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  • il y a 2 jours
DB - 10-04-2026

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00:30...
01:04On les connaît bien à Lyon, ces voitures qui roulent ce jour-là, au début de l'après-midi, vers
01:12la petite localité de Calhuir.
01:16Car ces voitures allemandes, quelles que soient leurs marques, elles sont noires ou grises.
01:24Calhuir, c'est une localité aux portes de Lyon, collée à Lyon.
01:33Et ces voitures roulent vers la place Kastlan, où se dresse l'hôtel de vie.
01:41Et sur cette place, il y a une maison, anonyme.
01:45Ni grande, ni petite, deux étages.
01:48Tout autour, du lierre sur les murs, des volets de bois.
01:52La maison d'un médecin, le docteur Dugoujon.
01:55Et c'est devant cette maison que s'arrêtent les voitures allemandes.
02:01Et voici qu'en jaillissent des policiers allemands, armes au point,
02:06qui poussent la grille, traversent le jardin en courant,
02:11bousculent le médecin qui est en train de raccompagner une cliente,
02:14et lui glissent à l'oreille, police allemande,
02:16d'une descente de police.
02:21Le 21 juin 1943, Calhuir,
02:25cela prend un sens
02:28bien particulier.
02:30Parce que dans la maison du docteur Dugoujon,
02:35à la même heure se trouve
02:36le délégué du général de Gaulle en France,
02:41l'unificateur de la résistance,
02:45le fondateur et le président du Conseil national de la résistance,
02:50Jean Moulin.
02:55Alors une énigme de Calhuir, bien sûr.
02:59Je dirais même les énigmes de Calhuir.
03:03L'arrestation de Jean Moulin
03:05chez le docteur Dugoujon ne s'est pas faite par hasard.
03:09Ce n'est pas par hasard que ces Allemands sont arrivés
03:12ce jour-là à cette heure-là
03:15chez le docteur Dugoujon
03:16quand Jean Moulin s'y trouvait.
03:21Jean Moulin était trahi.
03:23Alors la première énigme,
03:26c'est
03:26« Par qui ? »
03:30La seconde énigme, c'est
03:32« Pourquoi ? »
03:34Une récente actualité
03:36nous a rappelé
03:38que l'on pouvait se poser beaucoup de questions
03:40à propos de l'arrestation de Jean Moulin.
03:43À Lyon, justement, on a plaidé
03:46le procès de Klaus Barbie.
03:50On l'a jugé, on l'a condamné.
03:52C'est Klaus Barbie.
03:55Mais parmi les forfaits qu'on lui a justement reprochés,
03:58on a évité
04:00de parler de Jean Moulin
04:01et de son arrestation.
04:04On a déclaré qu'une nouvelle instruction
04:07allait être ouverte
04:09et que l'on jugerait
04:11plus tard le procès de Kaluyre,
04:13ce qui nous indique en même temps
04:15l'importance
04:16de l'événement
04:18et les doutes
04:20qui subsistent
04:21quant à cet événement.
04:22Alors, avant
04:24d'essayer de comprendre,
04:25il faut d'abord connaître
04:27le principal personnage
04:29de ce qui est,
04:30vous allez le voir,
04:32une tragédie réelle.
04:34Une tragédie à la mode antique.
04:37Alors, le principal personnage,
04:39c'est Jean Moulin.
04:41Jean Moulin,
04:42fils de professeur d'histoire,
04:43né à Béziers,
04:46en 1899,
04:48étude de droit,
04:49il entre dans la carrière
04:51préfectorale,
04:53la préfectorale,
04:54comme on disait,
04:55et il suit le trajet normal,
04:59chef de cabinet,
05:01sous-préfet,
05:03intermède important.
05:06Quand Pierre Cotte
05:09devient ministre de l'air,
05:12il désigne comme chef de cabinet
05:14Jean Moulin.
05:16Et Jean Moulin le suit
05:19constamment
05:21sous les gouvernements
05:22de Daladier,
05:23de Sarrault
05:23et de Léon Blum.
05:25Jean Moulin sera
05:27un homme du Front Populaire.
05:32Et puis, quand,
05:33justement,
05:34Pierre Cotte quitte
05:35le gouvernement,
05:36Jean Moulin est nommé
05:38préfet à Rodez,
05:39puis à Chartres.
05:40Il est anti-hitlérien,
05:42bien sûr.
05:43Pour lui,
05:44le nazisme,
05:45c'est le contraire
05:46de tout ce à quoi
05:47il croit.
05:48Le nazisme,
05:50c'est l'ennemi numéro un
05:52des droits de l'homme
05:53et il croit
05:53aux droits de l'homme.
05:56Et l'invasion allemande
05:57lui donne raison.
05:59Le 17 juin 1940,
06:01il est à Chartres,
06:02dans sa préfecture,
06:04en grand uniforme
06:05de préfet.
06:08et voici que surgissent
06:09des officiers allemands
06:11qui lui disent
06:13« Il y a eu un massacre
06:16tout près d'ici,
06:17dans une ferme.
06:18Des femmes,
06:19des enfants,
06:20c'est affreux.
06:21Et nous savons
06:22que ce sont des soldats
06:24sénégalais
06:24qui ont perpétré
06:26ce crime.
06:30Venez,
06:31monsieur le préfet,
06:32venez voir.
06:35Il les suit
06:38et quand il arrive
06:40dans la ferme,
06:41il voit en effet
06:41des cadavres
06:42déchiquetés,
06:43déchirés.
06:44Spectacle abominable.
06:45Oui, les femmes,
06:46les enfants,
06:47mais il voit immédiatement,
06:48il comprend.
06:49Et c'est la vérité,
06:50tous ces gens
06:52sont morts
06:53dans un bombardement.
06:56Et les Allemands
06:57sortent un rapport
06:58déjà rédigé
07:02qui rappellent
07:03et qui répètent
07:05leurs thèses
07:06et leurs mensonges,
07:07ce sont les Sénégalais
07:08qui ont tué
07:09ces femmes
07:09et ces enfants.
07:10Signé,
07:10monsieur le préfet,
07:12c'est faux,
07:14dit Jean Moulin.
07:15Je ne signerai pas
07:16ce qui est un mensonge.
07:19Et voilà
07:20qu'on le frappe.
07:21On le frappe,
07:22on le frappe
07:23et ça dure des heures.
07:24Et il ne cède pas.
07:26Et à la fin,
07:28on le jette
07:29dans un réduit,
07:32obscur,
07:33et on jette avec lui
07:34le cadavre glacé
07:35d'une femme
07:36qui lui tombe
07:38dans les bras.
07:39La nuit est tombée.
07:43Il est au tréfonds
07:45du désespoir
07:45qu'une telle barbarie
07:47puisse exister,
07:48qu'on puisse user
07:49de telles impostures
07:51pour justifier
07:52les théories raciales
07:53d'Hitler.
07:55C'est plus qu'il n'en peut supporter.
07:57Le bombardement
07:58a fait éclater les fenêtres.
07:59Il y a des débris
08:00de verre
08:01par terre.
08:02Il en prend un
08:03et se tranche la gorge.
08:08Quelques heures plus tard,
08:09une sentinelle allemande
08:10le trouvera
08:10baignant dans son sang,
08:12inanimé.
08:13On le transporte
08:13à l'hôpital.
08:14On le soigne,
08:15on le saut.
08:18Vous ne vous étonnerez pas
08:19que
08:21dès le mois de novembre,
08:23Moulin soit révoqué
08:25par Vichy.
08:27Il passe en zone libre
08:29et dès lors,
08:30il n'a qu'un but,
08:31rejoindre de Gaulle.
08:33Pour ça,
08:34il faut un passeport.
08:36Eh bien,
08:37il en obtient un
08:38sous une fausse identité.
08:39Il faut un visa américain,
08:41il l'obtient.
08:41Il faut un visa espagnol,
08:43portugais.
08:44Il y met des mois,
08:45mais il les obtient.
08:47Et le voilà enfin
08:48en décembre 1941
08:50à Londres,
08:52face au général de Gaulle.
08:53Vous les voilà
08:54tous les deux,
08:56si différents.
