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La ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin était l’invitée de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:008h12, merci beaucoup d'être avec nous Madame la Ministre.
00:03Catherine Votrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants,
00:08on va parler évidemment de la situation politique,
00:11mais on va essentiellement parler de la guerre au Moyen-Orient.
00:14La guerre en Iran qui se poursuit, vous revenez tout juste d'un déplacement dans le Golfe,
00:19vous étiez aux Émirats Arabes Unis, au Qatar et en Arabie Saoudite.
00:24Qu'est-ce que vous êtes allé leur dire et que vous ont-ils dit ?
00:26Mon voyage avait deux objectifs.
00:28Le premier était bien sûr de rencontrer mes homologues sur place,
00:33le second était de rencontrer nos troupes,
00:35puisque nous avons des troupes prépositionnées, notamment aux Émirats Arabes Unis.
00:40L'objectif était évidemment de relayer le message de la France auprès de mes homologues.
00:45Vous le savez, la France a signé des accords de défense avec certains pays,
00:50très concrètement avec les Émirats Arabes Unis, comme d'ailleurs avec le Qatar,
00:54et ces accords prévoient une clause d'assistance dès lors qu'un pays est dans une situation dans laquelle il
01:01est attaqué et qu'il demande une assistance à la France.
01:05Et la France a répondu immédiatement à la demande de ces pays.
01:10Et le message de la France est de dire trois choses essentielles.
01:14La première, nous avons dans cette zone proche du Moyen-Orient, 400 000 ressortissants français.
01:22Premier objectif, c'est évidemment la sécurité de nos ressortissants.
01:26Vous vous souvenez qu'au début de la guerre, c'était la fin des vacances scolaires,
01:29avec tous les sujets de rapatriement des Français qui étaient partis en vacances, par exemple.
01:32Deuxième élément majeur, c'est évidemment montrer combien nous sommes un partenaire fiable.
01:38La parole de la France fait sens.
01:40Quand la France est engagée, elle est là.
01:42Ce qui veut dire que ce que je suis allée voir avec mes homologues,
01:46c'est combien la France a été capable d'accompagner avec des rafales.
01:51Nous avons six rafales prépositionnées aux Émirats Arabes Unis.
01:55D'autres, six autres sont arrivés.
01:57Nous avons de la défense solaire qui est également arrivée.
02:00Et le troisième message, c'est celui qui est de dire que la France recherche la voie diplomatique
02:06et que, notamment sur un sujet extrêmement important, qui est celui du détroit d'Hormuz,
02:11la volonté de la France est de rassembler une mission ad hoc diplomatique
02:16pour régler ce conflit par une voie qui soit une voie diplomatique.
02:21Ça, c'est la position de la France. On va la détailler.
02:23Des forces militaires françaises sont sur place, notamment, vous l'avez dit, aux Émirats Arabes Unis.
02:27Comment on les protège ?
02:28Alors, nous avons immédiatement...
02:30Comment on protège nos troupes, nos militaires ?
02:32C'est ce qu'on appelle, vous le savez, la défense passive.
02:34En d'autres termes, j'étais avec nos troupes sur le camp de la paix,
02:39qui est à Abu Dhabi, sur le port, la base navale.
02:42Très concrètement, nous avons aujourd'hui réorganisé totalement la base,
02:47avec évidemment des blocs de défense, des blocs de béton qui ont été mis,
02:52avec une réorganisation complète du fonctionnement de ce camp et des équipements.
02:57Parce que, vous le savez, il y a un drone...
03:00Il faut les protéger des missiles aussi ?
03:01Drônes et missiles ?
03:02Drônes et missiles, avec... Ce sont, il faut que chacun en soit conscient,
03:06des militaires qui vivent avec des alertes.
03:09J'étais en réunion avec eux, nous avons ensemble vécu une alerte,
03:13avec donc des moyens de protection que vous imaginez de cases de gilets par abat.
03:16Mais au-delà de cela, c'est la réorganisation complète du camp,
03:20des locaux qui ne sont plus utilisés, des abris qui sont mis à disposition.
03:23Donc, c'est un repositionnement complet.
03:26Ce qui me conduit d'ailleurs à insister sur un point important,
03:29c'est que ces forces prépositionnées ont changé de statut.
