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Avec Peer de Jong, ancien colonel, vice-président de l'institut Themiis, auteur de "Out of Africa" éd. Mareuil

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##LE_FACE_A_FACE-2026-06-23##

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Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Vous êtes bien sur Sud Radio en ce mardi 23 juin 2026, il est 13h04.
00:14Je reçois, il est un habitué de la maison, on peut le dire aujourd'hui, le colonel Père de Jong.
00:19Nous allons parler des relations entre la France et l'Afrique.
00:22Le colonel Père de Jong et Frédéric Le Jal ont co-écrit un livre qu'ils ont titré tout simplement
00:27« Out of Africa », comme le film avec Robert Edfold et Meryl Streep.
00:33Mais ce n'est pas sur ce sujet-là du tout, c'est un « Out of Africa » qui
00:36dit bien son nom.
00:37Nous avons été dégagés de l'Afrique.
00:39Chronique du divorce franco-africain, le livre est publié aux éditions Mareuil
00:44et raconte comment nous avons, en 40-50 ans, perdu tous les acquis qui étaient ceux
00:50que la France avait pu établir du temps du général de Gaulle, avec ces pays africains
00:54auxquels d'ailleurs le général de Gaulle avait donné l'indépendance.
00:56Père de Jong, merci d'être avec nous à l'antenne aujourd'hui en direct.
00:59Je vais vous poser la question, la métaphore que je fais souvent à des hommes politiques
01:02ou à des militaires.
01:03Je reprends cette phrase de Bonaparte le jour du coup d'état des années premières.
01:07Que dirait le général de Gaulle ?
01:11Que répondrait-on au général s'il disait « Qu'avez-vous fait de cette Afrique
01:14que je vous avais laissée si glorieuse pour la France ? »
01:17Mais c'est une très bonne question.
01:18Comment on a pu en arriver là ?
01:20C'est vraiment la question que je vous pose.
01:22Je citais Jacques Faucard qui était monsieur Afrique du général de Gaulle.
01:25Quand il lisait votre livre, mais là il doit être ventilateur, il fait le ventilateur dans
01:28ce temps-là.
01:30Effectivement, c'est une bonne question.
01:32C'est vrai qu'en fait c'est une espèce de déshérence qui s'est mise en place.
01:35En fait c'est un cycle lent.
01:37Il y a eu des moments, il y a eu des signaux faibles.
01:40Et malheureusement la France s'était embourgeoisée dans une relation avec l'Afrique
01:44qui était une relation qui était ancienne, qui était fraternelle, qui ne posait pas
01:47de problème.
01:48En fait on ne s'en est pas rendu compte.
01:49Et ces signaux faibles, moi je les attribue à partir de l'année 90-94.
01:5390 c'est le discours de la Baule avec le président Mitterrand.
01:56Mais qui n'a pas eu un impact majeur, parce que la limite c'était dans l'air du temps.
02:00Avec la chute du mur et la fin du RSS, c'était compréhensible.
02:03Par contre 94 c'est une année qui est raide, parce que c'est la mort de Fouet-Bouigny,
02:07qui met en 93, il est enterré en 94, une espèce de fin de période.
02:13Président de la Côte d'Ivoire ?
02:14Oui, président de la Côte d'Ivoire, effectivement.
02:15Qui était un des grands amis de la France, qui a même été ministre à un moment donné.
02:18Oui, qui était ministre, qui connaissait la France aussi bien que vous et moi.
02:23En fait c'était un point de liaison, un élément de liaison extrêmement fort entre une Afrique
02:26et une France qui demandait qu'à être fraternalisée.
02:30Donc en fait c'était un monde fraternel.
02:31La fin de Fouet, en plus c'était au-delà du fait que c'était le père fondateur de la
02:37Côte d'Ivoire,
02:38mais c'était aussi le doyen des chefs d'État.
02:41Et donc il était respecté en tant que tel.
02:43Il disparaît, c'est Bongo qui prend la suite.
02:45Mais n'empêche qu'Fouet était vraiment un personnage angulaire.
02:47Quels étaient les trois hommes d'État africains ?
02:49Il y avait Léopold Senghor bien entendu, lui aussi très lié à l'Afrique.
02:52Léopold Senghor, Boufoué-Bouigny et Omar Bongo.
02:54Alors après il y avait Yadéma au Togo, qui était un peu plus caractéristique, on va dire ça comme ça.
02:59Mais c'est vrai que ces chefs d'État étaient les chefs d'État qui étaient en général des élus
03:03français,
03:04qui avaient été sénateurs, députés, ministres, qui avaient eu des fonctions éminentes.
03:10Donc tout ça c'est la fin d'une période.
03:11Et la mort de Fouet-Bouigny parce qu'en fait, Bongo c'est un cas particulier.
03:15Il arrivait avec une espèce de coup d'État, etc.
03:17Alors que Fouet c'était vraiment le général nu.
03:19Bien sûr.
03:19C'est De Gaulle qui l'a mis.
03:20Et un héros.
03:20Un héros.
03:21Oui, totalement.
03:22Et même lui et Senghor avec un peu d'humanisme.
03:25Totalement.
03:26Et en plus c'était un peu le retour du général de Gaulle qui avait été appuyé par la France
03:29-Tib,
03:29qui avait été marat en Afrique.
03:31Donc il y avait une espèce de retour sur investissement sans qu'il les pensait comme ça.
03:35Ils avaient une vénération pour le général de Gaulle.
03:37Oui, parce que c'est le retour.
03:39Certains n'appelaient pas, je me signale.
03:41Oui, mais c'est vrai.
03:42En même temps c'est les relations fraternelles que l'Afrique des Africains ont avec les Européens qu'ils aiment
03:46bien.
03:46Donc encore une fois ça ne pose pas de problème.
03:48Mais cette mort d'Oufouette en fait est une espèce de transition et l'apparition d'un nouveau monde.
03:52Le deuxième point, c'est qu'en 1994, là à l'époque c'est Balladur qui est Premier ministre.
03:56Il y a une cohabitation, parce que Mitterrand est toujours président.
03:59Il va quitter l'année suivante.
04:00Et Balladur décide en fait de casser la parité du franc CFA.
04:04Alors ça ne dit pas quelque chose à nous...
04:06Ah si, enfin aux auditeurs non, on sait que ça a été un traumatisme pour la...
04:09Mais oui, d'autant qu'on ne l'aura pas dit.
04:11On l'aura dit trois jours avant, réunion à Dakar...
04:13Ça se traduit par quoi ?
04:15Dites quel impact c'est concret ?
04:16C'est simple, vous avez sur votre compte en banque, vous avez 1000 euros.
04:18Oui.
04:19Vous réveillez à minuit, à 185 vous y restez 500.
04:22La parité n'existe plus.
04:24Avant on pouvait prendre ces 1000 francs CFA, on l'a échangé contre 1000 euros par exemple.
04:29Du jour au lendemain, vous vous retrouvez avec 1000, vous donnez 1000, on vous donne 500.
04:33C'est une dévaluation forcée et non prévue et non annoncée.
04:36Alors puis qui n'a pas été négociée, c'est quand même incroyable.
04:39Et ça c'était un grand choc.
04:40Quelle était la raison ? C'était pour fortifier plutôt le rôle économique de la France ?
04:45Oui, il y avait ça.
04:46Le problème encore une fois, c'est qu'on se méfiait d'une espèce de spéculation.
04:49Donc on se dit qu'il faut impérativement que les monnaies des Etats africains soient en rapport avec l'économie
04:55des Etats africains.
04:55Donc c'est vrai que le front était beaucoup trop fort.
04:59Mais en tout cas, ce n'était pas très grave.
05:00En fait, il fallait trouver une solution.
05:02Le problème c'est que quand vous avez des partenaires et que vous ne leur annoncez pas quelques semaines avant,
05:06quelques mois avant votre intention, ça pose problème.
05:09Donc là, ça a été vraiment un vrai choc.
05:10D'autant qu'on les accusait indirectement de vouloir faire de la spéculation.
05:14Alors c'est vrai ou c'est faux, j'en sais rien.
05:15En tout cas, ça a été mal reçu.
05:16Et c'est le premier grand, en fait, la grande encoche dans le contrat.
05:21Vous voyez ?
05:21Le premier début de la fracture.
05:22Oui, parce que là, quand même, vous exagérez vraiment.
05:25Et ça a été perçu comme tel.
05:27Et là, on s'est comporté quelque part en puissance coloniale.
05:29Oui, et à l'époque, c'était Roussin qui connaissait très bien l'Afrique.
05:31Et qui avait fait savoir...
05:32Conseiller Jacques Chirac.
05:34Oui, et puis avec Mitterrand.
05:36En fait, c'était le ministre de la Coopération de Baladur pendant la cohabitation.
05:41Alors après, il a été débarqué pour toute une série d'histoires qu'il avait avec la mairie de Paris.
05:44Mais encore une fois, c'était un bon ministre qui connaissait très bien l'Afrique.
05:46Il aurait transporté quelques valises, lui aussi.
05:48Voilà, on va dire ça comme ça.
05:49Pour l'instant, en tout cas, il y a prescription depuis, je ne veux pas rentrer dans ce sujet-là.
05:53Mais il y a un troisième point qui est très important en 1994, c'est la guerre au Rwanda.
05:57Et donc, c'est une guerre que veut mener Mitterrand.
06:00Parce que, encore une fois...
06:01Pour de bonnes raisons, rappelons-le.
06:03Il croit que ce sont de bonnes raisons.
06:04Oui, parce qu'en fait, lui, il voit le Massa.
06:05Enfin, encore une fois, il y a le...
06:06Il voit les images un jour, vous le dites dans le livre.
