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  • il y a 1 jour
35% des jeunes des QPV subissent une orientation qui ne correspond pas à leur premier vœu, seuls 9% de ces jeunes signent des contrats d’apprentissage contre 16 % des autres jeunes urbains... Comment changer la donne et mettre fin à ce gaspillage, qui concerne tout un volet de la jeunesse française ? Khadija Nemri, directrice de l’Ecole de la 2e Chance de Nantes-Saint-Nazaire, et Aziz Senni, président de Quartier d’Affaires et créateur du label Made in Banlieues, sont venus en plateau pour décrypter cet état des lieux et évoquer les solutions qui existent.

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Transcription
00:04Nous sommes de retour sur le plateau d'Inclusion for Change pour parler de l'insertion professionnelle des jeunes issus
00:09des QPV.
00:10Et pour cela, nous accueillons aujourd'hui Aziz Senni, président de Quartier d'Affaires, et Khadijan Emery, directrice de l
00:17'école de la Deuxième Chance de Nantes-Saint-Nazaire.
00:19Bonjour à tous les deux et merci d'être avec nous.
00:21Bonjour.
00:22Bonjour.
00:22Pour l'invitation.
00:24Aziz Senni, bonjour. Vous êtes sans cesse au contact de jeunes issus des QPV et d'entreprises.
00:30Que vous disent les entreprises et institutionnelles de ces publics ? Qu'en est-il finalement de l'image de
00:35ces jeunes qu'on stigmatise encore beaucoup ?
00:38D'abord, il faut rappeler que l'emploi, ça ne se décrète pas l'emploi privé, c'est la conséquence
00:42de la croissance et de l'investissement.
00:44Rappelez quelques chiffres, puisqu'on est sur Bismarck, une chaîne économique, c'est que 2% des investissements privés vont
00:49dans ces 1 609 quartiers.
00:51Pas d'investissement, pas d'emploi. Il y a 250 000 TPE-PME qui sont installés dans ces territoires.
00:57C'est elles qu'il faut aider pour pouvoir recruter localement. Je pense qu'il faut sans cesse rappeler qu
01:03'on a 18% de chômage dans ces quartiers.
01:06Il faut mener une politique économique. Bien sûr qu'il faut travailler sur les parcours d'emploi.
01:11Mais vous savez, quand vous trouvez un emploi et les dispositifs dont parlait tout à l'heure Maya fonctionnent très
01:17bien,
01:18la personne trouve un emploi, souvent elle quitte le quartier.
01:22Et depuis 40 ans, on a fabriqué des sas de pauvreté, 42% de pauvreté.
01:26Donc la réflexion qu'il faut mener, c'est développer une vision.
01:30Qu'est-ce qu'on fait de ces quartiers d'un point de vue économique à 20 ans ?
01:33Il nous faut une vision, un plan et une méthode.
01:35Et je crois qu'il faut regarder ça dans son ensemble.
01:39Kani Jeannemry, bonjour à vous.
01:4143% des habitants des QPV ont moins de 25 ans.
01:44Quelles sont les difficultés et les freins qu'ils rencontrent pendant leur parcours ?
01:47Et quelles sont leurs principales attentes vis-à-vis du monde du travail ?
01:51Alors, les principaux freins, non pas périphériques mais majeurs à l'emploi,
01:56puisqu'on parle souvent de freins périphériques, sont des freins sur la mobilité.
02:01Je rappelle que 95% des offres d'emploi aujourd'hui demandent à ce qu'on ait un permis de
02:05conduire.
02:06Donc c'est un vrai sujet.
02:08Nous avons également des freins liés à des situations économiques.
02:12Et pour les familles monoparentales, qui touchent essentiellement les femmes,
02:16des problématiques de garde d'enfants, qui sont liées aussi à des trajets qui se rallongent
02:22quand ils trouvent de l'emploi, donc à trois quarts d'heure, une heure.
02:26Et donc toutes ces problématiques-là aujourd'hui sont des sujets que nous travaillons
02:30avec les équipes pédagogiques pour les lever et aller vers l'emploi
02:34et stabiliser les jeunes en emploi, de manière à ce que l'entreprise ne soit pas impliquée
02:42ou responsable de ces sujets-là à un moment donné lorsqu'elle recrute ces jeunes.