03:32Elles sont devenues des forces en opération extérieure.
03:35C'est un élément extrêmement important.
03:37Les familles sont rentrées, 500 personnes sont rentrées, conjoints et enfants,
03:42avec toutes les conséquences.
03:44Et je voudrais que les Français et les téléspectateurs entendent bien cette notion,
03:48et les auditeurs d'Europe 1, bien sûr, qu'aujourd'hui, ces familles,
03:53elles se retrouvent avec, par exemple, un élève qui est en terminale.
03:56Eh bien, le sujet, où va-t-il passer son bac ?
03:57Ce sont des sujets aussi concrets que ceux-là.
04:00Et c'est important d'insister sur l'engagement de nos militaires.
04:04Il est de tous les instants.
04:06Et bien évidemment, les familles ont finalement cette implication,
04:11cette capacité à rentrer et à s'organiser.
04:14Et on a évidemment une pensée pour le major Arnaud Frion,
04:17tué le 12 mars dernier dans une frappe de bonheur en Irak.
04:20Vous avez raison et je voudrais bien rappeler,
04:23j'ai présidé cet hommage pour le major Arnaud Frion avec ses frères d'âme
04:30et j'ai rencontré ses frères d'âme à Persy.
04:32Je voudrais rappeler que leur engagement est un engagement dans la lutte contre Daesh.
04:38Cet engagement, c'est un engagement de la France de tous les instants.
04:41Et cette mission en Irak, elle est sur ce sujet-là.
04:46Parce que parallèlement à cette guerre, les menaces terroristes existent toujours
04:52et nous avons des militaires engagés.
04:54Et j'ai ce matin une pensée non seulement pour la famille d'Arnaud Frion,
04:58mais j'ai aussi une pensée pour les malades, les blessés,
05:03qui sont à Persy au moment où nous nous parlons.
05:05Nous sommes liés par des accords de coopération avec des pays du Golfe.
05:08Vous y faisiez allusion à l'instant.
05:09Qatar, Emirats Arabes Unis, Koweït.
05:11Quelles sont les attentes de nos partenaires ?
05:14Qu'est-ce qu'ils vous ont dit quand vous êtes allé sur place ?
05:16Ils vous ont dit, madame la ministre française, on a besoin de quoi ?
05:19La première chose qu'ils nous ont demandé, et ils l'avaient déjà demandé avant que j'arrive,
05:22pour tout le dire, et nous avions répondu, c'est évidemment de la défense solaire.
05:27Puisque le sujet du moment, c'est la protection du ciel.
05:30Nous avons accompagné sur le sujet.
05:32Nous avons, j'ai cité l'exemple des rafales.
05:34Il ne faut jamais oublier que quand on parle rafales, on parle évidemment de l'avion de chasse
05:39et de la force de cet avion de chasse.
05:41Mais parlons de nos pilotes et de la capacité de nos pilotes à intercepter.
05:44Nous avons également des batteries avec les personnels qui sont en capacité de faire fonctionner ces batteries.
05:50Qu'est-ce que la France tire sur les drones Shahed ?
05:53La France, aujourd'hui...
05:55Qui sont des drones, on l'a dit plusieurs fois, mais qui valent 20 000 euros.
05:58Alors, vous venez sur un sujet qui est extrêmement important,
06:03qui est l'adéquation entre l'effet militaire recherché,
06:06c'est-à-dire que voulons-nous détruire et avec quoi est-ce que nous sommes capables de le détruire.
06:11Aujourd'hui, il y a des effecteurs, c'est-à-dire la capacité d'avoir des drones anti-drones.
06:17C'est là-dessus que la France veut faire porter l'effort.
06:19Et c'est tout le sens de la réunion sur l'industrie que nous avons eue hier avec le Premier
06:23ministre.
06:24Et c'est tout l'objet, par ailleurs, de l'actualisation de la loi de programmation militaire.
06:29C'est que nous avons besoin de renforcer l'ensemble des mesures sur la lutte contre les drones.
06:36On l'avait vu sur le retour de l'Ukraine.
06:38Les grandes leçons, finalement, de l'Ukraine, confirmées aujourd'hui par Proche et Moyen-Orient,
06:42c'est que la défense du ciel est un enjeu majeur et que les effecteurs sont recherchés partout.
