00:00Ça fait 25 jours maintenant qu'a débuté la guerre au Moyen-Orient, le conflit est-il en train de
00:04connaître un tournant ?
00:05Bonjour Anthony Bélanger, vous êtes éditorialiste France Info spécialisée des questions internationales.
00:10Hier matin, on tremblait face à un risque d'escalade, Donald Trump avait posé un ultimatum à l'Iran pour
00:19débloquer le détroit d'Ormuz.
00:20Hier après-midi, plus d'ultimatum, Donald Trump parle de discussion avec l'Iran et est très content,
00:26sauf que discussion, il n'y en a pas, ça c'est ce que dit l'Iran, on ne comprend
00:29rien.
00:30Non alors écoutez, Donald Trump vient de faire la démonstration, première mondiale, qu'on peut baisser son pantalon tout en
00:35retenant son slip, c'est possible.
00:37On a l'image.
00:38Vous avez l'image, ça veut dire en fait qu'il a reculé, vous savez, il a reculé, il a
00:43simplement reculé et pour tout vous dire,
00:45c'est plutôt une qualité chez un homme politique ou un homme d'État, ça signifie que même dans des
00:51moments difficiles,
00:51et il y avait vraiment un moment difficile, puisqu'en fait on a frôlé l'armageddon énergétique.
00:57Mercredi dernier, en bombardant le champ gazier iranien de South Park, un champ gazier qui a priori ne desserre que
01:06l'Iran,
01:06on a vraiment failli tout perdre, c'est-à-dire des mois et des mois d'interruption du marché,
01:13du flot qui est absolument nécessaire de gaz et de pétrole, pas seulement par le détroit d'Ormuz,
01:17on a failli perdre aussi les capacités de production de la plupart de ces pays qui fournissent un tiers à
01:2220% du pétrole mondial.
01:24Sauf que, pardon, mais ce matin, un média iranien, on en parlait il y a quelques minutes,
01:29annonce que deux infrastructures énergétiques iraniennes ont été visées par des frappes israélo-américaines.
01:37Oui, parce que si vous voulez que pendant les soldes, les ventes continuent, c'est un peu tout,
01:41il nous fait une espèce de, comment dire, ils nous font, cette coalition israélo-américaine,
01:48font ce que fait Vladimir Poutine, par exemple, en Ukraine.
01:50Il peut négocier le lundi et en même temps continuer la guerre.
01:54En fait, cette guerre nous apprend plein de choses nouvelles.
01:57Qu'on peut mener une guerre longue, en tout cas les Etats-Unis peuvent mener une guerre longue,
02:02y compris en coalition, sans mettre un homme sur le terrain.
02:05Elle nous montre aussi qu'on peut, pour l'instant, sans mettre un homme sur le terrain,
02:09j'entends, sans mettre des centaines de milliers d'hommes sur le terrain,
02:13elle nous montre aussi qu'on peut, comment dire, on peut aller jusqu'au bout,
02:18sauf au moment où ça devient trop dangereux pour l'économie mondiale.
02:22Au fond, il n'y a plus de guerre locale, quand les Etats-Unis la conduisent,
02:27il n'y a plus que des guerres qui deviennent régionales ou mondiales.
02:31Mais quand Donald Trump dit qu'il a entamé des discussions avec l'Iran,
02:35vous y croyez ou pas du tout ?
02:36Bien sûr qu'il les a entamés, même depuis très longtemps.
02:38On a même son interlocuteur.
02:40Eh bien, on a son interlocuteur, il en reste un.
02:42Un qui n'a pas été abattu par les frappes israélo-américaines.
02:48Il s'appelle Mohamed Kalibaf.
02:50Ce n'est même pas très compliqué de retenir son nom,
02:51parce que d'habitude, les noms perts, c'est un peu compliqué.
02:54Là, il s'appelle Mohamed Kalibaf.
02:55C'est l'actuel président de l'Assemblée nationale iranienne,
02:58ancien maire de Téhéran, ancien proche d'Ali Khamenei.
03:03Il survit aux frappes et il est en train de parler avec les Américains,
03:07et ce depuis le début, pratiquement.
