Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
DB - 10-04-2026

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:59Donc, le plus vieux prisonnier du monde, Rudolf Hess, est mort à la prison de Spando à Berlin à l
01:08'âge de 93 ans, après 46 années de prison.
01:14Et depuis 46 années, justement, on se pose la même question.
01:19Lorsqu'il s'est envolé d'Allemagne en 1941, follement, pour l'Écosse, est-ce qu'il a agi de
01:28sa propre initiative ou bien était-il mandaté par Adolf Hitler ?
01:35Et puis, à peine est-il mort, Rudolf Hess, que voici un second mystère.
01:43On apprend qu'on l'a trouvé mort dans le jardin de la prison, le cou entouré par un cordon
01:51électrique.
01:51Et l'autopsie révèle mort par strangulation.
01:58Alors, c'est-il pendu ou l'a-t-on étranglé ?
02:05Quelques jours encore, et voici un troisième mystère.
02:10L'historien allemand Werner Mazar révèle, en 1952, les soviétiques ont extrait secrètement Rudolf Hess de sa prison pour lui
02:23proposer un poste capital en Allemagne de l'Est.
02:27Est-ce possible ?
02:30Trois mystères pour un seul homme, c'est beaucoup !
02:34Eh bien, voulez-vous que nous essayons ensemble de répondre aux questions que posent ces trois mystères ?
02:5910 mai 1941, en Écosse, un paysan qui a travaillé toute la journée s'apprête à se coucher, car il
03:09est plus de 10h du soir, bientôt 11h.
03:11Il s'appelle David McLean, il habite la ferme de Flos, près d'Iglesham, et tout à coup, il est
03:19troublé par le bruit d'un avion.
03:21À cette heure-là, c'est bizarre, il éteint avant d'ouvrir ses fenêtres.
03:29Et ce qu'il voit, ce n'est pas un avion, c'est un parachutiste qui est en train doucement
03:34de descendre vers le sol.
03:36Il se précipite, trouve le parachutiste en train de se dépêtrer de ses sangles et de son parachute.
03:43L'homme le salue et lui dit, je suis allemand, en anglais, excellent anglais d'ailleurs, mais avec un accent,
03:49je m'appelle Hauptmann Alfred Horn.
03:52Je demande d'être conduit d'urgence chez le duc de Hamilton.
03:57Et c'est vrai, le duc de Hamilton n'habite non loin de là, à Dungaval, mais c'est une
04:03grosse responsabilité pour David McLean.
04:06Il hésite lorsqu'un autre paysan le rejoint, William Craig, et les deux hommes se mettent d'accord.
04:14David McLean emmènera l'allemand chez lui, tandis que William Craig ira prévenir les autorités.
04:22Un peu plus tard arrivent des soldats et des civils de la Hormungarde et on va enlever ce prisonnier à
04:30David McLean
04:31pour l'emmener d'abord au poste de radar qui est non loin de là.
04:36Et puis, comme le prisonnier s'est blessé à la jambe et qu'il souffre beaucoup, un peu plus tard
04:42dans la nuit, on l'emmène à Glasgow, à l'infirmerie de Murray Hill.
04:46Cependant, après qu'il soit parti pour Glasgow, quelques-uns des militaires qui ont assisté à sa capture sont en
04:54train de parler de cet événement singulier.
04:56Et un officier leur déclare « Moi, je crois que je le connais, cet homme-là. Je l'ai vu
05:04en Allemagne il y a quelques années. Je crois bien que c'est Rudolf S. »
05:12Voyons le troisième personnage du troisième Reich qui aurait sauté en parachute sur l'Écosse.
05:18« Voyons, c'est risible, c'est impossible. Et on s'est un peu moqué de l'officier. Et pourtant,
05:25il s'agissait bien de Rudolf S. »
05:29Qui est ce S ? Un Allemand comme beaucoup d'autres qui, quoique né en Égypte, a fait la guerre
05:37de 14-18, l'a fini comme pilote dans l'aviation impériale
05:42et puis s'est retrouvé comme tant d'autres dans le chaos qui a suivi la défaite allemande.
05:49Et qui, en 1920, est allé écouter un orateur presque inconnu qui tenait des réunions publiques et qui s'appelait
05:57Adolf Hitler.
05:59Et en 1923, quand Hitler, pour la première fois, a tenté de prendre le pouvoir à Munich, Rudolf S. est
06:07auprès de Hitler qu'il ne quitte plus.
06:10Le putsch échoue. Hitler, arrêté, va être condamné à une peine de prison qu'il effectue à la prison de
06:19Landberg.
06:21Rudolf S., lui, qui avait tenu en respect le gouvernement bavarois pendant toute l'insurrection, se cache et caché plus
06:30tôt par un de ses anciens professeurs, Karl Haushofer, un homme qu'il a pris en affection.
06:37Il faut parler de ce Karl Haushofer parce que c'est un homme singulier qui va jouer un grand rôle
06:43dans cette histoire.
06:45Il est spécialiste de la géopolitique, qui est une science qu'il a quelque peu inventée.
06:52Et surtout, il est le créateur d'une doctrine, le Lebensraum, l'espace vital,
07:00selon laquelle un peuple a le droit de s'agrandir en dehors de ses frontières,
07:08si en dehors de ses frontières habitent justement des gens qui appartiennent à ce peuple.
07:16Karl Haushofer enseigne cela à l'université.
07:19S. a été son élève et Haushofer va cacher son ancien élève après le putsch de Munich et va même
07:26l'aider à passer en Autriche.
07:28Mais au bout de quelques temps, S. en a assez de l'exil, il revient et est condamné comme Hitler.
07:34Et sa peine, il va la faire dans la même prison que Hitler.
07:39Et dans cette prison, Hitler a commencé d'écrire un livre hélas appelé à devenir célèbre,
07:48Mein Kampf, mon combat.
07:51Et Rudolf Hess va prendre des chapitres entiers sous la dictée de Hitler.
07:57Mais il n'est pas seulement un homme à qui on dicte, il est un homme qui, avec Hitler, discute
08:03de certaines choses
08:04et participe, semble-t-il, à la rédaction de plusieurs chapitres.
08:13Après leur libération, ils sont inséparables.
08:15Et pendant toute la lutte pour le pouvoir, ils ne se quittent pas.
08:24En 1933, quand Hitler est au pouvoir, il va faire de Hesse officiellement son adjoint,
08:33chargé de toutes les affaires du parti national-socialiste.
08:37Ce n'est pas rien pour un pays où le parti s'identifie à l'État et de plus en
08:41plus.
08:58Le pouvoir de Hesse a été capable à cette époque.
09:00Et c'est Rudolf Hess qui signe ou co-signe toutes les lois du nouvel État nazi,
09:07notamment toute la législation anti-juive, et signé Rudolf Hess.
09:15Mais à mesure que les années passent, si les honneurs que l'on décerne à Rudolf Hess ne cessent d
09:24'augmenter,
09:25son pouvoir ne cesse de diminuer.
09:28Pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui sont passés devant lui.
09:32Un certain Himmler, par exemple.
09:36Avec ses SS, c'est devenu un personnage tout puissant, bien plus puissant que Rudolf Hess.
09:41Göring est passé largement devant Hess.
09:45Goebbels !
09:46D'autres.
09:48Et peut-être en souffre-t-il, mais il ne le montre pas.
09:52Rudolf Hess est une sorte de puritain du national-socialisme.
09:57Au moment de la guerre de 1939,
10:00eh bien, il fait partie de ce gouvernement nouveau, de ce comité de défense,
10:05qui réunit six membres,
10:07et qui groupe entre ses mains
10:09la presque totalité du pouvoir exécutif et législatif.
