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  • il y a 2 jours
Ce mardi 14 avril, François Monnier, directeur de la rédaction d'Investir, et Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis investment manager étaient les invités de l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club viennent de nous rejoindre.
00:05Mabrouk Chetouane pour Natixisme.
00:07Alors vraiment sur le fil Mabrouk, vous venez de vous installer.
00:09Bonjour, bonsoir, bienvenue.
00:10Bonsoir Guillaume.
00:11Ravi de vous accueillir.
00:12Et François Meunier en fil rouge.
00:13Rebonsoir François.
00:14Rebonsoir.
00:15Directeur de la rédaction d'Investir.
00:17Oui ou non, en sont-ils capables ?
00:20Les marchés battent de nouveaux records, Mabrouk,
00:22avant même, avant même la fin de ce conflit en Iran.
00:25Oui ou non, en sont-ils capables ?
00:26Oui, assez facilement.
00:30Une raison très simple, c'est qu'en fait,
00:31le marché n'attend pas la fin du conflit,
00:33qui est sans doute peut-être,
00:35qui arrivera à une date, on va dire, assez lointaine probablement,
00:39compte tenu de la polarisation finalement des belligérants.
00:41Et premièrement, et deuxièmement, on rappelle juste qu'il y a toujours une guerre,
00:44finalement, qui oppose toujours l'Ukraine et la Russie.
00:46Ça n'a pas empêché les marchés de continuer leur parcours et de battre des records.
00:51Le marché n'attend plus finalement une issue,
00:53finalement une quelconque, on va dire, issue favorable.
00:55Ce que le marché attendait surtout, c'était de voir le pic de conflictualité.
00:58Est-ce qu'on allait encore plus loin, finalement,
01:00dans les destructions et finalement dans les bombardements ?
01:05Et donc, in fine, on voit bien qu'aujourd'hui, il y a cette période de trêve.
01:08Alors, trêve, évidemment, avec Donald Trump, c'est un peu compliqué
01:09parce que jour 1, il annonce effectivement vouloir raser l'Iran de nouveau.
01:13Mais globalement, le marché a envie d'acheter,
01:16de manière générale, la reprise.
01:19Et on le voyait même,
01:21durant finalement le conflit en lui-même,
01:23les phases de baisse,
01:24il y avait une asymétrie entre les phases de baisse et les phases de hausse.
01:26Donc, les baisses étaient finalement assez contenues, en quelque sorte,
01:31mais elles étaient nombreuses,
01:32alors que les phases de hausse étaient beaucoup plus fortes.
01:34Et donc, ça montrait quelque part
01:35que le marché ne croyait pas finalement
01:38une espèce de sortie de route fondamentale des économies
01:41et globalement que ça n'allait pas durer très longtemps.
01:43Et bon, finalement, Trump fait du Trump,
01:45c'est-à-dire qu'il menace beaucoup.
01:47Certes, il y a eu des bombardements, certes, il y a eu des destructions,
01:49mais finalement, on n'est pas allé,
01:50comme il l'avait plus ou moins promis,
01:52vers une espèce de destruction complète de l'Iran.
01:53Oui, oui, effectivement.
01:55Donc, ce pic de conflictualité a été atteint
01:57et le marché, c'est pour ça qu'il reprend.
01:59Et globalement, les records sont faits pour être battus systématiquement.
02:02Il n'y a pas de raison pour qu'on échappe à cette règle cette fois-ci.
02:05La situation en direct dans le détroit d'Hormuz.
02:07Alors, depuis ce matin, une dizaine de navires ont franchi le détroit,
02:11mais sans aller jusqu'à entrer en contact avec l'armada américaine
02:13qui, en fait, est plusieurs dizaines de kilomètres au-delà de ce détroit.
02:17D'ailleurs, Washington, à l'instant, communique à son tour
02:19en disant que non, non, aucun navire n'a passé le blocus.
02:23Aucun navire n'a passé le blocus.
02:24Les mots sont précis.
02:25Ça ne veut pas dire qu'aucun navire n'a passé le détroit.
02:27Aucun navire n'a passé le blocus,
02:29puisque donc la ligne de froid américaine
02:30est quelques dizaines de kilomètres au-delà de ce détroit.
02:33Certains navires se sont aventurés.
02:35Certains ont commencé à faire demi-tour.
02:36D'ailleurs, en approchant de cette armada américaine,
02:38on verra si les autres aussi choisissent finalement de faire demi-tour,
02:41même s'ils ont franchi le détroit.
02:42François, comment vous regardez ça ?
02:43La capacité, effectivement, et Mabrouk le soulignait,
02:46du marché à rebondir, rebondir si promptement au point,
02:49au point qu'on reste proche des records.
02:51Le S&P t'a à peine un petit pourcent de son plou historique,
02:54malgré le conflit.
02:55D'abord, il y a deux phénomènes.
02:57Le phénomène, c'est que, le premier phénomène,
02:59c'est qu'on a, au niveau tactique,
03:02observé que les valeurs tech, notamment les grandes GAFAM,
03:05avaient été survendues avant le conflit
03:07et au début du conflit.
03:09Donc, il suffit qu'elles annoncent des résultats rassurants
03:14dans les jours qui viennent et il peut y avoir encore un emballement
03:17parce que, voilà, les investisseurs, c'est un petit peu délaissé
03:21et ce sont des titres qui pèsent très, très lourd sur le marché.
03:24Et donc, ça, ça donne encore du grain à moudre
03:27et du potentiel au S&P 500.
03:30Et comme vous le savez, Wall Street, c'est le marché directeur.
03:33Donc, ça, c'est un phénomène à prendre en compte.
03:35Le deuxième phénomène, c'est quand on regarde un petit peu
03:37ce qui s'est passé pendant la guerre en Ukraine,
03:41au déclenchement de la guerre en Ukraine, février,
03:43le marché a fortement baissé.
03:45Après, il s'est repris parce qu'on s'est dit, finalement,
03:47ça ne va pas dégénérer, il n'y aura pas d'autres pays
03:50qui vont être attaqués et donc, il n'y aura pas une escalade.
03:55Et là, on est dans le scénario où il n'y a pas d'escalade.
03:57Mais attention, en 2022, quelques mois après,
04:01notamment au mois de juin, on avait la Banque Centrale Américaine
04:04qui disait, attention, il y a des craintes de récession,
04:07ça a quand même un impact sur notre économie, etc.
04:09Donc, on n'est pas à l'abri d'un deuxième effet
04:12où là, on va avoir des chiffres,
04:13même si on est quand même toujours bluffé depuis des années
04:16par la résilience de l'économie américaine
04:18où on se dit toujours, ça y est, ça ralentit,
04:20attention, attention, il y a peut-être un risque de récession.
