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  • il y a 13 heures
Le chocolat n’échappe pas à l’inflation, son prix a fortement augmenté, le chocolatier Eric Vergne conseille de privilégier à la qualité à la quantité

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Transcription
00:00L'invité d'ici matin, alors ce week-end c'est Pâques, vous le savez, et comme chaque année vous
00:04êtes nombreux à acheter du chocolatierie.
00:06Un produit qui comme beaucoup d'autres subit l'inflation, plus 36% en 4 ans.
00:11Conséquence, les gourmands changent un peu leurs habitudes de consommation.
00:14Pour en parler, nous recevons ce matin Eric Vierne, un célèbre chocolatier installé à Belfort, Montbéliard et Haut-Dincourt.
00:21Bonjour Eric Vierne, merci d'être là ce matin.
00:23Les Français, on l'a dit, font de plus en plus attention à leur porte-monnaie.
00:26Est-ce que dans vos magasins, vous sentez un changement d'habitude de vos clients ?
00:31Honnêtement, non.
00:33Déjà, Pâques a cette particularité que tout se joue dans la dernière semaine.
00:37J'aime bien faire des rapprochements avec le sport et le match se joue là.
00:41Donc j'en saurais plus lundi.
00:43Mais là, pour l'instant, les choses sont assez semblables aux habitudes.
00:47Vous confirmez quand même que le prix du chocolat a augmenté ?
00:51Ah oui, nous on a pris 100% d'augmentation en 3 ans.
00:55C'est-à-dire que ce qu'on achetait 20, on l'a acheté 40.
00:58Mais on n'a pas pu répercuter, bien évidemment, parce que c'était trop important.
01:02Donc on en a pris une partie à notre charge sur nos fonds propres.
01:05Et puis on fait le dos rond en attendant que les choses se rétablissent.
01:07Elles sont en train de se rétablir, mais il y a forcément un décalage.
01:12Et comment dirais-je, on parle souvent du prix du cacao à la bourse de Londres ou de Rotterdam.
01:16Nous, on est à la fois en lien, mais en lien indirect, parce que ça n'a rien à voir.
01:22Quand le prix du cacao est muté par 6, c'est des traders qui gagnent 6 fois plus,
01:29qui profitent des mauvaises récoltes du haut des règlements climatiques,
01:32qui s'accaparent à la récolte et qui la redistribuent sur le marché.
01:35Et vous, vous êtes en bout de chaîne ?
01:36Et nous, on est en bout de chaîne, les consommateurs, on est en bout de chaîne.
01:38Alors, il n'y a pas que le chocolat qui augmente, d'autres matières premières augmentent,
01:43notamment les framboises, les fraises, les pistaches.
01:45Est-ce que vous devez adapter vos recettes par rapport à ces augmentations ?
01:48Non, pas vraiment, parce qu'on fait une forme d'équilibre.
01:53C'est un ensemble de choses.
01:54Si les gens veulent de la framboise, on ne va pas leur dire qu'on n'en aura pas,
01:57parce que ça coûte trop cher.
01:58Simplement, ça va s'équilibrer avec d'autres matières premières
02:00qui, elles, sont un petit peu sur des marchés un peu différents,
02:03qui sont un peu plus stables, voire baissiers.
02:05Donc, on va dire, tout ça, c'est un peu comme le beurre.
02:08Le beurre, il a aussi des hauts et des bas.
02:10Moi, l'avantage de vivre, c'est qu'on a un petit peu d'expérience.
02:13Donc, on réagit de façon un peu moins impulsive.
02:15Et on se dit, ça va se calmer, ça va...
02:18T'inquiète pas.
02:19Donc, ok, là, on paye plus cher.
02:21Et puis là, on va payer moins cher, ça va revenir.
02:23Mais nous, le plus important, ce n'est pas la matière première.
02:25C'est le plus important pour faire des bons gâteaux, des bons chocolats.
02:28Mais le plus important, c'est les hommes et les femmes qui travaillent avec nous.
02:31Donc, c'est là où tout se joue.