02:47J'avais lu que l'école de la deuxième chance avait eu une très forte augmentation des demandes
02:54et un très fort taux de stagiaires ces dernières années.
02:58Vraiment beaucoup de nouveaux personnes dans les dispositifs.
03:02Comment vous expliquez cette augmentation de besoins d'accompagnement ?
03:07Malheureusement, il semble que l'éducation nationale, en tout cas de manière très structurelle,
03:14nous avons une fabrique quand même des inégalités sur certains lieux de vie
03:20qu'on appelle aujourd'hui territoires et qui font que nous avons de plus en plus de jeunes qui décrochent
03:25et donc qui arrivent vers des solutions et des dispositifs de solidarité comme l'école de la deuxième chance
03:30qui répondent à la problématique de remobilisation pour remettre en dynamique ces jeunes
03:37qui ont décroché pendant un an, deux ans.
03:40Juste un chiffre, 550 demandent pour rejoindre l'école de la deuxième chance sur le bassin de la Loire-Atlantique
03:47entre Nantes et Saint-Nazaire, 287 jeunes accompagnés.
03:51C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous n'avons pas les moyens de répondre à la problématique
03:55qui est celle à laquelle nous sommes confrontés dans les candidatures.
04:02Khadija, je continue avec vous.
04:04On sait que les freins à l'emploi ou à l'entrepreneuriat du reste sont nombreux,
04:08à commencer par les discriminations raciales, le mépris de classe ou l'autophobie,
04:12c'est-à-dire la discrimination à l'accent.
04:14Le Défenseur des droits a notamment publié que les jeunes d'origine maghrébine ou africaine
04:18ont 30 à 40% de moins, ce qui est considérable d'obtenir un entretien
04:23que les candidats perçus comme français.
04:26Comment est-ce que l'école de la deuxième chance traite ces points
04:28avec les jeunes d'une part et avec les entreprises d'autre part ?
04:33Alors, déjà, ça fait à minima 40 ans qu'on fait des statistiques
04:38qui disent tout le temps la même chose
04:42et qui font tout le temps les mêmes constats de discrimination liée à l'ethno-racial.
04:46Nous avons fait le choix d'embarquer les entreprises
04:50en les sensibilisant, en les formant
04:52à un management qui considère la fragilité au sein de l'organisation même.
04:58C'est-à-dire que vous ne pouvez pas décréter dans des politiques dites RSE
05:02lorsque ça s'y prête
05:04d'embaucher un certain nombre de jeunes
05:07qui cochent des cases un petit peu de fragilité
05:11si vous ne formez pas les managers qui sont en charge
05:15de leur accompagnement au sein de l'entreprise.
05:17Et donc là, on est vraiment sûr, très bien, nous on fait le travail
05:21avec l'investissement public, mais c'est aux entreprises également
05:25de faire aussi le travail de formation de leurs managers
05:29et des salariés qui sont amenés à travailler
05:32avec les publics qui sont en recrutement au sein de leurs organisations.
05:38Aziz Séni, la même chose se pose, la même question se pose
05:42sur le terrain de quartier d'affaires.
05:44Comment est-ce que vous faites, vous, pour accompagner ça
05:46aussi bien du côté des jeunes que du côté des entreprises institutionnelles ?
05:49Il y a déjà une discrimination territoriale.
05:52On le voit bien sur les chiffres économiques.
05:54Les quartiers prioritaires de la politique de la ville
05:56n'ont jamais été perçus à travers le prisme du développement économique.
06:00Ils ont été perçus à travers le prisme de la sécurité,
06:02de l'urbanisme, de l'action sociale.
06:04Rarement à travers le potentiel économique, France Stratégie
06:08et l'Institut Montaigne chiffrent ça autour de 250 milliards.
06:11Vous vous promenez et vous côtoyez des chefs d'entreprise
06:14qui vous expliquent qu'ils ont des difficultés à recruter.
06:17Puis de l'autre côté, quand vous êtes sur le terrain,
06:19vous avez des jeunes et des moins jeunes qui ont du mal à trouver du travail.