04:23Et finalement, ils sont toujours au rendez-vous.
04:26Et ça, c'est assez bluffant.
04:28Alors, est-ce qu'on va déjà avoir des gains de productivité
04:32liés à l'IA qui vont se matérialiser dans les mois qui viennent ?
04:35Est-ce qu'il est possible ?
04:36Parce qu'on voit qu'ils sont quand même en avance de phase
04:39par rapport à l'Europe,
04:41même si on a des grandes ambitions aussi pour l'utilisation,
04:43pas pour la production de LLM d'agents IA,
04:46mais pour l'utilisation.
04:47Mais on voit que ça va quand même toujours
04:49beaucoup plus vite aux États-Unis.
04:50Donc, est-ce qu'il y aura des efforts de productivité ?
04:51Mais il y aura quand même quelques dégâts avec cette guerre.
04:55Il y aura un peu de ralentissement économique,
04:56un peu plus d'inflation que prévu.
04:58Donc, dire aujourd'hui que le marché
05:01est en meilleure forme qu'avant la guerre,
05:03je pense que ce n'est pas crédible.
05:05Cela dit, pour rebondir sur ce qui est François,
05:06il y a un point très important,
05:07c'est qu'on est rentré dans une phase macroéconomique.
05:10On se pose dans la question, finalement,
05:12stagflation, resserrement monétaire, etc.
05:14Et là, on va rentrer de nouveau dans une phase microéconomique,
05:17publication des résultats, etc.
05:18Et donc, on voit bien que le marché
05:20va commencer à abandonner, finalement, ces histoires
05:23qui ont trait aux banques centrales,
05:24dont, effectivement, l'impact,
05:26en relevant, par exemple, les taux d'intérêt directeur,
05:28peut être négatif sur les marchés actions,
05:30alors que là, finalement,
05:31on va plus se focaliser sur ces résultats d'entreprise.
05:34Et c'est vrai que les GAFAM pèsent beaucoup.
05:35On se souvient, effectivement,
05:36des publications de Nvidia,
05:37qui avaient déçu, malgré des publications,
05:39encore une fois, stellaires au trimestre dernier,
05:41annonçant déjà plus de 10% pour le trimestre suivant.
05:45Le marché n'avait pas acheté, finalement.
05:47Donc là, on va voir, finalement,
05:48dans ce cosme de mauvaises nouvelles macro,
05:50si la micro va pouvoir, effectivement,
05:52permettre de récupérer tout ça.
05:54Voilà.
05:54L'entrée dans la séquence de publication
05:55de résultats d'entreprise,
05:56cette entrée sera peut-être, effectivement,
05:58une page qui se tourne pour les marchés.
06:00Alors, la géopolitique continuera de peser,
06:02mais voilà, c'est peut-être le début
06:04d'une nouvelle histoire,
06:05un peu plus équilibrée au cœur des marchés,
06:07dans ce que regarderont les investisseurs.
06:08Le marché va pondérer davantage, finalement, la micro.
06:11Le marché va essayer de trouver une focale.
06:13Donc, c'est-à-dire, en gros,
06:13on regardait, effectivement, Hormuz,
06:15les conséquences sur l'inflation,
06:17les conséquences potentielles sur la croissance
06:19des États-Unis, notamment,
06:20qui a toujours surpris, effectivement.
06:22Là, on va regarder autre chose.
06:24Qu'est-ce qui se passe sur le plan des secteurs ?
06:25Qu'est-ce qui se passe sur le plan microéconomique ?
06:27Est-ce qu'on a la fameuse question
06:29de la transmission de ces augmentations de prix ?
06:32Bon, là, on voit bien que c'est beaucoup trop tôt,
06:33finalement, pour tirer quelconque conclusion.
06:36Pour l'instant, là-dessus, on est rassuré.
06:37On a eu les prix de la production, aujourd'hui, aux États-Unis,
06:39inférieurs aux attentes à nouveau.
06:40Beaucoup plus bas que les attentes.
06:41Ils n'ont même pas inférieurs.
06:42On est 13 ans de ça, finalement, des attentes.
06:44Attention, Gare, aux effets, finalement,
06:45encore une fois, au retour de flamme,
06:47parce qu'on voit bien que cette histoire
06:48peut rapidement, finalement,
06:51revenir sur le devant de la scène
06:52avec un print ou deux prints d'inflation
06:54qui seront probablement, on va dire,
06:58au-dessus, finalement, de ce qu'attend le consensus.
06:59Mais là encore, pas de dangerosité.
07:02Et encore une fois, focalisation sur la microéconomie.
07:04Oui, et on aborde cette saison de publication
07:06comme peut-être une page plus prometteuse
07:08pour les marchés,
07:09dans la mesure où on est optimiste
07:10sur ce qu'elles annonceront,
07:11les entreprises pour le premier trimestre,
07:12et sur leur perspective aussi,
07:13malgré le conflit au Moyen-Orient, François ?
07:15Oui, et oui.
07:16Et en plus de ça, je rajouterais sur le fait
07:18que les GAFAM, aujourd'hui,
07:20ils ont les moyens de piloter leurs cours de bourse.
07:22Je m'explique.
07:23Ils ont beaucoup investi.
07:25Et il suffirait qu'ils expliquent aux investisseurs,
07:28alors que leurs cours de bourse,
07:29aujourd'hui, un petit peu en berne,
07:30que ce qu'ils ont fait, ça apporte ses fruits.
07:33Il n'y a pas besoin d'accélérer dans les investissements
07:35et qu'il y aura toujours quelques rachats d'actions
07:37pour qu'à nouveau, il y ait un appétit assez féroce
07:40de la part des investisseurs.
07:41Donc, les GAFAM ont les moyens, je pense,
07:44de piloter leurs cours de bourse de façon plus facile
07:47parce qu'on n'est plus du tout dans les zones de surachat.
07:51On est même sur des valorisations pour ce qui concerne
07:53les 7 magnifiques, au plus bas,
07:55c'est Franklin Pichard qui nous le disait tout à l'heure,
07:56au plus bas depuis 2020 en termes de valorisation des GAFAM.
07:59Oui, alors qu'elles génèrent énormément de cash, etc.
08:03Donc, il y a la capacité de dire
08:04je fais un peu de rachat d'actions,
08:06j'investis un petit peu moins.
08:07Donc, ils ont les moyens de répondre.
08:09Et puis aussi, bonne nouvelle,
08:10ça ne vous a pas échappé, Guillaume,
08:12vous qui surveillez les marchés colonais sur le feu,
08:15c'est qu'Elon Musk ne parle plus.
08:17Donc, il est peut-être en train de travailler.
08:18Il est peut-être en train de nous annoncer
08:19des choses sur Tesla.
08:20Et ça, c'est une bonne nouvelle.
