- il y a 8 heures
Au programme de cette nouvelle édition de En direct du Sénat : la crise au Proche-Orient et ses conséquences économiques et financières en France. Va-t-on vers une crise durable et des conséquences directes pour les Français ? Retour sur l'audition de Roland Lescure devant les sénateurs. Également à la une cette semaine, le Garde des Sceaux Gérald Darmanin, qui présentait son projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Une mesure provoque déjà la colère de nombreux avocats, notamment la procédure du «plaider coupable». Troisième thème cette semaine : et les auditions qui continuent pour la nouvelle commission d’enquête sur les zones grises de l’information, ces espaces non régulés par l’ARCOM et où les Français s’informent. Audition de célèbres Youtubeurs et créateurs de contenus. Année de Production :
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00:00:12Bonjour à tous et bienvenue dans cette nouvelle édition en direct du Sénat.
00:00:15Votre programme qui revient tous les jeudis sur les temps forts de l'actualité de la Chambre haute du Parlement.
00:00:20Voici les titres cette semaine.
00:00:22A la une, il y a bien sûr la crise et la guerre au Proche-Orient et ses conséquences économiques
00:00:27financières en France.
00:00:29Va-t-on vers une crise durable et des conséquences toujours plus directes pour les Français ?
00:00:33Nous écouterons les réponses de Roland Lescure hier soir devant les sénateurs.
00:00:37Également à la une cette semaine, le garde des Sceaux Gérald Darmanin qui présentait son projet de loi dit de
00:00:43justice criminelle et de respect des victimes.
00:00:45Une mesure provoque déjà la colère de nombreux avocats, c'est la procédure du plaid des coupables, nous verrons les
00:00:50détails.
00:00:51Troisième titre cette semaine est les auditions qui continuent pour la nouvelle commission d'enquête sur les zones grises de
00:00:56l'information.
00:00:57Ces espaces non régulés par l'ARCOM et où les Français s'informent.
00:01:01Audition de célèbres youtubeurs et créateurs de contenu, c'était mardi au Sénat.
00:01:09Mais d'abord donc les risques de crise économique liés à la guerre en Iran.
00:01:13Le ministre de l'économie, celui des Comptes publics, était auditionné hier soir au Sénat.
00:01:17Ils se sont voulus rassurants sur les risques de pénurie de carburant notamment.
00:01:21La France disposera de tous les carburants dont elle a besoin pour fonctionner normalement au mois d'avril.
00:01:26C'est ce qu'a dit hier Roland Lescure.
00:01:28Voyez ces extraits de ces auditions avec Mathilde Nuttarelli et Chloé Vaquette.
00:01:33Je vous remercie de nous donner l'occasion de rendre compte devant vous de notre évaluation.
00:01:40Elle est forcément parcellaire à certaines et à peine un mois et demi après le début du conflit, sans doute
00:01:47loin d'être terminée.
00:01:48Mais de vous rendre compte de notre estimation de l'impact que va avoir cette crise,
00:01:52qu'a déjà cette crise à la fois sur les marchés mondiaux, européens, mais aussi évidemment sur l'économie mondiale,
00:01:57sur l'économie française en premier lieu et sur les finances publiques.
00:02:01Et ça, c'est mon collègue David Daniel qui reviendra sur l'impact de ce conflit sur cette dimension.
00:02:09Évidemment, si on avait effectué cette audition il y a trois jours, on n'aurait pas eu le passage en
00:02:16une nuit.
00:02:17Je cite un président malheureusement célèbre de la destruction d'une civilisation.
00:02:22C'est ce qu'on a expliqué hier, a assez fait le feu de 15 jours, ce qu'on a
00:02:26annoncé ce matin.
00:02:28Et l'impact de ce changement d'ambiance, si je puis dire, il a été extrêmement important sur les marchés,
00:02:33extrêmement important.
00:02:36Les marchés boursiers qui ont monté entre 2,5 et 5 % selon qu'en Etats-Unis et en Europe.
00:02:40Les taux d'intérêt qui se sont détendus, on y reviendra, c'est quand même une des marques de cette
00:02:44crise,
00:02:45une forte hausse des taux d'intérêt avec des hausses de 20 points de base en France, 15 points de
00:02:49base en Allemagne et 10 points de base aux Etats-Unis.
00:02:51Et surtout une très forte détente du cours du pétrole, puisqu'on était au-delà de 110 dollars le baril
00:02:56pour le Brent hier,
00:02:58et qu'on est, il y a quelques minutes, à 95 dollars le baril, donc une baisse en une journée
00:03:03de 15 %.
00:03:04Je pense qu'une baisse de ce type n'est jamais intervenue sur les marchés.
00:03:08En tout cas, très très rarement, le gaz a lui aussi baissé de 15 %.
00:03:12Donc deux éléments suite à cette baisse de marché qui est intervenue ces dernières 24 heures.
00:03:18Un, à très court terme, on va évidemment suivre de très près les prix à la pompe,
00:03:22parce qu'on a tous remarqué, quand les cours ont monté, que les prix à la pompe avaient suivi assez
00:03:26rapidement.
00:03:27Il y a de bonnes raisons à ça.
00:03:28Vous devez remplir vos cuves à nouveau sur des prix d'achat plus élevés.
00:03:33Donc ça explique le prix de vente, mais dans ce cas-là, comme on s'attend à ce que les
00:03:37prix soient plus faibles sur les marchés,
00:03:40on l'espère en tout cas dans les jours qui viennent, on s'attend aussi à ce que les prix
00:03:44à la pompe suivent rapidement.
00:03:45Et donc on réunit avec Madame la ministre de l'Énergie et Monsieur le ministre des PME,
00:03:50demain à 15 heures à Bercy, l'ensemble des représentants des distributeurs, producteurs, raffineurs de la filière énergétique française,
00:03:56pour nous assurer effectivement que ce qu'on a vu à la hausse, on le verra à la baisse.
00:04:01Un certain nombre d'entre eux ont déjà annoncé, j'ai vu ça tout à l'heure, qu'ils allaient
00:04:05effectivement appliquer ces baisses de manière extrêmement rapide à la pompe.
00:04:11Maintenant, c'est ce qui se passe sur les marchés.
00:04:13Mais il ne faut pas oublier que cette crise, c'est avant tout une crise physique.
00:04:18Il manque du pétrole dans le monde.
00:04:20Alors il n'en manque pas en France, j'y reviendrai, mais il en manque en Asie.
00:04:23L'essentiel du pétrole du Golfe allait en Asie.
00:04:26Et on a environ 12 millions de barils jour qui manquent aujourd'hui à l'économie mondiale.
00:04:33Alors c'était un peu moins au mois de mars, 7 millions, parce qu'il y avait des tankers qui
00:04:38étaient encore sur les mers
00:04:39et qui ont pu livrer du pétrole un peu partout.
00:04:42Mais là, au niveau physique, on entre dans le mois d'avril, avec un mois difficile dans lequel il va
00:04:47falloir trouver 12 millions de barils par jour
00:04:50pour nourrir l'économie mondiale.
00:04:52Et vous l'avez remarqué en passant, M. le Président, j'ai eu l'occasion de parler devant vos collègues
00:04:57de l'Assemblée d'un choc.
00:04:58Je parlais à l'époque, même si le mot a fait floresse, de la situation en Asie.
00:05:03En Asie, aujourd'hui, on a des mesures extrêmement fermes de contingentement, de rationnement, de télétravail,
00:05:10de circulation alternée, avec des hausses de prix importantes et des économies qui font face à un choc très important.
00:05:20Ce choc d'offre a donc touché tous les pays du monde, avec une intensité qui varie selon l'exposition
00:05:24de chaque zone,
00:05:25aux importations d'hydrocarbures venues du Golfe.
00:05:28Je le disais, l'Asie est le continent le plus touché.
00:05:31L'Europe est moins exposée que d'autres régions, mais n'est pas épargnée.
00:05:34Et certains pays défendent plus fortement que nous des importations énergétiques en provenance de la zone.
00:05:40Vous le savez, le gaz représente 45% du mix électrique en Italie, et une bonne partie du gaz italien
00:05:46venait du Qatar.
00:05:47Il ne vient plus.
00:05:48En Grèce, c'est aussi 45%, en Allemagne, c'est 17%, 14% en Espagne, en France, électricité, heureusement.
00:05:56Merci à notre programme électronucléaire qui tourne à pleine machine et aux ENR, aux énergies renouvelables qu'on a installées
00:06:02depuis 2022.
00:06:03On est à peine à 5% en France.
00:06:06Et donc, à situations différentes, réponses différentes, un certain nombre de ces pays ont pris des mesures coûteuses pour les
00:06:11finances publiques, vous l'avez évoqué, dont l'efficacité reste à démontrer, mais aussi parce qu'ils sont eux-mêmes
00:06:17affectés par cette crise de manière plus importante.
00:06:20L'inflation en France, c'était moins de 1% en décembre.
00:06:22En Espagne, c'était plus de 2%.
00:06:25On est entré dans cette crise, il faut le savoir, avec une croissance plutôt résiliente et une inflation particulièrement faible.
00:06:33Donc, la France est affectée par cette crise, elle est mieux préparée et moins exposée.
00:06:38En 60 ans, nous avons réduit notre dépendance aux énergies fossiles de 90% à 60% du mix énergétique,
00:06:45une politique volontariste, fondée sur le nucléaire et plus récemment sur les énergies renouvelables.
00:06:50Par ailleurs, les importations en provenance du Moyen-Orient ne représentent qu'une fraction de notre approvisionnement.
00:06:55ne sont pas nulles, 13% environ de notre consommation de pétrole brut venait du Golfe, 15% de notre
00:07:02consommation de gasoil, 25% du jet, moins de 1% de notre consommation de gaz.
00:07:08Nous devons donc, mesdames et messieurs les sénateurs, réduire, continuer à réduire notre dépendance pour garantir notre souveraineté.
00:07:15Pour autant, à court terme, il était essentiel d'assurer que le marché français puisse être approvisionné correctement au mois
00:07:21d'avril.
00:07:2213% de brut en moins, 15% de gasoil, 25% d'eau de jet.
00:07:26Et aujourd'hui, je peux vous annoncer que grâce à nos efforts, avec évidemment l'ensemble de la chaîne d
00:07:32'approvisionnement, producteurs, raffineurs et distributeurs,
00:07:35la France disposera de tous les carburants dont elle a besoin pour fonctionner normalement au mois d'avril.
00:07:41Il n'en reste pas moins que nous avons effectivement de manière localisée des tensions logistiques, vous l'avez vu,
00:07:46pour 15% des stations-services environ,
00:07:48qui se traduisent par des tensions d'approvisionnement.
00:07:51Et pour pallier cette situation, nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer une bonne livraison des stations concernées,
00:07:59dérogation systématique des brefets pour faciliter le transport des carburants le week-end,
00:08:04libération des stocks stratégiques à hauteur de 1,3 million de barils à peu près sur les 14,5 millions
00:08:10de barils qui rentrent dans les 400 millions de barils
00:08:18annoncés par l'Agence internationale de l'énergie il y a trois semaines maintenant à l'initiative de la France
00:08:23et du G7.
00:08:25Sur ce point particulier, même s'il ne concerne pas nécessairement directement les commissaires aux finances,
00:08:31je tiens à vous dire que nous faisons la transparence sur les enjeux d'approvisionnement des stations.
00:08:36Vous connaissez désormais le site prix.carburant.gouv.fr qui vous donne en temps réel le prix à l'essence
00:08:42dans les 11 000 stations de France.
00:08:44Nous nous organisons pour que dès lundi prochain, de manière transparente et actualisée,
00:08:50la disponibilité de l'essence dans toutes les stations soit officiellement sur le même site, validée par l'État.
00:08:55On a vu des cartes fleurir ici un peu partout.
00:08:58Nos concitoyens pourront savoir dès lundi à combien, à quelles stations éventuellement ils peuvent se rendre pour trouver du gasoil
00:09:04ou de l'essence,
00:09:05au cas où une autre viendrait à manquer.
00:09:08En France, cette crise, c'est important, n'a donc pas d'impact significatif sur les volumes.
00:09:12Elle a un impact sur les prix, prix de l'essence, prix du diesel, prix du jet, mais aussi prix
00:09:19d'un certain nombre d'intrants, j'y reviendrai.
00:09:21Sur les prix à la pompe, hier, le prix du gazole avait augmenté de 63 centimes par litre.
00:09:26Celui de l'essence, 30 centimes par litre depuis le 27 février.
00:09:30Dans une moindre mesure sur les prix du gaz, les tarifs des ménages chauffés au gaz,
00:09:34la commission de régulation de l'énergie l'a annoncé il y a quelques instants.
00:09:38La hausse du prix du gaz sur le marché mondial devrait se traduire par une hausse de 15% de
00:09:42la facture,
00:09:43ce qui vaut en moyenne à 6 euros supplémentaires par mois.
00:09:48Heureusement, cette hausse intervient alors que la consommation de gaz baisse avec l'augmentation des températures.
00:09:54Enfin, différence importante, vous l'avez mentionné, M. le Président, avec la crise de 2022,
00:09:57sur l'électricité, l'impact est minime sur les prix, contrairement à d'autres pays,
00:10:01grâce à une production nationale excédentaire, presque intégralement découplée, des marchés mondiaux.
00:10:09Concernant l'impact de cette crise sur la croissance,
00:10:12je veux rappeler que la résilience de l'économie française s'est manifestée en 2025
00:10:16par des résultats en termes de croissance au-delà de nos attentes, 0,9% contre 0,7% attendus.
00:10:22L'effort de tenue des comptes publics a payé, avec un déficit affiché par l'INSEE à 5,1%
00:10:28en 2025,
00:10:29contre 5,8% en 2024, 0,7% de redressement.
00:10:34Il est évidemment encore trop tôt pour évaluer le véritable impact qu'aura ce conflit sur nos variables économiques.
00:10:39Nous disposons pour autant d'ordres de grandeur que je souhaite partager avec vous,
00:10:44mais avec les prudences qui s'imposent.
00:10:47Les modèles macroéconomiques nous disent par exemple que pour une hausse pérenne de 10 dollars du pétrole,
00:10:52pour toujours, c'est 0,3 point sur l'indice des prix à la consommation,
00:10:57moins 0,1 point sur la croissance.
00:11:02Un effet négatif modéré est donc attendu sur l'activité économique.
00:11:06On verra évidemment comment évoluent les marchés dans les semaines et dans les mois qui viennent.
00:11:10Ça reste très certain.
00:11:11Ce que je peux vous dire, vous le savez déjà,
00:11:13c'est que l'INSEE a réduit de 0,1 point par trimestre ses prévisions de croissance
00:11:18sur le premier et le deuxième trimestre de 2026,
00:11:20avec un acquis de croissance à la fin du premier semestre de 0,9 %.
00:11:25La Banque de France a également réduit ses prévisions de 0,1 % pour 2026, 0,9 %
00:11:31et de moins 0,2 pour 2027, 0,8 %.
00:11:35Vous le savez, nous aurons l'occasion d'actualiser nos prévisions officielles de croissance
00:11:38à l'occasion de la remise du rapport annuel à la Commission européenne.
00:11:43On le fera, on y reviendra sans doute tout à l'heure,
00:11:45avec certains d'entre vous, à l'occasion aussi du comité d'alerte
00:11:49que nos prédécesseurs avaient mis en place l'année dernière
00:11:51et qui a bien fonctionné pour faire suivre,
00:11:53j'allais dire presque au quotidien, l'évolution de nos finances publiques.
00:11:56D'ici là, ce que je peux vous dire, c'est que notre prévision de 1 %
00:12:00est à peu près en ligne, en tout cas,
00:12:01avec des prévisions revues à la baisse de la Banque de France, 0,9,
00:12:04et de l'INSEE, 0,9 à la fin du premier semestre.
00:12:09Du côté de l'inflation, on n'est évidemment pas dans le monde
00:12:13dans lequel on était en 2022.
00:12:14A l'époque, l'inflation était autour de 5 %,
00:12:16la flambée du gaz, la hausse de l'électricité,
00:12:20les perturbations des chaînes d'approvisionnement post-Covid.
00:12:22Ces deux facteurs sont très largement absents en 2026.
00:12:26Nous n'anticipons pas une inflation supérieure à 2 % à ce stade.
00:12:30L'INSEE l'a dit, sans doute un passage à 2 %
00:12:33dans le courant du premier semestre
00:12:35pour un retour vers 1,9 à l'horizon de la fin du premier semestre.
00:12:39Et la Banque de France est sur des prévisions
00:12:42qui sont aussi à peu près similaires.
00:12:46Évidemment, on ne peut pas exclure un scénario plus défavorable.
00:12:49J'allais dire, les 24 dernières heures nous confortent
00:12:51dans un scénario central de ce type,
00:12:53avec un pétrole qui est quand même aux alentours
00:12:55de 100 $ le baril tout au long du printemps
00:12:58et un retour qu'on peut espérer peut-être
00:13:00vers 80 $ le baril en fin d'année.
00:13:03Deux mots du financement de la France.
00:13:05Nous n'avons éprouvé aucune difficulté à nous financer.
00:13:08Les émissions d'obligations se font sans aucun problème
00:13:12sur les marchés, sur des taux d'intérêt évidemment plus élevés.
00:13:15La demande des investisseurs est restée forte
00:13:17depuis le début du conflit.
00:13:19L'agence France Trésor a déjà réalisé plus du tiers
00:13:21de son programme de financement 2026,
00:13:2437,3 % pour être exact.
00:13:27Mais vous le savez, notre dette nous coûte plus cher,
00:13:29comme pour tous les pays européens,
00:13:31avec un taux le 7 avril, hier,
00:13:33de 3,83 % à 10 ans,
00:13:36soit 57 points de base depuis le 27 février.
00:13:39Cette hausse des taux s'établit à 45 points de base en France,
00:13:4241 pour les Etats-Unis, 70 pour l'Italie.
00:13:45Une volatilité des marchés qui reste extrêmement élevée.
00:13:49Le taux français a chuté de 20 points de base depuis hier
00:13:53et repassé à 3,60 %, un mouvement similaire
00:13:55à celui de tous les autres Etats européens.
00:13:58On estime à date, là encore un chiffrage extrêmement intermédiaire
00:14:04et qui peut ensuite évidemment beaucoup bouger,
00:14:06que le surcoût sur les taux d'intérêt actuels,
00:14:09ce plus taux qu'on avait hier d'ailleurs lié à la hausse
00:14:11de nos taux d'emprunt sera de 3,6 milliards cette année.
00:14:15Domo, des entreprises hors énergie,
00:14:17un certain nombre de filières sont affectées directement.
00:14:20L'exposition directe au Proche et Moyen-Orient,
00:14:23extrêmement modérée, 5,9 % de nos exportations
00:14:26concentrées sur l'aéronautique,
00:14:282,4 % de nos importations hors énergie et militaires
00:14:31viennent de la région.
00:14:33Sur nos intrants, on a beaucoup parlé de l'hélium,
00:14:36des engrais, d'un certain nombre d'intrants pétrochiviques,
00:14:40il n'y a pas aujourd'hui de risque majeur
00:14:42de pénurie identifiée à court terme
00:14:44par les entreprises industrielles.
00:14:46Là encore, par rapport à d'autres pays,
00:14:48on ne fait donc pas face à un choc de volume,
00:14:50mais uniquement, c'est déjà ça, un choc de prix.
00:14:54Nos approvisionnements font l'objet d'un suivi en temps réel.
00:14:56Certains secteurs connaissent donc des difficultés
00:14:58en raison de perturbations des chaînes d'approvisionnement,
00:15:00mais surtout des hausses de coûts.
00:15:02Et si le conflit venait à reprendre la durée,
00:15:04des lancions localisées sur des chaînes d'approvisionnement,
00:15:06notamment asiatiques, pourraient survenir.
