Pourquoi la France a-t-elle tant de mal à produire plus pour sa défense ?
Dans cette conférence, Vincent Quintana (GICAT) et Pauline Martre (Alta Ares) expliquent les blocages très concrets de l’industrie de défense : commandes insuffisantes, manque de visibilité, financements trop lents, montée en cadence difficile, dépendances technologiques…
Un échange essentiel pour comprendre pourquoi, entre volontarisme politique et réalité industrielle, produire plus vite ne se décrète pas.
🎙️ Intervenants :
Pauline Martre, responsable Affaires publiques et Partenariats chez Alta Ares
Vincent Quintana, directeur des affaires publiques du GICAT (Groupement des Industries françaises de Défense et de Sécurité terrestres et aéroterrestres)
Modérateur : Romain Gonzalez, rédacteur en chef des évènements du Point
#Guerre #Défense #Production #Industrie #Armée #Militaire #Géopolitique #Innovation #Performance #LePoint
Dans cette conférence, Vincent Quintana (GICAT) et Pauline Martre (Alta Ares) expliquent les blocages très concrets de l’industrie de défense : commandes insuffisantes, manque de visibilité, financements trop lents, montée en cadence difficile, dépendances technologiques…
Un échange essentiel pour comprendre pourquoi, entre volontarisme politique et réalité industrielle, produire plus vite ne se décrète pas.
🎙️ Intervenants :
Pauline Martre, responsable Affaires publiques et Partenariats chez Alta Ares
Vincent Quintana, directeur des affaires publiques du GICAT (Groupement des Industries françaises de Défense et de Sécurité terrestres et aéroterrestres)
Modérateur : Romain Gonzalez, rédacteur en chef des évènements du Point
#Guerre #Défense #Production #Industrie #Armée #Militaire #Géopolitique #Innovation #Performance #LePoint
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00:01...
00:14Merci à tous d'être avec nous.
00:15Nous allons ouvrir à présent notre 9e table ronde de la journée.
00:18Nous l'avons intitulé l'offensive industrielle,
00:20produire en masse pour gagner la guerre.
00:23Avec nos deux prochains invités,
00:25nous allons donc explorer le concept stratégique
00:27de la dissuasion par la protection industrielle.
00:30Entre l'injonction politique à augmenter les capacités
00:33et la réalité, elle, de l'industrie,
00:35qui a besoin de commandes fermes
00:37pour dimensionner ces lignes de production,
00:39notre premier invité va nous livrer un regard macroéconomique,
00:43tandis que la seconde nous proposera un témoignage plus concret.
00:46Merci d'accueillir d'abord le directeur des affaires publiques
00:49du Groupement des industries françaises de défense
00:51et de sécurité terrestre et aéroterrestre,
00:54le J4, Vincent Quintana.
00:59Ainsi que la responsable affaires publiques et partenariats
01:02chez Alta Ares, Pauline Martre.
01:05Merci à vous d'être là et pour modérer vos échanges,
01:08Romain Gonzalès, journaliste au point et programmateur de l'événement.
01:11Romain, c'est à vous.
01:13Merci Périne, merci pour les applaudissements.
01:14Merci Périne déjà d'être attelée à l'acronyme J4,
01:18comme ça je n'ai pas besoin de le faire.
01:19On va rentrer tout de suite dans le vif du sujet.
01:21Le J4, c'est un puissant syndicat professionnel
01:24qui représente les intérêts du secteur en France.
01:25Vincent Quintana, parmi vous, plus de 500 entreprises,
01:29beaucoup de grands acteurs connus comme KNDS, Thales,
01:31mais aussi tout un tas de chapelets de PME, de TI, de start-up.
01:35Et parmi ces start-up, ces nouveaux venus,
01:38Alta Ares, là je me tourne vers vous, Pauline,
01:40fondée en 2024 en Ukraine par des fondateurs français,
01:43c'est important de le préciser.
01:44C'est une entreprise qui conçoit des systèmes capables
01:46de détecter et d'intercepter des menaces aériennes,
01:49par menaces aériennes, notamment des drones.
01:52Aujourd'hui, vous êtes la première entreprise non ukrainienne
01:54à intercepter des drones Shahed sur le front.
01:57Les drones Shahed, on en entend beaucoup parler en Iran.
01:59Ce sont des drones, on va dire, à faible coût,
02:01de moins grande taille, qui sont de vraies menaces
02:04pour les Etats, notamment les Etats occidentaux.
02:06Donc il y a une vraie stratégie d'interception de ces drones
02:07en ce moment, que ce soit en Ukraine
02:09ou dans la zone entourant l'Iran.
02:12Pauline, Vincent, on a 23 minutes pour répondre
02:14à cette question cruciale.
02:15Comment augmenter les capacités de production de cette industrie ?
02:17Ce n'est pas évident, on va aller assez vite.
02:19Vincent Quintana, vous, en préparant cette table ronde,
02:22vous avez pointé la déconnexion entre, d'un côté,
02:24l'injonction politique, produire plus, produire plus vite,
02:27et de l'autre, la réalité industrielle.
02:29Est-ce que vous voulez nous en dire plus sur ce,
02:31on va dire, cette tension qui peut exister,
02:33parce qu'il ne suffit pas de dire produire pour le faire ?
02:37Merci beaucoup, Romain, pour cette invitation.
02:39Alors, sur ce sujet, nous, notre rôle industriel de la défense,
02:42c'est quoi ?
02:43En fait, c'est de rendre soutenable sur le temps long
02:46l'action des opérationnels.
02:47C'est sans ce soutien industriel,
02:50l'action des opérationnels, des militaires,
02:52elle s'arrête au bout de quelques semaines.
