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Pendant des années, personne n’a su qui avait menacé très sérieusement le ministre de l’Intérieur de commettre des attentats sur des voies ferrées en 2004. Jusqu’à ce que la vérité éclate… Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

#truecrimepodcast #azf #chantage

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Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, Sarkozy et mon gros loup, l'incroyable histoire d'un chantage, deuxième et dernier épisode.
00:10Depuis le mois de décembre 2003, un mystérieux groupe fait chanter le ministère de l'Intérieur,
00:15en menaçant de poser des bombes sur les voies ferrées de la SNCF.
00:19Alors que l'information n'a pas fuité dans la presse, la place Beauvau tente de négocier en toute discrétion
00:25en communiquant avec le groupe par petites annonces interposées dans le journal Libération.
00:32Le mardi 24 février 2004, quelques heures après l'apparition d'une nouvelle annonce dans Libération,
00:38le téléphone sonne place Beauvau.
00:40Pour la première fois, quelqu'un appelle sur la ligne dédiée à cette affaire
00:44et dont le numéro était à chaque fois accolé au message signé Suzy, le pseudonyme du ministre de l'Intérieur.
00:52Un enquêteur décroche et découvre la voix d'un des membres du groupuscule terroriste.
00:57C'est une femme qui passe l'appel.
00:59Elle ne dit que quelques mots et demande au ministère de se dépêcher.
01:04Rapidement, les policiers identifient que l'appel a été passé depuis Paris.
01:10Quelques jours plus tard, cette ligne sonne une nouvelle fois.
01:13La même voix féminine appelle cette fois-ci de mots en Seine-et-Marne.
01:17Elle propose un nouveau lieu pour la remise de rançon, l'aérodrome de Vélizy-Villacoublé,
01:23dans un département voisin, les Yvelines.
01:26Le ministère accepte.
01:27La remise de rançon doit avoir lieu la semaine du 1er mars.
01:32Lundi 1er mars, à l'aube, les agents de Beauvau se tiennent prêts.
01:36Mais le groupuscule ne se manifeste pas.
01:38Ce n'est qu'en toute fin d'après-midi que la ligne dédiée sonne une troisième fois.
01:44A l'autre bout du fil, c'est toujours la même femme qui s'exprime.
01:47Et elle précise le plan.
01:49L'hélicoptère du ministère de l'Intérieur contenant la rançon
01:52devra partir le jour même, en direction du Loiret.
01:56A la demande des maîtres chanteurs,
01:584 millions de dollars et 1 million d'euros sont donc placés dans 5 sacs distincts.
02:02L'appareil doit se poser dans un premier temps sur le tarmac de l'aérodrome
02:06de Montargivimori, dans le Loiret, pour récupérer d'autres instructions.
02:10Sur place, les policiers découvrent un message
02:13leur demandant de se rendre à quelques kilomètres de là
02:15et de déposer l'argent sur une bâche bleue prévue à cet effet.
02:20Mais à l'endroit défini, ils ne trouvent pas la bâche.
02:27Damien Delsenis, à ce moment-là, l'information n'a pas encore fuité dans les médias.
02:32Alors, pas encore, même si un certain nombre de journalistes sont au courant
02:36qu'un chantage est en cours.
02:37Alors, c'est un peu nébuleux, on sait qu'il y a un groupe qui menace l'État,
02:40on ne connaît pas exactement les détails de l'affaire,
02:43mais en tout cas, tout ce qu'on nous a dit à l'époque,
02:46tout ce qu'on dit aux journalistes à l'époque,
02:47c'est surtout de ne pas ébruiter l'affaire,
02:50de ne pas faire paraître de papier, d'article sur la question,
02:53parce que l'affaire est jugée extrêmement sensible
02:56et que celui ou celle qui publierait un article
02:58mettrait en danger un certain nombre de personnes.
03:01Le lendemain, le mardi 2 mars,
03:03les policiers trouvent enfin la fameuse bâche bleue.
03:05Oui, elle est dans un champ qui longe l'autoroute A77
03:09au niveau de la commune de Bois-Moran-les-Choux dans le Loiret.
03:13Alors, les policiers disent qu'à cause de la nuit tombante,
03:15la veille, ils ne l'ont pas trouvée,
03:17mais elle avait bien été mise en place,
03:19une bâche accrochée d'ailleurs dans le sol,
03:21fixée au sol avec des piquets de tente,
03:23des sardines, comme on dit.