06:47Et là-dessus, la France a des entreprises, je pense par exemple Armatan,
06:52entreprises qui n'existaient pas il y a deux ans, valorisées aujourd'hui un mi-arcat,
06:55qui a une capacité à produire des effecteurs qui permettent justement d'arrêter ces fameux drones.
07:02Elle est basée où ?
07:03Elle est basée en région parisienne, au moment où nous parlons.
07:05Le porte-avions Charles de Gaulle est en Méditerranée.
07:09Qu'est-ce qu'il fait ?
07:10Le porte-avions Charles de Gaulle, chacun le sait, c'est non seulement un gros bateau,
07:1644 000 tonnes de diplomatie, ce sont des avions et ce sont des frégates.
07:21Il est là pour...
07:22Et un sous-marin ?
07:23Et potentiellement un sous-marin.
07:25Il est là pour, aujourd'hui, assurer la liberté de navigation.
07:30Elle est totale en Méditerranée orientale.
07:33Elle existe en mer Rouge.
07:34Nous avons, parallèlement à ça, renforcé notre surveillance avec deux frégates en mer Rouge.
07:40Et c'est un outil qui est un immense outil qui permet d'affirmer la défense de la liberté de
07:49navigation,
07:50avec une souplesse d'utilisation à la main du président de la République.
07:53Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciins Combattants, avec nous sur CNews et sur Europe 1 ce matin.
07:58Vous avez rappelé la posture défensive de nos forces armées.
08:02Si la guerre venait à se poursuivre, est-ce que vous ne craignez pas que cette posture défensive soit difficile
08:09à maintenir ?
08:10Si nos bases militaires venaient à être frappées, est-ce qu'on pourrait rester défensif ?
08:16L'objectif, je le redis, c'est réellement de faciliter la voie diplomatique, d'où la notion de défense.
08:25J'ai compris. Et les Français ont compris.
08:26Mais c'est compliqué.
08:28Et aujourd'hui, cette guerre n'est pas la nôtre.
08:29C'est important de le rappeler.
08:31Nous ne sommes pas partis à cette guerre.
08:34Nous devons nous défendre très concrètement.
08:36Et c'est la raison pour laquelle la stratégie de la France est de multiplier les contacts.
08:41Et vous avez eu hier une réunion extrêmement intéressante,
08:46organisée par le chef d'état-major des Armées,
08:48avec l'ensemble de ses homologues de 35 pays.
08:52L'idée étant précisément, là encore, de travailler stratégie défensive.
08:58Donc, la volonté, c'est réellement cette approche diplomatique qui est la seule qui peut garantir un retour à la
09:06paix et à la liberté de navigation.
09:08Puisqu'il est important que chacun comprenne que si on parle d'Hormuz matin, midi et soir,
09:12c'est parce que Hormuz, c'est 20% du trafic mondial.
09:15Et que donc, les conséquences sont des conséquences pour les Occidentaux,
09:19mais également des conséquences pour le Japon, pour l'Inde.
09:22Nombreux sont les pays concernés et c'est absolument majeur qu'on arrive à trouver une issue.
09:27Catherine Vautrin, le secrétaire d'État américain Marco Rubio est en France.
09:31En ce moment, il a atterri hier au Bourget pour rencontrer ses homologues dans le cadre du G7.
09:37Alors que le président Trump a attaqué les pays de l'OTAN, enfin les a attaqués verbalement,
09:43leur reprochant leur réticence, voire leur refus de participer à la guerre contre l'Iran.
09:47Vous venez de nous dire, cette guerre n'est pas la nôtre.
09:49C'est ce que vous allez dire, c'est ce que la France va dire à Marco Rubio.
09:52Marco Rubio, il veut que la France s'engage plus, la France notamment.
09:56Mais la France, parce qu'elle a un porte-avions et des moyens.
09:59Mais je vous rappelle que lorsque la guerre a commencé, le 1er mars,
10:04les États-Unis n'ont pas pris la peine d'appeler par exemple la France
10:08pour faire part des plans qui sont les leurs.
10:10Donc, ils sont partis seuls et aujourd'hui, ils demandent aux uns et aux autres de les rejoindre.
