00:01Bonjour Sarah Knafou.
00:02Bonjour.
00:03Merci d'être avec nous ce matin.
00:04C'est votre première interview d'ailleurs à la télévision depuis le soir du second tour des élections municipales avec
00:08la défaite de Rachida Dati.
00:10Est-ce que vous, au fond, vous avez des regrets ?
00:13Non seulement parce que la candidate pour laquelle vous êtes désistée n'a pas gagné, mais en plus vous n
00:18'aurez pas de conseiller de Paris puisque précisément vous avez retiré votre candidature.
00:22La première chose c'est qu'on ne regrette jamais d'avoir fait son devoir et que j'ai le
00:26sentiment d'avoir fait mon devoir.
00:27J'ai le sentiment de m'être désistée pour battre la gauche.
00:30Malheureusement, la gauche a gagné.
00:31Donc je ne parlerai pas de regrets, mais d'une tristesse pour les Parisiens.
00:34Je suis triste pour les Parisiens qu'après 12 ans avec Mme Hidalgo, après 25 ans de socialisme, finalement ça
00:39continue.
00:40Mais vous êtes triste, mais le résultat est indiscutable.
00:42Il y a 9 points d'écart entre Mme Dati et M. Grégoire, 80 000 voix d'écart.
00:48À quoi vous l'appuyez ? Paris penche indiscutablement à gauche aujourd'hui ?
00:51Écoutez, ce qui est certain, c'est qu'après 6 semaines de campagne, avoir fait avec mon équipe 10,5
00:57% au cœur de la capitale,
00:59en 6 semaines de campagne, pour la première campagne électorale que j'ai faite sur mon nom, ça c'est
01:03une grande fierté.
01:04Et c'est vrai que quand on voit aujourd'hui le vote et l'écart gigantesque entre la droite et
01:08la gauche,
01:09je me dis d'autant plus que c'est un exploit pour mon équipe et pour moi-même d'avoir
01:13fait 10,5% au cœur de la capitale.
01:15Je l'attribue à de nombreux facteurs.
01:17Je dirais que d'une part, le programme qui était représenté par le centre de Mme Dati n'était pas
01:22assez ambitieux pour la capitale.
01:24Ça, c'est ce que j'avais dit durant la campagne.
01:25Ensuite, ce que j'ai dit lors du second tour, c'était que je ne me désistais pas pour Mme
01:29Dati, mais pour battre la gauche.
01:31Mais vous auriez aimé avoir une maire de Paris soutenue par Emmanuel Macron, puisque vous en retiriez pour elle.
01:37J'ai imaginé que ce n'était pas mon idéal, mais je sais choisir le moindre mal.
01:40C'est ça le sens des responsabilités.
01:41Quand je vois les autres partis, quand je regarde LR, quand je regarde le RN et que je vois qu
01:45'ils s'accusent tous les deux,
01:46les uns d'avoir permis à la gauche de gagner, donc si on prend des exemples,
01:50les LR se sont maintenus à Marseille, se sont maintenus à Nîmes sans aucune chance de gagner.
01:54Ils ont permis aux communistes de prendre la ville de Nîmes et ils ont permis aux socialistes de remporter de
01:59nouveau la ville de Marseille.
02:00Et là, on voit le RN qui leur reproche d'avoir fait ça.
02:03Mais ce qu'on observe, c'est que le RN a fait exactement la même chose dans d'autres cas.
02:06C'est un autre sujet.
02:07Et à Chambéry, ils se sont maintenus sans aucune chance de gagner.
02:09Juste pour revenir à Paris.
02:10Je finis juste sur ça, monsieur.
02:12Ils se sont maintenus sans aucune chance de gagner.
02:14Pour un conseiller municipal, deux conseillers municipaux, moi c'est ça que j'aurais regretté.
02:18Finalement, c'est de ne pas avoir fait mon devoir et de me dire que ça aurait pu être de
02:21ma faute.
02:21Alors votre devoir, vous parlez de votre devoir.
02:23Selon nos informations, l'ancien président Nicolas Sarkozy aurait joué un rôle dans votre désistement.
02:28Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous avez parlé à l'ancien président, monsieur Sarkozy ?
02:32Qu'on se soit parlé, oui.
02:33Qu'il ait joué un rôle dans mon désistement, aucunement.
02:35Personne n'a joué un rôle parce que je ne prends mes ordres.
02:37Il ne vous a pas conseillé de vous retirer.
02:37Je ne prends mes ordres de personne, non.
02:39Je pense que monsieur Nicolas Sarkozy prône une union des droites.
02:42Il l'a déjà dit, il l'a déjà écrit dans plusieurs journaux et dans son livre.
02:46En revanche, pour le désistement, personne n'a joué un rôle.
02:48Ou alors un seul homme.
02:50Et là, si vous voulez que je vous révèle qui m'a poussé à me désister, je vous le dirai
02:53volontiers.