03:24Et donc, le rendez-vous a été manqué
03:26et ils n'ont plus de contact, les enquêteurs,
03:29avec le groupe AZF à ce moment.
03:30Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur
03:32envoie une note aux rédactions françaises.
03:34Oui, parce qu'il a compris qu'un nombre croissant
03:37et important de journalistes sont au courant de l'affaire
03:40et il suggère par écrit à la plupart des rédactions de France
03:44de taire cette information selon laquelle
03:46ce groupe AZF menace de commettre un attentat.
03:50La note dit plusieurs choses.
03:52Elle dit pour d'évidentes raisons de sécurité,
03:54il serait préférable qu'aucune information
03:56ne soit rendue publique avant le dénouement de l'affaire.
03:59Le ministre de l'Intérieur explique plus loin
04:01que des contacts ont été établis avec le groupe AZF.
04:04Il faudrait que la presse soit discrète
04:07afin de ne pas gêner ses contacts
04:08et faire appel en quelque sorte au sens
04:11des responsabilités des journalistes.
04:13Aux Parisiens, on est au courant
04:15de l'essentiel de l'affaire depuis la veille.
04:17Oui, mais on est assez convaincus
04:19par les arguments, alors pas du ministre de l'Intérieur lui-même,
04:22mais par ceux des enquêteurs
04:23qui travaillent sur le dossier
04:24et qui nous expliquent à la fois la sensibilité,
04:27le côté très complexe de cette affaire
04:29avec un groupe qu'on n'arrive pas vraiment à cerner,
04:32dont on sait qu'ils peuvent être dangereux,
04:33on ne sait pas s'ils sont nombreux,
04:35on ne sait pas quel est exactement
04:36leur pouvoir de nuisance.
04:38Et on conclut qu'il faudra sans doute
04:40attendre avant de sortir des papiers,
04:42en tout cas attendre que l'affaire soit terminée
04:44ou beaucoup mieux cernée.
04:45Et on décide de ne rien publier
04:47sur le sujet pour l'instant.
04:49Seule la dépêche du midi
04:51va prendre une décision différente.
04:56On en revient au début de ce récit
04:58et à la publication, le mercredi 3 mars,
05:01de l'information en une de la dépêche du midi.
05:05Menace d'attentat sur le Toulouse-Paris,
05:07un groupe exige une rançon de 6 millions d'euros.
05:10Nicolas Sarkozy réagit.
05:12Je regrette qu'un seul journal se soit distingué
05:14en prenant l'initiative de publier cette information.
05:18Interrogé par l'AFP,
05:19le rédacteur en chef de la dépêche du midi
05:21répond que les journaux n'ont pas à prendre
05:24leurs consignes du ministre de l'Intérieur.
05:26D'autant que selon lui,
05:28ainsi que selon certains experts du dossier,
05:31le fait de sortir cette information
05:32n'était pas de nature à compromettre l'enquête.
05:35Les policiers en charge de l'affaire, eux,
05:38auraient préféré continuer à agir dans la discrétion.
05:40Peu importe.
05:42Maintenant que le grand public est alerté,
05:44la donne a changé.
05:45Au moment même où cette information sort dans la presse,
05:49une nouvelle annonce du ministère de l'Intérieur
05:51parait dans Libération.
05:52Mon gros loup,
05:54pas vu ton foulard bleu,
05:55fais-moi signe,
05:56Suzy.
05:57En référence à la bâche bleue
05:58que les policiers ont trouvé trop tard.
06:01Chaque année,
06:02la SNCF transporte 1,1 milliard de voyageurs,
06:05ce qui équivaut à plus de 3 millions par jour.
06:08L'enjeu est énorme.
06:10Dans l'après-midi du mercredi 3 mars,
06:13Louis Gallois,
06:14le président de la SNCF de l'époque,
06:15annonce un dispositif de vérification
06:18de quelques 32 000 kilomètres de voies
06:20empruntées par des trains de voyageurs
06:22ou de marchandises.
06:23Et il se veut rassurant.
06:24Nous prenons les mesures
06:26qui nous paraissent les plus rationnelles,
06:29les plus efficaces
06:31pour assurer la sécurité des voyageurs
06:33et nous considérons que cette sécurité est assurée.
06:37Le ministère semblait avoir l'assurance
06:39que rien ne sauterait
06:40et nous a demandé d'observer la plus grande discrétion,
06:42ajoute-t-on à la SNCF.
