00:00Une Française est toujours en réanimation positive à l'antavirus, quatre autres sont en observation et une vingtaine de cas
00:06à contact en isolement.
00:07Bonjour Professeur Bruno Megarban, merci d'être avec nous, vous êtes chef du service réanimation de l'hôpital Lariboisière à
00:13Paris.
00:13Il y aura désormais deux réunions interministérielles par jour à propos de l'antavirus, les infectiologues étaient invités à Matignon
00:20hier.
00:21Nous avons le protocole le plus sévère d'Europe, disait la ministre de la Santé sur France 2 dimanche soir.
00:25Est-il suffisamment rigoureux ce protocole ? Quel regard portez-vous sur ces procédures ?
00:30Alors pour bien comprendre la situation, pour la première fois dans l'histoire, la souche des andes de l'antavirus
00:38est arrivée en France, métropolitaine.
00:41Donc à ce jour, il n'existe qu'une seule patiente infectée, donc porteuse du virus, qui se trouve dans
00:47une chambre à l'isolement à l'hôpital Bichat.
00:50Pour le moment, il n'existe aucun autre cas, mais il y a quand même quatre personnes contacts à très
00:56haut risque,
00:57qui sont également à l'hôpital Bichat dans des chambres à l'isolement tout à fait adaptées.
01:03Il y a aussi 22 autres personnes qui ont été contacts avec une personne infectée dans un avion,
01:09qui sont à risque moindre et qui pour le moment étaient à domicile dans différents endroits.
01:15Et donc effectivement, au vu de l'évolution et de la positivation d'une des personnes,
01:23il a été décidé de renforcer les mesures d'isolement.
01:27Et aujourd'hui, il est recommandé que toutes les personnes contacts soient hospitalisées pour une surveillance.
01:33Alors la surveillance permet un examen clinique répété et des tests virologiques
01:39pour détecter l'éventuelle positivation de ces personnes contacts.
01:43Sachant que le délai d'incubation peut atteindre les 42 jours.
01:45Voilà, la difficulté effectivement, c'est que la période d'incubation est longue,
01:50en moyenne 10 à 15 jours, mais elle peut aller jusqu'à 6 semaines.
01:54Mais ce qui est rassurant encore, c'est qu'aujourd'hui, les seuls cas positifs à antivirus
01:59sont des personnes qui ont séjourné sur le navire.
02:02Et comme vous le savez, évidemment, sur ce navire, les conditions idéales de transmission étaient réunies.
02:07Évidemment, on serait beaucoup plus inquiets si un jour, une personne qui n'a jamais mis le pied sur le
02:12navire se positivait.
02:14Mais est-ce que c'est utile d'avoir un protocole très sévère en France
02:17si d'autres pays en adoptent un moins sévère, je pense notamment aux États-Unis ?
02:20Parce que ça voyage, les gens bougent.
02:22Bien sûr, vous avez raison.
02:23J'allais dire, si d'autres pays ne font pas bien les choses,
02:26il faut quand même que la France, et en tout cas tous les pays européens qui suivent,
02:31fassent les choses de façon très stricte.
02:33Effectivement, il faut un juste équilibre entre des mesures sérieuses et un suivi parfait
02:39et aussi une faisabilité.
02:41Il ne s'agit pas non plus de mettre en prison ces personnes qui, je rappelle, sont sujets contacts,
02:47mais sainnes jusqu'à présent et non infectées encore.
02:51Par contre, effectivement, aux États-Unis, on connaît le ministre de la Santé et ses idées politiques.
02:57Il semble peut-être ne pas prendre si au sérieux cette infection,
03:00car, à nouveau, la gravité, c'est que c'est une maladie, lorsqu'elle se déclare,
03:07responsable d'une mortalité relativement élevée.
03:09Donc, effectivement, c'est beaucoup plus grave que la Covid.
03:11On rappelle jusqu'à 40% de la mortalité ?
03:13Puisqu'effectivement, il a été rapporté en Argentine, où elle sévit de façon endémique,
03:17un taux de décès qui avoisine les 50%.
03:21C'est-à-dire une probabilité sur deux.
