre
01:07:57comment le gouvernement
01:07:58compte-t-il faire
01:07:59de l'électrification
01:08:00non seulement
01:08:01une politique climatique
01:08:02mais surtout
01:08:03une véritable stratégie
01:08:05industrielle
01:08:06et de souveraineté
01:08:07pour la France
01:08:07je vous remercie
01:08:08je vous remercie
01:08:10madame la ministre
01:08:11nous écoutons
01:08:12merci madame la présidente
01:08:14madame la sénatrice
01:08:14je partage en tout point
01:08:15ce que vous venez de dire
01:08:16pour répondre
01:08:18rapidement
01:08:19en un mot
01:08:19dire que l'ensemble
01:08:20des dispositifs
01:08:21du plan d'électrification
01:08:24sont soumis
01:08:25à du contenu local
01:08:27made in France
01:08:27ou made in Europe
01:08:28de même que les appels
01:08:30d'offres que l'on lance
01:08:31pour les énergies renouvelables
01:08:32intègrent désormais
01:08:33des objectifs
01:08:34de contenu local
01:08:35ce qui doit permettre
01:08:36d'une part
01:08:37de consolider notre industrie
01:08:38d'autre part
01:08:40de faire bénéficier
01:08:41les territoires
01:08:42et l'ensemble des territoires
01:08:43ou en tout cas
01:08:44plus de territoires possibles
01:08:45du développement
01:08:46d'emplois
01:08:47notamment
01:08:48et puis enfin
01:08:49évidemment
01:08:50l'objectif étant
01:08:51de ne pas
01:08:53se détacher
01:08:54d'une dépendance
01:08:56pour se lier
01:08:57à une autre
01:08:58assez naturellement
01:08:59je vous remercie
01:09:01la parole est à monsieur
01:09:02Guillaume Chevrelier
01:09:03pour le groupe
01:09:03Les Républicains
01:09:04avec 5 minutes
01:09:06d'intervention
01:09:07chers collègues
01:09:12Madame la Présidente
01:09:14Madame la Présidente
01:09:14Madame la Ministre
01:09:14mes chers collègues
01:09:15je salue l'initiative
01:09:16de mon groupe
01:09:17Les Républicains
01:09:18de proposer un débat
01:09:19sur l'électrification
01:09:20des usages
01:09:21dans un contexte
01:09:22de crise internationale
01:09:24on peut même parler
01:09:24de permacrise
01:09:25ce débat permet
01:09:27de rappeler
01:09:27une réalité simple
01:09:28notre modèle énergétique
01:09:30reste fragile
01:09:31dépendant
01:09:32et insuffisamment cohérent
01:09:34dépendant d'abord
01:09:35parce que près de 60%
01:09:37de notre consommation
01:09:38d'énergie
01:09:38repose encore
01:09:40sur des énergies
01:09:41fossiles importées
01:09:42cela signifie
01:09:43et ça a été dit
01:09:44une chose très concrète
01:09:45notre souveraineté
01:09:46énergétique
01:09:47est aujourd'hui
01:09:48encore largement
01:09:49conditionnée
01:09:50par des décisions
01:09:51prises hors de nos frontières
01:09:52à chaque crise internationale
01:09:54à chaque tension géopolitique
01:09:56les prix s'envolent
01:09:57et ce sont les français
01:09:58les familles
01:09:59les entreprises
01:09:59les exploitations
01:10:01agricoles
01:10:01et les collectivités locales
01:10:03qui en payent
01:10:04immédiatement
01:10:05les conséquences
01:10:05et pourtant
01:10:06nous avons un atout
01:10:07que beaucoup nous envient
01:10:08une électricité
01:10:10largement décarbonée
01:10:11produite en grande partie
01:10:12grâce à notre parc nucléaire
01:10:14l'abondance
01:10:15de la production
01:10:16d'électricité française
01:10:17nous permet
01:10:18d'être le premier
01:10:19exportateur net
01:10:20d'Europe
01:10:21avec une exportation
01:10:22d'environ 100 TWh par an
01:10:24soit environ 17%
01:10:25de notre production
01:10:27cependant
01:10:28l'électricité