06:44C'est pourquoi
06:45nous n'avons mis en place dans un premier temps
06:47que des mesures légères.
06:53Damien, comment réagit le grand public à cette affaire ?
06:56La SNCF ayant annoncé
06:57que les 32 000 kilomètres de voies ferrées
07:00avaient été vérifiées,
07:02ça rassure un tout petit peu le grand public.
07:04Mais néanmoins, il ne faut pas oublier
07:05qu'on est à ce moment-là
07:06un peu moins de deux ans
07:08après les attentats du 11 septembre à New York.
07:10Donc il y a quand même
07:11toujours une menace terroriste qui plane.
07:13Ce groupe, on ne sait pas exactement
07:14quels sont ses contours.
07:15Donc il y a une inquiétude,
07:16mais il y a à la fois des pouvoirs publics
07:19et des autorités
07:19qui essaient de rassurer tout le monde.
07:21À partir du moment
07:22où l'information est publiée dans la presse,
07:25le ministère de l'Intérieur
07:26n'entend plus parler de « mon gros loup ».
07:29Oui, la police a semble-t-il perdu
07:30tout contact avec les membres du groupe.
07:33Alors évidemment,
07:34l'affaire ne s'arrête pas pour autant.
07:35Ils essaient toujours de les identifier,
07:37de les retrouver.
07:38Et il leur apparaît finalement
07:39que les dénonciations politiques
07:41qui étaient faites dans les messages
07:43servaient essentiellement, selon eux,
07:45à masquer des intentions
07:46beaucoup plus crapuleuses.
07:48En réalité, les policiers pensent
07:50que ce groupe, il veut avant tout de l'argent.
07:52Comment est-ce que les enquêteurs
07:53essaient de retrouver
07:54les membres de ce groupe AZF ?
07:57Par des techniques relativement simples,
07:59en réalité, ils vont essayer
08:00à partir des éléments qu'ils ont,
08:01notamment de l'engin explosif
08:03qu'ils avaient découvert,
08:04de remonter jusqu'à des personnes
08:06qui pourraient avoir acheté
08:08un certain nombre de matériaux,
08:10que ce soit les boîtes Tupperware,
08:13mais qui sont vendues
08:13à des dizaines de milliers d'exemplaires,
08:15mais aussi le ruban adhésif
08:16qui était autour
08:17pour les éléments de fabrication d'explosifs.
08:20Ils vont aussi se mettre
08:20sur la piste d'une camionnette blanche
08:23qui a été aperçue par les policiers
08:25tout près de l'aéroport de Vimory,
08:27dans le Loiret.
08:28C'était l'endroit
08:29où devait avoir lieu
08:30forme d'escale
08:31lors de la remise de rançon.
08:33Cette camionnette,
08:34elle a été repérée
08:35dans les alentours
08:36de l'aérodrome,
08:37donc elle est également recherchée.
08:39Dix jours plus tard,
08:41AZF, le groupe,
08:42va se manifester
08:43une nouvelle fois
08:44après un événement dramatique.
08:48Le jeudi 11 mars 2004 au matin,
08:51c'est l'heure de pointe
08:52dans le métro
08:52qui quadrille la ville de Madrid.
08:55Entre 7h32
08:56et 7h39 précisément,
08:58des bombes explosent
09:00dans trois gares
09:01et dans un train
09:02de la capitale espagnole.
09:04Bilan total,
09:05191 morts.
09:06Al-Qaïda ou ETA,
09:08la question est toujours
09:10sans réponse.
09:1148 heures après
09:12la série d'attentats
09:13dans les gares madrilènes,
09:14les enquêteurs
09:15poursuivent leurs investigations
09:16de nouveaux éléments
09:18qui ont été découverts.
09:20Al-Qaïda revendique l'attaque.
09:22C'est l'attentat
09:23le plus meurtrier en Europe
09:24depuis 1988
09:26et l'explosion
09:27au-dessus d'un village écossais
09:28d'un avion
09:29faisant la liaison
09:30entre Londres et New York.
09:32Alors que l'Espagne
09:33pense ses plaies,
09:34l'Elysée
09:35et le ministère de l'Intérieur
09:36reçoivent un nouveau courrier
09:38du groupuscule
09:39qui se définit
09:39comme terroriste
09:40mais qui n'a rien à voir
09:42avec l'attentat de Madrid.