02:54Cet homme s'appelle Emmanuel Grégoire.
02:56C'est lui, avec son programme, ce candidat socialiste.
02:58Quand j'ai lu son programme, moi je n'ai besoin du conseil de personne
03:01pour me dire que je voulais absolument éviter que la capitale tombe dans ses mains.
03:05Malheureusement, aujourd'hui, nous y sommes.
03:06Mais ce qu'on pourra dire, c'est que le socialisme n'est pas passé par nous.
03:09Ni en pensée, ni en action, ni par omission.
03:11Des entretiens et des contacts avec Nicolas Sarkozy au sujet de cette élection municipale.
03:16Vous disiez que l'ancien président Nicolas Sarkozy prône l'union des droites.
03:20Vous la prônez aussi.
03:21Est-ce que c'est la même chose, cette union des droites, que la main tendue à la droite sincère,
03:27je reprends l'expression de Jordan Bardella, celle qu'il a eue le soir du premier tour ?
03:30Est-ce que c'est la même chose ?
03:32Ça n'est pas la même chose et je vais les croire sur parole.
03:34J'ai entendu Marine Le Pen hier qui disait qu'elle ne croyait pas à l'union des droites.
03:37Elle n'y croit pas, mais on sent qu'il y a une différence d'approche entre peut-être les
03:39deux leaders.
03:40Non, j'ai lu aussi Jordan Bardella qui dans le Figaro disait que de la même manière,
03:43il ne croyait pas à l'union des droites, que son mouvement d'après lui n'était ni de droite
03:46ni de gauche,
03:47que ça dépassait ça.
03:48On va les croire sur parole sur ce point-là.
03:50Nous, nous sommes un mouvement de droite, nous représentons la droite,
03:53nous avons des convictions de droite.
03:54D'ailleurs, on voit que les convictions ne sont pas les mêmes sur certains sujets
03:56et après tout, ils ont le droit.
03:58Ils représentent une ligne économique socialisante et on l'a vu à l'Assemblée,
04:01je ne dis pas ce mot juste pour être infamante, aucunement.
04:04J'ai regardé leur action, j'ai lu leur contre-budget quand on était au mois d'automne
04:08que j'ai proposé le mien. Quelques jours après, ils ont proposé le leur.
04:11Ils inventaient 11 nouvelles taxes, ils ont voté main dans la main avec la France insoumise.
04:16Sur le plan régalien, vous avez quand même beaucoup de propositions en commun.
04:19Si vous voulez, si je devais décrire notre positionnement aujourd'hui,
04:22je vous dirais qu'on répond à la fois aux aspirations régaliennes de l'électorat RN
04:26et aux aspirations économiques de l'électorat LR.
04:29Donc, je dirais que nous sommes à équidistance, à la fois crédibles sur le plan régalien,
04:33sur la lutte contre l'immigration de masse, sur la sécurité renforcée,
04:37sur une politique pénale bien plus ferme, en finir, en fait,
04:39renverser totalement ce système laxiste et sur l'aspect économique.
04:43Je vous dirais qu'on est les seuls à répondre aux aspirations économiques
04:46d'une grande partie de l'électorat parce que, je finis sur ça,
04:49l'électorat du Rassemblement national vote pour le Rassemblement national
04:52malgré son programme économique et pas pour son programme économique.
04:56Donc, je pense qu'on répond totalement à leurs aspirations.
04:58Voilà, sur le fond.
04:59Sur la forme, pour préparer cette élection présidentielle,
05:02est-ce que vous, Mme Cnafot, vous êtes favorable à une primaire de la droite et du centre
05:07qui irait, c'est par exemple le vœu de Laurent Wauquiez, d'Édouard Philippe,
05:11à vous-même, ou Éric Zemmour ?
05:13Est-ce que c'est un schéma qui pourrait vous convenir ?
05:16Je suis favorable à une primaire de la droite.
05:18Je dirais que l'idée de Laurent Wauquiez,
05:21qui était aussi l'idée de David Lysnard il y a quelques mois,
05:24je trouve que c'est une bonne idée,
05:25que ça permettrait aussi de donner une dynamique à la droite,
05:28comme on l'a observé en 2016.
05:29Je me permets encore de vous poser la question.
05:31Ça peut aller jusqu'à l'heure filée ?
05:32Je vous dirais que ce sont les électeurs qui choisiront.
05:34C'est-à-dire qu'on dit que la primaire est ouverte,
05:36qui veut se présenter se présente,
05:37et ensuite les électeurs tranchent.
05:38Et ce sont les électeurs qui diront qui est de droite,
05:40qui mérite d'avoir des suffrages.
05:42Vous avez eu de précédentes primaires,
05:43on parlait de celle de 2016,
05:45avec François Fillon, la primaire était très large,
05:47puisqu'il y avait le Parti chrétien démocrate
05:50qui était représenté,
05:52il y avait Alain Juppé, il y avait François Fillon,
05:53donc il y avait des lignes qui étaient quand même assez différentes.
