- il y a 4 heures
Le 21 mai, le Sénat organisait une table-ronde sur les jeunes et l’entreprenariat, à l’occasion de la journée des entreprises. Etaient présents Philippine Dolbeau, entrepreneure, journaliste et conférencière, Patrick Martin, président du MEDEF, Président du Groupe Martin Belaysoud et Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. Tous les trois ont insisté sur l’importance de l’éducation financière au cours de la scolarité pour donner envie aux jeunes de se lancer dans l’entreprenariat. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025
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00:00:09Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition 100% Sénat pour suivre ce matin un colloque consacré aux
00:00:16entreprises,
00:00:17un événement organisé chaque année par la délégation du Sénat aux entreprises, une délégation présidée par le LR Olivier Rietmann
00:00:24et en présence de Gérard Larcher, le président du Sénat, le président du Sénat qui a appelé à être souverain
00:00:29en matière d'intelligence artificielle.
00:00:31Si nous ne produisons pas notre propre intelligence artificielle, nous risquons d'importer les biais, choix et contraintes de ceux
00:00:38qui la développent en dehors des normes.
00:00:40Autre moment fort avec cette table ronde consacrée aux jeunes dans le monde de l'entreprise, des échanges en présence
00:00:46du président du MEDEF.
00:00:48Voyez quelques extraits.
00:00:50Cette journée, les entreprises incarnent le dialogue approfondi, régulier, concret, que la délégation entretient avec les acteurs économiques.
00:00:58Ce dialogue est indispensable pour mieux éclairer l'ensemble de nos collègues sénateurs sur les impératifs de la vie économique
00:01:04et préparer les évolutions du cadre normatif, prof à soutenir le développement notamment des petites et moyennes entreprises et des
00:01:13PMI,
00:01:14encourager l'activité économique et l'emploi dans les territoires.
00:01:17Partir, mesdames et messieurs, d'une approche concrète, pragmatique des situations, je crois que ça constitue un principe cardinal,
00:01:26pas simplement pour cette délégation, de notre action au Sénat.
00:01:31Depuis sa création en 2014, la délégation a rencontré plus de 4 500 chefs d'entreprise au Sénat ou dans
00:01:40ses déplacements dans les territoires.
00:01:41Dans le cadre du Tour de France des entreprises, 48 déplacements ont été réalisés dans presque la moitié des départements
00:01:48métropolitains,
00:01:50et le plus récemment le Gard, le Vaucluse, le Loiret, madame Martin, et bientôt dans le département de l'Oise.
00:01:58La délégation a initié en 2023 un rendez-vous mensuel, la parole aux entrepreneurs, ouvert à l'ensemble des sénateurs,
00:02:07qui permet de recueillir le témoignage direct et concret du dirigeant d'entreprise au parcours professionnel et entrepreneurial souvent remarquable.
00:02:18Cette proximité avec le monde de l'entreprise doit également beaucoup au partenariat conclu avec le Président et le réseau
00:02:27des chambres de commerce et d'industrie,
00:02:29qui ouvre la possibilité aux sénateurs qui le souhaitent de passer une ou plusieurs journées en immersion dans les entreprises.
00:02:39Je veux insister là-dessus. Ce contact direct est essentiel pour la bonne compréhension des enjeux économiques locaux et des
00:02:46attentes des entreprises.
00:02:48Constitue à mon sens la meilleure garantie quant à la pertinence de nos travaux et à l'efficacité des mesures
00:02:53que nous proposons et adoptons.
00:02:56Deux exemples, M. le Président, vous venez de les rappeler, mais qui illustrent le fruit des travaux de la délégation.
00:03:03Le test PME, qui a été l'une des propositions majeures du rapport de la délégation sur la sobriété normative
00:03:11pour renforcer la compétitivité.
00:03:13Et elle a trouvé, j'allais dire, enfin, grâce à la détermination sans faille du Président Rittmann et, il faut
00:03:21dire, l'acharnement de la conférence des présidents du Sénat,
00:03:24une traduction législative dans le projet de loi sur la simplification.
00:03:29Le Conseil constitutionnel devrait, j'allais dire, aujourd'hui la valider.
00:03:35Et la promulgation pourrait se faire aujourd'hui même, ce qui serait tout un symbole, me semble-t-il.
00:03:42Le second exemple concerne les délais de paiement, Président, vous l'avez dit,
00:03:47sur de difficultés régulièrement évoquées par les chefs d'entreprise.
00:03:50En 2024, si je prends que ce chiffre, 17 milliards en volume de retard de paiement dégradant la trésorerie des
00:04:02TPE, des PME, des ETI.
00:04:05Ils seraient responsables d'environ un quart des défaillances d'entreprise.
00:04:10Je rappelle quand même, au cours des 12 derniers mois, ces 70 000 défaillances, la réalité.
00:04:17Le Sénat, vous l'avez rappelé, Président, a adopté à l'unanimité le 26 février la proposition de loi déposée
00:04:23par le Président.
00:04:25Ça pose les bases d'un cadre plus juste, plus lisible.
00:04:28Et nous l'avons transmis à l'Assemblée nationale, avec à la fois le soutien du gouvernement, puisqu'on a
00:04:35la procédure accélérée.
00:04:37Mais, j'allais dire, parfois un certain nombre de textes prennent beaucoup de temps à l'Assemblée nationale.
00:04:43Je crois qu'on est rentrés dans un nouveau cycle, après la loi programmation militaire, sur la loi agricole, dont
00:04:49je crains que le temps ne suspende pas son vol.
00:04:54Ce texte, vraiment, je souhaite qu'il soit inscrit.
00:04:57Ce matin, vous allez discuter de l'entreprise de demain au travers de deux thèmes d'une importance majeure, l
00:05:04'impact de l'intelligence artificielle sur les entreprises.
00:05:06L'irruption de l'intelligence artificielle dans la vie des entreprises, paniquement elle, ce sera d'ailleurs un thème pour
00:05:12le bureau du Sénat du 2 juillet,
00:05:16constitue un changement majeur.
00:05:18Plus que l'évolution, une transformation, c'est quand même une forme de révolution technologique qui affecte toutes les fonctions,
00:05:25me semble-t-il, de l'entreprise,
00:05:26et pas seulement, madame la ministre, dans le secteur du numérique, fonction support et d'administration, gestion des ressources humaines,
00:05:35processus de production.
00:05:37Certains modèles d'affaires se trouvent bouleversés.
00:05:40Le Sénat, je crois, a pris la mesure de cette rupture.
00:05:43Et votre délégation a adopté le rapport de Damien Michelet, que je vois ici, de Laurence Garnier, que j'ai
00:05:51vu aussi, qui est juste derrière Damien Michelet.
00:05:54C'est vrai qu'il travaille en binôme, y compris géographiquement ce matin, sur l'entreprise 5.0 et l
00:06:01'impact de l'IA sur les entreprises.
00:06:02C'est un constat clair. Les entreprises qui s'engagent de manière stratégique dans l'intelligence artificielle, c'est leur
00:06:09constat à tous les deux,
00:06:10peuvent gagner entre 20 et 40% de productivité sur leur processus clé. Ce n'est pas de la prospective.
00:06:17C'est en fait ce qui se passe.
00:06:20Derrière cet enjeu de productivité et donc de compétitivité se désigne un enjeu de souveraineté que nous ne devons pas
00:06:27sous-estimer.
00:06:27Si nous ne produisons pas notre propre intelligence artificielle, nous risquons d'importer les biais, les choix et les contraintes
00:06:33de ceux qui la développent,
00:06:36avec en plus pas de normes, pas de règles. Ce sera d'ailleurs un sommet des 15 et 16 juin
00:06:42du G7 à Evian.
00:06:44Quand on voit la relation que nous pouvons avoir en multilatérale sur GAFAM, intelligence artificielle,
00:06:51on a des sujets sur lesquels les 6 auront un dialogue à avoir avec le 1, donc avec les États
00:06:59-Unis d'Amérique.
00:07:01C'est indispensable.
00:07:03Le rapport de la délégation nous invite à considérer l'IA comme une infrastructure de sécurité nationale.
00:07:10Je reprends les termes.
00:07:12La France dispose, je crois, d'atouts pour consolider une filière de l'intelligence artificielle souveraine,
00:07:17et en tous les cas pour l'Europe. Ça m'apparaît aussi indispensable qu'ils répondent à cet impératif de
00:07:24sécurité.
00:07:25Des capacités et puissances de calcul de niveau mondial, une électricité décarbonée et peu coûteuse font partie de nos atouts.
00:07:34Le rapport formule par ailleurs un certain nombre de recommandations pour soutenir les entreprises innovantes
00:07:39et favoriser l'appropriation de l'intelligence artificielle par les entreprises et par les salariés,
00:07:45car n'oublions pas la dimension humaine de cette appropriation.
00:07:50La seconde table ronde sera consacrée à l'entrepreneuriat chez les jeunes.
00:07:54La création d'entreprises reflète la vitalité économique d'une nation.
00:07:58L'envie d'entreprendre est particulièrement forte en France.
00:08:0130% des Français, paraît-il, envisagent de créer ou de reprendre un jour une entreprise.
00:08:07Les jeunes sont plus nombreux encore. D'ailleurs, la France n'a jamais autant entrepris.
00:08:131,2 millions d'entreprises créées au cours des deux derniers mois.
00:08:17C'est un record.
00:08:18Je constate au travers de mes propres déplacements que nombre de jeunes ont le projet de créer leur propre entreprise
00:08:25par souci d'indépendance ou d'émancipation, mais aussi parce qu'ils ont envie de développer un projet qui leur
00:08:30tient à cœur,
00:08:31parce qu'ils ont une fibre entrepreneuriale ou parfois, pour créer, c'est aussi une réalité, leur propre emploi.
00:08:38Dans un contexte de chômage élevé, malgré les efforts consentis, notamment en matière d'apprentissage et d'accompagnement,
00:08:45le taux de chômage des jeunes se maintient à près de 20% au premier trimestre.
00:08:51– 2026, c'est depuis 20 ans un sujet qu'on ne s'est pas traité.
00:08:55Je le dis comme ancien ministre du Travail, qui a vécu le bonheur du CPE.
00:09:01Non, mais la réalité, dans notre université, c'est qu'on n'a pas su, ni les uns ni les
00:09:06autres,
00:09:06dans nos différentes sensibilités, apporter de réponse.
00:09:09La création d'entreprise constitue également un vecteur de dynamisation de nos territoires,
00:09:15qui est notre fonction constitutionnelle, le territoire, et de création d'emplois.
00:09:18Une mission d'information, dont Sophie Prima et Fabien Guay sont les co-rapporteurs,
00:09:23examinent en ce moment le cas spécifique de la création d'entreprises sous enseignes,
00:09:29en franchise et en location gérante.
00:09:31Ça, c'est du vécu sur le territoire.
00:09:33– On a abordé la question des jeunes tout à l'heure, notamment sur l'IA,
00:09:38avec cette intervention d'un monsieur qui expliquait qu'en Isère,
00:09:43il y avait des professeurs qui prenaient à leur compte le fait de parler de l'IA aux jeunes.
00:09:48Donc voilà, on va faire cette transition avec la jeunesse.
00:09:53Philippine Dolbeau, merci d'être avec nous.
00:09:56Vous êtes entrepreneur, conférencière, vous êtes également journaliste à BFM Business et à L'Express,
00:10:01et vous êtes devenue en 2014 la plus jeune créatrice d'entreprises en France.
00:10:07Vous allez nous raconter évidemment votre incroyable parcours.
00:10:12Patrick Martin, merci d'être avec nous.
00:10:13Vous êtes le président du MEDEF, principale organisation patronale en France.
00:10:17Vous êtes aussi président du groupe Martin Bellassoud,
00:10:20qui est spécialisé dans la distribution professionnelle pour les secteurs du bâtiment et de l'industrie.
00:10:25Merci pour votre présence.
00:10:26Et Nicolas Dufour, bienvenue à vous également.
00:10:28Vous êtes le directeur général de BPI France, la Banque publique d'investissement,
00:10:33et votre livre, La dette sociale de la France, paru il y a quelques mois chez Odile Jacob, connaît un
00:10:38franc succès.
00:10:40Si vous voulez bien, on va faire comme tout à l'heure, on va procéder à un petit vote à
00:10:43main levée,
00:10:44comme on fait dans l'hémicycle au Sénat, avec cette question.
00:10:47Si vous aviez une vingtaine d'années aujourd'hui, peut-être que c'est le cas de certains d'entre
00:10:51vous,
00:10:51mais enfin, si vous aviez 20 ans aujourd'hui, en 2026, est-ce que vous vous lanceriez dans l'entrepreneuriat
00:10:58?
00:11:00Alors là, c'est beaucoup plus franc et massif que tout à l'heure.
00:11:04Oui, oui, alors attendez.
00:11:06Alors on va faire la photo.
00:11:12C'est magnifique.
00:11:14Ah oui, mais oui.
00:11:17Bon, alors une vraie confiance dans l'entreprise qui lance bien cette table ronde.
00:11:23Philippine, votre parcours est très atypique, ça a commencé très tôt chez vous, l'envie d'entreprendre.
00:11:30C'est venu d'une professeure d'économie au lycée, vous aviez 15 ans, c'est ça ?
00:11:34Oui, c'est ça, qui a changé ma vie.
00:11:36Madame Nutin, ce que j'embrasse, qui est devenue une amie maintenant,
00:11:39et qui était professeure d'économie dans l'une de ses dernières années d'enseignement,
00:11:42et qui s'est dit, mais en fait, j'en ai un peu marre d'apprendre les principes fondamentaux de
00:11:45l'économie et de la gestion
00:11:46de la même manière chaque année depuis 20 ans.
00:11:48Je vais essayer de donner encore plus l'envie et le goût à mes élèves d'entreprendre,
00:11:53notamment et de comprendre l'entreprise par l'idée, le fait de leur faire créer une entreprise fictive.
00:11:59Et donc on a fait ça pendant mon année de seconde.
00:12:03C'était le cas pour tous les élèves et tous mes camarades.
00:12:06C'était des cours, c'était dingue, parce qu'on arrive 2 septembre 2014,
00:12:10et elle arrive avec cette idée-là, et elle nous dit, mais en fait, il n'y aura pas de
00:12:13notes,
00:12:13il n'y aura pas d'appréciation, vous n'êtes pas obligés de venir.
00:12:15Le seul truc que je vous demande, c'est d'avoir une idée d'entreprise,
00:12:18et à la fin de l'année, de nous la présenter dans un théâtre comme celui-ci,
00:12:23avec un business plan et une idée.
00:12:26Et ça a fonctionné sur vous ?
00:12:27Moi, ça a été une vocation, c'était absolument dingue.
00:12:30Alors il fallait trouver l'idée d'abord.
00:12:33Je vous passe les détails, mais je crée avec mes camarades un cahier d'appel électronique.
00:12:38Alors aujourd'hui, ça paraît complètement has-been, mais il y a 10 ans, ça n'existe pas.
00:12:42Vous avez peut-être des enfants, vous utilisez peut-être Pronote ou École Directe.
00:12:46Grâce à ces deux plateformes, notamment, les enseignants font l'appel en classe,
00:12:51de manière digitale, soit avec leur portable, soit avec leur ordinateur.
00:12:54Et puis, toutes ces informations sont transmises à vous, parents.
00:12:59Votre fils est en retard, ou il est malade, ou il ne s'est pas présenté à l'école.
00:13:02Bon, cette technologie-là, c'est la nôtre qu'on a créée il y a 10 ans,
00:13:06et avec laquelle on a travaillé pour École Directe et Pronote.
00:13:10Et puis, développer ce projet-là, qui au départ était effectivement un projet uniquement fictif,
00:13:14et puis qui m'a fait vivre en réalité.
00:13:16Réel et très concret.
00:13:18J'ai continué ce tour de table, un peu d'expérience personnelle.
00:13:21Patrick Martin, vous êtes tombé dedans, si je puis dire, tout jeune, avec l'entreprise familiale.
00:13:26Est-ce que l'ADN de l'entrepreneuriat, ça se transmet ?
00:13:31Ça se transmet, il faut que ça se transmette.
00:13:33Je m'explique.
00:13:34Alors moi, j'incarne, si je puis dire, la septième génération à la tête de mon entreprise,
00:13:38donc familiale, et sans que ce soit oppressant, je dirais.
00:13:44Mes parents, mon père en l'occurrence, tout petit déjà, m'ont quand même mis dans la tête
00:13:48que ce serait bien que je devienne entrepreneur, si possible, en prenant sa succession.
00:13:52Il y est arrivé, le bougre.
00:13:55Mais il faut que ça s'entretienne.
00:13:57Je veux dire, par là, c'est un vrai sujet de préoccupation,
00:14:00dans l'ambiance générale du moment, avec quand même un certain nombre de sujets d'inquiétude,
00:14:05un certain nombre de grands défis.
00:14:06Moi, je vois quelques chefs d'entreprise, je relativise quelques chefs d'entreprise
00:14:11qui se disent ou qui disent à leurs enfants, c'est trop compliqué, c'est trop dur,
00:14:16oriente-toi vers autre chose, ou en sens inverse, les jeunes qui disent,
00:14:19je vois le calvaire que vivent mes parents, je n'ai pas envie de connaître ça.
00:14:23J'insiste, ce n'est pas la tendance générale et on y reviendra.
00:14:26Il y a quand même une aspiration des jeunes à s'engager dans l'entrepreneuriat
00:14:29qui est absolument extraordinaire et qui ne faut pas contrarier dans notre beau pays.
00:14:34Nicolas Dufour, après HEC, Léna, vous avez commencé comme haut fonctionnaire
00:14:39avant d'exercer des fonctions importantes dans les télécommunications.
00:14:41Je crois que tout jeune, vous avez aussi été tenté par l'entrepreneuriat ?
00:14:45J'ai carrément été tenté puisque j'ai perdu beaucoup, beaucoup d'argent.
00:14:50J'ai créé 5 PME entre 25 et 30 ans.