08:57Charles de Gaulle,
08:58immense,
09:00glacial,
09:00malgré le feu
09:02qui le brûle.
09:04Moulin petit,
09:06brun,
09:06vif,
09:07enjoué,
09:08gai,
09:09mais brûlé
09:10par le même feu.
09:13Et pendant qu'il attendait
09:14ses passeports,
09:15il n'a pas perdu de temps
09:16il a exploré
09:18la résistance naissante.
09:20Il a rencontré à Marseille
09:22le fondateur
09:23d'un des premiers
09:25mouvements de résistance,
09:27Libération Nationale,
09:29le mieux organisé,
09:30le plus agissant
09:31pour le moment,
09:33c'est Henri Freinet.
09:35Il a rencontré
09:37les intellectuels
09:37du mouvement Liberté.
09:39Il a exploré également
09:40les milieux
09:41de la franc-maçonnerie,
09:43des protestants
09:44qui sont très hostiles
09:45à Vichy.
09:46Et là,
09:47face à De Gaulle,
09:48c'est ce qu'il expose,
09:50c'est ce qu'il raconte.
09:51Oui,
09:51il y a beaucoup de courage,
09:53beaucoup de bonne volonté
09:54dans tous ces milieux
09:55de résistance.
09:56On agit,
09:58mais malheureusement,
09:59on agit
10:01en ordre dispersé.
10:03Aucune
10:04coordination
10:05de la résistance française.
10:07c'est un fait,
10:09mais c'est un fait
10:10anarchique
10:12et épars.
10:14Et ces gens,
10:14il faut qu'on les aide.
10:16Ils ne savent
10:17à qui s'adresser.
10:18Certains s'adressent
10:18à Vichy,
10:19des fonctionnaires
10:20hostiles aux Allemands.
10:21Certains s'adressent
10:22aux Anglais.
10:22il faut que désormais,
10:25tous
10:26se rattachent
10:27à Charles de Gaulle.
10:29Voilà,
10:29dit Jean Moulin.
10:30Et il rappelle
10:31et il apprend
10:32au général
10:33que tous ces gens,
10:35au fond,
10:35s'ils sont entrés
10:36dans la résistance,
10:37c'est à cause de lui.
10:37Parce qu'ils l'ont entendu
10:39les appeler
10:40à la résistance,
10:40à la radio,
10:41mais à ce borne-là,
10:42il n'y a pas de lien
10:43entre eux
10:44ou si peu.
10:45Il faut créer ce lien.
10:49Et Moulin ajoute,
10:50en général,
10:51il est normal,
10:52il est logique
10:53que vous veuillez
10:55tenter de récupérer
10:56nos anciennes colonies,
10:59que vous les arrachiez
11:01à Vichy,
11:02mais dites-vous bien
11:03que votre véritable armée,
11:07c'est dans la métropole
11:08qu'elle se trouve.
11:15L'extraordinaire,
11:16c'est que de Gaulle
11:17n'hésite pas un instant.
11:19Il a compris
11:20que cet homme-là,
11:21il fallait l'entendre.
11:23Petit détail,
11:24c'est un préfet.
11:26Or, de Gaulle
11:26n'a que très peu
11:27de hauts fonctionnaires
11:28auprès de lui.
11:30C'est important pour lui
11:32que Moulin ait été un préfet.
11:34Et immédiatement,
11:35il le désigne
11:37comme son délégué
11:38en France
11:41chargé
11:41du rassemblement
11:43et de la coordination
11:45des mouvements de résistance.
11:47Dans la nuit
11:48du 31 décembre 1941
11:50au 1er janvier 1942,
11:52un avion survole
11:54la Provence,
11:55un homme saute en parachute,
11:58c'est Jean Moulin.
11:59Il n'a subi aucun entraînement.
12:01Mais en descendant
12:03dans la nuit obscur,
12:04il sait parfaitement
12:05que non seulement
12:06il va affronter
12:07des dangers considérables,
12:09mais qu'il va devoir
12:11faire face
12:11à des difficultés
12:13immenses.
12:14Alors maintenant,
12:15Moulin,
12:16c'est le pèlerin du gaullisme.
12:17On le voit
12:18sans cesse en route,
12:19en chemin de fer,
12:20en voiture,
12:21à vélo,
12:21à pied.
12:22Il les voit tous,
12:23les uns après les autres
12:24et partout,
12:25pratiquement les mêmes
12:26rebuffades,
12:27les mêmes inquiétudes,
12:30la même hostilité.
12:33Mais tout de même,
12:34peu à peu,
12:35ce qui se met
12:36en place.
12:38C'est cette coordination
12:39de la résistance
12:40qu'a voulu de Gaulle
12:41sur le conseil de Moulin.
12:43Peu à peu,
12:44des bureaux secrets,
12:45des délégations,
12:46l'information,
12:49les parachutages,
12:51tout est mis en place.
12:56Et le jour vient
12:58où de Gaulle
13:00confie à Moulin
13:02qui a réussi
13:05une tâche
13:06encore bien plus immense.
13:07de Gaulle veut
13:09que l'on crée en France
13:11un conseil national
13:12de la résistance
13:13qui rassemble
13:15non seulement
13:15les mouvements
13:16de résistance,
13:17mais les partis politiques
13:19et les syndicats
13:21résistants.
13:24Réunir
13:24tous ces gens-là,
13:26les mettre d'accord
13:27sur le principe
13:28d'abord,
13:29puis sur la réalisation.
13:31Un tour de force,
13:32Moulin l'accomplit.
13:34Et le 27 mai 1943,
13:37rue Dufour,
13:37à Paris,
13:38se tient
13:39la première réunion
13:40du conseil national
13:42de la résistance.
13:43Ils y sont tous,
13:45les mouvements,
13:46les partis,
13:46les syndicats,
13:47tous,
13:49à part le Front National.
13:51Jean Moulin
13:52a refusé
13:53qu'il adhère
13:54au CNR.
13:56Pourquoi ?
13:57Parce que si le Front National
13:58fait grandes origines politiques,
14:00on sait qu'il est contrôlé
14:01par le Parti communiste.
14:02Et Jean Moulin a dit
14:03qu'il ne faut pas
14:05que le Parti communiste
14:06ait deux voix.
14:08Petite réponse
14:09à ceux
14:10qui affirment
14:11quelquefois
14:12que Jean Moulin
14:14fut un crypto-communiste,
14:16entouré de communistes.
14:18Je voyais
14:19il y a quelques jours
14:20Daniel Cordier
14:21qui fut son secrétaire
14:23et qui m'a dit
14:24entouré de communistes.
14:25Moi,
14:25vous savez,
14:26je suis d'origine
14:27mauracienne.
14:28j'ai suivi
14:29Maurras
14:30très longtemps,
14:31même après l'armistice.
14:33C'est ça,
14:33l'entourage de Jean Moulin.
14:35Il y a des gens
14:35de partout.
14:37Alors oui,
14:37grande victoire.
14:39Grande victoire.
14:41Mais,
14:42ce qui compte
14:43pour Moulin,
14:43c'est la guerre.
14:44ça n'est pas seulement
14:45réunir les gens,
14:46bien sûr,
14:47les réunir,
14:48mais aussi
14:49faire la guerre,
14:49les réunir
14:50pour faire la guerre.
15:16Moulin est heureux,
15:17content,
15:18de savoir que près de lui,
15:20il y a désormais
15:20le général de l'Estrin,
15:21chef de l'armée secrète.
15:26Or,
15:27de l'Estrin
15:28constitue son état-major.
15:30Il y a un homme
15:31dont on lui parle
15:32depuis longtemps,
15:34un homme qui fait des prouesses
15:36en sabotant
15:39les trains,
15:45les voies ferrées.
15:50les locomotives
15:52qui servent à l'ennemi
15:53cet homme
15:53s'appelle René Hardy.
15:56« Et dans la résistance,
15:58il appartient au mouvement combat,
16:01en même temps qu'un sabotage fer,
16:03dans la résistance,
16:05Hardy se fait appeler
16:07Bido.