08:22Parce qu'en tout cas, on voit qu'il y a une corrélation
08:24entre le cours de Tesla,
08:25lorsque Elon Musk fait de la politique,
08:27se prononce un peu sur tout et sur rien.
08:30D'ailleurs, il n'a pas parlé de Hongrie,
08:32alors qu'avant, il intervenait sur le Royaume-Uni,
08:36il avait un avis sur l'Allemagne, etc.
08:38Et là, il est au boulot.
08:40Donc, et quand on sait qu'il a des grandes phases de travail
08:43où il dort au bureau, etc., etc.,
08:45et que derrière, généralement, statistiquement,
08:47ça produit ses fruits, eh bien, on peut avoir aussi
08:50des bonnes nouvelles du côté de Tesla.
08:51Donc, le silence d'Elon Musk, pour moi,
08:53c'est quelque chose d'extrêmement rassurant
08:55pour les marchés et pour la tech américaine.
08:57Le silence est dehors.
08:59Il prépare un peu SpaceX aussi, il y a du boulot.
09:01Oui, absolument.
09:02Et généralement, quand ils bossent derrière, ça délivre.
09:04Donc, pour moi, c'est plutôt rassurant.
09:07Oui, oui.
09:07Alors, la tech américaine, voilà, dans cette séquence de publications,
09:09on va rentrer dans le détail des publications en Europe aussi,
09:11pour tous ceux qui nous suivent, qui nous regardent,
09:13qui se demandent comment agir, là, maintenant,
09:15sur leur portefeuille.
09:16La tech américaine, vous dites, l'un et l'autre,
09:18il y a à nouveau une fenêtre d'opportunité importante.
09:20Elle peut redevenir un driver assez puissant
09:22des marchés américains à la hausse,
09:23compte tenu des valorisations qui se sont effondrées, Mabrouk ?
09:26On n'a pas lâché la thématique de la tech,
09:28même, finalement, lorsqu'elle était décriée.
09:31Et j'ai presque envie de dire que c'est un remake de 2025.
09:33Donc, on a vécu exactement la même situation
09:35avec cette fatigue autour de la tech en début d'année dernière.
09:38On se souvient que, finalement, ça avait même,
09:40quelque part, déclenché, finalement,
09:43une phase baissière aux États-Unis,
09:44avant même Liberation Day.
09:46Et, globalement, on était en train de revivre
09:47un peu la même séquence,
09:49avec une histoire particulière sur le software.
09:51Mais, encore une fois, le marché a, je pense,
09:53acheté trop rapidement l'idée que le software
09:55allait disparaître à cause, justement, de l'IA
09:57et n'a pas intégré une histoire alternative,
09:59qui est que le software pouvait lui-même intégrer l'IA
10:01et donc bénéficier de ses gains de productivité, etc.
10:04Donc, à mon sens, c'est allé beaucoup trop vite,
10:06comme d'habitude.
10:07Les valorisations ont plongé de manière assez phénoménale.
10:09Et quand on voit que le secteur de la tech,
10:12qui a investi massivement pour pouvoir, entre guillemets,
10:14pérenniser la croissance de ses revenus futurs,
10:17se valorise autant, finalement, qu'un secteur de la consommation,
10:20il y a un problème.
10:21Il y a un véritable problème.
10:22Donc, du coup, il y a une opportunité.
10:24Et globalement, il ne fallait pas lâcher, à mon sens,
10:27et on a continué à maintenir nos expositions
10:29sur le secteur de la tech,
10:31convaincus que, finalement, ça allait continuer de croître.
10:33Parce que la croissance, fondamentalement,
10:35elle est logée toujours dans ce secteur.
10:36On imagine que sur la tech, par exemple, le marché saluera, achètera en priorité
10:40ceux qui annonceront le moins d'investissements pour la suite,
10:42ou ce sera encore la prime à celui qui annonce les plus gros,
10:44les plus fous des investissements ?
10:46Enfin, il faudra investir, quand on est un gérant de la tech,
10:48énormément d'investissements pour rassurer le marché,
10:50ou au contraire, moins en annoncer que par le passé ?
10:51Si on annonce moins d'investissements, plus de revenus,
10:54ce sera finalement aussi une manière de dire,
10:56on commence à convertir ces investissements en flux de revenus.
11:01Donc, ça, c'est une première chose.
11:03Après, encore une fois, il ne faut pas non plus se leurrer.
11:05La croissance future, ça va être de l'énergie et de la capacité de calcul.
11:09Donc, si vous n'avez pas les deux, globalement, vous êtes un peu foutus.
11:12Et donc, du coup, si vous ne continuez pas,
11:14et on en parlera dans un data room,
11:15à avoir cette capacité de calcul qui est,
11:18qui va dire, indispensable pour faire fonctionner, en fait, tous ces modèles,
11:22eh bien, globalement, vous ne pourrez pas générer, effectivement,
11:24les flux de revenus nécessaires pour, encore une fois,
11:26permettre à vos cours de bourse de croître.
11:28Donc, c'est un équilibre.
11:29L'équilibre, on est sur vraiment un chemin de crête.
11:31Et le rebond des logiciels qu'on a observé, notamment hier,
11:33vous vous dites quoi, François ?
11:34C'est là la vraie tendance pour la suite,
11:36à savoir un rebond, ou au contraire, ce rebond qu'on a observé hier,
11:39il est très court-termiste, on se dit, bon, ok,
11:40sur les publications qui arrivent, là, il y aura plutôt des bonnes nouvelles,
11:43mais à terme, quand même, l'IA va remplacer le logiciel,
11:45donc ce n'est pas le moment d'y investir.
11:46Ce qu'on peut, enfin, moi, mon regard sur le secteur des logiciels,
11:50c'est qu'on ne retrouvera pas les multiples de valorisation qu'on avait avant.
11:53Avant, lorsque vous achetiez des éditeurs de logiciels,
11:56vous achetiez, eh bien, finalement, une garantie de revenus récurrents,
12:00en se disant, ben voilà, une entreprise, elle prend du SAP,
12:04elle aura le SAP quasiment toute sa vie.
12:06Là, aujourd'hui, on ne peut plus se dire, vous allez avoir du SAP,
12:10et dans 20 ans, vous aurez toujours du SAP.
12:13Parce que, ben voilà, les frontières deviennent poreuses.
12:19Alors, on a eu d'abord...
12:20Les entreprises oseront-elles lâcher ce qui les aide à se construire ?
12:24Se construire, c'est dans leur ADN, les logiciels, aujourd'hui,
12:26les ADN auxquels ils ont adhéré, donc...
12:28Oui, mais peut-être qu'il y aura d'autres acteurs qui arriveront.