09:44AZF demande à nouveau
09:45que la police
09:46se tienne prête
09:46à livrer de l'argent
09:47par hélicoptère.
09:49Cette fois-ci,
09:50le montant de la rançon
09:51est encore plus important.
09:53Toujours 4 millions de dollars
09:54et non plus 1
09:56mais 2 millions d'euros.
09:58Le vendredi 12 mars,
10:00en Seine-et-Marne,
10:00les policiers
10:01se tiennent prêts
10:02à livrer les sommes réclamées.
10:04Mais un brouillard dense
10:05ne permet pas
10:05le décollage de l'hélicoptère
10:07supposé transporter l'argent.
10:08Les enquêteurs eux-mêmes
10:10hésitent sur le réel
10:11sérieux de la situation.
10:13Il nous est très difficile
10:14de savoir si nous avons affaire
10:15à des gens
10:16qui tentent un énorme coup de bluff
10:17pour ramasser quelques millions
10:18ou si les bombes
10:20qui sont évoquées
10:20dans les courriers
10:21existent toutes,
10:22glissant proche
10:22de l'affaire aux Parisiens.
10:24Il peut très bien s'agir
10:25de personnes
10:26qui prennent simplement plaisir
10:27à déstabiliser les autorités.
10:30Après ce deuxième rendez-vous manqué,
10:32le groupe AZF
10:33ne donne plus suite,
10:34comme la première fois.
10:3512 jours plus tard,
10:37le mercredi 24 mars
10:38vers midi et demi,
10:40un agent de la SNCF
10:41découvre dans l'aube,
10:42près du village de Montiramey,
10:44un engin explosif
10:45sur la voie
10:46qu'emprunte le train
10:47reliant Paris
10:48à Bâle, en Suisse.
10:50Mais le dispositif
10:51ne correspond pas
10:52à ce qui avait été annoncé
10:54par le groupe AZF.
10:55Le jeudi 25 mars,
10:57le groupuscule
10:58adresse un nouveau courrier
10:59au ministère de l'Intérieur
11:01et à l'Elysée.
11:02Soufflant le chaud et le froid,
11:04l'auteur de la missive
11:05annonce qu'il n'y a plus,
11:06à ce jour,
11:07de bombes
11:08en état de fonctionner
11:09sur le réseau ferré français.
11:11Et que fort de l'expérience
11:12acquise ces dernières semaines
11:13et désormais conscient
11:15de ses faiblesses technologiques,
11:16logistiques et autres,
11:18AZF suspend son action
11:19durant le temps nécessaire
11:21pour y remédier.
11:22La durée de la trêve
11:23n'est pas précisée.
11:25Mais le groupe réaffirme
11:26vouloir encaisser
11:27les montants réclamés
11:28depuis plusieurs semaines.
11:29« Lorsque nous le demanderons,
11:32payez donc sans façon
11:32et n'en parlons plus »,
11:34écrit l'auteur anonyme.
11:35Sinon,
11:36la France surpassera sans gloire
11:38les tristes records espagnols.
11:40Après cette référence glaçante
11:42aux attentats de Madrid,
11:44la lettre se termine
11:45par un énigmatique
11:46« Sans rancune,
11:47et à bientôt ».
11:55Damien,
11:56comment réagissent les autorités
11:57en recevant ce courrier ?
11:59Il est quand même
12:00extrêmement déstabilisant,
12:01ce courrier.
12:02On a un groupe
12:03qui déclare une forme de trêve
12:04alors qu'il n'a pas perçu
12:05la rançon qu'il avait demandé,
12:07mais qui prend rendez-vous
12:09pour l'avenir
12:09en disant que
12:10quand ils se réactiveront,
12:12il faudra leur payer
12:13cette rançon,
12:13sinon cette fois,
12:14les menaces seront mises
12:15à exécution.
12:16Donc,
12:16il y a une forme de jeu
12:18assez pervers
12:18qui se met en place,
12:20mais qui,
12:20à la fois,
12:21est inquiétant
12:22et à la fois,
12:23on se dit
12:24que ce n'est pas sérieux,
12:24ces gens-là
12:25ne sont pas sérieux.
12:26Mais évidemment,
12:27les policiers
12:28continuent leur enquête
12:29pour essayer
12:29d'identifier
12:30ce groupe
12:31et ses membres.
12:32Il y a plusieurs personnes
12:34qui vont être placées
12:35en garde à vue
12:36brièvement
12:37sur des vérifications.