02:54Donc il faut qu'on soit souverain dans ce qu'on produit,
02:56mais il faut qu'on soit toujours compétitif.
02:59Et aujourd'hui, la commande politique
03:01qui nous est adressée à nous, industriels,
03:03ce n'est pas tellement, en fait, de produire plus,
03:05c'est surtout de disposer d'une capacité de production
03:08à jour technologiquement,
03:10pour que le jour arrive du soir du grand soir,
03:13l'État soit en capacité d'appuyer sur un bouton
03:15et de dire, vos chaînes de production,
03:17vous faites x2, x3,
03:18voire même sur certains segments,
03:20comme par exemple les munitions,
03:21du x100, x200, x300.
03:23Et c'est là où, en fait, deux mondes,
03:25le monde industriel et le monde politique,
03:27doivent apprendre à mieux se parler,
03:28puisque les réalités de chacun de ces deux mondes
03:30ne sont pas les mêmes.
03:31Et c'est là où, parce que finalement,
03:33personne, les armées, ne veulent pas disposer
03:35d'un stock de, par exemple, un million de drones
03:38qui seront obsolètes technologiquement dans six mois.
03:40On voit bien qu'il y a une accélération
03:41des cycles technologiques.
03:43Aujourd'hui, typiquement, en Ukraine,
03:44on a un retour du drone filaire.
03:47Ce n'était pas le cas il y a quelques mois.
03:48On sait que, dans quelques mois,
03:50les Russes auront trouvé un nouveau moyen
03:52de percer cette adaptation technologique.
03:56Et donc, on a constamment ce cycle de l'innovation
03:58qui joue et qui s'accélère.
04:01Nous, industriels, on essaie de s'adapter
04:03à cette commande-là.
04:04Sauf que l'outil industriel,
04:06comment il se structure ?
04:07Il se structure par des commandes.
04:09Il ne se structure pas par une injonction politique.
04:11Et c'est là où, en fait, nous, industriels,
04:13on essaie de tordre le cou à deux idées reçues.
04:16Le premier, c'est que non,
04:18l'offre ne crée pas la demande.
04:20On ne peut pas produire en masse
04:21en se disant, de toute façon,
04:23la demande va finir par l'absorber.
04:25Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
04:26Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
04:28Le deuxième sujet,
04:29c'est qu'un outil industriel,
04:31il ne doit pas être poussé à 100%.
04:33On doit toujours se garder un peu de mou.
04:35Et donc, une montée en puissance industrielle,
04:38c'est comme aller à la salle de sport.
04:39En fait, ce n'est pas parce que vous y allez
04:41dix fois en une semaine
04:42que le lendemain, vous avez le corps de Schwarzenegger.
04:44C'est la même chose.
04:45Ça prend du temps.
04:46Et ce temps-là, on l'a commencé à le faire
04:49depuis le lancement du sujet
04:50économie de guerre à Eurosatory en 2022.
04:52Mais finalement, on a besoin
04:54d'un accompagnement de commandes
04:55qui, aujourd'hui, ne répond pas
04:57à cette injonction politique-là.
04:59Le Eurosatory, c'est le grand forum
05:01de l'univers de la défense,
05:02des industriels de la défense,
05:04organisé par le G4.
05:05D'ailleurs, vous êtes l'organisateur.
05:06C'est l'un des forums les plus connus
05:08de ce secteur dans le monde.
05:09On aurait pu parler des heures
05:10de cette déconnexion aussi
05:11entre la sphère politique
05:12et la sphère industrielle.
05:13En France, ça s'applique
05:14dans de nombreux domaines,
05:15mais on va aller plus vite.
05:17Pauline Martre, vous, vous êtes l'acteur,
05:19l'actrice de terrain de ce sujet.
05:21Vous vivez comment l'injonction
05:23à produire plus, plus vite,
05:25parfois décorrélée de la réalité
05:27de la commande ?
05:27Il faut bien le dire.
05:30Premièrement, bonjour à tous
05:31et merci pour l'invitation.
05:34Pour répondre sur l'injonction,
05:36déjà, il faut le préciser,
05:37c'est une injonction qui est positive.
05:39Ça va dans le bon sens.
05:40Nous, ce qu'on voit,
05:41c'est que les leçons de la guerre en Ukraine,
05:43elles ont été comprises par les politiques
05:45et qu'aujourd'hui, derrière,
05:47il y a les messages politiques pour produire.
05:49Maintenant, produire plus
05:51et produire plus vite,
05:52ça implique des choses concrètes à faire.
05:55Pour nous, premièrement,
05:57il faut bien comprendre
05:58que produire plus et produire plus vite,
06:00il va falloir mettre derrière des capacités
06:02tout en restant connecté au terrain
06:04parce que, c'est ce que l'a dit Vincent,
06:06l'innovation en Ukraine va très vite,
06:07les cycles d'itération sont très rapides.
06:10Donc, il va falloir à la fois produire
06:11mais aussi continuer la recherche et développement
06:14pour pouvoir s'adapter en masse.
06:17La particularité de votre secteur,
06:18notamment d'Alta Ares,
06:19c'est que l'adaptation,
06:20notamment des États,
06:22des entités, on va dire, belligérantes,
06:24vous force, vous,
06:25à adapter vos productions
06:25dans un temps quasiment en temps réel.
06:27Donc, c'est vraiment la particularité
06:29de cette industrie-là.
06:29C'est exactement ça.
06:30C'est qu'on a des retours
06:32avec les forces avec lesquelles on travaille
06:34quasiment au quotidien
06:35et on adapte en conséquence nos produits.