00:14:54Et à 30 ans, je me suis rangé, je suis rentré chez France Télécom pour créer Wanadu en intrapreneur.
00:14:59Parce que je n'avais juste plus de sous.
00:15:01Sur les 5 PME, il y en a 4 qui ont été des échecs retentissants.
00:15:04Et c'est la dernière qui a permis de rembourser péniblement toutes mes dettes
00:15:08qui étaient à l'époque à un taux de 10% quand même.
00:15:11Et c'était essentiellement des PME industriels, je tiens à le souligner.
00:15:14C'était de l'agoalimentaire, c'était de la plasturgie,
00:15:18rien ne nous arrêtait à l'époque.
00:15:21Mais ça veut dire que vous aviez cette appétence pour la création d'entreprises
00:15:25et surtout pas peur de l'échec visiblement.
00:15:26Non, non, pas du tout.
00:15:27Mais c'était cette belle époque, en fait.
00:15:29Moi, je suis rentré à HEC quelque chose comme en 82 ou 81.
00:15:38Et donc, il y avait l'époque montant, tapis, tout est possible.
00:15:42Il faut se souvenir, c'était une belle époque.
00:15:45Et à HEC, il y avait quelqu'un qui était formidable,
00:15:47qui avait créé la majeure entrepreneur.
00:15:50C'était M. Papin.
00:15:53Et on était tous essemés par ça.
00:15:55En fait, on avait tous envie d'y aller.
00:15:56Et d'ailleurs, c'en est au point que quand ensuite je suis rentré à l'ENA,
00:16:01pendant l'ENA, j'avais mes PME.
00:16:03Et oui, alors, ce n'était pas totalement autorisé, on va se le dire.
00:16:08Mais l'époque, c'était une époque d'élan vital.
00:16:12Et voilà.
00:16:12Et donc, je préparais l'ENA, je préparais la sortie à l'inspection de finances
00:16:17tout en m'occupant de ma PME de plasturgie à Saint-Avol de Carlin, en Lorraine,
00:16:23le week-end, avec mes associés.
00:16:26Philippine Dolbeau, vous avez un regard particulier, évidemment, sur l'école,
00:16:29puisqu'il y a cette professeure d'économie qui vous a aidé à trouver votre voie.
00:16:33Pour autant, quand on a préparé cet échange,
00:16:36vous me disiez qu'il y avait encore un très grand travail à faire
00:16:40au sein de l'éducation nationale pour sensibiliser les jeunes,
00:16:43les aider, leur donner envie d'y aller,
00:16:46et de ne pas avoir peur de l'échec, finalement.
00:16:48Vous avez tellement raison.
00:16:49Vous avez tout dit.
00:16:51Non, non, moi, je milite pour ça depuis des années,
00:16:54parce que j'ai eu la chance de participer à ces cours qui n'existent pas,
00:16:57qui étaient optionnels en France jusqu'en 2020.
00:17:00Et puis, il y a eu la réforme Blanquer en 2020 qui a annulé ces cours.
00:17:04Et pour moi, c'est un outil d'orientation.
00:17:06C'est-à-dire que j'ai su que je voulais devenir entrepreneur.
00:17:09Alors, il y a plein de formes d'entrepreneurial.
00:17:11Il y a la reprise d'entreprise,
00:17:12il y a l'entrepreneurial, comme on en parle beaucoup dans les médias
00:17:16et ce qu'on a vécu ensemble, par exemple, tous les trois.
00:17:19Mais c'est un outil d'orientation.
00:17:21Et quand on voit le taux, le nombre de jeunes qui se réorientent,
00:17:24le coût que ça coûte à la France,
00:17:26et puis tous ces gamins qui sont complètement perdus aussi,
00:17:30il y a un peu de travail, oui.
00:17:32C'est peut-être précisément pour ça, Patrick Martin,
00:17:34que vous avez fait de votre mandat au MEDEF une priorité.
00:17:38C'est la question des jeunes ?
00:17:40Oui, alors ça me vaut, c'est probablement pas le lieu,
00:17:43parce qu'il y a un public, j'espère, acquis,
00:17:45ça me vaut de pousser un coup de gueule
00:17:46en disant combien je suis choqué que notre pays
00:17:50ne prenne pas mieux en compte une situation de la jeunesse
00:17:53qui est une anomalie, qui est une singularité française.
00:17:55Si on résonne en termes de taux d'emploi, de taux de chômage,
00:17:58si on résonne en termes de taux d'échec,
00:18:01en matière d'orientation, en matière de diplôme,
00:18:04on se doit collectivement, pour les jeunes eux-mêmes,
00:18:07mais pour leur famille, pour le pays, pour l'économie du pays,
00:18:10pour le financement de régimes sociaux,
00:18:11pour résoudre autant que possible les tensions de recrutement qu'on a
00:18:14et qu'on aura beaucoup plus du fait de la démographie,
00:18:16il faut que les uns et les autres, on se consacre beaucoup plus à la jeunesse.
00:18:20Ça n'est pas suffisamment le cas.
00:18:21Donc effectivement, j'en ai fait la priorité de mon mandat.
00:18:24Ce n'est pas pour faire genre, c'est parce qu'à nouveau,
00:18:26ça recouvre des enjeux d'intérêt général et une forme d'urgence.
00:18:31J'en profite pour dire que, par exemple, les débats en cours,
00:18:33dans un prisme ou dans une logique très budgétaire et assez court-termiste
00:18:37sur l'apprentissage sont profondément choquants.
00:18:40D'abord parce qu'il se dit des contre-vérités.
00:18:42L'apprentissage des entreprises, à travers leur contribution unique
00:18:45à la formation professionnelle des adultes,
00:18:47à travers la prise en charge des salaires des apprentis,
00:18:50ça coûte 17 milliards d'euros par an aux entreprises.
00:18:52Et ça ne coûte que, dans la situation de disette actuelle,
00:18:56c'est encore trop, mais quand même 3,8 milliards à l'État.
00:18:59Et on vient de nous expliquer qu'il faut remettre en cause
00:19:01parce qu'il y aurait d'une manière systématique des effets d'aubaine
00:19:03ce dispositif d'apprentissage.
00:19:05Quand on regarde les populations qui rentrent dans la filière d'apprentissage,
00:19:10d'abord elles ont un taux d'accès à l'emploi qui est nettement meilleur.
00:19:13Ensuite, pour 83% d'entre eux, les apprentis disent
00:19:16qu'ils n'auraient pas poursuivi leurs études s'ils n'avaient pas été payés.
00:19:20C'est une des singularités, un des bienfaits d'ailleurs de l'apprentissage
00:19:22que de rémunérer les apprentis.
00:19:25Et quand on regarde plus finement encore,
00:19:27il y a à peu près 20% de jeunes issus de milieux modestes
00:19:30qui n'auraient jamais prolongé leurs études
00:19:32si le régime d'apprentissage n'existait pas.
00:19:35Donc il faut vraiment avoir tout ça en tête,
00:19:36à la fois en termes de symbolique et de message à destination des jeunes.
00:19:39Nos jeunes ont de l'énergie, ils ont du talent, ils ont besoin d'espoir.
00:19:43Donc leur couper la porte, leur fermer la porte, au moins partiellement,
00:19:47sur le plan de la symbolique et du message,
00:19:50je vais dire que c'est dégueulasse, c'est même idiot.
00:19:52Et en plus, d'un point de vue plus objectif et opérationnel,
00:19:56c'est se priver d'opportunités incroyables pour eux,
00:19:58pour les entreprises, pour le pays.
00:20:00Donc moi je fais un énorme focus sur la jeunesse, l'orientation.
00:20:04On a fait des propositions, 13 propositions en matière d'orientation.
00:20:07Alors, en vrai dire, la première étape, c'est qu'on se remette à niveau
00:20:10en termes d'éducation, sur les mathématiques, sur la maîtrise de la langue,
00:20:17tout simplement, parce qu'on décroche au fil des ans,
00:20:19ce n'est pas normal qu'on ne soit plus qu'au 25e rang dans les classements en PIMS,
00:20:22ce n'est pas du tout normal.
00:20:24Une des grandes réussites de la République française,
00:20:27c'était quand même l'éducation.
00:20:29Et là, on est en train de décliner.
00:20:31Moi, quand je vais au Maroc et que je vois qu'il y a 49% de femmes
00:20:34dans les écoles d'ingénieurs qui sont d'excellentes écoles d'ingénieurs,
00:20:37au Maroc, il faut se sortir de la tête que parce que c'est un pays africain,
00:20:40on a des lieux communs profondément choquants d'abord et totalement infondés.
00:20:44Nous, on n'est même plus à 30%, il y en a de moins en moins.
00:20:47Donc il faut qu'on éveille les consciences d'une certaine manière
00:20:50et qu'avec les enseignants, avec les élèves, avec leur famille,
00:20:54avec les entreprises aussi, on s'empare de ce sujet.
00:20:57Moi, je viens de signer deux conventions, l'une avec l'éducation nationale,
00:21:01l'autre avec France Université, qui ne sont pas simplement des bouts de papier
00:21:04qu'on signe en les oubliant, c'est en se tenant.
00:21:07Il y a derrière des engagements très opérationnels, très concrets.
00:21:10Voilà, donc, emparons-nous de ce sujet-là.
00:21:13Et puis faisons-le d'autant plus qu'enquête Opinion Way pour le MEDEF et CCI France,
00:21:1853% des 18-24 ans veulent s'engager dans l'entrepreneuriat.
00:21:23Moi, j'ai le souvenir que tu partages probablement d'une époque,
00:21:27moi, j'ai engagé mes étudiants un peu avant toi, ça se voit,
00:21:31mais à quelques années près, pas plus.
00:21:33Moi, j'ai le souvenir qu'à l'époque, et ça n'est en aucun cas un jugement de valeur,
00:21:3640% des jeunes voulaient devenir fonctionnaires.
00:21:39On a besoin de fonctionnaires, on a besoin de bons fonctionnaires,
00:21:42on a probablement besoin de fonctionnaires mieux payés dans un certain nombre de compartiments.
00:21:46Mais il y a eu un basculement absolument incroyable.
00:21:49La France, si je ne me trompe pas, est en proportion de sa population le pays où il y a
00:21:54le plus de création d'entreprises.
00:21:56Alors, on peut corriger ça, c'est un débat, on peut corriger ça des micro-entrepreneurs,
00:22:00qui pour beaucoup ne deviennent pas de vrais entrepreneurs, c'est un peu le dévoilement du système.
00:22:04Mais même si on corrige ça du nombre de micro-entrepreneurs, ça reste vrai.
00:22:09Donc, on a une énergie, on a un appétit, on a une ambition extraordinaire.
00:22:15C'est un bien précieux, c'est une pépite.
00:22:17Il faut d'abord qu'on en soit conscient, et ensuite qu'on en tire parti.
00:22:21Vous avez évoqué ces 53% de jeunes qui veulent créer une entreprise avec ce sondage Opinion Way.
00:22:26Il y a un autre chiffre qui est sensiblement le même pour Opinion Way,
00:22:30c'est d'ailleurs exactement le même, c'est 53% qui veulent créer leur entreprise.
00:22:34Mais le principal frein, et là je m'adresse à vous, c'est la peur de l'instabilité financière.
00:22:41Oui, mais c'est normal.
00:22:43C'est un frein contre lequel il faut lutter.
00:22:47Et il faut essayer de faire au maximum connaître quelque chose qui a été construit en une trentaine d'années,
00:22:53quand même, personne n'est jamais orphelin, tout n'est pas né du jour au lendemain,
00:22:56qui est toute l'infrastructure française des réseaux d'accompagnement associatifs à la jeunesse entrepreneuriale.
00:23:02Et infrastructures incroyables dans les territoires.
00:23:04Donc la BPI.
00:23:05Aujourd'hui, on finance tout un collectif d'associations qu'on appelle le collectif Cap Créa.
00:23:10Ce collectif permet de sensibiliser à peu près 600 000 jeunes par an.
00:23:14Et sur les 600 000, il y en a à peu près 50 000 qui sont carrément accompagnés avec, on
00:23:20va dire,
00:23:21des coachs, des consultants, des parrains, etc.
00:23:24La création d'entreprises accompagnées, elle a quatre fois plus de chances de créer une entreprise pérenne qu'une entreprise
00:23:29non accompagnée.
00:23:30Donc ces jeunes-là, les 50 000 que nous accompagnons chaque année, créent des entreprises qui vont durer au moins
00:23:353-4 ans.
00:23:36Quand vous avez été à la tête d'une entreprise pendant 3-4 ans, toute votre vie, vous en êtes
00:23:40marqué.
00:23:41Quoi qu'il arrive, vous êtes devenu entrepreneur.
00:23:42Vous pouvez redevenir salarié.
00:23:43Dans votre tête, vous êtes toujours entrepreneur.
00:23:46Alors ces réseaux associatifs, ils sont magnifiques.
00:23:48Vous avez des têtes de réseaux, vous les connaissez bien.
00:23:50C'est Initiatives France, c'est la 10, c'est les boutiques de gestion, c'est les déterminés, etc.
00:23:55Il y en a peut-être dans la salle, j'imagine.
00:23:57C'est des réseaux dans lesquels vous avez une porosité entre les entrepreneurs qui ont leur propre entreprise et puis
00:24:03le monde associatif.
00:24:04C'est-à-dire, j'en ai vu encore un hier matin au salon Santé Expo.
00:24:07Donc le gars, il me présente son entreprise et me dit, par ailleurs, je suis l'adjoint du délégué général
00:24:12d'Initiatives France à Paris.
00:24:14Je m'occupe de ça.
00:24:15Ça, c'est merveilleux.
00:24:16Alors ensuite, les outils de financement, c'est quoi ?
00:24:18C'est essentiellement les prêts d'honneur.
00:24:20Les prêts d'honneur, c'est grosso modo le service public de l'entrepreneuriat en France.
00:24:25C'est des prêts à taux zéro.
00:24:27Et quand les taux d'intérêt sont élevés, les prêts à taux zéro, c'est quand même...
00:24:29Bon, c'est coûteux.
00:24:30Donc évidemment, dans les moments difficiles qu'on vit en termes de finances publiques,
00:24:36je n'arrive pas à obtenir tout ce que je voudrais en termes d'enveloppe budgétaire pour financer les prêts
00:24:39d'honneur.
00:24:39Mais on a grosso modo de quoi faire à peu près 200 millions d'euros de microcrédits et de prêts
00:24:46d'honneur par an.
00:24:46Ce n'est pas énorme.
00:24:47On pourrait faire beaucoup plus.
00:24:48Enfin, ça existe.
00:24:50Et donc, prêts d'honneur, il y a des prêts d'honneur quartier, des prêts d'honneur solidaires.
00:24:54Il y a toute une gamme qu'on a déployée et qui est distribuée par les réseaux,
00:24:58et en particulier par l'Initiative France, par le réseau Entreprendre, par l'ADI qui fait beaucoup de microcrédits.
00:25:03Donc, il faut faire connaître aux jeunes qu'il y a cette infrastructure.
00:25:08Alors, comme ce n'est pas une structure unique, évidemment, et pour qu'elle touche tout le pays, elle est
00:25:14forcément distribuée.
00:25:16C'est les réseaux associatifs.
00:25:17Du coup, ça donne l'impression d'être un peu chevelu.
00:25:20Il faut que les gens, un peu, un maquis, je m'adresse à qui ?
00:25:23Ici, ça va être les boutiques de gestion.
00:25:25Là, ça va être l'ADI.
00:25:26Dans ce territoire, c'est plutôt France Active.
00:25:28Donc, bon, il faut que les gens aient en tête.
00:25:30Là, je livre un message qui est opérationnel et pas publicitaire, mais opérationnel.
00:25:35C'est que la porte d'entrée de tout ça, c'est le pass créa.
00:25:43C'est une expression marketing, vous pouvez dire.
00:25:45Mais il se trouve que la porte d'entrée qu'on a inventée pour permettre aux jeunes de rentrer,
00:25:49et ensuite, il va être accompagné, orienté jusqu'à son prêt d'honneur, son accompagnant, etc.
00:25:54C'est le pass créa sur le site de BPI France.
00:25:57Voilà, BPI France Création, qui a une des plus grosses audiences des sites français.
00:26:02Est-ce que c'est une audience, justement, auprès des jeunes ?
00:26:04Énorme.
00:26:05Non, mais énorme.
00:26:06Donc, ça, c'est gagné.
00:26:07C'est la modernisation, l'actualisation de quelque chose qui s'appelait la Chance Française pour la création d'entreprise,
00:26:16qui avait été créée.
00:26:17Enfin, tout ça, il y a toujours un passé dans les choses.
00:26:19Donc, aujourd'hui, l'incarnation de tout ce qui a été fait, c'est le site Internet de BPI France
00:26:24Création,
00:26:25bpifrancecréation.fr, et à l'intérieur de ce site Internet, la porte d'entrée s'appelle Passe Créa.
00:26:30C'est-à-dire que vous dites à vos jeunes, quand vous les rencontrez, je fais quoi ?
00:26:32Tu vas ouvrir ton Passe Créa.
00:26:35On va t'accompagner pour faire ton business plan, on va t'accompagner pour te donner un prêt d'honneur,
00:26:39on va te mettre en relation avec un réseau d'accompagnement physique, humain,
00:26:42et à partir de là, tout va pouvoir commencer.
00:26:44On va te faire rentrer dans un accélérateur, puisqu'on a créé toutes sortes d'écoles pour les jeunes créateurs
00:26:49d'entreprises,
00:26:50notamment dans les quartiers avec l'énorme programme Quartier 2030,
00:26:54entrepreneuriat dans les quartiers que nous avons montés à la demande du président de la République depuis trois ans,
00:26:58et qui est super profond, super riche, et qui fait que quand vous venez à l'événement des jeunes entrepreneurs
00:27:03des quartiers,
00:27:03qu'on appelle Quartier Général à Saint-Ouen en décembre, vous avez plus d'énergie qu'au Big.
00:27:09Vous avez 5000 personnes, vous étiez venu ?
