00:00Et ces municipales qui nous replongent dans le théâtre classique, voire la tragédie.
00:06Ah bah oui, alors Patrick, vous connaissez le dilemme cornélien, va je ne te ai point,
00:11ce choix impossible pour un héros torturé, et bien nous y sommes.
00:15Car la gauche sociale-écologique qui pensait véritablement emporter la première manche de ces municipales,
00:21elle était très bien placée dans les sondages,
00:23et bien elle s'est heurtée hier soir au mur de LFI,
00:26qui signe une victoire coup de théâtre à Saint-Denis, à laquelle personne ne s'attendait.
00:31Élection au premier tour de Bali-Bagayoko, mais aussi des scores parfois impressionnants,
00:36comme à Roubaix, 47% pour David Guiraud, à Toulouse, 27% pour François Picmal,
00:41ou alors des scores plus modestes, mais qui peuvent faire gagner ou perdre les maires socialistes sortants.
00:47C'est vrai à Nantes, à Brest, à Lille, mais c'est aussi vrai dans la conquête de villes comme
00:51Avignon, Limoges et tant d'autres.
00:53Alors pourquoi le dilemme ?
00:54Eh bien parce que Jean-Luc Mélenchon, vous le savez, est devenu infréquentable depuis le meurtre de Quentin.
00:59Les dérives antisémites sur les prénoms qui lui ont valu pour la première fois une condamnation unanime
01:04par le bureau national du parti socialiste.
01:06Alors comment on justifie d'avoir condamné il y a dix jours,
01:10et aujourd'hui on dit qu'on va passer des accords ?
01:13C'est une question de cohérence, et l'incohérence c'est ce qui tue la politique.
01:17Alors on comprend que depuis hier soir, toute la gauche hors LFI se relaie pour commencer à justifier ces accords
01:23par le fascisme des candidats de droite.
01:26Alors je veux bien qu'on dénonce le trumpisme du candidat à Nantes,
01:29ou les futurs accords possibles de Rachida Datti avec Sarah Knafow,
01:33mais franchement Patrick, voir un trumpiste dans Jean-Luc Moudin,
01:36c'est quand même assez compliqué.
01:39On va expliquer ainsi qu'on va fusionner à Lille contre la droite réactionnaire.
01:44En réalité, ce qui se passe à Lille, c'est juste une guerre entre la gauche.
01:46Mais ce qui veut dire que LFI détient les clés,
01:49que ce soit évidemment à Toulouse,
01:52où là finalement c'est le PS qui détient la clé parce qu'il est en troisième position.
01:56En tout cas détient les clés à Lille, dans beaucoup d'endroits.
01:58C'est ça, à Marseille aussi bien sûr.
02:01Non mais il n'y aura pas d'accord.
02:02Oui il n'y aura pas d'accord, mais il y aura désistement,
02:04et donc dans ces conditions...
02:05On en sait rien, en tout cas ce qui est sûr c'est que Benoît Payan est clair.
02:07Aussi, à Lyon aussi bien sûr, à Bordeaux aussi,
02:10même s'il n'a pas les 10%.
02:12Non, Bordeaux ça se joue.
02:13Oui mais ce sont les voix des LFI.
02:16Non mais ce qu'il faut dire, c'est qu'il y a des accords, pas d'accord évidemment.
02:20Je pense qu'à Toulouse on est prêt à aller,
02:22du côté d'une certaine gauche, on est prêt à perdre la ville,
02:25enfin ne pas la gagner, pour ne pas avoir d'accord.
02:28Bien sûr, il y a des gens qui poussent.
02:30François Hollande ?
02:31Oui, pour que François Briançon se désiste purement et simplement.
02:34Partout où le PS ne peut pas gagner,
02:36vous avez la ligne François Hollande qui dit « désistement ».
02:39Ah oui, bon, François Hollande il dit « désis ».
02:43Désistement, si on ne peut pas gagner, désistement et sinon...
02:46Mais désistement pour qui ?
02:47On se désiste, on retire la liste
02:49et le choix libre des électeurs de voter pour la liste LFI, par exemple à Toulouse.
02:53Bon, d'accord.
02:55Oui, on sait, c'est...
02:56Bon, il y a aussi le dilemme pour la droite.
02:59Ah bah oui, elle n'a pas passé une bonne soirée, la droite.
03:01C'est évident, elle avait fixé deux objectifs, Paris et Nantes.
03:04Hier soir, Rachida Dati est largement devancée à Paris par Emmanuel Grégoire.
03:07C'est quasiment du 13 points.
03:09Et à Nantes, Johanna Ola, qui a essuyé toutes les charges de la droite,
03:12termine quand même devant 35 à 33, mais l'écart est faible.
03:15Là, encore que faire ?
03:16À Paris, l'union des droites avec Sarah Knafo, Avignon, tendre la main au RN.
03:20Qu'est-ce qu'on fait à Nîmes, par exemple ?
03:22On va le demander à notre invité, où le RN, Julien Sanchez, fait jeu égal avec la gauche.
03:26Mais la droite est à 19%.
03:28Qu'est-ce qu'on fait pour le second tour ?
03:30On appuie Julien Sanchez ?
03:31Alors, on a bien entendu Bruno Retailleau, hier, marteler son mantra préféré.
03:36Pas une seule voix pour LFI, ça lui évite d'avoir à dire.
03:39Pas une seule voix pour le Rassemblement National.
03:41Et derrière tout cela, il y a la présidentielle.
03:44Et oui, Patrick, et c'est ça qui est terrible, c'est la mécanique d'effacement implacable.
03:47Comment Bruno Retailleau peut-il imaginer se différencier et s'imposer face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen
03:55s'il fait accord avec eux pour les municipales ?
03:59Autre question.
03:59Comment Marine Tondelier ou Olivier Faure peuvent-ils imaginer s'imposer face à Jean-Luc Méjeanchon
04:05s'ils passent des accords aujourd'hui ?
04:08Chacun, en faisant des accords, valide le fait que le leader des insoumis, comme celui du RN,
04:14possède la clé, donc la puissance.
04:17Et quand vous installez quelqu'un dans la puissance,
04:20comment arrivez-vous à le combattre un an après dans la présidentielle ?
04:24C'est pour ça que je dis que cette semaine est cruciale pour le PS et les Républicains.
04:29En fait, il joue le droit de pouvoir tout simplement continuer à jouer pour la présidentielle.
04:33Merci Françoise de Gouin.
04:35On y reviendra aussi avec vous et Philippe David juste après 8h30 et avec les auditeurs.
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