06:39Donc, il va falloir penser
06:40des modèles de production
06:41qui permettent de produire
06:43tout en s'adaptant en permanence.
06:45Et ça, ça va être une révolution à faire.
06:47Et ensuite, évidemment,
06:49pour constituer des stocks,
06:50il faut des commandes,
06:51il faut du financement
06:52pour que le jour où il y a une demande,
06:55on puisse la fournir
06:56tout en continuant, comme je l'ai dit,
06:57à s'adapter et à continuer.
06:59Donc, ça implique du financement,
07:01des ressources humaines,
07:02mais aussi d'être présent sur le terrain
07:04et de continuer notre présence en Ukraine.
07:06Vous, vous le vivez comment, Pauline Marthe ?
07:08Une petite question supplémentaire.
07:10Cette espèce de vent grisant
07:13que vous avez derrière vous
07:14chez Alta Ares,
07:15on voit une reconnaissance politique très forte.
07:16Vous étiez avec Benjamin Haddad en Ukraine,
07:18je crois, hier ou avant-hier.
07:20Vous le vivez comment,
07:21cette proximité des sphères du pouvoir
07:23pour aussi une jeune entreprise
07:24qui a moins de deux ans ?
07:26Tout d'abord, je pense que c'est
07:27une reconnaissance du travail fourni
07:29et de la volonté
07:32qui a été poussée par les fondateurs.
07:34Donc, au départ, c'était bien sûr
07:35d'aider les forces armées ukrainiennes.
07:37Et ça montre que le politique
07:39écoute aussi ce qui se passe sur le terrain
07:41et les retours d'expérience
07:42et que derrière,
07:44ils sont prêts à adopter
07:45cette mentalité agile
07:46qui est propre aux startups
07:47et notamment,
07:48c'est vraiment l'ADN d'Atara Ares
07:50et qui veulent nous aider,
07:52nous pousser pour,
07:53et c'est tout l'objet de cette table ronde,
07:55passer à l'échelle,
07:56passer sur la production industrielle
07:58pour que les capacités qu'on développe
08:00puissent équiper les armées françaises
08:03mais aussi de l'alliance nord-atlantique.
08:05Tout à l'heure,
08:06un peu plus tôt dans l'après-midi,
08:07le général Lecointre évoquait
08:08cette époque
08:09durant laquelle les sphères politiques,
08:12industrielles
08:12et surtout la sphère publique
08:13a pensé qu'en France,
08:14dans l'Europe,
08:15on ne connaîtrait plus la guerre,
08:16que la guerre,
08:16c'était derrière nous,
08:17c'était une activité,
08:18entre guillemets,
08:18de pays en voie de développement,
08:19il faut le dire,
08:20et que nous,
08:20c'était la fin de l'histoire.
08:21L'histoire de la guerre
08:22était derrière nous.
08:23Vincent Quintana,
08:24je me tourne vers vous.
08:25Dans les années 90,
08:26ce qu'on appelle
08:26la base industrielle
08:27et technologique de défense,
08:28la BITD,
08:29c'est un acronyme
08:30qu'on utilise beaucoup
08:30dans votre secteur,
08:31elle a été redimensionnée.
08:32On s'est dit,
08:33la guerre n'est plus à nos portes,
08:34on va simplement faire survivre
08:36cette BITD.
08:37Aujourd'hui,
08:38est-ce que c'est facile
08:39de changer de logiciel
08:40quand pendant des années,
08:41des dizaines d'années,
08:42on a été vraiment
08:43dans une production minimale ?
08:44On a gardé des chaînes de production
08:47pour garder un savoir-faire,
08:48mais vraiment,
08:49on n'était plus en capacité
08:49de produire grand-chose.
08:51Non, en effet,
08:52c'est très compliqué.
08:53Ce qui est compliqué,
08:54c'est qu'en fait,
08:54la guerre en Ukraine,
08:55elle nous apprend que la masse,
08:57ça compte,
08:57et que la masse,
08:58c'est un facteur dimensionnant en soi
09:00qui permet d'emporter
09:01une décision sur le terrain.
09:02Et qu'avec la masse,
09:03vient l'attrition.
09:04Et foncièrement,
09:05ça redimensionne
09:06tous les logiciels
09:07de conception des équipements,
09:09mais aussi de leur utilisation.
09:11Alors, je ne vais pas vous réexpliquer
09:12ce que vous avez entendu
09:12mille fois depuis aujourd'hui
09:13sur on n'intercepte pas
09:15un drone qui coûte 50 000 balles
09:16avec un missile
09:17qui en coûte un million.
09:18Mais en fait,
09:19tout ce système,
09:20ce retour de la masse,
09:21il nous pose non seulement
09:22la question de l'utilisation
09:24des équipements,
09:25de leur conception,
09:27et donc finalement,
09:28mais aussi de la manière
09:29dont on les produit.
09:30Puisque derrière,
09:31un État qui achète,
09:32il n'achète pas simplement
09:33un système d'armes,
09:34il achète une capacité
09:36de production
09:36qui va derrière.
09:37Pendant des années,
09:38on s'est organisé en disant
09:39finalement,
09:40un système qu'on a
09:41en 300 exemplaires,
09:42300 excellents missiles,
09:44ce sera suffisant
09:45pour emporter
09:45la décision sur le terrain.
09:47En fait,
09:47ce qu'on voit aujourd'hui
09:47en Ukraine,
09:48c'est que non,
09:49300 systèmes
09:50très performants technologiquement,
09:52ce n'est pas suffisant.
09:53Donc la masse revient en soi.
09:54Ça, c'est une nouvelle,
09:55entre guillemets,
09:56un des nouveaux enseignements
09:56du conflit ukrainien
09:57et aussi iranien.
