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  • il y a 17 heures


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00:00Une question à M. le garde des Sceaux, relative au thème de la protection de l'enfance.
00:05Hier, trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique, ont été requis à l'encontre d'un animateur
00:10de périscolaire à Paris.
00:12Le réquisitoire a déçu les familles. Est-ce que tout en respectant le principe de séparation des pouvoirs,
00:17est-ce que vous appelez les magistrats à une grande sévérité sur ces questions, voire une plus grande sévérité ?
00:25Je ne veux pas m'exprimer sur une affaire individuelle, ne la connaissant pas particulièrement,
00:30et laissant les magistrats, y compris le parquet, indépendant et libre de leur parole à l'audience pour les réquisitions,
00:35mais de manière générale. Je rappelle que le 7 janvier, à mon arrivée à la chancellerie,
00:40dix jours après, j'ai pris une cercleur de politique pénale de trois points,
00:42en demandant au procureur de la République de reculter de la prison ferme.
00:45C'est ce que j'aurais demandé comme politique pénale, et je suis en mesure, dans la Constitution,
00:49de demander au procureur de la République de suivre cette politique pénale, pour trois points.
00:54Le premier, c'est la protection des femmes et des enfants, mettant d'ailleurs en premier dans ma circulaire de
00:58politique pénale.
00:58Le deuxième, c'était le narcotrafic. Et le troisième, c'est les atteintes à la laïcité,
01:02et de toute manière, les atteintes contre ce qui sont nos valeurs, l'homophobie, la lutte contre le racisme, etc.
01:08Donc, voilà un an et demi que j'ai changé ces priorités, en mettant en premier la lutte contre les
01:14violences faites aux enfants.
01:15J'ai déjà eu l'occasion de dire à plusieurs reprises que nous traitons mal ces violences.
01:19Nous n'écoutons pas assez la parole de l'enfant, malgré le travail formidable que font certains magistrats,
01:24certains greffiers, certains collaborateurs, que devant nous, le MeToo de l'enfance ne va faire que commencer.
01:31Il y a sans doute des dizaines de milliers de plaintes potentielles, parce que nous n'avons pas assez, je
01:38crois,
01:38mis de moyens pour entendre les paroles de cet enfant.
01:40Et j'ai eu l'occasion de m'exprimer pour dire que non seulement j'appelle les procureurs de la
01:44République à une très grande sévérité,
01:46mais j'appelle également à lutter contre de l'oubli, notamment pour distinguer et mettre en avant le fait
01:53qu'il n'y a pas de prescriptibilité demain pour les crimes sexuels contre les mineurs,
01:57mais aussi en renforçant les moyens, parce que l'une des difficultés des services enquêteurs,
02:00je pense aux procureurs de la République et aux officiers de police judiciaire,
02:04c'est qu'il n'y a pas assez de moyens pour entendre aussi cette parole particulière de l'enfant.
02:07Une audition d'un enfant, c'est très compliqué.
02:10J'ai multiplié moi-même, quand j'étais mis à l'intérieur, par trois les salles mélaniques,
02:13et l'endroit où on les entend et où on les écoute.
02:15La procédure doit être intégralement écrite, et pas simplement de PV de synthèse,
02:19ce qui fait qu'on traite peu de ces cas, alors que beaucoup d'enfants attendent,
02:23mais aussi qu'il n'y a pas assez d'OPJ pour s'en occuper.
02:25Je sais que les mises à l'intérieur s'en occupent.
02:26J'ai moi-même doublé les effectifs à la brigade de protection des mineurs quand j'étais mis à l
02:30'intérieur,
02:30où j'ai créé un office de protection judiciaire nationale qu'on appelle l'OFMINE.
02:33Donc, de manière générale, je crois qu'effectivement, nous devons nous réveiller collectivement,
02:39notamment au ministère de la Justice, pour que les enfants soient entendus,
02:43que les victimes soient au cœur du procès pénal,
02:45et que ce ne soit pas l'auteur qui soit au cœur du procès pénal.
02:47Il y a un travail collectif à faire dans tous les ministères et au sein des collectivités locales,
02:52qui ne doivent pas oublier leurs obligations.
02:55Mais je veux dire que oui, au ministère de la Justice, nous devons faire notre révolution
02:58pour que la parole de l'enfant soit non seulement entendue,
03:01mais que les peines soient à la hauteur du crime qui est de violer l'innocence d'un enfant.
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