01:10:28ne représente
01:10:29environ 25%
01:10:30de notre consommation
01:10:31interne d'énergie
01:10:33c'est à peine plus
01:10:34que la moyenne européenne
01:10:35et très loin
01:10:36de ce qu'impose
01:10:37l'objectif
01:10:38de neutralité carbone
01:10:39qui nécessitera
01:10:40de porter cette part
01:10:41à 50 voire 60%
01:10:43d'ici 2050
01:10:44pendant des années
01:10:45notre politique énergétique
01:10:46a manqué
01:10:47de cap clair
01:10:48et cohérent
01:10:48dès 2015
01:10:50le président
01:10:51Hollande
01:10:51avec sa majorité
01:10:52socialiste
01:10:53et écologiste
01:10:54ont fixé
01:10:55l'objectif
01:10:55de ramener
01:10:56la part du nucléaire
01:10:56à 50%
01:10:57du mix électrique
01:10:58cet objectif
01:11:00impliquait
01:11:00la fermeture
01:11:01de plusieurs réacteurs
01:11:02sans stratégie
01:11:04industrielle
01:11:04crédible
01:11:05sans alternative
01:11:06pilotable
01:11:07sans vision
01:11:07de long terme
01:11:08en 2017
01:11:09le président
01:11:10Macron
01:11:11satisfaisant
01:11:12les lobbies
01:11:13antinucléaires
01:11:14et écologistes
01:11:16en s'alignant
01:11:16sur le modèle allemand
01:11:17a repris l'objectif
01:11:18de François Hollande
01:11:19de réduire
01:11:19à 50%
01:11:21la part du nucléaire
01:11:22cet objectif
01:11:23initialement fixé
01:11:24pour 2025
01:11:24puis repoussé
01:11:25à 2035
01:11:26a conduit
01:11:27à la fermeture
01:11:28de Fessenmine
01:11:29alors même
01:11:30que la sûreté
01:11:30nucléaire
01:11:31ne le justifiait pas
01:11:32et puis finalement
01:11:33la publication
01:11:34de la PPE 2
01:11:35en 2020
01:11:364 à 6 réacteurs
01:11:37nucléaires fermés
01:11:38d'ici 2028
01:11:39et brutalement
01:11:40face au mur du réel
01:11:42la crise énergétique
01:11:43le retour de la guerre
01:11:44en Europe
01:11:44le gouvernement
01:11:45a changé de cap
01:11:45relance du nucléaire
01:11:47lancement des EPR 2
01:11:48ces décisions
01:11:49vont dans le bon sens
01:11:50mais elles arrivent tard
01:11:51et elles ne produiront
01:11:52leurs effets
01:11:53qu'à l'horizon 2035
01:11:54ou 2040
01:11:55conséquence
01:11:56la France
01:11:57a perdu
01:11:57de précieuses années
01:11:58aujourd'hui
01:12:00le président de la république
01:12:01a présenté
01:12:01devant un large panel
01:12:02d'entreprises
01:12:03et des fédérations
01:12:04professionnelles
01:12:05un plan
01:12:06pour atteindre
01:12:07la neutralité carbone
01:12:08d'ici 2050
01:12:09cette mobilisation
01:12:10s'est accompagnée
01:12:11de plusieurs
01:12:12annonces
01:12:13dont l'objectif
01:12:14de 240 000
01:12:15bornes de recharge
01:12:16d'ici 2030
01:12:17ou encore
01:12:17des investissements
01:12:18d'un milliard d'euros
01:12:20de Stellantis
01:12:21à Mulhouse
01:12:21cependant
01:12:22ces annonces
01:12:24ne suffisent pas
01:12:24à masquer
01:12:25des lacunes
01:12:25d'une stratégie
01:12:27encore trop imprécise
01:12:28des interrogations
01:12:29demeurent sur les moyens
01:12:30concrets à mobiliser
01:12:32les coûts pour les ménages
01:12:33et les entreprises
01:12:34ainsi que sur le calendrier
01:12:35réel de déploiement
01:12:36des infrastructures
01:12:37nécessaires
01:12:38les engagements pris
01:12:40restent des promesses
01:12:41à vérifier
01:12:42face à un objectif
01:12:43ambitieux
01:12:44passé de 27 à 34%
01:12:46de parts d'électricité
01:12:47en 2030
01:12:48puis 38%
01:12:49en 2035
01:12:50sans visibilité
01:12:52sur les prix
01:12:53de l'électricité
01:12:54et sans maîtrise