06:08Il voit les scènes à la télévision, il n'imagine pas que c'était à ce point-là.
06:13Et là, il prend conscience.
06:13C'est vrai qu'on vous dit que ça se passe mal, M. le Président.
06:15Ah oui, ça se passe mal.
06:16On ne se rend pas compte.
06:18Vous êtes devant votre écran et vous voyez le massacre, ce qui se passe.
06:21Et en fait, les Tutsis...
06:24Il y a aussi une relation entre les Tutsis et les Hutus.
06:25Donc les Hutus, le pouvoir local, en fait, le Président meurt assassiné par un missile qui détruit son avion.
06:32Ravira Yamana.
06:33Exactement, il n'y en a jamais su exactement qui avaient tiré ce missile.
06:36Et le deuxième point, c'est que ça crée une espèce de guerre civile instantanée entre 800 000 et 1
06:41million de morts.
06:42Donc les Hutus pensent que ce sont les Tutsis qui ont assassiné le Président.
06:45Alors, on va aller plus loin que ça.
06:46Je pense que Payan, le grand journaliste, qui a fait un excellent livre sur le sujet, il dit concrètement qu
06:51'il faut chercher...
06:52Il vaut mieux enquêter du côté de Kagame, qui est le Président actuel, plutôt que...
06:57Le problème, ça nous pose un problème.
06:58Parce qu'on voit, au fil des années, ça entache notre relation avec ces pays-là.
07:03Comment dire ? Le Rwanda quitte la francophonie.
07:05Et puis, Sarkozy, puis le Président Macron essayent, en fait, de réhabiliter ou de rétablir une relation.
07:12Et le problème, c'est qu'on va à Canossa à chaque fois.
07:14Donc, en fait, on s'excuse, etc.
07:16Et ça ne fonctionne pas.
07:17Père de Jong, c'était quoi la France-Afrique, au moment de ces grandes heures ?
07:21Quel était l'avantage pour la France ?
07:23Ça consistait en quoi ?
07:23Il y avait un réseau d'influence, il y avait des impacts économiques et financiers, je suppose ?
07:27La belle France-Afrique, c'était quoi ?
07:29Alors, la belle France-Afrique, c'est quoi ?
07:29En fait, c'est une relation, je dirais, interpersonnelle, extrêmement puissante, entre les États africains et l'État français.
07:36Pourquoi ? Parce qu'en fait, le général de Gaulle crée à l'Élysée, une structure gérée par Focard.
07:41Et donc, il devient secrétaire général aux affaires africaines et malgache.
07:44Donc, en fait, c'est le chef de l'Afrique, avec un ministère de la coopération qui est autonome.
07:50Donc, en fait, il y a des budgets, une politique, et puis vous avez une tête pensante qui est à
07:53l'Élysée.
07:53Donc, il y a une très forte, comment dire, coordination, une très forte cohérence, en fait.
07:57C'est notre politique africaine.
07:58Le problème, c'est que le mot France-Afrique devient, au passage, c'est où Fouette Bouani qui avait inventé
08:03ce terme.
08:04Oui, il y a un terme un peu mafieux, parce qu'il y a des réseaux.
08:07Concrètement, ça nous apporte quoi ?
08:09Une financement économiquement énorme.
08:11Fabuleux.
08:12Avec le France-CFA, la présence des militaires, les relations fraternelles, et puis l'accès, encore une fois, à la
08:17mer, l'accès aux matières premières, etc.,
08:19ça a donné une relation très forte.
08:20On n'en a pas fait grand-chose.
08:22Quand on voit bien, en fait, globalement, militairement parlant, on était extrêmement présents.
08:25Mais quand on regarde bien dans le détail, en fait, alors éventuellement, on vous parlera d'extraction d'un peu
08:31de pétrole, d'extraction un peu de minerais.
08:34Territorialement, ça représentait quoi ? Un quart de l'Afrique ?
08:36Ah oui, un bon quart.
08:37Un bon quart territorial.
08:38Toute l'Afrique de l'Ouest, francophone.
08:40Avec des pays riches, en ressources, en gisements donnés.
08:43Mais des régimes amis, des régimes alliants.
08:47Ce n'étaient pas toujours des anges, il y a quelques régimes territoriaux.
08:50Mais on avait un vrai raison d'influence.
08:51Oui, et puis on avait une présence extrêmement forte.
08:53Ce qui nous donnait, vous, politiquement, un point extrêmement important à l'époque, c'est qu'en Nations Unies, on
08:58avait une douzaine de pays qui votaient systématiquement avec nous.
09:01Aujourd'hui, ces douze pays ne votent pas pour nous.
09:02Bien sûr.
09:03Donc, en fait, on avait une présence, une puissance internationale dans la multilatéralité, je dirais, onusienne.
09:07On était extrêmement puissants.
09:10Et c'est vrai qu'au fur et à mesure, on a perdu cette capacité.
09:13Pompidou et Giscard essaient de le maintenir.
09:14Je pense que Giscard d'Estaing a des liens très personnels.
09:17Alors, Mitterrand, c'est son...
09:18Alors, Faucard est remplacé par Jean-Christophe Mitterrand, dit Papamadi.
09:22Oui, c'est vrai, mais en même temps, il...
09:23Dont Johnny Lorjou était le porteur de valise, le maire de...
09:26Mais il est très fort, François Mitterrand, parce qu'en fait, qu'est-ce qu'il fait...
09:28Au même niveau, Jean-Christophe Mitterrand.
09:30Oui, mais il comprend très bien qu'en fait, il n'a aucun intérêt, en fait, à casser la machine.
09:33Il ne la casse pas du tout.
09:34Et en fait, il entretient des relations extrêmement fortes avec les Etats-Africains,
09:37sauf avec le Maroc, pour des raisons, je dirais, politiques.
09:40Mais autrement, il est très proche des Africains.
09:41Moi, j'ai assisté à son dernier tour africain, etc.
09:44Non, avec son chapeau blanc dans la limousine, c'est un...
09:47Non, mais alors ça, moi, je n'y étais pas à ce moment-là.
09:49C'était au début de son pouvoir.
09:51C'est un avis de Jean, je crois.
09:52Voilà, il était considéré comme, je dirais, un gaulliste dans sa relation avec l'Afrique, perçue comme telle.
09:58Et son dernier discours qu'il a fait à l'Afrique, qui était en novembre 1994,
10:02c'était le sommet France-Afrique à Biarritz.
10:04Il avait un discours en disant, voilà, la relation de l'Afrique avec la France doit rester ce qu'elle
10:09est,
10:09il faut la développer.
10:10Il n'a pas du tout un discours de rupture.
10:12En fait, c'est Jacques Chirac qui arrive, qui dérègle le système.
10:15Parce que c'est un gaulliste, il a de très bonnes relations avec les Etats-Africains,
10:18il connaît très très bien l'Afrique.
10:19Le problème, c'est qu'il est coincé par deux faits fondamentaux.
10:23Le premier, c'est la chute du mur, la transformation des rapports de force
10:26et le fait que l'Afrique devienne une zone moins intéressante en termes de conflictualité.
10:31En fait, l'Afrique était, jusqu'en 90-91, une zone de conflit,
10:35ou en tout cas de rapport de force entre l'URSS, les pays capitalistes communistes,
10:39contre les pays libres.
10:41Donc, il y avait un intérêt africain.
10:43En fait, à partir de 90, cet intérêt diminue.
10:45Et la multilatéralité fait que Jacques Chirac considère, en arrivant en 95,
10:49qu'il doit changer deux choses.
10:50Un, les ventes d'armes, et deux, la relation à l'Afrique.
10:53Eh bien, la facture n'est pas réjouissante.
10:56Je reçois le colonel Perdeyong, auteur de Out of Africa,
10:59aux éditions Maroi, chronique du divorce franco-africain.
11:02Si vous avez un avis sur la question, peut-être avez-vous vécu en Afrique ?
11:06Avez-vous des amis qui ont vécu en Afrique ?
11:07Avez-vous eu des liens familiaux, autrefois, avec certains pays africains ?
11:11Vous avez même peut-être, puisque ça, vous êtes vous-même d'origine africaine,
11:15et vous voulez savoir pourquoi on en arrive à là ?
11:17Pourquoi cette rupture ? Pourquoi ce délitement ?
11:19Vous nous appelez au 0826-300-300.
11:21Le colonel Perdeyong répondra évidemment à vos questions avec la pertinence qu'on lui sait,
11:26et le franc-parler qu'on lui connaît, parce que le sujet, évidemment, est très important.
11:30Et on voit bien que les impacts aujourd'hui, au niveau de la politique internationale,
11:34puisque, on va en parler maintenant, colonel,
11:36les Russes, les Chinois, les Américains, essaient de prendre la place que nous occupions.
11:39Il peut y avoir, évidemment, certains retournements,
11:41et des incidences certaines, sur nos relations internationales.
11:44Vous nous appelez au 0826-300-300, Zakaria, ça va attendre votre appel,
11:48et on transmettra vos impressions et votre envie de communiquer avec le général,
11:53le colonel, pour l'instant, Perdeyong.
11:54A tout de suite sur Sud Radio.
11:55...
12:00Vous êtes bien sur Sud Radio, en ce mardi 23 juin 2026,
12:04nous parlons des relations entre la France et l'Afrique.
12:07J'ai en plateau le colonel Perdeyong, co-auteur de Out of Africa,
12:11chronique du divorce franco-africain,
12:13nous devisons avec lui sur cette évolution,
12:16cette longue dégradation des relations où nous étions la puissance prépondérante en Afrique,
12:19avec des alliés, des amis,
12:21qui nous permettaient de peser plus lourd sur la scène internationale,
12:23au niveau, et même au niveau de l'ONU.