12:38Il y a une personne
12:39dont on va trouver
12:40l'ADN
12:41dans une cabine téléphonique
12:43de Seine-et-Marne
12:44depuis laquelle
12:45avait été passé
12:45un des coups de fil.
12:46Cette personne était connue
12:48pour un certain nombre
12:48d'infractions.
12:49On va le placer
12:50en garde à vue,
12:51mais on va se rendre compte
12:51très vite que ce n'est pas lui.
12:52Il y a un autre homme
12:53qui va être placé
12:53en garde à vue
12:54qui, lui,
12:54a un rôle un peu plus étonnant,
12:56mais plus rien n'est étonnant
12:57dans cette affaire.
12:58C'est un membre
12:59du laboratoire central
13:00de la préfecture de police de Paris,
13:02c'est-à-dire un expert
13:02de la police nationale
13:04qui manipule
13:05un certain nombre de choses
13:05et dont on va trouver
13:07les empreintes
13:08sur les scellés,
13:09les engins explosifs
13:10qui avaient été saisis
13:11sur le bord des voies.
13:12Alors, on peut se dire au départ
13:13que quelqu'un qui travaille
13:14dans un laboratoire
13:15qui laisse ses empreintes
13:16sur une pièce à conviction,
13:17ce n'est pas très surprenant,
13:18mais cet expert en question,
13:19à l'époque,
13:20il n'est pas censé
13:21avoir manipulé ces scellés
13:22puisqu'il est expert
13:23en informatique.
13:25Donc, on va le placer
13:26en garde à vue
13:26pour essayer de comprendre
13:27comment ces empreintes
13:28ont pu se retrouver
13:28sur cet engin.
13:29On imagine alors
13:30à ce moment-là
13:30que c'est peut-être
13:31effectivement un expert
13:32de la police nationale
13:33qui s'amuse
13:34à poser ses charges,
13:35mais en réalité,
13:36c'est sans doute
13:36une pollution d'ADN
13:38qui a été faite
13:39sur ce scellé.
13:40Ce laborantin
13:41est mis hors de cause,
13:42il est libéré
13:42et donc l'enquête,
13:43elle est un peu
13:44au point mort
13:45parce que toutes
13:45ces gardes à vue
13:46sur des suspects potentiels,
13:48elles se soldent
13:49à chaque fois
13:50par une remise en liberté,
13:51d'autant que le groupe AZF,
13:53lui, ne donne plus
13:54aucun signe de vie.
13:55Donc, le dernier espoir
13:57de la police judiciaire,
13:58il réside dans la diffusion
14:00de la voix de cette femme
14:02qui a toujours participé
14:03aux tractations téléphoniques,
14:05mais les policiers
14:06n'obtiendront jamais
14:07l'autorisation du ministère
14:08de l'Intérieur
14:09pour tenter, en fait,
14:10cette espèce de coup de poker
14:12de diffuser cette voix
14:13pour voir si quelqu'un
14:14la reconnaît.
14:15En fait, le mystère
14:16sur qui se cache
14:17derrière le groupe AZF
14:18va durer des années.
14:20Oui, alors d'autres
14:21courriers de menace signés
14:22vont être envoyés,
14:23notamment à des groupes
14:24industriels français
14:25quelques semaines plus tard,
14:27mais les enquêteurs
14:28penchent plutôt
14:29pour une sorte de copieurs
14:30qui ont profité
14:31un petit peu de la situation
14:32pour essayer de gagner
14:34un peu d'argent
14:34ou de rançonner
14:35des entreprises,
14:36mais qui sont
14:37en quelque sorte
14:38engouffrés
14:39dans la brèche
14:40ouverte par AZF.
14:41Finalement,
14:42personne n'est inquiété
14:43jusqu'à un rebondissement
14:4514 ans
14:46après les faits.
14:47Oui, à un moment
14:48où en réalité
14:49presque tout le monde
14:50a oublié
14:50cette affaire AZF.
14:52Nous sommes
14:52le mardi 26 juin
14:542018
14:55et deux personnes
14:56sont placées
14:57en garde à vue,
14:58deux personnes
14:58inconnues
14:59des services de police
15:00jusque-là,
15:01un homme de 70 ans
15:03et une femme
15:04de 56
15:04qui sont arrêtées
15:06en banlieue parisienne
15:07en Seine-Saint-Denis.
