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  • il y a 9 minutes
Laure Darcos, sénatrice Horizon de l'Essonne, porte une proposition de loi qui "rééquilibre la charge de la preuve" si un artiste se fait voler son travail par une intelligence artificielle. Avec ce texte, ce serait au fournisseur d'IA de prouver qu'il n'a pas utiliser un œuvre.

Retrouvez "l'invité de 6h20" de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20

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Transcription
00:00Il est 6h22, une intelligence artificielle, éthique, responsable, est-ce réellement possible une IA qui défende les droits d'auteur
00:07au lieu de piller gratuitement des oeuvres ?
00:09Notre invitée y croit, elle défend une proposition de loi qui veut renforcer les droits des artistes.
00:14Bonjour Laure Darkos.
00:15Bonjour.
00:16Vous êtes sénatrice horizon de l'Essonne.
00:18Alors aujourd'hui il est fréquent que les opérateurs d'IA récupèrent des contenus sans payer de droits d'auteur,
00:23qu'ils se servent gratuitement ?
00:24Bien sûr, ça fait donc depuis le début de l'IA générative, on a tous vu arriver Tchatchepeté, ensuite Le
00:30Chat et d'autres, et on a trouvé ça magique de pouvoir faire nous-mêmes des compositions en IA générative.
00:38En effet, tous ces contenus sont pour l'instant pillés illégalement.
00:42Il ne serait pas ex nihilo quand on voit une image, parfois on voit bien que c'est de l
00:46'IA.
00:47C'est très compliqué. En fait, jusqu'à présent, c'était à l'artiste lui-même de prouver que c
00:51'est à partir de son oeuvre originale qu'on a pu ensuite, que tel ou tel François d'IA a
00:57pu entraîner après d'autres images ou d'autres sons, d'autres musiques.
01:03Quels sont les types d'oeuvres qui sont pillées ?
01:05Tout, ça va de la vidéo, exactement, le son. La musique n'est pas plus protégée, mais en tout cas
01:14plus préparée à ça, parce qu'ils ont eu ce tsunami du streaming il y a maintenant une vingtaine d
01:19'années.
01:20Et je sais que, notamment Deezer, maintenant, décèle ce qui est fait avec l'IA générative et ce qui ne
01:28l'est pas.
01:29Mais ça trompe en effet le consommateur, qui n'y est pour rien, mais il ne sait pas qu'il
01:35va forcément utiliser une musique qui est faite à partir d'une oeuvre originale.
01:41Mais aujourd'hui, c'est déjà illégal de piller une oeuvre sans rien payer. Pourquoi est-ce qu'il est
01:45nécessaire de renforcer le droit ? Qu'est-ce qu'elle apporte, votre proposition de loi ?
01:49En fait, elle rééquilibre la charge de la preuve. C'est-à-dire que jusqu'à présent, c'était à
01:53l'artiste, au pauvre artiste, d'essayer de justifier, en recours, auprès des grands fournisseurs, et notamment les GAFAM, de
02:03dire « c'est bien de mon oeuvre originale que vous êtes partie ».
02:05Aujourd'hui, ça va être à ces fournisseurs d'IA de justifier qu'ils n'ont pas utilisé, en fait,
02:13cette oeuvre originale pour leur modèle d'entraînement d'IA générative.
02:19Si c'est le cas, ils vont devoir, en effet, payer forcément des droits d'auteur.
02:23Mais cette loi, au-delà du côté peut-être négatif et répressif chez tout le monde de la tech contre
02:30nous, bien évidemment, en disant que ça va être très long, que du coup, ça va ralentir ce fameux moissonnage
02:36de millions de données,
02:38nous, ce qu'on aimerait, c'est que, à partir de... Maintenant, ça fait 4 ans.
02:41À partir de maintenant, on demande aux fournisseurs d'IA, qu'ils soient français, américains, européens, de se remettre autour
02:48de la table avec les différents secteurs culturels, pour un meilleur partage de la valeur.
02:52Le but, c'est de trouver des accords de long terme pour qu'il n'y ait plus de cas
02:55par cas comme aujourd'hui.
02:56Exactement. Avec donc l'autorisation de moissonner, parce que le secteur culturel n'est pas contre l'innovation.
03:01C'est ça qu'on voudrait aussi faire passer, parce que, bien évidemment, on passe pour rétrograde en disant que