00:15:08Nous suivrions tout ça de très près, évidemment.
00:15:13Quelle a été la réponse du gouvernement ?
00:15:14C'était une de vos questions, monsieur le président.
00:15:17D'abord, une réponse internationale et coordonnée,
00:15:21parce qu'évidemment, la meilleure chose à faire,
00:15:23j'allais dire, c'est de s'assurer
00:15:24qu'on puisse contribuer à la désescalade de la crise.
00:15:28La France y a contribué,
00:15:29avec des engagements diplomatiques extrêmement forts,
00:15:32ce n'est pas l'objet du travail de cette commission,
00:15:34mais évidemment, travailler une solution diplomatique
00:15:36pour réouvrir le détroit d'Ormuz,
00:15:37le sécuriser, une fois qu'un cessez-le-feu,
00:15:40on l'espère, pour être pérennisé.
00:15:43Ce travail se poursuit sous l'égide du président de la République.
00:15:46Deux, obtenir un accord pour libérer de manière coordonnée
00:15:49les stocks stratégiques.
00:15:50Ça a été fait.
00:15:51Si besoin est, on peut envisager de le faire à nouveau.
00:15:54À ce stade, ce n'est pas indispensable,
00:15:56mais cette libération de chocs stratégiques,
00:15:57elle a été faite à l'initiative de la France,
00:15:59dans le cadre du G7, puis généralement dans le cadre
00:16:02de l'Agence internationale de l'énergie.
00:16:05Impulser aussi, en tant que nation présidente de G7,
00:16:07des mesures concertées.
00:16:08À ce stade, vous l'avez dit,
00:16:10il y a des pays qui partent tous un peu dans tous les sens,
00:16:12mais avec quand même la volonté d'avoir des mesures
00:16:16aussi contenues dans le temps que possible.
00:16:19On a réuni à plusieurs reprises mes homologues du G7.
00:16:23Je le ferai à nouveau la semaine prochaine,
00:16:24à l'occasion des réunions de printemps
00:16:26de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.
00:16:28Et si vous le souhaitez, je pourrai vous en envoyer
00:16:30un compte rendu.
00:16:32Nous surveillons les effets de cette crise
00:16:34sur l'économie française en temps réel.
00:16:36Je réunis une cellule de crise tous les jours
00:16:38pour assuiver un suivi, maintenir un dialogue
00:16:40avec toutes les parties prenantes, les fédérations,
00:16:42les organisations syndicales, les secteurs,
00:16:44les ministres les plus concernés, les banques,
00:16:46de manière à remonter au maximum les difficultés
00:16:48qui nous remontent de tous les secteurs économiques
00:16:51de la nation.
00:16:53Avant de détailler les mesures que nous avons prises,
00:16:54vous y avez fait référence aussi, M. le Président,
00:16:56dans votre intervention luminaire.
00:16:57Je souhaite rappeler la qualité de notre modèle social
00:17:00qui, aujourd'hui, intègre déjà un certain nombre
00:17:03d'amortisseurs qui jouent fortement
00:17:05et qui ne jouent pas ailleurs.
00:17:06Le chèque énergie, 153 euros en moyenne,
00:17:09envoyé à 4,5 millions de ménages,
00:17:11700 millions de plus qu'en 2025,
00:17:13sous condition de ressources, de manière automatique.
00:17:15La hausse de la prime d'activité,
00:17:17adoptée dans le budget de 2026,
00:17:19se traduit par une hausse de 50 euros par mois
00:17:21au 1er avril pour près de 3 millions de foyers.
00:17:23Le SMIC, le minimum retraite,
00:17:25certaines prestations essentielles sont elles aussi indexées
00:17:28sur l'inflation.
00:17:30Au-delà, je dirais, de ces stabilisateurs automatiques,
00:17:32nous avons mis en place un plan avec un principe simple.
00:17:35Chaque euro public dépensé doit l'être de manière efficace,
00:17:39ciblée sur ceux qui en ont le plus besoin
00:17:41pour ne pas affaiblir ni nos finances publiques,
00:17:44tout en préservant la croissance.
00:17:46Un, nous nous sommes attachés à garantir la loyauté des prix,
00:17:51la transparence des pratiques,
00:17:53le contrôle des marges par des contrôles,
00:17:56la solidarité entre les filières.
00:17:58Vous l'avez vu dès le début,
00:17:59nous avons convoqué à Bercy l'ensemble
00:18:01de la chaîne d'approvisionnement pétrolière,
00:18:03un, pour nous assurer qu'on aurait de l'essence,
00:18:04mais deux, qu'il n'y avait pas d'exagération
00:18:07dans les politiques de tarification.
00:18:09Ça a été montré par des contrôles accrus de la DGCCRF.
00:18:12On a fait les premières semaines plus que ce qu'on fait en un an,
00:18:15qui ont montré des taux d'abus pas plus importants que d'habitude,
00:18:17moins de 5%.
00:18:18Évidemment, les 5% en question ont été sanctionnés.
00:18:21Des acteurs ont répondu à l'appel à la solidarité de filières,
00:18:25des grands donneurs d'ordre,
00:18:26des banques qui se sont engagées à payer en temps et en heure
00:18:29leurs factures.
00:18:30Souvent, dans ces moments-là,
00:18:31les enjeux de trésorerie sont très importants,
00:18:33notamment pour les PME.
00:18:34Et pour m'assurer qu'il n'y ait pas d'abus,
00:18:36j'ai écrit vendredi dernier à la Commission européenne
00:18:38pour lui demander d'enquêter sur les marges des raffineries en Europe.
00:18:41Parce que, vous l'avez vu,
00:18:41le prix du raffinage a beaucoup monté,
00:18:43notamment le prix du raffinage du gasoil.
00:18:45Il est important qu'au niveau européen,
00:18:47on s'assure qu'il n'y a pas eu d'excès dans ce secteur non plus.
00:18:51Deuxième élément,
00:18:52nous avons mis en place des mesures de soutien
00:18:53à la trésorerie des entreprises,
00:18:55celles les plus affectées,
00:18:57celles qui faisaient face, j'allais dire,
00:18:58presque à un risque existentiel
00:18:59du fait de factures très fortes, en hausse,
00:19:03et auxquelles la trésorerie ne permettait pas de faire face.
00:19:07Elles peuvent demander un report de cotisation sociale,
00:19:09l'étalement des échéances fiscales,
00:19:11sans frais d'image oration.
00:19:13Nous avons mis en place un prêt flash carburant
00:19:16par la BPI,
00:19:17qui peut aller de 5 000 à 50 000 euros,
00:19:20à un taux de 3,8 %,
00:19:22sans garantie pour les TPE et les PME,
00:19:24les secteurs de la pêche, de l'agriculture,
00:19:25des transports, que nous avons également élargi aux taxis.
00:19:30Ce prêt est un prêt complémentaire, évidemment,
00:19:32à tout ce que peuvent faire les banques,
00:19:34et elles s'y sont engagées.
00:19:35Le 27 mars, nous avons pris plusieurs mesures limitées,
00:19:38au mois d'avril, pour un coût de 70 millions d'euros,
00:19:41en faveur des secteurs les plus engangés,
00:19:43et gagés sur les dépenses des ministères.
00:19:45Ça répond aussi à votre question, M. le Président.
00:19:48Pour les TPE et PME du transport routier,
00:19:5120 centimes euros par litre, à peu près.
00:19:53Pour les entreprises du secteur de la pêche,
00:19:54une aide qui équivaut, elle aussi, à 20 centimes euros par litre.
00:19:57Et pour le secteur agricole, une aide équivalente
00:19:59à une exonération pleine et entière de droits d'assises,
00:20:01là encore, sur le mois d'avril 2026.
00:20:04Nous sommes évidemment dans une logique de suivi
00:20:06au quotidien de l'évolution de cette crise.
00:20:08Le Premier ministre nous a demandé de réfléchir
00:20:10à des mesures complémentaires, éventuelles,
00:20:12qui pourraient être adoptées,
00:20:13si la situation venait à se dégrader à nous.
00:20:17Pour conclure, Mesdames et Messieurs les sénateurs,
00:20:19je voudrais vous dire une chose que je pense importante,
00:20:22qui a trait à la question que m'a posée
00:20:25un porteur général tout à l'heure
00:20:27dans la session des questions au gouvernement.
00:20:30Nos dépendances extérieures ne sont pas seulement
00:20:32un enjeu de souveraineté.
00:20:34Elles sont aussi une fragilité économique réelle.
00:20:38Cette crise doit donc être l'occasion,
00:20:39comme l'ont été les crises précédentes,
00:20:41de réduire notre indépendance,
00:20:43de platifier, d'accélérer notre sortie
00:20:45des hydrocarbures.
00:20:47Par une hausse de l'offre d'électricité,
00:20:49c'est la programmation pluriannuelle de l'énergie
00:20:51qui répond.
00:20:52Par un soutien durable à l'électrification,
00:20:54c'est un plan d'électrification
00:20:56que nous aurons l'occasion de vous présenter
00:20:57dans les jours qui viennent,
00:20:58qui, là aussi, y répondra.
00:21:00L'enjeu est d'aider les plus modestes en priorité.
00:21:03L'enjeu, elle est de décarboner la France.
00:21:05L'enjeu est d'en assurer la souveraineté.
00:21:07L'enjeu, elle est aussi d'en faire
00:21:09un chantier industriel majeur
00:21:11qui va nous aider à créer de l'emploi.
00:21:13Le programme électronucléaire des années 70,
00:21:15c'était des dizaines de milliers d'emplois.
00:21:17Nous souhaitons, là aussi,
00:21:18que ce grand chantier de la souveraineté industrielle,
00:21:21énergétique et numérique, en passant,
00:21:23vous l'avez évoqué, M. le Président,
00:21:24soit l'occasion de développer des secteurs
00:21:26qui nous permettront d'aborder l'avenir
00:21:29dans une logique à la fois plus sécure
00:21:30mais aussi plus prospère.
00:21:33Voilà, nous y travaillons.
00:21:34Nous aurons l'occasion de revenir sur tout ce plan
00:21:36dans les jours qui viennent.
00:21:37Je passe la parole à mon collègue David Daniel.
00:21:39C'est moi qui viens le faire, M. le ministre,
00:21:42si vous me permettez.
00:21:46Très bien, M. le ministre.
00:21:49M. le ministre de l'Action et des Comptes Publics.
00:21:51Merci beaucoup, M. le Président,
00:21:54M. le rapporteur général,
00:21:56Mesdames et Messieurs les sénateurs.
00:21:58Je serai bref pour me concentrer
00:22:00sur l'impact sur les finances publiques
00:22:02et nous aurons évidemment l'occasion
00:22:03de revenir ensuite dans le détail.
00:22:07Cela fait désormais deux crises en trois ans,
00:22:10deux crises liées à l'énergie
00:22:12et deux crises liées à des guerres,
00:22:13guerre en Ukraine,
00:22:15guerre désormais au Moyen-Orient.
00:22:17Et ça nous impose évidemment
00:22:18de revoir notre arsenal de réponses à ces crises.
00:22:22Nous avons besoin d'aides ciblées,
00:22:25nous avons besoin d'aides financées
00:22:26et nous avons besoin d'aides
00:22:29qui assurent notre indépendance
00:22:32pour également mettre le pays
00:22:33à l'abri des prochaines crises
00:22:36et particulièrement à réduire
00:22:37nos dépendances extérieures
00:22:38et en l'occurrence,
00:22:39nos dépendances aux énergies fossiles.
00:22:42Cette impérieuse maîtrise
00:22:44des comptes publics,
00:22:45nous avons souvent eu l'occasion
00:22:47d'échanger avec vous,
00:22:48est encore plus nécessaire
00:22:50face à l'évolution
00:22:51de la situation géopolitique
00:22:52avec des chocs qui désormais se multiplient
00:22:55et qui, sans être excessivement pessimistes,
00:22:58seront sans doute amenés encore
00:22:59à se multiplier à l'avenir.
00:23:01Et elle est aussi rendue nécessaire
00:23:03par l'évolution du contexte financier
00:23:05et économique international.
00:23:07Quand je compare par rapport
00:23:08à février 2022,
00:23:10donc juste avant l'invasion de l'Ukraine
00:23:12par la Russie,
00:23:14nous avions des taux d'intérêt
00:23:16qui étaient 5 fois inférieurs
00:23:18et une charge de la dette
00:23:192 fois inférieure.
00:23:21En février 2022,
00:23:22les taux des obligations françaises
00:23:24à 10 ans étaient de 0,7%.
00:23:26En février 2026,
00:23:28avant le début de la crise en Iran,
00:23:30les taux étaient de 3,5,
00:23:325 fois plus.
00:23:33La charge de la dette en 2021
00:23:35était de 30 milliards d'euros.
00:23:37En 2025,
00:23:38elle était de 64,7 milliards d'euros.
00:23:41C'est plus de 2 fois plus.
00:23:44Et donc, évidemment,
00:23:45quand nous organisons la réponse
00:23:47à cette crise,
00:23:47nous ne pouvons pas ignorer
00:23:48le poids que nos décisions
00:23:51auront également
00:23:52pour les années à venir.
00:23:54Et j'accueille en salle des conférences
00:23:56Vincent Delahaye.
00:23:57Bonjour.
00:23:57Bonjour.
00:23:58Sénateur centriste de l'Essonne.
00:23:59Vous receviez donc hier
00:24:01le ministre de l'Économie,
00:24:02celui des Comptes Publics également.
00:24:03Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?
00:24:04Est-ce qu'ils vous ont rassuré
00:24:06à propos des carburants ?
00:24:07Déjà, ils reconnaissent qu'il y a
00:24:08des tensions logistiques
00:24:09qui affectent de façon sporadique
00:24:11jusqu'à 15 %
00:24:12des stations-services.
00:24:14Mais il le dit,
00:24:15les tarifs
00:24:16devraient revenir
00:24:16en tout cas baisser
00:24:17fin de semaine,
00:24:18début de semaine prochaine.
00:24:19C'est rassurant ?
00:24:20Écoutez, en tout cas,
00:24:21c'est un peu les montagnes russes.
00:24:23C'est compliqué.
00:24:24C'est aussi la façon
00:24:25de gérer de Trump
00:24:26qui fait qu'au niveau international,
00:24:28c'est très compliqué
00:24:29d'y voir clair.
00:24:31Tout peut bouger à tout instant.
00:24:32Tout peut bouger,
00:24:33tout peut bouger.
00:24:34C'est vrai qu'entre la veille
00:24:35et le lendemain,
00:24:35on a une guerre mondiale
00:24:37et le lendemain,
00:24:38on a un cessez-le-feu.
00:24:39Tout ça, c'est compliqué.
00:24:41Ce qui est sûr,
00:24:42c'est que les distributeurs,
00:24:43on n'a pas de problème
00:24:44de distribution de carburant,
00:24:46a priori.
00:24:47Les distributeurs
00:24:48ont répercuté très rapidement
00:24:49la hausse des prix du pétrole,
00:24:52notamment.
00:24:53Et on aimerait
00:24:54que ça soit aussi rapide,
00:24:55et les ministres l'ont dit aussi,
00:24:57que ça soit aussi rapide
00:24:58à la baisse.
00:24:59C'est-à-dire que quand ça monte,
00:25:00il n'y a pas de stock,
00:25:01quand ça baisse,
00:25:02on dit qu'on a des stocks
00:25:02qu'on a achetés chers.
00:25:03C'est le sujet.
00:25:05Est-ce qu'il y a des marges
00:25:06qui ont été réalisées
00:25:07par les pétroliers
00:25:09de façon outrancière ?
00:25:10On a entendu
00:25:11qu'il n'était pas question
00:25:11d'encadrer les prix,
00:25:12mais peut-être d'encadrer
00:25:14ou d'enquêter sur les marges,
00:25:16notamment au niveau européen.
00:25:17Qu'en pensez-vous ?
00:25:18Je pense que ça peut se faire,
00:25:20effectivement,
00:25:20mais il faut attendre un petit peu.
00:25:21C'est-à-dire que là,
00:25:22c'est trop rapide.
00:25:23Sans doute qu'il y a eu
00:25:25des marges
00:25:26qui se sont constituées
00:25:26un petit peu,
00:25:27mais il faut voir
00:25:28sur toute l'année,
00:25:29il faut prendre un peu de recul.
00:25:31On ne peut pas gérer ça
00:25:32dans l'instant
00:25:33et trop rapidement,
00:25:34mais c'est quelque chose
00:25:35à surveiller.
00:25:35En tout cas,
00:25:36pas d'impact majeur
00:25:37sur la croissance.
00:25:38Les taux de croissance
00:25:39des deux premiers trimestres
00:25:40ramenés de 0,3
00:25:42à 0,2% du PIB
00:25:45par l'INSEE.
00:25:46Donc,
00:25:46pas de scénario catastrophe
00:25:47et de crise économique
00:25:48liée à la guerre en Iran.
00:25:49On est d'accord ?
00:25:49En fait,
00:25:50on n'en sait rien.
00:25:51On n'en sait rien
00:25:52parce que si vous me dites
00:25:53que la guerre se termine demain...
00:25:55C'est pour ça que je vous interroge,
00:25:56mais il parle trop vite peut-être.
00:25:58Il parle vite
00:25:59parce qu'il est interrogé,
00:26:00mais en réalité,
00:26:01on ne sait pas.
00:26:02Admettons que le conflit
00:26:04continue et s'éternise,
00:26:06voire prend de l'ampleur.
00:26:07C'est vrai que la crise
00:26:08peut aussi prendre de l'ampleur.
00:26:10Donc,
00:26:10c'est très compliqué aujourd'hui
00:26:11de faire des pronostics
00:26:12pour l'ensemble de l'année.
00:26:13Je crois qu'ils ont été
00:26:14assez prudents,
00:26:15les ministres,
00:26:15mais moi,
00:26:16je l'aurais été encore plus
00:26:18parce que c'est vrai
00:26:19qu'il faut attendre.
00:26:21Bien sûr qu'il y a des réactions
00:26:22qu'on doit avoir
00:26:22à court terme
00:26:23pour aider des personnes
00:26:24qui en ont besoin
00:26:25vraiment pour travailler,
00:26:26notamment.
00:26:27Mais pour le reste,
00:26:28il faut être prudent.
00:26:29Ça ne veut pas dire
00:26:30qu'il ne faut rien faire,
00:26:31mais il faut se donner
00:26:32un peu de temps.
00:26:32À propos des mannes
00:26:34que percevrait l'État
00:26:35avec la hausse des cours
00:26:37du pétrole
00:26:38et des prix des carburants,
00:26:39le ministre des Comptes publics
00:26:40a réfuté toute idée de mannes.
00:26:43Les pertes pour l'État
00:26:44sont infiniment supérieures
00:26:45à des recettes
00:26:46qui sont temporaires
00:26:47et amenées à se réduire.
00:26:48C'est un message aux partis
00:26:49qui ont dénoncé cette idée
00:26:51comme le RN
00:26:52aux deux extrêmes ?
00:26:53Bien sûr,
00:26:53parce qu'en réalité,
00:26:55l'argent part vers
00:26:56les pays pétroliers.
00:26:58Le supplément,
00:26:59ce n'est pas
00:27:00de l'augmentation
00:27:01de la croissance,
00:27:02c'est simplement
00:27:03de l'argent
00:27:03qu'on donne à l'extérieur.
00:27:04Forcément,
00:27:05à un moment donné,
00:27:05il va manquer
00:27:06dans les caisses de l'État.
00:27:07Donc,
00:27:07il faut raison garder.
00:27:10Il y a effectivement
00:27:11peut-être un peu
00:27:12de TVA supplémentaire
00:27:13actuellement,
00:27:13mais comme les budgets
00:27:15ne sont pas extensibles,
00:27:16les budgets des Français
00:27:17ne sont pas extensibles,
00:27:18ce qu'ils vont dépenser
00:27:19en plus pour leur carburant,
00:27:20ils vont le dépenser
00:27:20en moins ailleurs.