10:14Et il est dans le wagon de l'armistice,
10:18dans la forêt de Compiègne, à Rotonde,
10:21après la victoire, hélas, si totale sur notre pays.
10:27Et c'est après cette victoire
10:29que les deux hommes ont de longues conversations.
10:35Et que Hess recueille la pensée d'Hitler.
10:39Hitler, qui ayant vaincu la France, qu'il méprise,
10:43voudrait à tout prix faire la paix avec la Grande-Bretagne qu'il admire.
10:46Il suffit de lire Mein Kampf,
10:49puisque Hess a été le co-rédacteur de Mein Kampf,
10:52il le connaît par cœur.
10:57Déjà dans Mein Kampf,
10:58Hitler disait que le peuple britannique,
11:01que le peuple allemand étaient des peuples frères.
11:03Ils avaient la même origine germanique,
11:05la même origine saxonne.
11:08Et Hitler, d'ailleurs, lance un appel à la Grande-Bretagne,
11:12un discours, un de ses fameux discours,
11:15où il parle,
11:17où il hurle,
11:19où il adjure.
11:22Anglais, je vous le demande,
11:24faisons la paix.
11:28Ayant adressé cet appel solennel au peuple britannique,
11:33il attend.
11:34Et naturellement, les Anglais ne répondent pas,
11:37Churchill,
11:39considèrent que puisque la Grande-Bretagne s'est lancée dans la guerre,
11:42après avoir tellement souhaité la paix,
11:45ça n'est pas pour s'arrêter si elle s'est lancée dans la guerre,
11:48c'est pour mettre fin aux exactions d'Adolf Hitler,
11:52à cette négation perpétuelle du droit des gens
11:55que représente la présence d'Hitler au pouvoir.
12:00Alors pas de réponse de Churchill.
12:03Et Hitler en conçoit...
12:04On voit quelque chose qui ressemble à du chagrin, à de la tristesse.
12:10Et Rudolf Hess est le confident de tout cela.
12:15Et c'est très tôt, il l'a lui-même raconté.
12:19C'est très tôt
12:21que l'idée lui vient,
12:23puisque le gouvernement britannique refuse
12:25des négociations officielles,
12:28d'entreprendre des pourparlers secrets
12:32pour une paix possible entre les deux pays.
12:37Le 31 août 1940,
12:41vous voyez en effet que c'est très tôt,
12:44il rencontre son vieux professeur,
12:46son maître à penser,
12:49Karl Haushofer.
12:51Et les deux hommes vont s'entretenir pendant plusieurs heures,
12:54dont trois heures dans la forêt de Grunewald.
12:57Et c'est très bien que dans l'Allemagne nazie,
13:01tous les murs ont des oreilles,
13:03alors quand on a des choses à se dire,
13:05il vaut mieux aller dans une forêt.
13:08Et il demande conseil.
13:10Faut-il négocier ?
13:11Mais comment négocier ?
13:13Et Karl Haushofer n'est pas nazi.
13:17Pas du tout.
13:20Comme un certain nombre d'Allemands, d'ailleurs,
13:22souvenons-nous des complots qu'il y a eu contre Hitler
13:24à la veille de la guerre pour l'empêcher de faire la guerre.
13:27Des dirigeants de l'armée,
13:30des politiciens,
13:32hélas, ils ont échoué.
13:35Et Haushofer pense en effet
13:36qu'il faudrait traiter avec la Grande-Bretagne.
13:38Et il dit à S.
13:40On peut prévoir dès maintenant
13:42que le Führer va s'en prendre la Russie soviétique.
13:47Le pacte signé entre Berlin et Moscou
13:51pour le partage de la Pologne,
13:52eh bien ce pacte est quelque chose d'éphémère.
13:56Le vrai sentiment du Führer,
13:58c'est que l'espace vital qu'il souhaite,
14:01il ne pourra le conquérir qu'à l'Est.
14:03Et l'Est, c'est la Russie.
14:04Les terres à blé sont en Ukraine.
14:07Le pétrole est en Union soviétique.
14:11Alors il attaquera la Russie.
14:13Et s'il attaque la Russie
14:15en restant en guerre
14:17avec la Grande-Bretagne,
14:19alors ce sera un grand danger,
14:21un grand péril pour l'Allemagne.
14:23« Mais comment faire ? » demandait-ce.
14:25Et tout à coup,
14:27Karl Haushofer a une idée.
14:29« Mon fils, » dit-il.
14:30« Mon fils Albrecht. »
14:32Il a mis d'un Anglais haut placé,
14:35le duc de Hamilton.
14:36Peut-être pourrait-il entrer en rapport avec lui.
14:40« Eh bien, je vais voir Albrecht, » dit Rudolf Hess.
14:45Et il le voit en effet très vite,
14:46quelques jours après, le 8 septembre 1940.
14:51Et ici, nous sommes en présence
14:52de quelque chose d'assez étrange.
14:56C'est que ce vieux nationaliste de Karl Haushofer
15:00a épousé une femme d'origine juive
15:03qu'il aime d'ailleurs profondément.
15:07De sorte que Albrecht Haushofer
15:11a du sang juif dans les veines.
15:14Or, d'après la législation
15:16que Hess a signée lui-même,
15:20toute personne qui a du sang juif dans les veines
15:24ne peut exercer aucune fonction officielle.
15:30Albrecht Haushofer fait partie
15:32du haut personnel de la ville
15:35Albstrasse des Affaires étrangères
15:37et on lui a confié de nombreuses missions
15:41uniquement parce que Hess l'a voulu.
15:44Par reconnaissance pour son ancien maître
15:47qui l'a sauvé lors du putsch Dominique,
15:49Hess a étendu sa protection à Albrecht
15:52et il a déclaré à rien d'honneur.
15:57Ce qui met d'ailleurs Albrecht Haushofer,
16:00qui n'est pas nazi non plus,
16:02et pour cause,
16:03dans une situation bien difficile.
16:07Alors il écoute Rudolf Hess
16:10et les deux hommes parlent aussi longuement
16:13et finalement Albrecht Haushofer déclat
16:18« Je vais écrire au duc de Hamilton. »
16:24Je vais lui écrire par l'intermédiaire
16:25d'une de mes amies,
16:26une Anglaise qui habite à Lisbonne,
16:29pays neutre,
16:30Mrs. Roberts.
16:31Elle transmettra la lettre.
16:33Et la lettre part.
16:36Et à partir de ce moment-là,
16:38Rudolf Hess attend.
16:41Rudolf Hess
16:44espère.
16:45Mais la lettre
16:48va être naturellement interceptée
16:50par la censure britannique.
16:53Plusieurs semaines plus tard,
16:54on convoque le duc de Hamilton,
16:55on lui donne la lettre
16:56et on lui dit « Est-ce que vous reconnaissez l'écriture ? »
16:58Mais oui !
16:59C'est l'écriture d'un de mes amis,
17:00Albrecht Haushofer.
17:02Mais qu'est-ce que c'est ?
17:03Oui, c'est un Allemand.
17:04Mais alors, qu'est-ce que ça veut dire ?
17:06Et il explique tout.
17:08Il dit « Oui, c'est un anti-nazi,
17:09il est d'origine juive,
17:10il n'aime pas du tout Hitler.
17:12Et s'il propose une entrevue,
17:14c'est peut-être très intéressant. »
17:17Mais ses services secrets britanniques
17:18semblent bien, bien, bien tranquilles.
17:23Ils vont avec la vitesse de la tortue.
17:28Et des semaines entières se passent encore
17:30pendant que le duc de Hamilton se dit
17:31« Mais qu'est-ce qu'on fait ?
17:32On laisse peut-être échapper une chance pour l'Angleterre. »
17:37Et le 10 mai 1941,
17:39Hamilton, furieux de l'inaction totale des services de Londres,
17:43se prépare à écrire de lui-même
17:46à son ami Haushofer,
17:47à l'adresse de Mrs. Roberts à Lisbonne.