06:22La banlieue n'a jamais été présentée à travers son prisme
06:25de potentiel économique, n'a jamais été structurée
06:28comme un produit d'investissement, n'a jamais été promu
06:31auprès d'investisseurs nationaux ou internationaux
06:34comme potentiel débouché.
06:36Moi, je crois beaucoup à l'argument de la rentabilité.
06:39Recruter dans ces quartiers, s'installer dans ces quartiers,
06:42je l'ai dit aux chefs d'entreprise qui nous écoutent,
06:43c'est rentable.
06:45C'est rentable dans un contexte où on a du mal à recruter,
06:47c'est rentable dans un contexte où il y a 300 millions de mètres carrés
06:50de fonciers stratégiques dans ces territoires
06:52pour pouvoir installer des unités de production
06:54qui soient en face, bien sûr, avec toutes les politiques écologiques,
06:58le reconditionnement de la main-d'œuvre disponible.
07:00Donc, je ne comprends pas qu'on ne puisse pas faire la promotion.
07:04Bien sûr, il y a de l'argument du cœur.
07:05La République, les valeurs d'égalité, bien sûr.
07:08Mais je suis un chef d'entreprise et je pense aussi
07:10qu'il faut mettre en avant la froideur des chiffres
07:13et la rentabilité.
07:15Messieurs, mesdames, les investisseurs,
07:16aller en banlieue, ça rapporte de l'argent.
07:19Et donc, quartier d'affaires fait ça ?
07:21Quartier d'affaires, nous travaillons avec une caisse à outils
07:24pour former les dirigeants de TPE-PME
07:26avec un partenariat, avec une école qui s'appelle Audencia,
07:29donc un programme de labellisation de formation.
07:32Nous avons créé un label Made in Banlieue
07:34parce que le Made in Banlieue, c'est du Made in France.
07:37C'est dommage de devoir le rappeler.
07:39Nous l'avons créé avec l'AFNOR
07:40et avec les principales fédérations professionnelles des acheteurs
07:43pour pouvoir créer un tiers de confiance.
07:46Il y a aujourd'hui des obligations en matière d'achat responsable.
07:49Les grands groupes veulent être rassurés
07:52par rapport au TPE-PME qu'elles pourraient faire travailler.
07:54Ces TPE-PME ont besoin de monter en compétence,
07:57de s'aligner sur les attentes de leurs futurs clients,
08:00que sont ces grands groupes.
08:00Et nous avons créé ce label.
08:02Enfin, nous avons créé une centrale d'achat solidaire
08:05avec un groupe qui s'appelle Cantis
08:07pour pouvoir aider ces TPE-PME à acheter moins cher.
08:10Mais tout ça, ça sert à quoi ?
08:11Ça sert à faire une chose,
08:13c'est d'aider ces TPE-PME.
08:15250 000, ça représente 75 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
08:19Souvent, on nous dit que la banlieue coûte de l'argent.
08:21Rarement, ceux qui nous disent combien ça coûte
08:22nous disent combien ça coûte nous disent combien ça rapporte.
08:2475 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
08:26Et en aidant ces TPE-PME à grandir,
08:28eh bien, c'est de l'emploi qu'on offre.
08:29D'ailleurs, dans le label Made in Banlieue,
08:31il y a une obligation de recruter localement
08:3325% des effectifs
08:34et de recruter des stagiaires et des alternants.
08:37Donc, il y a un impact social.
08:38L'impact social, c'est le développement économique
08:41au service du territoire.
08:42Moi, j'ai juste une question pour parfois aussi bien comprendre les choses
08:46parce que je vois que ces initiatives,
08:50moi, j'ai le sentiment qu'elles permettent de repérer les meilleurs
08:54et qu'on oublie une partie de la population.
08:58Si je prends l'exemple de quartier d'affaires,
09:00est-ce qu'il n'y a pas un système
09:01qui fait que, ben oui, on va repérer
09:05ceux qui sont le plus entrepreneurs,
09:08le plus exposés, le mieux outillés,
09:12et donc, on continue à créer un cercle vicieux
09:15qui oublie ceux qui n'ont pas les codes,
09:18ceux qui n'ont pas l'esprit entrepreneurial,
09:21j'en sais rien.