01:12:54du reste à charge
01:12:55l'électrification
01:12:57risque de rester
01:12:58un objectif
01:12:59théorique
01:13:00pour de nombreux
01:13:01français
01:13:01et entreprises
01:13:03d'abord dans les transports
01:13:04le véhicule électrique
01:13:05ne peut être
01:13:06la seule réponse
01:13:07les infrastructures
01:13:08de recharge
01:13:09restent insuffisantes
01:13:10ça a été dit
01:13:10et le coût
01:13:11demeure trop élevé
01:13:12pour nombre de ménages
01:13:13notamment dans
01:13:14nos territoires ruraux
01:13:16ensuite dans le bâtiment
01:13:18le développement
01:13:18des pompes à chaleur
01:13:19est important
01:13:20mais le reste à charge
01:13:21encore trop élevé
01:13:22et des délais d'installation
01:13:24parfois longs
01:13:25et dissuasifs
01:13:26les 80 milliards d'euros
01:13:28d'EDF
01:13:28pour aider les particuliers
01:13:30à remplacer
01:13:31les chaudières fossiles
01:13:33sont insuffisants
01:13:34et il faut à mon avis
01:13:36faire preuve aussi
01:13:37de pragmatisme
01:13:38et ne pas opposer
01:13:39les solutions
01:13:39notamment avec le gaz
01:13:41vert
01:13:42présent dans nos territoires
01:13:43ruraux
01:13:43grâce à notre agriculture
01:13:45enfin dans l'industrie
01:13:47l'électrification
01:13:48des sites
01:13:49les plus énergivores
01:13:50est un enjeu majeur
01:13:52de compétitivité
01:13:53et de souveraineté
01:13:53elle ne pourra se faire
01:13:55sans visibilité
01:13:56sur les prix
01:13:57d'électricité
01:13:57et sans investissement
01:13:59massif dans les réseaux
01:14:01madame la ministre
01:14:02je souhaite vous poser
01:14:03les questions suivantes
01:14:04au-delà des dispositifs
01:14:06existants
01:14:06quels objectifs chiffrés
01:14:08et quel rythme
01:14:08annuel d'électrification
01:14:10envisagez-vous
01:14:11secteur par secteur
01:14:12et quelles mesures
01:14:13concrètes
01:14:14pour lever les freins
01:14:15notamment
01:14:16le reste à charge
01:14:17pour les ménages
01:14:18et les coûts
01:14:19d'investissement
01:14:20pour nos entreprises
01:14:21il en est
01:14:22un sujet majeur
01:14:23pour notre compétitivité
01:14:25et pour la création
01:14:26de valeurs
01:14:26si importantes
01:14:27dans un contexte
01:14:28où on a besoin
01:14:28effectivement
01:14:29d'énergie décarbonée
01:14:30mais on a besoin
01:14:31de création de valeurs
01:14:32compte tenu
01:14:33de l'état
01:14:33de nos finances publiques
01:14:34je vous remercie
01:14:36je vous remercie
01:14:37madame la ministre
01:14:40merci madame la présidente
01:14:43monsieur le sénateur
01:14:44que ce soit
01:14:44pour le reste à charge
01:14:45ou pour le coût
01:14:46d'investissement
01:14:47pour les entreprises
01:14:47c'est le coeur même
01:14:48du plan d'électrification
01:14:50qu'on a présenté
01:14:51alors on peut estimer
01:14:51qu'il ne va pas
01:14:52suffisamment loin
01:14:53mais si vous prenez
01:14:54l'exemple des PAC
01:14:56les aides
01:14:57fonctionnent bien sûr
01:14:58de votre niveau de revenu
01:14:58et je pense qu'on
01:14:59s'accordera à dire
01:15:00que c'est bien normal
01:15:01que cela dépende
01:15:02des ressources du foyer
01:15:03peuvent atteindre
01:15:04environ 10 000 euros
01:15:05pour l'achat
01:15:06d'une pompe à chaleur
01:15:07donc on est sur
01:15:09des montants
01:15:09d'aide à l'acquisition
01:15:10qui sont importants
01:15:12l'offre clé en main
01:15:13qui permet de garantir
01:15:14que la mensualité
01:15:15de la PAC
01:15:16additionnée
01:15:17à ce que vous coûte
01:15:18la facture d'électricité