17:50Il n'aura pas à le faire,
17:51puisqu'à 20h08,
17:54au PC de Townhouse,
17:56où il sert en tant qu'aviateur,
17:58on lui téléphone,
18:00en lui disant « On a repéré un Messerschmitt 110
18:04qui vient de franchir la côte est de l'Écosse. »
18:09Et l'aviateur qu'est Hamilton,
18:12c'est un grand aviateur.
18:14Savez-vous que, avant la guerre,
18:16on avait parlé de lui dans le monde entier,
18:18car il a été le premier pilote
18:20qui ait jamais survolé le mont Everest ?
18:23Et Hamilton dit vraiment
18:25« Ces guetteurs sont en dessous de tout.
18:27Ça n'est certainement pas un Messerschmitt 110
18:30qui n'aurait pas assez d'essence
18:31pour retourner en Allemagne. »
18:34Il se trompe.
18:35Eh bien non, parce qu'un peu plus tard,
18:36on lui annonce que le Messerschmitt s'est abattu
18:38et qu'un parachutiste, lui,
18:42a été fait prisonnier.
18:44Et que ce parachutiste,
18:46qui se nomme Alfred Horn,
18:49demande à leur rencontrer d'urgence
18:51« Lui, le duc de Hamilton. »
18:55La nuit s'est avancée.
18:57Hamilton dit « Bon, il faut tout de même que je dorme.
18:59J'irai le voir demain matin à Glasgow. »
19:04Alors maintenant, il faut revenir à S.
19:09Comment en était-il arrivé
19:11à vouloir partir lui-même pour l'Angleterre ?
19:15Il avait attendu la lettre de Hamilton,
19:17la réponse de Hamilton.
19:19Puis rien n'était venu.
19:20Les semaines étaient passées,
19:22les mois.
19:23Et un jour,
19:25il avait pris sa décision.
19:27Je vais prendre un avion
19:30et j'irai atterrir là-bas
19:33et je leur dirai
19:34« Je viens vous proposer la paix
19:37au nom du Führer. »
19:40Et devant cette chose extraordinaire
19:43d'un ministre,
19:45du dauphin d'Hitler
19:46qui vient lui-même proposer la paix,
19:48eh bien alors là,
19:49les Anglais seront bien obligés
19:50de la conclure.
19:51Voilà le raisonnement de Rudolf Hess.
19:55Alors rappelons qu'il était pilote
19:57puisqu'il a eu son brevet
19:59pendant la guerre de 14-18,
20:00qu'il a participé
20:01aux dernières opérations
20:03de la Première Guerre mondiale.
20:06Rappelons qu'entre les deux guerres,
20:08il volait souvent.
20:08C'était son plaisir de voler.
20:10Et là, en 1939,
20:13peut-être conscient justement
20:15du fait que,
20:17couvert d'honneur,
20:18il n'était plus une puissance.
20:21Peut-être un peu amer,
20:24un peu malheureux.
20:26Il avait demandé
20:28à pouvoir s'engager
20:29dans la Luftwaffe.
20:31Hitler avait refusé catégoriquement
20:33et même lui avait fait prêter
20:34un serment
20:35de ne pas voler pendant un an.
20:38Il l'avait prêté,
20:38pas question de trahir ce serment,
20:40mais voilà,
20:41l'année était terminée.
20:42Et comme Rudolf Hess
20:44était l'ami de Willi Messerschmitt,
20:46le constructeur,
20:48il s'était mis à voler
20:49sur les derniers avions
20:50sortis de l'usine.
20:51Et puis,
20:52quand on avait sorti le prototype,
20:54le Messerschmitt 110,
20:55incontestablement
20:56le meilleur chasseur
20:57du monde à cette époque-là,
20:59eh bien,
21:00il s'était mis à voler
21:01sur le Messerschmitt 110.
21:05D'abord avec le pilote d'essai
21:07du Führer,
21:08le pilote personnel du Führer,
21:09Hans Bauer,
21:10et puis ensuite,
21:11tout seul.
21:12Il avait effectué seul
21:14plus de 20 vols
21:16sur le Messerschmitt 110.
21:19Et puis,
21:21un jour qu'il prenait
21:22le café avec Willi Messerschmitt,
21:24il lui avait dit
21:25« Cet avion a toutes les qualités,
21:27mais c'est dommage
21:28qu'il n'ait pas un rayon d'action
21:30un peu plus vaste.
21:33Bien sûr,
21:33si vous ajoutez
21:34des réservoirs supplémentaires,
21:36ce sera au détriment
21:38des qualités
21:39de manœuvrier
21:41de cet appareil. »
21:42Et puis,
21:42il dit Messerschmitt
21:43un peu vexé,
21:43il dit « Mais pas du tout ! »
21:45et il a introduit
21:47dans les ailes
21:47deux réservoirs
21:49de chacun 700 litres
21:50et l'avion,
21:50en effet,
21:51se pilotait aussi bien.
21:53Puis,
21:53un beau jour,
21:54Ress a demandé
21:56qu'on installe
21:57sur cet appareil
21:57un poste de radio
21:58spécial
22:00qui permettait
22:01de capter
22:02les signaux
22:03extrêmement
22:04ténus
22:05que l'on lançait
22:07sur les ondes
22:08pour guider
22:08les bombardiers.
22:11Et on a installé
22:13ce genre de radio.
22:18Encore quelques temps,
22:22et Rudolf Hess
22:23a demandé
22:23à Hans Bauer
22:25s'il pouvait lui
22:26communiquer la carte
22:27des zones interdites
22:30aux avions allemands.
22:33des zones
22:34où aussi
22:34les avions allemands
22:35se hasardaient,
22:35mais on les abattait.
22:37Bauch a répondu
22:38« S, c'est impossible.
22:40Je n'ai pas le droit.
22:41J'ai cette carte,
22:42mais je n'ai pas le droit. »
22:43Savez-vous
22:43ce qu'a fait Rudolf Hess ?
22:46Il s'est adressé
22:47au secrétaire d'État
22:47Milk
22:49qui lui a remis
22:50la carte.
22:52Alors,
22:53vous allez me dire
22:54« Et on n'a pas manqué
22:55à l'époque de le dire
22:56après l'expédition de Hess.
22:59Göring, par exemple,
23:01dira
23:01à Messerschmitt
23:02mais alors
23:03tout le monde
23:03peut voler
23:04sur vos appareils. »
23:07Et Messerschmitt
23:07a répondu
23:08« Pas tout le monde,
23:11mais
23:11ai-je le droit
23:13de refuser
23:14à l'adjoint
23:15du Führer
23:17au successeur
23:18du Führer
23:19de voler
23:19quand il me le demande ? »
23:22Et quand on dira
23:23au secrétaire d'État
23:24Milk
23:24« Mais vous lui avez remis
23:25cette carte ? »
23:26Il a dit
23:26« Ben oui,
23:27c'était l'adjoint
23:27du Führer
23:28qui me l'a demandé.
23:29Vous reconnaissez
23:30que la réponse
23:30en effet
23:31est peut-être
23:32satisfaisante,
23:33mais que nous restons
23:35au fond de nous-mêmes
23:37tout de même
23:37un peu troublés.
23:39Nous nous souvenons,
23:41nous nous rappelons,
23:44nous savons
23:44que l'Allemagne nazie
23:46est un État
23:47policier.
23:49L'un des États
23:50les plus
23:52complètement
23:52policiers
23:53qui est existé
23:55dans l'histoire.
23:55par alors,
23:56tout ça,
23:57est-ce que
23:58personne
23:58de la Gestapo
23:59ne le savait ?