09:21Est-ce qu'il n'y a pas un cercle un peu vicieux comme ça ?
09:24Je vais rebondir sur ce que vous disiez tout à l'heure,
09:26c'est que quartier d'affaires s'inscrit sur une chaîne de valeur.
09:28Nous n'avons pas vocation à tout faire.
09:30Nous, notre sujet, c'est les entreprises
09:32de plus de deux ans,
09:33de plus de 50 000 euros de chiffre d'affaires
09:34et qui ont envie de se développer.
09:35Notre sujet, c'est d'aller trouver des investisseurs,
09:38français et internationaux,
09:39et de leur dire, regardez par ici,
09:40venez vous y implanter,
09:42il y a compétences et main-d'oeuvre disponibles,
09:44il y a du foncier intéressant,
09:46vous pouvez y gagner de l'argent.
09:47Que d'autres structures,
09:49je ne vais pas les citer,
09:50vous les avez tous cités,
09:51travaillent sur l'insertion,
09:52comme l'école de la deuxième chance,
09:53que d'autres travaillent sur la sensibilisation,
09:56comme les déterminés,
09:57les boutiques de gestion,
09:58on l'a dit.
09:58Chacun doit courir dans son couloir,
10:01et comme vous le disiez,
10:02on peut regretter
10:02qu'il n'y ait pas suffisamment de synergie
10:05entre ces différentes organisations.
10:07Nous, en tout cas,
10:08on l'appelle de nos vœux.
10:09Kadi Jeannemri,
10:10justement,
10:11pour rebondir sur ce point,
10:12comment est-ce qu'on fait
10:13pour sortir des dispositifs d'insertion,
10:15et comment on sort d'un système
10:16qui finalement assigne,
10:18à certains égards,
10:19les publics,
10:20à une catégorie à part ?
10:22Comment est-ce que
10:23l'école de la deuxième chance
10:24contribue justement
10:25à aider cette sortie ?
10:27Eh bien, déjà...
10:29Et déjà, effectivement,
10:30il y a d'abord l'amont.
10:32Alors, l'amont,
10:33c'est tout simplement
10:34de permettre à ces jeunes
10:36de retrouver une estime de soi.
10:39Quand on a connu un parcours
10:41où on nous a assignés,
10:43ou en tout cas,
10:43où on assigne une certaine catégorie,
10:45je rappelle que ce sont
10:46des concitoyens et des concitoyennes,
10:48on parlait tout à l'heure,
10:49à l'instant,
10:49ça a été évoqué,
10:50la République,
10:51qui est soi-disant
10:52une et indivisible,
10:53eh bien, nous avons aujourd'hui
10:56à travailler sur ces sujets-là
10:58avec les jeunes
10:59que nous accompagnons
11:00pour pouvoir ensuite
11:02servir leur émancipation
11:05et les positionner
11:06comme des acteurs
11:07à part entière
11:08du monde économique.
11:10Nous n'avons pas,
11:11aujourd'hui,
11:12une posture
11:13de demandeurs.
11:15Nous avons une posture
11:16avec les jeunes
11:17que nous accompagnons
11:18et les équipes pédagogiques
11:19qui font un travail formidable,
11:21eh bien,
11:21de positionner
11:22et de faire connaître
11:23une offre,
11:24aujourd'hui,
11:25de recrutement
11:25qui est sur un territoire.
11:27Et donc,
11:27nous avons un enjeu
11:28de connecter
11:29les deux,
11:30à la fois la demande,
11:33l'offre de compétences
11:35et l'offre de services,
11:38en tout cas,
11:39l'offre d'emplois
11:40qui est celle
11:40des entreprises
11:41de notre territoire.
11:43J'invite aussi
11:43les entreprises,
11:44aussi,
11:45on parle d'inclusion,
11:47j'invite les entreprises aussi
11:48à réfléchir
11:48à une stratégie
11:49de non-exclusion.
11:51Comment on sort
11:52un peu
11:52du curatif permanent
11:54et comment on travaille
11:56en parallèle
11:57à la stratégie
11:58de non-exclusion ?