12:25Et là, aujourd'hui, nous avons, nous nous sommes retirés petit à petit,
12:28et la place, évidemment, colonel Perdeyong, est prise par...
12:32Alors, qui sont aujourd'hui les concurrents qui viennent s'installer, les prédateurs ?
12:35Les Russes, les Chinois, et même les Américains.
12:37Vous dites dans votre livre, même Donald Trump, qui est un businessman,
12:40on a compris qu'il y avait des intérêts, quelques intérêts à tirer de ce gisement africain.
12:45Oui, mais alors, avant de parler des pays qui sont rentrés,
12:48parce que c'était la règle du monde,
12:49c'est le monde des affaires, le monde de l'influence,
12:51il est normal que quand la porte est ouverte,
12:53et qu'il y ait des opportunités de développer son marché, on y va.
12:55Donc, tout le monde vient.
12:57Le problème, c'est qu'en fait, il y a trois impacts qu'on n'a pas vu arriver.
12:59Le premier, c'est la montée en puissance de l'exigence de souveraineté de la jeunesse africaine.
13:04Qui dit, le modèle français, avec un drapeau français,
13:06avec des unités qui font le footing du matin, le sport, le match de foot,
13:10tout ça, c'est gentil.
13:11Mais en fait, ça ne correspond pas à notre souhait, nous, jeunesse africaine.
13:15Premier point.
13:15Le deuxième point, c'est le traité de Lisbonne de 2007.
13:18Où là, en fait, on décide.
13:21Rappelons-nous, il y a un référendum qui ne s'est pas très bien passé.
13:24Le fameux traité où on s'assoit sur le traité de Lisbonne.
13:28Donc, c'est les assemblées nationales qui signent les papiers.
13:31Donc, le problème, c'est quoi à ce moment-là ?
13:33En 2007, qu'est-ce qui se passe ?
13:34En fait, une partie de notre politique étrangère et africaine,
13:36elle rentre sous les fourches codines de l'Union Européenne.
13:39Concrètement, avant, les Français, dans un pays donné,
13:41on avait 100 à dépenser pour un pays.
13:43Dès lors qu'on en envoie 70% à Bruxelles pour faire des grands programmes,
13:47l'ambassade locale, il ne lui reste que 30.
13:49Donc, avant, on donnait des camions,
13:50après, on donne des crayons et des gommes.
13:52Évidemment, on a perdu en influence.
13:54Le problème, c'est qu'à Bruxelles,
13:55ils vont créer des grands programmes
13:56qui vont répartir au prorata de la confiance.
13:58Vous chiffrez ça comme ça, colonel ?
13:59Le budget qui était alloué par la France à sa politique africaine
14:02ayant été capté par les besoins européens ?
14:05En partie, bien sûr.
14:06En partie ?
14:06En partie, à 70% à peu près.
14:08C'est un chiffre terrible que vous l'annoncez de façon comme ça, assez sereine.
14:11Mais c'est connaissable.
14:11Mais c'est un choix politique.
14:12C'est calamiteux.
14:14L'effet a été immédiat.
14:15Qu'est-ce qui est passé ?
14:16Bruxelles a fait des grands programmes
14:17et a réparti cette masse financière
14:19au prorata de la contribution des États.
14:21Donc, les Allemands sont numéro 1, 28%.
14:23Les Français, 24%.
14:24Les Italiens, 18%.
14:25Les Polonais, 14%.
14:26Donc, en fait, avant, dans des pays francophones,
14:28africains francophones,
14:29où il n'y avait que des Français ou des Belges,
14:31des francophones,
14:32là, on croise les Allemands, les Italiens, les Espagnols.
14:34En fait, c'est l'Europe.
14:35Et donc, ça, c'est...
14:36L'Europe a créé notre propre compétition.
14:38Et à Tramuros.
14:39Donc, en fait, c'est extrêmement paradoxal.
14:41Et le troisième point,
14:42c'est les effets de la guerre en Ukraine
14:44qui nous ont isolés,
14:45qui nous ont créé un contexte extrêmement particulier
14:47qui a fait que la porte s'est ouverte largement.
14:50La porte s'étant ouverte,
14:50tout le monde s'est engouffré.
14:52Qui s'est engouffré en premier ?
14:53Les Russes.
14:53En 2018, c'est pas si vieux que ça.
14:55Et qu'est-ce qui se passe ?
14:56On a un problème d'effectifs en 2018.
14:58Pourquoi ?
14:59Parce qu'il y a la guerre, concrètement,
15:00avec Barkhane dans les pays du Sahel.
15:02On a besoin d'effectifs.
15:03Et qu'est-ce qu'on fait ?
15:03On décidait, en 2016,
15:05de plier l'opération militaire
15:07avec le Sangaris qui est en RCA.
15:09Donc, en fait, on abandonne la RCA.
15:10La RCA panique un peu.
15:11Je ne rentre pas dans les détails.
15:13Les Russes s'y installent.
15:14Donc, encore une fois,
15:15la présence des Russes en Afrique francophone,
15:18elle n'est pas liée à une stratégie russe.
15:20Elle est liée au fait que les Russes ont compris
15:21qu'il y avait un espace de liberté,
15:23un espace libre qui s'ouvrait pour eux.
15:25C'est ça qui est incroyable.
15:26En fait, les Russes ne sont que la conséquence,
15:28ce n'est pas la cause.
15:29C'est ça qui est incroyable.
15:29Nous, on accuse les Russes d'armener des opérations.
15:32Oui, ils ont mené des opérations.
15:33Mais après, on s'est affaiblis
15:35en ne percevant pas cette menace.
15:37Après, les Russes sont installés
15:38avec un système militarisé extrêmement performant.
15:412018, la RCA.
15:422022, le Mali.
15:442023, le Burkina Faso, le Niger, etc.
15:48Les Américains sont installés en 2013.
15:49Pourquoi ?
15:50Au moment de Barkhane.
15:51Pourquoi ?
15:52Parce qu'on a un problème de moyens.
15:54L'armée française a un problème de moyens.
15:55Un problème de transport aérien.
15:57Des gros porteurs.
15:58Il y a un problème de renseignement.
16:00Un problème de haute technologie
16:01pour avoir du renseignement.
16:02Donc, en fait, faire Barkhane,
16:04c'est évidemment être affilié
16:05au modèle américain.
16:06Les Américains ont compris
16:07depuis 2001,
16:09avec la lutte contre le terrorisme,
16:10qu'il fallait impérativement
16:11s'occuper du terrorisme
16:12montant en Afrique noire.
16:14Et donc, qu'est-ce qu'il fait ?
16:15Il monte des programmes
16:16qu'on appelle Trane et une équipe.
16:17Donc, il y a des programmes
16:18visant à former les armées africaines.
16:20Et ils sont rentrés.
16:21Ils sont arrivés dedans.
16:22Et maintenant, Trump, lui,
16:23qu'est-ce qu'il a fait ?
16:24Il a spoté les pays
16:25qui avaient des matières premières.
16:26Je prends l'exemple de la RDC,
16:27un public démocratique du Congo
16:28à Kinshasa.
16:29Ils viennent de signer des accords.
16:31Le Nigeria,
16:32tous les pays qui sont riches,
16:33globalement,
16:34en matières premières,
16:35sont des cibles potentiels.
16:37Et puis, vous avez les Turcs
16:38qui ont compris eux.
16:39Vous le dites,
16:40Erdogan commence à s'intéresser
16:41aussi à l'Afrique.
16:42Oui, mais c'est également historique.
16:43Connaître la Turquie,
16:45c'est savoir que ça allait très loin.
16:47Rappelez-vous,
16:47à l'époque de l'Empire romain, etc.
16:49Tout à fait.
16:49C'était une zone d'influence turque.
16:51Donc, aujourd'hui,
16:52ils ont un modèle
16:52qui est extrêmement puissant.
16:53Pourquoi ?
16:53Parce que la montée en puissance
16:54de l'islam,
16:56entre guillemets,
16:56du monde musulman
16:57fait qu'aujourd'hui,
16:58ils s'appuient sur le monde musulman.
17:00Ils vont à la mosquée
17:00le vendredi, etc.
17:02Et ils ont un business model
17:03qui est assez proche des Russes.
17:04Un, on vend des armes.
17:05On forme sur les armes.
17:07Alors, on forme des unités
17:08pour aller au combat.
17:09Et c'est tout.
17:10Alors, par-ci, par-là,
17:11au Mali,
17:12ils mettent en place
17:13la protection,
17:14comment dire,
17:15des gouvernants.
17:15Donc, ils sont extrêmement proches,
17:17si vous voulez,
17:17des locaux.
17:19Concrètement,
17:20en 10 ans,
17:21l'Afrique a signé
17:23de défense avec les Russes
17:25et 39 accords de défense
17:27avec les Turcs.
17:28Ce qui veut dire qu'aujourd'hui,
17:28on a une vraie compétition
17:29qui s'est mise en place
17:30et celle-là,
17:31elle ne partira pas rapidement.
17:32Comment se fait-il,
17:34Pierre De Jong,
17:34que malgré tout,
17:35lorsqu'il y a eu
17:35des interventions militaires,
17:37c'était la France,
17:38un besoin d'intervention militaire,
17:39les régimes,
17:40c'est quand même la France
17:40qu'on est cherchée.
17:41L'opération Barkhane,
17:42entre autres,
17:42avec la France et Hollande.
17:43Nous restons quand même
17:44la référence militaire.
17:46On reste gendarme
17:46en cas d'urgence
17:47ou c'est de moins en moins vrai ?
17:48Alors, on l'était
17:49jusqu'à il y a quelques années.
17:51Enfin, je ne connais pas la fin.