12:30En tout cas, les barrières à l'entrée deviennent davantage poreuses,
12:33même pour un acteur, un champion comme SAP,
12:36qui est une référence dans les logiciels de comptabilité,
12:40il y a une porosité.
12:41Et ça, cette porosité, elle induit une prime de risque.
12:45Et donc, on ne retrouvera pas les niveaux de valorisation.
12:47Mais, je rejoins ce qui a été dit, c'est que,
12:49comme à chaque fois, la bourse, elle n'est jamais grise.
12:53Elle adore, donc SAP s'est envolé, et après, elle déteste.
12:58Et donc, SAP s'est écroulé.
12:59Et SAP, c'est qu'un exemple, c'est un des éditeurs de logiciels
13:03qui a le mieux tenu.
13:04On retrouve le même phénomène avec les sociétés de services informatiques.
13:09Mais là, ce qu'on peut se dire, c'est que les consultants
13:11ne seront plus payés de la même manière.
13:14Les modèles seront challengés, seront mis en compétition.
13:18Et donc, il y a quand même un risque.
13:21Et ce risque, ça induit un PER, des ratios de valorisation plus faibles.
13:26Ok, mais là, on parle de la tech comme si les perspectives de croissance
13:29dans ces publications, le potentiel de bonne surprise résidait encore dans la tech.
13:32On peut espérer un peu mieux désormais des cycliques aussi.
13:35Il y a de nouveaux secteurs qui sont en train d'émerger depuis quelques semaines.
13:37Est-ce que sur les publications, vous vous dites que c'est aussi là que ça va se jouer ?
13:40Il est aussi là, le moteur pour les marchés ?
13:42C'est clairement quelque chose qu'il faudra jouer aussi,
13:45puisqu'il y a la tech qui est effectivement toujours ce moteur.
13:48Il y a d'autres moteurs qui ont commencé à émerger.
13:50Le moteur énergétique, ça par contre, il ne va pas falloir effectivement le négliger,
13:53parce que cette histoire est partie pour durer.
13:55Il faut juste regarder la courbe, ce qu'anticipe le marché en matière de prix du pétrole.
13:59Ça ne va pas revenir immédiatement à la normale.
14:01On est repassé en dessous de 100, mais globalement encore une déclaration
14:04et c'est reparti dans l'autre sens.
14:05Le marché est très tendu.
14:07Et juste pour rappeler ce qui s'est passé en 2022,
14:10on a eu plusieurs épisodes de regains, de tensions sur les prix de l'énergie
14:14qui ont mis un an avant de s'estomper, de revenir à 80.
14:18Bon, donc du coup, cette histoire, il ne faut pas l'enlever.
14:20Et puis les infrastructures sont abîmées, on rappelle, au Qatar,
14:22la plus grande usine de GNL au monde, il faudra 3 à 5 ans pour la réparer.
14:253 à 5 ans, exactement.
14:25Donc les infrastructures, vous en parliez, ça c'est indispensable.
14:28Ça l'était déjà avant, parce qu'acheminer l'énergie sur les data centers,
14:31on revient sur la tech, c'est un enjeu absolument primordial.
14:34Et puis globalement, maintenant, il y a l'industrie, de manière générale,
14:37qui va, elle aussi, bénéficier de tout ce cosme.
14:39Donc par percolation, en quelque sorte, il y aura d'autres secteurs,
14:43les cycliques, vous le mentionniez, qui vont effectivement bénéficier de ce cosme,
14:46qui n'est pas celui qu'on attendait.
14:48Clairement, personne n'avait vu, effectivement, venir cette déflagration,
14:52si je puis dire, mais qui a, bien sûr, des effets.
14:54Et puis on sait tous que, finalement, ce genre de situation génère des opportunités.
14:58Il faut les saisir, effectivement.
14:59L'industrie, pourquoi pas, dans cette saison de publication, François ?
15:01Oui, l'industrie, l'électrification, on le voit,
15:04il n'y a pas de raison que ça ralentisse.
15:06Au contraire, ça peut même s'accélérer.
15:09D'ailleurs, on le voit en France, il y a des nouveaux projets d'électrification.
15:13Le gouvernement veut qu'il n'y ait plus, à terme, de chauffage à gaz en France
15:16et que tous les chauffages sont...
15:17Voilà, c'est peut-être un vœu pieux, mais en tout cas, ça dessine une tendance.
15:20Vous vous souvenez de l'époque, c'est sur les immeubles,
15:22c'est écrit même sur les immeubles, gaz à tous les étages.
15:24C'était un avantage.
15:25Voilà, mais on n'a pas de commissariat au plan,
15:28on n'a aucune planification, donc du coup, c'est un vœu pieux, effectivement.
15:31Mais bon, ça milite quand même pour...
15:34En tout cas, ça redonne une pièce dans cette thématique.
15:36Donc oui, les thématiques défense, les thématiques électrification,
15:39ce sont des thématiques extrêmement porteuses.
15:41Et à l'inverse, à court terme, peut-être que la consommation,
15:45avec la dégradation quand même du pouvoir d'achat,
15:48c'est un secteur peut-être à délaisser,
15:50en tout cas à alléger dans le contexte actuel,
15:53parce qu'on le voit, on a plutôt tendance à vouloir acheter de l'industrie,
15:57voire de l'industrie lourde, des infrastructures,
16:01l'énergie au global pour les data centers, etc.
16:04Donc ça, on voit que les thématiques-là, elles sont porteuses.
16:06Après, bien sûr, tout a un prix,
16:08donc tout ne peut pas aller...
16:10Il faut regarder et ne pas acheter trop cher.
16:13Mais ça, c'est quelque chose qui va durer.
16:16Et la défense, le fait qu'il y ait eu des prises de bénéfices
16:18sur les acteurs de la défense, c'est une bonne occasion pour y rentrer.
16:21Ah, vous croyez ?
16:22C'est une question qu'on se pose avec Antoine depuis hier,
16:23parce que quand même, il y a un signal italien sur la défense.
16:25Le plafond de verre des valeurs de défense européennes,
16:28il se trouve que le patron Leonardo est débarqué,
16:30on a appris ça il y a quelques jours,
16:31alors que Leonardo cartonne des résultats financiers magnifiques
16:34et des prouesses, des progrès technologiques importants.
16:36Il est débarqué, manifestement aussi,
16:39parce que Leonardo technologiquement va trop vite
16:40et commence à faire de l'ombre à certains acteurs américains.
16:43Sauf que l'Italie, le gouvernement actuel de l'Italie,
16:45Giorgio Amolini, est très lié, très transatlantique,
16:47est lié aux Etats-Unis.
16:48Il ne faudrait pas trop leur faire de l'ombre.
16:49Ce serait une des raisons de l'émergeage du patron de Leonardo.
16:53Évidemment, c'est un secteur hautement stratégique.