12:00Et je pense que ça,
12:00c'est une notion aussi
12:01qui serait très valorisante
12:03à la fois pour l'entreprise
12:04qui opère
12:05et pour les jeunes
12:06que nous sommes amenés
12:08à accompagner
12:08en responsabilité.
12:10Est-ce qu'il y a une différence ?
12:13Est-ce que vous voyez
12:13des différences
12:14entre les jeunes filles
12:15et les jeunes garçons ?
12:16Parce qu'on voit
12:17que dans les quartiers
12:17prioritaires de la ville,
12:18je crois que c'est les chiffres
12:19de l'Observatoire national
12:20de la politique de la ville,
12:22qu'il y a 10 points d'écart
12:23dans le taux d'emploi,
12:25que les femmes,
12:26elles font plus face
12:28à des emplois précaires.
12:29Je pense qu'il y a au moins
12:305 points de différence
12:31dans l'attribution
12:34de CDD, par exemple.
12:35Est-ce que vous voyez
12:37les différences ?
12:37Est-ce qu'il y a un accompagnement
12:38qui est différencié
12:39entre les garçons et les filles ?
12:40Absolument.
12:41OK.
12:42Absolument.
12:43Par exemple,
12:44c'est quoi un accompagnement
12:45différencié ?
12:46Je suis très prenaise.
12:46Alors, l'accompagnement
12:47différencié,
12:48c'est déjà de sensibiliser
12:52les jeunes femmes
12:53au travail et aux métiers
12:55non genrés.
12:56Les emmener vers des métiers
12:58qu'elles peuvent mobiliser
13:00sans que ce soit
13:00des métiers de soins
13:02sur lesquels
13:03elles sont systématiquement
13:05orientées.
13:06Et elles sont preneuses
13:08beaucoup plus facilement
13:09que la jante masculine.
13:13Voilà.
13:13Néanmoins,
13:14l'accompagnement
13:16est différencié,
13:18mais les inégalités
13:19et les discriminations
13:20sont malheureusement
13:21égales aussi
13:22pour les garçons.
13:23Les jeunes hommes
13:24sont quand même
13:26beaucoup plus discriminés
13:27aussi
13:28parce que ce sont
13:29des hommes,
13:30parce que ce sont
13:30des jeunes
13:31qui sont d'une ethnie raciale
13:34maghrébins
13:34ou de couleurs noires.
13:36C'est les chiffres
13:36du défenseur des droits.
13:38Tout à fait.
13:38Tout à fait.
13:39Donc, voilà.
13:40Mais,
13:41nous faisons ce travail-là
13:43pour les accompagner
13:44vers des dynamiques
13:45différentes.
13:46Je voulais revenir
13:46aux moyens
13:47dont vous disposez.
13:49Les besoins sont énormes.
13:51Les moyens
13:52à déployer
13:53doivent être
13:53évidemment à la hauteur.
13:55Comment est-ce que
13:55les dispositifs
13:56que vous tenez
13:57sont soutenus
13:59par les politiques publiques ?
14:02Allez-y, je vous en prie.
14:03Très bien, merci.
14:05Alors, le modèle économique
14:05d'une école
14:06de la deuxième chance,
14:07donc déjà,
14:07c'est une association
14:08en loi 1901.
14:10Donc, son modèle économique
14:11est porté par les pouvoirs
14:13publics, d'accord ?
14:14Puisque nous sommes reconnus
14:15comme d'utilité publique
14:17et nous avons une délégation
14:18de services publics.
14:19Il faut bien l'entendre
14:20pour compenser
14:21les inégalités structurelles
14:23que subissent les jeunes
14:23que nous accompagnons.
14:25Donc, nous avons
14:25un modèle économique
14:26qui est financé
14:27puisque nous sommes
14:28un organisme de formation
14:29reconnu comme tel.
14:30Les jeunes que nous accompagnons
14:31sont des stagiaires
14:32reconnus
14:33comme de la formation
14:34pour adultes.
14:35Nous avons des financements
14:37des métropoles,
14:38donc Nantes-Métropole
14:39en l'occurrence
14:40pour ce qui nous concerne,
14:41la carène à Saint-Nazaire
14:42pour ce qui concerne
14:43le bassin nazérien.