17:52Pourquoi ?
17:52Parce que ça fait longtemps,
17:53on fait trois ans
17:53qu'il n'y a pas eu d'intervention.
17:55Depuis la fin de Barkhane,
17:56en 2022-2023,
17:58on peut considérer
17:58qu'il n'y a pas d'intervention en Afrique.
17:59Il devrait y en avoir ou non ?
18:00Vu la situation locale.
18:01Écoutez, on pourrait l'imaginer.
18:02On sait qu'il y a un bruit de fond
18:05sur les Maliens
18:05qui ont de vraies difficultés
18:06ou les Nigériens
18:07ont de vraies difficultés.
18:08Mais je pense que ces deux pays
18:09ne sont pas demandeurs.
18:10Ils ont les Russes qui sont présents
18:11et qui les empêcheront
18:12quelque part de...
18:13Qui les protègent ou non ?
18:14Oui, parce qu'il y a du monde.
18:15C'est Wagner.
18:16Oui, c'est Africa-Corce.
18:18C'est comme Wagner.
18:19Quels sont les pays africains
18:20qui peuvent basculer
18:21dans un islamisme intégriste ?
18:22Est-ce qu'il y a des endroits
18:23où Daesh, Afrique,
18:24peut prendre tour ?
18:24Je pense que tout le Sahel
18:25peut effectivement basculer.
18:26Tout le Sahel ?
18:27Oui, parce que le Niger...
18:28Donc Niger-Mali.
18:29Le Niger-Mali-Burkina Faso.
18:30Le Burkina Faso est vraiment
18:31dans une période extrêmement compliquée.
18:32L'ancienne autre volta.
18:34Exactement.
18:34Vous avez une descente ensuite
18:35en direction des pays
18:37du Golfe de Guinée.
18:37Donc on peut considérer
18:38que l'ensemble des pays...
18:39Donc le Ghana, la Côte d'Ivoire,
18:42le Togo, le Bénin,
18:43évidemment le Nigeria
18:44avec Boko Haram.
18:45Tout le nord de ces pays-là
18:46est sous tension.
18:47Vous avez une descente progressive
18:48en fait des Genimes.
18:50C'est les groupes terroristes
18:51pour faire court
18:51qui descendent en direction
18:52du Golfe de Guinée.
18:53Donc la région n'est pas
18:54du tout stabilisée.
18:55Ceci étant dit,
18:56Barkhane, c'est comme 5000 hommes
18:57sur une zone grande comme l'Europe.
18:59Comment voulez-vous que Barkhane
19:00puisse avoir des résultats ?
19:01C'est impossible.
19:02Et malheureusement,
19:03ce qu'on avait oublié en France,
19:04comme on est toujours
19:05un petit peu à l'aise,
19:06on n'a pas compris une chose.
19:07On avait oublié
19:07la phrase de Klausiewicz
19:09qui dit concrètement
19:10qu'une opération militaire
19:11c'est une opération politique.
19:13Et en fait,
19:13il n'y avait pas de but politique
19:14à part tuer le maximum
19:15de terroristes.
19:16Et le problème,
19:17lorsqu'on met 5000 hommes
19:19sur une zone grande
19:20comme l'Europe,
19:20il ne peut pas y avoir
19:21de résultats.
19:21Et malheureusement,
19:22on nous reproche à nous,
19:23Français,
19:24à nous, Barkhane,
19:24en fait,
19:25de ne pas avoir les bons résultats.
19:26Mais le cours se fait virer.
19:27Et on se fait virer
19:28à coup de pied dans les fesses
19:29quasiment,
19:30et remplacer par d'autres puissances.
19:31C'est terrible.
19:32C'est un échec total.
19:32Comment est-ce que
19:33la classe politique française
19:34ne s'est pas dotée,
19:35enfin,
19:35on parle de Jacques Faucard,
19:36d'une vision,
19:37il y avait une vraie vision
19:38à l'époque,
19:38mais à l'Elysée,
19:39il n'y avait pas une cellule
19:40au ministère de la Défense,
19:41des Affaires étrangères,
19:42il n'y avait pas une cellule
19:43des narcs compétents,
19:45vu les liens qu'il y avait
19:46avec l'Afrique
19:47et des correspondants
19:47des pays africains
19:48qui auraient pu nous prévenir
19:49que tout était en train
19:50de se déliter.
19:50On a laissé,
19:51même le président Macron
19:52a laissé les choses
19:53comme ça couler tout doucement.
19:54Si on parle militaire,
19:55concrètement,
19:55les interventions,
19:56il faut des effectifs.
19:57Quand vous savez
19:58qu'aujourd'hui,
19:59il reste 7 milliards.
20:00Sur le port économique,
20:01on n'a pas besoin d'effectifs.
20:02Non, mais tout ça,
20:03on était quand même
20:03très présents militairement.
20:04Oui, c'est ça qui fait
20:05qu'il y a aussi un lien économique.
20:06Voilà, c'est le socle.
20:07Après, du point de vue économique,
20:09vous voyez bien
20:09que Bolloré a quitté les ports,
20:11vous voyez bien
20:12que les banques françaises sont parties.
20:13Vous en parlez,
20:14les banques, justement.
20:16Vous parlez de démission
20:17des banques françaises.
20:18il n'y en a plus.
20:18Ça n'existe plus.
20:19C'est incroyable.
20:20Sauf dans le Maghreb,
20:21mais en tout cas
20:21dans l'Afrique subsaharienne.
20:23Parce qu'il y a des travailleurs
20:24maghrébins qui envoient
20:24de l'argent.
20:25Oui, puis c'est encore présent.
20:27Mais ça ne restera peut-être pas,
20:28j'en sais rien du tout.
20:29Deuxième point,
20:29c'est FAO qui était
20:30le grand système
20:31de distribution.
20:33Et comment ?
20:33Archi connu.
20:34On l'a vendu aux Japonais.
20:35Donc en fait,
20:35le bilan exact,
20:36vous voyez qu'en fait
20:37notre positionnement
20:39en Afrique est moyen.
20:41Un autre exemple,
20:41dans l'uranium,
20:42on s'est fait virer du Niger.
20:44Donc tout ça fait
20:44qu'aujourd'hui,
20:45nos parts de marché...
20:46Un jour,
20:46j'ai un chef d'État
20:47qui était le président Aziz
20:48en Mauritanie
20:48qui me dit
20:49je parle de la France
20:50un peu comme vous.
20:51La France, le machin.
20:52Il dit
20:52vous êtes bien sympa
20:53mon colonel.
20:54Citez-moi les sociétés
20:55qui sont présentes en Mauritanie.
20:57J'ai eu du mal
20:57de sortir de chez Paul
20:59du boulanger.
21:01J'avais du mal
21:02à lui dire
21:03qu'effectivement,
21:03M. le Président,
21:05on n'est pas très présents.
21:06Les hôtels,
21:06c'est terminé.
21:07Moi, je vais en Mauritanie.
21:08Les hôtels,
21:08les hôtels de la Corse
21:09sont partis.
21:10Tout ça fait qu'en fait
21:12notre présence
21:13est devenue extrêmement faible.
21:14Mais le problème,
21:15c'est que le régalien
21:16restait présent.
21:16Le militaire restait présent.
21:18Donc en fait,
21:18ça compensait
21:19une baisse,
21:19si vous voulez,
21:20une baisse générale
21:21des investissements français.
21:23En fait,
21:23on était présents par l'armée
21:24et en soi,
21:25ça suffisait.
21:25Mais l'échec de Barkhane,
21:26entre guillemets,
21:27ou le fait que Barkhane
21:28était perçu
21:28comme un outil
21:29qui n'était pas assez efficace,
21:31ça fait que même
21:31dans le régalien,
21:32on a été considéré
21:33comme faible.
21:34Donc politiquement faible,
21:36économiquement faible
21:37et militairement faible.
21:38Triple punition.
21:39Alors là,
21:39c'était l'apport direct.
21:40Out of Africa,
21:41le titre,
21:42le titre dit bien
21:43le contenu du livre,
21:44ce livre porte bien son titre,
21:45Chronique du divorce
21:46franco-africain
21:47par le colonel Berdeillon
21:49qui est,
21:49évidemment,
21:50vous êtes un expert
21:51en géostratégie,
21:51vous avez accompagné
21:52deux présidents de la République,
21:53c'est un dossier
21:54que vous connaissez bien.
21:55Vous restez avec nous,
21:56vous nous appelez,
21:57il va être 13h30,
21:58vous avez la parole,
21:59vous qui nous écoutez.
22:00Et bien entendu
22:01que la question africaine,
22:03parce que soit
22:04vous avez été concerné,
22:05soit vous avez été impliqué,
22:06soit là vous parle,
22:07soit vous êtes inquiet
22:08parce qu'on sait
22:09que l'Afrique
22:09et le colonel Berdeillon
22:11le confirme,
22:11va être la future plaque tournante
22:13au niveau économique,
22:14au niveau stratégique
22:14du pays,
22:15du continent.
22:16Il faudra être présent
22:17pour peser
22:17sur la politique internationale
22:19au moment où on se rend compte
22:20que la France
22:20est tout simplement
22:22évacuée et dégagée.
22:230826-300-300,
22:25Zakaya s'attend
22:26vos appels
22:26et le colonel Berdeillon
22:28y répondra,
22:29bien entendu,
22:30sans aucune hésitation.
22:31A tout de suite
22:31sur Sud Radio.
22:33Midi 14h,
22:35Sud Radio,
22:36la France dans tous ses états,
22:38Péricault-Légas.