24:03Mais est-ce,
24:05expliqué
24:06à son entourage,
24:07j'aurais peut-être
24:07besoin d'aller faire
24:08une mission
24:09en Norvège
24:10avec le
24:11Messerschmitt
24:12110 ?
24:13Un jour,
24:16il vient,
24:17comme d'habitude,
24:18à Augsbourg
24:18où sont les usines
24:19Messerschmitt,
24:21il s'installe
24:23dans le cockpit
24:24du Messerschmitt 110
24:25et là,
24:26il s'envole
24:28pour la Grande-Bretagne.
24:30Et il revient
24:31tout de suite,
24:33il y a eu
24:33une panne
24:34dans les ailerons.
24:38À la fin
24:39de janvier
24:411941,
24:43il revient
24:44à Augsbourg
24:44avec son aide
24:45de camp
24:46qui s'appelle
24:47Pinch
24:49et il dit
24:50à Pinch,
24:50je vais
24:51m'envoler,
24:53voilà deux enveloppes,
24:54une pour vous,
24:54Pinch,
24:55une autre
24:55pour le Führer.
24:57Si je ne suis pas
24:58rentré dans quatre heures,
24:59vous pouvez ouvrir
25:00votre enveloppe
25:01et vous irez porter
25:01l'autre au Führer.
25:03Et il s'envole.
25:05Pinch passe
25:06les quatre heures
25:07comme il peut.
25:09Au bout de quatre heures,
25:10il regarde sa montre,
25:11eh bien,
25:12bon,
25:12le délai est passé,
25:13il ouvre son enveloppe.
25:15Pas celle du Führer,
25:16bien entendu.
25:16Et qu'est-ce qu'il lit,
25:18Pinch ?
25:19Mon cher Pinch,
25:21j'ai décidé
25:21de partir
25:22pour l'Angleterre.
25:24Il faut faire la paix
25:25avec l'Angleterre.
25:26C'est pour cela
25:28que je me suis
25:29envolé.
25:30Partez vite,
25:31avertir le Führer,
25:32lui remettre
25:33la lettre
25:34que je lui destine.
25:36Imaginez la tête
25:37de Pinch
25:38qui se trouve
25:39en présence
25:40de quelque chose
25:40de parfaitement inattendu,
25:42qui se trouve détenteur
25:43d'un secret d'État
25:44en un instant.
25:45Et il est là,
25:46il ne sait que faire.
25:47Un vrombissement
25:49au loin,
25:50un avion
25:51qui s'approche,
25:52un Messerschmitt 110.
25:54au-delà,
25:55s'atterrit,
25:56il a encore eu
25:57des ennuis mécaniques.
25:59Cet avion était peut-être
26:00le plus réussi du monde,
26:02mais il avait des défauts.
26:07Et S. s'aperçoit tout de suite
26:08que Pinch
26:09a lu la lettre.
26:10Venez avec moi.
26:11Il l'emmène chez lui
26:12et lui explique tout.
26:14La pensée du Führer,
26:17la nécessité de faire la paix
26:18avec l'Angleterre,
26:21de repartir
26:22sur un autre pied
26:24avec l'Angleterre.
26:26Et il convainc Pinch.
26:28Et Pinch se dit
26:32Rudolf Hess
26:32n'est pas un traître.
26:33S'il était un traître,
26:34je le dénoncerais.
26:35Non,
26:36il agit pour le bien
26:37de l'Allemagne
26:38et Pinch ne dira rien.
26:41Le 10 mai 1941,
26:44un samedi,
26:45S. et Pinch
26:46sont de retour à Augsbourg.
26:49C'est un samedi.
26:50Les usines sont fermées.
26:51Voilà qui nous étonne.
26:52Nous avons l'impression
26:52qu'en temps de guerre,
26:53l'Allemagne nazie
26:54doit produire jour et nuit,
26:56le samedi comme le dimanche.
26:57Ben non, c'est fermé.
26:58Ces Allemands
26:59font la semaine anglaise.
27:01Alors, eux-mêmes
27:02sont obligés
27:02de tirer du hangar
27:03le Messerschmitt 110
27:04et il se prépare.
27:07Et au dernier moment,
27:08sur son uniforme
27:09d'officier de la Luftwaffe
27:10qu'il a endossé,
27:12eh bien,
27:13S. va passer
27:14une combinaison fourrée
27:15qu'il est allé chercher
27:16dans le vestiaire.
27:17Il l'a prise à un autre pilote
27:19qui ne reverra jamais
27:20sa combinaison d'ailleurs.
27:22Et le voilà parti.
27:24Et Pinch
27:24a également
27:25non plus deux enveloppes.
27:26Cette fois-ci,
27:27ça n'est plus la peine
27:28de le prévenir.
27:28Une enveloppe
27:29pour le furrier.
27:30Et lorsque le délai est passé,
27:33Pinch va partir
27:34pour Berchtesgaden
27:35où se trouve Hitler.
27:36Il va voyager toute la nuit
27:39et au matin,
27:40il est là,
27:42en pleine montagne,
27:43dans cette résidence
27:45que Hitler affectionne.
27:49Et voilà Pinch
27:51devant Hitler.
27:55Tout le monde en Allemagne
27:57sait que
27:58lorsque l'on contrarie Hitler,
28:02éclate
28:03une terrible colère.
28:05Et alors là,
28:05il se met à hurler,
28:07à trépigner
28:07et tout le monde est terrifié.
28:09Tout le monde sait cela.
28:11Et Pinch se dit,
28:11mon Dieu,
28:12quand il va lire
28:12que S. est parti en Angleterre
28:14pour l'Angleterre,
28:15qu'est-ce qu'il va dire ?
28:16« Ça va être affreux ! »
28:20Et Hitler ouvre l'enveloppe
28:23et se met à lire.
28:27Sa réaction,
28:28nous la connaîtrons
28:29dans quelques instants.
28:33Donc, Hitler a ouvert l'enveloppe
28:37et au lieu de la colère attendue,
28:41Pinch constate
28:43qu'il reste
28:44d'un calme absolu.
28:46Il la lit,
28:47il la lit,
28:48il la lit jusqu'au bout.
28:50Puis il la met dans sa poche
28:52et au lieu de rugir,
28:56de menacer Pinch
28:57des châtiments effroyables
28:59qui attendent les traîtres,
29:01il s'en va devant
29:02la grande baie vitrée
29:04et se met à rêver
29:05devant
29:06le panorama de montagne.
29:11Oui, Hitler rêve.
29:13Simplement, il sonne
29:14sonnet de camp
29:15que l'on convoque
29:17Goering
29:17et Ribbentrop.
29:19Et il les verra
29:20un peu plus tard.
29:21Et il verra également
29:22des golighters
29:23venus des différentes provinces.
29:25Et là, il sera différent.
29:27Il sera agité.
29:30Il aura l'air contrarié.
29:31Il dira
29:31« Mais qu'est-ce qui est arrivé à S ? »
29:35« Moi, je sais ce qui lui est arrivé.
29:37Il est devenu fou
29:39et il se frappe le front,
29:40nous le savons pas. »
29:44Mais Pinch se souviendra toujours
29:45du calme extraordinaire
29:48avec lequel
29:49Hitler a accueilli la nouvelle.
29:52Alors,
29:53pour la forme,
29:54on arrêtera
29:55les gardes du corps
29:56et puis on la libérera très vite.
29:58On arrêtera également
30:00Albrecht Haushofer.
30:02On le libérera
30:03au bout de trois mois.
30:05Il ira de nouveau en prison,
30:06Albrecht Haushofer.
30:08Après le 20 juillet 1944,
30:10accusé d'avoir participé
30:12au complot contre Hitler,
30:14vous savez,
30:14le fameux complot
30:15de Stauffenberg,
30:17la bombe qu'on dépose
30:18au pied d'Hitler
30:18au repère du loup.