14:44Le département
14:45qui a aussi
14:46des enjeux
14:47notamment sur les jeunes
14:48ASEU,
14:50l'accompagnement
14:50des mineurs
14:53sans parents
14:54qui sont sous la tutelle
14:56du département
14:56et également
14:57la région
14:59et l'État.
14:59La région,
15:01nous nous sommes
15:01très inquiets
15:02en ce moment,
15:03la région
15:05s'est retirée
15:06du dispositif
15:07de financement
15:08de l'accompagnement
15:10des jeunes
15:10et je suis personnellement
15:12et avec les équipes
15:13très inquiète
15:13de la situation
15:14que nous sommes
15:15en train de vivre
15:16sur le territoire
15:17de la Loire-Atlantique.
15:19Même que vous ne pouvez pas
15:20absorber la demande
15:22très présente.
15:23Absolument,
15:23tout à fait.
15:23Et Aziz parlait
15:25tout à l'heure
15:25de chiffres
15:26assez significatifs
15:28dans le domaine
15:29qui est le sien.
15:31J'ai juste envie
15:32aussi de partager
15:33un chiffre
15:34qui est
15:34un jeune accompagné
15:36par l'école
15:36de la deuxième chance,
15:38un jeune non accompagné
15:40aujourd'hui,
15:41c'est 15 000 euros
15:41de coût pour la société.
15:43D'accord ?
15:43Un jeune accompagné
15:45par l'école
15:45de la deuxième chance,
15:46c'est un investissement
15:47de 6 000 euros
15:48par jeune accompagné.
15:50Donc vous faites le delta,
15:51on est à 9 000 euros,
15:52vous multipliez
15:53par le nombre de jeunes
15:54que nous accompagnons,
15:55j'ai préféré,
15:56vous parliez tout à l'heure
15:57des dispositifs
15:58qui amenaient vers l'emploi
16:00entre 45 et 50%
16:01de sorties dites positives
16:03en emploi,
16:03nous sommes nous
16:04sur des ratios
16:05entre 60 et 70%.
16:07Et quand vous faites
16:08le ratio,
16:09vous évitez à la société
16:10un coût réel
16:12de 1,7 million sur une année.
16:14Donc ne regardons pas
16:15ce que ça nous coûte
16:16mais plutôt ce que ça rapporte
16:18par jeune,
16:20donc 15 000 euros
16:21par jeune,
16:22c'est quand même significatif.
16:23Tout à fait.
16:25Aziz,
16:26vous de votre côté,
16:27alors très très vite
16:27parce qu'on arrive
16:28à la fin de l'émission,
16:29mais comment est-ce que
16:30vous êtes soutenu aussi
16:31par les politiques publiques ?
16:32Est-ce qu'il y a des choses
16:33qui...
16:34Alors très tôt nous,
16:3550-50,
16:36le ministère de la Ville
16:37via la NCT,
16:39le ministère de l'Économie
16:40parce que nous on fait
16:41de l'économie
16:41et c'est d'ailleurs
16:43un réflexe pavlovien,
16:44on parle de développement
16:46économique
16:46et souvent on nous renvoie
16:47vers le service social,
16:49la politique de la Ville,
16:50etc.
16:50alors qu'on est des chefs
16:51d'entreprise,
16:51payons TVA,
16:52Ursafe,
16:52etc.
16:53Donc il y a ce réflexe
16:55institutionnel
16:55à nous renvoyer
16:56vers des services sociaux,
16:57c'est assez...
16:58Ça en dit long
16:59sur cette perception
16:59du développement économique
17:00de ces territoires
17:01et nous avons 50%
17:02de financement
17:03via nos actions.
17:05Le label,
17:05nous le vendons,
17:07la formation,
17:07elle est prise en charge,
17:08nous sommes certifiés
17:09Caliopi
17:10et elle est prise en charge
17:11par les organisations,
17:13ce qu'on appelle
17:13les opcos,
17:14les fonds de formation.
17:15Donc très tôt,
17:16nous avons voulu
17:16essayer de trouver
17:17un équilibre
17:18entre ce financement
17:19public et ce financement
17:20privé parce qu'après tout,
17:22il nous faut aussi
17:24être indépendants.