22:39Vous êtes bien sur Sud Radio
22:41ce mardi 23 juin,
22:42il est 13h30,
22:43vous avez la parole,
22:44vous qui nous écoutez,
22:45vous avez certainement
22:45envie d'intervenir,
22:47sans doute que les propos
22:48du colonel Berdeillon
22:49et le contenu de son livre
22:50Out of Africa,
22:51chronique du divorce
22:52franco-africain,
22:54a suscité en vous
22:55des interrogations.
22:56nous avons Julien
22:59qui nous appelle,
23:01non ?
23:03Est-ce que c'est Philippe
23:04non plus ?
23:04Bon,
23:04alors attendez,
23:05le temps qu'ils arrivent,
23:06ils se bousculent au portillon,
23:07mais on va les avoir.
23:09Colonel Berdeillon,
23:10la situation est rattrapable
23:11ou c'est irréversible ?
23:13Est-ce qu'il y a un ou deux pays
23:14avec lesquels on peut
23:15rétablir des liens privilégiés ?
23:18Alors d'abord,
23:18les liens n'ont pas été rompus.
23:20Je prends des pays
23:20comme le Gabon,
23:22par exemple,
23:22on a laissé une coopération présente
23:24et on reste actifs.
23:26Encore une fois,
23:26la Côte d'Ivoire,
23:27on a des excellentes relations
23:27avec la Côte d'Ivoire,
23:28mais elle a changé.
23:29La relation,
23:29elle est beaucoup moins militarisée,
23:31on est sur un modèle
23:32avec une empreinte
23:33qui est beaucoup plus basse.
23:34C'est ça qu'il fallait faire avant.
23:35On était encore trop présents.
23:36Donc maintenant
23:37qu'on a baissé la pression
23:39en fermant les régiments
23:40ou les unités
23:41qui étaient implantées
23:42dans les différents pays,
23:43on a des bonnes relations.
23:44Encore une fois,
23:45il faut la réhabiliter.
23:46Mais le problème,
23:46c'est l'erreur de ceux
23:47qui veulent faire comme avant.
23:49Donc il ne faut pas inventer
23:50le modèle précédent.
23:51Il faut réinventer
23:51de nouvelles relations
23:52et elles sont bonnes.
23:53Encore une fois,
23:54il y a la francophonie,
23:55il y a des relations
23:56extrêmement fraternelles
23:57entre les États africains et nous,
23:59de tous niveaux,
24:00des civils,
24:00des militaires,
24:01ce n'est pas le problème.
24:02Mais le modèle ancien
24:03n'existe plus.
24:03Donc on ne peut pas,
24:04on n'est plus paternaliste.
24:06Si on reste sur un modèle
24:07qui était notre vieux modèle,
24:08je dirais comme crypto-colonialiste,
24:10c'est fini,
24:11ça ne peut pas fonctionner.
24:12Il faut trouver un modèle
24:13dans lequel il y a un équilibre.
24:14Et vous savez le point
24:14très important,
24:15ce n'est pas seulement
24:15les militaires,
24:16c'est les politiques.
24:18Pourquoi l'Afrique
24:19est le continent
24:19dans lequel
24:20toutes les politiques arrivent,
24:21ils tutoient tout le monde ?
24:22C'est le tutoiement permanent.
24:23Mais pourquoi ?
24:23De la part des Français,
24:24vous voulez dire ?
24:24Bien sûr, bien oui.
24:25Comme Bruno Le Maire
24:26avec Wattara, par exemple.
24:28Comme c'était un copain, quoi.
24:29Oui.
24:30Ils le vivent comment ?
24:31Très mal.
24:32Les chefs de l'État,
24:33tu me respectes.
24:34Quand un ministre des Finances
24:36que je sache arrive à Paris,
24:37il tutoie pas Macron.
24:38Ça me paraît incroyable.
24:40C'est hallucinant
24:41de la part des gens
24:42qui savent...
24:43Oui, mais c'est l'aise.
24:44Vous voyez, on est à l'aise.
24:45Vous voyez ce que je veux dire ?
24:45On est un peu chez nous.
24:46Et non seulement ça,
24:47mais on va leur expliquer
24:48qu'ils doivent faire moins d'enfants,
24:49qu'ils doivent faire comme ci,
24:50comme ça.
24:51Donc on leur donne plein de...
24:52Mais il a dit,
24:53mais tenez,
24:53on est indépendants,
24:54on n'est pas indépendants.
24:55Le problème,
24:55donc on a oublié ça.
24:57Est-ce que les hommes politiques
24:58dont je parle à l'instant,
24:59lorsqu'ils vont en Afrique,
25:00est-ce qu'ils disent la même chose
25:00au Pakistan,
25:01en Chine ou au Brésil ?
25:02Évidemment pas.
25:02Évidemment que non.
25:03Évidemment pas.
25:04Donc pourquoi ils le font là ?
25:04Donc on va y,
25:05il faut nettoyer le cerveau des gens.
25:07Parce qu'ils se croient encore
25:08en terrain conquis.
25:08Non mais c'est...
25:09Ils pensent que la France
25:10a un aura.
25:11C'est pathétique.
25:11Là, c'est la fin du monde.
25:13Alors voilà,
25:13les appels arrivent
25:14et nous avons Arthur
25:15qui nous appelle de Montelier.
25:16Bonjour Arthur.
25:17Oui, bonjour Arthur.
25:19Mais restez mon colonel.
25:22Alors...
25:22Vous êtes un ancien.
25:24Vous avez travaillé dans un...
25:25Je suis un ancien
25:25du 3e régiment
25:26d'un centré de marine.
25:27En effet.
25:28Je n'ai rien à dire.
25:29En effet.
25:29Voilà.
25:30Donc,
25:31vous êtes un de mes anciens.
25:32Mes grands anciens,
25:34j'aimerais dire.
25:34Je n'ai pas servi en Afrique.
25:37Mais j'ai servi en Afghanistan.
25:40Donc,
25:40j'ai été blessé
25:42et j'ai déjà arrêté.
25:43Mais par contre,
25:43mon père
25:44a très bien connu l'Afrique
25:46pour y avoir servi
25:47pendant deux ans.
25:48Et il m'a particulièrement
25:49raconté ses séjours
25:50au Sénégal,
25:51notamment.
25:52Il m'y fait partout.
25:53Et il vous a croisé.
25:57À l'époque.
25:58Il m'avait expliqué
25:59qu'à l'époque,
25:59justement,
26:01les affaires africaines
26:02étaient virées
26:02par des gens
26:03qui connaissaient
26:03les Africains.
26:05Qui les connaissaient
26:06intimement.
26:07D'ailleurs,
26:08même si on parle
26:09de néopollionalisme
26:10maintenant.
26:11Et je trouve
26:12qu'à l'heure actuelle,
26:13je ne sais pas
26:13si vous êtes d'accord
26:14avec moi,
26:15mais je pense
26:16qu'on a géré
26:17les affaires africaines
26:18maintenant
26:19avec des énarques,
26:22alors surdéplômés,
26:23mais qui ne connaissaient
26:25rien du tout
26:25à l'Afrique.
26:26Et je pense
26:27qu'on devrait
26:27justement
26:28laisser les affaires
26:29africaines
26:30évidemment
26:30être confinés
26:31par des gens
26:32qui connaissent
26:32l'Afrique
26:32comme vous
26:33mon colonel
26:33ou par quelqu'un
26:34comme Bernard Lugan
26:35justement
26:36qui a particulièrement
26:37expliqué
26:37nos relations
26:38avec l'Afrique
26:39et pourquoi
26:40nous nous perdions
26:41la seule
26:41en permanence.
26:42Pierre de Jong,
26:43est-ce qu'il faut
26:44reconfier les dossiers
26:45africains
26:46s'il en est encore temps
26:47à des gens compétents
26:48et qui soient
26:49à la hauteur
26:50des enjeux ?
26:51Le camarade
26:52a parfaitement raison,
26:53il connaît bien
26:53son sujet.
26:54Le problème,
26:54c'est qu'on a eu
26:55une perte de valeur,
26:57une perte de connaissance
26:58de l'Afrique
26:58qui était liée
26:59à la professionnalisation.
27:00En fait,
27:00le problème,
27:01les troupes de marine
27:01qui étaient orientées
27:02sur l'Afrique
27:03principalement
27:03ont perdu
27:04ce qu'on appelle
27:04le lead
27:05sur l'Afrique
27:06et donc en fait,
27:06l'Afrique est devenue
27:07une terre,
27:08une terre de recrutement,
27:09une terre d'aération
27:09de nos unités.
27:10Donc en fait,
27:11concrètement,
27:11la qualité de notre rétexte
27:13du retour d'expérience
27:14était beaucoup moins bonne
27:15que celle qui était avant.
27:16En fait,
27:16qu'est-ce qui s'est passé ?
27:17En 20 ans,
27:18parce que ça a commencé
27:19dans les années 90,
27:19comme j'ai pu vous le dire,
27:21en 20 ans,
27:21en fait,
27:21on a perdu la langue
27:22de l'Afrique.
27:23En fait,
27:23c'est une espèce de finesse
27:24qu'on avait de l'analyse.
27:25La langue de l'Afrique.
27:26Oui,
27:26Donc il y avait une langue
27:26de l'Afrique à Paris.
27:27Oui,
27:27parce qu'il y avait
27:28une langue de l'Afrique à Paris.
27:28Oui,
27:29et puis il y avait
27:30un échange réciproque
27:30qui était en fait
27:31une forme d'égalité.
27:32Donc en fait,
27:33on l'a perdu à différents moments.
27:34Un autre exemple,
27:35je sais que tout à l'heure,
27:47c'est que la Libye
27:47n'était pas notre zone
27:49d'intérêt.
27:49C'est une zone
27:50qui était italienne
27:51pour faire court.