30:21Là, on ne libérera plus.
30:23Et quelques jours,
30:25presque quelques heures
30:27avant qu'Hitler,
30:28le 30 avril 1945,
30:30se donne la mort
30:30dans son bunker,
30:32on fusillera.
30:33Albrecht Haushofer.
30:40Et ses parents,
30:41le vieil Haushofer
30:43et sa mère,
30:45ils vivront deux années encore
30:47et puis un beau jour,
30:49parvenu au fond du désespoir,
30:52ne s'étant jamais guéri
30:53de la mort de leur fils.
30:55Le vieil homme
30:56et cette vieille femme
30:58se prendront par le bras,
31:00s'enfonceront dans une forêt
31:02et là,
31:03se donneront la mort.
31:12Le duc de Hamilton,
31:14le lendemain matin,
31:15comme prévu,
31:16va voir S.
31:18Il le trouve sur son lit d'hôpital,
31:20il souffre toujours de la jambe
31:22et S lui dit,
31:24est-ce que vous me reconnaissez ?
31:26Non.
31:27Mais c'est vrai,
31:28Hamilton ne le reconnaît pas.
31:30Vous savez, il n'y a pas la télévision
31:31à cette époque-là.
31:32On ne montre pas à chaque instant
31:34les hommes politiques
31:34de tous les pays
31:35et à tout un chacun.
31:38Je vous ai vu
31:39au jeu olympique de Berlin
31:40en 1936,
31:42répond le blessé.
31:43« Possible, » dit Hamilton.
31:47« Je suis Rudolf S. »
31:50Et alors là,
31:51Hamilton est stupéfait,
31:53il dit,
31:53« Mais enfin,
31:54c'est impossible. »
31:56Et à ce moment-là,
31:56S. lui parle de
31:58Albrecht Houshofer,
31:59lui récite les termes
32:00de la lettre.
32:01Mais alors voilà,
32:02Hamilton convaincu,
32:03si l'homme connaît en effet
32:05tout cela,
32:05cette lettre,
32:06cette tentative de négociation,
32:07c'est qu'il est vraiment
32:08Rudolf S.
32:09« Bon, je vais prévenir
32:10le gouvernement britannique,
32:11oui, parce que Est
32:12exige qu'on le mette
32:13tout de suite en présence
32:14d'un ministre,
32:15d'un membre du gouvernement.
32:16Il a des offres importantes,
32:18des propositions importantes
32:19à faire. »
32:21Victor Milton s'en va téléphoner
32:24et cherche à joindre
32:25tout naturellement
32:26le chef du foreign office,
32:28Sir Alexander Cadogan.
32:30Il obtient un membre
32:31de son cabinet,
32:33lequel lui dit
32:34un rendez-vous urgent.
32:35« Oui, oui, oui, oui,
32:35eh bien écoutez,
32:36dans 15 jours... »
32:38Alors, évidemment,
32:39le pauvre Hamilton renonce,
32:41peut joindre
32:42le secrétaire particulier
32:44de Churchill,
32:46Colville,
32:48qui va voir son patron,
32:49lequel Churchill déclare
32:51« Eh bien que Hamilton
32:52vienne me voir tout de suite
32:53là où je passe le week-end. »
32:58Le voilà dans la résidence
32:59de Churchill,
33:00le soir même,
33:02et Churchill lui demande
33:04« Mais que se passe-t-il,
33:06Hamilton ? »
33:07M. le Premier ministre,
33:09Rudolf Hess est en Écosse.
33:13Et Hamilton,
33:14par qui nous connaissons
33:14ce dialogue,
33:16a raconté qu'à ce moment-là,
33:18Churchill l'a regardé
33:19avec une extrême attention.
33:22Et Hamilton nous a dit
33:23« Il essayait de lire
33:25sur mon visage
33:26si j'allais vraiment bien. »
33:29Hamilton a insisté,
33:30a sorti les photographies
33:32qu'on avait prises de Hess,
33:33a raconté l'histoire
33:35de Haashofer,
33:36et Churchill lui dit
33:37« Bon, bon, bon, bon,
33:37eh bien écoutez,
33:39moi, je vais voir un film.
33:41J'aime bien les Marx Brothers,
33:43s'il y a un film,
33:44je vais le voir,
33:44on parlera de Hess tout à l'heure. »
33:47Ce n'est qu'après la projection
33:48du film que Churchill a parlé
33:50à minuit avec Hamilton
33:52de toute cette affaire.
33:54Il l'a prise suffisamment au sérieux
33:56pour le lendemain,
33:58envoyer à Hess
33:59l'ancien premier secrétaire
34:01de l'ambassade de Grande-Bretagne
34:03à Berlin,
34:04Evan Kirkpatrick.
34:07Kirkpatrick est entré
34:08dans la chambre de Hess,
34:11l'a reconnu aussitôt,
34:13Hess a reconnu Kirkpatrick,
34:15c'est tout juste,
34:15ils ne sont pas tombés
34:16dans les bras l'un de l'autre.
34:20Que voulez-vous,
34:21a demandé Kirkpatrick,
34:22et à ce moment-là,
34:23Hess a sorti
34:24des feuillets de sa poche
34:28et il a fait
34:30une véritable conférence.
34:32Il proposait ceci,
34:35la signature de la paix
34:36entre la Grande-Bretagne
34:37et l'Allemagne,
34:38un pacte
34:39entre la Grande-Bretagne
34:40et l'Allemagne
34:41selon lequel il n'y aurait
34:42plus jamais de guerre
34:43entre les deux pays.
34:46Ensuite,
34:49la garantie
34:50par Hitler
34:51de l'intégrité
34:53de l'Empire britannique
34:54auquel Hitler
34:56apporterait sa protection,
34:59si ce n'est que
35:00les Anglais devraient rendre
35:01les colonies allemandes
35:02qu'ils avaient prises
35:02en 1919.
35:05En compensation
35:06de quoi
35:06les Anglais
35:09reconnaissaient
35:10à Hitler
35:11l'hégémonie
35:12en Europe ?
35:16Kirkpatrick
35:16a demandé
35:17la Russie
35:17« D'après vous,
35:20c'est en Europe
35:21ou en Asie ? »
35:22m'a dit Hess.
35:25Kirkpatrick est revenu
35:26le lendemain,
35:27puis le surlendemain.
35:28Des clauses nouvelles
35:29apparaissaient,
35:30par exemple,
35:30les Anglais devaient
35:31évacuer l'Irak.
35:32Et puis,
35:33il valait mieux
35:33changer de gouvernement
35:34parce que Hess
35:36ne voulait pas négocier
35:37avec M. Churchill.
35:38Cela,
35:39avouez-le,
35:40c'est le comble
35:40de la stupidité nazie.
35:42croire que Churchill
35:44allait démissionner
35:44parce que lui,
35:45Hess,
35:46était en Angleterre,
35:47était en Grande-Bretagne.
35:48Comment
35:50Hess
35:50avait-il pu l'imaginer ?
35:54Le troisième jour,
35:56Kirkpatrick
35:56est parti
35:57rendre compte
35:58au gouvernement
36:00et il a dit à Hess
36:01« Maintenant,
36:01il faut attendre,
36:02M. le ministre. »
36:05Et Hess a attendu.
36:09On l'a transféré
36:11quelques jours plus tard
36:12à la Tour de Londres
36:14pour trois jours
36:14et puis de là,
36:16dans sa résidence définitive,
36:18un petit château victorien
36:21que l'on avait mis
36:22en état de défense.
36:24Pendant des jours,
36:25on avait comblé
36:27le parc Le Jardin
36:29de chausse-trappe,
36:31de piège.