09:59Pendant longtemps,
10:00on s'est dit,
10:00c'était l'excellence
10:01du missile,
10:02de l'outil militaire
10:02qui allait faire la différence,
10:03alors qu'aujourd'hui,
10:04on est en train de se dire,
10:05en fait,
10:055 000,
10:0510 000,
10:0620 000 drones
10:07envoyés par l'État iranien,
10:08ça peut paralyser,
10:08évidemment,
10:09un des trois,
10:10mais aussi des basses françaises
10:11à l'étranger.
10:12En fait,
10:13aujourd'hui,
10:13c'est même plus que ça,
10:14c'est qu'on découvre
10:14la différence
10:15entre dissuader
10:16et combattre.
10:17En fait,
10:17dissuader et combattre,
10:18c'est pas la même chose
10:19et on n'a pas besoin
10:20des mêmes choses.
10:21Aujourd'hui,
10:21l'allié américain,
10:22il a quand même pris
10:23un peu de plomb dans l'aile
10:24dans sa capacité
10:25à dissuader
10:26puisqu'on voit qu'en fait,
10:27pendant 30 jours,
10:28il est capable de délivrer
10:29une puissance de feu
10:30très performante technologiquement,
10:32mais la question
10:32de la survivabilité,
10:34de la soutenabilité
10:35de cet effort
10:36va à un moment se poser
10:37parce que ces chaînes de production
10:38ne seront pas forcément capables
10:39de tenir ça sur le temps long.
10:41En Europe,
10:41on se pose cette question
10:42encore plus.
10:43Et donc,
10:44en fait,
10:44qu'est-ce qu'on doit faire ?
10:45En fait,
10:46il faut repenser
10:47le dimensionnement
10:48des chaînes de production
10:49et ce n'est pas très compliqué.
10:50C'est ce qu'on a fait
10:51dans les années 90.
10:52Dans les années 90,
10:53on s'est dit,
10:54en fait,
10:54une BITD,
10:55on va peut-être un jour
10:57en avoir besoin.
10:57Aujourd'hui,
10:58on constate
10:58qu'on en a peut-être
10:59moins besoin.
11:00Donc,
11:01on a organisé
11:01des chaînes de production
11:02avec un seul objectif,
11:03qu'elles ne meurent pas.
11:05Et pour ça,
11:06typiquement,
11:07Dassault,
11:07il sortait deux rafales par mois.
11:09On savait qu'en dessous
11:10de deux rafales par mois,
11:12là,
11:12la chaîne de production,
11:13on perdait la compétence.
11:14Elle ne tenait plus.
11:15Il y a une question aussi
11:16de compétence humaine
11:17dans les bureaux d'études.
11:18Et c'est comme ça
11:18que la BITD,
11:19elle s'est organisée.
11:20En fait,
11:21on a géré le manque.
11:23Et aujourd'hui,
11:23ce qu'on voit,
11:24c'est que le contrat,
11:25il est différent.
11:26Ce n'est pas tant
11:26de produire plus,
11:27c'est d'être en capacité
11:28de produire plus
11:30le moment où on va le vouloir.
11:31Et donc ça,
11:32ça demande un autre seuil
11:33de commande initiale
11:35sur lequel nous,
11:36on peut s'organiser.
11:37Sachant que nous,
11:41on n'a pas envie
11:42de faire peser que ça
11:43sur la dépense publique.
11:44On est comme vous.
11:45On apprécie de voir
11:46un système social
11:46qui fonctionne.
11:47Donc,
11:48on va aussi chercher
11:49de l'export.
11:50Et si on n'a pas d'export,
11:51ça ne fonctionne pas.
11:52Notre modèle,
11:53il fonctionne sur ses deux jambes.
11:5450% sur du national,
11:5650% sur de l'export.
11:57Pauline Barde,
11:57vous voulez réagir ?
11:58Oui,
11:58pour reprendre
11:59ce que disait Vincent,
12:00l'enseignement de la guerre
12:01en Ukraine,
12:02effectivement,
12:02c'est que la quantité
12:04devient une forme de qualité.
12:06Le champ de bataille
12:07a été complètement transformé
12:08avec l'arrivée des drones.
12:09Et ce qu'on voit effectivement
12:11avec les drones Shahed,
12:12c'est que des drones
12:12qui coûtent 20 000,
12:1330 000 euros,
12:14saturent l'espace aérien,
12:16saturent l'engagement aérien
12:18et fait repenser
12:19en fait la défense sol-air.
12:21Et quand on voit
12:22effectivement
12:22qu'on défend au Moyen-Orient
12:24avec des rafales
12:25qui ont des drones Shahed,
12:26effectivement,
12:27c'est de la puissance
12:28de feu au départ,
12:28mais dans la durée,
12:30ça ne fonctionne pas.
12:32C'est tout l'enseignement
12:33d'Alta Ares
12:34de vouloir proposer
12:36des produits de défense
12:38qui sont dans les mêmes coûts
12:39que ce qui est engagé
12:41du côté russe
12:42ou du côté iranien.
12:43Et l'enseignement
12:45du Moyen-Orient,
12:46c'est que l'Ukraine
12:47n'est pas un cas isolé.
12:48On nous disait effectivement
12:49ce qui se passe en Ukraine,
12:50etc., ça ne nous concerne pas.
12:51Ce n'est pas vrai.
12:52L'Iran l'a montré.
12:53Et effectivement,
12:54même les intérêts français
12:56sont touchés
12:57par des drones Shahed.
12:57Un drone Shahed
12:58s'est abattu
12:58sur une base française.