27:51Le deuxième point,
27:52c'est que si on avait
27:53la langue de l'Afrique,
27:55on aurait,
27:55évidemment,
27:56on savait
27:56qu'il y avait
27:57des stocks d'armes
27:58incroyables
27:59et que si Kadhafi partait,
28:00ces stocks d'armes
28:01se répandent
28:02dans le Sahel.
28:03Donc le problème,
28:04qui paye la facture ?
28:05Ce sont les Etats sahéliens.
28:06Pourquoi ?
28:06Parce que les mercenaires
28:08Touareg
28:08qui étaient avec Kadhafi
28:09en 2011-2012
28:11se sont répandus
28:11dans toute l'Afrique
28:12avec des tonnes de matériel,
28:13des munitions,
28:14etc.
28:15Donc tout ça fait
28:15qu'on appelle
28:16la langue de l'Afrique
28:17et notre camarade
28:18a parfaitement raison,
28:19c'est qu'en fait,
28:19quelque part,
28:19il faut retrouver ça.
28:20Et dans le bouquin,
28:21je dis à un moment donné,
28:22retrouvons une situation hantée
28:24puisqu'aujourd'hui,
28:25pour les armées françaises,
28:27le problème majeur,
28:28c'est l'Ukraine,
28:28la Russie, etc.
28:29Il faut trouver
28:30une autre solution
28:30et donc il faut
28:32respécialiser des militaires
28:33et une partie de l'armée
28:34va à l'Afrique.
28:36Il faut être
28:36beaucoup plus humble,
28:37arrêter de tourner
28:38avec des avions
28:38toute la journée,
28:39avec des délégations
28:40qui passent leur temps
28:40à tourner, etc.
28:41Il faut devenir invisible,
28:43on n'est pas chez nous,
28:44on est dans des pays
28:44qui sont des pays
28:44totalement souverains,
28:45donc on est là
28:46en tant que partenaire
28:47et pas en tant
28:48que donneur d'ordre.
28:48Pour autant,
28:49nous avons d'autres liens
28:50avec l'Afrique
28:51qui sont les ressortissants
28:52africains
28:53ou d'origine africaine
28:54en France,
28:54ça devrait justement
28:55créer une synergie
28:58et un intérêt
28:58parce que ces habitants,
29:00ces français
29:01d'origine africaine
29:01ou ces ressortissants
29:02qui viennent surtout
29:03de l'Afrique occidentale,
29:05que ce soit le Sénégal,
29:06le Mali,
29:07le Niger,
29:07et la Côte d'Ivoire,
29:08cette population-là
29:09n'a pas essayé
29:10de maintenir des liens
29:11entre leur pays
29:11et la France ?
29:12Alors si,
29:12bien évidemment,
29:13il y a des relations
29:13extrêmement importantes,
29:15familiales, etc.
29:16Le problème,
29:17c'est que ça a un autre sujet,
29:18c'est un très bon sujet,
29:19le problème,
29:20c'est le rapport
29:20à l'immigration.
29:21L'Afrique est devenue
29:22progressivement
29:22une terre dangereuse
29:23parce que c'était
29:24une terre d'expatriation
29:25de ces ressortissants.
29:27Et nous,
29:27en Europe,
29:28on le perçoit mal
29:29parce qu'on se dit
29:29mais qu'est-ce que font
29:30tous ces gens d'autant
29:31que le discours politique,
29:32tous les hommes politiques
29:33ont dit en Afrique
29:34faites-moi d'enfants,
29:35contrôlez les naissances,
29:36etc.
29:36Eux aussi, bien sûr.
29:37Oui, oui,
29:38tout le monde,
29:38donc il y avait
29:38une espèce d'inquiétude.
29:39Donc en fait,
29:39on a sécrété
29:40une forme d'angoisse,
29:41malheureusement,
29:42on n'est pas rationnel.
29:43En fait,
29:44cette rationalité,
29:45il fallait trouver une solution,
29:45il fallait trouver...
29:46Sur les visas,
29:47moi j'étais avec Jacques Chirac,
29:48partout où on allait en Afrique,
29:49on disait,
29:50les Africains disaient,
29:51on veut des visas,
29:51etc.
29:52Ça peut se contrôler,
29:53ça peut se canaliser.
29:54Le problème,
29:54on a fermé les écoutilles
29:55et ça,
29:56ça crée des relations
29:57relativement tendues,
29:58en tout cas relativement sèches
29:59avec les Etats africains
30:00qui comprennent mal pourquoi
30:02ils n'arrivent pas à venir en...
30:03Ils sont français,
30:04ils ont des passeports français
30:04les trois quarts.
30:05Nous avons Julien,
30:07Julien qui nous appelle...
30:08Oui, Pericolo.
30:09Bonjour,
30:10vous nous appelez du Loiré.
30:11Je vois que je vois là,
30:12sur un écran,
30:13il fait plus de 40 degrés
30:14dans le Loiré,
30:15il fait très chaud aujourd'hui.
30:16Oui, oui,
30:17mais on se met à l'ombre,
30:18on se met à l'ombre.
30:19Alors, Julien,
30:20qu'est-ce que vous avez envie
30:21de dire au colonel Père de Young ?
30:22Je suis content
30:23de participer à votre émission.
30:25Nous aussi,
30:26nous aussi content de vous avoir.
30:27L'Afrique,
30:27c'est un pays
30:29que je connais bien
30:31comme l'Amérique du Sud
30:32et ce que la France
30:33a fait en Afrique,
30:35c'est ce que les Américains
30:37ont fait en Amérique du Sud.
30:39Ah,
30:39votre accent...
30:41Votre accent indique
30:42que vous êtes plutôt
30:42d'Amérique du Sud,
30:43c'est ça ?
30:44Amérique du Sud,
30:45amateur du vin
30:46et de beaux plats
30:47comme vous pouvez.
30:48Très bien, très bien.
30:49Alors, pour l'Afrique,
30:50qu'est-ce que vous suggérez
30:52au colonel Père de Young ?
30:53Pour l'Afrique,
30:54je vais vous dire
30:55que notre cher président
30:56qui était amateur d'art africain...
31:00Jacques Chirac,
31:01les arts premiers.
31:02Quand il passait à la boutique
31:03et l'un de mes amis,
31:04il faisait son choix
31:06et le lendemain,
31:07il y avait son secrétaire
31:08qui passait avec la valise
31:10et il payait tout
31:11ce qu'il avait mis de côté.
31:14Et le président Bongo
31:16avec son secrétaire,
31:18M. le colonel
31:20devait le savoir.
31:21Oui, oui.
31:21C'est que par les gestes,
31:23par les gestes,
31:24le secrétaire comprenait
31:26si la valise,
31:27il fallait la remplir
31:28à moitié,
31:29à trois quarts
31:29ou un tiers.
31:31Oui, mais ça,
31:31c'est l'aspect,
31:33c'est la face un peu noire
31:35de la relation France-Afrique.
31:37Ah, ben ça,
31:37c'est l'Afrique
31:38qui a alimenté,
31:39qui a nourri
31:40tous les partis politiques
31:41des années 80
31:42jusqu'à maintenant
31:43ou jusqu'à
31:44les années 95-2000.
31:47Maintenant,
31:47l'Afrique est remplacée
31:49par d'autres pays
31:49qui sont toujours en Afrique
31:50qu'on ne citerait pas,
31:51mais enfin,
31:51les valises continuent
31:52à circuler.
31:53Colonel Père de Young,
31:53c'était un aspect important aussi.
31:55C'est un sujet extrêmement sensible,
31:56bien évidemment.
31:57Évidemment.
31:57Après, on a eu des facettes.
31:58Oui, après,
31:59il y a des personnages
32:00comme Robert Bourgi
32:01qui ont écrit ce sujet.
32:03Il écrit,
32:04on l'a enlargé en travers.
32:05Écrit les modalités
32:06des flux financiers.
32:07Bien sûr.
32:09Pour en venir
32:11à Kadhafi,
32:13il ne faut pas oublier
32:14que Kadhafi,
32:14quand il était en vie,
32:16il nourrissait
32:17toutes ses tribus
32:18et il n'y avait pas
32:20beaucoup de migration
32:21vers l'Europe.
32:23C'est après,
32:24qu'on avait
32:25du Kadhafi
32:26et Saddam Hussein
32:26que la migration
32:29a commencé.
32:30Oui,
32:31vous mettez le doigt
32:31sur des choix stratégiques
32:32qui n'ont peut-être pas été
32:33forcément les plus heureux.
32:34Au départ,
32:35on partait de la flore au fusil
32:36et le résultat,
32:37Père de Young,
32:38c'est une catastrophe.
32:38D'autant que la Libye,
32:39c'était un bouchon
32:40et c'est un bouchon
32:40qui contrôlait relativement bien
32:42le système de migration.
32:44C'est vrai que c'était assez,
32:45comment dire,
32:46c'était encore une fois un bouchon.
32:47C'est comme ça qu'il faut le voir.
32:48Maintenant,
32:48le problème,
32:48encore une fois,
32:49c'est que la Libye,
32:51encore une fois,
32:52on a été trop loin dans l'histoire.
32:53C'est vrai que
32:54cette guerre intralibienne
32:55entre l'Est et l'Ouest,
32:56d'un côté Tripoli,
32:57de l'autre côté Benghazi,
32:59il fallait traiter la question.
33:00Le problème,
33:00ce n'était pas la France de le faire,
33:02ce n'est pas notre zone d'influence.
33:03Et le fait de faire
33:03un carpet bombing,
33:04ça a quand même duré
33:05entre avril et octobre.
33:06On a mitraillé massivement.
33:08Donc,
33:09on a détruit ce pays,
33:09très concrètement.