16:07» Il faut que vous vous souveniez bien
16:10que Hardy et Didot,
16:13c'est la même personne.
16:17Et le général de l'Estrin,
16:20chef de l'armée secrète,
16:23lui, se fait appeler
16:24Vidal.
16:25Retenez bien aussi
16:26que de l'Estrin
16:28et Vidal,
16:29c'est la même personne.
16:31Nous sommes maintenant
16:34à la fin du mois de mai 1943.
16:37De l'Estrin,
16:39donc,
16:40constitue son état majeur.
16:42Et il tient
16:43à ce que ce fameux
16:45Didot,
16:47autrement dit Hardy,
16:49figure
16:50avec un grade élevé
16:52dans son état majeur.
16:53C'est reconnaître la place
16:55que joue le sabotage
16:57dans la liste.
16:59Hardy,
17:00c'est un ancien cheminot.
17:03Il a choisi la résistance
17:05dès après l'armistice.
17:08Arrêté par Vichy,
17:09il a fait 15 mois de prison.
17:11À sa sortie,
17:13il a été recruté
17:13par Freinet.
17:14Et là,
17:14la belle aventure
17:15a commencé.
17:16La bataille du rail.
17:41De l'Estrin,
17:42fait savoir
17:44à son chef d'état-major,
17:48Henri Aubry,
17:51encore un homme
17:52du mouvement combat,
17:53qu'il veut voir à Paris
17:56Didot
17:59le plus vite possible.
18:01et il fixe une date,
18:03le 9 juin.
18:05Et il fixe une heure,
18:069 heures du matin.
18:07Et il fixe un lieu,
18:09le métro
18:10muette,
18:12avenue Mozart.
18:16Comment contacter
18:17Didot,
18:20autrement dit,
18:20Hardy ?
18:21C'est ça le problème.
18:24C'est ça le problème.
18:25Le grand problème
18:26de la résistance,
18:26c'est la communication.
18:29Le chef d'état-major,
18:33Aubry,
18:33ne peut pas téléphoner
18:35à Hardy
18:36tout simplement
18:36pour lui dire
18:37trouve-toi
18:37le 9 juin à 9 heures
18:39au métro muette.
18:42Car il sait
18:43que les allemands
18:43écoutent les communications.
18:45Il ne peut pas lui écrire.
18:47Les allemands
18:48censurent le corps.
18:50Alors,
18:50la résistance
18:51a trouvé un système
18:52ingénieux,
18:53pratique,
18:55efficace,
18:56remarquable.
18:57Les boîtes aux lettres.
18:58Alors,
18:59qu'est-ce que c'est
18:59la boîte aux lettres
19:00de la résistance ?
19:01C'est un monsieur
19:02ou une dame
19:03qui habite
19:04un immeuble quelconque.
19:05Puis,
19:05dans l'entrée de l'immeuble,
19:06il y a des boîtes aux lettres.
19:07Le résistant,
19:09que nous appellerons A,
19:11vient trouver
19:11monsieur ou madame B
19:13et lui dit
19:13« Puis-je me servir
19:14de votre boîte aux lettres ? »
19:16B répond
19:16« Oui,
19:17quand vous voudrez,
19:17voilà la clé. »
19:22Alors,
19:23de temps en temps,
19:24le résistant A
19:25vient mettre
19:26un message
19:26dans la boîte aux lettres
19:27de B.
19:32Madame B
19:33relève son courrier,
19:35reconnaît bien
19:35que ce message
19:36n'est pas destiné,
19:37et le laisse.
19:44un autre résistant
19:46que nous appellerons C
19:48viendra quand il le voudra
19:50avec une autre clé
19:51chercher le message
19:52dans la boîte aux lettres
19:53et souvent
19:54en déposera un autre
19:55à destination
19:56de monsieur A.
20:00Voilà le système
20:01de boîte aux lettres.
20:02Il est simple.
20:04Et le 31 mai
20:061943,
20:08le chef d'état-major
20:09Aubry
20:11fait déposer
20:12un message
20:12par sa secrétaire
20:13madame Rézin
20:14dans la boîte aux lettres
20:16de madame Dumoulin
20:1714 rues bouteilles
20:19à lire.
20:20Que dit ce message ?
20:23Vidal
20:24de l'Estrein
20:27convoque
20:28Dido
20:28Hardy
20:31à Paris
20:32le 9 juin
20:33à 9h
20:35au métro
20:35muet.
20:38Qu'il se garde bien
20:39de ne pas s'y trouver.
20:42Voilà le sens du message.
20:45Madame Rézin
20:46dépose le message,
20:47elle revient
20:48chez Aubry
20:48et là Aubry l'accueille.
20:49Ah !
20:50Vous voilà !
20:52À quel bonheur
20:53je pensais que vous étiez arrêté.
20:54Oui !
20:55La boîte aux lettres
20:56de madame Dumoulin
20:57est grillée.
20:58Les allemands
20:59s'y trouvent présentement.
21:00Ils vont arrêter
21:01madame Dumoulin
21:02et c'est vrai
21:02ils vont l'arrêter.
21:04Vous leur avez échappé
21:06par miracle.
21:06Et oui,
21:07entre le moment
21:07où madame Rézin
21:08le quittait
21:09avec son message
21:09et celui où elle revient,
21:11la Gestapo
21:12s'est ruée
21:12au 14 de la rue d'Otel.
21:15Et désormais
21:16nous savons,
21:17oui nous savons,
21:18que les allemands
21:19connaissent
21:20le rendez-vous
21:21donné par Vidal
21:23de l'Estrin
21:24à
21:25Hardy
21:26Didot.
21:27Comment le connaissent-ils
21:28les allemands ?
21:29C'est toute une histoire,
21:30c'est un résistant
21:31retourné.
21:32Et là nous entrons
21:32dans les tristesses
21:34de cette époque héroïque.
21:36Il s'appelle
21:36Multon.
21:37Un vrai résistant
21:38arrêté par les allemands
21:39à Marseille
21:40et il a trahi.
21:42Il a cédé.
21:45Multon a procédé,
21:46fait procéder
21:47à tant d'arrestations
21:48à Marseille
21:48que le chef
21:49de la Gestapo
21:50de Marseille
21:50l'envoie
21:51à son collègue
21:52de Lyon
21:52parce qu'il pourra
21:54être utile
21:55à Lyon.
22:02Et le collègue
22:03porte un nom
22:04qui évite bien
22:05des explications.
22:06Il s'appelle
22:07Klaus Barbie.
22:09Voilà,
22:09je vous dis ça.
22:10Et c'est Multon
22:11en arrivant à Lyon
22:13qui a livré
22:15à son nouvel associé
22:16un certain
22:17Robert Mogg
22:19l'adresse
22:20de la boîte aux lettres.
22:21C'est un résistant
22:23qui l'a lui a donné,
22:24un résistant
22:25qui ignorait
22:26que Multon
22:26avait été retourné.
22:28Voilà pourquoi
22:28la Gestapo est là.
22:30Alors heureusement,
22:32ce message,
22:33la Gestapo,
22:35là,
22:35mais entre le 31 mai
22:36et le 9 juillet,
22:37on a plusieurs jours
22:38pour prévenir
22:39de l'Estrin.
22:41Et par chance,
22:43voilà que le général
22:44de l'Estrin,
22:45Vidal,
22:47arrive à Lyon.
22:50Il quittera Lyon
22:51le 14 juin
22:53et nous nous disons
22:54« Bon, bien sûr,
22:55on a informé
22:56de l'Estrin
22:57du risque,
22:57il n'ira pas au rendez-vous.
23:00Aubry l'a informé. »
23:03Non ?
23:03Ben oui,
23:04voilà une des énigmes
23:06dont nous avons
23:07à traiter.
23:08Aubry n'a pas
23:09informé
23:10de l'Estrin.
23:12Alors,
23:13on a interrogé
23:14Aubry,
23:14plus tard,
23:15vous pensez bien.
23:16Et Aubry a dit
23:17« Je ne pouvais pas
23:18l'informer
23:18parce que je n'étais pas
23:19à Lyon
23:19quand le général
23:20est venu.