15:08Ces suspects
15:09vont être confondus
15:10notamment par une empreinte
15:11ADN qui est retrouvée
15:13sur une des boîtes alimentaires
15:14qui servaient
15:15d'emballage
15:15aux engins explosifs
15:16mais l'arrestation
15:18de cet homme
15:19de 70 ans
15:19et de cette femme
15:20de 56 ans
15:21elle n'a été possible
15:22qu'à la suite
15:23d'une dénonciation.
15:27Le mystère AZF
15:29aurait pu rester entier
15:30si un homme
15:31n'était pas venu
15:32se confier
15:33en septembre 2017
15:34dans une gendarmerie
15:35de Moselle.
15:37Il raconte
15:38que la mystérieuse
15:38correspondante téléphonique
15:40celle qui avait parlé
15:41aux enquêteurs
15:42en 2004
15:42est son ancienne compagne.
15:44Quand il était
15:45en couple avec elle
15:46Perrine R
15:47lui avait confié
15:48avoir été derrière
15:49le mystérieux groupe
15:50supposément terroriste
15:51avec Michel D
15:53le patron de l'entreprise
15:54où il travaillait
15:55tous les trois.
15:56Le 26 juin 2018
15:57les deux suspects
15:58sont interpellés
15:59et reconnaissent les faits.
16:01Michel D
16:02admet avoir confectionné
16:04les engins explosifs
16:05mais assure que son but
16:06n'a jamais été
16:07qu'ils explosent.
16:08Il explique avoir imaginé
16:09cette mise en scène
16:10après le placement
16:11en liquidation judiciaire
16:12de son entreprise
16:13afin d'obtenir des fonds
16:15pour financer
16:16un projet de moteur à eau.
16:17Le but était
16:18de faire peur aux enquêteurs
16:19et d'être crédible
16:21se justifie-t-il.
16:28Damien,
16:29qui est cet homme ?
16:30Qui est Michel D ?
16:31Alors,
16:31c'est un ancien chef
16:33d'entreprise.
16:33Il avait une société
16:34qui s'appelait
16:35Clairefontaine
16:36à l'époque.
16:37Alors,
16:37rien à voir avec
16:38les cahiers,
16:39c'était une société
16:39qui était spécialisée
16:40dans le traitement
16:41des eaux.
16:42En fait,
16:42ce Michel D
16:43c'est un peu
16:43un original,
16:45un savant fou,
16:46quelqu'un qui est intelligent,
16:47qui a un niveau
16:48d'intelligence
16:48plutôt élevé,
16:49qui se définit lui-même
16:51comme autodidacte
16:52et qui se définit aussi
16:53comme un inventeur.
16:54A l'époque,
16:55Michel D
16:56avait exposé son projet
16:57à son employé
16:58Perrine R.
16:59Oui,
17:00alors Michel D,
17:00on l'a dit,
17:01il est en proie
17:01à des difficultés financières
17:03très importantes,
17:03sa société est proche
17:05de la liquidation judiciaire
17:06et il va,
17:08pour financer
17:09son nouveau projet
17:10qu'il ne peut plus
17:11financer lui-même,
17:12il va inventer
17:13cette histoire
17:13de groupe asé.
17:14Le montant de la rançon
17:15est encore plus important.
17:17Toujours 4 millions de dollars
17:19et non plus 1,
17:20mais 2 millions d'euros.
17:22Le vendredi 12 mars,
17:24en Seine-et-Marne,
17:25les policiers se tiennent
17:26prêts à livrer
17:27les sommes réclamées.
17:28Mais un brouillard dense
17:29ne permet pas le décollage
17:30de l'hélicoptère
17:31supposé transporter l'argent.
17:33Les enquêteurs eux-mêmes
17:34hésitent sur le réel
17:35sérieux de la situation.
17:37Il nous est très difficile
17:38de savoir si nous avons affaire
17:40à des gens qui tentent
17:40un énorme coup de bluff
17:41pour ramasser
17:42quelques millions
17:43ou si les bombes
17:44qui sont évoquées
17:45dans les courriers
17:45existent toutes,
17:46glissant proche
17:47de l'affaire aux Parisiens.
17:48Il peut très bien s'agir
17:50de personnes
17:50qui prennent simplement
17:51plaisir à déstabiliser
17:52les autorités.
17:54Après ce deuxième
17:55rendez-vous manqué,
17:56le groupe AZF
17:57ne donne plus suite,
17:58comme la première fois.