00:27:21Et ailleurs,
00:27:22il y a aussi de la TVA.
00:27:23Donc,
00:27:23on aura sans doute
00:27:24un peu moins de TVA ailleurs.
00:27:25Donc,
00:27:25les gens peuvent comprendre
00:27:26qu'il y a peut-être
00:27:26un petit peu plus de TVA
00:27:27sur le carburant,
00:27:28mais il y en aura moins ailleurs.
00:27:29Donc,
00:27:29tout ça ne fait pas un plus.
00:27:31On le voit,
00:27:32le gouvernement
00:27:32qui a donc décidé
00:27:33de créer des aides sectorielles
00:27:34pour pêcheurs,
00:27:36routiers,
00:27:37agriculteurs.
00:27:37C'était impossible
00:27:38de revenir à un quoi qu'il en coûte
00:27:39comme en 2022 ?
00:27:41Déjà,
00:27:41je ne partageais pas
00:27:42le quoi qu'il en coûte.
00:27:43Si vous avez lu mon ouvrage
00:27:46sur les vertus de l'équilibre,
00:27:47l'antique quoi qu'il en coûte,
00:27:49moi,
00:27:49je pense qu'on n'aurait jamais...
00:27:50C'est un libéral économique.
00:27:51On n'aurait jamais dû le faire.
00:27:52On doit faire des aides ciblées.
00:27:53Moi,
00:27:53les aides ciblées,
00:27:54elles me vont très bien.
00:27:55Quand on aide les gens
00:27:56qui ont besoin de carburant
00:27:58pour travailler,
00:27:59ça,
00:27:59c'est quelque chose d'indispensable.
00:28:01Par contre,
00:28:01ceux qui partent en week-end
00:28:02avec leur 4x4,
00:28:03on n'a pas besoin de les aider.
00:28:05Dernière question,
00:28:05il nous reste une minute.
00:28:06Je voulais vous interroger
00:28:07sur les autoroutes
00:28:08qui est un sujet
00:28:08sur lequel vous avez
00:28:09longtemps travaillé.
00:28:10Vous avez rendu des rapports.
00:28:11On a vu qu'une action collective
00:28:13est en préparation
00:28:14contre les tarifs
00:28:15des péages des autoroutes.
00:28:16Qu'en pensez-vous ?
00:28:16Est-ce que cela pourrait faire date
00:28:18dans le dossier
00:28:19des privatisations
00:28:20de ces autoroutes ?
00:28:20Je pense que ça va prendre
00:28:22beaucoup de temps.
00:28:22C'est une procédure
00:28:23assez compliquée
00:28:24qui va prendre beaucoup de temps.
00:28:26Moi,
00:28:26tout ce qui permet
00:28:26de parler des autoroutes,
00:28:27je trouve que c'est une bonne chose.
00:28:29Je trouve qu'on n'agit pas assez.
00:28:31Et la justice qui s'en saisit,
00:28:32c'est une bonne chose aussi.
00:28:33Voilà,
00:28:33c'est une bonne chose.
00:28:34Depuis 2020,
00:28:35on a fait un travail,
00:28:37un gros travail sur les autoroutes.
00:28:38J'avais commis des rapports, oui.
00:28:38Et il y a nécessité aujourd'hui
00:28:40de bouger beaucoup plus
00:28:40par rapport aux sociétés d'autoroutes.
00:28:42Et si on le faisait,
00:28:43il n'y aurait pas d'action collective
00:28:44comme celle-là.
00:28:45Eh bien, merci.
00:28:45Merci pour toute cette analyse
00:28:47sur l'antenne de Public Sénat.
00:28:48À très vite.
00:28:48Merci à vous.
00:28:54Allez, on passe au deuxième thème
00:28:56dans cette émission
00:28:57et le texte de Gérald Darmanin
00:28:59sur la justice
00:28:59qui doit arriver au Sénat
00:29:00le 13 avril prochain en séance.
00:29:03Il vise à accélérer
00:29:04les délais de la justice.
00:29:06Selon Gérald Darmanin,
00:29:08il faut sans doute préférer
00:29:09la célérité à la sévérité
00:29:11avec des peines sûres
00:29:12le plus rapidement possible
00:29:14plutôt que des sanctions fortes
00:29:15mais lointaines.
00:29:16Voyez les extraits
00:29:18de son audition
00:29:18en commission des lois
00:29:20cette semaine au Sénat.
00:29:21Des extraits préparés
00:29:21pour Public Sénat
00:29:22par Mathilde Nuttarelli
00:29:23et Chloé Vaquette.
00:29:24J'ai proposé ce texte
00:29:25au Conseil social ministériel,
00:29:29au ministère de la Justice.
00:29:30Nous devons passer
00:29:31de texte de loi pour avis.
00:29:32C'est, je crois,
00:29:33le seul ministère
00:29:34en tout cas que j'ai eu
00:29:35à diriger
00:29:35qui le prévoit.
00:29:36C'est une originalité
00:29:37sans doute due
00:29:38à l'originalité aussi
00:29:40que représente
00:29:40le ministère de la Justice
00:29:41en l'organisation de l'État.
00:29:42On doit avoir l'avis
00:29:43de ces syndicats
00:29:43pour présenter un texte.
00:29:44On dit de coutume
00:29:46qu'il n'est pas très évident
00:29:47de convaincre
00:29:47les syndicats de magistrats
00:29:48ou les syndicats pénitentiaires
00:29:50des textes de la chancellerie
00:29:51puisque je crois
00:29:51que depuis plus d'une quinzaine d'années
00:29:55de la part du CSA ministériel.
00:29:58Hormis le syndicat
00:29:59de la magistrature,
00:30:00les autres syndicats
00:30:01présents dans ce comité
00:30:02ont donné une validation
00:30:04de ce texte.
00:30:05Je pense que devant l'urgence
00:30:08de la justice criminelle
00:30:09et devant sa situation
00:30:10de collapse,
00:30:11c'était une responsabilité
00:30:13comprise dans les syndicats
00:30:13et que j'en remercie,
00:30:15évidemment,
00:30:15après une discussion sociale
00:30:16que j'ai pu avoir avec eux.
00:30:17Le Conseil d'État
00:30:18a rendu un avis.
00:30:19J'entends beaucoup
00:30:20de questions de principe.
00:30:21Le Conseil d'État
00:30:22est censé regarder
00:30:23la constitutionnalité,
00:30:24la conventionnalité
00:30:25et l'équilibre des pouvoirs.
00:30:27Évidemment,
00:30:27il faut toujours toucher cela
00:30:28d'une main tremblante.
00:30:30Et nous pourrons,
00:30:31évidemment,
00:30:32je serai très ouvert
00:30:33aux amendements
00:30:34et aux discussions
00:30:34de tous bords
00:30:35pour trouver le meilleur
00:30:36compromis possible
00:30:37entre les nécessaires droits
00:30:39de la défense
00:30:40absolument inaliénables
00:30:41dans un procès criminel,
00:30:42mais également,
00:30:43bien sûr,
00:30:45l'efficacité
00:30:45du service public
00:30:46de la justice
00:30:47parce qu'il faut pouvoir
00:30:48organiser concrètement
00:30:49des audiences
00:30:50et condamner
00:30:51ou acquitter concrètement
00:30:52des personnes à la fin.
00:30:54Et le Conseil d'État
00:30:55n'y a pas relevé,
00:30:56je pense que vous avez vu
00:30:57son avis,
00:30:58de difficulté
00:30:58ni contraire à la Constitution,
00:31:00ni contraire à la Convention
00:31:01européenne des droits de l'homme,
00:31:02ni même contraire
00:31:03aux grands principes
00:31:03fondamentaux du droit.
00:31:05Je constate d'ailleurs
00:31:05que la plupart des discussions
00:31:06que je vous présente
00:31:07sont déjà présentes
00:31:08dans les deux tiers
00:31:09des pays européens
00:31:10et dans tous nos pays frontaliers,
00:31:11à l'exception de la Suisse,
00:31:12mais qui n'est pas membre
00:31:13de l'Union européenne
00:31:14comme chacun sait ici.
00:31:15En Allemagne,
00:31:16en Grande-Bretagne,
00:31:17en Espagne,
00:31:18au Portugal,
00:31:19en Italie,
00:31:20aux Pays-Bas,
00:31:20en Belgique,
00:31:21il y a la plupart
00:31:22des dispositions
00:31:23que je vous présente.
00:31:24Ce texte se divise
00:31:25donc en trois points.
00:31:26Je répondrai rapidement
00:31:27à vos questions,
00:31:28évidemment,
00:31:28Madame la Présidente,
00:31:29juste après.
00:31:29Le premier,
00:31:30c'est la réorganisation
00:31:31de la justice criminelle.
00:31:32Le plaid des coupables,
00:31:33qu'on appelle PJCR,
00:31:34possédure pour les faits reconnus.
00:31:37Nous y reviendrons
00:31:37parce qu'en effet,
00:31:38il fait couler beaucoup d'encre.
00:31:39Il n'est pas original
00:31:40dans la plupart des pays
00:31:41qui nous entourent,
00:31:42mais il est original
00:31:42dans notre droit.
00:31:44C'est tout à fait juste
00:31:45et tout à fait vrai.
00:31:46Là aussi,
00:31:46il est tout à fait perfectible.
00:31:47La proposition de la chancéderie
00:31:48n'a pas vocation
00:31:50à être une parole d'évangile
00:31:51et elle peut tout à fait
00:31:52être modifiée.
00:31:54Nous avons une cour criminelle revue.
00:31:56La cour criminelle
00:31:57a apporté beaucoup.
00:31:58Elle a aussi eu
00:31:59des difficultés,
00:32:00d'abord de conception.
00:32:01Je prends un exemple
00:32:02très simple.
00:32:03Le législateur a prévu
00:32:04par un amendement
00:32:05de la Commission des lois
00:32:05de l'Assemblée nationale,
00:32:06ce n'était pas dans le texte initial
00:32:07de la garde des Sceaux de l'époque,
00:32:09qu'on crée
00:32:09qu'une cour criminelle
00:32:10par département.
00:32:11Ce qui est un peu embêtant
00:32:12puisqu'on pourrait créer
00:32:13beaucoup de cours criminelles
00:32:14dans plusieurs tribunaux,
00:32:15dans des départements plus grands,
00:32:16je pense dans le plus beau
00:32:17département de France,
00:32:18évidemment, le Nord,
00:32:19où nous avons beaucoup
00:32:20de tribunaux,
00:32:21beaucoup d'affaires en suspens.
00:32:23Rien ne nous empêcherait
00:32:23de créer à Dunkerque,
00:32:25à Vensurel,
00:32:25à Douai, à Cambrai,
00:32:26des cours criminels
00:32:27pour juger des affaires.
00:32:29Seule la loi
00:32:30nous l'empêche pour l'instant.
00:32:32Et puis d'autres sujets
00:32:33qui amènent parfois
00:32:34d'ailleurs des discussions
00:32:35autour d'une loi organique,
00:32:36puisque vous avez deux textes,
00:32:38Madame la Présidente,
00:32:38devant vous,
00:32:39une loi ordinaire, simple,
00:32:40et puis une loi organique,
00:32:41et notamment qui vise
00:32:43à reprendre une partie
00:32:43d'ailleurs des dispositions
00:32:44que vous avez votées à l'unanimité,
00:32:46notamment sur la proposition
00:32:47de Madame Vérien,
00:32:48je pense aux avocats honoraires,
00:32:49on aura l'occasion
00:32:50d'en reparler.
00:32:51Ce premier point,
00:32:52plaidés coupables
00:32:53et refondes de la Cour criminelle,
00:32:55vise à gagner évidemment
00:32:56du temps d'audience
00:32:57de pouvoir traiter
00:32:59les 6 000 dossiers criminels.
00:33:01Il y a derrière tout cela
00:33:02autant d'accusés
00:33:03qui sont en détention provisoire,
00:33:04ou de gens qui attendent
00:33:05qu'on les convoque un jour
00:33:06à un procès criminel,
00:33:08de victimes qui attendent
00:33:09d'avoir justice,
00:33:10et de sociétés qui attendent
00:33:11évidemment que le service public
00:33:12fonctionne.
00:33:13Un deuxième point sur les victimes,
00:33:14en effet,
00:33:15nous avons notamment
00:33:17un point très important
00:33:17sur la généalogie génétique,
00:33:19on pourra en parler,
00:33:20qui déchaîne là aussi
00:33:21les passions,
00:33:22sans doute,
00:33:23que vous avez accordées
00:33:23pour le dopage.
00:33:25Grange-divou,
00:33:25c'est le législateur,
00:33:27donc on se disait assez bêtement
00:33:28que si le dopage
00:33:29pouvait l'avoir,
00:33:29on pourrait peut-être
00:33:30retrouver des auteurs
00:33:31de crimes sériels
00:33:31qui s'accumulent
00:33:33dans les dossiers,
00:33:34notamment du Caucès
00:33:35de Nanterre.
00:33:37et puis,
00:33:37nous avons d'autres dispositions,
00:33:39je pense aux autopsies,
00:33:40qui est un point très important,
00:33:41qui pour l'instant
00:33:41n'est pas mis en avant,
00:33:42mais pour lequel
00:33:43beaucoup de victimes
00:33:44attendent,
00:33:45des familles de victimes
00:33:45qu'on leur rende les corps,
00:33:47dans quelles conditions
00:33:47les choses se sont passées,
00:33:49pourquoi la justice
00:33:50n'explicite pas
00:33:54exactement ce moment
00:33:54extrêmement douloureux,
00:33:55déjà de connaître
00:33:56la perte d'un être cher,
00:33:57mais en plus d'attendre
00:33:57très longtemps,
00:33:58parfois,
00:33:58sans information,
00:34:00de pouvoir faire son deuil.
00:34:01Et puis,
00:34:02d'autres dispositions
00:34:02que je porte
00:34:03de façon tout à fait solidaire
00:34:05proposées par M. le ministre
00:34:06de l'Intérieur,
00:34:07c'est notamment la question
00:34:07du FNAEG
00:34:08ou de la visioconférence
00:34:09pour les gardes à vue.
00:34:10On aura l'occasion
00:34:10de leur parler
00:34:10si vous le souhaitez.
00:34:12Et puis,
00:34:12le troisième point,
00:34:13ce sont des simplifications
00:34:15de procédures pénales
00:34:16qui parfois complètent
00:34:17ce que nous avons imaginé
00:34:18dans la loi narcotrafic,
00:34:19que vous avez là également votée
00:34:21à l'unanimité,
00:34:22et qui prévoient en effet
00:34:23des dispositions nouvelles
00:34:25qui font aussi couler de l'encre
00:34:26et c'est tout à fait normal.
00:34:27Et là aussi,
00:34:28la chancerie est tout à fait ouverte
00:34:29de trouver l'équilibre
00:34:30entre l'efficacité
00:34:32que nous devrons avoir
00:34:33pour pouvoir audiencer
00:34:34dans des temps
00:34:35qu'on pourrait qualifier
00:34:35de raisonnables.
00:34:36Je ne sais pas
00:34:36si passer de 8 ans
00:34:37à 4 ans sera raisonnable,
00:34:38mais en tout cas,
00:34:39ça nous permettra
00:34:40d'avancer un petit peu quand même
00:34:42et effectivement,
00:34:43les nécessaires droits
00:34:44de la défense
00:34:45et de défense évidemment
00:34:46qui concernent
00:34:47l'unanimité
00:34:48ou de la détention provisoire.
00:34:49Voilà un texte court,
00:34:50Mme la Présidente.
00:34:51Pour répondre à vos questions,
00:34:52l'intérêt que porte
00:34:53chaque parti
00:34:54pour le procès pénal
00:34:55en cas de PJCR,
00:34:56nous avons souhaité
00:34:57une procédure qui est
00:34:58pour l'instant
00:34:58à la fois très large
00:34:59et très simple.
00:35:00Très large parce que
00:35:01nous savions que le Parlement
00:35:02allait rétrécir son champ
00:35:05et donc évidemment,
00:35:07au bout de 9 ans
00:35:07d'expérience
00:35:08et d'une dizaine d'années
00:35:09au Parlement,
00:35:09pour moi-même,
00:35:10j'ai compris qu'il fallait
00:35:12évidemment négocier
00:35:12avec le Parlement
00:35:13et que le champ très large
00:35:15de toutes les infractions
00:35:16par exemple prévues
00:35:16par la PJCR,
00:35:18sauf terrorisme
00:35:19et sauf crime
00:35:20contre l'humanité,
00:35:21appelaient évidemment
00:35:22une discussion avec le Parlement
00:35:23pour rétrécir son champ
00:35:24éventuellement,
00:35:25sans perdre évidemment
00:35:26le bénéfice de son action.
00:35:28Est-ce que la PJCR,
00:35:29est-ce que le plaidé coupable,
00:35:30je l'aurais proposé
00:35:31si j'avais pas de problème
00:35:32d'audiencement ?
00:35:34La réponse est oui.
00:35:35J'aurais sans doute
00:35:35pas fait ce texte maintenant.
00:35:36J'aurais sans doute attendu
00:35:37d'avoir une majorité
00:35:38à l'Assemblée nationale
00:35:39si un jour cela arrive
00:35:40à un heureux ministre de la Justice
00:35:41qui me succédera.
00:35:43Mais je l'aurais quand même proposé
00:35:44parce que je crois
00:35:45que ça ne retire rien à personne
00:35:46ce plaidé coupable
00:35:47en matière criminelle.
00:35:48C'est un outil supplémentaire.
00:35:50Ce n'est pas du tout
00:35:51la CRPC délictuelle
00:35:52que vous avez connue
00:35:52qui désormais,
00:35:53je le rappelle comme ça,
00:35:54c'est sur 550 000 décisions judiciaires,
00:35:57c'est 100 000 CRPC délictuelles.
00:35:59Elle trouve quand même son office.
00:36:01Mais la CRPC délictuelle,
00:36:02c'est quoi ?
00:36:02C'est un procureur
00:36:04qui d'office dit
00:36:05ça, ça va en plaidé coupable.
00:36:07Ou ça, ça va en CRPC.
00:36:08Si jamais, évidemment,
00:36:10on est dans une démarche
00:36:12où il n'y a quasiment pas d'instruction
00:36:14puisqu'il peut y avoir des instructions,
00:36:16mais c'est quand même souvent du délit.
00:36:17Et il y a peu,
00:36:18en tout cas pas tout le temps,
00:36:19une partie civile.
00:36:20Là, on parle bien de quelque chose
00:36:22qui se rajoute.
00:36:24Et si on y est opposé,
00:36:25ne verra jamais de jour.
00:36:26Ce n'est pas le procureur de la République
00:36:27qui dit ça, c'est un plaidé coupable.
00:36:30Ça, c'est une version
00:36:31de procès simplifié.
00:36:32Ça, c'est pas le procès classique.
00:36:34C'est bien l'ensemble des acteurs,
00:36:36le juge d'instruction
00:36:36ou la juge d'instruction
00:36:37à la fin de l'instruction.
00:36:38Nous parlons bien d'une situation
00:36:40où la personne ne plaide pas
00:36:41le plaidé coupable en garde à vue.
00:36:43C'est pas le film de Michel Serrault,
00:36:44comme ce que je peux regarder sur Internet,
00:36:46une caricature
00:36:46de ce que propose la chancellerie.
00:36:47C'est pas du tout ça.
00:36:48C'est à la fin d'une instruction
00:36:49qui a été longue, contradictoire.
00:36:51On a entendu les témoins,
00:36:52les experts, les personnes,
00:36:54évidemment la victime.
00:36:55On a souvent, quasiment tout le temps,
00:36:56fait un contradictoire.