10:16Ça n'est pas forcément le meilleur esprit de coopération que l'on puisse créer.
10:21Ça a vexé les autorités françaises ?
10:22La question n'est pas de savoir si on est vexé ou pas vexé.
10:24La question, elle est sur la stratégie de ce que l'on met en œuvre.
10:27Si Trump avait appelé la France, est-ce qu'on se serait engagé ?
10:29On ne va pas commencer à refaire le film.
10:31On va simplement se dire qu'il y a une question de stratégie.
10:35Quand on met en place une stratégie, c'est important d'en mesurer les effets potentiels
10:39et de regarder les conséquences qui peuvent arriver.
10:42Vous dites que les États-Unis sont allés un peu vite, les États-Unis et Israël ?
10:45En tout cas, ils n'ont pas considéré qu'il était utile de nous informer de ce qu'ils souhaitaient
10:49faire
10:50et de partager la stratégie qui était la leur.
10:53Olivier Raffovitz, qui est colonel et porte-parole de l'armée israélienne,
10:57était en direct avec nous ce matin.
11:01Il a dit au sujet du Liban, quand je lui ai dit que j'allais vous recevoir,
11:07il n'a pas cité la France, mais il a dit qu'Israël fait le sale boulot au Liban
11:11et j'aimerais que des pays, et moi j'ajoute comme la France,
11:15puisqu'il était question de la France, en fassent plus.
11:17Qu'est-ce que vous répondez à cela ?
11:20Mais moi je vais répondre que déjà la France fait partie de la Force des Nations Unies, la Finule.
11:24Nous avons 700 militaires qui, au titre de la Finule, sont au Liban
11:29pour faire respecter le cessez-le-feu.
11:32Le moins qu'on en puisse dire, c'est que nous ne sommes pas, au moment où nous nous parlons,
11:35dans une situation de respect de cessez-le-feu.
11:37Deuxième élément, la France est engagée pour accompagner les forces armées libanaises
11:43parce que tout le sujet face à Osebola, c'est la capacité à avoir une armée structurée au Liban
11:49qui permet...
11:50Madame la ministre, l'armée libanaise, c'est rien du tout.
11:52Oui, mais vous me demandez ce que fait la France.
11:54Je vous dis aujourd'hui, on ne peut pas dire que la France ne fasse rien.
11:57La France est engagée sur deux fronts.
11:59Le premier, c'est d'un côté le sujet Finule dont je viens de parler.
12:04Le second, c'est d'aider le gouvernement libanais à structurer une armée.
12:10Et quel est l'objet de cette armée ?
12:11C'est précisément de contenir le Hezbollah.
12:15Et aujourd'hui, la difficulté, c'est que c'est le Hezbollah, probablement d'ailleurs,
12:20à la demande de l'Iran, qui a entraîné le Liban dans cette guerre en allant taper sur Israël.
12:26Et donc, nous, aujourd'hui, toute la question...
12:28Vous savez que nous devions avoir, le 5 mars dernier, une conférence à Paris
12:32sur le sujet précisément du soutien aux forces armées libanaises
12:36pour aller plus loin sur l'accompagnement des forces armées libanaises
12:40pour réussir à ce que ce pays puisse enfin trouver un fonctionnement
12:45qui soit un fonctionnement de paix.
12:47Et donc, l'engagement français, il est sur cette formation,
12:51cet accompagnement, y compris en termes de matériel, des forces armées libanaises.
12:54Voilà ce que nous faisons aujourd'hui au Liban.
12:56Vous nous dites très concrètement et très clairement
12:59que la France veut la destruction du Hezbollah.
13:01La France ne peut pas, par définition, cautionner une organisation
13:06qui, aujourd'hui, est une organisation dont on voit les méfaits,
13:11pour prendre un mot extrêmement clair, au Liban notamment.
13:14Une organisation terroriste.
13:15Une organisation dont on condamne toutes les actions.
13:18Qui n'est pas une organisation terroriste, le Hezbollah ?
13:19Aujourd'hui, vous savez, le sujet, elle est surtout de mesurer ce qui se passe.
13:22Ce que je vois, c'est le million de personnes qui, aujourd'hui,
13:25sont sur les routes au Liban.
13:27La catastrophe humanitaire du Sud-Liban.