23:22J'étais à Marseille
23:23auprès de ma femme
23:24malade. »
23:25Malheureusement,
23:26Aubry n'a pas
23:27dit la vérité.
23:28Aubry était
23:29à Lyon.
23:30Aubry a rencontré
23:32de l'Estrin
23:33à plusieurs reprises.
23:36Alors,
23:36pourquoi est-ce
23:37qu'il ne lui a rien
23:37dit ?
23:40Puis de l'Estrin
23:41s'en va.
23:41Le 4 juin,
23:42il reste
23:44cinq jours
23:45avant le 9 juin.
23:47Au moins,
23:48Aubry va-t-il
23:51envoyer un message,
23:52envoyer quelqu'un,
23:53faire quelque chose.
23:53Il ne fait rien.
23:57Interrogé
23:57par la justice,
23:59après la guerre,
24:00au procès Hardy,
24:01on lui dira
24:02« Mais enfin,
24:03vous n'avez pas
24:04averti le général
24:05de l'Estrin ? »
24:07Et il aura
24:07cette réponse,
24:08écoutez bien.
24:09« Ben oui,
24:10j'ai oublié. »
24:14Aubry a oublié.
24:16Alors,
24:17le 7 juin,
24:18au soir,
24:19Hardy
24:20prend le train
24:21à la gare
24:22de Lyon
24:22pour Paris.
24:23Il a fait retenir
24:24un wagon-lit.
24:25Mais voyez-vous,
24:26sur le quai
24:27de la gare,
24:28Hardy croise
24:29un homme
24:30qui va prendre
24:31le même train.
24:32Par hasard !
24:33Et cet homme,
24:34il le reconnaît.
24:35Il l'a vu
24:35à Marseille.
24:37C'est Multon.
24:39Le traître Multon,
24:41devenu le plus agissant
24:43des agents
24:43de la Gestapo,
24:44l'ancien résistant
24:45Multon.
24:47Il a reconnu Multon.
24:50Mais voilà,
24:51c'est que Multon
24:51a reconnu Hardy.
24:53Et voilà,
24:54dans le même train
24:54qui part,
24:56Multon est avec
24:57Mog.
24:58Et pourquoi
25:01Mog
25:01et Multon
25:03partent-ils
25:03pour Paris ?
25:05Pour une raison
25:06bien simple.
25:08C'est que
25:09Barbie a été
25:10ravi
25:11du coup d'éclat
25:12qu'ils ont accompli
25:14en découvrant
25:15la boîte aux lettres
25:16de Madame Dumoulin.
25:17Et il leur a dit,
25:19eh bien,
25:19puisqu'il y a
25:19deux résistants
25:20qui semblent importants
25:22qui se rencontrent
25:22le 9 juin à 9h
25:24au métro Muette,
25:25je ne sais pas
25:26qui est ce Vidal,
25:27je ne sais pas
25:27qui est ce Dido,
25:28mais c'est vous
25:29qui allez les arrêter.
25:30Et ils partent
25:31pour Paris
25:31pour arrêter
25:32les deux résistants
25:34inconnus.
25:36Et savez-vous,
25:37que Multon
25:38et Mog
25:38occupent
25:40le compartiment
25:41immédiatement
25:43voisin
25:43de celui
25:44de Hardy.
25:47Encore un hasard
25:48insensé.
25:50Et voici
25:51que roule
25:51dans la nuit
25:52ce train
25:53qui emporte
25:54vers Paris
25:55à la fois
25:56Multon
25:58et Mog
25:58et René
26:00Hardy
26:00alias
26:01Dido.
26:03La suite,
26:05je l'évoquerai
26:06pour vous
26:06dans un instant.
26:15Le train
26:16roule
26:17dans la nuit.
26:21Hardy
26:21partage
26:22son compartiment
26:23avec un certain
26:24monsieur
26:24Crusol,
26:25un fonctionnaire
26:25de Vichy
26:26qui va à Paris
26:27qui n'a rien à voir
26:28avec tout ça.
26:28et tout à coup
26:30voici que des coups
26:31martèlent la porte,
26:32la porte,
26:33on l'ouvre de force
26:35et
26:36entre alors
26:37Multon.
26:39je vous arrête
26:42dit-il à Hardy
26:44et
26:45Mog et Multon
26:47vont
26:47interroger
26:48longuement,
26:49nous le savons,
26:50par Hardy
26:50seulement,
26:51bien sûr,
26:52longuement Hardy
26:53dans le compartiment
26:54dans le compartiment
27:06voisin.
27:13et puis quand le train
27:15s'arrête
27:15à Chalons-sur-Saône,
27:17eh bien,
27:18Mog et Multon
27:20livrent Hardy
27:21et aussi le malheureux
27:22fonctionnaire de Vichy
27:23et Crusol
27:24à la police allemande.
27:25Ceux qui ont connu
27:26cette époque
27:27se souviennent
27:27qu'il y avait
27:28des policiers allemands
27:28dans toutes les gares
27:29de France
27:30et on va écrouer
27:33Hardy
27:33et Crusol
27:35dans
27:35la prison
27:36de Chalons-sur-Saône.
27:42Le 9 juin
27:44au matin,
27:45le général
27:46de l'Estre
27:46Vidal
27:47il part
27:49d'un pas
27:50vif
27:51vers le métro
27:52muette
27:53et comme il a bien
27:54calculé son temps,
27:55il y arrive à 9h,
27:57l'heure du rendez-vous.
27:58Le métro muette
27:59s'est amené au hasard
28:00et une voiture
28:01s'arrête.
28:03Un homme
28:03disons
28:05qu'il est assez
28:06facilement reconnaissable
28:07le général
28:08de l'Estre
28:08avec son béret basque
28:10et puis sa rosette.
28:11Il est un militaire,
28:13c'est visible
28:13et l'homme
28:14s'approche de lui
28:14et lui dit
28:15à voix basse
28:16je viens de la part
28:17de Didot.
28:18Didot
28:18Hardy
28:19et de l'Estre
28:21ne s'étonne pas.
28:22Ah oui ?
28:23Oui, Didot a pensé
28:24que le rendez-vous
28:25n'était pas sûr
28:26je vais vous conduire
28:27là où il vous attend.
28:29Ah très bien
28:29dit le général
28:30mais il faudrait
28:31tout de même
28:32que j'avertisse
28:33deux de mes collaborateurs
28:34qui m'attendent
28:35au métropompe.
28:36Très très bien
28:37dit
28:37l'envoyé
28:38de Didot
28:39et ils vont au métropompe
28:41et ils enlèvent
28:42les deux collaborateurs
28:43le général de l'Estre
28:45le colonel
28:46Gastaldo
28:47et
28:47Théobal
28:50et ils poussent
28:51de l'Estre
28:51dans la voiture
28:52qui démarre
28:53à fond de train
28:53et savez-vous
28:54qui est en train
28:54de conduire
28:55cette voiture
28:55le chauffeur ?
28:56C'est notre vieille connaissance
28:57c'est Robert Mogg.
29:00C'est fait.
29:02Les hommes de Barbie
29:03viennent de réussir
29:04un très grand coup
29:06il n'y a plus de chef
29:07à l'armée secrète.
29:12Alors Hardy
29:14lui
29:15il est en prison
29:17à Chalon-sur-Saône
29:19le 8
29:20le 9
29:22il ne se passe rien
29:23on l'a interrogé
29:25c'est tout
29:26le 10
29:27tout change
29:29voici qu'arrive
29:30une voiture
29:31qu'un homme en descend
29:32qu'on me libère immédiatement
29:34le prisonnier
29:36qui a été capturé
29:37dans le train
29:39de Lyon à Paris
29:42alors
29:44on lui apporte
29:45le registre d'écrou
29:46Hardy a donné
29:48son identité véritable
29:49il voyageait
29:49sous son identité véritable
29:51sous le nom de Hardy
29:53et Barbie
29:54s'intéresse beaucoup
29:55à ce monsieur Hardy
29:57allez
29:57montez
30:01il repart en voiture
30:03pour Lyon
30:04nous n'avons
30:05aucune information
30:06sur ce que se seront
30:08dit ces deux hommes
30:09nous avons des récits
30:10de Barbie
30:10ils sont pleins de contradictions
30:12nous avons des récits
30:13de Hardy
30:14ils sont plus pleins
30:16encore de contradictions
30:17ce qui est sûr
30:19c'est que
30:19avant minuit
30:20Barbie a relâché
30:22Hardy
30:23quelle promesse a-t-il obtenu
30:26alors continuons la chronologie
30:29elle est simple
30:31il est libéré
30:32le 10
30:33avant minuit
30:34Hardy
30:37il prend le train
30:38le lendemain matin
30:39à 7h15
30:40pour Nîmes
30:41où il arrive à 12h51
30:43pourquoi Nîmes ?