13:00Aujourd'hui,
13:01ça nous concerne.
13:02Et donc,
13:03ce changement culturel
13:04au niveau de la production industrielle
13:06qu'il faut amener en France,
13:08c'est pour maintenant.
13:09Et donc,
13:09effectivement,
13:10on passe d'une consolidation
13:11de la base de défense
13:12pendant les temps
13:13des dividendes de la paix.
13:14Aujourd'hui,
13:15ce n'est plus le cas.
13:16Il faut réadopter
13:17une forme d'agilité.
13:17Et cette agilité,
13:18pour l'instant,
13:19effectivement,
13:19elle est portée par les start-up.
13:21Mais c'est effectivement
13:21un état d'esprit à adopter.
13:23Vous parlez d'agilité
13:24portée par les start-up.
13:25Vous, quand même,
13:26vous faites face à certains,
13:26ce qu'on peut appeler
13:27des freins capacitaires.
13:28Est-ce que vous avez du mal
13:29tout simplement
13:29à vous fournir
13:30en matière première,
13:31en outils technologiques,
13:32dans différents états ?
13:34Quels sont les grands défis
13:35posés à Alta Ares
13:36à ce niveau-là,
13:37au niveau de la chaîne de production ?
13:38Effectivement,
13:39si on parle de production,
13:41on entend souvent parler
13:42de souveraineté industrielle
13:45pour les matières premières
13:46et les composants.
13:47Pour les matières premières,
13:48on n'a pas forcément ce souci,
13:51ce n'est pour les composants,
13:52bien sûr,
13:53électroniques,
13:53qui aujourd'hui,
13:54on se fournit beaucoup en Asie.
13:56On essaie de limiter au maximum
13:57cette dépendance,
13:58mais ça passe aussi
13:59par les systèmes qu'on crée.
14:00Par exemple,
14:01un de nos intercepteurs de drone,
14:03on n'est pas avec une batterie électrique
14:05pour limiter les dépendances,
14:06aussi pour des questions opérationnelles,
14:08pour que ce soit plus rapide,
14:09mais avec une turbine
14:10qui est produite en France.
14:12Bien sûr,
14:12pour nous,
14:13les industriels,
14:13notre enjeu,
14:14c'est de limiter
14:16les dépendances
14:17qu'on pourrait avoir.
14:18Ensuite,
14:18évidemment,
14:19au niveau des financements,
14:20il y a toujours
14:20ces dépendances qui sont là.
14:22Pour produire plus
14:24et produire plus vite,
14:24il faut des capacités d'investissement.
14:26Il faut aussi avoir
14:27un peu de prévisibilité
14:28pour les stocks.
14:29Tout ça,
14:29ça demande du financement.
14:31Et ensuite,
14:32pour toutes les startups,
14:33en général,
14:34c'est un vrai défi,
14:35c'est le défi
14:36des ressources humaines.
14:37On parle de technologies
14:39qui évoluent
14:40en permanence,
14:42de manière rapide,
14:43avec des cycles d'itération
14:44très courts.
14:45Pour ça,
14:45il nous faut des ingénieurs
14:46en système d'embarqué,
14:48en intelligence artificielle,
14:50en robotique.
14:51et ça,
14:52ça se dispute beaucoup
14:53sur le marché du travail.
14:54Donc,
14:54c'est des compétences
14:55qui sont rares,
14:56qui sont très demandées
14:56et pour ça,
14:57il faut être compétitif,
14:59attractif.
15:00Et derrière,
15:00c'est ça le message.
15:01On n'aura malheureusement
15:01pas de temps d'en parler,
15:02mais c'est vrai que
15:02cette question des RH,
15:04c'est vraiment central.
15:04On en parle souvent
15:05dans le domaine du nucléaire
15:06en France.
15:06On s'est rendu compte
15:07que nous n'avions plus du tout
15:09les ingénieurs capables
15:10de relancer l'industrie du nucléaire
15:11et qu'il fallait les chercher ailleurs,
15:12notamment aux Etats-Unis,
15:13ce qui pose quelques problèmes
15:14de sécurité industrielle
15:21notamment pour les PME,
15:22ETI,
15:23start-up.
15:23Aujourd'hui,
15:24en France,
15:25est-ce que les acteurs bancaires,
15:27les financiers,
15:28ils jouent le jeu
15:28ou est-ce que c'est difficile ?
15:30Alors,
15:31je pense déjà sur le sujet,
15:32il faut bien différencier deux choses.
15:33Il y a le financement de la défense.
15:35Ça,
15:35c'est des commandes publiques
15:35pour des objets,
15:36donc des chars,
15:37des avions,
15:37des munitions.
15:38Et il y a ensuite
15:40le financement de l'industrie de défense.
15:42Et là,
15:42c'est le rôle des banques
15:43pour typiquement développer
15:45des capacités industrielles,
15:46développer de l'innovation.
15:47Là,
15:48il y a un travail énorme
15:49qui a été fait ces dernières années,
15:51mené par le J4,
15:52en lien avec la représentation parlementaire,
15:55notamment,
15:55je pense au député Jean-Louis Thiriot,
15:57qui a débouché finalement
15:58sur le dialogue de place,
15:59donc Bercy-Ménarme.
16:00Ça,
16:01ça a été un vrai changement.
16:02Aujourd'hui,
16:02les banques,
16:03qui il y a quelques années
16:03étaient quand même assez frileuses
16:04d'investir sur ce sujet,
16:05viennent nous voir
16:06et nous disent
16:06« Ben non,
16:07on est disposés à travailler avec vous ».