33:10Est-ce que c'est ça
33:11la bonne solution ?
33:12Et ça,
33:12je n'en suis pas sûr.
33:13À un moment donné,
33:14je pense qu'il vaut mieux avoir...
33:15Moi,
33:16j'étais plutôt partisan
33:17d'interventions militaires légères,
33:19comme on faisait avant
33:20avec des guépards,
33:21300 gars qui arrivaient,
33:22personne ne tirait un coup au feu.
33:23La présence des soldats français
33:25suffisait en soi.
33:26La Libye,
33:27c'est un autre domaine,
33:28d'autant qu'on attire avec nous
33:29les Qataris,
33:30les Britanniques
33:31et l'OTAN.
33:32Ça devient catastrophique.
33:33Et en fait,
33:33ça a eu un changement de régime.
33:35Et il faut se rappeler
33:35que le président de l'ONU
33:37a dit,
33:37à l'issue de la guerre,
33:39je ne pensais pas,
33:40un,
33:41je ne pensais pas
33:41que vous changiez de régime,
33:42ce n'était pas ça le but.
33:43Et le deuxième point,
33:45les Chinois et les Russes
33:46qui avaient au Conseil de sécurité
33:48au moment de la résolution
33:49pour intervenir,
33:50pour 173,
33:51pour intervenir en Libye,
33:53avaient donné leur accord,
33:54plus ou moins,
33:55réalisent qu'ils se sont fait berner
33:56par les Français
33:57et par les Britanniques.
33:58Et à partir de ce moment-là,
33:59donc on est en 2011,
34:00les Russes et les Chinois
34:01utilisent massivement
34:02le droit de veto
34:03au Conseil de sécurité.
34:04Ce qui fait qu'aujourd'hui,
34:05la guerre en Ukraine
34:06et la guerre aujourd'hui en Iran
34:07fait que les Nations Unies
34:09n'existent pas.
34:09Il n'y a plus de droit international
34:10parce que les Russes
34:11et les Chinois,
34:12à partir de ce moment-là,
34:13ont décidé d'utiliser
34:14massivement le droit de veto.
34:15Donc plus de temps,
34:16en plus de nu,
34:16on s'avance vers un monde
34:19un petit peu bouleversé.
34:20Out of Africa,
34:21c'est le titre...
34:22Mon colonel,
34:23mon colonel,
34:24un petit mot...
34:26Rapide, Julien, rapide.
34:28Kadhafi voulait faire
34:29quand même les Etats-Unis
34:31de l'Afrique,
34:31les Etats-Unis de l'Afrique.
34:33Et ça,
34:34ça n'a pas plu
34:34à pas mal de pays.
34:36Eh bien,
34:36il n'aura plus l'occasion
34:37de le faire.
34:38Merci, Julien,
34:39pour votre témoignage.
34:40C'est sûr.
34:41Voilà, tout ça est dans
34:41Out of Africa,
34:42colonel Perdeyong
34:43et Frédéric Le Jal,
34:44chronique du divorce
34:45franco-africain
34:46aux éditions Mareil.
34:47À lire absolument
34:48pour tous ceux
34:49qui s'intéressent au sujet
34:50et surtout
34:51par rapport à ce que
34:52ça nous annonce
34:52dans les relations
34:53entre non seulement
34:54la France et l'Afrique
34:55mais la France
34:55sur le plan international.
34:58Colonel Perdeyong,
34:5912h45,
34:59nous donons la parole
35:00à ceux qui nous écoutent
35:01sur tous les sujets.
35:01Si vous voulez bien
35:02rester avec nous,
35:03peut-être qu'un des thèmes
35:03qui va être évoqués,
35:04vous serez...
35:05Comme vous savez,
35:05vous avez la réponse
35:06à beaucoup de choses.
35:08Je vous garde à mes côtés
35:09pour participer.
35:10Voilà,
35:10vous êtes sur Sud Radio,
35:11vous nous appelez au 0826 300 300
35:12et on continue l'émission
35:14avec ceux qui nous appellent
35:15et qui vont poser des questions.
35:16À tout de suite.
35:18Les états
35:19Perico-Legas.
35:20Vous êtes bien sur Sud Radio
35:23en ce 23 juin 2026.
35:25Il est 13h49
35:26et jusqu'à 14h,
35:28ce sont ceux qui nous écoutent
35:29qui ont la parole
35:30et là,
35:30nous nous élargissons
35:32le débat
35:32à la totalité de l'actualité.
35:34On était sur la France-Afrique
35:35avec le colonel Perdeyong
35:36qui est resté à mes côtés
35:37et là,
35:38nous allons parler
35:39d'une actualité
35:39peut-être un petit peu
35:40moins réjouissante.
35:41C'est Philippe
35:42qui nous appelle de Lille
35:44qui veut nous parler
35:45du rapport
35:45entre les gendarmes
35:46et l'affaire Liana.
35:47Bonjour Philippe.
35:48Oui, bonjour.
35:49Bonjour Philippe.
35:50Bonjour Perico.
35:50Oui, vous vous dites que...
35:52Bonjour à toute votre équipe
35:52et à votre invité.
35:53Voilà, bien sûr.
35:54Justement,
35:55il est resté,
35:56sachant quelle était
35:57la nature de votre question.
35:58Vous vous dites
35:58qu'on ne peut pas faire reposer
35:59sur la gendarmerie
36:01la responsabilité,
36:03voilà,
36:03des dérapages
36:04et des défaillances
36:05de l'affaire Liana.
36:07C'est un étonnement
36:08parce que d'habitude
36:11les gendarmes
36:11qui sont des militaires
36:13obéissent aux ordres.
36:14Alors je veux bien
36:15qu'un gendarme
36:16fasse une erreur.
36:18Les deux gendarmes,
36:19les probabilités
36:21m'étonnent un peu.
36:23Donc je vais juste
36:25exprimer un étonnement
36:27sur le fait
36:28qu'on nous présente
36:29des lampistes
36:31et que je pense
36:32que ces gens-là
36:33ont obéi aux ordres.
36:35et la question
36:37est de savoir
36:37qui a donné l'ordre
36:40et qui a suggéré
36:42de mettre
36:43quelque part
36:44par sous le boisson
36:46cette affaire.
36:47Votre remarque
36:48est fondée,
36:49Philippe,
36:49si ce n'est que
36:50les ordres
36:51dans une gendarmerie
36:52sont quand même donnés
36:53par des gendarmes
36:54d'un grade supérieur.
36:55De ce que l'on sait
36:56actuellement,
36:58la procureure
36:59de Dauche,
37:00Mme Meyer,
37:00donc transmet
37:01ses instructions,
37:02elle ne s'assure pas,
37:04elle ne s'assure pas
37:05par ses moyens personnels,
37:06par le téléphone,
37:07de savoir si le dossier
37:08a été suivi,
37:09qu'il a été en considération.
37:10Et là,
37:11c'est la gendarmerie
37:11de condom
37:12qui est en cause
37:13et indirectement
37:14celle de Lectour
37:14où on voit
37:16d'après le rapport,
37:17les rapports étaient bien
37:18sur place,
37:19sur les bureaux
37:20et puis ils ont été ouverts
37:21au moment où on considérait
37:23qu'il fallait qu'ils soient ouverts
37:24et les gendarmes,
37:25on ne dit pas
37:26qu'ils ont fait preuve
37:26de mauvaise volonté.
37:27S'ils n'ont pas été alertés,
37:29ils ne peuvent pas savoir
37:31mais quand ils reçoivent
37:32le dossier
37:32et qu'ils le regardent,
37:33est-ce qu'un capitaine
37:34de gendarmerie,
37:35un adjudant de gendarmerie,
37:36quand il voit les faits,
37:37est-ce que ça n'attire pas
37:38sur l'attention ?
37:39Il est peut-être père de famille
37:40et ça l'incite peut-être
37:41à réagir.
37:42Or là,
37:43on sait très bien
37:43que le dossier
37:44concernant Jérôme Barrella
37:46était sur des bureaux
37:47de gendarmes
37:48et que ce dossier
37:49n'a pas été ouvert.
37:49Vous comprenez le malaise,
37:51Philippe ?
37:52Oui, tout à fait.
37:53Mais c'est ça
37:53qui est étonnant.
37:55Ah oui,
37:55mais c'est eux,
37:55ils n'ont pas reçu d'ordre
37:57pour ne pas...
37:58Je ne pense pas,
37:59vous qui veut défendre
37:59la gendarmerie,
38:00je ne pense pas
38:01que leurs officiers
38:02leur aient dit
38:02vous ne touchez pas
38:02à ce dossier.
38:03C'est tout simplement
38:04qu'il y a eu une insouciance,
38:06une défaillance,
38:07une nonchalance
38:07que colonel Perduillon.
38:09Qu'est-ce que vous pensez
38:09vous qui êtes militaire ?
38:10Vous savez que
38:11dans toutes les administrations,
38:12l'immobilisme est en marche
38:13très souvent.
38:14Donc le problème,
38:15c'est qu'il y a une forme
38:15de cristallisation,
38:16une forme de paresse,
38:17parfois et bien évidemment
38:18et qui peut arriver
38:18dans la gendarmerie
38:19comme dans l'armée française,
38:20comme partout.
38:21Je pense que là,
38:22il y a un problème
38:23de circonstance.
38:23Le problème,
38:24c'est le discernement.
38:25Vous l'évoquiez fort
38:27justement à l'instant,
38:27là on parle d'une gamine,
38:30les faits sont quasiment
38:31caractérisés,
38:32on est père de famille,
38:33quel que soit le métier
38:34ou la vie qu'on a,
38:35on voit que c'est
38:36un cadre urgent.