30:44et bien parce qu'il a
30:46un établissement agricole
30:47dans le Gard
30:48c'est sa couverture
30:50alors il y va
30:52et il est à Lyon
30:53le 15
30:54le chronomètre
30:56tourne
30:57il tourne vite
30:58n'oubliez pas
30:59que c'est le 21
31:00que les voitures
31:01de la Gestapo
31:02vont s'arrêter
31:03devant le domicile
31:04du docteur
31:04du Gouchon
31:05que c'est le 21
31:06que les policiers
31:07de la Gestapo
31:08vont arrêter
31:08Jean Moulin
31:09nous sommes le 15
31:10Hardy vient de rentrer
31:11à Lyon
31:12et là il rencontre
31:13ses camarades
31:14et à aucun
31:16de ses camarades
31:16il ne dit
31:17qu'il a été arrêté
31:18par les Alpes
31:19cependant
31:20il va se confier
31:21à deux
31:21l'un c'est
31:23Aubry
31:24vous vous souvenez
31:26le chef d'état-major
31:28de De l'Estrin
31:29l'homme qui a oublié
31:31de prévenir
31:32De l'Estrin
31:34oui
31:36Hardy
31:36voit Aubry
31:39et lui avoue
31:40qu'il a été arrêté
31:41par les Alpes
31:43Daniel Cordier
31:44ancien secrétaire
31:46de Jean Moulin
31:46a conservé
31:47toutes les archives
31:48de Jean Moulin
31:49il va publier
31:50une somme
31:52historique
31:52sur Jean Moulin
31:54six volumes
31:54et ce sera certainement
31:55un acquis
31:57considérable
31:58immense
31:58pour l'histoire
31:59de la Résistance
32:00et Daniel Cordier
32:02formel
32:03il y a une règle
32:04dans la Résistance
32:06une règle absolue
32:09et Daniel Cordier
32:11me parlait récemment
32:12de son ami
32:13et
32:13Pâle
32:14avec qui il avait été
32:15parachuté en France
32:17et Pâle avait été
32:18arrêté par les Allemands
32:19s'était évadé
32:22et ni Cordier
32:24ni Moulin
32:24n'avaient le moindre doute
32:25quand
32:26Pâle leur avait dit
32:27je n'ai pas parlé
32:28j'ai réussi à fuir
32:29à temps
32:30ils avaient confiance en lui
32:32ils savaient
32:32qu'ils disaient vrai
32:33mais attention
32:33il avait été en contact
32:35avec les Allemands
32:36et la règle
32:37c'était qu'un tact
32:38même si c'était
32:39votre meilleur ami
32:40si c'était votre frère
32:42vous ne pouviez plus
32:43avoir confiance en lui
32:46et Cordier m'a dit
32:47Moulin n'a pas hésité
32:49un instant
32:49il a dit à Pâle
32:50tu prends
32:50le premier avion pour l'or
32:52ce qui a été
32:54pourquoi Aubry
32:55qui sait
32:59que Hardy
33:00a été en contact
33:01avec les Allemands
33:03ne prend-il pas
33:04les mêmes dispositions
33:05pourquoi
33:06ne met-il pas
33:07au vert
33:08immédiatement
33:09Hardy
33:09autre grande énigme
33:11dans notre affaire
33:15il se confie
33:16à quelqu'un d'autre
33:18Hardy
33:18son ami
33:19son ami fraternel
33:21Pierre Guylain de Bénouville
33:24et nous le savons
33:25parce que
33:25Pierre Guylain de Bénouville
33:26l'a confié récemment
33:28à Henri Amouroux
33:29qui a publié
33:30l'information
33:31dans le Figaro magazine
33:32au mois de juin dernier
33:35Pierre Guylain de Bénouville
33:36pendant des années
33:37n'avait pas cru
33:39devoir
33:40révéler
33:40qu'il savait
33:41il le dit maintenant
33:42tant mieux
33:44alors que
33:45Guylain de Bénouville
33:47ait fait confiance
33:48Hardy
33:49nous le comprenons
33:51parfaitement
33:51moi si
33:53un ami
33:53avec qui je me suis trouvé
33:54en prison
33:55un ami
33:55qui est presque un frère
33:57était dans
33:58une telle situation
34:00je lui ferai confiance
34:01mais là aussi
34:02se pose la question
34:04ne pas en avoir
34:05tenu compte
34:07ne pas l'avoir
34:08mis au vert
34:09c'est tout de même
34:10une très grave
34:10imprudence
34:11mais
34:12j'ai rencontré
34:13ces derniers temps
34:14beaucoup de résistants
34:16les histoires
34:17qui ont raconté
34:18mon
34:18je dois le dire
34:21bouleversé
34:21la plupart du temps
34:25mais ils étaient
34:26tous si jeunes
34:28et oui
34:29la résistance
34:30c'est la jeunesse
34:31sans cela
34:33elle n'aurait peut-être
34:34pas été
34:34la résistance
34:35et la jeunesse
34:37elle est imprudente
34:38par définition
34:54mais voilà
34:56la question
34:57que nous avons
34:58à nous poser
34:59maintenant
34:59nous amène
35:00tout droit
35:01qu'à lui
35:02Gordier
35:03assistait
35:03au désarroi
35:04de Moulin
35:05son chagrin
35:06sa colère
35:06la résistance
35:07décapitée
35:08c'est affreux
35:09mais aussitôt
35:10Moulin
35:10a pensé
35:12à une solution
35:12de remplacement
35:13en attendant
35:13que le Gaulle
35:14ait nommé
35:14un successeur
35:15à de l'estrain
35:18et bien il fallait
35:19nommer
35:19deux inspecteurs
35:20généraux
35:21un en zone nord
35:22l'autre en zone sud
35:23et il a pensé
35:24à deux hommes
35:25Aubrac
35:26en zone nord
35:27et André Lassagne
35:29un professeur
35:30de Lyon
35:31en zone sud
35:33mais
35:34pour procéder
35:35à ces nominations
35:35il fallait réunir
35:36les responsables
35:37des mouvements
35:39et
35:40c'était ce qu'avait
35:43déclaré
35:44Moulin
35:45mais il fallait
35:46attendre le retour
35:47de Aubry
35:48qui n'était pas
35:48à Lyon
35:49comment procéder
35:50à une telle réunion
35:50en l'absence
35:51du chef d'état-major
35:52de l'armée secrète
35:53donc il fallait attendre
35:54Aubry
35:54il était rentré
35:55le 19
35:56Aubry
35:56et aussitôt
35:57on avait pris les mesures
35:58pour que se tienne
35:59le 21
36:00la réunion
36:01et on avait même
36:02trouvé le lieu
36:03la maison
36:04d'un médecin
36:05ami de Lassagne
36:06à Calvire
36:08place Castellan
36:09le docteur
36:09du goujon
36:10mais c'est là
36:11justement
36:12que
36:14nous ne comprenons plus
36:16Aubry
36:17va demander
36:19à Hardy
36:20Hardy
36:21Didot
36:22Hardy
36:24le sabotage
36:25fer
36:27Hardy
36:29qui a été
36:31arrêté
36:31par les allemands
36:32oui
36:34Aubry
36:34va demander
36:35à Hardy
36:37de l'accompagner
36:39à Calvire
36:40à la réunion
36:41de Jean Moulin
36:44Jean Moulin
36:45n'avait pas
36:46convoqué
36:48Hardy
36:50parce que Hardy
36:51c'était le mouvement
36:51combat
36:52et que combat
36:53lui était hostile
36:54et que Moulin
36:55en avait assez
36:56de cette hostilité
36:57il ne voulait pas
36:58de Jean de combat
36:59et Hardy
37:01va se rendre
37:02à Calvire
37:03alors ici
37:05intervient une femme
37:07elle s'appelle
37:08Edmé de Lettras
37:09c'est une résistante
37:10elle a été arrêtée
37:12dans une souricière
37:13par le fameux
37:13Mog
37:14on le retrouve toujours
37:14celui-là
37:15et depuis
37:17elle est obligée
37:17d'aller chaque semaine
37:18à la Gestapo
37:19qui l'a libérée
37:20avec aussi