00:36:58La personne reconnaît les faits
00:37:00depuis très longtemps.
00:37:01Parfois, elle le reconnaît même
00:37:02dès la scène de crime.
00:37:03Parfois, la personne elle-même
00:37:04prévient les policiers légendes
00:37:05pour dire « j'ai tué,
00:37:07j'ai donné des coups de mortel ».
00:37:08Elle le reconnaît parfois en garde à vue.
00:37:10Elle le reconnaît évidemment
00:37:11devant le juge d'instruction.
00:37:11D'ailleurs, je constate
00:37:12qu'elle peut le reconnaître
00:37:12pendant toute cette phase
00:37:13sans jamais la présence d'un avocat,
00:37:15alors que le texte que nous présentons
00:37:17oblige la présence de l'avocat.
00:37:19Et lors de cette phase d'instruction,
00:37:20lorsqu'on a reconnu les faits
00:37:21et tous les faits,
00:37:22le juge d'instruction propose
00:37:24de rentrer dans la démarche
00:37:26de la pégissaire,
00:37:26où là nous disons
00:37:27que l'avocat est obligatoire.
00:37:29Et il y a une négociation,
00:37:30une discussion entre l'avocat
00:37:32et la personne accusée
00:37:33et le procureur de la République.
00:37:34Et il faut que la victime
00:37:35ne s'oppose pas
00:37:37à cette procédure.
00:37:39Et il y a une audience,
00:37:41une vraie audience,
00:37:42dont j'ai lu d'ailleurs
00:37:43ici ou là
00:37:43qu'elle était à huis clos.
00:37:45D'abord, je constate
00:37:45que la victime peut à tout moment
00:37:47demander le huis clos
00:37:47dans une audience tout court
00:37:49quand il s'agit d'un procédé classique.
00:37:51Personne ne s'en offusque.
00:37:53Mais par ailleurs,
00:37:54il y a une vraie audience
00:37:55où tout le monde peut assister.
00:37:57Simplement, c'est une cour d'assises
00:37:58sans jury.
00:37:59C'est pour ça qu'elle n'est pas publique
00:38:01au sens où il n'y a pas
00:38:01de jury d'assises.
00:38:02Mais enfin, il y a trois magistrats.
00:38:03La CRPC intellectuelle,
00:38:04c'est un seul magistrat
00:38:06pour homologuer
00:38:07après que le président
00:38:08est dans une vraie audience
00:38:08où la présidente
00:38:10ait rappelé les faits,
00:38:11ait rappelé les qualifications
00:38:12des faits,
00:38:12demande à l'auteur
00:38:13s'il reconnaît bien
00:38:14ces faits publiquement,
00:38:16donne la parole à la victime,
00:38:17donne la parole à l'auteur,
00:38:18donne la parole aux avocats,
00:38:19donne évidemment la parole
00:38:19au procureur de la République,
00:38:21à l'auteur,
00:38:22à la fin supposée
00:38:23qu'il reconnaît sa culpabilité
00:38:25en dernier,
00:38:25et les magistrats
00:38:26homologuent ou n'homologuent pas la peine.
00:38:28À tout moment,
00:38:29le procureur de la République
00:38:30et l'auteur
00:38:31peuvent arrêter la procédure
00:38:32et surtout,
00:38:32il y a une procédure d'appel
00:38:33qui est tout à fait possible,
00:38:34quand bien même
00:38:34ce serait homologué
00:38:36et qui nous renvoie
00:38:36vers une cour criminelle
00:38:37ou une cour d'assise.
00:38:39C'est effectivement
00:38:39quelque chose de nouveau,
00:38:41mais ce n'est pas quelque chose
00:38:42qui retire quelque chose
00:38:43à quelqu'un d'aujourd'hui.
00:38:45Si, imaginons cette hypothèse,
00:38:47100% des avocats
00:38:48ne voulaient pas de la pégissère,
00:38:50il n'y aura pas de pégissère
00:38:51puisqu'il y a une présence
00:38:52de l'avocat obligatoire
00:38:53pour cette pégissère.
00:38:55Et évidemment,
00:38:56si 100% des victimes
00:38:57ne veulent pas
00:38:58qu'il y ait cette pégissère,
00:38:59il n'y aura pas
00:38:59de plaidés coupables
00:39:00en matière criminelle.
00:39:01Et cette pégissère
00:39:02ne vient pas remplacer
00:39:03quelque chose qui existe,
00:39:04mais rajouter un outil supplémentaire
00:39:06comme c'est le cas
00:39:07dans les deux tiers
00:39:08des pays qui nous entourent
00:39:10et notamment dans des pays
00:39:11qui ont,
00:39:11si je prends le cas des viols,
00:39:13mais ce n'est évidemment
00:39:14pas que le viol qui est concerné,
00:39:16qui sont très à la pointe
00:39:18dans le droit des femmes.
00:39:18Je prends évidemment
00:39:19le cas de l'Espagne
00:39:21dont on a pu le voir précédemment.
00:39:22L'étude d'impact, d'ailleurs,
00:39:23je crois,
00:39:24est très intéressante
00:39:26de ce point de vue.
00:39:26Ce n'est pas du tout
00:39:27appelé des coupables
00:39:28à l'américaine
00:39:29ou à l'anglo-saxonne
00:39:29comme j'ai pu l'entendre
00:39:31et nous avons un juge d'instruction
00:39:31et nous avons une instruction,
00:39:33c'est à la fin de l'instruction.
00:39:34Le deuxième point
00:39:35que vous avez évoqué
00:39:35sur la qualité de la justice rendue
00:39:37dans la refonte
00:39:38de la cour criminelle,
00:39:40je ne sais pas
00:39:40si on peut juger en qualité
00:39:42puisqu'il a été fait grief
00:39:46à la cour criminelle
00:39:47lorsqu'elle a été inventée
00:39:47par la chancellerie
00:39:49et par Nicole Belloubet.
00:39:50Il y avait déjà
00:39:50une opposition extrêmement forte
00:39:51de la profession d'avocat
00:39:53que ce serait une justice
00:39:53qui ne serait pas rendue
00:39:54de manière qualitative.
00:39:56Je constate que le procès
00:39:57de Scornec
00:39:57comme le procès de Mme Pellicot
00:39:59se sont déroulés
00:40:00devant des cours criminelles.
00:40:02Je crois qu'il ne viendrait
00:40:03à l'idée de personne,
00:40:04en tout cas je n'ai lu
00:40:04aucun papier sur ce point,
00:40:06de dire que la justice
00:40:07n'a pas été bien rendue.
00:40:08Je pense que la justice
00:40:09a été rendue à Mme Pellicot
00:40:10et que la justice
00:40:11a su condamner sévèrement
00:40:13en cours criminelle
00:40:14des choses qui nous concernent
00:40:15ici au premier chef.
00:40:17Donc la qualité
00:40:18de la justice rendue,
00:40:19je ne sais pas si c'est
00:40:21quoi qu'il arrive toujours
00:40:22à la cour d'assises.
00:40:22D'ailleurs vous-même,
00:40:23Mesdames et Messieurs
00:40:24les sénateurs,
00:40:24vous avez souhaité
00:40:25dans votre propre proposition de loi
00:40:27restreindre la cour d'assises
00:40:28sur les affaires de narcotrafic
00:40:30avec une cour d'assises spécialisée
00:40:31pour éviter un certain nombre
00:40:32de difficultés
00:40:33qui touchent notamment
00:40:33le jury d'assises.
00:40:34D'ailleurs je constate
00:40:35Mme la Présidente
00:40:36qu'il y a une sorte de paradoxe
00:40:38parfois qui est reproché
00:40:38à la chancellerie
00:40:39puisqu'on demande
00:40:40des magistrats
00:40:41extrêmement spécialisés
00:40:42en cours criminels
00:40:43jugeant essentiellement
00:40:45des violences faites aux femmes
00:40:46disant qu'ils ne sont pas
00:40:47assez spécialisés
00:40:48lorsqu'ils siègent
00:40:49en cours criminels
00:40:49et en demandant
00:40:50en même temps
00:40:51la fin des cours criminels
00:40:51et le retour
00:40:52au cours d'assises.
00:40:53La cour d'assises
00:40:53c'est formidable,
00:40:54je suis très attaché
00:40:55au jury populaire personnellement
00:40:56mais enfin le juré
00:40:56c'est tout
00:40:57sauf des gens spécialisés.
00:40:59Ce sont des personnes
00:41:00qui sont tirées au sort
00:41:01certes qui sont accompagnées
00:41:03par le Président
00:41:04de la cour d'assises
00:41:05mais enfin qui ne sont pas
00:41:06haut à la pointe
00:41:06du consentement
00:41:07ou du contrôle coercitif.
00:41:09Donc je crains
00:41:10que l'on reproche
00:41:11à peu près
00:41:11toute forme de changement
00:41:13et peut-être que la question
00:41:15bien sûr
00:41:16mérite d'être posée
00:41:17de la qualité
00:41:17mais je ne vois pas
00:41:18où est la qualité
00:41:19de la justice
00:41:19quand quelqu'un attend
00:41:207 ans, 8 ans, 9 ans
00:41:21la condamnation
00:41:22de l'auteur
00:41:22de son viol
00:41:24ou de l'homicide
00:41:25de ses parents
00:41:25ou de l'inceste
00:41:27qu'il a connu.
00:41:28Voilà.
00:41:29Je pense que
00:41:29les deux articles
00:41:30sont différents
00:41:31et de ce point de vue
00:41:31l'article 2
00:41:32est bien plus important
00:41:32que l'article 1er.
00:41:33L'article 1er
00:41:34c'est 600 personnes
00:41:36peut-être concernées
00:41:37par an
00:41:38d'après les procureurs généraux.
00:41:40Imaginons que la moitié
00:41:41seulement accepte
00:41:42la procédure.
00:41:43Ce ne seront que 300 dossiers
00:41:44sur 6000.
00:41:46Le plus important
00:41:46c'est le deuxième article
00:41:48qui nous permettra
00:41:49de juger bien plus
00:41:51puisqu'on créera
00:41:52beaucoup plus de cours
00:41:53criminels
00:41:53et puis tout un tas
00:41:54d'autres sujets
00:41:55que vous avez retenus
00:41:55évidemment
00:41:56dans cet article
00:41:57important et complexe.
00:41:58La troisième question
00:42:01que vous posez
00:42:02c'est finalement
00:42:03pourquoi on a retenu
00:42:04un certain nombre
00:42:04de dispositions.
00:42:06Comme on a peu de temps
00:42:07parlementaires
00:42:08le ministre de l'Intérieur
00:42:09et j'ai été ministre
00:42:10de l'Intérieur avant lui
00:42:10je ne lui en fais pas grève
00:42:11il s'est dit
00:42:11tiens tu as un texte
00:42:12qui arrive
00:42:13ce serait bien
00:42:13que tu me prennes
00:42:13ces dispositions.
00:42:14J'en ai refusé énormément
00:42:16il y en avait
00:42:17deux qui rentraient
00:42:18à peu près dans le champ
00:42:18de ce que nous faisions
00:42:19à la fois des sujets
00:42:19sur les OPJ
00:42:20je pense que sur
00:42:22la génération OPJ
00:42:23APJ
00:42:25je ne pense pas
00:42:25qu'il y a un grand débat
00:42:26sur ce sujet
00:42:27je pense que c'est
00:42:28frappé du coin
00:42:28du bon sens
00:42:29elle complète
00:42:29la loi 2023
00:42:30par ailleurs
00:42:31il y a le FNAEG
00:42:32qui pose des questions
00:42:33très différentes
00:42:34de la généalogie génétique
00:42:35et pour lequel
00:42:36je peux très bien comprendre
00:42:37qu'il y a un débat
00:42:38je me suis ouvert
00:42:38avec le ministre de l'Intérieur
00:42:39et puis il y a la question
00:42:40de la visioconférence
00:42:41que vous aviez acceptée
00:42:43pour le renouvellement
00:42:44des gardes à vue
00:42:44lorsque j'étais ministre de l'Intérieur
00:42:45mais qu'on n'avait pas proposé
00:42:50donc c'est des dispositions
00:42:51d'ailleurs que je défendrais
00:42:52évidemment par solidarité
00:42:53gouvernementale
00:42:53mais dont les dispositions
00:42:54ont été introduites
00:42:55dans le texte
00:42:56pour pouvoir les défendre
00:42:57évidemment pour les services
00:42:59de police
00:42:59le plus rapidement possible
00:43:01puisque le texte
00:43:01de l'Intérieur
00:43:01ne prévoyait pas
00:43:02à l'époque
00:43:03il n'y avait que les polices municipales
00:43:04qui étaient à l'ordre du jour
00:43:05du Parlement
00:43:05le texte qu'il a depuis proposé
00:43:07qu'il appelle le riposte
00:43:08donc peut-être
00:43:09si vous les censurez
00:43:09ou si vous les amendez
00:43:11qu'il pourra éventuellement reprendre
00:43:12s'il le souhaite
00:43:13dans le texte
00:43:14qu'il a désormais proposé
00:43:15sous l'autorité
00:43:16de monsieur le Premier ministre
00:43:17sans revenir sur
00:43:19ce qu'a pu indiquer
00:43:21d'ores et déjà
00:43:22ma collègue
00:43:22Marie-Pierre Delagontry
00:43:24et sur les points
00:43:26sur lesquels
00:43:27vous avez déjà répondu
00:43:28je pense qu'on aura
00:43:29largement ce débat
00:43:31en séance
00:43:32je voulais néanmoins
00:43:34moi aussi venir
00:43:35sur la question
00:43:35des infractions
00:43:37à caractère sexuel
00:43:38vous avez indiqué
00:43:40tout à l'heure
00:43:41qu'une grande partie
00:43:43du droit
00:43:44qui porte sur ces infractions
00:43:48ce technici
00:43:49si je puis dire ça
00:43:50comme ça
00:43:50en faisant référence
00:43:51au contrôle coercitif
00:43:52et à d'autres textes
00:43:53de loi
00:43:53qu'on a pu adopter
00:43:56en indiquant
00:43:57que ça nécessitait
00:43:57des magistrats
00:43:58de plus en plus informés
00:44:00de plus en plus formés
00:44:01est-ce que vous pouvez
00:44:03nous indiquer
00:44:03pour quelles raisons
00:44:04vous n'avez pas
00:44:06intégré dans ce texte
00:44:07une proposition
00:44:08que font
00:44:08certaines
00:44:10féministes
00:44:10et certaines associations
00:44:12féministes
00:44:12sur la juridiction
00:44:13spécialisée
00:44:14en la matière
00:44:16première question
00:44:17et puis peut-être
00:44:20assortir
00:44:20cette question
00:44:21néanmoins
00:44:21d'un commentaire
00:44:23parce que je
00:44:23suis moi
00:44:25pas plus que vous
00:44:26enfin en tout cas
00:44:27même certainement
00:44:27moins que vous
00:44:28encore spécialiste
00:44:29de toutes ces questions-là
00:44:30n'étant pas non plus
00:44:32avocate magistrate
00:44:33juriste
00:44:34et encore moins
00:44:35garde des Sceaux
00:44:35mais il me semble
00:44:37néanmoins
00:44:38que la question
00:44:39du jury populaire
00:44:41n'est pas liée
00:44:42qu'à la question
00:44:43de la technicité
00:44:44de l'expertise
00:44:46ou du professionnalisme
00:44:48dans une cour d'assises
00:44:49il y a des magistrats
00:44:50qui sont professionnels
00:44:51c'est eux
00:44:52qu'ils sont là
00:44:54pour aider
00:44:54à juger en droit
00:44:55le jury populaire
00:44:56n'est pas là
00:44:57pour faire le boulot
00:44:57des magistrats
00:44:59le jury populaire
00:45:00il est là
00:45:00pour porter la parole
00:45:01du peuple
00:45:02et justement
00:45:02s'assurer
00:45:03qu'à travers les règles
00:45:04ce sont aussi
00:45:04les règles
00:45:05de la vie en société
00:45:07qu'on s'est donné
00:45:08qui sont respectés
00:45:09le jury populaire
00:45:10il est là aussi
00:45:11pour justement
00:45:13juger de phénomènes
00:45:15comme vous les avez appelés
00:45:16de société
00:45:16je ne sais pas
00:45:17si c'est exactement
00:45:17le bon terme
00:45:18mais en tout cas
00:45:18je le reprends à mon compte
00:45:20parce que je vois
00:45:20ce que vous voulez dire
00:45:21donc moi je ne crois pas
00:45:22que parce que les sujets
00:45:23sont de plus en plus techniques
00:45:25on a plus besoin
00:45:26de magistrats professionnels
00:45:27que de jurés populaires
00:45:28en tout cas moi
00:45:29je n'opposerai pas les deux
00:45:30et je n'en ferai pas
00:45:31l'argument principal
00:45:33pour considérer
00:45:34que sur ces sujets là
00:45:35on aurait plus ou moins besoin
00:45:37de magistrats formés
00:45:38ou d'une juridiction
00:45:40pardon
00:45:40spécialisée
00:45:41donc voilà
00:45:44la question
00:45:45que je voulais vous poser
00:45:46et puis
00:45:46dire quand même
00:45:48puisque je parlais
00:45:48des associations féministes
00:45:50que
00:45:51beaucoup d'entre elles
00:45:52considèrent
00:45:53et je reconnais avec vous
00:45:55que le sujet
00:45:55est complexe
00:45:56mais beaucoup d'entre elles
00:45:58considèrent que
00:45:59c'est faire peser
00:46:01un poids extrêmement lourd
00:46:02sur les épaules
00:46:03de la victime
00:46:04que de lui faire
00:46:07acquiescer
00:46:07à ce plaidé coupable
00:46:09c'est vrai que
00:46:10certaines
00:46:11de ces victimes
00:46:13peuvent préférer
00:46:14être jugées plus vite
00:46:15c'est vrai sans doute
00:46:16que certaines d'entre elles
00:46:17veulent échapper
00:46:19ainsi aussi
00:46:19à la victimisation secondaire
00:46:21mais ce qui est vrai aussi
00:46:22en tout cas
00:46:23nous disent les associations
00:46:24qui s'intéressent
00:46:26à ces questions
00:46:26c'est que
00:46:27lui faire décider
00:46:28à elles
00:46:30que le plaidé coupable
00:46:32est mieux
00:46:32c'est lui faire porter
00:46:34une grande responsabilité
00:46:35surtout quand on sait
00:46:35que dans 90% des cas
00:46:37le violeur
00:46:38est connu
00:46:39de la victime
00:46:40voilà
00:46:41donc c'est aussi
00:46:42ces questionnements-là
00:46:43que nous avons en tête
00:46:45dans l'examen
00:46:46de ce projet de loi
00:46:47et que nous aurons en tête
00:46:48au moment de la séance
00:46:50en portant ou pas
00:46:51des amendements
00:46:52sur ces questions
00:46:52merci
00:46:55alors sur la juridiction spécialisée
00:46:57moi j'y suis
00:46:57personnellement favorable
00:47:00et j'ai d'abord
00:47:01j'ai un amendement
00:47:02que je garde par deux vers moi
00:47:04si je t'ai dit
00:47:05devant la délégation
00:47:06des droits des femmes
00:47:06que j'ai reçu à deux fois
00:47:07une fois parce que
00:47:08vous m'avez invité
00:47:09madame la rapporteure
00:47:10et puis ensuite
00:47:11encore très récemment
00:47:13j'ai dit ici
00:47:13la délégation des droits des femmes
00:47:14parce que c'est un sujet
00:47:16complexe
00:47:16qui traverse d'ailleurs
00:47:17je crois tous les groupes politiques
00:47:18je ne suis pas sûr
00:47:19que tout le monde soit
00:47:20d'accord sur tout
00:47:21j'ai dit
00:47:21si vous êtes favorable
00:47:22à ce qu'on transforme
