00:00Vraiment, je suis désolé, on peut être en désaccord avec ce que fait le texte et ce que je propose.
00:04Il n'y a aucun problème. Mais quelles sont les propositions alternatives à part exclure du champ de...
00:08Voilà. Non, il n'y a pas de proposition pour aller plus vite. Vous n'en avez pas ? Non,
00:11vous n'en avez pas.
00:12Donc, je pense que je montre que je suis extrêmement constructif.
00:15Je veux dire comme avec Mme Vérien, qu'il ne s'agit pas de sentir ou de ne pas sentir
00:19d'un côté ce qui serait du côté du bien
00:22et de l'autre ce qui serait dans le camp du mal.
00:24Tout le monde essaie de faire au mieux pour la justice qui a une difficulté extrêmement importante.
00:27Et vous avez raison, dans le territoire ultramarin en particulier et singulièrement dans le territoire magnifique de la Martinique.
00:33Je l'entends très bien. Il y a aussi des magistrats, il y a aussi l'association de victimes, il
00:37y a aussi des avocats qui sont favorables à ce texte
00:41parce que je pense qu'il pose une question profonde, qui est une question en effet de savoir qu'est
00:45-ce qu'il faut faire.
00:46Est-ce qu'on veut un jugement dans une justice que l'on qualifie d'idéal mais qui crée beaucoup
00:50de victimisation secondaire ?
00:52Ou est-ce qu'on veut juger les crimes ? Parce que la vérité, c'est qu'aujourd'hui, on
00:54ne juge pas les crimes à temps.
00:55Des gens qui attendent huit ans, huit ans, huit ans pour avoir en première instance une date d'audience et
01:01une condamnation.
01:03Vous savez comment ça se passe aujourd'hui ? Je suis sûr que vous le savez, vous les rencontrez ces
01:05victimes.
01:06Il existe des moments où on dit ne citez pas trop de témoins, il faut que ça tienne en une
01:10journée, deux jours à la cour criminelle.
01:12Du coup, la partie civile ou le... Non, madame de la Gontry, vous êtes trop fine juriste pour savoir que
01:17je ne donne aucune instruction au premier président de la cour d'appel et au président de la...
01:20Bon, madame, madame, madame de la Gontry, voilà, séparation des pouvoirs, je pense que vous y êtes attachés.
01:25Et vous n'allez pas en plus me reprocher à moi de réduire le quantum de peine des criminels.
01:29Ce serait quand même quelque chose qui serait assez paradoxal.
01:32Voilà. Vous qui dites toujours que ce n'est pas avec un code pénal qu'on commet des infractions sous
01:36le bras et qu'à chaque fois qu'on a un texte,
01:38j'avais porté 4 ans et demi, mais il s'est à l'intérieur ici, vous m'avez dit, vous
01:41créez des infractions, vous adorissez des peines,
01:42il faut parler, il faut lutter contre la récidive, il faut de la justice restaurative, il faut que l'accusé
01:46comprenne la peine.
01:48Quand on vous propose quelque chose qui va dans ce sens-là, vous dites jamais, jamais, jamais.
01:50Bon, donc ça devient un petit peu paradoxal. On aurait peut-être plutôt l'impression que vous êtes par principe
01:55opposé et peut-être avec un certain conservatisme,
01:58ce que j'imagine pas un seul instant.
01:59Mais je reviens sur la démonstration pour Mme Conconne. Je veux dire que qu'est-ce qu'on propose aux
02:04victimes qui attendent 8 ans ?
02:05Qu'attendent 8 ans d'avoir une réponse. Vous pensez que c'est positif pour ces victimes, même issus d
02:10'un meurtre aggravé, si tout le monde le reconnaît, qu'est-ce qui bloque ?
02:13Et quand à la fin la victime vous dit quel est le sens de la condamnation de l'accusé lorsque
02:21celui-ci va venir devant la cour et dire « entre-temps je me suis marié, entre-temps j'ai
02:25eu des enfants,
02:25entre-temps j'ai changé de vie ». Et vous pensez que ça n'arrive jamais ça ? Que du
02:29coup le quantum de peine qui est prononcé est bien moins inférieur parce que l'accusé
02:33ne ressemble plus du tout à ce qu'il était 8 ans, 9 ans, 10 ans avant ? Et que
02:37pendant ce temps-là la victime n'a pas du tout pu se reconstruire ?
02:40Bon, voilà. Donc je pense que la question qui se pose c'est qu'est-ce que nous faisons ?
02:43Eh bien nous proposons quelque chose, je vous demande qu'est-ce que vous faites ?
02:46La vie défavorable.
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