05:55Moi je dirais que notre ligne ressemble plutôt
05:57à celle de François Fillon.
05:59Alain Juppé, on sait qu'il travaille avec Édouard Philippe,
06:01donc l'écart était large.
06:02Et à la fin, les électeurs choisissent.
06:03Et juste pour vous répondre sur ça,
06:05François Fillon, quand il commence cette primaire en 2016,
06:07à l'époque il est donné à 5%.
06:09Il établit un très bon programme,
06:11il la remporte 70%, ça lui donne une dynamique.
06:14Sur cette primaire, si, puisque vous nous dites que vous y êtes favorables,
06:17par exemple, les électeurs désignaient Édouard Philippe,
06:21je prends ce cas d'espèce,
06:22est-ce que vous vous rangeriez,
06:24vous seriez prête à vous ranger derrière sa candidature
06:26s'il était le choix des électeurs de droite et du centre ?
06:28Je crois que ça n'arrivera pas,
06:30puisque comme je vous le disais tout à l'heure,
06:31je vais quand même répondre.
06:32C'est quand même une hypothèse.
06:33Je vais quand même répondre.
06:34Pour d'abord parler de cette hypothèse,
06:36je pense que ça n'arrivera pas,
06:37parce que comme je vous le disais,
06:38les électeurs trancheront qu'il y ait vraiment de droite.
06:40Et je ne pense pas que la ligne d'Édouard Philippe l'emportera.
06:42Et à mes yeux, c'est aussi la raison pour laquelle aujourd'hui
06:44il refuse de participer à cette primaire,
06:45parce qu'il le sait.
06:46Et c'est d'ailleurs ce qu'il avait dit chez l'un de vos collègues.
06:48Mais vous m'avez promis que vous répondriez à cette question.
06:49Et je vais répondre à la question.
06:51Lors des primaires,
06:52les perdants font rarement du zèle pour défendre les vainqueurs.
06:54Et vous vous souvenez comme moi, en 2007,
06:56quand Ségolène Royal l'a emporté,
06:58les casiques du PS n'ont pas fait sa campagne.
07:00De la même manière qu'en 2016,
07:01quand M. Fillon l'a emporté,
07:02Alain Juppé est tout de suite parti à Bordeaux.
07:04Il n'a pas défendu sa campagne.
07:05À quoi sert une primaire dans ce cas ?
07:07Pas à trouver de nouveaux porte-parole,
07:09mais à ce que les autres reconnaissent leur défaite
07:11et se retirent du premier tour.
07:12Pour permettre aux électeurs,
07:14ce sont les électeurs qui deviennent les soutiens.
07:16Je vous dis que cette hypothèse n'arrivera pas.
07:18J'en suis quasiment sûre.
07:19Et je pense que M. Édouard Philippe en est sûr lui aussi.
07:21En revanche, quand on participe à une primaire,
07:23oui, on accepte de se retirer devant le résultat des urnes,
07:26puisque c'est l'objectif de cette primaire.
07:28Encore une fois, pas de soutenir le vainqueur
07:30et de devenir son porte-parole,
07:31de la même manière que si demain,
07:32Éric Zemmour emportait cette primaire,
07:34il ne demandera pas à Xavier Bertrand de devenir...
07:35C'est ma dernière question, précisément.
07:37Donc j'ai déjà répondu à la dernière question.
07:38Non, oui, mais en même temps,
07:40est-ce que c'est sûr, donc, ce matin,
07:41vous nous le dites,
07:42que ce sera Éric Zemmour
07:43qui représentera les couleurs de Reconquête
07:45et non vous-même,
07:47puisque vous avez connu...
07:48Je ne peux pas vous répondre, c'est sûr,
07:49pour la bonne et simple raison
07:50que je ne peux pas annoncer sa candidature à sa place.
07:54Donc quand il l'aura décidé,
07:55il décidera de l'annoncer,
07:56peut-être chez vous, peut-être ailleurs,
07:57mais je ne peux pas annoncer sa candidature à sa place.
07:59Mais la vôtre, elle est exclue ?
07:59En revanche, moi, ce que je vous dis,
08:00c'est que j'espère qu'il sera le candidat.
08:02J'espère qu'il sera le candidat
08:03parce qu'il porte les bonnes idées.
08:05Je pense que s'il participait à cette primaire,
08:07il aurait toutes les chances de l'emporter
08:08et surtout, moi, à partir de maintenant,
08:10mon objectif, c'est le programme.
08:11Chaque jour qui va passer,
08:12je vais construire ce programme pour la France,
08:15un programme pour la France
08:16qui, je pense, sera le programme
08:18de cette Union des droites.
08:18Merci, Sarah,
08:19que l'info députée européenne reconquête
08:20et c'est la suite de Télématin.
08:22Merci beaucoup.
08:22Merci à vous.
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