02:33Votre... Il y a aussi la concurrence, les grandes surfaces qui vendent du chocolat.
02:37Déjà depuis maintenant, ça a commencé depuis plusieurs semaines.
02:40Comment vous faites pour faire face à cette concurrence ?
02:43On ne fait rien.
02:45C'est-à-dire qu'il n'y a pas de concurrence.
02:47C'est-à-dire que vous faites les mêmes prix qu'en grande surface ?
02:49Oui, on fait les mêmes prix.
02:50Je suis provocateur.
02:52C'est-à-dire que 10 euros de chocolat chez nous coûte le même prix que 10 euros de chocolat
02:56en grande surface.
02:57Sauf que ce n'est pas la même.
02:59Et en fin de compte, Pâques, qui est une fête de la Renaissance, ne devrait pas être une fête de
03:02l'abondance.
03:05Comment dirais-je ?
03:06Si on veut faire plaisir...
03:07On n'est pas...
03:10Comment dirais-je ?
03:10Primordial comme activité.
03:12On offre du plaisir.
03:13Ce n'est pas un bien de première nécessité.
03:15Donc, si on doit faire plaisir, on va offrir du bon.
03:18Du beau, du bon.
03:20Si on offre quelque chose qui est deux fois plus gros que chez nous,
03:22on va le payer le même prix que chez nous.
03:25Puisqu'ils sont à peu près à la moitié moins chers que chez nous.
03:27Donc, si on offre deux fois plus gros, on va offrir plus de sucre,
03:31plus de matière grasse végétale non issue du beurre de cacao,
03:34et fabriquer dans des conditions de travail déplorables.
03:37Donc, c'est un choix.
03:38On l'achète...
03:40Et le beau à le bon a forcément un prix ?
03:43Oui, il a un prix.
03:44Mais encore une fois, ça fait partie même...
03:46Pas que c'est essentiellement tourné vers les enfants.
03:48Donc, c'est l'occasion idéale de leur faire découvrir
03:51qu'on peut se faire plaisir avec un petit peu de bon,
03:54plutôt que beaucoup de pas bon.
03:56L'année dernière, c'est quoi la tendance cette année
04:00au niveau du chocolat, au niveau des formes,
04:02au niveau des oeufs, des poules, des lapins ?
04:04Est-ce qu'il y a une tonalité particulière cette année ?
04:07Alors, on est dans l'Est de la France.
04:10Traditionnellement, le lapin a toute sa place.
04:12Plus que dans d'autres régions françaises.
04:16Maintenant, Pâques, ça reste l'oeuf.
04:18Donc, c'est les plus gros des ventes.
04:19Un peu comme quand on parle des galettes,
04:21la France Gépan, même si on fait des galettes spéciales.
04:25Mais Pâques, c'est aussi une récréation pour nous.
04:27Donc, on s'amuse aussi à créer des personnages,
04:29style Léon.
04:30Mais on peut voter, Léon.
04:32Il n'est plus là.
04:33Il est parti, c'est pas la cerise.
04:36Donc, on s'amuse, c'est aussi une récréation.
04:38Donc, il y a la majeure partie qui va vers la tradition.
04:42Et puis, il y a une partie récréative
04:44où nous, on s'amuse à faire des petits personnages animés.
04:46Et puis, ça nous va bien.
04:48C'est aussi beaucoup de travail pour les filles,
04:50parce que c'est principalement des filles qui emballent.
04:52Il y a un gros travail d'enrubanage.
04:54C'est un savoir-faire.
04:55C'est un vrai savoir-faire.
04:56Toute la valeur ajoutée, elle est là.
04:57Elle n'est pas dans le fait de vendre des fèves de cacao
05:01six fois le prix.
05:03Nous, on fait la vraie valeur ajoutée locale.
05:06Merci beaucoup, Éric Vergne,
05:07d'être revenu ce matin dans nos studios.
05:09Je rappelle que vous êtes célèbre chocolatier.
05:11Tout le monde vous connaît.
05:12Trois boutiques à Belfort, Montbéliard et Audincourt.
05:15Bon week-end à vous.
05:16Merci, vous de même.
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