03:06cette nouvelle technologie, on ne voudrait pas l'utiliser.
03:09Bien sûr que si. Et dans le cinéma, par exemple, les effets spéciaux utilisent l'IA depuis des dizaines d
03:16'années.
03:17Ça peut permettre des choses formidables. Simplement, ça ne doit plus se faire sans l'autorisation des ayants droit.
03:22Et est-ce qu'il y a un seuil de déclenchement ? Est-ce que c'est à partir de
03:25tant de secondes de musique ou sur une photo, s'il y a récupère en entier, enfin se sert en
03:30entier de la photo juste d'un petit bout ?
03:31Alors, c'est très compliqué. C'est pour ça que l'article est très... On ne va pas s'étendre
03:36devant vous, pour vos auditeurs ce matin,
03:38mais c'est un article unique extrêmement précis sur le plan juridique, qui permet au juge de trouver des indices
03:47à la manière d'eux, à la façon d'eux,
03:50et avoir un principe qui puisse lui permettre de juger s'il y a eu exploitation, en fait, et utilisation
03:57d'une œuvre originale.
03:58Et à ce moment-là, s'il y a atteinte à la protection, à la propriété intellectuelle.
04:07La propriété intellectuelle est basée sur le droit européen. Et donc, la Commission européenne est en train de mettre en
04:15place cette protection.
04:17J'allais vous poser la question, parce que là, votre proposition de loi, si la France, si elle passe, la
04:20France, ce sera le premier pays à mettre en place une telle législation.
04:22Ce sera le premier, et le Conseil d'État...
04:24Le premier pays au monde ?
04:24Exactement. Mais sur le plan européen, la Commission européenne nous regarde aussi avec agacement,
04:31mais on sait très bien la lenteur des dispositions. On l'a vu pour la directive droit d'auteur il
04:36y a quelques années.
04:37Ils mettent beaucoup, beaucoup d'années avant de pouvoir appliquer dans les pays membres.
04:41Et en fait, le Conseil d'État, à qui j'ai demandé un avis, m'a rédigé, m'a demandé
04:46quelques changements rédactionnels,
04:49pour que vraiment, les juges français puissent appliquer cette loi en France, même pour des fournisseurs qui ne soient ni
04:56européens, ni français.
04:58On sait qu'Emmanuel Macron est un grand défenseur du monde de la tech, et de Mistral en particulier, le
05:02leader français de l'intelligence artificielle.
05:05Vous êtes soutenu par l'Elysée ?
05:07Pour l'instant, pas trop. Ils sont tous très réticents. Et nous, on essaie de voir Mistral régulièrement.
05:11J'ai eu la chance, j'ai eu bien la chance, parce que c'est un homme absolument incroyable, de
05:15voir Arthur Munch en décembre dernier.
05:17Et c'est vrai que je pense que lui est avant tout un génie de la tech, et ne comprenait
05:21pas forcément ce que c'est qu'une œuvre de l'esprit.
05:23Il m'a même dit, combien me coûtera un livre ? Je lui dis, mais ça ne sera pas à
05:28l'œuvre, en fait.
05:29Et donc, on essaie de lui faire comprendre que s'il est le premier à se remettre autour de la
05:34table avec les secteurs culturels,
05:35on sera d'autant plus fiers de le défendre pour qu'il ait été le bon élève, qui ait compris
05:41qu'il faut maintenant négocier des droits d'auteur avec chaque secteur culturel,
05:45et qu'il soit du coup poussé et encouragé même par les acteurs culturels eux-mêmes.
05:51Et du côté des sénateurs, là vous êtes davantage confiante ?
05:53Oui, on a voté cette loi, enfin on a signé d'abord cette proposition de loi, quand on l'a
05:57déposée par tous les membres de chaque groupe.
06:01Elle est transpartisane.
06:02Transpartisane, et je pense que donc mercredi soir, il ne devrait pas y avoir de surprise.
06:06Voilà, et après il y aura l'Assemblée.
06:07Et après l'Assemblée, ça sera une autre partie plus compliquée, de devoir le fixer à l'heure du jour,
06:13et ensuite qu'elle soit votée conforme.
06:14Merci Laure Darko, sénatrice horizon de l'Essonne, vous étiez l'invité du 5-7.
06:18Merci d'avoir regardé cette vidéo !

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