00:27:14C'est dire que c'est colossal.
00:27:17Mais oui, donc c'est haute température.
00:27:20C'est merveilleux parce que ça vous redonne la confiance dans le pays.
00:27:25Alors ça, ça vaut pour ceux qui ont déjà une idée en tête, qui sont déjà motivés,
00:27:31mais si on repart aux fondamentaux, et on l'a évoqué, l'éducation nationale, l'école.
00:27:35Alors évidemment, il y a plein d'initiatives positives, mais Philippine Nolbeau,
00:27:39je crois que dans votre parcours, vous avez eu l'occasion de vous confronter aussi au modèle anglo-saxon.
00:27:44Alors comparaison n'est pas raison, mais c'est vrai qu'il y a une approche peut-être beaucoup plus
00:27:48pragmatique,
00:27:49beaucoup plus décomplexée vis-à-vis de l'entreprise à l'intention des jeunes.
00:27:53Ça n'a rien à voir.
00:27:54Moi, j'ai eu la chance avant de rencontrer Madame Nuttin,
00:27:56c'est ma professeure d'économie dont je parlais tout à l'heure,
00:27:59de partir quelques mois au collège en Angleterre.
00:28:04C'était une vraie chance et je me souviendrai toujours,
00:28:06le premier jour de ma rentrée en Angleterre,
00:28:09ma directrice d'établissement nous accueille comme ça dans une audience.
00:28:13Et puis, elle avait des slides et sur les slides, c'était marqué tout ce qu'on avait le droit
00:28:15de faire.
00:28:16Alors vous avez le droit d'arriver entre 8h30 et 9h, vous avez le droit de faire du sport,
00:28:19vous avez le droit d'appeler vos parents, c'était une boarding school,
00:28:21on ne pouvait pas avoir nos parents, etc.
00:28:24Et puis, un an plus tard, j'arrive en France, je découvre ses cours d'économie, etc.
00:28:28Et avant, il y a ma nouvelle chef d'établissement qui nous reçoit,
00:28:31et ne serait-ce que dans la philosophie, sa première slide, c'était « alors, tous les interdits ».
00:28:34Et je me suis dit « non, mais attends, ce n'est pas possible,
00:28:36on ne peut pas avoir un problème culturel et philosophique aussi majeur,
00:28:41et une différence aussi majeure ».
00:28:43Et ce que j'ai vécu en Angleterre, c'était complètement dingue,
00:28:45c'est-à-dire que dans la philosophie même de l'éducation,
00:28:48et j'en ai fait mes études, ma thèse, etc., sciences et politiques de l'éducation,
00:28:53on n'approche pas du tout l'élève et l'enseignement de la même manière qu'on l'approche en
00:28:57France.
00:28:58C'est culturel, alors l'enfant n'est pas roi en Angleterre,
00:29:02dans certains établissements scolaires, si,
00:29:03mais on accompagne vraiment la créativité, le développement, le mindset, la santé mentale, etc.,
00:29:10et notamment par la création d'entreprises.
00:29:11Vous connaissez tous cette émission qui s'appelle « Qui veut être mon associé ? »,
00:29:14qui existe en France depuis quelques années,
00:29:16mais qui existe surtout dans les pays anglo-saxons sous le nom « Dragon's Den ».
00:29:21Et « Dragon's Den », c'est dans le cursus universitaire et scolaire anglo-saxon,
00:29:27notamment depuis des années, à partir de la quatrième.
00:29:30Donc, chaque élève doit passer par ces cours-là de création d'entreprises dès la quatrième.
00:29:36C'est génial, il n'y a jamais rien de sérieux, évidemment,
00:29:38mais en tout cas, les élèves le prennent à cœur.
00:29:40Et c'est un rapport à l'échec qui est totalement différent,
00:29:42où l'échec est valorisé, justement, parce que c'est une étape de plus vers le succès.
00:29:46Tout à fait, tout à fait.
00:29:47Outils d'orientation, j'en parlais.
00:29:49Et puis, oui, on découvre tout un tas de métiers par le biais de ces cours.
00:29:55On a le droit de se tromper, il n'y a pas de problème.
00:29:57Le nombre de fois où je me suis trompée en Angleterre, dans le cadre de ces cours aussi,
00:30:00on m'a dit « mais c'est trop bien ».
00:30:02Et quand je me trompe en France, déjà, c'est un stylo rouge,
00:30:05alors qu'en Angleterre, c'est au stylo vert qu'on souligne les erreurs.
00:30:08C'est plein de petites choses, mais qui font que c'est culturel et qu'on a encore un peu
00:30:11de boulot.
00:30:11Patrick Martin, que vous disent les jeunes entrepreneurs que vous rencontrez ?
00:30:15Quelles sont leurs aspirations, leurs croyances, peut-être aussi leurs freins ?
00:30:22Ils nous demandent de les aider.
00:30:24Alors, qu'on se comprenne bien, ils veulent s'assumer.
00:30:27Mais c'est vrai que pour beaucoup d'entre eux, qui sont talentueux,
00:30:30qui ont des idées, pas forcément dans la tech, mais dans bien des domaines,
00:30:35le monde de l'entreprise, le monde de l'économie reste parfois un peu abstrait.
00:30:40Et donc, c'est une des responsabilités que le MEDEF veut assumer,
00:30:45parmi d'autres, parmi d'autres responsabilités, mais parmi d'autres acteurs,
00:30:48que d'être très accueillant pour tous ces jeunes.
00:30:53Je pense qu'on parlera de reprise.
00:30:54C'est vrai pour la création, mais ça doit être aussi vrai pour la reprise
00:30:58que d'abord de leur faire bénéficier d'un réseau,
00:31:02y compris en termes d'opportunités commerciales,
00:31:04mais surtout de leur donner accès à des compétences bienveillantes,
00:31:09des gens qui les alerteront sur un risque qu'ils n'ont pas identifié,
00:31:13ou au contraire, sur une opportunité qu'ils n'ont pas identifié,
00:31:15les brancher sur un expert comptable,
00:31:18leur ouvrir les portes de l'URSSAF,
00:31:21qui sont assez robustement verrouillées.
00:31:24Enfin voilà, tout un faisceau, en quelque sorte,
00:31:27d'aides souvent très opérationnelles,
00:31:29mais aussi d'associations à des réflexions plus stratégiques,
00:31:32parce qu'on le sait très bien, il y a des créateurs d'entreprises
00:31:35qui peuvent être archi-doués, par exemple sur le plan technologique,
00:31:38mais je le dis, et ce n'est pas méchant, robustement incompétent
00:31:41en matière de gestion ou de marketing,
00:31:43ils ont une idée géniale, mais ils ne s'inquiètent pas de savoir
00:31:45s'il y aura un client ou s'il n'y a pas déjà des concurrents
00:31:47qui saturent le marché.
00:31:49Donc voilà, il faut qu'on soit très en appui,
00:31:53très en soutien, sans être envahissant.
00:31:55Et puis en amont, il y a un certain nombre d'initiatives formidables
00:31:58qui ont été signalées, celles de la BPI, celles des déterminés,
00:32:02il y a toutes sortes d'associations, je pense,
00:32:04à entreprendre pour apprendre.
00:32:05Je pense à l'association des juniors entreprises,
00:32:08et je pourrais en citer un certain nombre comme ça,
00:32:10avec lesquelles on s'emploie à beaucoup discuter
00:32:12pour non pas mettre la main, évidemment,
00:32:15sur ces associations qui travaillent très bien,
00:32:17pour qu'on coordonne effectivement nos actions,
00:32:19parce qu'il y a une situation un peu paradoxale,
00:32:23je crois que tu l'as évoqué Nicolas,
00:32:24c'est qu'il y a une telle profusion de dispositifs
00:32:26que parfois, y compris pour les enseignants d'ailleurs,
00:32:31c'est un peu perturbant.
00:32:34Donc ça ne leur est rien au fait qu'on n'est pas encore à l'échelle.
00:32:37Si on était à l'échelle, on n'aurait pas ce faible taux d'emploi,
00:32:40on n'aurait pas ce fort taux de chômage chez les jeunes,
00:32:42on n'aurait pas toutes ces erreurs d'orientation,
00:32:43on n'aurait pas tous ces échecs qui pourraient être évités
00:32:46au moment de la création ou de la reprise d'entreprise.
00:32:49Donc il faut qu'on accélère,
00:32:50il faut qu'on aille beaucoup plus loin encore,
00:32:52d'où mon obsession d'en faire une grande cause nationale.
00:32:56Création d'entreprise et transmission et la reprise,
00:33:00c'est important, vous disiez tout à l'heure
00:33:01que vous étiez à la 7ème génération,
00:33:03mais c'est vrai que ça compte, Philippines,
00:33:05d'autant plus que la courbe démographique
00:33:08est en train de sensiblement évoluer,
00:33:10donc il y a beaucoup d'entreprises qui cherchent repreneurs.
00:33:14Tout à fait, vrai sujet sociétal,
00:33:15il y aura entre 300 000 et 400 000,
00:33:17alors les études, il y en a beaucoup,
00:33:18vous en avez fait, vous en avez fait aussi,
00:33:20en gros entre 300 000 et 400 000 entreprises
00:33:22qui seront à reprendre en France d'ici 2030.
00:33:25C'est énorme, c'est un problème sociétal,
00:33:27démographique, culturel aussi.
00:33:28L'entrepreneuriat aujourd'hui,
00:33:29quand vous tapez entrepreneuriat sur Google,
00:33:3199% de résultats, c'est sur la création d'entreprises.
00:33:34Et d'ailleurs, peut-être qu'avant de venir ici,
00:33:36alors vous êtes là aussi,
00:33:38et Patrick le disait, acquis à la cause,
00:33:40mais quand on pense entrepreneuriat,
00:33:42et quand vous dites entrepreneuriat à un jeune,
00:33:44il pense d'abord à la création d'entreprises,
00:33:46alors qu'en fait, c'est aussi la reprise d'entreprises,
00:33:48et la reprise d'entreprises, c'est super chouette,
00:33:49moi j'y connaissais absolument rien,
00:33:51jusqu'à ce qu'on lance en janvier
00:33:53avec un média qui s'appelle Orso,
00:33:55vous connaissez peut-être le podcast
00:33:56Génération Do It Yourself,
00:33:58avec Mathieu et Stéphanie.
00:33:59Et on a lancé le premier podcast
00:34:01qui s'appelle Vivement la reprise,
00:34:02sur la reprise d'entreprises.
00:34:04Et en fait, c'est génial,
00:34:05parce qu'il y a des jeunes, des moins jeunes
00:34:06qui reprennent des boîtes,
00:34:07parfois au tribunal,
00:34:08parfois des super boîtes avec plus de moyens, etc.
00:34:11Et dans les interviews qu'on fait,
00:34:13dans ce podcast,
00:34:14on voit de plus en plus de jeunes
00:34:15qui ont entre 18 et 30 ans,
00:34:17ce qui est quand même très jeune
00:34:18pour reprendre une entreprise dans notre imaginaire,
00:34:21et qui ne veulent plus monter leur boîte,
00:34:22mais reprendre une boîte.
00:34:24Et je trouve ça absolument génial,
00:34:26et je pense qu'il faut qu'on en parle beaucoup plus.
00:34:28Nicolas Dufault, une réaction sur ces reprises ?
00:34:30On est un gros financeur de la transmission,
00:34:32parce qu'une très grande partie des transmissions
00:34:35sont financées par des prêts bancaires
00:34:37garantis par le BPI à 60%.
00:34:40Donc on a des fonds de garantie,
00:34:41le fonds de garantie de transmission
00:34:42qui existe depuis très longtemps.
00:34:43Là aussi, j'insiste toujours sur le fait
00:34:45que rien ne s'est inventé le jour au lendemain.
00:34:46Tout ça s'est créé, en l'occurrence,
00:34:48le fonds de garantie de transmission,
00:34:49il a été créé par Jacques Delors,
00:34:50vous vous rendez compte, en 1982.
00:34:52Et il a continuellement été alimenté.
00:34:54Donc quand vous avez dans votre rue
00:34:56un coiffeur qui transmet un coiffeur,
00:34:57en général, il y a un crédit.
00:34:58Ce crédit est garanti par la BPI à 60%.
00:35:01Et c'est vrai que l'autre jour,
00:35:02on a fait un événement formidable
00:35:03avec Serge Papin à Bercy
00:35:05sur la transmission,
00:35:06qui permettait de rappeler que
00:35:07la transmission, c'est peut-être moins risqué
00:35:08que la création.
00:35:09Il y a quantité d'opportunités formidables.
00:35:12Donc il y a toute une boîte à outils
00:35:12de financement de la transmission chez nous,
00:35:14avec un prêt sans garantie de transmission aussi,
00:35:16qui marche très bien.
00:35:18On accompagne à peu près, aujourd'hui,
00:35:2170 000 transmissions par an.
00:35:23C'est pour dire qu'on ne part pas de zéro.
00:35:25Il y a toute une infrastructure.
00:35:26Mais il faut constamment pousser le narratif, en fait.
00:35:30C'est une affaire de conscientisation.
00:35:33La bourse de la transmission,
00:35:34que vous trouvez également sur le site de la BPI,
00:35:37le site d'Internet, marche très très bien.
00:35:38L'espèce de Tinder de la transmission
00:35:40dont on a parlé à cette occasion,
00:35:41il marche vraiment formidablement.
00:35:44C'est de très gros volumes de gens
00:35:45qui viennent rechercher des opportunités.
00:35:47Vous étiez là, toi aussi, t'es là.
00:35:50Donc il faut faire savoir.
00:35:51Il faut énormément, énormément, énormément faire savoir.
00:35:54Alors sur la question du risque,
00:35:55j'en profite pour ajouter peut-être une conviction.
00:35:58C'est que on est un pays absolument béni
00:36:02pour l'entrepreneuriat, honnêtement.
00:36:03Alors pourquoi ?
00:36:05Un pays béni ?
00:36:06Mais béni pour l'entrepreneuriat.
00:36:08Non, non, mais franchement,
00:36:09c'est une Californie potentielle, la France.
00:36:13On retiendrait la formule.
00:36:13On paye beaucoup d'impôts quand même.
00:36:14Californie potentielle.
00:36:15Oui, oui, mais les entrepreneurs payent très peu d'impôts au début.
00:36:17Ils sont quand même très...
00:36:18Les entrepreneurs, avant qu'ils payent des impôts,
00:36:20alors ils payent des...
00:36:21Bon, il y a l'URSSAF qui tombe très vite.
00:36:22Ça, c'est vrai.
00:36:24Quand même.
00:36:24Bon, mais vous avez quand même des dispositifs
00:36:27jeunes entreprises qui sont ultra généreux
00:36:29et qui ont toujours été préservés
00:36:30dans la difficulté des temps.
00:36:31Mais le problème n'est pas seulement là.
00:36:33C'est que vous avez Pôle emploi,
00:36:35qui est quand même le premier financeur de l'entrepreneuriat,
00:36:39massivement,
00:36:40et pas seulement les ruptures conventionnelles.
00:36:42C'est-à-dire que quand vous discutez avec Thibault Guilloui
00:36:44sur la proportion des indemnités de chômage
00:36:48qui sont versées par ces organismes
00:36:49et qui vont en fait permettre à des jeunes,
00:36:51ou moins jeunes d'ailleurs,
00:36:53de monter des projets personnels d'entreprise,
00:36:54c'est considérable.
00:36:56Donc Pôle emploi est le premier créateur d'entreprises en France.
00:36:58Et puis ensuite, il y a une autre réalité
00:37:00qu'il faut accepter de regarder en face.
00:37:02Et c'est une belle réalité.
00:37:04C'est qu'on a l'état-providence le plus généreux du monde.
00:37:07Donc normalement, ça veut dire qu'on est les plus protégés du monde.
00:37:09Et il se trouve que c'est le cas.
00:37:11On est les plus protégés du monde.
00:37:13Donc si on est les plus protégés du monde,
00:37:14on peut être les plus entrepreneurs du monde.
00:37:16Et donc on doit matin et soir lutter contre cette absurdité
00:37:21qui est aussi une espèce de fatalité anthropologique
00:37:23et que plus on est protégé, plus on a peur.
00:37:26Et ça devrait être l'inverse.
00:37:28On est les plus protégés du monde.
00:37:30Donc c'est nous qui avons le plus de culot du monde.
00:37:33Il faut le redire aux gens.
00:37:35Vous tombez malade, vous s'assoignez gratuitement.
00:37:37Vos parents tombent malades.
00:37:38Ils seront soignés par la collectivité.
00:37:40N'ayez pas peur.
00:37:42Vous avez l'APL.
00:37:45Donc ce théorème, on est les plus protégés du monde.
00:37:48Donc on doit être les plus entrepreneurs du monde.
00:37:52C'est presque une question de devoirs citoyens.
00:37:54On ne vous a pas protégés pour que vous soyez passifs.
00:37:56On vous a protégés pour que vous soyez actifs.
00:37:59Et ce n'est pas parce que vous allez être actifs
00:38:00que vous allez financer l'État de Providence.
00:38:02Ce théorème, il faut le marteler matin et soir en France.
00:38:05Ce que vous dites, ça fait écho à cette étude d'opinion way
00:38:08pour le MEDEF justement qui dit qu'à la question
00:38:10« La France valorise-t-elle suffisamment la performance entrepreneuriale ? »
00:38:1465% des Français disent non.
00:38:18Oui, et je complète en rappelant ce sondage,
00:38:22mais il y en a tant d'autres qui le confirment,
00:38:24selon lequel la cote de confiance que placent nos concitoyens
00:38:27dans l'entreprise n'a jamais été aussi élevée, à plus de 80%.
00:38:30Il y a juste un petit bug.
00:38:33C'est qu'un certain nombre, je me garde d'en faire une généralité,
00:38:36on a des contre-exemples absolument extraordinaires,
00:38:38un certain nombre de nos décideurs politiques
00:38:40ne prennent pas ça en compte.