01:15:20correspondante
01:15:20soit toujours inférieure
01:15:21ou égale
01:15:22à ce que vous coûtez
01:15:22hier
01:15:23votre facture de gaz
01:15:24c'est là encore
01:15:25des garanties très concrètes
01:15:27qui sont données aux ménages
01:15:28pour leur permettre
01:15:29d'opérer cette transition
01:15:30sans que le coût
01:15:31d'investissement
01:15:32de départ
01:15:32soit trop important
01:15:33et la même logique
01:15:36est déployée
01:15:36pour les entreprises
01:15:37et notamment
01:15:38les petites entreprises
01:15:39les artisans
01:15:40qui ne sont pas oubliés
01:15:41dans ce plan d'électrification
01:15:43je terminerai
01:15:44là vous avez
01:15:44sur la question des réseaux
01:15:46vous en avez parlé
01:15:46à très juste titre
01:15:47Émilie Piette
01:15:49qui a pris la suite
01:15:50de Xavier Pichazic
01:15:51à RTE
01:15:51le rappelait
01:15:53ce matin même
01:15:53à l'Elysée
01:15:54il y a un vrai travail
01:15:55qui est mené
01:15:56pour accélérer
01:15:58les délais
01:15:59de raccordement
01:16:00ce qui est là
01:16:00un sujet absolument clé
01:16:02pour l'ensemble
01:16:04des entreprises
01:16:04qui sont amenées
01:16:05à se développer
01:16:06et donc
01:16:06il y a vraiment
01:16:07une mise à jour
01:16:08de la documentation
01:16:09technique notamment
01:16:10qui doit permettre
01:16:11d'avoir cette transition
01:16:14Je vous remercie
01:16:15la parole est à
01:16:16monsieur Gilbert Luc
01:16:17Devinas
01:16:18pour le groupe
01:16:18socialiste, écologiste
01:16:19et républicain
01:16:20avec trois minutes
01:16:21d'intervention
01:16:22chers collègues
01:16:25Madame la Présidente
01:16:26Madame la Ministre
01:16:27chers collègues
01:16:28la crise que nous traversons
01:16:31est douloureuse
01:16:32bien de nos concitoyens
01:16:34sont dans des situations
01:16:35de détresse inacceptables
01:16:36faut-il être au pied du mur
01:16:39pour mettre en oeuvre
01:16:40notre décarbonation
01:16:41pourtant vers une économie durable
01:16:44l'électrification massive
01:16:46de nos usages est nécessaire
01:16:48et ce n'est pas une donnée nouvelle
01:16:51cette évolution progresse
01:16:53trop lentement
01:16:54avec des coûts inabordables
01:16:56depuis près de dix ans
01:16:58il n'y a eu
01:16:58ni trajectoire
01:17:00ni volontarisme
01:17:01les gouvernements successifs
01:17:03ont retardé
01:17:04sans cesse
01:17:04la programmation
01:17:05pluriannuelle
01:17:06de l'énergie
01:17:08par ailleurs
01:17:09nous avons voté
01:17:10des textes
01:17:10pour accélérer
01:17:11les énergies renouvelables
01:17:13pour accélérer
01:17:14le développement
01:17:14du nucléaire
01:17:15sans aborder
01:17:16la question
01:17:17des usages
01:17:18or il n'est pas possible
01:17:20de décorréler
01:17:21les besoins
01:17:23d'électricité
01:17:23de leur finalité
01:17:24d'utilisation
01:17:25la consommation
01:17:27d'électricité
01:17:28en 2025
01:17:29est la même
01:17:29qu'en 2006
01:17:30n'y a-t-il pas
01:17:31un problème
01:17:32d'accès
01:17:33de prix
01:17:34rien que pour
01:17:35les transports
01:17:36rappelons que
01:17:36cette question
01:17:37de l'électrification
01:17:38était déjà
01:17:39dans la lomme
01:17:39en 2019
01:17:40et aussi
01:17:42dans le projet
01:17:42loi énergie
01:17:43climat
01:17:44en 2021
01:17:45qui ne cesse
01:17:46d'être détricoté
01:17:47dans notre rapport
01:17:49de 2023
01:17:49sur les biocarburants
01:17:51nous avons insisté
01:17:52sur les priorités
01:17:53prenant en compte