00:47:22la cour criminelle
00:47:25en cours des crimes sexuels
00:47:28je sais faire
00:47:29dans le cadre de cette loi
00:47:31un quasi moyen constant
00:47:33et qui permettra
00:47:33une plus grande spécialisation
00:47:34et qui répondra
00:47:35à une demande
00:47:35d'une partie des associations
00:47:37une partie seulement
00:47:38parce que je crois
00:47:39que toutes les associations
00:47:39ne sont pas totalement favorables
00:47:40non plus
00:47:41et malheureusement
00:47:42je ne trahis pas
00:47:43la discussion que j'ai
00:47:59vous avez dit tout à l'heure
00:47:59vous-même
00:48:00le fait de le faire
00:48:02potentiellement
00:48:02via un amendement
00:48:03nous prive
00:48:04d'un certain nombre
00:48:05d'informations
00:48:06sur le sujet
00:48:06y compris l'étude d'impact
00:48:08l'avis du conseil d'état
00:48:09etc
00:48:10donc on aurait
00:48:11su pu être le contraire
00:48:13le mettre dans le texte
00:48:14et le retirer
00:48:15si d'aventure
00:48:17la délégation aux droits des femmes
00:48:18ou d'autres
00:48:18vous posez la question
00:48:20alors j'entends
00:48:21d'abord l'un n'empêche pas l'autre
00:48:23je peux très bien
00:48:23déposer un amendement
00:48:24saisir le conseil d'état
00:48:25et on peut en reparler
00:48:26très largement
00:48:26lorsqu'on aura un débat
00:48:27au retour de l'Assemblée nationale
00:48:29il n'y a aucun problème
00:48:29simplement
00:48:30comme je me méfie parfois
00:48:32madame la sénatrice
00:48:33il se trouve que
00:48:33quand je propose A
00:48:34parfois on peut me dire
00:48:35qu'il fallait faire B
00:48:36et que quand je fais B
00:48:36on me dit
00:48:36franchement c'est scandaleux
00:48:37vous auriez dû faire A
00:48:38j'ai entendu
00:48:39lorsque je suis venu
00:48:40il y a plus de 3 mois
00:48:42discuter de ce sujet
00:48:43des gens me dire
00:48:43si vous venez avec ça
00:48:44on considérera
00:48:45que c'est un mépris
00:48:46de la parole des femmes
00:48:47puisque vous mettez
00:48:48deux côtés dans une cour
00:48:49spécialisée
00:48:49quelque chose qui doit
00:48:50être entendu
00:48:51par tout le monde
00:48:52donc j'avais peur
00:48:53entre nous soit dit
00:48:54que si je venais avec
00:48:54une cour spécialisée
00:48:55des visions sexuelles
00:48:56vous me disiez
00:48:56mais comme c'est incroyable
00:48:57vous cherchez à invisibiliser
00:49:00cet état de fait
00:49:01de société
00:49:02et vous mettez deux côtés
00:49:03en plus avec des magistrats
00:49:04parce que ça pose
00:49:05d'autres problèmes
00:49:05la cour spécialisée
00:49:06il faut trouver des magistrats
00:49:08qui restent dans ces cours
00:49:10c'est pas
00:49:11on l'a vu d'ailleurs
00:49:12dans d'autres pays
00:49:12pas extrêmement attractif
00:49:13de faire pendant 15 ou 20 ans
00:49:15des crimes sexuels
00:49:16d'ailleurs ils ont
00:49:17des tas de problèmes
00:49:18de trouver des avocats
00:49:19qui pour le coup
00:49:20sont
00:49:21voilà bien sûr
00:49:21est-ce qu'on fait
00:49:22un parquet spécialisé
00:49:23ou non
00:49:24donc ça pose des questions
00:49:25plus larges
00:49:25donc j'ai un peu peur
00:49:26que ce soit
00:49:28une tenue de nessus
00:49:29que celle
00:49:31que vous essayez
00:49:31de me faire porter
00:49:32je vous dis juste
00:49:33que si le parlement
00:49:34en est d'accord
00:49:35je suis prêt à le faire
00:49:36pour éviter l'article 40
00:49:38et de le porter
00:49:39mais j'ai cru pour comprendre
00:49:40qu'il y avait
00:49:40une différence trop forte
00:49:42d'ailleurs je constate
00:49:42notamment dans la loi intégrale
00:49:44qui a été proposée
00:49:44à l'assemblée nationale
00:49:45qui reprend une partie
00:49:47des dispositions
00:49:48qu'il est à la fois écrit
00:49:49dans cette loi intégrale
00:49:50qu'on doit spécialiser
00:49:52les cours
00:49:54sur les violences faites aux femmes
00:49:55mais on doit supprimer
00:49:56la cour criminelle
00:49:56et revenir au jury populaire
00:49:59donc c'est pour ça que je vous dis
00:50:00qu'il faut juste qu'on tranche
00:50:01le nœud gordien
00:50:01qui est un nœud très difficile
00:50:02à trancher par ailleurs
00:50:03parce que je me permettrais
00:50:05de dire madame la sénatrice
00:50:06que les magistrats
00:50:07rendent la justice
00:50:07au nom du peuple français
00:50:09voilà ce n'est pas
00:50:10que le jury populaire
00:50:11qui le fait
00:50:13mais le jury populaire
00:50:14évidemment
00:50:14et moi j'y suis
00:50:15encore une fois
00:50:16extrêmement attaché
00:50:17je vous dis juste
00:50:17que c'est un petit peu
00:50:19contradictoire
00:50:20avec la volonté
00:50:21de spécialisation
00:50:22et bien sûr
00:50:23que les magistrats professionnels
00:50:24sont là pour guider
00:50:25mais enfin
00:50:25on sait tous
00:50:26même si le secret
00:50:28délibéré est très important
00:50:29il y a des moments
00:50:30où le jury populaire
00:50:30n'a pas suivi
00:50:31les magistrats professionnels
00:50:32et je pense que
00:50:33il y a des avocats
00:50:34qui ont plaidé aux assises ici
00:50:35ce que je n'ai pas eu
00:50:36l'honneur de faire
00:50:37et pourrais vous l'expliquer
00:50:38mieux que je ne peux le faire
00:50:40donc à la fin
00:50:41la cour d'assises
00:50:41vous savez
00:50:42c'est très favorable
00:50:43pour le garde des Sceaux
00:50:44parce que
00:50:45si je regarde simplement
00:50:46les choses extrêmement concrètes
00:50:47en moyen
00:50:49c'est trois magistrats professionnels
00:50:50au lieu de cinq
00:50:51donc pour quelqu'un
00:50:52qui essaie de juger
00:50:53plus de crimes
00:50:53la cour d'assises
00:50:54c'est plutôt
00:50:57plutôt sympathique
00:50:58surtout que
00:50:58la cour criminelle
00:50:59aujourd'hui
00:50:59c'est deux jours
00:51:00à deux jours et demi
00:51:00d'audience
00:51:01la cour d'assises
00:51:01c'est trois jours en moyenne
00:51:02on ne gagne pas tant
00:51:03de temps que ça
00:51:04en cour criminelle
00:51:04vraiment pas tant
00:51:06de temps que ça
00:51:08donc pardon
00:51:10alors
00:51:11non je n'ai rien proposé
00:51:12du tout
00:51:12parce que je pense
00:51:12que ceux qui ont écrit
00:51:13ces articles
00:51:14n'ont pas lu
00:51:14ni la constitution
00:51:16ni la déclaration
00:51:17des droits de l'homme
00:51:17qui empêche
00:51:18le garde des Sceaux
00:51:19d'intervenir
00:51:19dans l'organisation
00:51:20dans l'organisation
00:51:22des cours d'appel
00:51:23et des chambres
00:51:24ce qui est tout à fait vrai
00:51:25en revanche
00:51:25madame la sédatrice
00:51:26c'est que pour rencontrer
00:51:27énormément de victimes
00:51:28en ce moment
00:51:29je me retrouve dans une situation
00:51:30où non seulement
00:51:31les gens me disent
00:51:31à la fin de l'instruction
00:51:32madame de la Gontry
00:51:33à la fin de l'instruction
00:51:34j'attends depuis 4 ans
00:51:35à la fin de l'instruction
00:51:37j'entends que l'instruction
00:51:38soit longue
00:51:38j'entends qu'on puisse
00:51:39réduire l'instruction
00:51:40j'entends qu'il faille
00:51:41et je vais en parler
00:51:42des râches
00:51:43parce que je ne vous ai pas
00:51:44répondu sur vos propositions
00:51:45de juge d'instruction
00:51:46supplémentaire
00:51:47mais j'entends tout ça
00:51:51j'attends depuis 4 ans
00:51:52depuis 5 ans
00:51:53la seule nouvelle que j'ai
00:51:54du ministère de la justice
00:51:56c'est quand je reçois
00:51:57des lettres de demande
00:51:58de remise en liberté
00:51:58de mon auteur
00:52:00parfois 14 lettres
00:52:01depuis 4 ans
00:52:03lorsque mon avocat
00:52:04me dit au déboté
00:52:05tiens j'ai rencontré
00:52:06ma consoeur
00:52:08qui m'a dit
00:52:08que l'auteur était décédé
00:52:09parce qu'elle le défendait
00:52:11et donc du coup
00:52:11il n'y aura pas de procès
00:52:12et que la justice
00:52:13ne prend même pas le soin
00:52:13de prévenir qu'il n'y aura pas de procès
00:52:14j'ai attendu pendant 4 ans
00:52:16après l'instruction en procès
00:52:17et puis il est mort
00:52:17et du coup il n'y aura pas de procès
00:52:18je n'aurai pas de justice
00:52:19et j'entends aussi
00:52:20beaucoup de victimes
00:52:21qui me disent
00:52:23notre difficulté
00:52:24c'est que là on nous a dit
00:52:24tiens vous avez une journée
00:52:26on a le droit à une journée
00:52:27une journée et demie
00:52:27on a ça dans 6 mois
00:52:31ou dans un an
00:52:32ou dans un an et demi
00:52:33parfois maintenant
00:52:33on convoque les gens
00:52:34pour le deuxième semestre
00:52:362027 en ce moment
00:52:37voilà
00:52:37donc les gens reçoivent une lettre
00:52:38ils disent
00:52:39ah bah tiens septembre
00:52:40c'est super
00:52:40ils n'avaient pas vu
00:52:40qu'il s'est marqué 2027
00:52:41ils sont déçus
00:52:42et vous avez le droit
00:52:43à une journée
00:52:43une journée et demie
00:52:44et si ça traîne trop
00:52:45on renverra
00:52:46qu'est-ce que font les victimes
00:52:47aujourd'hui vous savez très bien
00:52:48elles ne font citer parfois
00:52:49même pas de témoins
00:52:50pour tenir dans la journée
00:52:51dans la journée et demie
00:52:52et que fait la personne
00:52:53qui est accusée
00:52:54bah elle cite 4, 5 témoins
00:52:55d'ailleurs dans l'article 2
00:52:56on n'en parle pas
00:52:57mais c'est très important
00:52:57nous proposons
00:52:58que la réunion préparatoire
00:53:00soit conclusive
00:53:01pour qu'on puisse au moins
00:53:02se mettre d'accord
00:53:03quand on s'est mis d'accord
00:53:03avec le magistrat
00:53:04pour dire chacun cite 3 témoins
00:53:05chacun cite 3 témoins
00:53:06c'est très bien
00:53:07et sauf phénomène exceptionnel
00:53:08évidemment qu'on laisse
00:53:11au pouvoir du président
00:53:13ou de la présidente
00:53:14qui va présider la cour criminelle
00:53:16de dire bah voilà
00:53:17évidemment c'est un événement exceptionnel
00:53:18on fait citer la personne exceptionnelle
00:53:19mais aujourd'hui
00:53:20c'est des victimes
00:53:21qui sont maltraitées
00:53:21qui nous font citer
00:53:22très peu de témoins
00:53:23avant pas de témoins
00:53:24très peu d'experts
00:53:25ou pas d'experts
00:53:26très peu de personnes
00:53:27parce qu'on veut simplement
00:53:27que ça tienne dans la journée et demie
00:53:29parce que ça fait 6 ans
00:53:29qu'on attend son procès
00:53:31et quand on renvoie cela
00:53:32après une journée
00:53:33une journée et demie
00:53:33deux jours
00:53:34bah c'est à Matusalem
00:53:36vous imaginez la violence
00:53:38qu'elles subissent
00:53:38voilà
00:53:39et donc comme vous l'avez dit
00:53:41d'ailleurs tout à l'heure
00:53:41Madame Lagontri
00:53:42et que tous
00:53:43on constate
00:53:44et comme vous d'ailleurs
00:53:44qu'on maltraite énormément
00:53:46les victimes
00:53:46la question c'est
00:53:47quelles sont les propositions
00:53:49alternatives à celles
00:53:50que je propose
00:53:50moi je suis tout à fait prêt
00:53:51encore une fois
00:53:52je vous l'ai dit
00:53:52à prendre les choses
00:53:54où qu'elles viennent
00:53:54parce que je pense
00:53:54que c'est un sujet
00:53:55d'intérêt général
00:53:56et que ça dépasse un peu
00:53:57les sujets politiques
00:53:58donc sur la cour des crimes sexuels
00:54:00d'ailleurs dans d'autres pays
00:54:02comme l'Espagne
00:54:02il y a les cours des crimes
00:54:03c'est une cour des genres
00:54:05du genre
00:54:05de violence de genre
00:54:07donc qui prend aussi
00:54:08les délits et les crimes
00:54:08nous c'est pas notre tradition
00:54:10de mélanger délits et crimes
00:54:11mais est-ce que c'est la question
00:54:14qui prévoit donc une grosse place
00:54:16au plaidé coupable
00:54:18la question est ouverte
00:54:20et moi je suis prêt
00:54:20évidemment à en discuter
00:54:22mais j'ai compris
00:54:22qu'il n'y avait pas
00:54:22je crois madame la rapporteure
00:54:24d'unanimité
00:54:25loin sans faux
00:54:26quels que soient
00:54:26les groupes politiques
00:54:27sur cette question
00:54:29et j'accueille en salle
00:54:30des conférences
00:54:30David Marguerite
00:54:31bonjour
00:54:32bonjour
00:54:32vous êtes sénateur
00:54:33LR de la Manche
00:54:34un des deux co-rapporteurs
00:54:35de ce projet de loi
00:54:36Gérald Darmanin
00:54:36qui arrive donc
00:54:37la semaine prochaine au Sénat
00:54:39que dire de ce projet de loi
00:54:40sur la justice criminelle
00:54:41et le respect des victimes
00:54:42je chercherai le consensus
00:54:44le plus important possible
00:54:45a dit hier
00:54:46le garde des Sceaux
00:54:47conseil national des barreaux
00:54:49qui a appelé
00:54:49un grand rassemblement
00:54:50le 13 avril
00:54:51contre ce projet de loi
00:54:51que dire de ce texte ?
00:54:53alors d'abord
00:54:53je dirais que c'est un texte
00:54:54qui s'inscrit dans une réalité
00:54:55qui est largement partagée
00:54:56à savoir
00:54:58l'embolisation progressive
00:54:59de la justice criminelle
00:55:01qui est étayée
00:55:03avec des chiffres
00:55:03extrêmement précis
00:55:04puisque le stock
00:55:06d'affaires
00:55:06en jugement
00:55:07est aujourd'hui
00:55:07à plus de 6 000
00:55:08il a très fortement progressé
00:55:10ces dernières années
00:55:11et ce il faut le reconnaître
00:55:12avec malgré tout
00:55:13un renforcement
00:55:13des moyens des magistrats
00:55:14pourquoi il y a cette embolie ?
00:55:16parce qu'en effet
00:55:17il y a un mouvement
00:55:18de fin de correctionnalisation
00:55:21qui engorge
00:55:22les cours criminels
00:55:23départementales
00:55:23d'une certaine manière
00:55:24il y a montée
00:55:25d'instructions aussi
00:55:26très fortes
00:55:27notamment en matière
00:55:29de crimes organisés
00:55:31etc
00:55:31donc il faut agir
00:55:33bien sûr que ce texte
00:55:34ne peut pas répondre
00:55:35à lui seul
00:55:35à la problématique
00:55:36que nous partageons tous
00:55:37sur l'embolisation
00:55:38de la justice criminelle
00:55:39mais c'est un texte
00:55:40qui apporte une réponse
00:55:42qui n'est pas la réponse
00:55:43bien évidemment
00:55:44puisque la réponse
00:55:45elle repose d'abord
00:55:46sur l'augmentation
00:55:46très importante
00:55:47des moyens
00:55:47la France est en retard
00:55:50nous le savons
00:55:51sur ce terrain là
00:55:53et nous sommes très en dessous
00:55:54de la moyenne européenne
00:55:55le garde des Sceaux
00:55:56qui a parlé de réduire
00:55:57de moitié
00:55:57les délais de justice
00:55:58c'était ma question suivante
00:56:00est-ce qu'il n'y a pas
00:56:00plutôt urgence
00:56:01à développer les moyens
00:56:02de la justice
00:56:02qu'en fait de changer
00:56:04les procédures
00:56:04pour réduire ces délais
00:56:05on se dit qu'on prend
00:56:07la tangente
00:56:08parce qu'on n'a pas
00:56:08les moyens
00:56:08bien sûr d'abord
00:56:09je le dis
00:56:10moi je l'ai affirmé
00:56:11tout au long des auditions
00:56:12et je l'affirmerai en séance
00:56:13la question
00:56:14elle est d'abord
00:56:14une question de moyens
00:56:15et nous devons augmenter
00:56:16les moyens
00:56:17pour rattraper notre retard
00:56:18et faire en sorte
00:56:19qu'il y ait davantage
00:56:20de magistrats
00:56:21dans notre pays
00:56:21néanmoins ce texte
00:56:22je le disais
00:56:23il apporte des réponses
00:56:24et notamment
00:56:24une procédure
00:56:25qui a beaucoup fait parler
00:56:27c'est la procédure
00:56:28de plaider coupable
00:56:29on pourrait le dire comme ça
00:56:30c'est le principal point
00:56:31de difficulté
00:56:32selon notamment
00:56:33les opposants du texte
00:56:34le projet de loi
00:56:34qui prévoit l'instauration
00:56:36donc d'une procédure
00:56:36de plaider coupable
00:56:37en matière criminelle
00:56:39à la condition
00:56:40qu'elle soit acceptée
00:56:41par l'ensemble des parties
00:56:42avec donc des procès
00:56:43plus courts
00:56:44sans témoins
00:56:45ni experts
00:56:46alors est-ce que
00:56:47vous êtes d'accord
00:56:48avec ce plaidé coupable ?
00:56:49alors d'abord je dirais
00:56:50que c'est une procédure
00:56:51qui est une option
00:56:51elle n'est pas une obligation
00:56:53elle vient rajouter
00:56:54une option
00:56:54pour les victimes
00:56:55et les accusés
00:56:55elle ne vient pas
00:56:56se substituer
00:56:57au système
00:56:57en cours
00:56:58c'est une option
00:56:59dont on estime
00:57:00qu'elle sera utilisée
00:57:02dans 5 à 15%
00:57:03des cas
00:57:03en fonction de la fourchette
00:57:04mais qui peut avoir
00:57:06et c'est là où je le disais
00:57:06tout à l'heure
00:57:07qui peut représenter
00:57:08une solution
00:57:09tant pour les victimes
00:57:10que pour les accusés
00:57:11puisque en effet
00:57:11dans certaines procédures
00:57:12je pense en particulier
00:57:13à des procédures intrafamiliales
00:57:15je pense aux affaires
00:57:16de viol incestueux
00:57:18en particulier
00:57:18où ça peut être une solution
00:57:19selon vous ?