37:21en la tenant
37:21par un fil
37:22et elle y va
37:23sur l'ordre
37:23de ses chefs
37:24qui lui ont dit
37:25au moment
37:25elle disait
37:26mais je vais m'enfuir
37:26en Suisse
37:27elle dit
37:28non non non non
37:28on vous dit
37:29d'aller à la Gestapo
37:30allez-y
37:31parce qu'il faudra
37:32écouter
37:32retenir
37:33nous donner les plans
37:34des bureaux
37:34de la Gestapo
37:35ça peut servir
37:35elle y va
37:37et le 21 au matin
37:39à 9h
37:40un homme de la Gestapo
37:41sonne chez
37:42Madame de Lettras
37:43Madame il faut venir
37:44on a besoin de vous
37:45il la conduit
37:47dans sa voiture
37:47au siège de la Gestapo
37:48elle est jolie
37:49elle est blonde
37:49elle a ce jour-là
37:51une blouse rouge
37:51elle ne passe pas
37:52inaperçue
37:53Madame de Lettras
37:54et là
37:55elle entre dans un bureau
37:56elle reconnait Barbie
37:58assis à une table
37:58et puis Mogue
37:59et puis un inconnu
38:00un français
38:01et Barbie lui dit
38:02Madame
38:03voilà un français
38:04qui a compris
38:05ce qu'elle était
38:06son devoir
38:08voilà monsieur Didot
38:12ai-je besoin
38:13de vous rappeler
38:13que Didot
38:14est le pseudonyme
38:15de Hardy
38:17il est là
38:17Madame de Lettras
38:19l'a vu
38:23et Barbie continue
38:24il va y avoir
38:25une réunion
38:26cet après-midi
38:27Madame
38:28à laquelle va assister
38:31un grand chef
38:32de la Résistance
38:33le plus grand
38:34Madame
38:35le délégué
38:36du général de Gaulle
38:37en France
38:39monsieur Didot
38:40va se rendre
38:41à cette réunion
38:42malheureusement
38:42il ne connait pas
38:43l'endroit
38:44oui on a pris
38:45des précautions
38:46on n'a pas dit
38:47l'endroit
38:48à tout le monde
38:49alors Madame
38:52vous allez revenir
38:53tout à l'heure
38:55nous vous conduirons
38:58à un certain endroit
38:59et là vous trouverez
39:00monsieur Didot
39:01vous le suivrez
39:04jusqu'à l'endroit
39:05où il se rendra
39:06jusqu'au lieu
39:06de la réunion
39:07et puis après
39:08vous voudrez
39:08nous informer
39:09à tout à l'heure
39:11Madame
39:13et voilà
39:13Edmé
39:14de Lettras
39:15miraculeusement
39:16libre
39:17et que va-t-elle faire
39:18et elle se dit
39:19mon dieu
39:20il faut que je prévienne
39:21il ne faut pas
39:21que la réunion
39:22ait lieu
39:22il ne faut pas
39:23que le délégué
39:24du général de Gaulle
39:25soit arrêté
39:25alors elle court
39:26chez son chef direct
39:27elle a précisément
39:28rendez-vous avec lui
39:30à midi
39:31et il n'est pas
39:33alors elle se souvient
39:34on lui a dit
39:34en cas d'urgence
39:35tu peux aller voir
39:36à la craie rouge française
39:38le colonel de Labrosse
39:39il est membre
39:39de l'armée secrète
39:40elle y va
39:41elle a du mal
39:41à être reçu par le colonel
39:43il la reçoit
39:43elle lui dit
39:44il faut sauver
39:45le délégué du général de Gaulle
39:47et le colonel de Labrosse
39:48lui déclare
39:48je vais faire le nécessaire
39:49pour plus de sûreté
39:51elle voit
39:51une troisième personne
39:53une dame Richard
39:53qui est en rapport
39:55avec d'autres chefs
39:55de la résistance
39:56elle l'informe
39:57et la dame Richard promet
39:58aussi d'avertir
39:59ces chefs là
40:00mais apparemment
40:01il n'est rien sorti
40:02de ces trois dernières
40:03elle a laissé un message
40:04pour son premier chef
40:06l'a-t-il lu seulement
40:07alors elle leur dit
40:08elle est revenue
40:09et on l'a emmené
40:10au bas du funiculaire
40:12de la Croix-Rousse
40:13où des gens attendaient
40:14le funiculaire
40:15et parmi ces gens là
40:17elle a reconnu
40:17Didot
40:19nous savons
40:20nous que c'est hardi
40:21et il était avec
40:22un autre homme
40:23qu'elle ne connaissait pas
40:24alors reprenons la chronologie
40:26le docteur Dubougeon
40:2713h30
40:28le 21 juin
40:301943
40:32André Lassagne arrive
40:33sur sa bicyclette
40:34il vient vérifier
40:35si tout va bien
40:36tout va bien
40:36alors il redescend
40:38à bicyclette
40:38jusqu'au bas du funiculaire
40:40où il a rendez-vous
40:41avec Aubry
40:41Aubry le chef d'état-major
40:43et là
40:44il a la surprise
40:45de voir que Aubry
40:46n'est pas seul
40:47que Aubry est accompagné
40:49de Hardy
40:49Hardy
40:50Didot
40:51ce Didot
40:51que madame de Lettras
40:52guette de loin
40:53et il dit
40:54mais qu'est-ce que vous faites là
40:55dit-il à Hardy
40:56vous n'êtes pas convoqué
40:57oui on a la liste
40:58des gens qui sont convoqués
40:59Hardy n'y est pas
41:00Moulin ne sait pas
41:01qu'il va venir
41:02et même Aubry
41:03qui a vu Moulin le matin
41:04ne lui a pas dit à Moulin
41:05que Hardy viendrait
41:06et ça aussi
41:07c'est énorme
41:09et Aubry défend
41:10Hardy
41:10et peu à peu
41:12la sagne
41:12est convainc
41:22Aubry et Hardy
41:24vont donc prendre place
41:25dans le funiculaire d'abord
41:29puis dans le tramway
41:39et arriver
41:40à la place Castelan
41:42chez Dugoujon
41:43où la sagne
41:44un sportif
41:45celui-là
41:46les a précédés
41:47à bicyclette
41:47ce sont les trois
41:49premiers hommes
41:49qui arrivent
41:50la domestique
41:51les attend
41:54la sagne
41:55murmure
41:55le mot de passe
41:57et elle les fait monter
41:58au premier étage
41:58dans la chambre
41:59du docteur Dugoujon
42:00c'est là
42:01que doit se tenir
42:02la réunion
42:03mais Moulin
42:04pendant ce temps-là
42:06et bien Moulin
42:06a rendez-vous
42:07avec Aubrac
42:08qui doit assister
42:08à la réunion aussi
42:09place Carnot
42:12et il est venu
42:13avec le nouvel adjoint
42:14que Londres
42:15vient de lui désigner
42:16qui s'appelle
42:17Claude Serreul
42:17et il y a un entretien
42:19assez long
42:19assez important
42:20entre les deux hommes
42:21on s'aperçoit
42:22que le temps a passé
42:23et Moulin
42:25prend congé de Serreul
42:26part avec Aubrac
42:27et son secrétaire
42:28l'alter ego de Cordier
42:30celui-là
42:30s'appelle De Graff
42:31part pour le funiculaire
42:33il croit
42:34qu'il va trouver
42:34là au terminus
42:36du funiculaire
42:37l'un des autres
42:38participants
42:39à la réunion
42:40le colonel
42:41Schwarzfeld
42:42un Alsacien
42:44d'un certain âge
42:45qui avait la confiance
42:46de Delestrin
42:46lequel avait songé
42:47à lui
42:48comme successeur éventuel
42:49on l'attend
42:50un bon moment
42:52le colonel Schwarzfeld
42:54n'est pas là
43:08De Graff
43:09les accompagne
43:10jusqu'à la porte
43:10du docteur
43:11Dumoujon
43:12les quitte
43:18voici donc
43:19Moulin
43:21Aubrac
43:24et Schwarzfeld