16:09Le petit sujet,
16:10c'est que les banques,
16:10elles nous disent
16:11« Non,
16:11on est là pour assurer des commandes,
16:12assurer de l'export ».
16:14Et où est-ce que c'est ?
16:15Et donc finalement,
16:16la question qu'on a aujourd'hui à se poser,
16:18c'est quand même,
16:18on revient à ce sujet-là,
16:20les commandes,
16:21elles doivent être accélérées,
16:21elles doivent être massifiées.
16:23Typiquement,
16:23il y a quelques semaines,
16:24on échangeait au J4
16:25avec un président de reprise
16:26qui nous a dit
16:27« Ben moi,
16:29je souhaite créer
16:29une nouvelle usine de production,
16:31ça va me coûter 3 millions d'euros,
16:32la banque,
16:33elle est prête à signer,
16:34mon conseil d'administration m'a dit
16:35« Est-ce que derrière,
16:36vous allez avoir des commandes ? »
16:38Ben des commandes,
16:39on aura peut-être
16:39d'ici un an,
16:40six mois,
16:41mais sinon après,
16:42on n'est pas encore sûr.
16:43Donc le conseil d'administration
16:44a dit non.
16:45Donc on revient à ce sujet initial
16:47de « Qu'est-ce que la réalité industrielle ? »
16:49La première nécessité
16:50pour un industriel,
16:51c'est de la visibilité.
16:53Et on ne peut pas
16:54ouvrir une chaîne de production,
16:55une chaîne de production de missiles,
16:56c'est plusieurs centaines
16:57de millions d'euros d'investissement.
16:59Donc un industriel,
17:00il ne souhaite pas le faire
17:01quand il a de la visibilité
17:03sur 18 mois,
17:042 ans,
17:05ce qui est en fait
17:05le temps des politiques.
17:07Parmi les acteurs du J4,
17:08je vous interromps Vincent,
17:09vous avez notamment KNDS
17:10qui connaît bien ces problématiques
17:12évidemment
17:13des corrélations
17:14entre le discours politique,
17:15c'est super,
17:16il faut produire,
17:16et après la réalité de la commande.
17:18Il y a parfois un sacré chemin.
17:20Oui, exactement.
17:21Et je pense que KNDS
17:22qui est un de nos adhérents
17:23a fait le job.
17:24Donc ils ont KNDS
17:25que vous connaissez sûrement
17:25par leur produit phare
17:26qui est le Canon César.
17:27Le Canon César,
17:28c'est un produit
17:29qui a été typiquement développé
17:30pour de l'export,
17:31qui a été développé,
17:32qui a cherché en fait
17:33une plateforme assez rustique.
17:35C'est un camion
17:36sur lequel on a mis
17:36une pièce d'artillerie.
17:38Et en fait,
17:38aujourd'hui c'est un super succès.
17:40Pourquoi ?
17:40Parce qu'on a pensé
17:41à un objet
17:42qui n'était pas technologiquement
17:44hyper performant,
17:45qu'on savait qu'on pouvait
17:45plus facilement délivrer en masse
17:47et c'est ça qui a fonctionné.
17:48KNDS,
17:49elle l'a développé
17:49sur fond propre.
17:51Mais,
17:52comment l'amorce
17:52à l'export,
17:53elle s'est faite ?
17:54Elle s'est faite
17:54par des commandes France.
17:55C'est ça la nécessité.
17:57C'est pour ça que
17:58on a besoin
17:59d'avoir ce dialogue
17:59état-industrie,
18:01de se comprendre bien mutuellement,
18:02de continuer à se parler.
18:04Là,
18:04la DGA fait un excellent job
18:05mais on a besoin
18:06d'aller encore plus loin.
18:07DGA,
18:08Direction Générale de l'Armement
18:09pour ceux qui ne savent pas.
18:10Pauline,
18:10vous vouliez réagir peut-être ?
18:12Nous,
18:12nos enjeux,
18:13ils sont peut-être
18:13un petit peu plus différents
18:15vu qu'on est une start-up.
18:16Aujourd'hui,
18:16on répond vraiment
18:17à un besoin opérationnel urgent.
18:20On travaille dans l'urgence.
18:21C'est un peu,
18:22on a été créé à ce moment-là
18:24et on l'est toujours.
18:26Donc,
18:26derrière,
18:27les commandes,
18:28par exemple,
18:28on peut en avoir
18:29mais c'est la question des stocks.
18:31De comment est-ce qu'on crée les stocks ?
18:32Et donc,
18:33ces besoins de financement,
18:34on va en avoir des besoins
18:35assez conséquents
18:36pour pouvoir investir
18:37dans des capacités de production.
18:38En fait,
18:39il faut bien comprendre
18:39qu'on doit passer
18:40de la production
18:41pour de la démonstration
18:43à une production
18:44à très grande échelle
18:45pour assurer des commandes
18:46et des livraisons
18:47qui sont toujours
18:47dans des temps
18:48et des délais très contraints.
18:50Donc,
18:50la recherche de financement,
18:51elle va se faire
18:51mais de manière très rapide.
18:54On a besoin d'argent
18:54disponible rapidement.
18:56On voit que ça s'adapte,
18:58que les pouvoirs publics français,
18:59même au niveau européen,
19:00essayent de mettre en place
19:01des structures.
19:02C'est vraiment une révolution
19:04des mentalités,
19:04d'aller aussi vite,
19:05de changer des appareils
19:06qui sont là depuis longtemps.
19:07Ils essaient d'en mettre
19:08en place des structures
19:09mais effectivement,
19:09on a toujours besoin
19:10de toujours plus vite.