18:0012 jours plus tard,
18:01le mercredi 24 mars
18:03vers midi et demi,
18:04un agent de la SNCF
18:06découvre dans l'aube,
18:07près du village
18:07de Montiramé,
18:08un engin explosif
18:10sur la voie
18:11qu'emprunte le train
18:11reliant Paris
18:12à Bâle,
18:13en Suisse.
18:14Mais le dispositif
18:16ne correspond pas
18:16à ce qui avait été
18:18annoncé par le groupe AZF.
18:20Le jeudi 25 mars,
18:22le groupuscule
18:22adresse un nouveau courrier
18:24au ministère de l'Intérieur
18:25et à l'Elysée.
18:27Soufflant le chaud
18:28et le froid,
18:28l'auteur de la missive
18:30annonce qu'il n'y a plus,
18:31à ce jour,
18:32de bombes
18:32en état de fonctionner
18:33sur le réseau ferré français.
18:35Et que fort de l'expérience
18:37acquise ces dernières semaines,
18:38est désormais conscient
18:39de ses faiblesses technologiques,
18:40logistiques et autres,
18:42AZF suspend son action
18:44durant le temps nécessaire
18:45pour y remédier.
18:46La durée de la trêve
18:48n'est pas précisée.
18:49Mais le groupe réaffirme
18:51vouloir encaisser
18:52les montants réclamés
18:52depuis plusieurs semaines.
18:54« Lorsque nous le demanderons,
18:56payez donc sans façon
18:57et n'en parlons plus »,
18:58écrit l'auteur anonyme.
19:00Sinon,
19:01la France surpassera
19:02sans gloire
19:02les tristes records espagnols.
19:05Après cette référence glaçante
19:07aux attentats de Madrid,
19:08la lettre se termine
19:09par un énigmatique
19:10sans rancune
19:12et à bientôt.
19:19Damien,
19:20comment réagissent
19:21les autorités
19:22en recevant ce courrier ?
19:24Il est quand même
19:24extrêmement déstabilisant
19:26ce courrier.
19:27On a un groupe
19:27qui déclare
19:28une forme de trêve
19:29alors qu'il n'a pas perçu
19:30la rançon
19:30qu'il avait demandé
19:31mais qui prend rendez-vous
19:33pour l'avenir
19:34en disant que
19:34quand ils se réactiveront,
19:36il faudra leur payer
19:37cette rançon
19:38sinon cette fois
19:39les menaces seront
19:39mises à exécution.
19:40Donc,
19:41il y a une forme de jeu
19:42assez pervers
19:43qui se met en place
19:44mais qui à la fois
19:46est inquiétant
19:46et à la fois
19:47on se dit
19:48que ce n'est pas sérieux,
19:49ces gens-là
19:49ne sont pas sérieux.
19:50Mais évidemment,
19:51les policiers
19:52continuent leur enquête
19:53pour essayer
19:54d'identifier
19:55ce groupe
19:56et ses membres.
19:56Il y a plusieurs personnes
19:58qui vont être placées
19:59en garde à vue
20:00brièvement
20:01sur des vérifications.
20:02Il y a une personne
20:03dont on va trouver
20:04l'ADN
20:05dans une cabine téléphonique
20:08de Seine-et-Marne
20:08depuis laquelle
20:09avait été passé
20:10un des coups de fil.
20:11Cette personne
20:11était connue
20:12pour un certain nombre
20:13d'infractions.
20:14On va le placer
20:14en garde à vue
20:15mais on va se rendre compte
20:15très vite
20:16que ce n'est pas lui.
20:16Il y a un autre homme
20:17qui va être placé
20:18en garde à vue
20:18qui lui a un rôle
20:19un peu plus étonnant
20:20mais plus rien n'est étonnant
20:21dans cette affaire.
20:22C'est un membre
20:23du laboratoire central
20:24de la préfecture
20:25de police de Paris
20:26c'est-à-dire
20:26un expert
20:27de la police nationale
20:28qui manipule
20:29un certain nombre
20:29de choses
20:30et dont on va trouver
20:31les empreintes
20:33sur les scellés
20:34les engins explosifs
20:35qui avaient été saisis
20:36sur le bord des voies.
20:36Alors on peut se dire
20:37au départ que
20:38quelqu'un qui travaille
20:39dans un laboratoire
20:39qui laisse ses empreintes
20:40sur une pièce à conviction
20:41ce n'est pas très surprenant
20:42mais cet expert en question
20:44à l'époque
20:44il n'est pas censé
20:45avoir manipulé
20:46ses scellés
20:47puisqu'il est expert
20:48en informatique.