43:26qui se présente
43:27à la domestique
43:28du docteur
43:29du goujon
43:30mais voilà
43:31ils ont
43:31trois quarts
43:32d'heure
43:33d'heure
43:34trois quarts
43:35d'heure
43:36et la domestique
43:38n'imagine même pas
43:39qu'ils viennent
43:40pour la réunion
43:41du premier étage
43:41qu'elle croit
43:42commencer depuis longtemps
43:43et la brave femme
43:45les introduit
43:46dans la salle
43:46d'attente
43:47
43:48elle les invite
43:49à s'asseoir
43:50au milieu
43:50des malades
43:51ce qu'ils font
43:55trois minutes après
43:59les voitures allemandes
44:01se rangent
44:02devant la maison
44:04du docteur
44:04du goujon
44:12les policiers
44:14en géissent
44:14armes au point
44:25une partie pénètre
44:26dans la salle
44:27d'attente
44:27par la
44:28porte-fenêtre
44:30qui donne
44:30sur la terrasse
44:31d'autres
44:32se précipitent
44:33dans l'escalier
44:34vers le premier
44:34tout le monde
44:35est arrêté
44:36tout le monde
44:36est poussé
44:37dans la salle
44:37à manger
44:39et sans ménagement
44:40je vous prie de le croire
44:41on frappe à tour de bras
44:42coup de pied
44:43coup de poing
44:45coup de crosse
44:46et puis rapidement
44:47Barbie
44:48il est là
44:49toujours
44:51fait passer
44:52les menottes
44:52à tout le monde
44:53dans le dos
44:53les mains dans le dos
44:55sauf à Hardy
45:01Hardy lui
45:01on lui
45:02attache simplement
45:03les mains
45:03avec une corde
45:05avec une corde
45:07mais
45:09on a l'impression
45:10que
45:12Barbie
45:12a vu
45:13beaucoup de western
45:13parce que tout à coup
45:14il est pris
45:15d'une sorte
45:15d'exaspération
45:17il y a là
45:18dans la salle
45:19à manger
45:19une table
45:19Henri II
45:20et il arrache
45:21un pied de la table
45:22et alors il commence
45:23à frapper sur les épaules
45:24avec cette matraque improvisée
45:26sur les têtes
45:27etc
45:28on a eu beaucoup de récits
45:29on a eu beaucoup de récits
45:29du même genre
45:30de cette époque là
45:31on faisait pas de cadeaux
45:33de ce côté là
45:36et puis tout à coup
45:37on entend des coups de feu
45:38tirés sur la place
45:40et les autres
45:41s'aperçoivent que Hardy
45:42n'est plus là
45:42qu'est-ce qui s'est passé
45:44et bien
45:45on a emmené Hardy
45:46le premier
45:48toujours
45:48les poignets attachés
45:49par une corde
45:50et puis on l'a
45:52conduit vers une voiture
45:53qui attendait en bas
45:55au moment où on ouvrait
45:56la portière
45:58et ça c'est vrai
45:59parce que des témoins
46:00l'ont vu
46:00il s'est
46:02débarrassé de sa corde
46:03l'a tiré
46:04a donné un énorme coup de poing
46:05à son gardien
46:06et s'est enfui
46:07à tout genre
46:08et c'est là
46:09que des soldats allemands
46:10que des policiers allemands
46:11ont tiré sur lui
46:13sans l'atteindre
46:15alors
46:16offensé les témoins
46:19Hardy
46:19s'est caché
46:20dans un fossé
46:21mais plus tard
46:22le docteur du goujon
46:23qui a vu tout cela
46:24dira
46:25ben vous savez
46:25un enfant de 4 ans
46:26l'aurait trouvé
46:27dans ce fossé
46:28les allemands
46:28parce qu'il est curieux également
46:29c'est qu'il y a un allemand
46:31à la porte de la maison
46:32qui a une mitraillette
46:32et il n'a pas tiré
46:33avec sa mitraillette
46:34Hardy aurait difficilement
46:36échappé à la mitraille
46:37quand tous les prisonniers
46:39auront été emmenés
46:40dans les voitures
46:41et bien Hardy
46:42sortira de sa cachette
46:43ira se réfugier
46:44chez une amie
46:45madame Damas
46:47et là
46:47en levant sa veste
46:48montrera son bras
46:50ensanglanté
46:50son bras
46:51qui a été percé
46:51par une balle
46:53une balle allemande
46:55il faut savoir
46:56que Hardy
46:57portait
46:58sur lui
46:59un revolver
47:01est-ce lui
47:02qui s'est tiré
47:03lui-même
47:04la balle
47:05il y a eu plus tard
47:06des expertises
47:07en quantité
47:09comme toutes les expertises
47:10elles sont contradictoires
47:13la police française
47:14livrera Hardy
47:16à la gestapo
47:17qui conduira
47:18le même Hardy
47:20dans un hôpital
47:21où il sera soigné
47:22et d'où il s'évadera
47:24avec une facilité remarquable
47:27alors les autres
47:28alors les autres
47:30Boulin
47:32Aubrac
47:36Schwarzfeld
47:37Lassagne
47:40le colonel Lacaze
47:44qui était arrivé
47:45qui était arrivé le premier
47:46Bruno Lara
47:47qui était arrivé ensuite
47:50ils étaient 5 en haut
47:523 en bas
47:55tous
47:56on les a emmenés
47:58je vous laisse à penser
48:00ce qu'on leur a fait
48:02André Lassagne
48:03qui sera déporté
48:04qui reviendra
48:05mais pour mourir
48:07assez vite
48:09André Lassagne
48:10racontera
48:11qu'on l'a battu
48:11lui
48:12pendant 48 heures
48:15le mercredi
48:17le docteur du goujon
48:18qui a été emmené
48:22va voir passer
48:24Moulin
48:27Boitant
48:28très bas
48:30et avec sur la tête
48:31un énorme pansement
48:35le même mercredi
48:36quelqu'un
48:39va craquer
48:41et livrer aux allemands
48:43et livrer à Barbie
48:46l'identité de Moulin
48:48Barbie
48:49qui sait qu'il a arrêté
48:50Max
48:50le chef de la résistance
48:52le délégué de Gaulle
48:53mais qui ne sait pas
48:54parmi ces gens
48:55qui est Max
48:56et bien quelqu'un
48:57va livrer
48:58Moulin
48:58et nous savons
48:59aujourd'hui
49:00que c'est Aubry
49:04le lendemain
49:06le jeudi
49:07au Braque
49:09voit passer
49:10Moulin
49:11revenant
49:11de l'un de ses
49:13interrogatoires
49:15et là
49:16il est porté
49:17plutôt que soutenu
49:19par deux soldats
49:20allemands
49:20il n'a plus
49:21figure humaine
49:23nous savons que
49:24ce moribond
49:25a été emmené
49:26à Paris
49:26pour être interrogé
49:27à la gestapo
49:28de l'avenue Foch
49:30et de l'estrain
49:31que l'on a mené
49:32également
49:33au même endroit
49:34pour être interrogé
49:35l'a vu
49:36dans une pièce
49:38qu'il traversait
49:39allongé
49:40sur une chaise longue
49:41et visiblement
49:42dans le coma
49:45oui il a vu
49:46un presque cadavre
49:48était-ce un vivant
49:50ou un mort
49:51que l'on a porté
49:52à la gare de l'est
49:53dans un train
49:54que l'on a
49:54étendu
49:55dans un compartiment
49:57spécial
49:58avec deux gardiens
50:00nul ne le saura
50:02jamais
50:02tout ce que nous savons
50:03c'est que le train
50:04roule vers l'Allemagne
50:05destination
50:05Francfort
50:06et qu'en route
50:07à un endroit
50:08que nous ne connaissons pas
50:11on a descendu
50:13un vrai cadavre
50:14cette fois
50:15de ce train
50:15et un fonctionnaire
50:17allemand
50:18à Metz