00:57:20où ça peut être une solution
00:57:20et d'abord pour la victime
00:57:21parce que je pense
00:57:23à la victime
00:57:24qui n'a pas envie
00:57:25que l'affaire dure trop longtemps
00:57:266 ans
00:57:26et que ça se fasse
00:57:29avec une audience publique
00:57:31extrêmement longue
00:57:32et très solennelle
00:57:33parce que oui
00:57:35je crois
00:57:35à la vertu restauratrice
00:57:37de la justice
00:57:37la plupart du temps
00:57:38l'audience a une vertu restauratrice
00:57:40mais ce n'est pas toujours le cas
00:57:41et cette procédure
00:57:42en prend acte
00:57:42et elle apporte
00:57:42une option de plus
00:57:43dans le système judiciaire
00:57:44qui est une option
00:57:45me semble-t-il utile
00:57:46Est-ce que vous avez
00:57:48modifié le dispositif
00:57:49en commission
00:57:49mercredi matin
00:57:50pour l'aménager
00:57:51le revoir
00:57:52et peut-être rassurer
00:57:53les avocats ?
00:57:54Absolument
00:57:54et j'étais avocat moi-même
00:57:55donc je mesure
00:57:56les inquiétudes des avocats
00:57:58qui étaient d'ailleurs
00:57:58des inquiétudes très fortes
00:57:59au moment de la mise en place
00:58:01il y a quelques années
00:58:01de la CRPC
00:58:02c'est-à-dire d'une procédure
00:58:03de plaider coupable
00:58:04en matière délictuelle
00:58:05aujourd'hui
00:58:06il y a quand même
00:58:07un consensus pour dire
00:58:08que ça fonctionne bien
00:58:08dans certains cas
00:58:09et je pense
00:58:10que pour rassurer les avocats
00:58:11un certain nombre
00:58:12de garde-fous
00:58:13ont été mis en place
00:58:13dans la commission
00:58:15Très concrètement
00:58:16on a rallongé le délai
00:58:17pour que la victime
00:58:18puisse s'opposer
00:58:19à la procédure
00:58:20de plaider coupable
00:58:21nous avons également
00:58:22introduit quelque chose
00:58:23de totalement novateur
00:58:24qui est que la victime
00:58:25sera consultée
00:58:26par le procureur
00:58:27de la République
00:58:28sur la peine envisagée
00:58:29et donc l'avis de la victime
00:58:31il pourra en être tenu compte
00:58:33pour peut-être
00:58:34faire en sorte
00:58:34que le procureur
00:58:35finalement abandonne
00:58:36son idée
00:58:36de procéder
00:58:37à un plaidé coupable
00:58:38et puis l'audience
00:58:39d'homologation
00:58:41arrivera à la fin
00:58:42de la procédure
00:58:42pour dire si la peine
00:58:44qui est proposée
00:58:44elle est juste
00:58:45ou elle ne l'est pas
00:58:46et donc je crois
00:58:47que ces garanties
00:58:48que nous avons introduites
00:58:49à la commission des lois
00:58:49permettent de rassurer
00:58:50aujourd'hui
00:58:51les inquiétudes légitimes
00:58:52qui peuvent être soulevées
00:58:53ici ou là
00:58:53j'ai une dernière question
00:58:54il nous reste 30 secondes
00:58:56vous l'avez dit
00:58:56vous étiez avocat
00:58:57de profession
00:58:58avant d'entrer en politique
00:59:00qu'est-ce que vous avez envie
00:59:01de dire à vos anciens
00:59:02collègues avocats
00:59:03aujourd'hui
00:59:03ils peuvent être assurés
00:59:04par la version du Sénat
00:59:06lever leur demande
00:59:07de grève
00:59:08la semaine prochaine
00:59:09écoutez moi
00:59:09je ne vais pas leur donner
00:59:10des mots d'ordre
00:59:11mais je crois en effet
00:59:11que le travail
00:59:12qui a été mené
00:59:13avec Dominique Vérien
00:59:14qui est ma co-rapporteur
00:59:15centriste
00:59:16est un travail de fond
00:59:18qui a permis
00:59:19de mettre en place
00:59:19des garde-fous
00:59:20qui vont dans le sens
00:59:22des préoccupations
00:59:22des avocats
00:59:23du respect des droits
00:59:25de la défense
00:59:25et du renforcement
00:59:27considérable
00:59:27des droits de la victime
00:59:28et puis je dirais
00:59:29que ce texte
00:59:29il y a d'autres volets
00:59:30je pense au fichier
00:59:32national automatisé
00:59:33des empreintes génétiques
00:59:34qui est étendu
00:59:34pour pouvoir aller plus vite
00:59:36dans l'élucidation des enquêtes
00:59:37il n'y a pas que
00:59:37le plaidé coupable
00:59:38dans ce texte
00:59:39il y a également
00:59:39d'autres éléments
00:59:40qui me semblent
00:59:41aller dans le sens
00:59:41d'une justice plus rapide
00:59:42et plus efficace
00:59:43et bien merci
00:59:43merci pour ces explications
00:59:45à ce micro
00:59:45et on suivra donc
00:59:46l'examen de ce texte
00:59:47à partir du 13 avril
00:59:48donc en séance au Sénat
00:59:49Merci beaucoup
00:59:53Allez deuxième invité
00:59:55sur ce thème
00:59:55j'accueille Simard
00:59:56et Pierre de la Contrie
00:59:57Bonjour
00:59:57Vous êtes sénatrice
00:59:58PS de Paris
00:59:59chef de file
01:00:00du groupe socialiste
01:00:01au Sénat
01:00:02sur ce texte
01:00:03quel est l'avis
01:00:04de votre groupe politique
01:00:05sur ce projet de loi
01:00:06d'Armanin ?
01:00:07On a vu qu'il a été
01:00:08modifié en commission
01:00:10hier matin
01:00:10qu'est-ce que va faire
01:00:11le groupe socialiste
01:00:12sur ce texte ?
01:00:13Écoutez c'est un texte
01:00:14sur lequel on partage
01:00:15le diagnostic
01:00:16de l'encombrement
01:00:17de la justice criminelle
01:00:18au passage
01:00:19on pourrait s'intéresser
01:00:20à l'encombrement
01:00:21de la justice civile
01:00:21ou de la justice sociale
01:00:23mais on le partage
01:00:24totalement bien sûr
01:00:25mais les réponses
01:00:26nous paraissent
01:00:28comment dire
01:00:29un peu
01:00:29pas adaptées
01:00:31un peu simplistes
01:00:32faisant un peu
01:00:33un sort
01:00:36néfaste
01:00:37aux victimes
01:00:38qui n'ont plus
01:00:39beaucoup de place
01:00:40et sacrifiant
01:00:41des grands principes
01:00:42du droit pénal
01:00:44criminel
01:00:44ce qui nous semble
01:00:46problématique
01:00:47alors que le texte
01:00:48s'appelle
01:00:48projet de loi
01:00:49sur la justice criminelle
01:00:50et le respect
01:00:51des victimes
01:00:51c'est au coeur
01:00:52de ce texte
01:00:53normalement
01:00:54vous le dites
01:00:54ça n'est pas assez
01:00:55pris en compte
01:00:55la parole de la victime
01:00:56même si elle est prévenue
01:00:58lorsqu'elle plaît
01:00:58des coupables
01:00:59en amont
01:00:59etc
01:01:00le texte
01:01:01c'est pas parce qu'il y a
01:01:02un intitulé
01:01:03d'ailleurs
01:01:03on va proposer
01:01:04par un moment
01:01:04de supprimer
01:01:05cette portion
01:01:06de phrase
01:01:06même si c'est purement
01:01:07symbolique
01:01:07dans un titre
01:01:08parce que
01:01:09nous n'avons pas vu
01:01:10dans ce texte
01:01:11ce qui concerne
01:01:12les victimes
01:01:13donc c'est une
01:01:14voilà
01:01:14c'est cosmétique
01:01:15est-ce que vous
01:01:16n'oserez pas dire
01:01:17que c'est de la communication
01:01:19tout dépendra
01:01:19de l'issue du texte
01:01:21tel qu'il sera modifié
01:01:22ou pas en séance
01:01:23en tout cas
01:01:23si c'est la version
01:01:25de la commission
01:01:25nous ne pourrons pas
01:01:26la prouver
01:01:26alors principal point de difficulté
01:01:28selon les opposants
01:01:29au texte
01:01:29c'est cette instauration
01:01:31d'une procédure
01:01:32de plaidé coupable
01:01:33en matière criminelle
01:01:34à la condition
01:01:35qu'elle soit acceptée
01:01:35par l'ensemble des partis
01:01:36avec donc des procès
01:01:38plus courts
01:01:38sans témoins
01:01:39ni experts
01:01:40les barreaux
01:01:41partout en France
01:01:42qui ont appelé
01:01:43un grand rassemblement
01:01:44le 13 avril
01:01:45jour de l'examen du texte
01:01:46au Sénat
01:01:47qu'est-ce que vous pensez
01:01:48de cette mesure
01:01:49est-ce que vous pourriez
01:01:50la voter ?
01:01:51Non nous ne la voterons pas
01:01:52nous avons d'ailleurs
01:01:53présenté un amendement
01:01:54de suppression
01:01:55pourquoi ?
01:01:55Le plaidé coupable
01:01:56c'est un rendez-vous
01:01:58dans un bureau
01:01:58entre le procureur
01:02:00et l'accusé
01:02:00une lettre recommandée
01:02:02envoyée à la victime
01:02:03qui a 10 jours
01:02:05pour répondre
01:02:06si elle ne s'oppose pas
01:02:08ou si elle est d'accord
01:02:0915 dans la version
01:02:10de la commission
01:02:1015 dans la version
01:02:11de la commission
01:02:11nous demandons nous
01:02:12un délai
01:02:13beaucoup plus important
01:02:15et donc
01:02:15s'il y a un accord
01:02:16sur la reconnaissance
01:02:18de culpabilité
01:02:18la peine encourue
01:02:20est diminuée
01:02:21pour que ce soit intéressant
01:02:21pour l'accusé
01:02:22et donc ensuite
01:02:23il y a juste
01:02:24une audience d'homologation
01:02:25il faut savoir
01:02:26qu'une audience d'homologation
01:02:27c'est quelque chose
01:02:27d'extrêmement sommaire
01:02:29c'est-à-dire que
01:02:30oui
01:02:31et puis c'est-à-dire
01:02:31qu'on présente
01:02:33devant un juge
01:02:35le deal
01:02:35parce que c'est le terme
01:02:36entre le parquet
01:02:37et l'accusé
01:02:38et c'est terminé
01:02:39donc vous voyez bien
01:02:41que la victime
01:02:42dans tout ça
01:02:42n'existe pas
01:02:43et surtout
01:02:44il n'y a rien
01:02:45concernant les faits
01:02:47les circonstances
01:02:48l'état d'esprit
01:02:50des uns et des autres
01:02:50qui est sur la table
01:02:51et c'est très important
01:02:52devant une cour d'assises
01:02:53parce que devant
01:02:54une cour d'assises
01:02:54il faut bien comprendre
01:02:55une chose
01:02:55tout se passe
01:02:57en salle d'audience
01:02:58avec un jury
01:02:59oui
01:03:00mais je veux dire
01:03:00que les jurés
01:03:02se retirent
01:03:03sans le dossier
01:03:04ce qui n'est pas dit
01:03:05à l'audience
01:03:05n'existe pas
01:03:06et c'est pour ça
01:03:06qu'il y a des témoins
01:03:07qu'il y a des experts
01:03:08qu'il y a parfois
01:03:08des policiers
01:03:09et donc tout est
01:03:10à ciel ouvert
01:03:11et chacun
01:03:12parce que
01:03:14quand même
01:03:15ce sont des peines
01:03:15très lourdes
01:03:16bien sûr
01:03:17on parle des crimes
01:03:17les plus graves
01:03:17oui
01:03:18ça veut dire
01:03:19que la personne
01:03:19encoure 20 ans
01:03:2030 ans
01:03:21de la perpétuité
01:03:21donc ça mérite
01:03:22quand même
01:03:23qu'on lui donne
01:03:23un procès
01:03:24qui soit le plus
01:03:25équitable possible
01:03:26donc lorsque
01:03:27les gardes des Sceaux
01:03:28parlent de réduire
01:03:28de moitié
01:03:29les délais de la justice
01:03:30même si l'idée
01:03:32est la bonne
01:03:32cette solution
01:03:33est mauvaise
01:03:34et vous soutenez
01:03:34le mouvement de grève
01:03:35des barreaux
01:03:35partout en France
01:03:36absolument
01:03:36et surtout
01:03:37le garde des Sceaux
01:03:38lorsqu'il dit ça
01:03:40en fait
01:03:40il sait très bien
01:03:41que ce n'est pas réel
01:03:42parce qu'en réalité
01:03:44sur la durée
01:03:45d'un procès
01:03:45et de cet ordre
01:03:46il y a d'abord
01:03:46l'instruction
01:03:47et l'instruction est très longue
01:03:48et moi je l'ai interrogé
01:03:49en lui disant
01:03:50mais il faut plus
01:03:50de juge d'instruction
01:03:51est-ce que vous imaginez
01:03:52qu'un juge d'instruction
01:03:53entre 60 et 100 dossiers
01:03:55à traiter
01:03:56le même être humain
01:03:57et donc il passe
01:03:58en moyenne
01:03:59entre un jour et demi
01:03:59à deux jours par an
01:04:01sur chaque dossier
01:04:02donc je lui dis
01:04:03nommez des juge d'instruction
01:04:04et l'instruction
01:04:05ira plus vite
01:04:06et le délai sera plus court
01:04:07donc en réalité
01:04:08ce qu'il dit
01:04:08n'est pas exact
01:04:09et il le sait
01:04:11j'ai une dernière question
01:04:11il nous reste 30 secondes
01:04:12vous êtes avocate
01:04:13de profession
01:04:15si vous n'aviez pas été
01:04:15parlementaire avocate
01:04:16peut-être aujourd'hui
01:04:17vous auriez fait grève
01:04:17comme dans tous les barreaux
01:04:18oui parce que vous savez
01:04:19quand on est avocat
01:04:20il faut bien savoir
01:04:21que les avocats
01:04:22qui font grève
01:04:23en ce moment
01:04:24peut-être 5 à 10%
01:04:26plaident devant une cour d'assises
01:04:27et donc quand on s'engage
01:04:29et quand on veut devenir avocat
01:04:30c'est qu'on a le sens
01:04:31de la défense
01:04:32de ce que doit être la justice
01:04:33de l'équilibre
01:04:34entre l'accusation
01:04:35et la défense
01:04:36et donc c'est tout ça
01:04:37qui est battu en brèche
01:04:38par ce texte
01:04:39et bien merci
01:04:39pour ces explications
01:04:40à ce micro
01:04:41on suivra la séance
01:04:42donc le 13 avril prochain
01:04:43merci à vous
01:04:48Allez on en vient
01:04:49au troisième thème
01:04:50dans cette émission
01:04:51et la nouvelle commission
01:04:52d'enquête
01:04:53lancée en mars
01:04:54sur les zones grises
01:04:55de l'information
01:04:56la commission de la culture
01:04:58du Sénat
01:04:58qui enquête
01:04:59sur les nouveaux médias
01:04:59comme Youtube
01:05:00Twitch
01:05:01et les réseaux sociaux
01:05:02des millions de français
01:05:03surtout les jeunes
01:05:04qui s'informent via ces médias
01:05:05qui ne relèvent pas
01:05:06de leur com
01:05:07d'où cette commission d'enquête
01:05:08qui recevait cette semaine
01:05:09trois figures majeures
01:05:10Gaspard G
01:05:11Jean Massier
01:05:12Hugo Travert
01:05:13écoutez les moments forts
01:05:14de leur audition
01:05:15c'était donc cette semaine
01:05:16en commission culture
01:05:17Je m'appelle Gaspard G
01:05:18donc j'ai 28 ans
01:05:20je suis créateur de contenu
01:05:21réalisateur et producteur
01:05:23ma chaîne Youtube
01:05:24rassemble
01:05:241 million 500 000 abonnés
01:05:26issus de toute la francophonie
01:05:27de tous les milieux
01:05:28de toutes les obédiences politiques
01:05:30majoritairement âgées
01:05:31de 18 à 40 ans
01:05:33J'y produis des grands formats vidéo
01:05:35sur l'actualité
01:05:36sur la société
01:05:37sur la politique
01:05:39des documentaires
01:05:40des portraits
01:05:40des reportages
01:05:41des enquêtes
01:05:42et des interviews
01:05:43Je suis également
01:05:44président exécutif
01:05:44et actionnaire majoritaire
01:05:45de l'agence Intello
01:05:47qui représente 25 créateurs
01:05:48autour du savoir
01:05:49et de l'information
01:05:50au sens large
01:05:51et qui produit des contenus
01:05:53pour des annonceurs
01:05:53et des diffuseurs
01:05:54Je suis enfin
01:05:55vice-président de l'UMIC
01:05:56le syndicat professionnel
01:05:57qui représente
01:05:58les 300 000 créateurs
01:05:59de contenu en France
01:06:00car oui
01:06:00la créateur économie
01:06:01crée de l'emploi
01:06:02dans notre pays
01:06:03Fin 2024
01:06:04j'étais aussi
01:06:04matinalier sur France Inter
01:06:05et je travaille actuellement
01:06:07avec TF1
01:06:07sur une série d'entretiens politiques
01:06:09dans le cadre
01:06:10de la présidentielle 2027
01:06:12Je suis un gamin d'internet
01:06:14j'ai grandi dans le nord de la France
01:06:15j'ai toujours voulu
01:06:16travailler dans les médias
01:06:17mais on m'a toujours dit
01:06:18on ne connait personne
01:06:19alors à 10 ans
01:06:20j'ai créé ma chaîne YouTube
01:06:21comme beaucoup d'autres enfants
01:06:22à l'époque
01:06:23participant sans le savoir
01:06:24à l'émergence
01:06:25d'une contre-culture médiatique
01:06:26à 16 ans
01:06:27100 000 personnes
01:06:28suivez mes petites vidéos
01:06:29Après mes études à l'étranger
01:06:31je rentre en France en 2020
01:06:32et je constate un angle mort
01:06:33les agences d'influenceurs
01:06:35couvrent massivement
01:06:36les créateurs de contenu
01:06:37de divertissement
01:06:38et de lifestyle
01:06:38mais délaissent
01:06:39les vulgarisateurs
01:06:40et les passeurs d'informations
01:06:42trop souvent précaires
01:06:43c'est pour ça qu'en 2021
01:06:44je crée cette agence
01:06:46Intello
01:06:46en effet
01:06:47si les plateformes
01:06:48permettent le placement
01:06:49de publicité automatique
01:06:50avant les vidéos
01:06:51ces revenus sont souvent
01:06:52insuffisants
01:06:52pour pleinement
01:06:54financer notre contenu
01:06:55les créateurs
01:06:56pour beaucoup
01:06:56ont ainsi recours
01:06:58à des segments de pub dédiés
01:06:59qu'ils incarnent
01:07:00au sein de leurs vidéos
01:07:015 ans plus tard
01:07:02Intello est la première agence
01:07:04française sur ce segment
01:07:05une régie publicitaire
01:07:06donc pour 25 créateurs
01:07:07de contenu
01:07:09autour du savoir
01:07:09dont les jeunes youtubeurs
01:07:11Claire Chazal
01:07:11et Stéphane Berne
01:07:12Intello permet ainsi
01:07:13de financer des milliers
01:07:14de contenus
01:07:15grâce à une centaine
01:07:16d'annonceurs par an
01:07:16et 12 salariés
01:07:17ma chaîne
01:07:18quant à elle
01:07:19est portée par une structure
01:07:20juridique distincte
01:07:21et c'est très important
01:07:22la société de production
01:07:23Gaspard G
01:07:23dont je suis l'unique actionnaire
01:07:25cette séparation
01:07:26est fondamentale
01:07:27car elle garantit
01:07:28mon indépendance éditoriale
01:07:29avec une coupure nette
01:07:30entre l'activité publicitaire
01:07:33et l'activité éditoriale