01:17:54le rendement énergétique
01:17:56le coût
01:17:57des technologies
01:17:58et l'efficacité
01:17:59environnementale
01:18:00l'électrification
01:18:01ne peut être
01:18:02la seule solution
01:18:03notamment dans
01:18:04les transports lourds
01:18:05ou l'aviation
01:18:06la complémentarité
01:18:08des énergies
01:18:09dictées par
01:18:09l'efficacité
01:18:10environnementale
01:18:11et le coût
01:18:12est indispensable
01:18:13pour éviter l'impasse
01:18:14du tout électrique
01:18:15non maîtrisé
01:18:16quant à la souveraineté
01:18:18retrouvée
01:18:18grâce à l'électrification
01:18:20elle ne se fera
01:18:21qu'en se positionnant
01:18:22dans l'économie circulaire
01:18:24en tenant compte
01:18:26de l'amont
01:18:26et de l'aval
01:18:27de chaque filière
01:18:28l'électrification
01:18:30doit être synonyme
01:18:31d'emploi en France
01:18:32et sans une dépendance
01:18:34accrue
01:18:35aux importations
01:18:36extra-européennes
01:18:37nous le savons
01:18:39l'acceptation
01:18:40est la clé
01:18:40du changement
01:18:41est-ce vraiment
01:18:43le moment
01:18:43pour permettre
01:18:44aux français
01:18:44de franchir le cap
01:18:45ce n'est pas
01:18:47très respectueux
01:18:48de tous les travaux
01:18:49menés ces dernières années
01:18:50pour dire
01:18:51qu'il faut agir
01:18:53concernant
01:18:53les 100 territoires
01:18:54d'électrification
01:18:55les collectivités
01:18:57n'ont pas attendu
01:18:58pour innover
01:18:59et faire des politiques
01:19:01énergétiques
01:19:01un vrai outil
01:19:02d'aménagement
01:19:03en s'appuyant
01:19:04sur le réseau
01:19:05des syndicats d'énergie
01:19:05engagés dans les énergies
01:19:07renouvelables
01:19:08par exemple
01:19:09l'académie
01:19:10de la transition énergétique
01:19:11du département du Rhône
01:19:12je tiens à redire
01:19:14ici que l'énergie
01:19:15la moins chère
01:19:16est celle
01:19:17qui n'est pas consommée
01:19:17le principe
01:19:19de sobriété
01:19:19est totalement absent
01:19:20de ce plan
01:19:21tendre vers une
01:19:22souveraineté
01:19:23oui
01:19:24sans oublier
01:19:25de prendre en compte
01:19:25la finalité
01:19:26de l'utilisation
01:19:27rationnelle
01:19:28de l'électricité
01:19:32je vous remercie
01:19:34madame la ministre
01:19:38merci madame la présidente
01:19:40monsieur le sénateur
01:19:41j'ai un certain nombre
01:19:41de désaccords
01:19:42avec ce que vous avez
01:19:43annoncé
01:19:43d'abord
01:19:43quand vous dites
01:19:44qu'on sort
01:19:45de dix ans
01:19:46d'un pensé
01:19:47autour de la question
01:19:48et de zigzag
01:19:49qui se serait succédé
01:19:51c'est pas vrai
01:19:52nous ne parlons
01:19:53que du discours
01:19:54de Belfort
01:19:54depuis
01:19:55l'ensemble
01:19:57des choix
01:19:57qui ont été faits
01:19:58me semblent être
01:19:59des choix cohérents
01:20:00tant sur la production
01:20:01que la consommation
01:20:01ensuite dire que
01:20:03la consommation
01:20:04est précisément
01:20:05un impensé
01:20:05des politiques
01:20:06qui ont été menées
01:20:07ces dernières années
01:20:08c'est pas vrai non plus
01:20:10tant sur l'industrialisation
01:20:12que sur l'accompagnement
01:20:14des entreprises
01:20:15les plus énergivores
01:20:16je pense à France 2030
01:20:17je pense à tous les dispositifs
01:20:18qui ont été mis en place
01:20:19également pour les particuliers
01:20:21dans les budgets successifs
01:20:22on peut parler
01:20:23de MaPrimeRénov'
01:20:24on peut parler du Fonds Vert
01:20:25pour accompagner