13:29Voilà des sujets qui méritent, évidemment, toute notre attention
13:32et sur lesquels nous sommes tous extrêmement engagés.
13:34Le conflit impacte aussi directement le pouvoir d'achat des Français.
13:39Les prix du carburant flambent.
13:42Les automobilistes et les Français, plus largement, souffrent.
13:45On a vu des stations-service qui vendaient de l'essence jusqu'à 2,70 euros
13:50dans la capitale.
13:52Qu'est-ce que vous dites aux Français ?
13:53D'abord, vous savez combien mes collègues,
13:56je pense aussi bien à Roland Lescure qu'à Maude Bréjean,
13:59sont extrêmement engagés sur ce sujet.
14:01À l'économie et à l'énergie.
14:03Bien sûr, mais il y a aussi la ministre de l'Agriculture sur les engrais.
14:05On voit bien que là-dessus, il y a plusieurs choses.
14:08Il y a évidemment tout un travail sur le coût de l'énergie.
14:11Ça montre une chose.
14:11Quand la France s'engage sur notamment le nucléaire,
14:17pour réduire notre dépendance aux hydrocarbures,
14:21le bon sujet, c'est celui-là.
14:23Là encore, il y a deux combats.
14:25Le premier, c'est à court terme de régler le sujet
14:29qui est celui de la flambée des prix,
14:31qui passe évidemment autant que faire se peut par de la sobriété,
14:33mais qui passe aussi par des discussions avec les pêcheurs,
14:36les agriculteurs, les chauffeurs routiers,
14:38enfin toutes celles et ceux qui sont au quotidien concernés.
14:41Et il y a un deuxième sujet qui est comment nous avons une capacité
14:44à aller plus loin pour réduire cette dépendance
14:46parce que nous voyons bien comment nous finalement
14:49subissons les conséquences d'un conflit
14:51qui n'est une fois encore pas le nôtre.
14:53Catherine Vautrin, vous y avez fait allusion tout à l'heure.
14:56Vous avez tenu, participé en tout cas à une réunion à Matignon
14:59sur l'économie de guerre avec des hauts responsables militaires.
15:02Quel était l'objectif concrètement ?
15:03Qu'est-ce qui en est ressorti ?
15:05Vous savez, je crois qu'il y a un élément majeur
15:08qui se résume en un mot, la souveraineté.
15:11Et donc, notre objectif, quel est-il ?
15:13Il est d'être en capacité de maîtriser notre autonomie de destin.
15:18C'est vrai, vous venez d'en parler à l'instant,
15:21sur finalement les ressources énergétiques.
15:23C'est vrai, c'est vrai sur les composants pour nos armements.
15:27C'est vrai sur tous les besoins stratégiques du pays.
15:30Et dans le contexte dans lequel nous sommes,
15:32dans les responsabilités qui sont les miennes,
15:34aujourd'hui, mon travail, c'est de travailler avec l'industrie de défense
15:37pour qu'elle soit en capacité de produire plus, plus vite.
15:41Et donc, c'est la raison pour laquelle,
15:43dans le texte que je porterai début mai à l'Assemblée,
15:47nous travaillons sur des capacités de constitution de stock,
15:52des capacités de priorisation.
15:54J'ai déclenché le 6 mars dernier une priorisation
15:57chez certains sous-traitants,
15:58de façon à ce qu'un assemblier comme MBDA,
16:02qui est l'armurier français,
16:04puisse bénéficier des éléments dont il a besoin
16:08pour reconstituer, par exemple, des missiles.
16:11Voilà ce dont nous avons parlé.
16:13C'est-à-dire, comment nous pouvons produire plus,
16:16produire plus en quantité,
16:18mais également, et nous revenons à ce que nous évoquions tout à l'heure,
16:21faire évoluer notre industrie de l'armement.
16:23On voit bien que les leçons...
16:24Notamment pour la lutte anti-drone.
16:25Exactement.
16:25Il faut qu'on adapte nos éléments.
16:28Donc, vous voyez, c'est la production,
16:31c'est le financement,
16:32et c'est la cadence de production.
16:34La loi de programmation militaire actualisée
16:36sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril.
16:398,5 milliards d'euros supplémentaires investis dans des commandes.