01:07:34sans aucune ambiguïté
01:07:36jamais
01:07:36ni pour notre audience
01:07:37ni pour nos journalistes
01:07:39la boîte de prod
01:07:40Gaspard G
01:07:40emploie 9 salariés
01:07:41notre ambition est simple
01:07:43donner des grandes clés
01:07:44de lecture
01:07:44à nos abonnés
01:07:45pour mieux comprendre
01:07:46notre monde
01:07:46et notre époque
01:07:47nous exerçons un journalisme
01:07:49lent, pédagogique
01:07:50exigeant
01:07:51et accessible
01:07:51dernier sur l'info
01:07:53comme je dis souvent
01:07:53mais premier sur les faits
01:07:55nos formats durent
01:07:56entre 25 et 50 minutes
01:07:57nous revendiquons
01:07:58une objectivité de méthode
01:07:59toutes nos sources
01:08:00sont toujours disponibles
01:08:01en description
01:08:01croisant presse de gauche
01:08:02de droite
01:08:03du centre public
01:08:04privé
01:08:04française
01:08:05internationale
01:08:05pour l'écrasante
01:08:07majorité de nos vidéos
01:08:07nous faisons aussi appel
01:08:08à des experts rémunérés
01:08:09des chercheurs
01:08:10et des universitaires
01:08:11qui viennent garantir
01:08:12la précision des faits
01:08:14les segments de pub
01:08:15que j'incarne
01:08:16essentiels à notre financement
01:08:18sont clairement identifiés
01:08:19une minute
01:08:19en début de vidéo
01:08:20tournés dans un décor distinct
01:08:22avec la mention
01:08:23publicité
01:08:23placardée à l'écran
01:08:25cette rigueur
01:08:26fonde notre contrat de confiance
01:08:27avec notre audience
01:08:28j'ai ainsi pu mener
01:08:29des enquêtes
01:08:30sur le scandale d'état
01:08:31de la chlordécone
01:08:31aux Antilles
01:08:32les dérives des deepfakes
01:08:33ou le business d'unifan
01:08:34couvrir
01:08:35j'ai pu couvrir
01:08:36des zones de guerre
01:08:36en Ukraine
01:08:37ou en Palestine
01:08:38interviewer les présidents
01:08:39Macron et Hollande
01:08:40ainsi que 6
01:08:41des 7 principales têtes
01:08:43de liste aux européennes
01:08:44en 2024
01:08:45sauf Jordan Bardella
01:08:46qui n'a pas répondu présent
01:08:48mais qui a quand même
01:08:49reçu une invitation
01:08:50j'ai toujours fait le choix
01:08:51d'inviter l'ensemble
01:08:52des candidats
01:08:54en période électorale
01:08:55parce que c'est l'idée
01:08:56que je me fais de la démocratie
01:08:57nos abonnés votent
01:08:58autant à droite
01:08:59qu'à gauche je crois
01:09:00dans mes vidéos
01:09:01je parle autant
01:09:01des dérives autoritaires
01:09:02de Jean-Luc Mélenchon
01:09:03de la proximité
01:09:04d'Emmanuel Macron
01:09:05avec certains milliardaires
01:09:06que des détournements
01:09:07de fonds européens
01:09:08du parti de Marine Le Pen
01:09:09la seule chose
01:09:10qui m'importe
01:09:10c'est d'être le passeur
01:09:12d'une information
01:09:12la plus juste possible
01:09:14le reste
01:09:15en tant que vice-président
01:09:17de l'UMIC
01:09:18j'ai aussi œuvré
01:09:18à la revalorisation
01:09:19du fonds CENC Talent
01:09:20passé de 1,8
01:09:22à 3 millions d'euros
01:09:23cette année
01:09:23c'est encore très insuffisant
01:09:25pour info
01:09:26sur les 43 millions d'euros
01:09:27de taxes versées
01:09:28par Google et Meta
01:09:29seulement 3 millions d'euros
01:09:31sont réfléchés
01:09:31vers les créateurs
01:09:32de contenu par le CNC
01:09:34le reste va au cinéma
01:09:35mais réjouissons-nous
01:09:37car pour la plupart
01:09:37nos néomédias
01:09:38ont des modèles sains
01:09:39indépendants
01:09:40de subventions
01:09:40ne sont pas la propriété
01:09:41de milliardaires
01:09:42et intéressent
01:09:43les moins de 35 ans
01:09:44à l'actualité
01:09:44dans un moment
01:09:45de forte concentration
01:09:46des médias
01:09:47de désintérêt des jeunes
01:09:48pour la télévision
01:09:49et la presse traditionnelle
01:09:50c'est plutôt
01:09:50une bonne nouvelle
01:09:51je crois
01:09:51alors j'espère sincèrement
01:09:53que nous aborderons
01:09:53notre cas
01:09:54dans cette commission
01:09:55nous les jeunes poussent
01:09:56de ce paysage informationnel
01:09:57sous l'angle
01:09:58de l'accompagnement
01:09:59plutôt que de la contrainte
01:10:00pour que cette révolution médiatique
01:10:02qui se fait sous nos yeux
01:10:04se fasse dans l'intérêt
01:10:05des français
01:10:05de moins de 35 ans
01:10:06qui nous plébiscitent
01:10:07de plus en plus
01:10:08au détriment
01:10:08des médias traditionnels
01:10:10merci pour votre attention
01:10:11Jean Massier
01:10:13merci monsieur le président
01:10:15vous m'entendez bien
01:10:16mesdames les rapporteurs
01:10:17mesdames et messieurs
01:10:18les sénateurs
01:10:19et sénatrices
01:10:19chers confrères
01:10:20pour ma part
01:10:22je suis streamer politique
01:10:24depuis 11 ans
01:10:25ça veut dire
01:10:25que je diffuse
01:10:25des émissions en direct
01:10:26sur la plateforme Twitch
01:10:28où je fais
01:10:29de la pédagogie
01:10:29et de la vulgarisation
01:10:30d'analyse
01:10:31d'actualité politique
01:10:32et parlementaire
01:10:33j'essaye de faire
01:10:34un travail d'éducation
01:10:35populaire
01:10:36utile aux débats
01:10:37publics et démocratiques
01:10:38à destination
01:10:39d'un public jeune
01:10:40et surtout d'un public
01:10:41éloigné du jargon politique
01:10:43mon but c'est de permettre
01:10:44au plus grand nombre
01:10:45de s'y retrouver
01:10:45dans une actualité politique
01:10:47souvent inaccessible
01:10:48je ne me considère pas
01:10:50comme un journaliste
01:10:51parce que je n'en ai pas besoin
01:10:53on ne m'a jamais demandé
01:10:54si j'étais journaliste
01:10:55à part des journalistes curieux
01:10:57personne ne m'a vraiment
01:10:58posé la question
01:10:58ni mon public
01:10:59ni les personnes politiques
01:11:00que j'ai interviewées
01:11:02ceci étant journaliste
01:11:03n'est pas une insulte
01:11:04et si on m'appelle journaliste
01:11:05ça me va
01:11:06je ne suis pas contre l'étiquette
01:11:08mais à titre personnel
01:11:09je ne m'en revendique pas
01:11:10je présuppose que votre commission
01:11:12anticipe l'arrivée du sujet numérique
01:11:15dans un univers qui évolue
01:11:17extrêmement rapidement
01:11:17je pense effectivement
01:11:18qu'il faut prendre les devants
01:11:19et s'interroger dès aujourd'hui
01:11:21sur l'évolution
01:11:21de l'environnement normatif
01:11:23les sujets que vous avez balayé
01:11:25monsieur le président
01:11:25sont effectivement nombreux
01:11:26et complexes
01:11:27et il n'est jamais trop tôt
01:11:29pour s'en saisir
01:11:30la régulation d'internet
01:11:31c'est un sujet aussi vieux
01:11:33qu'internet
01:11:33et c'est un débat légitime
01:11:34internet c'est un foisonnement
01:11:36on y trouve le meilleur
01:11:37comme le pire
01:11:38qu'on le veuille ou non
01:11:39internet est devenu
01:11:40un haut lieu du forum démocratique
01:11:42les citoyens s'y informent
01:11:44les citoyens y débattent
01:11:45et les citoyens s'y forgent
01:11:47des opinions
01:11:47de grands mouvements
01:11:49sont nés sur internet
01:11:50je pense au gilet jaune
01:11:51au printemps arabe
01:11:52ou encore à MeToo
01:11:54Balzac disait que le bistrot
01:11:55était le parlement du peuple
01:11:56aujourd'hui c'est sûr
01:11:57internet est un bistrot
01:11:58pour le peuple
01:11:59mais l'expérience montre
01:12:01que légiférer sur le numérique
01:12:02c'est toujours un peu délicat
01:12:03d'adopi à la loi Avia
01:12:05on a vu de fausses bonnes idées
01:12:07qui pouvaient mener
01:12:07à des impasses
01:12:08une fausse bonne idée
01:12:09consiste par exemple
01:12:10à copier-coller des règles
01:12:11d'un secteur à un autre
01:12:12par exemple
01:12:13l'audiovisuel et son gendarme
01:12:15l'ARCOM
01:12:15qui répondent à des règles
01:12:17qui leur sont propres
01:12:18je pense que l'ARCOM
01:12:19ne doit pas devenir
01:12:19le gendarme d'internet
01:12:21le régulateur des contenus
01:12:22d'internet existe
01:12:24c'est le juge judiciaire
01:12:25il faut garder un système ouvert
01:12:27pour que chaque citoyen
01:12:28puisse exprimer l'ubrement
01:12:29pas de statut
01:12:30pas de label
01:12:31pas de privilège
01:12:32il faut des garanties
01:12:33et des protections
01:12:34pour tous
01:12:35il y a sans doute
01:12:36un travail à mener
01:12:37sur la transparence
01:12:38des algorithmes
01:12:39même si Twitch
01:12:40est une plateforme
01:12:40un peu particulière
01:12:41qui est très très peu
01:12:42algorithmée
01:12:43le DSA européen
01:12:44se met en place
01:12:45c'est encore lent
01:12:46c'est encore partiel
01:12:47évidemment les GAFAM
01:12:48ne jouent pas le jeu
01:12:49ils et elles ne veulent pas
01:12:50ouvrir le capot
01:12:51il faut peut-être
01:12:52les y contraindre
01:12:54sur les insérences étrangères
01:12:55il y a sans doute
01:12:55un travail à mener
01:12:56sur la fragilité
01:12:57des modèles économiques
01:12:58des créateurs de contenus
01:12:59cette fragilité
01:13:00peut les rendre perméables
01:13:02à des pressions extérieures
01:13:03la seule aide
01:13:04à laquelle nous pouvons prétendre
01:13:06c'est celle du CNC
01:13:07dont a parlé Gaspard
01:13:08une aide très faible
01:13:09au regard des montants
01:13:10que touche le CNC
01:13:11de la part des plateformes numériques
01:13:13et pourtant nous
01:13:14créateurs de contenus d'information
01:13:15sommes exclus de cette aide
01:13:17depuis cette année
01:13:17je ne pense pas
01:13:18que ça fait partie
01:13:20de la volonté du législateur
01:13:22d'exclure les créateurs
01:13:22de contenus d'information
01:13:23de l'aide du CNC
01:13:25en conclusion
01:13:26le débat public
01:13:27se déroule sur internet
01:13:29dont acte
01:13:30il faut s'en réjouir
01:13:31j'attends du législateur
01:13:32qu'il protège les libertés
01:13:33et qu'il garantisse les droits
01:13:34il s'agit de créer
01:13:35des conditions
01:13:36d'une démocratie vivante
01:13:37à un an d'une élection
01:13:39aussi capitale
01:13:40que la prochaine présidentielle
01:13:41je pense que c'est
01:13:42une responsabilité importante
01:13:45Hugo Travers
01:13:49Vous m'entendez ?
01:13:50C'est bon ?
01:13:50Très bien
01:13:51Monsieur le Président
01:13:52Mesdames les rapporteurs
01:13:53Mesdames et Messieurs les sénateurs
01:13:55je vous remercie d'abord
01:13:56pour l'invitation
01:13:57pour aborder ce sujet
01:13:58qui est important
01:13:59pour me présenter rapidement
01:14:01j'ai lancé en 2015
01:14:02à l'âge de 18 ans
01:14:04en parallèle à mes études
01:14:05que je débutais après le bac
01:14:06une chaîne YouTube
01:14:07du nom de Hugo Descriptes
01:14:08avec un objectif très clair
01:14:10dès le début
01:14:10dès le premier jour
01:14:12informer le plus grand nombre
01:14:13notamment les jeunes
01:14:14sur des sujets qui me semblent essentiels
01:14:16à saisir en tant que citoyen
01:14:18je ressentais déjà à l'époque
01:14:20un décalage immense
01:14:21entre l'approche
01:14:22de certains médias
01:14:23et la plus jeune génération
01:14:24un décalage qui prenait plusieurs formes
01:14:26mais un décalage déjà
01:14:27justement sur la forme
01:14:29avec une absence de leur part
01:14:30sur des réseaux sociaux
01:14:31où on passait déjà
01:14:33énormément de temps
01:14:34à l'époque je passais
01:14:35beaucoup de temps sur YouTube
01:14:36les médias avaient plutôt
01:14:36l'habitude d'aller sur Facebook
01:14:38s'ils étaient même
01:14:39sur des réseaux sociaux
01:14:41mais surtout
01:14:42au-delà de cette question de format
01:14:43un décalage sur le fond
01:14:45avec souvent
01:14:46un manque de mise en contexte
01:14:48un manque d'explication
01:14:49ou de réponse
01:14:50tout simplement
01:14:50aux questions
01:14:51que des jeunes
01:14:52ou des moins jeunes
01:14:53d'ailleurs
01:14:53pouvaient se poser
01:14:54et j'ai essayé du coup
01:14:55à ma toute petite échelle
01:14:57d'essayer d'y répondre
01:14:57et de faire des vidéos
01:14:58pour essayer d'informer
01:14:59d'abord peut-être
01:15:00ma petite soeur
01:15:01qui avait 15 ans à l'époque
01:15:02et qui voulait aussi
01:15:03comprendre ce qui se passait
01:15:04dans le monde
01:15:04et puis au fur et à mesure
01:15:05davantage de monde
01:15:07ce décalage
01:15:07c'était une réalité déjà
01:15:08il y a 10 ans
01:15:09pour ce qui est des jeunes
01:15:10mais je pense au passage
01:15:11que c'est une réalité
01:15:12pour toutes les générations
01:15:13et en tout cas
01:15:14de plus en plus
01:15:14au fil des années
01:15:15et le fait de voir
01:15:16de notre côté
01:15:17qu'on est de plus en plus suivi
01:15:18pas seulement par des jeunes
01:15:19c'est aujourd'hui
01:15:20des personnes en famille
01:15:21des personnes plus âgées
01:15:22qui passent du temps
01:15:23elles aussi
01:15:23sur les réseaux sociaux
01:15:24notamment sur Youtube
01:15:25et qui viennent s'informer
01:15:27on voit donc
01:15:27que c'est un sujet
01:15:28qui est beaucoup plus large
01:15:29c'est un travail
01:15:30qui a été réalisé
01:15:31dès le premier jour
01:15:32sans lever de fond
01:15:34sans avoir été racheté non plus
01:15:36Gaspard aussi en parlait
01:15:37tout à l'heure
01:15:37sans avoir été racheté non plus
01:15:39par un grand groupe
01:15:40ou autre
01:15:40qui serait capable
01:15:41potentiellement
01:15:41d'injecter beaucoup d'argent
01:15:43aujourd'hui je détiens
01:15:44l'intégralité de la chaîne
01:15:45et au passage
01:15:46on n'a pas non plus
01:15:47on ne reçoit pas non plus
01:15:48de subventions publiques
01:15:50alors le nom de la chaîne
01:15:51Hugo Descrypte
01:15:52peut laisser penser
01:15:52à quelque chose
01:15:53de très personnel
01:15:54dans l'approche
01:15:55en réalité
01:15:56c'est tout autre
01:15:57d'abord parce que
01:15:58j'ai beau incarner encore
01:15:59un certain nombre
01:16:00de contenus sur la chaîne
01:16:02d'abord
01:16:02personne ne s'informe
01:16:03via nos différents réseaux
01:16:05pour avoir mon opinion personnelle
01:16:07sur tel ou tel sujet
01:16:08les gens qui suivent
01:16:09nos réseaux a priori
01:16:10s'informent
01:16:10on le voit dans les retours
01:16:12pour avoir une information
01:16:13qui se veut rigoureuse
01:16:14qui se veut fiable
01:16:15qui se veut factuelle
01:16:16quels que soient
01:16:17les différents formats
01:16:18que l'on peut proposer
01:16:19par ailleurs
01:16:20je ne suis pas tout seul
01:16:21à travailler sur la chaîne
01:16:22ce n'est plus
01:16:23un projet personnel
01:16:24nous sommes 42
01:16:25aujourd'hui au sein de l'équipe
01:16:26à travailler au quotidien
01:16:28sur ces différents formats
01:16:29parmi eux
01:16:30il y a 16 journalistes
01:16:3116 journalistes
01:16:32à temps plein
01:16:32qui disposent
01:16:33de la carte de presse
01:16:34on pourra peut-être en parler après
01:16:35ça n'a pas été évident au départ
01:16:36mais qui disposent aujourd'hui
01:16:38de la carte de presse
01:16:38dont certains aujourd'hui
01:16:40d'ailleurs
01:16:40qui incarnent
01:16:41les différents contenus
01:16:42qu'on peut proposer
01:16:43sur les réseaux sociaux
01:16:44l'approche et la rigueur
01:16:46comme ça qu'on s'impose
01:16:47depuis le début
01:16:48elle est là depuis le début
01:16:49mais la reconnaissance
01:16:50par cet écosystème là
01:16:52des médias
01:16:53des journalistes
01:16:53elle s'est faite
01:16:54de façon beaucoup plus progressive
01:16:55je me souviens encore
01:16:57de l'invitation
01:16:57soit dans certains médias
01:16:59soit dans certaines écoles
01:17:00de journalisme
01:17:00je pense qu'on va
01:17:01je peux en témoigner aussi
01:17:02où notre travail
01:17:04était parfois jugé
01:17:05critiqué
01:17:06et honnêtement
01:17:07souvent par principe
01:17:08c'est à dire que
01:17:09le simple fait
01:17:10d'essayer d'informer
01:17:11sur les réseaux sociaux
01:17:12de faire ce travail
01:17:13de pédagogie
01:17:13sur les réseaux sociaux
01:17:14était vu comme
01:17:15quelque chose d'impossible
01:17:16quelque chose comme
01:17:17trop superficiel
01:17:18pas à la hauteur
01:17:20on va dire
01:17:20des sujets
01:17:21qui pouvaient être traités
01:17:23aujourd'hui
01:17:23ce qui est intéressant
01:17:24à observer
01:17:24c'est que
01:17:25nos formats les plus courts
01:17:26ils se font
01:17:27notamment sur TikTok
01:17:28ou sur d'autres réseaux sociaux
01:17:29comme Instagram
01:17:30c'est des sujets
01:17:31qui font en moyenne
01:17:32deux minutes
01:17:32deux minutes
01:17:33c'est déjà une longueur
01:17:34très comparable
01:17:35voire supérieure
01:17:36à certains sujets
01:17:37que l'on peut retrouver
01:17:37sur des journaux télévisés
01:17:39ou sur des chaînes d'information
01:17:40et ça c'est nos formats
01:17:41les plus courts
01:17:42maintenant
01:17:43ça c'est une minorité
01:17:44de nos contenus
01:17:45la plupart de nos contenus
01:17:46ce sont des contenus
01:17:47qui sont plus longs
01:17:48c'est des entretiens
01:17:50par exemple
01:17:50avec des responsables politiques
01:17:51ça peut être
