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Avec Pierre Josselin, Directeur général de Fermentalg, spécialisé dans la biotech durable
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Transcription
00:00Il est 8h21 sur Sud Radio et à la 1 ce matin, ce sujet, la France dans ses secteurs les
00:05plus importants, de plus en plus dépendante de l'Asie.
00:07Sujet qu'on voulait mettre en avant ce matin, quand tous les deux regards sont tournés en réalité sur ce
00:11qui se passe aux Etats-Unis et au Moyen-Orient.
00:14Bonjour Pierre Josselin.
00:16Bonjour.
00:16Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes le directeur général de Fermentalgues, spécialisé dans la biotech durable.
00:22Et on avait envie d'être avec vous ce matin parce que c'est vrai que tous les secteurs sont
00:26concernés par cette addiction à l'Asie,
00:27que ce soit l'agroalimentaire, que ce soit le médical, que ce soit les produits pharmaceutiques, que ce soit l
00:33'agriculture.
00:34Mais on va commencer simplement, quand on parle de dépendance à l'Asie, on parle de quoi exactement, de quels
00:38produits, parfois de quels molécules, de quels ingrédients.
00:44Écoutez, je ne sais pas si on veut parler de dépendance ou d'absence de stratégie française ou européenne,
00:50parce qu'en réalité c'est un segment qui est stratégique pour l'avenir.
00:54On fait des molécules à partir de micro-organismes et c'est l'avenir.
00:59Donc par exemple, certaines molécules qui sont des bénéfices et des avancées pour la santé des plantes, des humains et
01:05de la planète.
01:07Donc on peut parler, le récent scandale c'était le scandale sur le lait infantile,
01:12puisqu'en fait une molécule produite par un champignon n'est faite qu'en Asie.
01:16La raison, elle en est très très simple, je veux dire, la raison de cette absence de producteurs européens,
01:24c'est simplement que les gros acteurs, toutes les sociétés internationales, en fait, ont un œil sur le rivet, sur
01:32leur profit,
01:33court terme, et n'ont pas de stratégie de sourcing.
01:37Et ce n'est pas bien grave pour eux, puisqu'en fait, de toute façon, s'ils font tous la
01:40même chose,
01:40ils ne sont pas pénalisés les uns par rapport aux autres.
01:43Très éveillamment pour ceux qui nous écoutent, Pierre Josselin, le sourcing c'est la provenance des produits, on est d
01:48'accord ?
01:49Excusez-moi, oui, c'est un terme générique dans notre...
01:52C'est pour ça que je peux permettre de préciser, mais tout va bien.
01:54Ces personnes, ces grands groupes, en fait, font leur métier qui consiste à optimiser leur profit.
02:00Et puis, par ailleurs, les consommateurs européens demandent le meilleur coût,
02:05et donc vont jusqu'à demander l'absence de taxation s'il n'y a pas de producteurs en Europe.
02:10Et en fait, la conséquence, c'est que si vous n'avez pas de taxation en Europe pour rentrer,
02:14et que nous, quand on exporte aux États-Unis, c'est 15, 17, ou en Chine, c'est 30,
02:20vous imaginez que vous êtes en désavantage compétitif, et il n'y a pas de stratégie au niveau des grandes
02:25sociétés,
02:26mais également au niveau de l'Europe.
02:28Et ce qui est frappant, c'est que, quand on vous entend et quand on s'intéresse un peu à
02:32ce sujet,
02:33c'est que ce sont souvent, en fait, des noms inconnus du grand public,
02:36mais qui sont indispensables à notre quotidien, d'où les principaux ingrédients,
02:40ou alors les principaux produits, sont généralement produits, proviennent d'Asie.
02:44C'est peut-être ça aussi le vrai sujet, c'est-à-dire que ce n'est pas seulement pour
02:47des achats occasionnels.
02:48On se rend compte que, partout dans notre quotidien, la dépendance se situe dans énormément de produits.
02:53C'est ce qu'on appelle les assages stratégiques, c'est-à-dire que ce sont des ingrédients
02:57qui, finalement, dans le coût du produit fini ou du traitement, représentent 1 ou 2%,
03:04sauf que si vous ne les avez plus, vous n'avez plus de traitement.
03:07Et donc, le problème, c'est un problème de souveraineté de plateforme.
03:12C'est-à-dire que si on se fâche avec nos amis chinois et qui décident de ne plus exporter
03:18beaucoup de leurs produits biotechnologies, vous auriez d'énormes problèmes d'approvisionnement en Europe.
03:24Et le vrai sujet aussi, outre l'approvisionnement, c'est de savoir ce qu'on veut,
03:29parce que tous ces produits-là, c'est aussi le prix de notre indépendance.
03:31Est-ce qu'on est prêt à le payer ? C'est la question qui doit être sur la table.
03:38Bien sûr, évidemment, on a des avantages structurels liés à nos coûts en Europe.
03:44On a un coût du sucre, puisque pour faire cette technologie, on utilise du sucre avec des micro-organismes.