16:55On a eu le même sujet en Espagne avec Indra,
16:57où le dirigeant a été débarqué
16:59parce qu'il voulait fusionner avec une activité
17:01d'une entreprise familiale
17:02qu'il voulait intégrer dans Indra
17:04et devenir un actionnaire de référence.
17:07Et en France aussi, c'est un sujet hautement politique.
17:10Ça limite le potentiel des acteurs de la défense européenne ?
17:12Ça limite, oui et non.
17:13Pour qu'on soit fort, mais pas trop, trop.
17:17Vous avez souvent un État qui est actionnaire
17:20et qui est le principal client.
17:22Donc, il faut absolument que le manager s'entende
17:25avec son actionnaire qui est aussi son client.
17:28Et donc, finalement, il faut un alignement de planète.
17:30Et on a les mêmes sujets aussi en France,
17:33peut-être à un degré moindre
17:34parce qu'on a des excellents managers.
17:36Je pense notamment à Dassault.
17:37Mais évidemment qu'il faut s'entendre avec l'État
17:41qui participe à la commercialisation de tous les produits.
17:45Donc, la défense, un point d'entrée.
17:47Pour moi, c'est clairement un point d'entrée.
17:49On a eu des prises de bénéfices
17:51pour solder des pertes par ailleurs.
17:53Mais maintenant, ce qu'il ne faut pas,
17:55c'est que les taux d'intérêt s'emballent
17:57parce que le principal client, ce sont les États.
18:00Et les États, ils se mettent à payer dans leur budget.
18:03L'essentiel du budget va aux charges d'intérêt
18:06pour financer la dette.
18:08Et si ces taux montent trop vite,
18:11ils ne pourront pas le mettre dans la défense
18:13alors que c'est devenu un sujet prioritaire pour eux.
18:16Et on voit la sensibilité au taux d'intérêt
18:17est devenue extrêmement forte pour les valeurs de défense.
18:19Et là, la boucle est bouclée.
18:20Jean-Jérôme Eloni, en vient à elle,
18:21demande la suspension de la règle des 3% de déficit en Europe.
18:24Oui, mais ça, peut-être qu'elle n'a pas saisi
18:27que finalement, ça faisait longtemps
18:28que personne ne la respectait.
18:29Premièrement.
18:30Et deuxièmement, le problème,
18:31c'est que ce n'est pas de savoir finalement
18:33si les taux vont continuer à monter,
18:34c'est que les taux vont surtout baisser.
18:36Parce que là, déjà, à ce niveau-là de taux d'intérêt,
18:41elle est déjà quand même assez importante.
18:44Oui, mais pour tout le monde.
18:45Oui, mais on n'a pas les mêmes marges de manœuvre budgétaire.
18:47C'est-à-dire qu'en gros, il y a des pays
18:48qui arrivent à réduire leur ratio d'aides sur PIB.
18:50L'Italie, l'Espagne l'ont fait parfaitement.
18:52La France, pour le moment,
18:54n'a pas réussi à faire la démonstration de cet exploit.
18:57Et donc, du coup, globalement,
18:58et puis l'Allemagne, on n'en parle même pas,
18:59on connaît leur situation budgétaire.
19:00Donc, on n'est pas logé à la même enseigne
19:02et donc, on n'a pas la même sensibilité, finalement,
19:05à la question des taux d'intérêt.
19:06Et fondamentalement, est-ce que les taux vont baisser
19:10d'ici la fin de l'année
19:11ou même, finalement, dans les trimestres à venir ?
19:14Globalement, ça semble assez mal parti.
19:16Et c'est là où, véritablement, il y a un problème,
19:17il y a un paradoxe.
19:18C'est qu'on a effectivement la question de la souveraineté
19:22qui vient, finalement, sur le devant de la scène.
19:24On parle de souveraineté,
19:25à la fois au niveau de la défense énergétique, etc.
19:27Mais dès qu'il s'agit, effectivement,
19:28vous le disiez,
19:29d'être, on va dire, un peu plus fort
19:31que nos copains américains,
19:32ben non, il ne faut pas trop.
19:33Donc, à un moment donné,
19:34nous sommes menacés par la Russie, a priori.
19:36En tout cas, c'est le discours qui est porté.
19:39Et donc, de ce point de vue-là,
19:40nous avons tout intérêt, effectivement,
19:42à accélérer la cadence.
19:43Nous, on accélère jusqu'à la clôture.
19:45On est à 10 minutes, à peine,
19:46de la clôture des marchés, ici, en Europe.
19:48Dans cette dernière ligne droite,
19:50le CAC gagne 1,2%.
19:51Voilà, il accélère en plus à la hausse,
19:53à la tête du CAC, en tête du CAC.
19:54Eurofins gagne 5,2%.
19:56Eurofins, qui se ressentent sur ses activités
19:58de santé et d'environnement,
19:59ça porte le titre,
20:00avec l'annonce d'une cession de la part d'Eurofins.
20:03Et si l'or aussi est en hausse,
20:04Kering, qui va publier dans quelques minutes,
20:05juste après la clôture,
20:06gagne de son côté 3,5%.
20:07En repli, on a qui ?
20:08On a Total Énergie,
20:09avec les cours du pétrole qui se détendent.
20:11Donc, on entend parler de possibles discussions
20:13en cours, à nouveau,
20:14entre Iraniens et Américains, figurez-vous,
20:16pour peut-être rouvrir des négociations
20:18dans quelques jours,
20:19peut-être dès la fin de cette semaine.
20:20D'ailleurs, Islamabad, le Pakistan,
20:22est à nouveau candidat
20:23pour accueillir un deuxième cycle de négociations
20:25entre Iraniens et Américains.
20:27C'est ce qu'on apprend aujourd'hui
20:28de plusieurs médias,
20:29notamment d'Al Jazeera,
20:30et également de certains médias anglo-saxons.
20:32Donc, peut-être un nouveau rang de négociations à venir
20:34qui doit encore être confirmé.
20:35Total Énergie recule avec le pétrole.
20:373% de baisse pour ce titre.
20:39Total Énergie.
20:40Notez que cette détente des cours du pétrole,
20:42elle porte les compagnies aériennes
20:43en Air France-KLM,
20:44qui gagne 4% aujourd'hui.
20:45Et un consortium,
20:47un groupement de compagnies aériennes,
20:49demande officiellement à Bruxelles
20:50d'acheter du pétrole, du kérosène,
20:54en un achat groupé.
20:55Un achat groupé pour limiter le prix,
20:58limiter le poids de cette hausse
20:59du coût du kérosène pour les compagnies aériennes.
21:01Tout le secteur est en hausse en ce moment.
21:03Et aux États-Unis,
21:03le secteur aussi est bien orienté
21:05avec à venir peut-être une fusion.
