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  • il y a 3 mois
Avec François Jouaron, père de Luc, décédé à 23 ans après avoir consommé du protoxyde d'azote

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-04-02##

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Transcription
00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:06Il est 7h13, c'est à la une ce matin, le projet de loi contre le protoxyde d'azote.
00:12Le ministre de l'Intérieur l'a présenté il y a quelques jours pour interdire la consommation de ce protoxyde
00:19d'azote
00:19qui est à l'origine de beaucoup d'accidents et de décès.
00:22Nous sommes avec François Jouaron, qui est le père de Luc, décédé à 23 ans après avoir consommé du protoxyde
00:32d'azote.
00:33Les parents qui veulent s'engager justement pour que l'on parle de ces dangers, pour sensibiliser les jeunes à
00:41ce fléau.
00:42François Jouaron, bonjour.
00:44Bonjour.
00:45Merci d'être avec nous pour témoigner, bien sûr.
00:48Qu'est-ce que vous pensez des annonces récemment justement pour aller vers l'interdiction du protoxyde d'azote, sachant
00:58que c'est quand même assez complexe ?
01:00Oui, j'ai vu ces annonces.
01:02Moi, on sait déjà bien qu'il y ait eu une réaction.
01:05Mon fils est mort il y a déjà un an.
01:07Après avoir juste inhalé deux cartouches, il est tombé, il a fait un malaise.
01:13Il a vomi dans ses branches, donc il est mort étouffé sans pouvoir se sortir de là.
01:19Et donc ce projet, bon, il arrive.
01:22Je trouve qu'il n'est pas assez important.
01:25Je trouve qu'il n'y a pas d'interdiction complète de la prise de ce produit chez tous les
01:34gens en dehors du monde médical et du monde de la restauration où ce produit est utile.
01:40Il n'y a pas non plus de, on ne parle pas de confiscation de véhicules qui est quelque chose
01:46qui serait à mon avis plus marquant.
01:48Et on ne parle pas aussi d'aide à la prévention.
01:53Moi, j'ai commencé déjà il y a quelques mois à l'aller dans les, parler aux lycéens de tout
02:00ça avec un addictologue, des anciens toxicaux, parce que je suis médecin, j'en suis quelques-uns.
02:05Et je trouve que ça a beaucoup d'impact de faire de la prévention et d'instaurer le protoxyde d
02:11'azote dans tout ce qu'ils font comme prévention contre les addictions dans les milieux lycéens.
02:16C'est vrai que ça touche beaucoup les jeunes.
02:17Oui, c'est ça.
02:18Ce que vous dites, c'est qu'il faut une énorme campagne, quoi, bien sûr.
02:22Oui.
02:22Parce que vous, votre fils, pardon d'y revenir, mais c'est vrai, il connaissait, il était aide-soignant à
02:29l'hôpital en fait du coin.
02:30Vous, vous étiez médecin aussi.
02:32Il connaissait les dangers, mais comme tous les jeunes de cet âge-là, je pense qu'il a vu que
02:42d'autres personnes pouvaient en prendre jusqu'à des dizaines et des dizaines de cartouches par jour,
02:47et que le fait d'en prendre une ou deux pouvaient être anodins.
02:50Eh bien, c'est pas vrai.
02:51On peut très bien faire un malaise avec une cartouche, l'égalation d'une seule cartouche ou de deux, et
02:57dans le malaise, eh bien, avoir des conséquences très graves et mourir.
03:01Oui, c'est ça.
03:02Parce qu'on ne peut pas complètement l'interdire, puisqu'il y a certaines professions, évidemment, qui l'utilisent, quoi,
03:09François.
03:10Oui, oui, oui.
03:11D'ailleurs, mon fils a trouvé les cartouches dans la cuisine, dans le siphon à Crème Chantilly.
03:16Ah oui.
03:17Et il était là, il était neuve, et donc on ne pensait pas qu'il en avait consommé avant dans
03:23la maison, je ne pense pas du tout.
03:25Surtout qu'il était au courant de ces bêtises-là.
03:28Et c'est sûr qu'il doit y avoir une législation qui permet aux restaurateurs et aux médecins, aux hôpitaux,
03:34parce que les hôpitaux l'utilisent aussi comme anesthésique et comme analgésique.
03:40Bon, d'accord, si c'est bien encadré comme ça, mais il est hors de question de trouver des bonbonnes
03:43sur Internet, des bonbonnes dans des commerces,
03:48et que les gamins puissent se trouver ça.
03:50Ce qui est terrible, c'est que c'est quelque chose de très bon marché.
03:53Ils vendent, je ne sais pas, le ballon est rendu quelques euros.
03:57Ça rend bizarre pendant quelques minutes.
04:00On revient chez les parents, on ne sent pas l'alcool, on ne sent pas la marijuana.
04:03Les parents ne se rendent compte de rien, ça ne coûte pas cher.
04:06Il y a vraiment tout pour que les gamins s'y intéressent et on devient addict.
04:10Oui, c'est ça.
04:12François, vous avez discuté, puisque vous allez dans des établissements scolaires avec les jeunes,
04:17qu'est-ce qu'ils vous disent quand vous leur parlez de ce risque et de ce décès de votre
04:22fils ?