00:38:42Le fait que l'institution, au sens le plus générique,
00:38:45du terme « entreprise » est formidablement appréciée
00:38:49par nos concitoyens.
00:38:51Et donc, moi, je pense que c'est un de nos enjeux,
00:38:53en tout cas j'en fais un combat,
00:38:55réconcilier en définitive la décision publique
00:38:58avec cette confiance qui correspond à des réalités.
00:39:01Ce n'est pas par hasard que les entreprises bénéficient
00:39:04de cette cote de confiance.
00:39:05Je me garde de considérer que toutes les entreprises
00:39:07sont vertueuses, exemplaires, etc.
00:39:09Mais enfin, bon, c'est quand même significatif, ce chiffre-là.
00:39:13Donc, ce qu'il faudra sortir de la tête d'un certain nombre
00:39:16de décideurs publics, c'est d'abord le principe de précaution,
00:39:19en tout cas dans son application excessive ou abusive,
00:39:22c'est vrai de certains fonctionnaires aussi.
00:39:25Mais ça contamine les esprits.
00:39:27Ça renvoie peut-être à ce que tu disais tout à l'heure.
00:39:29On est tellement protégé qu'au lieu d'en faire un asset,
00:39:32en quelque sorte, pour se projeter, pour prendre du risque,
00:39:34on s'installe dans le confort de la protection.
00:39:37Et puis, valoriser l'entrepreneuriat à hauteur de ce qu'il mérite
00:39:42et faire de l'entreprise, c'est bien le moins que puisse dire
00:39:45le président du MEDEF, mais sincèrement, ce n'est pas un parti pris.
00:39:49Faire de l'entreprise est une grande cause nationale.
00:39:51Je pense qu'il y a deux grandes causes nationales qui, d'ailleurs, convergent.
00:39:54La jeunesse, l'entreprise.
00:39:55Si je regarde la teneur des débats actuels,
00:39:58ce n'est pas exactement ce qui se passe.
00:40:00Donc, il faut y aller.
00:40:03Vous y allez. Merci.
00:40:05Il faut y aller.
00:40:06Voilà, c'est le mot de la fin avant de vous donner la parole
00:40:09pour continuer nos échanges.
00:40:12Michel Picon, président de l'UDEP,
00:40:15qui représente les entreprises de proximité.
00:40:18Merci d'être avec nous.
00:40:20Vous avez peut-être une réaction, un mot à nous dire.
00:40:22Et voilà, le micro vous arrive.
00:40:25Bonjour, Michel.
00:40:26Bonjour.
00:40:27Bonjour à tous.
00:40:28Bonjour, Patrick.
00:40:29Bonjour à tous les intervenants.
00:40:32Moi, je trouve d'abord l'initiative formidable
00:40:34parce que parler de la jeunesse et de l'entrepreneuriat,
00:40:39c'est parler de l'avenir,
00:40:40c'est parler de tout ce qui nous occupe toute la journée.
00:40:44Ce 1 400 000 nits,
00:40:47cette expression un peu barbare,
00:40:49je ne dis pas que ça nous obsède,
00:40:51mais tout de même, lorsqu'on projette nos entreprises demain,
00:40:54c'est des sujets de collaborateurs,
00:40:57c'est des sujets aussi de repreneurs de nos entreprises.
00:40:59Donc, votre initiative, président, est vraiment utile.
00:41:03Moi, il y a juste deux petits points
00:41:05que je voudrais apporter dans l'éclairage.
00:41:08Tout ce que vous avez dit, évidemment, je le partage.
00:41:11Moi, je voudrais rajouter quand même,
00:41:14c'est vrai qu'il faut rendre sexy la création d'entreprises,
00:41:18il ne faut pas décourager et tout.
00:41:19Mais moi, je ne voudrais pas qu'on oublie la valeur travail.
00:41:22Il y a trop de poncifs comme ça,
00:41:26en disant, moi, je veux mieux organiser ma vie personnelle
00:41:29et ma vie professionnelle.
00:41:30Et donc, je crée ma boîte.
00:41:32C'est-à-dire cette espèce de déplacement
00:41:35du monde salarial
00:41:37vers un monde de l'entreprise
00:41:38qui ne correspond pas vraiment
00:41:40à ce que, moi, je pense, doit être une entreprise.
00:41:43Parce qu'une entreprise,
00:41:45et c'est normal,
00:41:45je ne dis pas que c'est du sang et des larmes,
00:41:48mais c'est des efforts,
00:41:49des nuits blanches,
00:41:51et puis d'être encore au bureau
00:41:53jusqu'à point d'heure
00:41:53quand tous les collaborateurs sont partis.
00:41:56Et ce n'est pas un influenceur
00:41:57qui gagne un pognon de dingue en quatre jours.
00:42:00Ce n'est pas ces images-là.
00:42:02Voilà.
00:42:03Et donc, oui,
00:42:04je suis fier d'être dans un pays
00:42:06où il y a 1,3 million d'entrepreneurs.
00:42:10Mais quand on me dit
00:42:11qu'il y a 850 000 micro-entreprises
00:42:14et qu'une majorité là-dedans,
00:42:16au fond, ce qu'ils cherchent,
00:42:17c'est du confort,
00:42:19c'est d'utiliser tous les dispositifs
00:42:21qui aident pour peut-être réussir une entreprise,
00:42:24mais peut-être pour passer quelques temps.
00:42:26Je pense qu'il faut qu'on martèle un peu les choses
00:42:28et qu'on dise qu'il y a la valeur travail,
00:42:31il y a l'effort.
00:42:32Parce que s'il n'y a pas d'effort,
00:42:34s'il n'y a pas une valeur travail,
00:42:35derrière, il n'y aura pas de réussite.
00:42:37Et ça, je pense qu'on doit, nous, le marteler.
00:42:40Bravo pour l'initiative Reprendre,
00:42:43Créer, Reprendre, le Tinder.
00:42:45C'est la mode.
00:42:47C'est les endroits où on se rencontre.
00:42:49Mais ça, c'est un Tinder positif.
00:42:54Non, mais bravo.
00:42:56C'est 310 000 entreprises dans les 5 ans.
00:42:58C'est demain.
00:43:00Et puis, on a tous une responsabilité aussi,
00:43:03je pense,
00:43:04c'est de dire à nos chefs d'entreprise
00:43:06qui vont devoir remettre leur entreprise,
00:43:09ne la laissez pas péricliter les 3 dernières années
00:43:12parce que vous en avez marre.
00:43:13Refaites l'éclairage.
00:43:14Investissez encore un peu,
00:43:15vous la vendrez mieux,
00:43:16vous donnerez envie.
00:43:17Parce que souvent,
00:43:18je ne dis pas que je vais partir dans 3 ans
00:43:21parce que j'ai peur que mes clients s'en aillent.
00:43:23Je ne dis pas que je vais partir à mes collaborateurs
00:43:25parce que j'ai peur que le concurrent,
00:43:28il me les pique.
00:43:29Et donc, on prévient tout le monde,
00:43:30y compris parfois son expert comptable,
00:43:32beaucoup trop tard.
00:43:33Et ça, je pense qu'il faut qu'on martèle ça
00:43:35parce qu'on perd dans les 310 000.
00:43:37Si on n'arrive pas à préparer les gens sur leur sortie,
00:43:40on va avoir de la casse.
00:43:42C'est notre travail commun,
00:43:44qu'on soit grande entreprise comme Patrick
00:43:46ou toute petite entreprise comme l'U2P.
00:43:49C'est, je pense, une vision que l'on doit partager.
00:43:53Merci beaucoup, Michel Picon.
00:43:54Mais bien sûr, je vous en prie.
00:43:55Je pensais que Michel le ferait,
00:43:57avec tout le talent qu'il a,
00:43:59beaucoup plus que moi.
00:44:00Non, on ne peut pas ne pas parler du Dutreig.
00:44:02Je sais que dans cette maison,
00:44:03on a de solides appuis.
00:44:05Merci infiniment.
00:44:06Mais c'est un peu comme l'apprentissage.
00:44:08Dans ce pays,
00:44:09on veut absolument casser ce qui marche bien.
00:44:12On est des fous.
00:44:13Non, nous, nous ne sommes pas des fous.
00:44:15Voilà pour cette précision.
00:44:16Je crois que vous vouliez...
00:44:17Merci beaucoup.
00:44:19Vous avez fortement réagi tous les deux
00:44:22à cette notion de la valeur travail.
00:44:24Oui, bien sûr.
00:44:24Et ce que ça veut dire, le talent.
00:44:25Ce qui est très frappant dans tous les études quantitatives,
00:44:30qualitatives qu'on fait avec les jeunes.
00:44:31Donc, on fait des groupes,
00:44:32on discute, etc.
00:44:34Et on remonte une sémantique.
00:44:36Ce qui apparaît,
00:44:36c'est qu'il y a quand même énormément de jeunes
00:44:39qui disent, moi, si je suis salarié,
00:44:41c'est 35 heures.
00:44:44Si je suis à mon compte,
00:44:45c'est 70 heures.
00:44:46Donc, je veux bien travailler 70 heures
00:44:48à condition que ça soit pour moi.
00:44:50C'est ça, quand même,
00:44:51la rupture anthropologique
00:44:52qu'on est en train de vivre.
00:44:53Et c'est aussi, d'ailleurs, pour ça
00:44:54que si on veut augmenter tout simplement
00:44:56la quantité de travail en France,
00:44:57il faut qu'il y ait juste plus d'entrepreneurs.
00:44:58Parce qu'un entrepreneur,
00:44:59c'est deux fois 70.
00:45:00C'est 70 heures par semaine.
00:45:02Et en général,
00:45:03on bosse jusqu'à 70 ans.
00:45:06Voilà.
00:45:07Et donc,
00:45:07plus il y aura d'entrepreneurs.
00:45:08Moi, j'ai toujours pensé
00:45:09que c'était la lumière dans le tunnel.
00:45:11Et d'ailleurs,
00:45:12dans le plan stratégique de la BPI,
00:45:14on a eu le culot d'inscrire,
00:45:16doubler le nombre d'entrepreneurs en France.
00:45:17Parce que si on double le nombre
00:45:18d'entrepreneurs en France,
00:45:19le nombre d'heures de travail
00:45:20est supplémentaire, d'une part.
00:45:21Et d'autre part,
00:45:22la possibilité qu'on aura
00:45:24autour du poli rôti
00:45:25ou du rôti
00:45:26du repas dominical
00:45:29dans la famille,
00:45:30d'avoir au moins un entrepreneur
00:45:32dans toutes les familles
00:45:32qui va pouvoir exprimer une réalité
00:45:36en face de ses frères et sœurs,
00:45:38parents, etc.,
00:45:38qui viennent peut-être
00:45:39de l'autre monde,
00:45:40du salariat,
00:45:41voire du secteur public,
00:45:43cette probabilité augmentera.
00:45:45Voilà.
00:45:45Et je pense que ce débat
00:45:46sur qu'est-ce que c'est que la France,
00:45:49qu'est-ce que c'est
00:45:49les entreprises à l'intérieur de la France,
00:45:50quelle est la relation
00:45:51entre secteur privé,
00:45:52secteur public,
00:45:53entre actifs,
00:45:54retraites, etc.,
00:45:55c'est un débat qui doit avoir lieu
00:45:55dans les familles.
00:45:56Mais pour ça,
00:45:57il faut qu'il y ait des entrepreneurs
00:45:57dans toutes les familles.
00:45:58Pour qu'il y ait des entrepreneurs
00:45:59dans toutes les familles,
00:46:00il faut qu'il y ait deux fois plus
00:46:01d'entrepreneurs en France.
00:46:03Philippine Dolbeau,
00:46:04sur les 70 heures par semaine
00:46:05jusqu'à 70 ans.
00:46:06C'est tellement vrai,
00:46:07c'est tellement vrai.
00:46:08Et merci de le dire
00:46:09parce que c'est exactement
00:46:09ce que j'avais envie
00:46:10de souligner suite à vos propos,
00:46:13c'est que l'entrepreneuriat,
00:46:14alors on est,
00:46:15moi je reçois beaucoup de jeunes
00:46:16dans mes émissions
00:46:17qui me disent
00:46:18que l'entrepreneuriat c'est super
00:46:19et qui voient aussi
00:46:20des contenus sur les réseaux sociaux
00:46:21dans lesquels ils sont noyants
00:46:22en disant mais c'est super
00:46:23être entrepreneur maintenant
00:46:24en 2026
00:46:24c'est partir à Dubaï
00:46:25et faire 4000 euros
00:46:26par jour de chiffre d'affaires
00:46:28en vendant sa tête
00:46:28sur les réseaux sociaux.
00:46:29Bon, concrètement
00:46:31et pour le vivre
00:46:31depuis plus de 15 ans maintenant,
00:46:33c'est beaucoup plus complexe
00:46:34que ça évidemment
00:46:35et puis ça demande
00:46:37des sacrifices familiaux,
00:46:38personnels
00:46:39dont on pourrait parler
00:46:40pendant des heures
00:46:41mais au-delà de ça,
00:46:42cette valeur travail
00:46:43je pense qu'elle est
00:46:44effectivement clé
00:46:44et qu'on a besoin d'en parler
00:46:45et en même temps
00:46:47on en a peut-être aussi besoin
00:46:48dans la société
00:46:49de replacer
00:46:50cette valeur sociétale
00:46:52et travail.
00:46:53Je voulais juste dire
00:46:54un mot sur la micro-entreprise
00:46:55parce que c'est la deuxième fois
00:46:57que j'entends depuis ce matin
00:46:57que la micro-entreprise
00:46:58c'est pas grand-chose.
00:47:00Ça me hérisse un peu les poils.
00:47:01Pardon.
00:47:02Parce qu'en fait
00:47:03il y a plein de jeunes
00:47:03qui démarrent dans l'entrepreneuriat
00:47:05grâce à la micro-entreprise
00:47:07et à l'auto-entreprise.
00:47:08J'ai démarré
00:47:09à 15 balais,
00:47:1016 balais
00:47:10grâce à la micro-entreprise,
00:47:12grâce aux aides
00:47:13qui sont apportées
00:47:13par la BPI,
00:47:15par le MEDEF aussi d'ailleurs
00:47:16et par l'USAF,
00:47:18par le Pôle emploi,
00:47:19etc.
00:47:20accordées
00:47:20par le biais
00:47:21de la micro-entreprise.
00:47:23Les jeunes,
00:47:24c'est un vrai moyen.
00:47:25Je pense qu'il faut
00:47:25qu'on se rende compte
00:47:26parce que les jeunes
00:47:26c'est un tremplin.
00:47:28Exactement.
00:47:28Ça permet
00:47:29d'avoir ce filet de sécurité
00:47:31où on se dit
00:47:31ok, on n'a que la déclaration
00:47:32d'URSSAF en gros
00:47:33à faire tous les mois
00:47:33ou tous les trimestres
00:47:34mais derrière
00:47:35si on veut cranter
00:47:36etc.
00:47:37on peut.
00:47:38Vous voyez,
00:47:38c'est un filet de sécurité
00:47:39et en même temps
00:47:42ça permet aussi
00:47:43à plein de jeunes
00:47:43et de moins de jeunes
00:47:44d'ailleurs
00:47:44de sauter le pas,
00:47:45de passer du salariat
00:47:47à l'entrepreneuriat,
00:47:48de démarrer un projet,
00:47:50de tester sa créativité.
00:47:52Je pense vraiment
00:47:52qu'on a,
00:47:54ne négligeons pas
00:47:54l'impact
00:47:55que peut avoir
00:47:55la micro-entreprise
00:47:56même si évidemment
00:47:57ça n'a rien à voir
00:47:57ni en termes de chiffre d'affaires
00:47:58ni en termes d'expérience
00:47:59ni en termes de quotidien
00:48:00bien sûr.
00:48:01Mais moi,
00:48:02mon auto-entreprise
00:48:02elle me le fait vivre
00:48:03depuis 15 ans
00:48:04et je suis contente
00:48:05parce que ça monte
00:48:05depuis des années etc.
00:48:07J'ai d'autres entreprises aussi
00:48:08mais Dieu merci
00:48:09et vive la France
00:48:10pour que ça existe.
00:48:14Voilà pour cette précision
00:48:16sur la micro-entreprise
00:48:17sachant que
00:48:17comme vous le disiez
00:48:18Olivier Rittmann
00:48:19que ça reste aussi
00:48:20un tremplin
00:48:21et voilà.