21:06Alors, on verra.
21:07Ce serait un nouveau géant du secteur aérien.
21:09Peut-être une fusion à venir
21:10entre United et American Airlines.
21:12Le PDG de United Airlines
21:13a soulevé ce scénario
21:15d'une possible fusion avec American Airlines
21:17auprès de Donald Trump.
21:18C'est ce qu'on apprend de Reuters aujourd'hui.
21:19On aurait un immense acteur américain
21:21qui verrait le jour.
21:22Voilà.
21:23Qui sait ?
21:24Une fusion acquisition,
21:24peut-être dans ce secteur aérien.
21:26Là-bas aussi, aux États-Unis.
21:27Total Énergie qui, au contraire, recule.
21:29Alors, Total Énergie,
21:30son patron Patrick Pouyanné s'est exprimé.
21:32Alors, pour lui,
21:33mieux vaut un péage qu'un barrage.
21:35Le blocus, la fermeture,
21:38l'impratiquabilité de ce détroit d'Hormuz,
21:40ce n'est pas possible.
21:41Il préfère payer de l'argent.
21:42Il préfère un péage.
21:43Un péage plutôt qu'un barrage.
21:44Même s'il égale un péage
21:46sur le détroit d'Hormuz.
21:47Vous comprenez les propos
21:48du patron de Total Énergie ?
21:49Complètement, oui.
21:50Il y a absolument raison.
21:51Un blocage, ça veut dire que fondamentalement,
21:53vous êtes contraint par l'énergie,
21:54vous êtes contraint sur la production.
21:55Vous ne pouvez pas produire.
21:56Donc, c'est simple, c'est zéro.
21:58Et là, globalement,
21:59les conséquences sont assez visibles,
22:00directes et graves.
22:01Un péage, ça veut dire
22:03qu'on est sur de l'énergie,
22:04donc un bien sur lequel
22:06il y a assez peu de substituts.
22:07Donc, mis à part le charbon
22:08pour certaines économies
22:09qui ont un mix énergétique,
22:10notamment en Asie.
22:11Mais globalement,
22:11on ne peut pas s'en passer.
22:12Donc, ça veut dire que
22:13qu'est-ce que va faire Total ?
22:15Même si je paie le péage,
22:16je répercute tout simplement
22:17le droit de péage
22:19sur les prix des produits raffinés.
22:22Le précédent, il est énorme.
22:23C'est-à-dire qu'on n'a pas à mettre un péage
22:24sur un détroit naturel.
22:25C'est pas possible.
22:26Enfin, c'est possible,
22:27mais c'est illégal.
22:28Et puis, alors, on va y aller
22:30sur les péages.
22:30C'est à peu près vieux comme le monde,
22:32mon pauvre Guillaume.
22:33Oui, d'accord, mais il n'y en a plus.
22:34Il y a le droit international
22:35qui est passé entre-temps.
22:36Oui, c'est ce qu'il en reste.
22:37Et Donald Trump,
22:38on a quelque chose à faire
22:39tout international.
22:40Mais globalement...
22:40Ah, mais très bien.
22:41Alors, l'Espagne et le Maroc
22:42vont mettre un péage
22:43sur le détroit de Gibraltar
22:44et privatiser la Méditerranée.
22:45Allons-y.
22:45Nous, les Français et les Anglais,
22:46on va privatiser la mer du Nord.
22:48Entre Douvres et Calais,
22:49c'est un détroit.
22:49Allons-y.
22:50Allons-y.
22:51Mais qu'est-ce que c'est
22:51que si en microéconomie,
22:52c'est de la captation d'un surplus ?
22:53Donc, finalement, ça a toujours existé.
22:55Il n'y a aucun problème.
22:56Et donc...
22:57Ah, vous êtes cynique.
22:58Non, mais encore une fois...
23:00Non, mais oui, je suis un peu cynique
23:01parce que les marchés le sont, par ailleurs.
23:02Mais entre zéro et finalement
23:04et payer une prime,
23:06en quelque sorte,
23:07eh bien globalement,
23:08bon, bah oui,
23:08tout le monde préfère payer une prime
23:10plutôt que de ne plus avoir accès à de l'énergie.
23:11Je comprends.
23:12Je comprends le calcul.
23:13Mais ce n'est pas défendable.
23:14François, c'est défendable ?
23:15Un péage sur un détroit ?
23:16Ça dépend de votre raisonnement.
23:17Si c'est un raisonnement économique,
23:18il faut mieux un péage
23:20qu'un blocage.
23:22Mais politiquement,
23:23ce n'est pas acceptable.
23:24Comment voulez-vous que le Qatar accepte ?
23:26Comment voulez-vous que les Émirats arabes unis acceptent ?
23:28Comment voulez-vous que l'Arabie saoudite accepte ?
23:30En payant.
23:32Bah, pour donner de l'argent
23:34à votre principal ennemi,
23:37je ne suis pas sûr que...
23:39Voilà.
23:40Donc, politiquement,
23:41c'est extrêmement compliqué
23:43de valider ce principe.
23:45Économiquement,
23:46bah oui,
23:47on fait du business
23:49s'il y a péage,
23:50s'il n'y a pas de péage,
23:51s'il n'y a pas de pétrole,
23:53s'il n'y a pas de pétrole,
23:53il y en a qui ne font pas d'argent.
23:55Quelle meilleure illustration
23:56du terme barrière à l'entrée ?
23:59Complètement.
23:59Je veux dire, voilà.
24:01Oui, complètement.
24:02C'est barrière à la sortie, là, surtout.
24:03Oui, là, pour le coup,
24:04c'est à la sortie.
24:05Non, et économiquement,
24:06c'est vrai,
24:06on comprend la rationalité du calcul,
24:08c'est-à-dire qu'un péage,
24:09ça coûterait moins cher
24:10que des prix du pétrole
24:10qui flamberaient encore plus
24:11si le blocage s'éternisait.
24:12C'est même pas ça,
24:13c'est qu'on ne pourrait pas produire.
24:14Vous mettez, par exemple,
24:15l'économie allemande,
24:16pourquoi elle s'est, entre guillemets,
24:18pris trois ans de récession ?
24:19C'est parce qu'elle n'avait,
24:20à un moment donné,
24:21la première année,
24:21plus accès à du gaz.
24:23Donc, c'est quand même très compliqué.
24:25On parle d'un élément
24:26qui est absolument essentiel
24:27à la production.
24:28S'il n'y a pas de production,
24:29il n'y a quasiment,
24:30il n'y a pas d'échange,
24:31il n'y a pas d'économie.
24:31Donc, on en est, en fait,
24:33à raisonner sur, finalement,
24:35on appelle ça un Dirac,
24:36quelque part.
24:37Donc, c'est 0-1.