19:12Donc,
19:12il y a quelques instruments
19:12qui se mettent en place,
19:13l'accompagnement qui est fait
19:15mais parfois,
19:15effectivement,
19:16c'est sur du temps
19:16qui est long.
19:18Les processus prennent du temps.
19:19C'est comme toute la problématique
19:21des réglementations.
19:21Effectivement,
19:22on n'est pas dans des pays
19:23en guerre aujourd'hui,
19:24on a besoin de réglementations,
19:25etc.
19:25mais derrière,
19:26pour pouvoir agir vite
19:27et en grande quantité,
19:29effectivement,
19:29il faut beaucoup d'agilité
19:30et de souplesse.
19:31C'est vrai qu'on parle souvent
19:32d'économie de guerre
19:33parfois dans le climat actuel
19:34mais on en est loin
19:35en termes de réglementation
19:36et de financement.
19:37On voit qu'on est quand même loin
19:38d'avoir cette possibilité-là.
19:40Vincent,
19:41très rapidement,
19:41est-ce qu'il y a un risque
19:42avec cette urgence-là
19:44que certaines start-up,
19:45certaines pépites,
19:45même du JKN,
19:46ne se tournent vers
19:46des fonds étrangers
19:48pour se financer,
19:49pour aller plus vite,
19:49tout simplement ?
19:50C'est déjà une réalité malheureusement.
19:52C'est-à-dire qu'on a déjà vu
19:54par exemple des acteurs français
19:55qui ont du capital
19:56qui venaient des Etats-Unis,
19:57parfois du Moyen-Orient.
19:59Bon, ça c'est une réalité.
20:00Ensuite, généralement,
20:00il se réadapte.
20:02Il y a un deuxième sujet,
20:02c'est que l'État dispose d'outils
20:04pour bloquer par exemple
20:05ses rachats.
20:06On l'a vu avec Photonis
20:07qui était devenu Exosense.
20:10Là, Bercy a bloqué le rachat.
20:12Et puis ensuite,
20:13il faut aussi faire confiance
20:14à nos chefs d'entreprise.
20:15Un chef d'entreprise
20:16qui vient se positionner
20:17sur un marché
20:17qui est quand même compliqué,
20:18celui de la Défense,
20:19qui est un marché
20:20où en fait, par essence,
20:21vous n'avez pas le droit de vendre.
20:23Généralement, il le fait
20:23parce qu'il est convaincu
20:25qu'il sert son pays.
20:26Et aujourd'hui, typiquement,
20:27vous avez donc Preligence
20:28qui était une start-up
20:29de Generate à la base
20:30qui a décidé de dire
20:31non, moi, je refuse
20:33d'être racheté, je bloque.
20:34Et l'histoire leur a donné raison.
20:36Ils sont devenus safran haï.
20:37Très bien.
20:38Donc, on peut aussi faire confiance
20:39à nos chefs d'entreprise.
20:41Pauline Marne, peut-être rapidement.
20:42Est-ce que vous,
20:42l'une des solutions peut-être
20:43à moyen terme pour la TARES,
20:45c'est de se tourner
20:45vers ce qu'on appelle
20:46l'économie duale,
20:47c'est-à-dire ce mélange
20:48de secteur industriel,
20:50de la défense,
20:51enfin d'application civile
20:52et d'application militaire
20:53de certaines technologies ?
20:54Est-ce que pour vous,
20:54c'est, on va dire,
20:55un enjeu pour la TARES ?
20:56Vous vous voyez
20:57dans cet univers-là
20:58ou pas du tout ?
20:59Vous êtes avant tout
20:59une start-up en temps de guerre.
21:01Alors, c'est un enjeu
21:03qui revient souvent.
21:03On entend beaucoup
21:05cette problématique.
21:06Sur le court terme,
21:08ce n'est pas quelque chose
21:09qu'on envisage.
21:10On est né sur une application
21:11qui est militaire.
21:13Aujourd'hui,
21:14l'urgence opérationnelle,
21:15c'est pour des...
21:16sur lesquelles on est né,
21:17on a développé nos produits,
21:18c'est vraiment
21:18pour une application militaire,
21:20ce qui induit, bien sûr,
21:22plein de normes
21:23et d'enjeux.
21:24Se développer vers le côté civil,
21:27il y a un marché qui se crée.
21:29Il y a aujourd'hui
21:29beaucoup d'acteurs
21:30qui veulent rentrer
21:31sur ce marché.
21:31C'est effectivement
21:32un marché qu'il faudra aborder
21:33puisque la lutte anti-drone,
21:35ça ne concerne pas
21:36que les armées.
21:37On voit qu'au niveau civil,
21:39les infrastructures critiques,
21:41demain, ça va être
21:42effectivement l'enjeu.
21:43Le gouvernement se prépare à ça.
21:45Donc, bien sûr,
21:46à terme,
21:47on voudrait aussi intégrer
21:49le marché civil.
21:50Il faut comprendre
21:50que ça entraîne
21:52un coup d'adaptation.
21:54Aujourd'hui,
21:55comme on est une start-up,
21:56on ne peut pas tout faire à la fois.
21:57Donc là,
21:57on se concentre sur l'unitaire.
21:58Maintenant,
21:59quand on passera sur le civil,
22:00il faudra aussi adapter
22:01nos technologies.
22:02Là, on opère
22:03dans des théâtres d'opération
22:05en guerre.
22:06En Ukraine,
22:07ils n'ont pas, bien sûr,
22:08les mêmes règles
22:09qu'aujourd'hui en France.
22:10Donc, la lutte anti-drone
22:11ne se ferait pas
22:12de la même façon.
22:13Et donc,
22:13s'il y a une adaptation
22:14de la technologie à faire,
22:15ça prend du temps,
22:16ça prend des ressources.