00:48:24Je vous en prie
00:48:25posez vos questions
00:48:26je vois plein de mains
00:48:28qui se lèvent
00:48:28alors peut-être pas forcément
00:48:30toujours
00:48:30voilà
00:48:39Bonjour madame
00:48:40Bonjour à tous
00:48:41alors je me présente
00:48:42je suis Yasmine Nidoir
00:48:43jeune entrepreneur
00:48:44à Mayotte
00:48:45aussi présidente
00:48:47du Medef Mayotte
00:48:48donc voilà
00:48:48j'avais préparé une question
00:48:51mais je préfère
00:48:51en vous ayant écouté
00:48:53je préfère partager
00:48:54quand même
00:48:54une expérience
00:48:56comment moi
00:48:56j'ai pu
00:48:57en arriver
00:48:58là où je suis aujourd'hui
00:48:59donc
00:49:00j'ai
00:49:01j'étais salariée
00:49:02pour créer mon entreprise
00:49:03j'ai laissé
00:49:04mon
00:49:04j'ai laissé
00:49:05mon
00:49:05mon poste
00:49:06pour
00:49:07entreprendre
00:49:08j'ai dû reprendre
00:49:10mes études
00:49:10puisque je partais
00:49:11d'un BTS
00:49:11et je voulais quand même
00:49:12rehausser un petit peu
00:49:13mon niveau
00:49:14pour pouvoir me sentir
00:49:15légitime
00:49:16à apporter ma boîte
00:49:18donc j'ai
00:49:19j'ai repris mes études
00:49:21partant d'un BTS
00:49:23jusqu'au master
00:49:24en allant pour créer
00:49:26mon entreprise
00:49:27ma banque
00:49:27m'a refusé
00:49:28en me disant
00:49:29non
00:49:29puisque j'étais
00:49:30j'avais
00:49:32comment on appelle ça
00:49:33à l'époque
00:49:33j'étais au chômage
00:49:36après je suis passée
00:49:37au RSA
00:49:38pendant mes études
00:49:39et
00:49:40en allant à la banque
00:49:41on m'a dit que non
00:49:42on ne pouvait pas
00:49:42me financer
00:49:43pour créer mon entreprise
00:49:45puisque je n'avais pas
00:49:46je n'avais pas d'emploi
00:49:47donc j'ai erré
00:49:48comme ça un petit peu
00:49:49et à Mayotte
00:49:50on a
00:49:51malheureusement
00:49:51c'est un territoire
00:49:52où on a peu
00:49:53de lisibilité
00:49:54sur les dispositifs
00:49:56d'aide
00:49:56on en a peu
00:49:57et ce qui existe
00:49:58est très compliqué
00:49:59à avoir
00:49:59en termes de lisibilité
00:50:01donc je vous ai
00:50:02beaucoup écouté
00:50:02BPI
00:50:04donc j'ai erré
00:50:06beaucoup
00:50:06beaucoup comme ça
00:50:07j'ai créé
00:50:08j'ai commencé
00:50:08mon entreprise
00:50:09avec des fonds propres
00:50:11j'ai tourné
00:50:12en fonds propres
00:50:13pendant quasiment
00:50:13un an
00:50:14avant que les banques
00:50:15acceptent de me financer
00:50:16aujourd'hui
00:50:18j'ai
00:50:18j'ai
00:50:19une centaine
00:50:20de salariés
00:50:21toutes les banques
00:50:22sont revenues
00:50:23vers moi
00:50:24et je suis restée
00:50:25avec
00:50:27bravo
00:50:30et je suis restée
00:50:31avec
00:50:32ma banque
00:50:33ma banque
00:50:33initiale
00:50:34du coup
00:50:34donc moi
00:50:35la question
00:50:36c'est qu'aujourd'hui
00:50:36la Mayotte
00:50:38est un véritable
00:50:39vivier humain
00:50:41on a une jeunesse
00:50:43flamboyante
00:50:44qui explose
00:50:45c'est
00:50:46est-ce que
00:50:46je reprends mes notes
00:50:49est-ce que
00:50:50la France
00:50:50est prête
00:50:51à investir
00:50:51sur le territoire
00:50:52le plus jeune
00:50:53de France
00:50:55voilà
00:50:56merci
00:50:58merci infiniment
00:50:59et bravo
00:51:00pour ce parcours
00:51:01et ce combat
00:51:02pour finalement
00:51:03avoir les yeux doux
00:51:04des banques
00:51:04maintenant
00:51:06je crois que
00:51:07ce qui est très intéressant
00:51:08d'abord
00:51:08félicitations
00:51:09parce que c'est tellement dur
00:51:10ce que vous avez fait
00:51:10et vous l'avez fait
00:51:12à Mayotte
00:51:13le réseau d'accompagnement
00:51:15de mémoire
00:51:16je crois pas me tromper
00:51:16mais je suis quasiment sûr
00:51:18de moi
00:51:18le réseau d'accompagnement
00:51:19qui est fondamental
00:51:20c'est l'ADI
00:51:23qui connaît l'ADI
00:51:24d'ailleurs ici
00:51:25je ne sais pas
00:51:25quelques-uns
00:51:26pas beaucoup
00:51:28ça fait partie
00:51:28des merveilles françaises
00:51:30pour résumer
00:51:31l'ADI
00:51:32c'est extraordinaire
00:51:33ils sont
00:51:35c'est une association
00:51:36qui fait du microcrédit
00:51:38et qui est financée
00:51:39par nous
00:51:40par nous
00:51:41et quand je dis par nous
00:51:42c'est sur fond propre
00:51:42de la BPI
00:51:43mais également
00:51:43avec des petites enveloppes
00:51:46budgétaires
00:51:46j'en profite pour dire
00:51:47que tout ça
00:51:47c'est des tout petits
00:51:48petits sous
00:51:49ce qui est très cher
00:51:49c'est pour l'emploi
00:51:51ou l'usage
00:51:53que vous faites du RSA
00:51:53ça c'est des gros volumes
00:51:55mais la partie
00:51:55accompagnement
00:51:56à la création
00:51:57d'entreprises
00:51:58on parle de budget
00:51:59de dizaines de millions d'euros
00:52:00par exemple
00:52:00le budget
00:52:02d'un programme
00:52:05extraordinaire
00:52:05qui s'appelle
00:52:06l'inclusion
00:52:07par le travail indépendant
00:52:08ETI
00:52:08qui a été créé
00:52:10il y a quelques années
00:52:12dans le cadre
00:52:13du programme
00:52:13Un jeune une solution
00:52:14bon
00:52:14ce programme est génial
00:52:16c'est 20 millions
00:52:18on n'est pas
00:52:19dans les milliards
00:52:20du tout
00:52:20et ça permet
00:52:21d'accompagner
00:52:21des dizaines
00:52:22de milliers
00:52:23de jeunes
00:52:23donc
00:52:23à Mayotte
00:52:24c'est
00:52:25effectivement
00:52:26c'est pas le secteur
00:52:27bancaire
00:52:27c'est l'ADIS
00:52:29merci beaucoup
00:52:32monsieur
00:52:32bonjour
00:52:33j'ai transmis
00:52:35mon entreprise
00:52:36il y a 5 mois
00:52:37à Geoffroy
00:52:37qui est à ma droite
00:52:38ici
00:52:39et en fait
00:52:39je voulais juste
00:52:40faire deux témoignages
00:52:42premier témoignage
00:52:43c'est pas vrai
00:52:44qu'on travaille
00:52:45jusqu'à 70 ans
00:52:46il y a des chefs
00:52:47d'entreprise
00:52:47qui arrêtent de travailler
00:52:48avant 70 ans
00:52:50et puis le deuxième
00:52:51qui me paraît fondamental
00:52:52pour les jeunes
00:52:53et ce qu'il faut leur dire
00:52:54aux jeunes
00:52:54c'est que
00:52:55être chef d'entreprise
00:52:56être entrepreneur
00:52:56ça rend heureux
00:52:58il ne faut pas
00:52:59qu'on soit
00:52:59ouin ouin
00:53:00à dire
00:53:00ah c'est dur
00:53:01l'Ursaf
00:53:02l'Etat
00:53:03machin
00:53:04l'enseignement
00:53:04les profs
00:53:05les fonctionnaires
00:53:06il faut qu'on leur dise
00:53:07que ça rend heureux
00:53:08ça nous permet
00:53:09d'être heureux
00:53:09ça nous permet
00:53:10de nous accomplir
00:53:10voilà
00:53:11merci pour ce message
00:53:12attendez juste
00:53:13une question
00:53:15je voulais juste
00:53:15vous demander monsieur
00:53:16comment est-ce que
00:53:17vous vous êtes rencontré
00:53:18avec votre repreneur
00:53:19on parlait de Tinder
00:53:20tout à l'heure
00:53:23ah non
00:53:24alors c'est
00:53:24non c'est pas le genre
00:53:25non on parle
00:53:26non mais
00:53:26on parle
00:53:27on parle beaucoup
00:53:28on parle beaucoup
00:53:29des territoires
00:53:30on parle beaucoup
00:53:31des territoires
00:53:31des régions
00:53:32des départements
00:53:33des réseaux
00:53:34en fait c'est comme ça
00:53:35que se fait le business
00:53:35on le sait bien tous
00:53:36c'est aussi comme ça
00:53:37que se font les rencontres
00:53:38et donc on s'est rencontré
00:53:39dans un réseau
00:53:40qui s'appelle
00:53:40Bretagne-Pôle-Naval
00:53:41dont je suis encore
00:53:42le président
00:53:43et puis l'idée est venue
00:53:44comme ça
00:53:45de faire la transmission
00:53:47merci beaucoup
00:53:47et bravo à tous les deux
00:53:56alors j'ai vu
00:53:57quelqu'un demander
00:53:58voilà
00:53:58parfait
00:54:00bonjour
00:54:00bonjour à tous
00:54:01alors je suis
00:54:02gérant d'une entreprise
00:54:03de peinture
00:54:04en Normandie
00:54:04à Yves
00:54:05dans l'agglomération
00:54:06Canaise
00:54:07et j'avais un petit mot
00:54:08pour vous trois
00:54:09en fait parce que
00:54:09j'ai été jeune entrepreneur
00:54:11maintenant j'ai pris
00:54:11un petit peu de cheveux blancs
00:54:13et du coup en fait
00:54:15je remercie la France
00:54:16en effet
00:54:17pour répondre à monsieur
00:54:18Dufourg
00:54:18parce que j'ai eu la chance
00:54:20d'avoir l'ACRE
00:54:20donc France Travail
00:54:22donc c'était assez extraordinaire
00:54:23parce que pendant une dizaine
00:54:24de mois
00:54:25j'ai pu forcément
00:54:27trouver des contacts
00:54:28ramener du chiffre d'affaires
00:54:29me faire connaître
00:54:30donc ça m'a laissé
00:54:31cette chance là
00:54:32et puis aussi
00:54:32j'ai bénéficié
00:54:33d'un prêt de la BPI
00:54:34donc ce qui m'a grandement
00:54:35aidé au départ
00:54:36je voudrais aussi
00:54:38rejoindre monsieur Martin
00:54:39sur ses propos
00:54:41pourquoi
00:54:41parce que je crois
00:54:43éperdument
00:54:43en l'apprentissage
00:54:44je suis un pur produit
00:54:45de l'apprentissage
00:54:46à 16 ans
00:54:47quand vous arrivez
00:54:48dans le monde du travail
00:54:48que vous êtes immature
00:54:49parce que bah oui
00:54:50les hommes
00:54:50la maturité arrive plus tard
00:54:52pour certains
00:54:52chez nous ça arrive
00:54:53à 40 ans
00:54:58et donc j'ai pas eu la chance
00:54:59de connaître l'armée
00:55:00et donc forcément
00:55:02il a bien fallu apprendre
00:55:03et ça m'a beaucoup aidé
00:55:05parce que forcément
00:55:06quand vous avez
00:55:06vos premiers salaires
00:55:08on a la chance
00:55:08de vivre chez nos parents
00:55:09à ce moment là
00:55:10parce que j'en connais très peu
00:55:11à 16 ans
00:55:11quand leur appartement
00:55:13et en fait
00:55:13ça nous apprend à gérer
00:55:15à gérer l'argent
00:55:16à rentrer vraiment
00:55:16dans le monde du travail
00:55:17petit à petit
00:55:18et donc ça a été
00:55:19vraiment une chance
00:55:20et encore une fois
00:55:22je vais répondre maintenant
00:55:23Madame Dolbeau
00:55:24en fait moi aussi
00:55:26mes formateurs
00:55:27mes éducateurs
00:55:28je les remercie énormément
00:55:28parce que si j'en suis là
00:55:29c'est grâce à eux
00:55:30et ils m'ont beaucoup épaulé
00:55:32je suis juste un petit peu
00:55:33en contradiction par contre
00:55:34par rapport à la micro-entreprise
00:55:36je suis vice-président
00:55:37de la fédération française
00:55:38du bâtiment dans le Calvados
00:55:40et moi j'ai un problème
00:55:41avec les micro-entrepreneurs
00:55:42pourquoi ?
00:55:43parce que pour moi
00:55:43c'est pas des entrepreneurs
00:55:44pas tous
00:55:45il y en a qui sont entrepreneurs
00:55:47ceux qui sont
00:55:48qui ont démarré sur le terrain
00:55:49qui ont peur
00:55:49parce qu'ils ont un vrai savoir-faire
00:55:51ils ont des mains en or
00:55:51ils osent pas forcément y aller
00:55:53donc ça leur laisse
00:55:54la possibilité
00:55:55en fait de senser petit à petit
00:55:57en revanche
00:55:58il faut quand même
00:55:59comprendre une chose
00:55:59c'est qu'il y en a beaucoup
00:56:01qui profitent de systèmes
00:56:02on travaille deux semaines
00:56:03on se repose deux semaines
00:56:04tranquillement
00:56:04et en fait
00:56:05c'est pas des entrepreneurs
00:56:06parce qu'ils n'imaginent pas
00:56:07la suite
00:56:07ils n'imaginent pas leur retraite
00:56:09ils ne voient pas devant
00:56:10ils ne voient pas l'avenir
00:56:10et ça j'ai un vrai problème
00:56:12avec ceux en plus
00:56:13qui beaucoup
00:56:14un bon nombre
00:56:15ne déclarent pas forcément
00:56:16alors bravo
00:56:16ce que vous déclarez
00:56:17j'ai bien entendu tout à l'heure
00:56:18obligé
00:56:18mais beaucoup ont du mal
00:56:20à faire les déclarations
00:56:21et à suivre de près tout ça
00:56:22je pense qu'on devrait
00:56:23renforcer les contrôles
00:56:24et même plus que ça
00:56:26de dire à un moment donné
00:56:27au bout de deux ans
00:56:28vous êtes micro-entrepreneur
00:56:30ça y est c'est parti
00:56:31votre activité
00:56:31alors vous vous lancez
00:56:32vous prenez un statut
00:56:33comme tout le monde
00:56:33voilà
00:56:34je suis tout à fait d'accord
00:56:35alors la réponse
00:56:36la réponse de Philippine Dolbeau
00:56:38bien sûr
00:56:38je vais
00:56:40je n'ai pas l'habitude
00:56:40qu'on m'appelle Madame Dolbeau
00:56:41donc je suis un peu impressionnée
00:56:43alors madame
00:56:44on vous écoute
00:56:45mon dieu
00:56:46merci déjà
00:56:47pour ce partage
00:56:47je partage tout à fait
00:56:49ce que vous dites
00:56:49il y a plein de micro-entrepreneurs
00:56:51il y a plein d'entrepreneurs
00:56:51il y a ceux qui ne font pas leur job
00:56:53il y a ceux qui font leur job
00:56:53etc
00:56:54mon point c'était plus
00:56:55sur les jeunes
00:56:56et à quel point ça peut
00:56:57voilà
00:56:58les aider à se lancer
00:57:00là aussi
00:57:00où je vous rejoins
00:57:01tout à fait
00:57:02et je l'ai vécu
00:57:03parce que j'ai monté
00:57:04ma première boîte
00:57:04j'avais 15 ans
00:57:05c'est que ça vous apprend aussi
00:57:07à être responsable
00:57:09alors moi j'ai eu la chance
00:57:10de ne pas avoir été mise
00:57:11par mes parents dehors
00:57:12mais en tout cas
00:57:12ils m'ont dit
00:57:13maintenant que tu gagnes des sous
00:57:14tu vas payer une partie
00:57:15du loyer de ta chambre
00:57:16et puis tu vas
00:57:17et puis tu vas déclarer tes impôts
00:57:19et puis tu vas
00:57:19donc je n'ai pas été émancipée
00:57:21mais c'était comme tel
00:57:23et ça m'a aussi appris
00:57:25à beaucoup d'égards
00:57:26la vie
00:57:27troisième point sur l'école
00:57:28j'ai l'habitude de dire
00:57:29que si l'école
00:57:29est le lieu
00:57:30où les valeurs du passé
00:57:31se transmettent
00:57:31c'est aussi celui
00:57:32où l'avenir s'invente
00:57:33et je crois que vraiment
00:57:35on a tous été marqué
00:57:36par un enseignant
00:57:37qui a changé notre vie
00:57:37j'en suis absolument certain
00:57:40certains d'entre nous
00:57:41n'ont pas créé leur entreprise
00:57:42grâce à leur enseignant
00:57:43mais on s'en souvient tous
00:57:45les enseignants font un super métier
00:57:46qui n'est déjà pas facile
00:57:48on leur demande
00:57:49chaque jour
00:57:50un petit peu plus
00:57:51mais ceux qui nous transmettent
00:57:52des vocations
00:57:52comme les miennes
00:57:53et comme la vôtre
00:57:54on ne peut que les remercier
00:57:55merci beaucoup
00:57:55merci beaucoup Philippine
00:57:57et vous avez soulevé
00:57:58un sujet qui est important aussi
00:57:59c'est celui de l'éducation financière
00:58:02qui est un sujet en France
00:58:04que vous constatez peut-être
00:58:06vous à la tête de la BPI
00:58:09ce rapport à l'économie
00:58:10qui n'est pas forcément
00:58:12très naturel
00:58:13je crois que c'est quand même
00:58:14quelque chose d'assez français
00:58:16oui je ne sais pas
00:58:17s'il est seulement français
00:58:18je ne sais pas
00:58:20s'il est seulement français
00:58:21honnêtement
00:58:21non je pense que
00:58:23je vais faire un discours
00:58:24de généralité
00:58:25je suis désolé
00:58:25mais j'ai le sentiment
00:58:29qu'effectivement
00:58:30des repères fondamentaux
00:58:33de ce que c'est
00:58:33qu'un équilibre
00:58:34ont été perdus
00:58:37par beaucoup
00:58:38beaucoup
00:58:38beaucoup de gens
00:58:39et pas seulement les jeunes
00:58:41c'est aussi pour ça
00:58:42que j'ai écrit mon livre
00:58:43sur l'état providence
00:58:43c'est à dire que
00:58:45la perte de repères totale
00:58:47sur la question même