01:20:26les collectivités territoriales
01:20:27tout ça
01:20:28ça touche à la consommation
01:20:29et ça visait bien
01:20:31à permettre
01:20:32cette transition
01:20:33en marchant
01:20:34sur ces deux jambes
01:20:35parce qu'on n'a pas
01:20:35évidemment conscience
01:20:36que la production
01:20:37de vent est égale
01:20:38à la consommation
01:20:38c'est dans cette logique-là
01:20:40qu'on doit se placer
01:20:41voilà
01:20:41donc j'entends
01:20:42qu'on peut avoir
01:20:44là encore des désaccords
01:20:45mais je crois que dire
01:20:45que rien n'a été pensé
01:20:47sur cette base-là
01:20:48voilà
01:20:49c'est un peu
01:20:51un peu
01:20:51à côté de la réalité
01:20:55Monsieur le Sénateur
01:20:56Merci
01:20:56Merci Madame la Ministre
01:20:58qu'on soit en désaccord
01:20:59cela ne m'étonne pas
01:21:00mais une pensée
01:21:01sans action
01:21:02ne sert pas à grand-chose
01:21:04Je vous remercie
01:21:05la parole est à Madame Viviane Artigalas
01:21:07pour le groupe
01:21:08socialiste, écologiste et républicain
01:21:10avec trois minutes d'intervention
01:21:11chers collègues
01:21:20Merci Madame la Présidente
01:21:22Madame la Ministre
01:21:23mes chers collègues
01:21:24la France dispose aujourd'hui
01:21:26d'un atout que beaucoup nous envient
01:21:27une électricité abondante
01:21:29largement décarbonée
01:21:30produite sur notre sol
01:21:32ceci place notre pays
01:21:34dans une position très favorable
01:21:35pour réduire sa dépendance
01:21:37aux énergies fossiles
01:21:38mais cette abondance
01:21:40masque un paradoxe inquiétant
01:21:41que RTE a formulé sans détour
01:21:43notre électrification des usages
01:21:45apparaît en retard
01:21:47par rapport aux trajectoires nécessaires
01:21:48pour atteindre nos objectifs climatiques
01:21:51les chiffres parlent d'eux-mêmes
01:21:52en 2025 les énergies fossiles
01:21:55représentent encore près de 60%
01:21:57de notre consommation finale d'énergie
01:21:58l'électricité n'en couvre que 27%
01:22:01soit 1% seulement de plus
01:22:03qu'en 2010
01:22:04c'est peu dire qu'en 15 ans
01:22:06le progrès a été marginal
01:22:08par ailleurs notre consommation
01:22:10d'électricité reste inférieure
01:22:11de 6% à ce qu'elle était
01:22:13avant la crise sanitaire
01:22:14et la crise énergétique de 2022
01:22:16par rapport à la moyenne
01:22:18de la période 2014-2019
01:22:20aussi pour RTE
01:22:22concrétiser les projets d'électrification
01:22:24reste une priorité
01:22:25si la situation ne pourra pas être infléchie
01:22:28avant 2028
01:22:28au plus tôt
01:22:29l'atteinte des objectifs d'électrification
01:22:32se joue dans les prochains trimestres
01:22:33pour rester dans un scénario
01:22:35dit de décarbonation rapide
01:22:38voilà donc pour ce débat organisé
01:22:40à l'initiative du groupe LR
01:22:41débat qui s'inscrit dans le contexte
01:22:43de très fortes tensions
01:22:44que l'on connaît sur les prix du carburant
01:22:46et alors qu'Emmanuel Macron
01:22:47a annoncé le mois dernier
01:22:49un grand plan d'électrification
01:22:52de nos usages
01:22:52objectif faire passer
01:22:54la part de l'électricité
01:22:55dans la consommation
01:22:56de 27 à 34%
01:22:59d'ici à 2030
01:23:01c'est un sujet sur lequel
01:23:02on reviendra bien évidemment
01:23:03sur Public Sénat
01:23:04voilà c'est la fin de cette émission
01:23:05merci de l'avoir suivie
01:23:06restez avec nous
01:23:07la formation politique continue
01:23:08sur notre antenne
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