38:38Puis la maman,
38:39de mémoire,
38:40je ne connais pas très bien
38:41le dossier,
38:41de mémoire,
38:41la maman relance régulièrement.
38:43Alors la maman de Rosa
38:44qui est une des premières victimes,
38:46elle appelle tous les jours
38:47et à un moment donné
38:48on lui dit
38:50la gendarme,
38:50le gendarme
38:51qui est au téléphone,
38:52il dit
38:52vous arrêtez
38:53parce que sinon
38:53on va mettre
38:53une main courante
38:54pour harcèlement.
38:55Mais c'est incroyable.
38:55Et on comprend
38:56l'affaire éclair,
38:57c'est là que tout
38:58aurait pu se jouer,
38:59qu'on s'aurait pu
38:59rendre compte
39:00de la nocivité
39:01de Jérôme Barrella
39:02et pour autant
39:03on raccroche au nez
39:04de la personne
39:04en disant
39:04foutez-nous la paix,
39:05occupez-vous de vos histoires,
39:06l'affaire est en cours,
39:07rien n'est en cours
39:08et ça finit
39:09par la mort d'une gamine.
39:10C'est là qu'encore une fois
39:10la paresse très souvent
39:12administrative
39:13c'est souvent
39:13de la porte ouverte
39:14à d'énormes faiblesses
39:15et là c'est la révélation
39:16de quelque chose
39:17d'où une espèce
39:18d'ébranlement en France
39:20qui constate
39:20à quel point
39:21elle n'est pas protégée
39:22et c'est le cœur du sujet.
39:23Dès lors que la population
39:24ne se sent pas protégée
39:25ça pose d'énormes difficultés.
39:26Ce sont nos enfants.
39:28On ne va pas aller
39:28comme les Anglais
39:29avec l'histoire des Pakistanais
39:31des viols de gamines
39:32pendant dix ans.
39:33Donc tout ça fait
39:33qu'aujourd'hui
39:34ça a vraiment touché le monde
39:35et je pense que
39:36nos hommes politiques
39:36ont pris conscience
39:37de la menace
39:38et tentent encore une fois
39:39de communiquer sur le sujet
39:40en disant très clairement
39:41qu'ils vont prendre
39:42des mesures extrêmement strictes
39:43et fermes.
39:44Mon colonel,
39:44je reprends la remarque
39:45de Philippe
39:45mais je l'en lui retourne
39:47à lui comme à vous
39:47mon colonel
39:48est-ce qu'un gendarme
39:49peut faire preuve
39:50d'insouciance
39:51de nonchalance
39:52de laisser à l'administratif
39:53c'est un soldat
39:54c'est un militaire.
39:54Non, on ne peut pas
39:55c'est impossible.
39:56Encore une fois
39:56il y a une responsabilité
39:57et vous verrez
39:59qu'il y a déjà deux sanctions
40:00il y a déjà deux gendarmes
40:02qui ont été extrêmement durs
40:03et ça peut faire.
40:03Alors la sanction
40:03ils ont été déplacés
40:04parce qu'il peut y avoir
40:10la gendarmerie
40:11elle est connue
40:12pour être extrêmement forte
40:13extrêmement rigide
40:14donc encore une fois
40:14ça entache la gendarmerie
40:16et ça la gendarmerie
40:17qui est un corps
40:17je dirais d'élite
40:18ne peut pas se permettre
40:19d'avoir ce genre
40:20de gamelle
40:21ou en tout cas
40:22de boulet accroché au pied
40:23donc tout ça
40:23ça va se traiter
40:24mais encore une fois
40:25il faut éviter
40:25que ça recommence
40:26je veux dire
40:26qu'on voit de plus en plus
40:27d'affaires de pédophilie
40:28je veux dire
40:28qu'on ne peut pas accepter
40:29qu'une enquête
40:31ne se diligeante pas
40:32à la minute
40:33où ça se passe
40:34vous voyez ce que je veux dire
40:34il semblerait
40:35qu'on ait pris conscience
40:36de cet enjeu
40:36au sommet de l'État
40:37et qu'on prenne enfin
40:38les mesures nécessaires
40:39nous avons Romina
40:40qui nous appelle
40:41de Vic en Ligore
40:42bonjour Romina
40:43c'est aussi l'affaire Liana
40:44qui vous interpelle
40:46Romina
40:47oui oui
40:48moi ça m'interpelle
40:49parce que
40:50j'ai eu aussi
40:51une affaire
40:52et j'ai eu
40:52plein du mal
40:53à porter plainte
40:54dans une gendarmerie
40:54de campagne
40:56et c'est une évidence
40:57il y a parfois
40:58des gens qui n'ont pas envie
40:59ils n'ont pas envie
41:00puis ça va même plus loin
41:01ils ne prennent pas
41:02donc votre plainte
41:03par plusieurs fois
41:04et puis ensuite
41:05ils font même
41:05disparaître les preuves
41:07oula
41:08oui
41:09c'est une accusation
41:10sérieuse
41:10que vous faites
41:12bien entendu
41:12mais c'est
41:14c'est monnaie couronne
41:15je vous assure
41:15et puis
41:16les politiques locaux
41:17savent ce qui se passe
41:19mais ils n'ont pas
41:20forcément envie
41:21qu'au niveau des statistiques
41:22il y ait des choses
41:22qui se passent
41:23dans les campagnes
41:24ça ne fait pas bien
41:24donc on ne prend pas
41:26ces plaintes là
41:27il y a toute cette réalité là
41:29et puis après
41:30on a des gens
41:31qui n'ont juste pas envie
41:32de faire leur travail
41:33ça les gonfle
41:34on a aussi des machos
41:35et ça existe
41:37et qui vient les secouer
41:39qui vient les former
41:40qui vient les sensibiliser
41:43oui
41:45j'entends ce que vous dites
41:46je réfléchis en même temps
41:47parce que ça peut être
41:48la réalité
41:48auquel cas ça serait désespérant
41:50Pierre de Jong
41:51tout ça
41:52un peu triste
41:53encore une fois
41:53je pense qu'il y a des cas particuliers
41:54comme toujours
41:55mais faire preuve de mauvaise volonté
41:57parce que le dossier
41:57n'intéresse pas
41:58il ne faut pas faire de bruit
41:59ce qui est vrai
42:00c'est que dans nos campagnes avant
42:01dans chaque ville
42:02dans chaque petite ville
42:02chaque village
42:03il y avait une gendarmerie ouverte
42:04aujourd'hui c'est comme dans les églises
42:06il y a une gendarmerie ouverte
42:07pour 5 villages
42:07le week-end
42:08et tel jour et pas tel jour
42:09exactement
42:10et donc il y a une disparition
42:11de la force publique
42:12et les patrouilles
42:12parce qu'il y a de plus en plus
42:13de territoires
42:14et donc ils sont débordés
42:15et débordés
42:15ils sont 5 ou 6
42:16ils sont débordés
42:17donc ils ne traitent pas les sujets
42:18donc ils les sélectionnent
42:20et ça c'est aussi le cœur du problème
42:21c'est qu'il faut des effectifs
42:22pour gérer tous ces millions
42:23de petits problèmes
42:24dans les campagnes
42:24il n'y a pas que des affaires
42:25de pédophilie
42:26qui doivent être élevées prioritairement
42:28il faut tout traiter
42:29tout ça
42:29donc c'est vrai qu'aujourd'hui
42:30notre administration
42:31vous savez c'est la RGPP
42:32de Sarkozy
42:32je reviens un peu sur le sujet
42:34mais on avait
42:35une réforme
42:36de la politique publique
42:39qui faisait qu'il y avait
42:39une baisse d'effectifs
42:40absolument incroyable
42:40dans les armées
42:41dans la gendarmerie
42:42etc
42:42donc aujourd'hui
42:43les effectifs manquent
42:44et malheureusement
42:45quand il n'y a pas d'effectifs
42:46comme dans la justice
42:47on ne peut pas traiter les sujets
42:48donc il n'est pas vrai
42:49que nous avons trop de fonctionnaires
42:50mais nous n'avons pas
42:51le nombre de fonctionnaires
42:52aux endroits
42:53où on en a besoin
42:54beaucoup
42:54et on en a peut-être trop
42:56à des endroits
42:56où on n'en aura pas besoin
42:58autant
42:59Père De Jong
43:00merci d'avoir été
43:01une fois de plus
43:02sur le plateau de Sud Radio
43:03pour venir témoigner
43:04de votre expérience
43:05des militaires
43:06et de votre expérience
43:06géostratégique
43:07comme vous étiez
43:08le conseiller
43:09de président de la république
43:11Out of Africa
43:12chronique
43:13du divorce franco-africain
43:14aux éditions Marie
43:15c'est pas un roman
43:17mais c'est un feuilleton exceptionnel
43:18et ça nous dit
43:20à l'échelle africaine
43:21l'état de la France
43:22espérons que nos futurs dirigeants
43:24sauront prendre
43:25le taureau par les cornes
43:26et tenter d'inverser
43:28cette tendance
43:28qui nous appauvrit
43:30et qui nous affaiblit
43:31merci mon colonel
43:32et je vous dis
43:33rendez-vous à demain
43:34sur Sud Radio
43:35c'est Brigitte Laï
43:36qui va prendre la suite
43:37pour un sujet
43:38peut-être plus attendrissant
43:39et nous nous retrouvons
43:40demain
43:4124 juin
43:41avec Willy Schran
43:43Willy Schran
43:43qui est président
43:44de la fédération
43:45des chasseurs
43:46et qui a beaucoup d'idées
43:47sur la façon
43:48dont il faudrait peut-être
43:49réformer et sauver la France
43:50à demain sur Sud Radio
43:51vous y restez pour l'instant
43:52merci
43:52merci
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