04:24En fait, le décès, je ne suis pas sûre que ça les touche,
04:27parce qu'à cet âge-là, je crois qu'ils sont à des années-lumière de cela.
04:30Par contre, qu'ils l'associent aux stupéfiants, c'est déjà une première chose.
04:36Et je me suis rendu compte aussi qu'ils travaillaient plus sur les réseaux sociaux que sur les téléphones.
04:42Et il y en a même un qui m'a dit, même si j'appelle Drogue Info Service,
04:45qui est un service excellent avec des professionnels,
04:48même si j'appelle au téléphone, je n'ai pas confiance, je préfère regarder les réseaux sociaux.
04:53Alors ça, il faudrait qu'on ait une action aussi sur les réseaux sociaux
04:56pour toucher cette petite tranche de jeunes de la troisième à la terminale,
05:00qui ont touché.
05:02On a fait un questionnaire anonyme,
05:05il y en avait 25% qui avaient déjà inhalé ces trucs-là à l'entrée.
05:10Ils ont 14-18 ans, quoi.
05:1225% !
05:15Bon, et je habite à la campagne, c'est pas la ville,
05:18il n'y a pas de cartouches qui jonchent les rues,
05:21mais c'est effarant, quoi.
05:23Donc j'espère que ça les a touchés.
05:25C'est vrai qu'ils étaient, quand on a parlé,
05:28de voir un médecin addictologue,
05:29et l'infirmière addictologue qui était là, qui était super,
05:32qui parlait avec un langage jeune que je n'avais peut-être pas,
05:35eh bien, il disait, non, on préfère se renseigner sur les réseaux sociaux.
05:40C'est vrai qu'on a une action dessus,
05:42parce que s'ils ne téléphonent pas à Drogue Info Service,
05:45ils n'iront pas pour voir le médecin de leurs parents,
05:47ils n'iront pas voir un médecin addictologue dans l'hôpital à proximité.
05:52Est-ce que vous pensez que, justement, c'est du rôle de l'État, du gouvernement ?
05:57Je reçois la ministre de la Santé, là, tout à l'heure,
05:59Stéphanie Riste, elle est notre invitée.
06:02Qu'est-ce que, le message que vous avez à lui passer,
06:06parce que je sais que vous avez écrit, en fait, au gouvernement,
06:09enfin, je ne sais plus à qui précisément,
06:10mais vous avez écrit aux autorités.
06:12Là, la ministre de la Santé, si elle était en face de vous ce matin,
06:15François Joiron, en quelques mots, qu'est-ce que vous lui diriez ?
06:18Je lui dirais de faire, comment dire, d'intensifier la prévention de cette drogue
06:28dans les lycées, dans les collèges,
06:31et pour que la majeure partie des jeunes soient déjà informés du danger immédiat.
06:39Il n'y a pas que les dangers chroniques avec les paralysies
06:42et ces gamins qu'on voit dans les centres de rééducation paralysés.
06:45Il y a des dangers mortels immédiats,
06:47et qui sont terribles.
06:49Et j'ai une de mes internes, dans un médecine,
06:52qui a eu un ami,
06:55qui était en deuxième ou troisième,
06:56il a fait 20 ans,
06:58il l'a inhalé,
07:00et le lendemain, il a eu des fournis dans les pieds,
07:02et ça s'est terminé par une amputation d'orteil à un mois.
07:05À 20 ans, quoi.
07:07Donc, voilà, c'est pas rien.
07:09Et une campagne, donc, aussi sur les réseaux sociaux,
07:12parce que, vous l'avez dit, François Joiron,
07:14les jeunes s'informent comme ça.
07:15Donc, il faut une campagne massive, quoi.
07:19Qu'ils les touchent sur les réseaux sociaux.
07:21Et alors, c'est vrai que,
07:22bon, avec mes collègues médecins,
07:24on était un peu dignis,
07:25en disant, mais qu'est-ce qu'on peut leur dire
07:27s'ils ne veulent pas ni venir nous voir,
07:29ni aller dans un centre d'addictos,
07:31ni téléphoner à un drogue infoservice,
07:34comment, quand ils se sentent,
07:36quand ils sentent qu'il y a un problème,
07:38s'ils ne veulent pas en parler aux parents,
07:40comment les toucher directement ?
07:41Et puis, quand on sait que les réseaux sociaux,
07:43il y a tellement de choses débiles dessus,
07:47que, voilà.
07:48Donc, je ne sais pas si on peut essayer
07:49d'en créer un,
07:51au moins, qui soit capté par ces jeunes-là.
07:54Par ces jeunes-là, oui.
07:55Écoutez, je vais lui passer le message,
07:57donc, tout à l'heure,
07:58avec Jean-François Kéli.
07:59Elle est notre invitée à 8h15.
08:01Merci de votre témoignage,
08:03de votre courage,
08:04François Jouaron,
08:06autour de ce fléau
08:08qu'est la consommation du protoxyde d'azote
08:10avec tous ces dangers.
08:11Il faut en parler, évidemment.
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