17:25Aujourd'hui,
17:26ça se passe bien
17:27avec les gouvernements
17:28en place.
17:29Est-ce que demain,
17:29ce sera le cas ?
17:30Il faut quand même
17:31penser à 3 ans,
17:32à 5 ans
17:32et peut-être qu'il va y avoir
17:34du changement en 2027.
17:35Moi, j'ai peut-être
17:36une question pour chacun
17:37si je peux.
17:39Peut-être qu'il y a déjà...
17:41On a parlé du mentorat
17:42très vite,
17:42on a parlé de l'alternance.
17:44Est-ce que vous voudriez
17:45mettre l'accent,
17:46la lumière sur un dispositif
17:47qui vous semble prioritaire
17:48en 30 secondes ?
17:50Par rapport à ce que nous faisons ?
17:52Oui, pour favoriser
17:53l'emploi des jeunes
17:54dans l'EQPV.
17:55Un levier,
17:56vous voulez souligner
17:57un levier ?
17:58Alors, par rapport
17:59à ma prérogate
18:00et mes missions,
18:02pour suivre notre mission sociale
18:04qui est l'école
18:04de la deuxième chance.
18:05Je veux dire,
18:06aujourd'hui,
18:07on n'a pas trouvé
18:09encore de dispositif
18:12complémentaire
18:12et utile sur le territoire
18:14pour accompagner,
18:16je rappelle,
18:16des jeunes
18:17qui sont complètement cassés
18:18et complètement éloignés.
18:20Je vais juste terminer là-dessus.
18:2240% concernent des jeunes
18:23accompagnés d'EQPV,
18:2510 à 15% concernent
18:27le milieu rural
18:27et le reste
18:28concerne toutes les classes
18:29sociales
18:30et situations géographiques.
18:31Donc,
18:32c'est un dispositif
18:33complet.
18:34Et vous,
18:35Aziz,
18:35si vous aviez une demande
18:36à faire aux entreprises ?
18:38Direction RSE,
18:39direction achat,
18:40appropriez-vous
18:41le label Made in Banlieue.
18:43Votre consommation,
18:44vos achats responsables,
18:45c'est de la commande
18:46pour ces TPE-PME.
18:48Leur croissance,
18:48c'est la création
18:49d'emplois local.
18:50Donc,
18:50ça a un impact.
18:51Ça a un impact direct
18:52et ça coûte zéro
18:53à la collectivité.
18:55Et le verser
18:56la taxe d'apprentissage
18:56également,
18:57ça coûte zéro
18:58à l'entreprise.
18:59C'est le seul impôt
19:00obligatoire
19:00que l'entreprise
19:01peut choisir
19:02de flécher
19:02vers des organismes
19:03habilitées à la recevoir.
19:04L'école de la deuxième chance
19:06aujourd'hui
19:07peut la recevoir,
19:08donc peut en bénéficier.
19:10Notre émission
19:11s'achève déjà,
19:12hélas,
19:13on aurait pu en parler
19:14encore pendant des heures.
19:15Je vous remercie infiniment
19:16vous deux
19:17pour ces échanges nourris
19:18qui, je l'espère,
19:19donneront envie
19:20aux organisations d'agir,
19:21de s'installer en banlieue,
19:22de donner de la taxe
19:23d'apprentissage,
19:24de créer de l'emploi
19:25pour les jeunes.
19:26Merci mille fois
19:27à Aya Ajège également
19:28et merci donc à vous deux.
19:30Je rappelle
19:31qu'Adhijane Emery
19:31que vous êtes directrice
19:32de l'école
19:32de la deuxième chance
19:33de Nantes-Saint-Nazaire.
19:34Aziz Steny,
19:35vous êtes président
19:36de Quartier d'Affaires
19:37et quant à nous,
19:38nous pouvons nous retrouver
19:40sur le web
19:41où vous retrouverez
19:42toutes les émissions
19:43de Inclusion for Change
19:44et nous nous voyons
19:45de nouveau dans un mois.
19:46Et d'ici là,
19:47portez-vous bien.
19:48je vous remercie de Nantes-Saint-Nazaire.
19:52Sous-titrage Société Radio-Canada
19:52Sous-titrage Société Radio-Canada
19:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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