24:38Donc, soit on ne produit pas,
24:39soit on produit,
24:39effectivement,
24:40avec une prime.
24:41Bon, mais je rappellerai
24:42que Donald Trump,
24:43il y a quelques jours,
24:44disait, pourquoi pas un péage,
24:45mais c'est 50-50.
24:4750 pour l'Iran,
24:4850 pour les États-Unis.
24:49Oui, oui.
24:50Avant, c'est un volte-face,
24:51demi-tour le lendemain.
24:52Voilà.
24:53Mais ça a été le cas,
24:54il a quand même été abordé
24:55en disant,
24:56péage,
24:56mais il a dû être rattrapé
24:57par son équipe de com'.
24:58Les yeux qui brillent,
25:00là, il y avait de l'argent.
25:01Oui, là, il y a moyen
25:01de faire des affaires.
25:02Il y a quelqu'un l'a rattrapé
25:02en Suisse.
25:03Il y a un hôtel,
25:03et puis une huile,
25:04et puis tout ça.
25:05Tiens, jackpot pour Moscou,
25:06ce qui se passe en ce moment
25:07dans l'Étroit d'Hormuz.
25:08On apprend aujourd'hui
25:08que la Russie, en mars,
25:10a doublé ses recettes
25:11d'exportation pétrolière.
25:12Oui, parce qu'on rappelle
25:13qu'en plus, en mars,
25:14Washington a autorisé les Indiens
25:15à acheter du pétrole russe.
25:16Voilà.
25:17Et donc, les Russes ont réussi
25:18à doubler en mars
25:19leurs recettes
25:19d'exportation pétrolière.
25:21Voilà.
25:21L'Iran, lui, a tenté
25:22ces dernières semaines
25:22de convaincre Oman,
25:24l'autre pays bordant
25:26ce d'Étroit d'Hormuz,
25:28de participer à ce péage.
25:29Voilà.
25:31Oman !
25:31Il y a une manne, là.
25:33On enchaîne.
25:34Le CAC est en hausse,
25:35c'est vrai.
25:36On verra si dans un instant
25:37on tient la hausse.
25:38On verra si Wall Street
25:38bat un record dès aujourd'hui
25:40parce que le S&P
25:40est en train à l'instant
25:41d'accélérer 1% de hausse.
25:43À l'instant, le S&P,
25:44il est donc, le S&P,
25:48et l'autre bonne nouvelle
25:49que peut-être salue le marché,
25:50c'est cette éclaircisse
25:52sur le marché du crédit privé.
25:53On apprend qu'alors
25:55qu'il y a eu un énorme stress
25:56ces dernières semaines
25:56sur le marché du crédit privé,
25:58ces retraits massifs
26:00demandés par les clients,
26:01eh bien, Bluehole Capital,
26:03très exposé au marché
26:04des logiciels,
26:04Bluehole Capital a réussi
26:05à lever 400 millions de dollars
26:06pour ses fonds de crédit privé,
26:07malgré le stress ambiant.
26:08C'est un signal très rassurant
26:10ce qui est en train d'arriver,
26:11ce que nous envoie
26:12au Bluehole Capital, Mabrouk ?
26:13Très rassurant, je ne sais pas.
26:15En tout cas, ça montre effectivement
26:16qu'il y a toujours de l'appétit
26:17pour la classe d'actifs.
26:18Maintenant, je pense que
26:19la leçon de cette tension,
26:21finalement, qui a régné
26:22sur la dette privée,
26:24c'est peut-être faire
26:25un peu plus de pédagogie
26:26pour expliquer ce que c'est
26:26que la liquidité, au fond.
26:28Donc, à un moment donné,
26:29on en est là,
26:30et quelque part, finalement,
26:32tous ces besoins,
26:34cette demande, finalement,
26:35de liquidité,
26:36qui n'a pas été pourvue
26:37pour des questions,
26:37on va dire, évidentes,
26:38c'est la classe d'actifs
26:39qui résonne comme ça,
26:41montre finalement
26:41qu'il y a encore peut-être
26:42un peu de pédagogie,
26:43mais globalement,
26:44si on arrive encore à placer,
26:45à lever effectivement
26:46400 millions pour aller
26:47investir sur des projets
26:49effectivement de dette privée,
26:50c'est plutôt effectivement
26:51un bon signal.
26:52C'est-à-dire que la tension,
26:53finalement,
26:54On n'avait pas vu venir,
26:54ce bon signal, quand même.
26:55On s'imaginait qu'ils arriveraient
26:56à lever si vite.
26:57400 millions d'euros,
26:58c'est deux dollars
26:59de levée de fonds,
27:00c'est leur plus grosse
27:00en un mois depuis le début
27:01de ces doutes autour
27:02du marché du crédit privé.
27:03C'est un vrai signal
27:04ou c'est le marché,
27:05tout simplement ?
27:06Non, c'est rassurant.
27:08En tout cas, on gagne du temps.
27:10Maintenant, ce qu'il faut voir,
27:11c'est comment va évoluer
27:12le taux de défaillance
27:13de ces entreprises
27:15dans un contexte
27:16où il y a quand même
27:17des perspectives
27:17de ralentissement économique.
27:19Donc, mécaniquement,
27:20il devrait y avoir
27:21un taux de défaillance
27:22qui progresse,
27:23ça c'est le premier point.
27:24L'IA, c'est un acteur
27:27qui apporte une disruption,
27:29donc qui augmente
27:30le taux de défaillance,
27:31ça c'est le deuxième point.
27:32Et donc, finalement,
27:33il y aura des perdants.
27:34Mais c'est normal,
27:36puisque vous avez des acteurs
27:37qui disent,
27:39je prête parce que
27:40à ces entreprises-là
27:42parce que des banques
27:42n'ont pas prêté,
27:43ça veut dire qu'il y a un risque.
27:45Ce risque, il est rémunéré
27:47par des taux plus sympathiques,
27:49mais ça veut dire aussi
27:52que vous pouvez vous retrouver
27:55avoir perdu votre investissement
27:57parce que derrière,
27:59l'entreprise n'a pas survécu.
28:00Donc, ce risque,
28:01il est inhérent.
28:02Et la liquidité,
28:03c'est quelque chose
28:04qu'on redécouvre.
28:05On a redécouvert
28:07avec les SCPI
28:08où il y avait beaucoup d'acteurs
28:09qui pensaient que c'était
28:10un actif quasiment liquide.
28:11Et là,
28:12c'est encore moins liquide
28:13qu'une SCPI.
28:14Dans un instant,
28:15la clôture,
28:16ce sera dans pile trois minutes.
28:17On la vivra ensemble
28:17avec Antoine.
28:18D'abord, on entre,
28:19messieurs,
28:19dans la Data Room.