16:42On a l'argent ?
16:42Oui, nous avons l'argent, c'est tellement vrai.
16:44On va faire des économies ailleurs ?
16:46C'est ce qui s'est passé, d'ailleurs.
16:47Vous regardez le budget, je vais prendre un exemple très concret,
16:50vous regardez le budget pour l'année 1926,
16:53le budget des armées augmente de 13%.
16:55Sur ces 13%, c'est très concrètement 3,5 milliards de plus cette année
17:01par rapport à ce qui avait été prévu.
17:04Ce qui veut dire que le budget des armées, tout compris,
17:08avec la surmarche que je viens d'évoquer,
17:10c'est 6,5 milliards d'économies.
17:11Donc, ce qui veut donc d'économies supplémentaires.
17:13Ce qui veut donc dire que nous avons un budget des armées à 57 milliards.
17:17Donc, c'est un choix qui est fait, qui est un choix de souveraineté
17:20avec des économies qui ont été faites ailleurs.
17:22Parce que vous avez vu les résultats du déficit,
17:25la tendance est inversée.
17:28Et je veux rendre hommage aux équipes et notamment à la ministre du Budget
17:32qui, l'année dernière, a beaucoup insisté.
17:35Nous étions prévus 5,4, nous sommes à 5,1.
17:38Ce qui montre que la France prend une position et finalement une capacité
17:43à commencer à réduire son déficit dans un contexte de guerre.
17:47C'est absolument majeur.
17:48C'est un élément de souveraineté.
17:49Catherine Vautrin, ministre des Armées, avec nous ce matin sur CNews et Europe.
17:53L'ambition de l'Allemagne, madame la ministre, est de devenir la première armée d'Europe.
17:59Quand l'Allemagne a été forte militairement dans le passé, elle nous a attaqués.
18:04Est-ce que le projet vous inquiète ou pas ?
18:06Vous savez, l'Allemagne est un pays qui, aujourd'hui, reconstitue une armée.
18:12Je dis très concrètement que l'armée, aujourd'hui, la plus entraînée,
18:18la plus opérationnelle en Europe, c'est l'armée française.
18:21L'actualisation de la LPM a pour objectif que nous continuions.
18:27Je voudrais juste continuer sur un point.
18:29Vous avez vu, là, la guerre depuis trois semaines.
18:35Quand le président de la République a souhaité mettre des navires en mer,
18:40en Méditerranée, en mer Rouge, immédiatement, nous avons eu des bateaux qui sont partis.
18:45Quand il s'est agi de mettre des rafales, ils étaient opérationnels.
18:47Quels sont les pays en Europe qui en ont fait autant ?
18:49Aucun.
18:50C'est l'honneur de la France, c'est l'honneur de nos militaires.
18:52Sur l'Allemagne ?
18:55Regardez, nous verrons ce qu'ils font.
18:56Pour l'instant, ils en sont à des processus de recrutement.
18:59Vous voyez, il y a encore un petit peu de marge.
19:01Je voulais vous entendre également sur la situation politique française
19:05et sur ce qui s'est passé dans des mairies France Insoumise
19:09où les maires perdants, de droite comme de gauche d'ailleurs, ont été hués, ont été chassés, ont été violentés.
19:17Quelle a été votre réaction quand vous avez vu ça ?
19:19Inacceptable.
19:21Inacceptable.
19:22J'ai été élue six fois dans un conseil municipal.
19:28Je suis une élue de territoire.
19:30La force de la démocratie, c'est de permettre des alternances quelles qu'elles soient.
19:35La règle de la démocratie, c'est de reconnaître le suffrage des électeurs.
19:40On respecte celui qui a été choisi hier dès lors qu'il a fait son travail correctement.
19:45Et quand on est correct, on sait assumer des transitions.
19:50Et quelque part, ces attitudes sont dangereuses.
19:55Elles mettent en danger notre République et ses fondements démocratiques.
19:59Catherine Vautrin, ministre des Armées, était avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1.
20:03Merci beaucoup d'être venue.
20:04Merci à vous.
20:04Madame la ministre des Armées, bonne journée, à bientôt.
20:06Merci beaucoup.
Commentaires
1
david lucchiniil y a 2 jours
instructive

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