03:49On a un coût de l'énergie qui est taxé.
03:51On a un coût du personnel qui est taxé.
03:53Donc, on n'est pas à armes égales, on va dire.
03:56Et on l'est d'autant moins que ces pays-là ont une vraie stratégie industrielle
04:01et ils savent que les biotechnologies ont un avenir.
04:03Et donc, ils investissent et soutiennent leur industrie dans le temps.
04:07Alors que nous, on n'a pas de vraie stratégie.
04:09Alors, il ne faut pas pleurnicher non plus.
04:11Je veux dire, on est quand même capable de se défendre.
04:13On a quand même des beaux produits.
04:16On fait des oméga-3, on fait des pigments, on a des capacités en technologie,
04:21mais on n'est vraiment, vraiment pas aidé.
04:23Et on ne s'aide pas nous-mêmes.
04:25C'est-à-dire qu'on n'éduque pas nos consommateurs.
04:29On ne leur fait pas comprendre qu'il faut, à un moment donné, avoir une vraie politique de l'offre.
04:34Et alors, comment on fait pour éduquer le consommateur ?
04:37Parce que moi, j'ai l'impression que dans beaucoup de domaines,
04:39que ce soit le domaine peut-être un peu moins pharmaceutique,
04:41mais par exemple le domaine agricole ou le domaine agroalimentaire,
04:44on explique depuis des années et des années qu'ajouter quelques centimes sur un produit,
04:48peut-être être vigilant quant à l'origine de certaines matières qu'on achète,
04:52c'est aider directement la chaîne française, la chaîne européenne,
04:56et donc aider à construire la souveraineté.
04:58Comment on fait pour, si on vous écoute, Pierre Josselin,
05:00en rappelant que vous êtes le directeur général de Fermentag,
05:02et spécialisé dans la biotech durable,
05:04comment on fait pour éduquer le consommateur, pour le sensibiliser davantage ?
05:09Pour moi, il y a deux leviers.
05:10Il y a un levier de l'éducation, et puis il y a un levier aussi de la politique.
05:15Si vous n'avez pas une politique volontaire et pas démagogique,
05:22vous ne vous en sentez pas.
05:23Si vous n'éduquez pas vos consommateurs, on a une perte de nos valeurs.
05:27Aujourd'hui, ce qui compte avant tout, c'est l'individualisme,
05:30plus que le collectif et l'avenir de tout le monde.
05:34Je pense que c'est un problème de fond.
05:37Je ne vois pas comment résoudre le problème, moi, personnellement.
05:39J'y participe en gérant cette société.
05:42Je fais en sorte que cette société existe pour demain.
05:44Je fais ma part, mais tout le monde doit faire sa part.
05:46Et aujourd'hui, vous, en tant que dirigeant, par exemple,
05:48Pierre Josselin, directeur général de Fermentag,
05:51comment vous essayez justement de poser les jalons pour la société de demain ?
05:56Comment vous essayez aujourd'hui, avec, on le répète souvent,
05:59les normes de l'Union européenne, l'environnement économique français
06:02qui n'est pas le meilleur, de bousculer ça,
06:04d'essayer, on va dire, au quotidien, de vous imposer ?
06:11Alors, écoutez, je pense qu'on peut trouver dans l'Europe,
06:14on s'est associé, nous, avec des Bulgares,
06:15parce qu'ils bénéficiaient d'une histoire, en fait,
06:19de la biotechnologie ex-soviétique,
06:22qui nous a permis, en fait, de trouver un vrai partenaire de production
06:25avec des coûts qui sont, on va dire,
06:27comparables avec nos concurrents chinois et américains.
06:31D'autre part, on a signé un arrêt à l'Europe
06:35de l'importation de nos produits à zéro taxe
06:38sous prétexte qu'il n'y avait personne qui produisait,
06:40donc ça a pris 12 mois.
06:42Et puis, on a aussi une politique qui est,
06:45plutôt que de dire il est méchant le chinois,
06:48c'est de trouver aussi, hors de l'Europe,
06:50lorsqu'il n'y a pas de possibilité de spécialisation dans nos produits,
06:53de s'associer, faire des alliances avec des gens
06:57qui sont des producteurs low-cost,
06:59pour ne pas rater, en fait, la présence mondiale dans nos segments.
07:03Oui, donc un peu de souplesse et un peu de construction de partenariats
07:07et ne pas toujours attendre des choses de la force publique,
07:09parce que sinon, on observe, bien sûr,
07:11une véritable dépendance à l'Asie.
07:13Simplement, tout à l'heure, on parlait, par exemple,
07:16de fabricants d'aliments pour animaux.
07:18La Chine, aujourd'hui, par exemple,
07:19produit entre 80 et 95 % de ses volumes mondiaux.
07:23C'est absolument considérable.
07:25Merci beaucoup, Pierre Josselin, directeur général de Fermentalgues,
07:28spécialisé dans la biothèque du Rêpe,
07:29d'avoir été avec nous ce matin, dans un instant,
07:31alors qu'il est 8h28.
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