28:28Cette Data Room,
28:29c'est chaque soir
28:30votre outil
28:30pour regarder le réel
28:32en face,
28:32dans les yeux,
28:33sans vous laisser aveugler.
28:34Mabrouk et François,
28:35êtes-vous prêts
28:36à nous offrir
28:36un regard lucide
28:37sur le monde
28:38grâce à vos datas ?
28:39Prêt.
28:41Pardon, Mabrouk ?
28:41On y va, on y va.
28:43François,
28:43on va démarrer avec vous.
28:44Votre chiffre ce soir,
28:45votre Data,
28:468.
28:478, c'est le nombre
28:48d'entreprises
28:49qui sont présentes
28:50au CAC 40
28:50dont la capitalisation
28:51dépasse les 100 milliards.
28:53Alors, bien sûr,
28:53on retrouve les valeurs du luxe
28:54avec en tête
28:55LVMH,
28:56première capitalisation,
28:58et L'Oréal et Hermès.
28:59Mais ce n'est pas là-dessus
29:00que je voulais
29:00attirer votre attention.
29:01C'est sur la composition
29:03de ces huit valeurs
29:03et les comportements
29:04de ces valeurs-là.
29:05On a par exemple Total
29:06qui est revenu plus gros
29:07que Stenner électrique.
29:10Donc, on voit
29:11qu'il y a le retour du pétrole
29:12et on sait
29:12la thématique ESG,
29:14c'est une thématique
29:14qui marche moins bien,
29:15même si l'électrification,
29:16en tout cas,
29:17nous chez Investir,
29:17on y croit beaucoup,
29:18mais on voit
29:18qu'il y a vraiment
29:19un changement.
29:20Le deuxième phénomène,
29:22c'est que maintenant,
29:22on a un safran
29:23en équipementier
29:24qui devient quasiment aussi gros
29:25et qui va probablement
29:26dépasser Airbus
29:28en termes de capitalisation
29:29et ça, c'est quelque chose
29:29de nouveau
29:31et donc ça,
29:31ça mérite de l'attention
29:33et ce qui est intéressant,
29:34c'est que parmi
29:35les grandes valeurs,
29:37il n'y a pas de banque
29:38alors qu'on a des champions
29:40et ça pèle peut-être
29:41à un besoin
29:42de consolidation du secteur
29:43quand on voit
29:43ce qui s'est passé
29:44aux États-Unis
29:45et les écarts de capitalisation
29:46entre les banques américaines
29:47et les banques européennes.
29:48Donc, il y a un vrai sujet
29:49quand même en France.
29:49Il n'y a plus de santé.
29:51Sanofi et SILOR
29:52ne font plus partie
29:53du trio de tête,
29:55en tout cas,
29:55parmi les plus grandes capitalisations
29:57et là, on voit quand même
29:59que c'est un mâle français.
30:00On n'a pas de deck
30:02parmi les grands champions
30:03et donc là,
30:04il est peut-être temps
30:04qu'on se réveille
30:05et qu'on arrive
30:06à créer un champion.
30:07Voilà, 8 valeurs du CAC
30:08qui reflètent l'État de la France.
30:10Intéressant votre data,
30:11intéressante.
30:12À vous, Mabrouk,
30:12votre chiffre,
30:131 401 quintillion.
30:17Alors, qu'est-ce qu'un quintillion ?
30:18Déjà pour commencer,
30:19c'est 10 puissance 30,
30:21c'est 1 000 milliards,
30:22milliards, milliards
30:23et globalement,
30:24en fait, ça représente
30:25la capacité de calcul,
30:26on va dire,
30:27c'est comme ça
30:27qu'on la représente
30:28aux États-Unis.
30:29Donc, en gros,
30:30on peut faire effectivement,
30:32au premier semestre 2025,
30:34les États-Unis étaient capables
30:35de générer ce montant-là
30:36de calcul.
30:37Quand on agrégait
30:37tous les ordinateurs.
30:38Exactement.
30:38Et ça, c'était effectivement
30:39orienté IA.
30:40Pour vous donner
30:41une échelle de comparaison,
30:42c'est 375 quintillion
30:44finalement en Chine
30:45et c'est autour,
30:47je crois,
30:474 fois moins en Chine
30:48qu'aux États-Unis.
30:49Et si je te bats de bêtises,
30:50je crois que c'est 62 ou 64
30:51finalement en Europe.
30:52Donc, c'est 20 fois moins
30:53qu'aux États-Unis.
30:54Voilà.
30:54Et là, en fait,
30:55ça, c'est le premier point.
30:56Donc, ça montre effectivement
30:56l'écart abissal
30:57qui nous sépare
30:58avec les États-Unis.
30:59Ça, c'est le premier.
31:00Ce sont les données
31:01qui ont été publiées
31:01par la Fed.
31:02Donc, clairement,
31:02très officielles.
31:03Et là-dessus,
31:04encore une fois,
31:05si on doute
31:06de l'avance technologique
31:08américaine,
31:08il n'y a pas de doute.
31:09Mais en fait,
31:09ce qui est encore plus aberrant,
31:10si je puis dire,
31:11quand on regarde
31:12les projections
31:12qui sont faites
31:13sur cette capacité de calcul,
31:15les États-Unis,
31:16à eux seuls,
31:16devraient atteindre
31:1745 000 quintillions.
31:19Donc, à l'horizon 2030.
31:20Dans 3 ans ?
31:22Oui, c'est ça.
31:23Dans 4 ans, en fait.
31:24Effectivement,
31:24dans 3 ans et demi, 4 ans,
31:25ils vont atteindre
31:26ce niveau de capacité de calcul.
31:27Ils vont passer
31:28de 1 400 quintillions
31:29à 40 000.
31:3045 000.
31:3145 000 en 3 ans.
31:32C'est-à-dire qu'ils vont faire
31:32fois 30 en 3 ans.
31:33C'est exponentiel, en fait.
31:35Et quand vous écoutez
31:36les experts, en fait,
31:36qui travaillent justement
31:37sur les projections
31:38de capacité de calcul,
31:39ce n'est pas linéaire,
31:41ce ne sont pas des croissances
31:42linéaires,
31:42ce sont des croissances
31:42qui sont exponentielles.
31:43Et ce résultat
31:44n'est pas étonnant,
31:45globalement.
31:45et compte tenu, finalement,
31:47de la masse investie,
31:48je ne parle pas de la masse
31:49qui va être investie,
31:50ce résultat montre,
31:51effectivement,
31:52l'écrasante domination,
31:53en fait,
31:53de l'attaque américaine.
31:56Passionnant, oui.
31:57Merci beaucoup.
31:58Mabrouk, Chetouane,
31:59avec nous pour l'Intixis.
32:00François Monnier,
32:00directeur de la résection
32:01d'Investir.
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