36:32Une véritable forteresse
36:33et puis,
36:34un détachement de l'armée
36:35avait pris position.
36:36Il était là.
36:37Il n'en sortirait plus.
36:42Un ministre.
36:43Il exigeait,
36:44il trépignait,
36:45« Mais moi,
36:46ministre du Reich,
36:48successeur
36:49du chancelier Hitler,
36:51du Führer,
36:52je veux voir un ministre,
36:53je veux voir le roi ! »
36:56On lui envoyait un ministre,
36:58Sir John Simon,
36:59Lord chancelier.
37:01Il lui a transmis
37:02les mêmes propositions
37:03et puis,
37:04Sir John Simon est parti.
37:05On lui a envoyé un autre ministre,
37:07Lord Biverbrook,
37:08ministre du ravitaillement,
37:10même discours de S.
37:12et puis,
37:13Lord Biverbrook avait disparu
37:15et Churchill lui a dit,
37:16« Mais enfin,
37:16Biverbrook,
37:17est-ce qu'il est fou ? »
37:19Parce que le bruit courait
37:20qu'il était fou.
37:21Et d'ailleurs,
37:22son visage
37:23a crédité,
37:24cette version
37:24de visage étrange
37:26qui se creusait davantage
37:27depuis qu'il était
37:28en Grande-Bretagne
37:29et qu'il attendait.
37:31Est-ce qu'il est fou,
37:32Biverbrook ?
37:32Non, non,
37:33il n'est pas fou,
37:33il a des idées personnelles
37:35sur la nourriture.
37:36Oui,
37:37personnel,
37:37c'est le moins
37:38qu'on en puisse dire
37:39parce qu'il demandait
37:41que l'on surveille
37:43tout ce qu'il mangeait.
37:45Tout à coup,
37:45il déclarait,
37:46« Mais ces épinards
37:47ont un goût singulier.
37:49Il y a du poison
37:50dans ces épinards.
37:51Mais c'est évident,
37:52il y a du poison
37:53qu'on les analyse tout de suite.
37:54Le lendemain,
37:55mais ce vin,
37:57ce vin n'a pas
37:58le même goût qu'hier.
37:59On y a versé une poudre.
38:01On veut m'empoisonner.
38:02C'est la juiverie internationale
38:04qui veut m'empoisonner. »
38:07Oui,
38:08c'est ce que Biverbrook
38:08appelait des idées singulières
38:10sur l'alimentation.
38:15Mais après,
38:16Biverbrook,
38:17il n'a plus vu personne.
38:26On l'avait prévenu
38:27qu'il était désormais
38:28traité en prisonnier de guerre.
38:30Et il attendait.
38:32Et rien,
38:33rien,
38:34rien ne se produisait.
38:35Il est évident
38:36que Churchill
38:37restait fidèle
38:38à son engagement personnel,
38:41à l'engagement
38:42de la Grande-Bretagne.
38:43Pourquoi la Grande-Bretagne
38:44avait-elle pris les armes,
38:45avait-elle fait cette guerre
38:47qu'elle ne voulait pas
38:49pour délivrer le monde
38:51d'Adolf Hitler
38:52et de sa clique.
38:53ça n'était pas tout à coup
38:56pour signer un traité
38:57avec cette même Allemagne
38:58et lui assurer
38:59l'hégémonie en Europe.
39:03Alors,
39:04quand il a compris
39:05qu'il était venu là
39:06pour rien,
39:07il a sombré
39:09de dépression
39:10en dépression.
39:17Un jour,
39:18il s'est jeté
39:18dans la cage d'escalier.
39:23Il n'est pas mort.
39:25Il s'est simplement
39:26cassé le fémur,
39:26on l'a soigné.
39:28Et puis,
39:29il l'a plongé
39:30dans quelque chose
39:30de nouveau,
39:31une amnésie absolue.
39:38Vous connaissez Adolf Hitler.
39:41Vous connaissez
39:41Hermann Goebbels,
39:42non ?
39:46Vous connaissez
39:47Joseph Goebbels ?
39:49Qui est-ce ?
39:50On lui a envoyé
39:52les plus grands psychiatres
39:53qui ont déclaré
39:54qu'il était réellement
39:56atteint
39:57d'amnésie absolue.
40:13En 1945,
40:15on l'a transféré
40:16à Nuremberg
40:17où étaient jugés
40:18les grands criminels
40:19de guerre.
40:19Il a pris place
40:20dans l'enceinte
40:21du tribunal
40:21entre Goering
40:23et Ribbentrop.
40:24Mais cependant
40:25que chacun écoutait,
40:27suivait les audiences,
40:29lui apportait un livre
40:30le matin
40:31et le lisait.
40:32Il ne mettait pas
40:33les écouteurs.
40:34Vous savez que le procès
40:35se faisait en plusieurs langues.
40:37Alors tous avaient
40:37les écouteurs
40:38pour entendre.
40:39Lui n'écoutait rien.
40:40Et comme il était
40:41un grand lecteur,
40:42quelquefois,
40:42il lisait deux livres
40:43par jour.
40:44Puis on a parlé
40:45du cas de Hesse.
40:46Il y avait
40:47quatre motifs
40:48d'inculpation
40:49et de condamnation.
40:51Crimes de complot.
40:54Crimes
40:55contre la paix.
40:58Crimes de guerre.
41:00Crimes
41:00contre l'humanité.
41:04Alors on a parlé
41:05du cas de Hesse
41:06et son avocat
41:07a plaidé
41:08avant même
41:09que
41:09l'heure
41:10vienne des plaidoiries
41:12à parler
41:13de folie.
41:15Les psychiatres
41:16sont venus
41:16à la barre.
41:17Pouvait-on juger
41:18un homme
41:18qui était visiblement fou ?
41:21Il n'écoutait pas.
41:25Seulement un jour
41:25il a demandé
41:26la parole
41:27pour la première fois.
41:29Monsieur le Président,
41:31on l'a regardé
41:31avec stupère
41:32et il s'est levé.
41:37Monsieur le Président,
41:39depuis trois ans,
41:40j'ai faim
41:41d'être amnésique.
41:42je ne le suis pas du tout.
41:44Je suis heureux
41:45d'avoir
41:46dupé
41:47tous les psychiatres
41:48et maintenant
41:50je déclare
41:51que je veux répondre
41:52de mes actes.
41:53Mes amis
41:54qui sont autour de moi
41:55sont jugés.
41:56Je veux l'être aussi.
41:58Je me considère
42:01comme responsable
42:02de ce que j'ai fait,
42:04même
42:05si pour moi
42:06ce ne sont pas
42:07des crimes.
42:10stupeur général
42:12et de nouveaux psychiatres
42:14sont venus dire
42:16il n'est plus amnésique
42:17si tant est qu'il l'a été.
42:19Alors on l'a jugé
42:21comme les autres.
42:22Vous savez qu'il y a eu
42:23plusieurs condamnations
42:24à mort,
42:24Göring,
42:25Ribbentrop,
42:26et Odl,
42:27Keitel,
42:28d'autres
42:28et des acquittements.
42:31Des condamnations
42:32à des peines de prison.
42:34Il a été condamné
42:35à la prison
42:36à perpétuité
42:37non pas
42:37pour crime
42:38contre l'humanité,
42:39non pas
42:39comme responsable
42:40de crime de guerre,
42:41on ne l'a pas jugé coupable,
42:43condamné à perpétuité
42:44pour crime
42:45contre la paix.
42:48Et les sept
42:49condamnés
42:50à des peines de prison
42:51ont été transférés
42:52à la prison
42:54de Sparno
42:55dans le secteur britannique.
42:56de Berlin.