01:17:52lors d'élections
01:17:53ça peut être
01:17:54Emmanuel Macron
01:17:55le président de la République
01:17:56lors de sujets
01:17:57d'actualité
01:17:57qui sont forts
01:17:58ça peut être des chefs d'État étrangers
01:17:59notamment Volodymyr Zelensky
01:18:01en Ukraine
01:18:02avec une interview
01:18:03de près d'une heure
01:18:03qu'on a pu proposer sur YouTube
01:18:05c'est des reportages
01:18:07c'est des enquêtes
01:18:08c'est tout un tas
01:18:08de grands formats
01:18:09que l'on propose
01:18:10désormais sur
01:18:11les réseaux sociaux
01:18:12pour informer au mieux
01:18:13par ailleurs
01:18:14ça a été aussi
01:18:15plus récemment
01:18:16des déclinaisons locales
01:18:17de notre travail
01:18:18pour essayer d'informer
01:18:19aussi à l'échelle locale
01:18:20parce qu'on considère
01:18:21que c'est important
01:18:21on a un prisme
01:18:23sur notre média
01:18:23qui est très porté
01:18:24sur l'actualité internationale
01:18:25et on estime que c'est
01:18:26extrêmement important
01:18:28de le faire aujourd'hui
01:18:28mais il y a aussi
01:18:29un prisme local
01:18:30on a ouvert des bureaux
01:18:32à Marseille
01:18:32à Lyon
01:18:33et au Québec aussi
01:18:34donc il y a un enjeu
01:18:34de francophonie
01:18:35de notre côté
01:18:35pour essayer d'informer
01:18:37aussi à l'échelle locale
01:18:38avec des journalistes
01:18:39sur place
01:18:39qui font ce travail
01:18:40au quotidien
01:18:41notamment sur les sujets politiques
01:18:42avec les municipales
01:18:44notamment récemment
01:18:45et enfin
01:18:46on a aussi lancé
01:18:47un nouveau média
01:18:48récemment
01:18:48il y a près de deux ans
01:18:49maintenant
01:18:49qui s'appelle Elan
01:18:50un média
01:18:51qui vise à aider
01:18:52les jeunes
01:18:53à entrer
01:18:54dans ce qu'on appelle
01:18:55avec des guillemets
01:18:56mais la vie d'adulte
01:18:57donc c'est tout un tas
01:18:58de sujets
01:18:58qui nous paraissent essentiels
01:18:59là aussi
01:18:59à vulgariser
01:19:00et à rendre accessible
01:19:02ça peut être
01:19:02la découverte de filières
01:19:04la découverte
01:19:05de certains métiers
01:19:05qui sont parfois méconnus
01:19:07ça peut être aussi
01:19:07des questions très pratiques
01:19:08on n'apprend pas à l'école
01:19:09à trouver facilement
01:19:11un logement
01:19:12ou à je ne sais pas
01:19:14préparer un CV
01:19:15ou bref
01:19:16faire sa première
01:19:17déclaration de revenus
01:19:18peut-être plus tard
01:19:18c'est des choses aussi
01:19:19on essaie d'accompagner
01:19:21et d'aider les jeunes
01:19:21mais aussi d'ailleurs
01:19:22au-delà de la dimension pratique
01:19:24de sensibiliser
01:19:25un certain nombre de sujets
01:19:25et de porter
01:19:26un certain nombre de sujets
01:19:27notamment en matière
01:19:28de santé mentale
01:19:29parmi d'autres
01:19:30aujourd'hui on compte
01:19:31plus de 20 millions
01:19:32d'abonnés cumulés
01:19:33sur les différents réseaux sociaux
01:19:34il y a un sondage récent
01:19:35réalisé par Odoxa
01:19:37pour Influx
01:19:37qui indiquait que
01:19:38près de la moitié
01:19:39des 18-24 ans
01:19:40s'informent
01:19:41une à plusieurs fois
01:19:42par semaine
01:19:43via notre chaîne YouTube
01:19:44c'est un tiers
01:19:46aussi des 25-34 ans
01:19:47qui s'informent
01:19:48au moins une fois
01:19:49par semaine
01:19:49sur notre chaîne YouTube
01:19:50et autre chiffre intéressant
01:19:52qui était ressorti
01:19:52de l'étude
01:19:53qu'on n'a pas commandé
01:19:53mais il s'avère
01:19:54que j'ai pu voir
01:19:55les résultats
01:19:55la durée moyenne
01:19:57d'écoute
01:19:58ou de visionnage
01:19:58est de 15 minutes
01:19:59sur une session
01:20:00donc encore une fois
01:20:01ce n'est pas des sessions
01:20:02qui sont courtes
01:20:02c'est plus d'une fois
01:20:03par semaine
01:20:04et c'est souvent
01:20:0615 minutes
01:20:06en moyenne
01:20:07par session
01:20:07et surtout
01:20:08on voit une évolution
01:20:09au fil des années
01:20:10pour autant
01:20:11et je terminerai là-dessus
01:20:11le succès
01:20:13de notre chaîne
01:20:13et de son développement
01:20:16il ne doit pas omettre
01:20:17selon moi
01:20:17une réalité
01:20:18nous on a réussi
01:20:19à se construire
01:20:20à se développer
01:20:21après plus de 10 ans
01:20:22mais la réalité
01:20:23c'est qu'il y a en ligne
01:20:24sur les réseaux sociaux
01:20:25énormément de créateurs
01:20:26de contenu d'information
01:20:27énormément de journalistes
01:20:29énormément de médias
01:20:29aussi
01:20:30qui se créent en collectif
01:20:33et qui ont du mal
01:20:34à trouver un modèle économique
01:20:35qui est viable
01:20:36et qui est stable
01:20:37et qui est serein
01:20:38et ce alors qu'ils font
01:20:40un travail absolument crucial
01:20:41et vital
01:20:43d'information
01:20:44sur les réseaux sociaux
01:20:45et on parle
01:20:46de cette audition
01:20:47avec Laurent Laffont
01:20:48bonjour
01:20:48c'est vous le président centriste
01:20:50de la commission de la culture
01:20:51du Sénat
01:20:52déjà un mot
01:20:53sur les travaux
01:20:53de cette commission d'enquête
01:20:54vous parlez de zones grises
01:20:55de l'information
01:20:56de quoi parle-t-on exactement
01:20:58ce sont les zones
01:20:58qui ne sont pas régulées
01:20:59par l'ARCOM
01:21:00c'est ça ?
01:21:01c'est même plus complexe
01:21:02que ça
01:21:04le paysage informationnel
01:21:05a énormément évolué
01:21:06depuis quelques années
01:21:07on connaît les médias
01:21:09traditionnels
01:21:09qui sont principalement
01:21:11régulés par l'ARCOM
01:21:12et puis il y a tout un paysage
01:21:14qui s'est construit à côté
01:21:15et notre idée
01:21:16c'était de voir un peu
01:21:16ce paysage
01:21:17qui s'est construit à côté
01:21:19et c'est là
01:21:19où c'est un peu subtil
01:21:20c'est-à-dire que
01:21:21tout ce qui est construit à côté
01:21:23n'est pas zone grise
01:21:24de l'information
01:21:25il y a des acteurs
01:21:26qui font vraiment
01:21:26de l'information
01:21:27qui font un travail
01:21:28de journalistes
01:21:29qui ont un souci
01:21:31qui intègre le contradictoire
01:21:32par exemple
01:21:33donc il faut qu'on arrive
01:21:34à l'intérieur
01:21:35de tout cet espace numérique
01:21:37en fait
01:21:37de tous ces nouveaux acteurs
01:21:38à distinguer
01:21:39ceux qui produisent
01:21:40de l'information
01:21:40ceux qui sont plus
01:21:41dans le média d'opinion
01:21:43ceux qui sont plus
01:21:43dans le commentaire
01:21:45et c'est là
01:21:46où on arrive à voir
01:21:47un petit peu
01:21:47qu'est-ce que c'est
01:21:48que cette partie
01:21:49presque noire
01:21:49de l'information
01:21:50mais donc votre travail
01:21:51c'est presque aussi
01:21:52un travail de définition
01:21:53de ces zones grises
01:21:54ou noires
01:21:55de l'information
01:21:55c'est-à-dire qu'un paysage
01:21:56qui est tellement éclaté
01:21:57qu'il faut aussi
01:21:57le référencer
01:21:58le répertorier
01:21:59la première étape
01:22:00c'est effectivement ça
01:22:00c'est d'essayer
01:22:01de bien comprendre
01:22:02qu'est-ce qui se passe
01:22:03dans tout ce champ
01:22:04de l'information
01:22:04et d'essayer
01:22:05de le définir
01:22:06c'est un travail
01:22:07qui n'a jamais été fait
01:22:08jusqu'à présent
01:22:09c'est pour ça que
01:22:10notre première étape
01:22:11c'est celui-là
01:22:12et c'est pour ça
01:22:12qu'il fallait une commission
01:22:13d'enquête
01:22:13qui est quand même
01:22:14on le sait dans le paysage
01:22:15maintenant
01:22:15politico-médiatique
01:22:16bien installé
01:22:17mais qui est quelque chose
01:22:18d'assez important
01:22:19les gens viennent
01:22:20prêter serment
01:22:21il fallait une commission
01:22:22d'enquête sur ce thème
01:22:23oui parce que
01:22:24d'abord certains
01:22:25viennent de manière
01:22:26très volontaire
01:22:27nous parler
01:22:27puis d'autres
01:22:28c'est souvent le cas
01:22:29lorsqu'on aborde
01:22:30des commissions d'enquête
01:22:32sont un peu moins
01:22:34bienveillants
01:22:34si je peux le dire
01:22:36comme ça
01:22:36et donc il faut
01:22:37avoir des outils
01:22:37pour forcer
01:22:38un petit peu
01:22:39la présence
01:22:40vous parliez de zone noire
01:22:41de l'information
01:22:42hier en audition
01:22:43cette semaine en audition
01:22:43vous avez parlé
01:22:44de transformation
01:22:45du paysage public
01:22:46avec de nouveaux acteurs
01:22:47de l'information
01:22:48on le disait
01:22:48de nouvelles plateformes
01:22:49qui brouillent les frontières
01:22:50entre information
01:22:51divertissement et communication
01:22:52et qui font peser
01:22:53de nouveaux risques
01:22:54sur la lisibilité
01:22:55du débat public
01:22:56est-ce que
01:22:56cette évolution récente
01:22:58c'est une bonne chose
01:22:59ou est-ce que c'est délétère
01:23:00c'est tout l'enjeu
01:23:01de savoir justement
01:23:02comment jouent
01:23:03ces plateformes
01:23:04quelles influences
01:23:05elles ont réellement
01:23:06sur la visibilité
01:23:07de l'information
01:23:08puisque c'est elles
01:23:08qui maîtrisent
01:23:09à travers leurs algorithmes
01:23:10quelles sont les informations
01:23:11qui sont passées
01:23:12au premier plan
01:23:13puis celles qui sont
01:23:14quasiment ignorées
01:23:16on a besoin
01:23:16de décrypter
01:23:18un peu tout ça
01:23:19on n'est pas les seuls
01:23:20y compris les acteurs
01:23:21d'informations
01:23:22qui sont sur le numérique
01:23:23eux-mêmes
01:23:24cherchent à décrypter
01:23:25comment être plus visibles
01:23:27vous receviez donc
01:23:28Gaspard G
01:23:29Jean Massier
01:23:30Hugo Travert
01:23:31connu sous le pseudo
01:23:32Hugo Décrypt
01:23:33ils incarnent
01:23:33cette transformation
01:23:34des modes d'information
01:23:35qu'est-ce que vous retenez
01:23:36de leur audition
01:23:37cette semaine
01:23:37c'était à la fois
01:23:38une réussite
01:23:39de leur succès
01:23:40mais un modèle
01:23:41très fragile
01:23:42oui c'est une vraie réussite
01:23:44d'abord parce que
01:23:44quand on voit
01:23:45le nombre d'auditeurs
01:23:46qu'ils ont
01:23:47c'est impressionnant
01:23:48sur Youtube
01:23:49sur Twitch
01:23:50sur les différents réseaux
01:23:51sur lesquels ils sont
01:23:52ils ont une vraie reconnaissance
01:23:54et ils sont connus
01:23:55ils ont tous souligné
01:23:57la fragilité financière
01:23:59même si eux sont vraiment
01:24:00des réussites
01:24:01y compris sur le plan économique
01:24:02ils parviennent à se rémunérer
01:24:03avec leurs vidéos
01:24:04oui ils arrivent
01:24:05à se rémunérer
01:24:06mais ils le font
01:24:07sans aucune aide publique
01:24:09ça interroge aussi
01:24:09puisque nous avons un système
01:24:11d'aide publique
01:24:12à destination de la presse
01:24:13qui est tourné vers quelques médias
01:24:14et qui ignore complètement
01:24:15ces médias nouveaux
01:24:17qui font de l'information
01:24:18et qui méritent aussi
01:24:19d'une certaine manière
01:24:20d'être soutenus
01:24:20on le disait en début d'interview
01:24:21pas de régulation de l'ARCOM
01:24:23de ces acteurs
01:24:24est-ce que c'est une bonne chose
01:24:25est-ce que ça fera partie
01:24:26vous le pensez de vos conclusions
01:24:27de voir comment est-ce que l'ARCOM
01:24:28peut aussi réguler ce secteur
01:24:31écoutez
01:24:32c'est au cœur du débat ou pas
01:24:33c'est une des interrogations
01:24:35que nous avons
01:24:35mais c'est une des interrogations
01:24:37sans aucun préjugé
01:24:38c'est-à-dire que je ne sais pas
01:24:40ce qu'on répondra
01:24:40à cette question
01:24:42il y a une forme de liberté
01:24:43sur internet
01:24:44et internet fonctionne
01:24:45aussi par cette liberté
01:24:46il ne faut pas imaginer
01:24:47qu'on puisse l'encadrer
01:24:49par une régulation forte
01:24:50ce serait illusoire
01:24:51probablement pas souhaitable
01:24:52mais en plus
01:24:53totalement illusoire
01:24:54en revanche
01:24:55il faut qu'on arrive bien
01:24:55à identifier
01:24:57quelles sont les zones à risque
01:24:59quelles sont
01:25:01justement
01:25:01dans cette
01:25:02dans cette liberté totale
01:25:03liberté totale
01:25:05qui est quand même
01:25:06très organisée
01:25:06par les plateformes
01:25:07elle n'est pas absolue
01:25:09elle est relative
01:25:10mais quelles sont
01:25:11les zones à risque
01:25:12notamment
01:25:12parce que c'est un des sujets
01:25:14que nous avons
01:25:14dans les grandes périodes
01:25:16démocratiques
01:25:16et en particulier
01:25:17les périodes électorales
01:25:18est-ce qu'on pense en particulier
01:25:19c'est ma dernière question
01:25:20sur ce sujet
01:25:20mais à des médias
01:25:21comme Frontière
01:25:22qui sont manipulés
01:25:23par l'extrême droite
01:25:23ou Blast aussi
01:25:24qui est très à gauche
01:25:26de la gauche
01:25:26c'est aussi vers ces médias
01:25:27que vos regards vont se tourner
01:25:29on les auditionne
01:25:29la semaine prochaine
01:25:30les deux que vous avez cités
01:25:31on les auditionne
01:25:32la semaine prochaine
01:25:33effectivement on veut savoir
01:25:34comment ils travaillent
01:25:35comment ils se positionnent
01:25:36comment ils se définissent
01:25:37quelles sont leurs méthodes
01:25:38est-ce qu'ils produisent
01:25:40de l'information
01:25:40ou est-ce qu'on est uniquement
01:25:41dans le commentaire
01:25:42comment ils sont financés aussi
01:25:45qui est derrière eux
01:25:46parce qu'un média
01:25:46une création ex nihilo
01:25:48d'un média
01:25:49c'est très rare
01:25:51ça peut exister
01:25:52mais c'est très rare
01:25:53donc on a besoin
01:25:53de savoir aussi
01:25:54qui les finance
01:25:55Allez une dernière question
01:25:56mais sur un autre sujet
01:25:57hier s'est terminée
01:25:58la commission d'enquête
01:25:59de l'Assemblée nationale
01:25:59sur l'audiovisuel public
01:26:01quel regard est-ce que vous portez
01:26:03sur les travaux des députés
01:26:04on sait qu'il y a une indépendance
01:26:05entre les deux chaînes
01:26:06mais peut-être que vous avez
01:26:06une opinion sur tous ces mois
01:26:08de travaux
01:26:09est-ce que ça a fait avancer
01:26:11la discussion
01:26:12la réflexion sur l'audiovisuel public
01:26:13ou est-ce que ça a été
01:26:14simplement délétère ?
01:26:15D'abord moi je ne commenterai pas
01:26:16le travail de nos collègues députés
01:26:19ils ont fait une commission d'enquête
01:26:21moi je n'ai pas aimé le ton
01:26:22de certaines auditions
01:26:23mais néanmoins
01:26:24cette commission d'enquête
01:26:25a tenu un rôle
01:26:26depuis quasiment six mois
01:26:27qu'elle existe
01:26:28Vous avez appris des choses
01:26:28intéressantes sur le fond ?
01:26:30Pas spécialement
01:26:30parce que c'est un sujet
01:26:31que nous connaissons
01:26:32mais il y a eu un effet
01:26:34grand public
01:26:35à travers cette commission d'enquête
01:26:36Ils n'ont pas dévoyé
01:26:37les commissions d'enquête
01:26:38à faire comme ça
01:26:39avancer un agenda politique
01:26:40aussi du rapporteur ?
01:26:41Si probablement
01:26:42toute la différence
01:26:44dans l'approche
01:26:45de la commission d'enquête
01:26:45c'est qu'une commission d'enquête
01:26:46ne doit pas être un tribunal
01:26:48elle est là pour faire émerger
01:26:49une vérité
01:26:50pour faire des propositions
01:26:52encore une fois
01:26:52je ne juge pas celle-là
01:26:53par contre ce que je voudrais dire
01:26:54c'est que
01:26:55si cette commission d'enquête
01:26:56a eu un certain écho
01:26:57ce n'est pas le fruit du hasard
01:26:58c'est qu'à force
01:27:00de retarder
01:27:01toute mesure
01:27:02toute décision
01:27:03tout mouvement
01:27:05toute réforme
01:27:06en matière d'audiovisuel public
01:27:07on se trouve dans une situation
01:27:09où l'audiovisuel public
01:27:10est très fragile
01:27:10et résultat
01:27:11cette commission d'enquête
01:27:13a illustré
01:27:13les fragilités
01:27:14de cet audiovisuel public
01:27:15Avec un texte
01:27:16qui manque une lecture
01:27:17pour créer une holding
01:27:19au-dessus de l'audiovisuel public
01:27:20mais qui ne verra pas le jour
01:27:21d'ici la fin du quinquennat
01:27:22a priori ce qu'on a compris
01:27:24Merci Laurent Laffont
01:27:25pour cette réaction
01:27:26au micro de public
01:27:26C'est là, merci
01:27:32C'est la fin de cette émission
01:27:33Merci à vous de l'avoir suivie
01:27:34N'hésitez pas à voir les replays
01:27:36à lire les décryptages
01:27:37c'est sur publicsena.fr
01:27:39Prochain rendez-vous
01:27:40avec l'information
01:27:41dans quelques minutes
01:27:42à 18h
01:27:42pour Sens Public
01:27:43C'est présenté comme tous les soirs
01:27:44par Thomas Hug
01:27:45Très belle suite
01:27:46des programmes
01:27:46sur Public Sénat
01:27:47Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:51Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:54Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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