00:58:48de l'équilibre
00:58:48des finances publiques
00:58:49le fait que ça ne gêne
00:58:50absolument personne
00:58:52le fait que ça n'angoisse
00:58:54alors c'est faux ce que je dis
00:58:55puisque les sondages montrent
00:58:56que les français
00:58:56commencent à être très inquiets
00:58:57mais ils ont mis le temps de l'être
00:58:58ça fait quand même
00:58:5940 ans que ça monte
00:59:00c'est quand même très surprenant
00:59:02et donc on ne peut pas
00:59:03simplement dire aux jeunes
00:59:04vous n'avez pas de culture financière
00:59:05c'est leurs parents
00:59:06qui n'en ont pas non plus
00:59:07c'est dans les familles
00:59:08qu'on ne l'a plus
00:59:09parce qu'il y a beaucoup d'argent
00:59:10qui tombe
00:59:10et qui tombe
00:59:11qui tombe
00:59:11qui tombe
00:59:12d'un système de redistribution
00:59:13qui est extraordinaire
00:59:13mais qui ne se réexplique pas
00:59:16il faut constamment formuler
00:59:17les raisons pour lesquelles
00:59:18l'argent arrive dans la poche
00:59:19des français tous les mois
00:59:20et comme on ne le réexplique pas
00:59:22comme on ne dit pas
00:59:22d'où vient cet argent
00:59:24vous voyez
00:59:25j'ai été opéré trois fois
00:59:26depuis le mois de janvier
00:59:26parce que je me suis cassé la jambe
00:59:28bon c'est très bien
00:59:29j'ai eu trois factures
00:59:31première facture
00:59:32c'était une opération
00:59:33anesthésie générale
00:59:347,13€
00:59:36deuxième facture
00:59:37réopération
00:59:398€
00:59:39et troisième
00:59:40troisième opération
00:59:42je ne sais pas pourquoi
00:59:43d'ailleurs
00:59:43parce que c'est à peu près
00:59:43la même qu'avant
00:59:44on est passé à 13
00:59:47donc
00:59:48qu'est-ce que vous voulez
00:59:50il n'y a pas la culture du coût
00:59:51il y a la culture du gratuit
00:59:53comment voulez-vous
00:59:53comment voulez-vous
00:59:54que nos jeunes
00:59:55aient une culture financière
00:59:56bien sûr
00:59:57bien sûr
00:59:57l'exemple doit venir dans
00:59:59vous vouliez ajouter quelque chose
01:00:00Patrick Martin
01:00:00je voulais ajouter
01:00:01que
01:00:02évidemment tout ce qu'on fait
01:00:03et qu'on doit faire plus encore
01:00:04en matière d'accueil
01:00:05des stagiaires
01:00:06c'est prioritairement
01:00:08pour leur faire découvrir
01:00:09des métiers
01:00:09parfois pour les dissuader
01:00:11de s'engager
01:00:11dans une voie
01:00:12dont ils rêvent
01:00:13parce qu'elle est menacée
01:00:14voire recondamnée
01:00:15ou au contraire
01:00:16plus positivement
01:00:16pour leur ouvrir les yeux
01:00:17sur des opportunités
01:00:18auxquelles ils n'avaient pas songé
01:00:19c'est ça la vocation prioritaire
01:00:21on le fait
01:00:22je voudrais simplement signaler
01:00:24que quand à l'époque
01:00:26ministre de l'éducation nationale
01:00:27Gabriel Attal
01:00:28était venu au MEDEF
01:00:29en nous disant
01:00:30nous mettons en place
01:00:31les stages de seconde
01:00:32ça s'est fait en l'espace
01:00:33de quelques mois
01:00:34il y a eu quelques réglages
01:00:35qui ont dû être apportés
01:00:37enfin séance tenante
01:00:38on a répondu présent
01:00:39il y a 90% des élèves de seconde
01:00:41qui sont accueillis
01:00:42dans nos entreprises
01:00:43mais c'est aussi
01:00:44pour ces jeunes
01:00:45l'occasion
01:00:45parce que beaucoup d'entre eux
01:00:47on ne peut pas leur en vouloir
01:00:48ne comprennent pas
01:00:49la logique de l'entreprise
01:00:50ne savent pas
01:00:51ce que c'est
01:00:51qu'un compte de résultat
01:00:52alors quand ils viennent
01:00:52en stage de seconde
01:00:53à fortiori de troisième
01:00:54ou de cinquième
01:00:55on ne les met pas
01:00:56nécessairement
01:00:56dans les directions financières
01:00:58quand elles existent
01:00:58mais quand même
01:01:00ça les imprègne
01:01:01d'une logique
01:01:02à laquelle
01:01:03ils sont malgré eux
01:01:04souvent étrangers
01:01:06et je finis
01:01:07sur les enseignants
01:01:10moi je m'applique
01:01:11à casser
01:01:12un certain nombre
01:01:12de préventions
01:01:13réciproques d'ailleurs
01:01:14d'enseignants
01:01:15qui considèrent
01:01:16que les entrepreneurs
01:01:17sont des esclavagistes
01:01:18à soit fait de dividendes
01:01:20etc
01:01:20mais il faut convenir
01:01:21que dans nos rangs
01:01:22certains d'entre nous
01:01:23sont encore accrochés
01:01:24à des idées périmées
01:01:25en tout cas largement périmées
01:01:27selon lesquelles
01:01:27tous les enseignants
01:01:28sont des trotskistes
01:01:29anti-entreprise
01:01:30alors il y en a
01:01:31il y en a
01:01:32mais je suis quand même
01:01:33très impressionné
01:01:34on était à Lille
01:01:36hier
01:01:36avant-hier
01:01:37je ne sais plus
01:01:39est intervenu
01:01:40la rectrice
01:01:41moi j'ai recruté
01:01:42pour le MEDEF
01:01:43un ancien recteur
01:01:44par ailleurs
01:01:44directeur général
01:01:45du CNAM
01:01:46directeur de Normale Sup
01:01:47à une époque
01:01:48les barrières tombent
01:01:49et je sens par exemple
01:01:50chez les proviseurs
01:01:52mais aussi
01:01:52chez les enseignants
01:01:53des lycées professionnels
01:01:55une véritable curiosité
01:01:57une volonté
01:01:58de bien faire
01:01:58ça va sans dire
01:02:00et donc un certain nombre
01:02:02d'a priori
01:02:03ou de stéréotypes
01:02:05qui tombent
01:02:06c'est une raison supplémentaire
01:02:08pour qu'on aille
01:02:08encore plus à leur contact
01:02:10mon dernier point
01:02:11pardon
01:02:11c'est les programmes
01:02:13alors là sur les programmes
01:02:14c'est vrai que
01:02:15quand on voit la présentation
01:02:16qui est faite
01:02:16de l'économie
01:02:17d'une manière générale
01:02:18de l'entreprise en particulier
01:02:20dans certains manuels scolaires
01:02:21bon
01:02:22mais moi je pense
01:02:24qu'il faut contourner l'obstacle
01:02:25parce que là
01:02:25on s'attaque à l'Himalaya
01:02:27si on veut
01:02:28j'aime bien tes commentaires
01:02:30progressistes
01:02:30en réalité
01:02:31parce que c'est vrai
01:02:31on progresse
01:02:33la pente est faible
01:02:34mais elle est positive
01:02:37et incontestablement
01:02:38le monde de l'éducation nationale
01:02:41est en train de changer
01:02:42c'est vrai
01:02:42les recteurs
01:02:43sont très intéressés
01:02:45quand on leur propose
01:02:45des visites d'usines
01:02:46pour les enfants
01:02:46et les élèves
01:02:48le réseau associatif
01:02:49100 000 entrepreneurs
01:02:50vous connaissez
01:02:51100 000 entrepreneurs ?
01:02:53peu hein
01:02:54bon
01:02:54c'est génial ce truc
01:02:55100 000 entrepreneurs
01:02:56c'est des entrepreneurs
01:02:57qui vont parler
01:02:58aux élèves
01:02:59des classes de terminal
01:02:59partout en France
01:03:01et qui
01:03:02mais c'est
01:03:03donc c'est 100 000
01:03:03c'est considérable
01:03:06moi j'ai imposé
01:03:07aux membres
01:03:07de mon équipe
01:03:08de direction
01:03:09chacun
01:03:10ou chacune
01:03:11d'entre elles
01:03:11une fois par an
01:03:12d'aller
01:03:12dans un lycée
01:03:13dans un collège
01:03:14parler
01:03:15en général
01:03:16des collèges
01:03:16de banlieue
01:03:17ou des lycées professionnels
01:03:18d'ailleurs
01:03:19parler de l'entreprise
01:03:20et le corps professoral
01:03:22que je rencontre
01:03:23à cette occasion là
01:03:24alors évidemment
01:03:24quand vous allez
01:03:25dans la salle des profs
01:03:26vous voyez bien
01:03:26les tracts
01:03:26qui sont au mur
01:03:28donc vous sentez bien
01:03:29que ça bouillonne
01:03:30mais quand même
01:03:31à l'intérieur
01:03:31de cette communauté
01:03:32professorale
01:03:32vous en avez
01:03:3320, 30, 40%
01:03:34qui vous invitent
01:03:35à venir parler
01:03:35de l'entreprise
01:03:36dans les classes
01:03:38donc franchement
01:03:39la poutre travaille
01:03:40le pays bouge
01:03:41voilà qui est positive
01:03:43sur cette porosité
01:03:44de plus en plus présente
01:03:45entre des mondes
01:03:47qui parfois
01:03:47se côtoient
01:03:48sans se parler
01:03:48mais c'est en train
01:03:49de changer
01:03:50et nous on est là
01:03:51pour échanger
01:03:51alors je vois un monsieur
01:03:52qui se lève
01:03:53dans la salle
01:03:53vous avez un micro
01:03:54c'est parfait
01:03:56bonjour
01:03:56je m'appelle Philippe Bessel
01:03:58je suis président
01:03:59d'une entreprise
01:04:00qui fait de l'aspiration
01:04:01filtration industrielle
01:04:02et accessoirement
01:04:03je suis coprésident
01:04:04d'un clé
01:04:05tout le monde ne sait pas
01:04:06ce que c'est qu'un clé
01:04:07c'est un comité local
01:04:08école entreprise
01:04:09et c'est lorsque
01:04:11vous êtes intervenu
01:04:11que ça m'a permis
01:04:12de rebondir
01:04:13parce qu'avec
01:04:14les collèges
01:04:17de la Vienne
01:04:17qui sont autour de moi
01:04:21nous organisons
01:04:22notamment
01:04:23des cours en entreprise
01:04:25et avec les professeurs
01:04:27qui viennent
01:04:28qui donnent des cours
01:04:29de maths
01:04:29sur des sujets
01:04:30et qui ensuite
01:04:31dans mon entreprise
01:04:32puisque le métier de base
01:04:33c'est de faire
01:04:34de la métallurgie
01:04:35ils réalisent
01:04:36avec nous les pièces
01:04:37et les élèves
01:04:39et les profs
01:04:40font les pièces
01:04:41sur la base
01:04:42de cours mathématiques
01:04:43qui ont été donnés
01:04:43et ça
01:04:44ça nous permet
01:04:45de développer
01:04:45et de faire venir
01:04:46les jeunes
01:04:47à des métiers
01:04:48et à des connaissances
01:04:50complètes
01:04:50et qui sont très efficaces
01:04:52et ce clé
01:04:53où il y a
01:04:547 collèges
01:04:54autour de moi
01:04:55tous les
01:04:56je tiens
01:04:57à rendre hommage
01:04:58à tous les présidents
01:05:00enfin tous ces
01:05:01comment on dit
01:05:02c'est des proviseurs
01:05:03ou pas
01:05:04des plus des proviseurs
01:05:05mais c'est pas grave
01:05:05qui travaillent
01:05:07énormément
01:05:07avec nous
01:05:08pour faire venir
01:05:09les profs
01:05:10et les élèves
01:05:11dans les entreprises
01:05:12voilà c'était juste
01:05:13un témoignage
01:05:13merci beaucoup
01:05:14pour ce témoignage
01:05:19y a-t-il d'autres questions
01:05:20oui
01:05:21monsieur
01:05:22si vous avez
01:05:23un micro
01:05:23à portée de main
01:05:24on va vous apporter
01:05:33bon je reprends
01:05:34la parole
01:05:35je ne vais pas
01:05:35me représenter
01:05:36à nouveau
01:05:36si si ce serait bien
01:05:38si vous voulez
01:05:39Madhia Lidi
01:05:40directeur général
01:05:41d'une structure
01:05:42basée à Mayotte
01:05:43qui fait la brûle
01:05:44de terre comprimée
01:05:45merci
01:05:45donc j'interviens
01:05:47par rapport
01:05:48à une question
01:05:48que j'aimerais
01:05:50essentiellement
01:05:50adresser à vous
01:05:51du coup
01:05:52directeur général
01:05:53BPI France
01:05:54parce que nous sommes
01:05:55le réa d'un dispositif
01:05:57qui s'appelle
01:05:57France 2030
01:05:58régionalisé
01:05:58dans le cadre
01:05:59justement
01:06:00de ce qu'on appelle
01:06:00une structure
01:06:01à son filière
01:06:02toutefois
01:06:02depuis mon arrivée
01:06:04à Mayotte
01:06:04j'ai accompagné
01:06:05pas mal d'entreprises
01:06:07justement
01:06:07sur des dispositifs
01:06:08parce que je tiens
01:06:08quand même à rappeler
01:06:10la France propose
01:06:11des dispositifs financiers
01:06:12qui n'est pas compétitifs
01:06:14on ne trouve pas ça
01:06:15à l'extérieur
01:06:15en fait
01:06:15très compétitifs
01:06:16on n'en trouve pas
01:06:18à l'extérieur
01:06:1954 milliards d'euros
01:06:20dans le cadre
01:06:21de France 2030
01:06:21c'était du jamais vu
01:06:23donc la problématique
01:06:25que nous avons
01:06:25dans les territoires
01:06:26insulaires
01:06:27j'ai travaillé
01:06:28notamment
01:06:29sur des dossiers
01:06:30générés
01:06:31par des opérateurs
01:06:32tels que l'ADEME
01:06:33la Banque des Territoires
01:06:34et très récemment
01:06:36du coup
01:06:37la BPI France
01:06:38c'est cette capacité
01:06:39parce qu'en règle générale
01:06:41ce dispositif
01:06:42c'est en lien
01:06:42avec l'industrialisation
01:06:43et l'innovation
01:06:44chose où le territoire
01:06:46insulaire
01:06:46du coup
01:06:46au niveau
01:06:47de l'industrialisation
01:06:48on n'y est pas du tout
01:06:50en tout cas
01:06:50pas pour l'instant
01:06:51et ce qui concerne
01:06:52l'innovation
01:06:53on est plutôt
01:06:53sur de l'aspect
01:06:54de réplication
01:06:55enfin on réplique
01:06:56ce que vous faites ici
01:06:57pour l'adapter
01:06:58à notre territoire
01:06:59ma question c'est
01:07:00comment on peut
01:07:01faire en sorte
01:07:02que des projets
01:07:03tels que le nôtre
01:07:04portés essentiellement
01:07:05par des jeunes
01:07:06puissent pouvoir
01:07:07accéder à ces dispositifs
01:07:09d'un point de vue
01:07:10économique
01:07:11on revient sur ce qu'on
01:07:12aborde sur cet aspect
01:07:13financier
01:07:13on demande
01:07:14pour des dispositifs
01:07:15tels que
01:07:15c'est proposé par l'Etat
01:07:17ce qu'on appelle
01:07:18du fonds propre
01:07:19chose que
01:07:20encore une fois
01:07:20sur nos territoires
01:07:21on n'a pas
01:07:22ma collègue tout à l'heure
01:07:23rappelait
01:07:24les difficultés
01:07:25qu'on pourrait avoir
01:07:25avec les banques
01:07:26elle a pu s'en sortir
01:07:29avec les moyens
01:07:30tels qu'elle a pu le faire
01:07:31mais nous
01:07:32aujourd'hui
01:07:32c'est toujours pas le cas
01:07:33du coup
01:07:33j'aimerais savoir
01:07:34si la BPI France
01:07:35et les autres opérateurs
01:07:37de l'Etat
01:07:37ont des réflexions
01:07:38à ce niveau là
01:07:38mais également
01:07:39si au niveau du Sénat
01:07:40et du gouvernement
01:07:41des dispositifs
01:07:43ont été pensés
01:07:43je rappelle
01:07:44j'aime pas
01:07:46victimiser
01:07:46mais c'est quand même
01:07:47une difficulté
01:07:48qu'il faut rappeler
01:07:48Mayotte a subi un cyclone
01:07:50enfin a subi un événement
01:07:52naturel
01:07:52très très impactant
01:07:54le cyclone Chido
01:07:55et Dikeledi
01:07:56et aujourd'hui
01:07:57on est en phase
01:07:57de reconstruction
01:07:58dans cette phase
01:07:59de reconstruction
01:07:59nous avons besoin
01:08:00des industriels
01:08:01nous avons besoin
01:08:02de la force de la jeunesse
01:08:03et essentiellement
01:08:05d'un accompagnement financier
01:08:06merci beaucoup
01:08:07Monsieur Dufourc
01:08:08merci beaucoup
01:08:10alors plusieurs choses
01:08:12donc France 2030
01:08:14effectivement
01:08:15nulle part ailleurs
01:08:16donc c'est un miracle français
01:08:18j'espère qu'on pourra
01:08:19le pérenniser
01:08:19dans les difficultés
01:08:20financières de la France
01:08:22mais un miracle français
01:08:24mais c'est un programme
01:08:25de financement
01:08:25d'innovation de rupture
01:08:26c'est un programme
01:08:27de réinvention
01:08:27de l'économie française
01:08:28par la haute technologie
01:08:29voilà
01:08:29donc c'est sûr
01:08:30qu'il n'était pas
01:08:31extraordinairement adapté
01:08:32à Mayotte
01:08:33France 2030
01:08:33pour être clair
01:08:35il est adapté
01:08:36aux petits réacteurs nucléaires
01:08:40modulaires
01:08:41aux quantiques
01:08:42qui sera
01:08:43l'objet
01:08:44du déplacement
01:08:45du président
01:08:45de la République Demain
01:08:46à la Space Tech
01:08:48aux micro lanceurs
01:08:48réutilisables
01:08:49à la biotech
01:08:50à la bioproduction
01:08:51etc.
