00:00Générique
00:30Générique
00:49Monsieur Hister
01:06Allô ?
01:06Allô, oui. Je voudrais parler à Julien.
01:10Il est enfermé dans la chambre de sa mère.
01:12Allez le chercher.
01:14Il n'ouvre à personne.
01:17Comment va-t-il ?
01:19Je vous dis qu'il n'ouvre à personne.
01:22Le pasteur est resté un moment avec lui,
01:24le médecin aussi, ils sont partis, ils ne m'ont rien dit.
01:27Quel jour l'enterrement ?
01:28Après-demain.
01:30Je ne pourrais pas venir avant, je suis retenu à l'ambassade.
01:34Mais je mets Célia dans le premier avion et...
01:37C'est inutile.
01:39Mais elle vous aidera.
01:41Je préfère qu'elle n'arrive qu'avec vous.
01:44Mais Anne !
01:45Pardonnez-moi, on m'appelle.
01:54Mademoiselle, les premiers télégrammes.
02:14Julien ?
02:16Julien ?
02:18Julien ?
02:21Julien ?
02:42Julien ?
02:44Julien ?
02:45Julien ?
02:48Julien ?
03:01Il faut faire comme pour monsieur.
03:24Voici les deux frères de madame. Ce sont des hommes très importants. L'aîné, monsieur Germain, est entrepreneur. Le second,
03:33monsieur Joachim, notaire. Depuis que madame est veuve, il s'occupe de gérer sa fortune.
03:41Ils n'ont pas d'enfants, ni l'un ni l'autre. Ils ont reporté toute leur affection sur monsieur
03:46Julien. Ils sont plus que des oncles pour lui, des tuteurs. Ils savent lui donner les meilleurs conseils.
03:59Tout dépend d'eux, maintenant.
04:36Tout dépend d'eux.
04:40Un pauvre enfant.
04:45C'est la fiancée de Julien.
05:37Heureusement pour monsieur Julien qu'ils sont là, madame.
05:40Heureusement.
05:42Dans l'état où il est, il serait incapable de prendre les décisions nécessaires. Ses oncles vont le faire pour
05:50lui, comme d'habitude.
06:09Allô ?
06:12Comment va Julien ?
06:14Toujours dans la chambre de sa mère. Ses oncles viennent d'arriver, ils se sont enfermés dans la chambre avec
06:18lui.
06:20Je ne vous crois pas.
06:21Mais venez vérifier vous-même.
06:23Vous n'avez rien à faire à Paris.
06:26Ce n'est pas l'ambassade qui vous empêche de venir.
06:29C'est la peur.
06:31Vous voyez, vous avez peur de voir souffrir Julien.
06:33Vous n'avez pas eu le courage de me le dire quand vous êtes venu me chercher au quatre-vent,
06:36mais c'est ça la vérité. Vous avez peur.
06:53Julien ?
06:57Julien ?
06:58Julien ?
07:20Je n'ai personne à qui...
07:36C'est parti.
08:04Claire ?
08:07Parlez-moi de vous, de votre enfant.
08:12Dites-moi que deux cœurs battent en vous, que Juliette bouge déjà, que vous l'entendez respirer.
08:18Dites-moi que vous êtes vivante, Claire.
08:22Et riez, Claire, riez comme si Juliette riait avec vous.
08:24Anne, mais qu'avez-vous ?
08:31Anne, je vous en supplie.
08:43Merci.
08:44Merci.
08:45Merci.
08:46Merci.
08:47Merci.
08:57Merci.
09:22Je voulais remonter sa petite pendule.
09:25Elle a caché la clé.
09:27Il est sept heures.
09:31Six et demi.
09:33C'est long le premier jour d'un mort.
09:37C'est vrai ce que tu m'as raconté pour la maison ?
09:40Que ma mère ne voulait pas que je vende ?
09:43Absolument vrai.
09:44Elle me l'a dit l'autre nuit.
09:46Je me souviens exactement de ses paroles.
09:49Il faut qu'il la garde pour son père, pour moi, pour ses enfants, quand il viendra avec eux.
09:56Déjà au téléphone, quand je l'avais appelé de Paris, elle m'avait dit que cette maison, c'était son
10:00mari et elle avec toi.
10:03La forme d'un bonheur qu'ils avaient connu.
10:06Les oncles disent qu'il faut démolir.
10:07Que c'est trop vieux, que ça tombe en ruine.
10:10Que je n'en ferai rien puisque je vais finir mes études à Paris et qu'après, comme interprète, je
10:13voyagerai.
10:15Ils disent que le terrain vaut très cher, qu'ils ont des acheteurs, que c'est inespéré, qu'il ne
10:20faut pas laisser passer une chance pareille.
10:22Qu'as-tu répondu ?
10:24Rien d'abord.
10:25Ils parlaient trop.
10:27Quand Germain s'arrêtait, je vois qu'il me reprenait.
10:29Je n'entendais plus ce qu'il disait.
10:31Je t'entendais, toi, qui me répétait les paroles de ma mère.
10:35J'ai fini par le leur dire.
10:37J'ai dit que c'était sa dernière volonté, que j'étais obligé d'obéir.
10:41Ils ont prétendu qu'il fallait un papier.
10:44Un acte notarié, que cet acte n'existait pas, que ma mère n'avait pas fait de testament.
10:48Je ne pouvais plus, Anne.
10:51J'aurais dit qu'ils s'en aillent, qu'ils me laissent.
10:56C'est trop, Anne.
10:58C'est trop.
11:01Aide-moi.
11:12Dis-moi ce que tu veux.
11:13J'obéirai.
11:15Ça ne me regarde pas.
11:16Mais si tu veux garder la maison, je la garde.
11:18Si tu veux la vendre, je la vends.
11:21Ce n'est pas à moi, Julien.
11:23C'est à toi.
11:25Il faut savoir ce que tu veux, toi.
11:27Moi ?
11:29J'aurais voulu les voir vieillir ensemble.
11:32Vieillir avec eux.
11:34Des parents.
11:36Des parents très vieux.
11:40Ils m'ont dit que c'est toi qui avais tout fait jusqu'ici.
11:42Tout décidé, tout arrangé.
11:44Continue.
11:46Moi, je n'ai pas de force.
11:48Mes parents ne m'ont rien appris.
11:50Ils ont voulu que tout me soit facile.
11:52J'étais leur seul enfant.
11:55Ils m'abandonnent trop vite.
11:57Il faut te ressaisir, Julien.
11:59Tu marches toujours en regardant en arrière, toujours tourné vers le passé.
12:03Tu m'entends ?
12:04Oui.
12:11Écoute encore.
12:14Je ne peux pas t'aimer si c'est moi qui dois toujours te tirer par la main.
12:18Je l'ai déjà trop fait pour les autres.
12:21J'ai besoin, moi aussi, de m'abandonner, de me laisser entraîner.
12:26Ce n'est peut-être pas jour pour le dire, mais c'est plus fort que moi.
12:36Tu m'entends ?
12:38Anne, dis-moi ce que je dois faire pour la maison.
12:43Si tu la gardes pour en faire un musée,
12:46pour y rechercher sans arrêt ton enfance, tes parents, il vaut mieux vendre.
12:49Et pourquoi la garder, alors ?
12:51Pour y vivre, avec l'être que tu aimes et qui t'aime.
12:55Et pour que tes enfants y vivent avec toi, c'est tout.
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