22:18Donc,
22:19enjeu stratégique,
22:19mais pas dans l'imédiat.
22:21C'est vrai que le sujet
22:21de la sécurisation
22:22du secteur aérien
22:23dans le milieu même
22:24de l'événementiel,
22:25de l'accueil des gens
22:26dans le domaine civil,
22:26c'est un énorme enjeu.
22:27On l'a vu
22:28durant les Jeux Olympiques
22:29de Paris,
22:30notamment,
22:30même si ça a été
22:31d'une certaine manière
22:31aussi pris en main
22:32par l'armée.
22:32La gendarmerie s'est beaucoup
22:33occupé de la sécurisation
22:35du ciel
22:35pendant toutes les cérémonies.
22:37Mais on se rend compte
22:37que c'est un sujet
22:38de plus en plus majeur
22:39parce qu'au fond,
22:40aujourd'hui,
22:41le couille d'âme
22:41peut se permettre
22:42de construire un drone,
22:43ce qui constitue quand même
22:44une nouvelle menace
22:45sur le territoire français.
22:47Pour finir,
22:48Pauline Marthe,
22:48Vincent Quintana,
22:49c'est la question
22:49un peu à un million.
22:50Si vous avez, vous,
22:51une demande claire
22:52à faire au pouvoir public
22:53pour réussir ce qu'on peut appeler
22:54l'offensive industrielle,
22:56ce serait laquelle ?
22:56Est-ce qu'il faut changer
22:57de réglementation,
22:58faciliter les financements ?
22:59C'est quoi la recette miracle
23:00pour vous ?
23:02Moi, la recette miracle,
23:03c'est qu'en fait,
23:04il faut accélérer,
23:04il faut massifier les commandes.
23:06Et ça,
23:07juste pour vous donner
23:07quelques chiffres,
23:08la France,
23:09en termes d'accélération
23:10de son effort de défense,
23:11elle est 26e
23:12sur les 27 pays
23:14de l'Union européenne.
23:15En fait,
23:16entre 2017 et 2027,
23:18on aura doublé
23:19le budget de la défense.
23:20C'est un effort très important
23:22qui est payé par vos impôts.
23:24Mais in fine,
23:25en part de PIB,
23:26on est passé de 1,8
23:27à 2,2.
23:28Là où vous avez
23:29des partenaires
23:30comme typiquement les Allemands,
23:31ils sont passés
23:31à 1,2 à 2,
23:33les Polonais
23:34de 2% à 4%.
23:36Et sur la même période,
23:38ce décalage,
23:39il est important
23:39parce qu'en fait,
23:40il génère des masses financières
23:42beaucoup plus importantes
23:43qui permettent
23:44d'injecter
23:45beaucoup plus de cash
23:46dans l'appareil industriel
23:47et donc de créer
23:48des effets accélérateurs.
23:49Et là où en fait,
23:50c'est terrible,
23:51c'est que la défense,
23:51c'est les cycles
23:52sur le temps long.
23:53Donc une fois
23:53que vous avez réussi
23:55à posséder
23:56un segment capacitaire,
23:57l'artillerie,
23:58les drones ou autre,
23:59généralement,
23:59vous allez le contrôler
24:00pendant un cycle
24:00d'à peu près 15 ans.
24:02Et c'est là où,
24:02d'une certaine manière,
24:03si on loupe les coches,
24:05généralement,
24:05on le paye cash.
24:07Pauline Marthe,
24:07peut-être le mot de la fin ?
24:08Oui, pour ma part,
24:10Altares en tant que start-up,
24:12ce qu'on peut dire,
24:13c'est qu'on souhaite
24:14que le changement
24:15qu'on voit,
24:16il est en train de s'opérer
24:17au niveau politique,
24:19au niveau stratégique,
24:19au niveau culturel,
24:20il faut qu'il soit continué,
24:21enfin, il faut le continuer,
24:22il faut l'accélérer,
24:23l'approfondir,
24:24surtout pour les besoins
24:25en financement,
24:26donc capter du financement
24:27au niveau national,
24:28mais aussi capter du financement
24:29au niveau européen.
24:30Encore une fois,
24:31les start-up,
24:31on n'a pas les mêmes ressources,
24:32par exemple,
24:33que les grands groupes.
24:34Donc, il faut absolument
24:36continuer à être accompagné
24:37et également,
24:38pour la phase,
24:39on parlait d'offensive industrielle,
24:40pour pouvoir vraiment
24:41passer à l'échelle,
24:42pour passer sur cette phase
24:43d'industrialisation massive,
24:44on aura aussi, évidemment,
24:46besoin des pouvoirs publics
24:47pour pouvoir mettre en place
24:49des appareils de production faciles.
24:51On entend parler,
24:52par exemple,
24:53on n'a pas eu le temps
24:54d'en parler,
24:54mais de la coopération
24:55avec des acteurs
24:56de l'industrie civile
24:57qui se reconvertissent
24:59vers le militaire.
25:00Tout ceci,
25:00ça doit être accompagné
25:01par les pouvoirs publics.
25:03Aujourd'hui,
25:03on voit une volonté
25:04politique,
25:04il faut qu'elle se continue
25:05et qu'elle se concrétise.
25:07Merci à tous les deux.
25:08Vous avez parfaitement
25:09respecté le chronomètre.
25:10Je vous remercie.
25:11Merci à vous.
25:14Merci à tous les trois.
25:16Le forum Guerre-Épaix,
25:17ça continue dans quelques instants.
25:18On marque une courte pause
25:19et on se retrouve juste après.
25:20A tout de suite.
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