01:08:52c'est vraiment de la tech
01:08:53c'est deep tech même
01:08:54haute technologie
01:08:55dans France 2030
01:08:56pour cette raison
01:08:57l'Etat a souhaité
01:08:58isoler ce que vous avez dit
01:08:59c'est-à-dire France 2030
01:09:01régionalisée
01:09:01à la main
01:09:02de la collectivité locale
01:09:04en fait
01:09:04donc c'est
01:09:05au cas particulier
01:09:06c'est vraiment
01:09:06la collectivité locale
01:09:07qui instruit les dossiers
01:09:08et qui les distribue
01:09:10voilà
01:09:10donc je n'ai pas le détail
01:09:11de la manière
01:09:12dont ça s'est passé
01:09:12à Mayotte
01:09:13mais j'entends tout à fait
01:09:13ce que vous dites
01:09:14pour le reste
01:09:15les fonds propres
01:09:15donc les fonds propres
01:09:16à Mayotte
01:09:17comme à la Martinique
01:09:20à la Guadeloupe
01:09:20ou à la Guyane
01:09:22il y a
01:09:23des poches
01:09:23de fonds propres
01:09:26mais c'est des tout
01:09:26petits fonds privés
01:09:27financés par nous
01:09:28c'est-à-dire que nous
01:09:29on investit
01:09:30dans ces fonds privés
01:09:31à peu près
01:09:3130 à 40%
01:09:32de ce qu'ils déploient
01:09:33pour le reste
01:09:34ils sont obligés
01:09:34d'aller chercher
01:09:35des capitaux privés
01:09:35et puis ensuite
01:09:36ils ont des petites
01:09:36équipes de gestion
01:09:37mais l'infrastructure
01:09:38de déploiement
01:09:39des fonds propres
01:09:40dans ces territoires
01:09:41elle est très faible
01:09:42elle a toujours
01:09:43été très faible
01:09:44et une des raisons
01:09:45pour laquelle
01:09:45elle a toujours
01:09:46été très faible
01:09:46c'est que
01:09:48on va se le dire
01:09:48on est dans un monde
01:09:49capitaliste
01:09:50le rendement est faible
01:09:52ça ne rapporte pas
01:09:52grand chose
01:09:53et la sinistralité
01:09:54est forte
01:09:55pourquoi est-ce que
01:09:56les banques aussi
01:09:56sont très très prudentes
01:09:57dans ces territoires
01:09:58c'est que le taux
01:09:59de non-remboursement
01:10:00des emprunts
01:10:01est très élevé
01:10:03et donc tout le monde
01:10:04se tourne vers
01:10:05la puissance publique
01:10:06donc nous qu'est-ce qu'on fait
01:10:07on garantit les banques
01:10:09et on permet
01:10:10ce que j'indiquais
01:10:11tout à l'heure
01:10:12au réseau associatif
01:10:13de distribuer
01:10:14des prêts à taux zéro
01:10:15voilà l'infrastructure
01:10:16d'aujourd'hui
01:10:16c'est clair que
01:10:18ça serait bien
01:10:19si on avait les moyens
01:10:20de faire plus
01:10:20mais c'est des moyens
01:10:21c'est de l'argent public
01:10:23et l'argent public
01:10:23il n'y en a plus
01:10:25je suis désolé de vous le dire
01:10:26il n'y en a plus
01:10:27donc on va tous
01:10:28être obligés
01:10:29de se tortiller
01:10:31de passer entre les gouttes
01:10:32pour trouver
01:10:33les petits sous
01:10:34qui vont nous permettre
01:10:34de maintenir
01:10:35des beaux dispositifs
01:10:37inventés
01:10:37dans les 15 dernières années
01:10:39merci pour votre réponse
01:10:41Philippine
01:10:41comment est-ce qu'on fait
01:10:42quand on est toute jeune
01:10:43pour convaincre des banques
01:10:45moi je n'ai pas réussi
01:10:47moi je n'ai pas réussi
01:10:49ça a été
01:10:50la croix et la bannière
01:10:51pendant 10 ans
01:10:535 ans pardon
01:10:54et
01:10:55alors en plus
01:10:56bon
01:10:57j'ai tout l'état
01:10:57donc
01:10:58je suis
01:10:59enfin j'étais jeune
01:11:00une femme
01:11:02en filière littéraire
01:11:03à l'époque
01:11:03je n'avais pas mon bac
01:11:04j'ai démarré
01:11:04j'étais en seconde
01:11:05rousse avec des lunettes
01:11:06donc
01:11:07autant vous dire
01:11:08que c'était compliqué
01:11:08et donc
01:11:10quand je vais voir les banques
01:11:11même si j'ai été
01:11:12très très très
01:11:13motivée
01:11:14médiatisée
01:11:14très motivée
01:11:15très soutenue
01:11:17aussi par différents acteurs
01:11:18des prêts d'honneur
01:11:19du réseau
01:11:20entreprendre et d'autres
01:11:21les banques
01:11:22elles ne croyaient pas
01:11:23et d'ailleurs
01:11:23je me souviens
01:11:24d'un rendez-vous
01:11:24avec une banque
01:11:25il y avait le directeur
01:11:26de la banque
01:11:26et j'arrive dans cette
01:11:27salle
01:11:29presque d'audition
01:11:30de commission
01:11:31et il y avait 15 personnes
01:11:32qui étaient tous
01:11:33des hommes
01:11:33je n'ai rien
01:11:34messieurs
01:11:34contre les hommes
01:11:35mais la seule femme
01:11:36qui était là
01:11:37autour de la table
01:11:37c'était l'assistante
01:11:38du directeur
01:11:39j'étais très très impressionnée
01:11:40j'ai 16 ans
01:11:41et je présente mon projet
01:11:42bon on m'écoute
01:11:43etc
01:11:44et puis le directeur
01:11:47me raccompagne
01:11:48après ma présentation
01:11:49mon pitch de projet
01:11:50business plan
01:11:51et puis il m'a dit
01:11:51bon bah
01:11:52donc les portes étaient fermées
01:11:53on était tous les deux
01:11:54dans l'ascenseur
01:11:54et il m'a dit
01:11:55bon on va financer ton projet
01:11:57mais c'est juste
01:11:57parce qu'on a besoin
01:11:58de montrer
01:11:58en termes de communication
01:11:59et de médiatisation
01:12:00qu'on finance
01:12:01la plus jeune
01:12:02entrepreneur de France
01:12:03et donc voilà
01:12:05et puis j'ai refusé
01:12:06même si c'était un montant
01:12:07absolument énorme à l'époque
01:12:08mais parce que
01:12:08c'était pas du tout
01:12:09en accord avec mes valeurs
01:12:10et que j'avais pas envie
01:12:11d'être financée pour ça
01:12:13je voulais être financée
01:12:14pour mon projet
01:12:15et pas servir de faire valoir
01:12:16ouais exactement
01:12:17donc je suis allée
01:12:19de prêt d'honneur
01:12:20en prêt d'honneur
01:12:21et puis après
01:12:21et puis après
01:12:23et j'avais un prêt étudiant
01:12:24tout à fait
01:12:25effectivement
01:12:26et puis
01:12:27et puis après
01:12:28par
01:12:29le
01:12:31trois prêts étudiants
01:12:32oui alors racontez-nous
01:12:33comment t'as fait
01:12:34et bien j'ai pris
01:12:35trois banques différentes
01:12:35c'était l'époque
01:12:36où il n'y avait pas
01:12:37il n'y avait pas
01:12:38d'informatique
01:12:38donc ils ne se sont pas
01:12:39parlé
01:12:41bien
01:12:42je ne sais pas
01:12:43si on le note
01:12:43dans le compte rendu
01:12:44mais bon
01:12:44mesdames messieurs
01:12:46c'est prescrit
01:12:48j'ai fait la vraie vie
01:12:49écoutez
01:12:50c'est la vraie vie
01:12:50c'est ça
01:12:51c'est comme ça qu'on fait
01:12:53non et puis après
01:12:54la société a fonctionné
01:12:55etc
01:12:56après on s'est heurté
01:12:57aux difficultés
01:12:58de proposer une solution
01:12:59à l'éducation nationale
01:13:00donc déjà
01:13:00qu'il n'y a pas
01:13:01beaucoup de sous
01:13:01dans les finances publiques
01:13:03mais alors dans l'éducation nationale
01:13:04encore moins
01:13:04donc voilà
01:13:05et puis on est passé
01:13:05à autre chose
01:13:06mais c'est vrai
01:13:07que c'était compliqué
01:13:08en revanche
01:13:08là où il y a eu
01:13:09de vraies avancées
01:13:10et merci la France
01:13:11pour ça
01:13:11c'est pour le financement
01:13:12des femmes
01:13:13mais des jeunes femmes
01:13:14qui créent leur entreprise
01:13:16et ça vraiment
01:13:17avant il y a dix ans
01:13:18quand j'ai démarré
01:13:19c'était un truc
01:13:20on n'était que quelques-unes
01:13:21vous avez évoqué
01:13:22quelques-uns de vos problèmes
01:13:23ils sont très relatifs
01:13:24quand on pense à beaucoup
01:13:25de jeunes français
01:13:26qui n'ont pas les familles
01:13:27qui n'ont pas les codes
01:13:28qui n'ont vraiment pas d'argent
01:13:29qui ne savent pas
01:13:30comment s'y prendre
01:13:31ce sont eux aussi
01:13:33à qui il faut tendre la main
01:13:34Patrick Martin
01:13:36je vais d'abord
01:13:37répondre à une question
01:13:38qui ne m'est pas posée
01:13:39si je peux me permettre
01:13:40non
01:13:41je veux dire
01:13:41il faut qu'on agisse
01:13:42à tous les niveaux
01:13:43en proximité
01:13:44dans les territoires
01:13:45ultramarins
01:13:45y compris
01:13:46sur toutes les tailles
01:13:47d'entreprise
01:13:48sur les reprises
01:13:49autant que sur les créations
01:13:50mais après
01:13:51il y a un enjeu culturel
01:13:53dans la culture européenne
01:13:54et surtout dans la culture française
01:13:56avec des freins
01:13:57des préventions
01:13:58très difficile
01:13:59d'infléchir
01:14:00d'une dimension culturelle
01:14:01mais il y a aussi
01:14:02une dimension
01:14:05normative
01:14:05et c'est un combat
01:14:08qu'on mène
01:14:08qui peut paraître
01:14:08très éloigné
01:14:09du quotidien
01:14:10du créateur d'entreprise
01:14:11ou du repreneur d'entreprise
01:14:12mais qui est systémique
01:14:13c'est-à-dire par là
01:14:14qu'au niveau européen
01:14:15que ce soit auprès
01:14:16de la commission elle-même
01:14:17ou des instances régulatrices
01:14:19en matière de banques
01:14:20et d'assurance
01:14:20on se crée des freins
01:14:22on se crée des difficultés
01:14:23qui y compris en matière
01:14:25de financement
01:14:26en fonds propres
01:14:26sont très pénalisantes
01:14:27je fais référence
01:14:28pour ceux qui connaissent ça
01:14:29alors évidemment
01:14:30beaucoup connaissent
01:14:32aux réglementations
01:14:33Solvency 2
01:14:34pour les assureurs
01:14:35BAL 3
01:14:35qui envoient de durcissement
01:14:37pour les banques
01:14:38je fais référence
01:14:39à l'inertie
01:14:41comme dans bien des matières
01:14:42l'Union européenne
01:14:43la commission
01:14:44le Parlement lui-même
01:14:46dont ils font preuve
01:14:48pour implémenter
01:14:49le rapport Draghi
01:14:50et singulièrement
01:14:51sur ce qu'on appelait
01:14:52l'union des marchés
01:14:53de capitaux
01:14:53maintenant l'union
01:14:54de l'épargne
01:14:54et de l'investissement
01:14:55il y a une épargne dingue
01:14:57en Europe
01:14:57et en France
01:14:59ce qui n'est pas le cas
01:15:00aux Etats-Unis
01:15:01je parle des ménages
01:15:02et on n'arrive pas
01:15:03parce qu'on se crée
01:15:04nos propres contraintes
01:15:05on n'arrive pas
01:15:06en tout cas suffisamment
01:15:07à la flécher
01:15:08vers l'économie
01:15:09à la flécher
01:15:09vers l'entreprise
01:15:10et à la flécher
01:15:11vers les financements
01:15:12en fonds propres
01:15:12donc ça peut poser
01:15:13des problèmes
01:15:14au stade de la création
01:15:15d'entreprise
01:15:16ou de la reprise
01:15:17mais ça pose encore
01:15:18plus de problèmes
01:15:19au moment de la croissance
01:15:20de l'entreprise
01:15:21on le sait très bien
01:15:22il y a des pépites européennes
01:15:23des pépites françaises
01:15:24dans les technologies
01:15:25notamment
01:15:26qui n'ont pas d'autre solution
01:15:27à un moment donné
01:15:28que d'aller se financer
01:15:29auprès de grands acteurs
01:15:30américains
01:15:31aujourd'hui
01:15:31probablement chinois
01:15:32demain
01:15:32donc tout ça
01:15:34il faut qu'on
01:15:35qu'on le prenne en compte
01:15:36en tout cas nous
01:15:37au MEDEF
01:15:37on est très très très déterminés
01:15:39on est à la limite
01:15:40du harcèlement
01:15:42auprès de l'Union Européenne
01:15:43pour dire
01:15:44accélérer là-dessus
01:15:45parce que c'est
01:15:46c'est très structurant
01:15:47ou déstructurant
01:15:49pardon
01:15:50oui s'il vous plaît
01:15:52sur ces jeunes
01:15:53qui sont parfois
01:15:54laissés sur le bord
01:15:55de la route
01:15:55et ils sont quand même
01:15:56très nombreux encore
01:15:57qui n'ont pas forcément
01:15:58les codes
01:15:58les parents
01:15:58enfin voilà
01:16:00comment est-ce qu'on
01:16:01quel est votre regard
01:16:02comment est-ce qu'on fait
01:16:03pour les accompagner
01:16:04vers l'entreprise
01:16:05vers la création d'entreprise
01:16:06ou la reprise d'entreprise
01:16:07en leur disant
01:16:08c'est possible
01:16:09alors déjà
01:16:10je pense que c'est toujours
01:16:11moins compliqué
01:16:11de faire du préventif
01:16:12que de faire du curatif
01:16:13donc
01:16:15avant de
01:16:16pardon
01:16:16la trivialité de l'expression
01:16:18avant de vider la baignoire
01:16:19évitons de la remplir
01:16:20je veux dire
01:16:20par là que
01:16:21si on peut
01:16:22tous ensemble
01:16:23en étant plus pertinent
01:16:25plus déterminé
01:16:26veiller à ce que les jeunes
01:16:27soient orientés
01:16:28vers des formations
01:16:30qui assurent
01:16:31des débouchés professionnels
01:16:32ça réglera beaucoup de choses
01:16:33je rappelle que parmi
01:16:34le 1,5 millions de nits
01:16:36il y a à peu près
01:16:3620%
01:16:37presque 25%
01:16:38de diplômés
01:16:39de l'enseignement supérieur
01:16:41alors
01:16:41c'est complètement dingue
01:16:43et ces gens là
01:16:44ne se sont pas
01:16:46délibérément
01:16:46engagés
01:16:47dans des formations
01:16:48qui n'aboutissent pas
01:16:49en tout cas
01:16:49pas sur les volumétries
01:16:51qu'ils imaginaient
01:16:51à l'emploi
01:16:52donc
01:16:53commençons par là
01:16:54meilleure orientation
01:16:56meilleure connaissance
01:16:57réciproque
01:16:58du monde de l'enseignement
01:16:59et du monde
01:17:00de l'entreprise
01:17:01et puis
01:17:02apprentissage
01:17:03autant que possible
01:17:04après
01:17:04il faut faire du curatif
01:17:06vider la baignoire
01:17:07donc
01:17:08il faut déjà
01:17:09qu'on adresse
01:17:10très spécifiquement
01:17:11chacune de ces populations
01:17:12les décrocheurs
01:17:13à 13 ans
01:17:14ne sont pas
01:17:15les diplômés
01:17:15de l'enseignement supérieur
01:17:16qui sont parmi
01:17:17les nits
01:17:19donc
01:17:19il faut absolument
01:17:20qu'on les fasse
01:17:22revenir à l'emploi
01:17:23en fonction de leur
01:17:24singularité
01:17:25moi j'ai posé
01:17:25sur la table
01:17:26un certain nombre
01:17:26de propositions
01:17:27qui ont fait pousser
01:17:28des cris d'orfraie
01:17:29par des gens
01:17:30plus ou moins
01:17:30bien intentionnés
01:17:31notamment pour que
01:17:32on recrée
01:17:33un sas d'entrée
01:17:34dans l'entreprise
01:17:35pour ces jeunes là
01:17:36avec des modalités
01:17:38juridiques
01:17:38de charge sociale
01:17:41qui
01:17:42pour l'entreprise
01:17:43qui est très bienveillante
01:17:45qui assume
01:17:46chaque jour
01:17:46qui passe
01:17:47un peu plus
01:17:47de responsabilité
01:17:48au delà
01:17:48de son objet initial
01:17:49qui est de prospérer
01:17:51de croître
01:17:51et de gagner de l'argent
01:17:52bon
01:17:53et donc
01:17:54un des dispositifs
01:17:56qu'on a proposé
01:17:57inciterait
01:17:58encouragerait
01:17:58l'entreprise
01:17:59à aller beaucoup
01:17:59plus loin
01:18:00en accueillant
01:18:01des jeunes
01:18:01qui franchement
01:18:02sur le papier
01:18:03ne sont pas
01:18:04intéressants
01:18:05à ce jour
01:18:06mais qui le sont
01:18:07potentiellement
01:18:08donc voilà
01:18:08il faut qu'on aille
01:18:10beaucoup plus loin
01:18:11dans les dispositifs
01:18:13qu'on met en oeuvre
01:18:13et puis je pense
01:18:14qu'il faut qu'il y ait
01:18:15une concertation
01:18:15beaucoup plus poussée
01:18:16entre toutes ces structures
01:18:17qui finalement
01:18:18s'occupent de ces jeunes
01:18:19mais si elles s'en occupaient
01:18:20véritablement bien