03:09Et parler de quoi ?
03:11Parler de donner les conditions des uns et des autres.
03:13Vous allez voir que dans les jours qui viennent,
03:15et ça a déjà commencé, les Iraniens disent on veut tout.
03:18Les Américains disent on veut le reste.
03:19Et à la fin, ça reste terminé par un accord.
03:22Vraiment, c'est important.
03:24Je plaisantais tout à l'heure, mais en fait,
03:26vraiment, c'est important d'avoir affaire à des gens qui savent reculer.
03:29Et il est clair que Donald Trump, là, dans l'adversité,
03:32lui qui crée le chaos systématiquement,
03:35lui qui déchire les accords, lui qui s'en va de l'accord de Paris.
03:38Il a une stratégie, Donald Trump ?
03:40Je pense qu'il y a une stratégie qu'on peut lire, d'ailleurs.
03:42Dans l'art du deal, vous savez, le fameux livre qu'il a publié,
03:45qu'il n'a jamais écrit, mais qu'il a publié quand même,
03:48où il résume un peu, je crois qu'il a découvert en même temps qu'il le publiait,
03:53ce que c'était que l'art du deal.
03:54L'art du deal, tel que le pratique Donald Trump, c'est créer le chaos.
03:58J'arrive, je suis nouveau, je ne me sens retenu par rien de ce qui s'est signé avant.
04:02Je crée le chaos, vous savez, les fameux droits de douane dans le monde entier.
04:06Et ensuite, je vois ce qu'il en sort.
04:07Il en sort toujours des choses, finalement, plus intéressantes, lui semble-t-il.
04:12Vous savez...
04:12Ce que vous dites est quand même plutôt rassurant,
04:14parce que Donald Trump a ses propres limites et les respecte.
04:20C'est ce que vous êtes en train de nous dire.
04:21Il y a une autre chose qui est fascinante,
04:23c'est que comme il n'a jamais donné de bulle de guerre, jamais,
04:26on s'est escrimé pendant des semaines à essayer de savoir s'il voulait si,
04:30il n'a jamais donné de bulle de guerre,
04:31donc il peut demain dire, écoutez, j'ai tout obtenu,
04:34je voulais ça, je voulais ça, je voulais ça.
04:35Oui.
04:36Alors, dans le même temps, d'après CBS,
04:38les États-Unis continuent de déployer des Marines,
04:41trois navires supplémentaires à Moyen-Orient,
04:42donc ça peut, ses renforts, laisser aussi présager
04:47un déploiement, en tout cas, d'hommes sur le terrain.
04:50La pression maximum.
04:51De force spéciale, c'est ça.
04:52On est toujours sur la pression.
04:52On est toujours sur le même principe.
04:54Pendant qu'on négocie, la pression maximum.
04:56Et dernier élément, en début de soirée hier,
04:58Benyamin Netanyahou a dit avoir parlé à Donald Trump,
05:01et il dit, le Premier ministre israélien,
05:03qu'il va continuer les frappes sur l'Iran et le Liban.
05:07Est-ce qu'il y a un début de prise de distance entre les deux ?
05:11Il y a toujours eu deux objectifs différents.
05:17Israël a en tête le Hezbollah,
05:18et il a aussi en tête l'Iran.
05:22Cela dit, la guerre contre l'Iran,
05:24c'est une guerre qu'Israël ne peut pas mener seule.
05:26D'aucune manière.
05:27Il y a peut-être la possibilité de frapper une ou deux figures
05:31dans les semaines qui suivent,
05:32mais c'est une guerre qu'il ne peut pas mener seule.
05:34Par contre, la guerre au Liban,
05:35c'est une guerre qu'Israël peut parfaitement mener tout seul.
05:38Donc en fait, ils vont suivre les Américains,
05:40peut-être un ou deux jours de plus en Iran,
05:43mais partiront avec les Américains,
05:45alors que le Liban, eux,
05:48peut parfaitement continuer encore quelques temps.
05:50Merci Antony Bélanger.
05:51Merci à vous.
05:52On comprend mieux la situation.
05:53Jusqu'à bien.
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