03:23On entend votre discours qui est rassurant ce matin.
03:27Néanmoins, les gens qui nous regardent s'interrogent.
03:30Ce virus, on dit qu'il se transmet dans des conditions très particulières,
03:33des contacts très rapprochés, prolongés.
03:36Et en même temps, on nous dit aussi que ce virus, on ne connaît pas très bien,
03:39surtout le virus des ondes.
03:40On n'a pas forcément de recul sur les transmissions interhumaines.
03:44Donc, ce n'est pas forcément très rassurant pour le grand public.
03:47Vous avez raison, mais c'est la réalité.
03:49C'est-à-dire que c'est un virus connu depuis une trentaine d'années.
03:51Donc, il a été déjà séquencé, on connaît ses modes de transmission,
03:57mais les choses n'ont pas été étudiées aussi largement que la Covid.
04:02La transmission principale se fait du rat à l'homme.
04:05Et c'est ce qui s'est fait pour le premier patient.
04:08Par contre, effectivement, il a été décrit des transmissions interhumaines,
04:12c'est-à-dire des personnes qui n'ont jamais rencontré le rat
04:14et qui sont contaminées.
04:17À ce jour, tous ces cas ont eu lieu uniquement en Amérique du Sud
04:22et il y a quelques cas aux États-Unis, au maximum.
04:25Par contre, effectivement, il a été rapporté un foyer épidémique en Argentine
04:32au cours d'une fête d'anniversaire
04:34où une personne a contaminé une trentaine d'autres.
04:37Et dans cet anniversaire, il y a eu, je crois, 11 morts de mémoire.
04:43Et donc, effectivement, à partir de ces chiffres-là,
04:46c'est-à-dire 11 morts pour une trentaine de personnes contaminées,
04:50on a calculé une létalité importante.
04:54Oui, bien sûr.
04:55Votre visage qu'on retrouve aujourd'hui, il était devenu familier des Français
05:00pendant le Covid parce que vous étiez en première ligne.
05:03Vous voir aujourd'hui peut-être réveille des inquiétudes aussi.
05:07Et justement, est-ce que l'épisode Covid, il nous a rendu plus inquiets,
05:12aussi plus attentifs à ce qui se passe ?
05:16Oui, tout à fait.
05:16Effectivement, beaucoup de personnes, à juste titre, ont très mal vécu
05:20les confinements, la peur d'être infectés, de mourir,
05:25peut-être aussi les contraintes liées à la vaccination.
05:29Et tout ça réveille une psychose.
05:31Et donc, effectivement...
05:32Il y a des gens qui viennent en ayant peur d'avoir...
05:34Alors, je n'en ai pas rencontré pour le moment.
05:36À nouveau, il faut être rassurant.
05:37Aujourd'hui, le virus ne circule pas du tout dans la communauté.
05:40Il n'existe en métropole que dans une seule chambre à l'hôpital Bichat.
05:44Vous ne conseillez pas de porter le masque à nouveau dans les transports, par exemple.
05:47Pas du tout.
05:48Pour le moment, il n'y a aucune recommandation concernant le port du masque
05:51car le virus ne circule pas.
05:53Et c'est ça, on va dire, l'avantage aujourd'hui,
05:57c'est que les autorités sanitaires ont été au courant de cette épidémie très tôt.
06:04Et donc, on connaît le patient zéro, on connaît tous les cas contacts,
06:08on sait à peu près leur cheminement.
06:11Et donc, bien sûr, ces éléments sont très positifs
06:14pour pouvoir contrôler la chaîne de contamination
06:17et limiter la diffusion du virus.
06:19Ce qui n'était pas le cas avec la Covid
06:21où lorsque les autorités sanitaires ont été informées
06:26de l'existence de nouveaux virus,
06:27beaucoup de personnes chinoises avaient déjà été contaminées,
06:31avaient été parties un peu partout dans le monde
06:33et le virus était même déjà en France,
06:35bien avant que l'on s'en alerte.
06:38Merci beaucoup, professeur Mika, d'avoir été avec nous ce matin.
06:41Merci beaucoup.
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