42:58Immense prison
42:58de la fin
42:59du 19e siècle
43:01destinée
43:02à recevoir
43:03600 détenus
43:05et
43:07dans laquelle
43:08il n'y avait
43:08plus que sept
43:09prisonniers.
43:11Une fois par mois,
43:14on changeait
43:15de responsable.
43:16Pendant un mois,
43:16c'était le soviétique,
43:18un mois,
43:18les américains,
43:19un mois,
43:19les anglais,
43:20un mois,
43:20les français.
43:21A chaque fois,
43:22un ouvrant
43:22de 37 soldats
43:23avec un officier
43:25et un médecin
43:25prenait possession
43:26de la prison.
43:27Cette prison
43:28avait un directeur,
43:30une équipe de gardiens
43:31et puis de serveurs,
43:33de cuisiniers,
43:34de jardiniers.
43:35Tout cela
43:36pour sept prisonniers.
43:40Alors,
43:41dans sa cellule,
43:42Rudolf Hess
43:43écrivait beaucoup.
43:45Savez-vous
43:45ce qu'il écrivait
43:46des proclamations
43:47au peuple allemand
43:47pour le moment
43:48où le pouvoir
43:49lui serait rendu
43:50parce qu'il considérait
43:52qu'ayant été désigné
43:53par Hitler
43:53comme son successeur,
43:54le pouvoir légal,
43:55c'est à lui
43:56qu'il revenait.
43:57Il faut lire
43:58ses proclamations.
43:59Et là,
44:00on se demande vraiment
44:01s'il n'était pas fou.
44:04Il y a une phrase
44:05extravagante,
44:06inouïe,
44:08impossible à croire,
44:09mais elle est là,
44:09noir sur blanc.
44:11Il s'adresse
44:12dans une proclamation
44:13aux juifs allemands,
44:14oh mon Dieu,
44:14il ne devait plus
44:15en rester beaucoup.
44:17Quant aux juifs allemands,
44:18je leur dis
44:19que s'ils sollicitent
44:21leur pardon,
44:22ce pardon
44:23leur sera accordé
44:24et l'autorisation
44:26leur sera donnée
44:27de regagner des camps
44:28où ils pourront vivre
44:30sous la protection
44:31du nouveau Reich
44:32allemand.
44:34Voilà,
44:35pas de commentaire.
44:36Il dessine
44:37les uniformes
44:38de la future armée
44:39allemande.
44:40Il demande
44:41à ses co-détenus
44:42de tenir
44:42des conseils
44:43des ministres
44:43mais il se fait
44:44rembarrer,
44:44vous voyez.
44:46Mais ses co-détenus
44:47s'en vont,
44:49les uns après les autres.
44:53Tantôt,
44:54ils ont accompli
44:54leur peine
44:55comme Schperr.
44:57Tantôt,
44:57ils sont libérés
44:58pour raison de santé
44:59avant la fin
45:00de leur peine.
45:00et le jour vient
45:03où Rudolfès
45:04est seul
45:05dans cette immense
45:07prison déserte
45:08mais avec toujours
45:1037 soldats,
45:12un officier,
45:13un médecin,
45:13des gardiens,
45:14des serveurs,
45:14des cuisiniers.
45:18Seul.
45:20et les années
45:21passent.
45:23Il a 80 ans,
45:2585 ans,
45:2790 ans,
45:28le plus vieux
45:29prisonnier du monde
45:30et on se dit
45:31pourquoi ne pas
45:31le libérer.
45:33Le président
45:34Giscard d'Estaing
45:35demande
45:35sa libération.
45:38Les Anglais
45:39sont d'accord,
45:39les Américains aussi.
45:40On dit
45:41qu'on ne le libère pas
45:42parce que les Soviétiques
45:43refusent cette libération
45:44mais est-ce vrai ?
45:45Ça n'est pas certain.
45:48Et puis vient le jour
45:49où on le trouve
45:51inanimé
45:52avec un fil électrique
45:53autour de la gorge.
45:56Alors le suicide ?
45:58Oui,
45:59c'est un suicide.
46:01Qui aurait eu intérêt
46:02à s'introduire
46:03dans la prison de Spando
46:05pour faire mourir
46:06ce vieillard
46:07de 93 ans ?
46:08On n'entrait pas
46:09dans la prison de Spando.
46:10C'était impossible.
46:11Tous les journalistes
46:12du monde entier,
46:13tous les photographes
46:13du monde entier
46:14peuvent en témoigner
46:15qu'ils ont tous essayé.
46:16Et aucun n'y est parvenu.
46:18Les photos que l'on possède
46:19de S dans sa prison
46:21sont des photos
46:21dans le jardin
46:22au téléobjectif
46:24ou bien des photos
46:25vendues par les gardiens.
46:27C'est parce qu'un gardien
46:29justement s'est éclipsé
46:31pendant une minute,
46:32pendant une minute seulement,
46:34que S s'est emparé
46:36d'un fil électrique
46:36qui traînait là.
46:38N'oublions pas
46:40qu'il a voulu se suicider
46:41déjà en Angleterre.
46:43N'oublions pas
46:44qu'Aspando,
46:45quelques années plus tôt,
46:46il avait pris
46:47une ampoule électrique,
46:48il avait cassé,
46:48s'était tailladé les veines.
46:51Tandant suicidaire
46:52et là,
46:55le dernier suicide.
46:56Je ne pense pas
46:57qu'il y ait d'énigme
46:58en l'occurrence.
47:00Hitler.
47:02Hitler a-t-il envoyé
47:04S
47:06en Grande-Bretagne.
47:07Vous avez senti
47:08tout à l'heure
47:09mes réticences,
47:10je suis sûr
47:11qu'elles sont les vôtres.
47:13Il y a tout de même
47:14ce calme inouï d'Hitler
47:16et puis un témoignage
47:17de son ordonnance,
47:18Ling,
47:20qui a déclaré
47:21la veille,
47:21le Führer m'avait dit
47:22vous me réveillerez
47:23à midi
47:25parce que
47:26il se couchait très tard
47:28ou plutôt très tôt,
47:28Hitler.
47:31Et puis,
47:31quand Pinch arrive
47:32à 9h30,
47:33eh bien,
47:34Ling dit,
47:35tant pis pour la consigne,
47:36je frappe à la porte
47:37et Hitler lui ouvre.
47:40Il a fait sa toilette,
47:41il est rasé,
47:42il est habillé,
47:43exceptionnel.
47:44Et Ling déclare
47:46s'il a manqué
47:47à cette règle,
47:48s'il s'élevait
47:49si tôt pour lui,
47:50c'est parce qu'il attendait
47:51quelque chose d'important,
47:52il voulait faire face.
47:54Et puis,
47:55il y a aussi
47:56cette déclaration
47:57d'Hitler
47:59à Otto Skorzeny
48:01quand il envoie
48:03Skorzeny
48:03pour délivrer
48:04Mussolini
48:04en 1943
48:05et lui dit
48:06essayez Skorzeny,
48:08attention,
48:09si vous échouez,
48:11je dirais
48:12que vous étiez fou
48:13comme je l'ai fait
48:14pour S.
48:16C'est presque un aveu
48:17de la part d'Hitler.
48:19Et puis,
48:20il y a aussi
48:20cet aveu,
48:21cet autre aveu de S
48:22qui avait toujours dit
48:23j'ignorais l'attaque
48:24en Russie
48:25quand je suis parti
48:26et qui un beau jour
48:27le dit à son gardien,
48:28le colonel américain
48:29Byrd,
48:30lui dit
48:30mais si,
48:30je le savais,
48:31c'est pour cela
48:32que je suis parti.
48:33Il ne fallait pas
48:34qu'il y ait deux fronts
48:35pour l'Allemagne
48:35et ça,
48:36comme c'était
48:36la hantise de Hitler.