01:18:21on n'en serait pas là
01:18:23je leur dis
01:18:2431%
01:18:25de taux d'emploi
01:18:26des jeunes
01:18:2751%
01:18:28en Allemagne
01:18:2875%
01:18:29aux Pays-Bas
01:18:30qui ne sont pas
01:18:30des dictatures
01:18:31à ma connaissance
01:18:33c'est un scandale
01:18:35et pourtant
01:18:36on en a besoin
01:18:36plus que jamais
01:18:37des jeunes
01:18:37parce que ça devient
01:18:38hélas
01:18:39une matière rare
01:18:42vu la courbe démographique
01:18:44autant aller chercher
01:18:45le potentiel
01:18:46on ne revient
01:18:47ne serait-ce qu'à
01:18:48la moitié
01:18:48du taux de chômage
01:18:49chez les jeunes
01:18:50qu'on a actuellement
01:18:50c'est-à-dire au taux moyen
01:18:51de l'Europe
01:18:53on règle essentiellement
01:18:54nos problèmes d'équilibre
01:18:55des régimes sociaux
01:18:56rien que ça
01:18:57ça devrait nous botter le train
01:18:59alors je crois
01:19:00qu'il y a un monsieur
01:19:00qui attend désespérément
01:19:02au fond de la salle
01:19:02de poser sa question
01:19:04c'est peut-être vous monsieur
01:19:05vous avez un micro
01:19:06c'est parfait
01:19:07c'est moi
01:19:09bonjour
01:19:09je me présente
01:19:10Pierre Grech
01:19:11dirigeant d'un groupe immobilier
01:19:12dans le Var
01:19:13et d'un cabinet de conseil
01:19:14en gestion de patrimoine
01:19:15où justement
01:19:16un de mes sujets
01:19:17c'est de flécher
01:19:19l'épargne
01:19:19et cet argent qui dort
01:19:20vers l'économie productive
01:19:22je suis également
01:19:23vice-président
01:19:24de l'union patronale du Var
01:19:25au sein de laquelle
01:19:26j'officie avec
01:19:27Véronique Morel
01:19:28et Stéphane Benhamou
01:19:28on regroupe
01:19:29CPME et MEDEF
01:19:32ma première réflexion
01:19:33c'est
01:19:34qu'il y a un biais
01:19:36un biais sémantique
01:19:37je pense chez les jeunes
01:19:38quand on parle
01:19:38d'entrepreneuriat
01:19:40c'est-à-dire
01:19:40qu'un certain nombre
01:19:42d'entre eux
01:19:42et ça rejoint
01:19:43un certain nombre
01:19:43de propos
01:19:44qu'on a déjà eus
01:19:44vont être attirés
01:19:46vers la recherche
01:19:47d'indépendance
01:19:48et qui boude un petit peu
01:19:49je crois qu'il y a
01:19:50une nouvelle génération
01:19:50qui boude un petit peu
01:19:51le salariat
01:19:52à cet égard
01:19:54et c'est une voie
01:19:54qui est tout à fait louable
01:19:55mais c'est celle
01:19:56de l'auto-entreprise
01:19:58qui n'est pas du tout
01:19:59la même chose
01:20:00que celle
01:20:00du chef d'entreprise
01:20:01et du niveau
01:20:02de ruissellement
01:20:03et de l'impact sociétal
01:20:04qu'il peut générer
01:20:08et cela commence
01:20:09en germe
01:20:10par l'appétence
01:20:11qu'on va avoir
01:20:11c'est-à-dire
01:20:12que auto-entreprise
01:20:13je vais être attiré
01:20:14par l'indépendance
01:20:15chef d'entreprise
01:20:16en fait j'ai l'appel
01:20:16du collectif
01:20:17quand je suis chef
01:20:17d'entreprise
01:20:18je ne suis pas du tout
01:20:19indépendant
01:20:19je suis dépendant
01:20:20d'un collectif
01:20:21que je porte
01:20:22le premier
01:20:23de ces collectifs
01:20:24ce sont mes salariés
01:20:25mais il y a d'autres
01:20:26parties prenantes
01:20:27il va y avoir
01:20:27des actionnaires
01:20:28il va y avoir
01:20:28évidemment des clients
01:20:30des fournisseurs
01:20:31donc ce sont des appétences
01:20:32tout à fait différentes
01:20:33et je pense que cette méconnaissance
01:20:38elle est en grande part
01:20:40sous la responsabilité
01:20:41de l'éducation nationale
01:20:43moi j'ai 43 ans
01:20:45et pour les personnes
01:20:46de ma génération
01:20:46en fait
01:20:47la culture économique
01:20:48et l'apprentissage
01:20:51de l'entrepreneuriat
01:20:52étaient
01:20:53je le parle au passé
01:20:54évidemment
01:20:54étaient les grandes oubliées
01:20:55du parcours scolaire
01:20:58j'avais pris en option
01:21:00en seconde
01:21:00un cours
01:21:01je crois que c'était
01:21:02toutes les deux semaines
01:21:02qui étaient
01:21:03sciences économiques
01:21:04et sociales
01:21:04donc on alternait déjà
01:21:06de la sociologie
01:21:07et de l'économie
01:21:08c'était seulement
01:21:10sur option
01:21:10on parlait de macroéconomie
01:21:13de grandes théories
01:21:14c'était relativement intéressant
01:21:16mais on ressortait de là
01:21:18sans bon sens économique
01:21:20bon sens terrien
01:21:21qui est celui qui fait vivre
01:21:22notre économie réelle
01:21:23mais sans aucune notion
01:21:25de ce qu'est une entreprise
01:21:26et de ce qu'est
01:21:27non pas le métier
01:21:28ce chef d'entreprise
01:21:29c'est pas un métier
01:21:30mais le rôle social
01:21:31du chef d'entreprise
01:21:32et à mon sens
01:21:34il serait essentiel
01:21:35que l'école
01:21:37de façon systémique
01:21:38donc c'est assez violent
01:21:39ce que je vais dire
01:21:40mais de façon systémique
01:21:41acculture nos enfants
01:21:42nos jeunes
01:21:43et ce dès l'école primaire
01:21:45à la culture économique
01:21:46mais également
01:21:48au cursus d'entrepreneuriat
01:21:50et à cet égard
01:21:51je poserai une question
01:21:53à Patrick Martin
01:21:54est-ce que ce ne pourrait pas
01:21:55être un combat
01:21:56ou tout du moins
01:21:57des propositions
01:21:58que l'on pourrait porter
01:21:59au niveau syndical
01:22:01même si c'est un travail
01:22:02de longue haleine
01:22:02j'ai entendu le terme
01:22:03d'Himalaya tout à l'heure
01:22:04mais il me semble
01:22:05que la France
01:22:06une partie du décrochage français
01:22:08vient en partie
01:22:09de cette non-culture
01:22:11économique et entrepreneuriale
01:22:12je suis évidemment d'accord
01:22:15avec toi
01:22:15alors d'évidence
01:22:17on ne va pas assez loin
01:22:18et on ne le fait pas
01:22:19suffisamment savoir
01:22:20mais c'est exactement ça
01:22:21qui guide beaucoup
01:22:22de nos actions
01:22:22j'évoquais tout à l'heure
01:22:23Olivier Farron
01:22:24qui donc dorénavant
01:22:25s'occupe de ces sujets
01:22:27là chez nous
01:22:29il est passé de l'autre côté
01:22:30du miroir
01:22:30il était recteur d'académie
01:22:32dans ses dernières fonctions
01:22:33à Strasbourg
01:22:3531 000 agents
01:22:36donc il connaît
01:22:37les pesanteurs
01:22:38il connaît la culture
01:22:39il connaît les freins
01:22:40il connaît les corporatismes
01:22:42mais il sait aussi
01:22:42qu'il y a beaucoup d'énergie
01:22:44et de bonne volonté
01:22:45chez en tout cas
01:22:45un certain nombre
01:22:46de ces agents
01:22:48de la fonction publique
01:22:49bien
01:22:49une fois que je l'ai dit ça
01:22:50quand on parle de stage
01:22:51c'est dans cet esprit
01:22:53mais pardon
01:22:53ce n'est pas
01:22:54une partie de ping-pong
01:22:55ou une réponse
01:22:56du berger à la bergère
01:22:57et je n'ai aucun doute
01:22:57sur le fait que toi-même
01:22:58tu agis dans ce sens-là
01:23:00mais convient que souvent
01:23:02dans nos rangs
01:23:03quand on dit
01:23:04il faut accueillir des stagiaires
01:23:06je l'ai vécu
01:23:08allez on est entre nous
01:23:09ça ne sortira pas d'ici
01:23:10ma propre DRH
01:23:11les DRH par définition
01:23:13une certaine sensibilité sociale
01:23:14etc etc
01:23:15quand je suis revenu
01:23:16du Medef en disant
01:23:17j'ai dealé
01:23:18avec le ministre
01:23:18de l'éducation nationale
01:23:19dans 4 mois
01:23:21on accueille des stagiaires
01:23:222 secondes
01:23:23elle a levé les yeux au ciel
01:23:24en me disant
01:23:24ils se tiennent mal
01:23:26ils ne sont pas polis
01:23:26ils crachent partout
01:23:27c'est des voleurs
01:23:28ils sont antigenes
01:23:29je force le trait
01:23:31non mais elle était réticente
01:23:33parce qu'elle m'a dit
01:23:34on a déjà tellement de choses
01:23:35à faire
01:23:35et bien je lui ai dit
01:23:37c'est comme ça
01:23:38c'est pas autrement
01:23:38et dans nos rangs
01:23:39je pense qu'il faut toujours
01:23:42commencer par son examen
01:23:43de conscience
01:23:43fait-on exactement
01:23:45tout ce qu'on aimerait
01:23:46que les autres fassent
01:23:47donc on a encore
01:23:48des marges de progression
01:23:49donc on sait
01:23:50qu'on n'accueille pas suffisamment
01:23:51et c'est un gras
01:23:53je dirais
01:23:53dans un premier temps
01:23:54c'est un investissement
01:23:55de long terme
01:23:55mais en plus
01:23:56on investit pour la collectivité
01:23:57il y a toutes sortes
01:23:58d'objections
01:23:59recevables
01:23:59mais il faut les dépasser
01:24:00quand on accueille
01:24:01des stagiaires de 5ème
01:24:02on ne le fait pas assez
01:24:03quand on accueille
01:24:03des stagiaires de 3ème
01:24:04on ne le fait pas assez
01:24:05quand on accueille
01:24:06des stagiaires de seconde
01:24:07on le fait essentiellement
01:24:08mais encore
01:24:08faut-il bien le faire
01:24:09et qu'on ne nous mette pas
01:24:10trop de bâtons dans les roues
01:24:11parce qu'il y a eu ici ou là
01:24:12des incidents
01:24:13qui peuvent être dramatiques
01:24:14d'ailleurs
01:24:14je parle d'accidents
01:24:18on travaille pour nous-mêmes
01:24:19en définitive
01:24:20après que les enseignants
01:24:22enfin comment dire
01:24:23moi je pense qu'il peut y avoir
01:24:25un effet de boule de neige
01:24:26la confiance
01:24:27elle ne se décrète pas
01:24:28la relation
01:24:29elle ne se décrète pas
01:24:30elle se crée
01:24:30et donc
01:24:31on procède par essais et échecs
01:24:33il y a des gens
01:24:34irrécupérables
01:24:35y compris dans nos rangs
01:24:36je le redis
01:24:36ce n'est pas la majorité
01:24:37de l'espèce
01:24:38il peut y en avoir
01:24:39de l'autre côté
01:24:40c'est peut-être la majorité
01:24:41de l'espèce
01:24:41non
01:24:42et c'est comme ça
01:24:43qu'on va avancer
01:24:44moi mon vrai problème
01:24:45c'est l'urgence
01:24:47sur la trajectoire
01:24:49sur l'objectif
01:24:51je suis très confiant
01:24:52j'allais dire
01:24:53presque très serein
01:24:54mais c'est l'urgence
01:24:55parce que ce télescopage
01:24:57entre la démographie
01:24:59nos tensions de recrutement
01:25:00le pivotage massif
01:25:02de la plupart
01:25:03de nos secteurs d'activité
01:25:04avec de plus en plus
01:25:05de technologies
01:25:06mais aussi
01:25:06y compris des technologies
01:25:07qui s'éteignent
01:25:09il n'y a pas 3 ans
01:25:10on disait
01:25:10il faut des armées
01:25:11de codeurs
01:25:11et puis on se dit
01:25:12maintenant
01:25:12il ne faut surtout plus
01:25:13de codeurs
01:25:13il y a de l'intelligence
01:25:14artificielle
01:25:15donc tout ça va très vite
01:25:16et c'est ça
01:25:17qu'il faut qu'on qualifie mieux
01:25:19pour apporter des réponses
01:25:21très opérationnelles
01:25:22et puis
01:25:23en toile de fond
01:25:24pardon de radoté
01:25:26il faut véritablement
01:25:28une mobilisation générale
01:25:29voilà
01:25:30il faut s'occuper des seniors
01:25:31évidemment qu'il faut
01:25:32s'occuper des seniors
01:25:33il faut s'occuper
01:25:34des transitions professionnelles
01:25:35évidemment
01:25:35et chaque jour un peu plus
01:25:36parce qu'à nouveau
01:25:37l'histoire s'accélère
01:25:38l'histoire économique
01:25:39et technologique
01:25:39mais non d'un chien
01:25:41mettons un effort
01:25:43colossal sur la jeunesse
01:25:45dans toutes les dimensions
01:25:46du sujet
01:25:46et finalement
01:25:47comment se passent
01:25:47les stages des secondes
01:25:48avec vous alors ?
01:25:50il se passe bien
01:25:51non mais
01:25:52finalement
01:25:52il se passe bien
01:25:53mais il faut faire en amont
01:25:54cette expression
01:25:55égal vaudée
01:25:56ça ne m'empêche pas
01:25:56de l'employer
01:25:57il faut en amont
01:25:58en interne
01:25:59dans nos entreprises
01:26:00auprès des dirigeants
01:26:01eux-mêmes
01:26:01mais auprès des collaborateurs
01:26:02faire la pédagogie
01:26:03leur dire
01:26:04mais attendez
01:26:04vous êtes les premiers
01:26:06à râler en disant
01:26:07on ne trouve pas
01:26:09les compétences
01:26:10on ne trouve pas
01:26:10les collaborateurs
01:26:11dont on a besoin
01:26:11et bien
01:26:13soyez cohérents
01:26:14avec vous-même
01:26:15peut-être que le jeune
01:26:16que vous allez accueillir
01:26:17ou les jeunes
01:26:17que vous allez accueillir
01:26:18iront travailler
01:26:19chez nos concurrents
01:26:20ok c'est un peu gênant
01:26:21mais ils viendront
01:26:22travailler chez nous
01:26:23tout autant
01:26:23et puis
01:26:24c'est l'intérêt général
01:26:25y compris économique
01:26:26du pays
01:26:27donc il faut y aller
01:26:28ça fait partie
01:26:29de nos missions
01:26:29une urgence
01:26:30un intérêt général
01:26:31les mots de la fin
01:26:32il y a plein de stagiaires
01:26:33on les embrasse
01:26:34j'en ai un notamment
01:26:35il y en a plein dans la salle
01:26:39très rapidement
01:26:39s'il vous plaît
01:26:44très rapide
01:26:45sur les insertions
01:26:46petite anecdote
01:26:47sur les insertions
01:26:48justement
01:26:49des jeunes
01:26:50on va dire
01:26:50des quartiers sensibles
01:26:51et diverses
01:26:52ça ne se voit pas comme ça
01:26:53mais j'ai eu la chance
01:26:55je considère comme une chance
01:26:56de faire toutes mes études
01:26:57dans les territoires ultramarins
01:26:59voilà
01:26:59y compris Mayotte
01:27:00à Mamoudzou
01:27:02voilà
01:27:02mon père était dans l'armée
01:27:03on déménageait souvent
01:27:04et je dois beaucoup
01:27:05à l'école de la république
01:27:06et j'ai rencontré
01:27:07d'autres entrepreneurs
01:27:08sur Marseille
01:27:09qui ont un magnifique projet
01:27:10auquel on contribue
01:27:11qui s'appelle l'épopée
01:27:12qui ont repris
01:27:13les usines Polrica
01:27:14et qui ont fait un village
01:27:15dans les quartiers nord
01:27:16parce qu'ils sont sortis
01:27:18par leurs propres moyens
01:27:18des quartiers nord
01:27:19et qui forment
01:27:20les jeunes des quartiers nord
01:27:21dans un campus
01:27:23où il y a les écoles
01:27:24les start-up
01:27:25des espaces de co-working
01:27:26et on n'a jamais vu
01:27:28des étudiants
01:27:29aussi motivés que ça
01:27:30qu'on prend effectivement
01:27:30en alternant chez nous
01:27:32ça existe
01:27:33les initiatives existent
01:27:36merci infiniment
01:27:37merci beaucoup
01:27:38à tous les trois
01:27:39ce matin
01:27:40on a eu des citations
01:27:41de Churchill
01:27:42alors moi je voudrais citer
01:27:43Georges Clemenceau
01:27:44qui est dans cette salle
01:27:45porte le nom
01:27:46voilà
01:27:47on est dans le local
01:27:47et qui disait
01:27:48quand on est jeune
01:27:49c'est pour la vie
01:27:51merci beaucoup
01:27:52on la gardera
01:27:53merci beaucoup
01:27:55voilà pour les extraits
01:27:56de ce colloque
01:27:57qui se tenait la semaine
01:27:57dernière au Sénat
01:27:58n'hésitez pas
01:27:59à lire nos décryptages
01:28:01et à voir nos replays
01:28:02c'est sur publicsénat.fr
01:28:03très belle suite
01:28:04des programmes
01:28:05sur notre antenne
01:28:07Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:08Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:11Sous-titrage Société Radio-Canada
01:28:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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