50:18a simplement
50:21noté
50:23qu'il avait
50:25constaté
50:26le décès
50:26d'un ressortissant
50:28français inconnu
50:30l'ordre est venu
50:31de transporter
50:33ce corps
50:33à Paris
50:35pour y être incinéré
50:36au cimetière
50:37du père Lachaise
50:37ce qui a été fait
50:40l'urne
50:41a été retrouvée
50:42après la guerre
50:44et je ne vous apprends rien
50:46en vous disant
50:47qu'elle a été portée
50:48au Panthéon
50:49au cours d'une cérémonie
50:51dont tous ceux
50:52qui s'y trouvaient
50:53ou tous ceux
50:54qui l'ont vue
50:55ou entendu
50:55à la radio
50:56ou à la télévision
50:58garderont un souvenir
51:27éternel
51:29à ce procès Barbie
51:33je reviens
51:34à cette nouvelle instruction
51:35que le tribunal
51:37nous a annoncée
51:38sur l'affaire
51:40de Calhoun
51:42je viens de vous exposer
51:43les faits
51:44j'ai posé des questions
51:45je n'y ai pas répondu
51:50et bien il faut
51:52que cette instruction
51:53aboutisse
51:54de bonnes âmes
51:55n'ont pas cessé
51:56de me dire
51:56oh oui cette instruction
51:57il ne sera jamais
51:58plaidé le procès
52:00de Calhoun
52:00et bien il faut
52:02et bien il faut
52:03qu'il soit plaidé
52:04l'histoire le demande
52:06et l'honneur
52:08des morts
52:09l'honneur
52:09des héros
52:10l'exige
52:14voilà donc
52:15plus de 20 ans
52:16que Jean Moulin
52:17partit
52:18par un temps
52:20de descente
52:21sans doute
52:21semblable
52:22à celui-ci
52:23pour être
52:24parachuté
52:25sur la terre
52:26de Provence
52:27et devenir
52:28le chef
52:29d'un peuple
52:29de la nuit
52:31sans cette cérémonie
52:33combien d'enfants
52:34de France
52:35sauraient son nom
52:36il ne le retrouva
52:38lui-même
52:39que pour être tué
52:40et depuis
52:42sont nés
52:4316 millions
52:44d'enfants
52:47puissent
52:47les commémorations
52:49des deux guerres
52:50s'achever
52:50aujourd'hui
52:51par la résurrection
52:53du peuple
52:53dont
52:54que cet homme
52:55anima
52:55qu'il symbolise
52:58et qu'il fait
52:59entrer ici
53:00comme une humble
53:01garde solennelle
53:02autour de son
53:04corps de mort
53:05entre ici
53:06grand moulin
53:08avec ton terrible
53:09cortet
53:10avec ceux
53:12qui sont morts
53:13dans les caves
53:14sans avoir
53:15parlé
53:16comme toi
53:17et même
53:18ce qui est peut-être
53:19plus atroce
53:21en ayant parlé
53:22avec tous les rayés
53:25et tous les tendus
53:26des camps
53:27de concentration
53:28avec le dernier corps
53:31trébuchant
53:32des affreuses
53:33files
53:33de nuit et brouillard
53:35enfin tombés
53:36sous les crosses
53:37avec les 8000
53:39françaises
53:40qui ne sont pas
53:41revenus
53:42des bagnes
53:43avec la dernière
53:44femme morte
53:46à Ravensbruck
53:46pour avoir donné
53:48asile
53:48à l'un des nôtres
53:50entre avec le peuple
53:52né de nombre
53:53et disparu
53:54avec elle
53:54nos frères
53:56dans l'ordre
53:57de la nuit
53:58l'hommage
54:00d'aujourd'hui
54:01n'appelle
54:01que le chant
54:02qui va s'élever
54:03maintenant
54:04ce chant
54:05des partisans
54:06que j'ai entendu
54:07murmurer
54:08comme un chant
54:10de complicité
54:12écoute aujourd'hui
54:14jeunesse de France
54:15ce qui fut
54:17pour nous
54:17le chant
54:18du malheur
54:19c'est la marche
54:21funèvre
54:22des cendres
54:23que voici
54:23à côté
54:25de celle
54:26de Carnot
54:27avec les soldats
54:28de l'an 2
54:29de celle
54:30de Victor Hugo
54:31avec les misérables
54:32de celle
54:33de Jaurès
54:35veillée
54:35par la justice
54:37qu'elle repose
54:39avec leur long
54:40cortège
54:41d'ombre
54:42défigurée
54:43aujourd'hui
54:46jeunesse
54:47puisses-tu
54:48penser
54:49à cet homme
54:50comme tu aurais
54:51approché
54:52tes mains
54:53de sa pauvre
54:55face
54:55informe
54:56du dernier
54:57jour
54:58de ses lèvres
55:00qui n'avaient
55:00pas parlé
55:01ce jour-là
55:03elle était
55:05le visage
55:06de la France
55:07« Amis, entendues, le bruit sourd du pays qu'on enchaîne »
55:25« Au brisant, au brilé et bénisant, c'est l'alarme »
55:32« Ce soir, l'ennemi connaîtra le bruit du sang et des larmes »
55:41« Montez de la mine, descendez des collines armades »
55:49« Sortez de la paille, les cuisines, la mitraille, les grenades »
55:57« On est un tireur, à la paille et au couteau qui rémitent »
56:05« On est saboteur, attention à ton frasaut dynamite »
56:12« C'est nous qui brisons, nous déprisons pour nos frères »
56:21« La haine, à nos trousses, c'est la paix qui nous plaire »
56:27« Il est le pays où les gens, entre les lits, ont des rêves »
56:35« Ici, nous battus, nous on marche, nous on tue, nous on crève »
56:43« Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il part »
56:49« Une fois de plus, vous, téléspectateurs, vous avez écrit l'histoire »
56:57« Par vos lettres, par les lettres que vous m'avez adressées »
57:01« C'est ainsi que je puis préciser aujourd'hui »
57:05« Qu'il est inexact que Jean Moulin ait voulu écarter le Front National »
57:10« Du Conseil National de la Résistance »
57:12« Au contraire, de la première à la dernière séance du CNR »
57:18« Le Front National y a été représenté par Pierre Villon »
57:22« En ce qui concerne Pierre de Benouville et Henri Aubry »
57:27« Il faut bien comprendre que ce que Hardy leur a confié »
57:32« Ce n'est nullement son arrestation, son interrogatoire, sa libération par Barbie »
57:39« Mais sa rencontre avec les agents allemands, Moulton et Mogue »
57:43« Dans le train qui le conduisait à Paris et sa prétendue évasion »
57:48« Henri Aubry n'est plus, mais si par impossible, Pierre de Benouville »
57:53« Avez cru de ma part à une accusation attentatoire »
57:57« A son passé de résistant, je le regretterai vivement »
58:01« Enfin, vous vous souvenez peut-être que j'avais souhaité la réouverture du procès de Caluire »
58:09« Du procès de l'arrestation de Jean Moulin »
58:11« Des juristes me font observer que si l'arrestation de Moulin par Barbie est certes un crime de guerre
58:21»
58:22« Les crimes de guerre sont aujourd'hui prescrits »
58:25« Ce qui est imprescriptible, ce sont les crimes contre l'humanité »
58:28« Il ne s'agit pas d'un crime contre l'humanité »
58:31« Il est donc pratiquement impossible d'ouvrir de nouveau le procès de Caluire »
58:38« En revanche, ce que vos lettres m'ont démontré, c'est qu'il n'y aura jamais de prescription
58:46dans nos mémoires pour l'héroïque et exemplaire histoire de Jean Moulin »
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