48:38On peut penser
48:38que réellement
48:39Hitler a demandé
48:40à S de partir.
48:43Troisième mystère,
48:45le professeur
48:46Werner Mather,
48:48historien éminent
48:49allemand,
48:52déclare
48:54un jour de 1952,
48:56le premier ministre
48:58de la République démocratique allemande
49:00de l'Allemagne de l'Est,
49:01Otto Grottewoll,
49:03m'a moi,
49:04j'ai vu S
49:06il y a quelques semaines.
49:07Les Russes l'ont fait sortir
49:09une nuit de sa prison.
49:10Ils l'ont amené
49:10dans une ville
49:11de l'Allemagne de l'Est
49:12et d'après Mather,
49:13c'est où Weimar
49:14ou Dresd ?
49:15Et là,
49:16ils lui ont proposé ceci,
49:18que S fasse
49:19une déclaration
49:21solennelle
49:21disant que le socialisme
49:23auquel il avait rêvé
49:24toute sa vie
49:24était enfin réalisé
49:26en Allemagne de l'Est.
49:29Alors,
49:30s'il formulait
49:31cette déclaration,
49:32il serait libre
49:32sa vie durant.
49:33On lui donnerait
49:34une résidence
49:34dans l'Allemagne de l'Est.
49:36Il serait nommé
49:36président du parti
49:38national-démocrate,
49:39parti qui réunissait
49:40beaucoup d'anciens nazis.
49:42Voilà ce que Grotte-Vol
49:44a déclaré
49:45à Werner Mather
49:45qui le révèle aujourd'hui.
49:47Pourquoi a-t-il attendu
49:49si longtemps ?
49:49Parce que Grotte-Vol
49:50lui avait fait jurer
49:51de ne parler
49:52que 20 ans
49:53après sa mort.
49:55Alors,
49:55évidemment,
49:56c'est très surprenant
49:57parce que
49:58à Nuremberg,
49:59ceux qui avaient exigé
49:59la mort
50:01pour Rudolf Hess,
50:02c'était les soviétiques.
50:05Il était peut-être
50:06l'homme
50:07à qui ils en voulaient
50:08le plus.
50:09Et là,
50:10cette mesure de faveur
50:11pour Hess,
50:13Hess a refusé
50:14la proposition.
50:16Il a déclaré
50:17que
50:17ce serait attenté
50:19à la mémoire
50:19de son maître,
50:21de son chef bien-aimé,
50:22Adolf Hitler.
50:24Et Grotte-Vol
50:25a dit au professeur
50:26Werner Mather
50:26« On l'a réintégré
50:27dans sa prison,
50:28il n'en sortira plus jamais. »
50:33Voilà la plus surprenante
50:36des révélations
50:37et elle a rencontré
50:38beaucoup de scepticisme.
50:41Mais,
50:43quand même,
50:45pensons
50:47à deux choses.
50:50La première,
50:51c'est que Staline
50:52était capable
50:52de toutes les combinaisons,
50:54y compris
50:55les plus machiavéliques.
50:57Et que
50:58cette libération,
51:00je mets le mot
51:01entre guillemets
51:01si elle est vraie,
51:04intervient en mars 1952.
51:07quelques jours
51:08après le 10 mars,
51:10or c'est le 10 mars 1952
51:12que Staline
51:13propose aux occidentaux,
51:15aux alliés occidentaux,
51:18la réunification
51:19de l'Allemagne
51:19et sa neutralisation.
51:21Et il sait
51:22que si cela aboutit,
51:24il y aura élection libre.
51:25Il y a beaucoup de nazis,
51:26beaucoup d'anciens nazis
51:27en Allemagne.
51:28Et Staline se dit
51:29« Pour que mon plan réussisse,
51:30il faut que ces nazis
51:32votent pour. »
51:33Et si S
51:34est avec nous,
51:36ils voteront pour.
51:38Pourquoi pas ?
51:40C'est invraisemblable.
51:44Mais souvent,
51:45en histoire,
51:46le vrai
51:47n'est pas vraisemblable.
51:48Et puis aussi,
51:49je me dis,
51:49le professeur
51:50Werner Maseur,
51:51qui a 75 ans aujourd'hui,
51:53qui est un homme respecté,
51:54qui a toute une carrière
51:55derrière lui,
51:56dit « Pourquoi inventerait-il
51:59une histoire
52:00qui pour tire sa respectabilité
52:04et jeter un voile négatif
52:07sur son œuvre ? »
52:10Il y a également quelque chose
52:11qu'on ne peut pas passer
52:12sous silence.
52:14C'est la prise de position
52:15du colonel Byrd,
52:16le commandant américain
52:17de la prison de Spandau.
52:19Il a enregistré
52:21des centaines d'heures
52:22d'entretiens avec S.
52:24dans l'espoir d'en faire un livre.
52:27Or, il y avait des déclarations
52:28postérieurement en 1952
52:30étranges de S.
52:32Des propos similins
52:34qui sont dans ces heures
52:35d'enregistrement.
52:37Et Byrd ne les comprenait pas.
52:39Et tout à coup,
52:40à la lumière
52:42d'un possible enlèvement
52:43en mars 1952,
52:45ces propos deviennent lumineux.
52:46Byrd l'a affirmé,
52:48Byrd l'a écrit.
52:49Et Byrd est prêt
52:50à en venir témoigner
52:51devant n'importe quel tribunal.
52:52Et ça, c'est assez impressionnant.
52:56Alors, les mystères
52:57de Rudolf Hess,
53:00sont-ils résolus ?
53:01Non, mais
53:03peut-être est-il bon
53:04en histoire, justement,
53:05qu'il y ait encore
53:06des mystères à résoudre.
53:09Voyez-vous, j'ai lu
53:10la presse allemande
53:12au lendemain
53:12de la mort de Hess.
53:14Je m'attendais
53:15à y découvrir
53:16des notes de pitié
53:18pour ce vieil homme.
53:20J'ai été très surpris
53:22d'y découvrir
53:22le contraire.
53:25Les éditorialistes
53:26sont impitoyables
53:28pour la mémoire de Hess.
53:30On ne lui trouve pas
53:31d'excuses.
53:32Et pourtant,
53:33le génocide,
53:35il n'y est pour rien
53:36puisque ce génocide
53:37a été décrété
53:38à Vancey
53:39en janvier 1942.
53:40Il est parti, lui,
53:41en mai 1941.
53:43Oui, mais on rappelle
53:44que l'arsenal
53:45des lois
53:46contre les Juifs,
53:49eh bien,
53:49on l'a édifié
53:50avant la guerre.
53:52Et que c'est Hess
53:53qui l'a signé,
53:53le génocide,
53:54il a suffi
53:55d'ajouter un paragraphe.
53:57Et puis surtout,
53:58voyez-vous,
53:58je crois comprendre
53:59en lisant ces journalistes
54:01ce qui les frappe.
54:02C'est la prétention
54:03qu'a eue Hess lui-même
54:05d'être le dernier survivant,
54:07d'être l'incarnation
54:09du fureur mort.
54:10Et ça,
54:12il ne le supporte pas,
54:14ces Allemands-là
54:15qui répudient justement
54:16les années
54:18pendant lesquelles
54:18l'Allemagne
54:19a été aux mains
54:20du fureur vivant.
54:22Alors,
54:23il ne pardonne pas
54:24au dernier fureur
54:27de l'Allemagne nazie.
54:52L'Allemagne
55:22Sous-titrage Société Radio-Canada
55:38Sous-titrage Société Radio-Canada
56:00Sous-titrage Société Radio-Canada
56:02Sous-titrage Société Radio-Canada
56:04Sous-titrage Société Radio-Canada
56:08...
Commentaires

Recommandations