20:49Donc on va le placer
20:50en garde à vue
20:50pour essayer de comprendre
20:51comment ces empreintes
20:52ont pu se retrouver
20:53sur cet engin.
20:54On imagine alors
20:54à ce moment-là
20:55que c'est peut-être
20:56effectivement un expert
20:57de la police nationale
20:58qui s'amuse
20:58à poser ses charges
20:59mais en réalité
21:00c'est sans doute
21:01une pollution d'ADN
21:03qui a été faite
21:03sur ce scellé.
21:04Ce laborantin
21:05est mis hors de cause
21:06il est libéré
21:07et donc l'enquête
21:08elle est un peu
21:08au point mort
21:09parce que toutes
21:10ces gardes à vue
21:11sur des suspects potentiels
21:12elles se soldent
21:13à chaque fois
21:14par une remise en liberté
21:15d'autant que le groupe
21:17AZF lui ne donne
21:18plus aucun signe de vie
21:19donc le dernier espoir
21:22de la police judiciaire
21:23il réside
21:23dans la diffusion
21:24de la voix
21:25de cette femme
21:26qui a toujours participé
21:27aux tractations téléphoniques
21:29mais les policiers
21:30n'obtiendront jamais
21:32l'autorisation
21:32du ministère de l'intérieur
21:33pour tenter
21:34en fait
21:35cette espèce
21:35de coup de poker
21:36de diffuser cette voix
21:38pour voir si quelqu'un
21:39la reconnaît.
21:39En fait
21:39le mystère
21:40sur qui se cache
21:41derrière le groupe AZF
21:43va durer des années.
21:44Oui
21:44alors d'autres
21:45courriers de menaces
21:46signés
21:47vont être envoyés
21:48notamment à des groupes
21:49industriels français
21:50quelques semaines plus tard
21:51mais les enquêteurs
21:52penchent plutôt
21:53pour une sorte
21:54de copieurs
21:55qui ont profité
21:55un petit peu
21:56de la situation
21:57pour essayer
21:57de gagner un peu
21:59d'argent
21:59ou de rançonner
22:00des entreprises
22:00mais qui sont
22:02en quelque sorte
22:03engouffrés
22:03dans la brèche
22:04ouverte par AZF.
22:05Finalement
22:06personne n'est inquiété
22:07jusqu'à un rebondissement
22:0914 ans
22:10après les faits.
22:11Oui
22:12à un moment
22:12en réalité
22:13presque tout le monde
22:14a oublié
22:15cette affaire AZF
22:16nous sommes
22:17le mardi 26 juin
22:182018
22:19et deux personnes
22:21sont placées
22:22en garde à vue
22:22deux personnes
22:23inconnues
22:24des services de police
22:25jusque là
22:25un homme de 70 ans
22:27une femme de 56
22:29qui sont arrêtés
22:30en banlieue parisienne
22:31en Seine-Saint-Denis
22:32ces suspects
22:33vont être confondus
22:34notamment par une empreinte
22:36ADN qui est retrouvée
22:37sur une des boîtes alimentaires
22:38qui servait d'emballage
22:40aux engins explosifs
22:41mais l'arrestation
22:42de cet homme de 70 ans
22:44et de cette femme
22:44de 56 ans
22:45elle n'a été possible
22:47qu'à la suite
22:47d'une dénonciation.
22:52Le mystère AZF
22:53aurait pu rester entier
22:55si un homme
22:56n'était pas venu
22:56se confier
22:57en septembre 2017
22:58dans une gendarmerie
23:00de Moselle.
23:01Il raconte
23:02que la mystérieuse
23:03correspondante téléphonique
23:04celle qui avait parlé
23:05aux enquêteurs en 2004
23:07et son ancienne compagne.
23:09Quand il était en couple
23:10avec elle
23:10Perrine R
23:12lui avait confié
23:13avoir été derrière
23:14le mystérieux groupe
23:15supposément terroriste
23:16avec Michel D
23:17le patron de l'entreprise
23:18où ils travaillaient
23:19tous les trois.
23:20Le 26 juin 2018
23:22les deux suspects
23:23sont interpellés
23:24et reconnaissent les faits.
23:26Michel D
23:26admet avoir confectionné
23:28les engins explosifs
23:29mais assure que son but
23:30n'a jamais été
23:31qu'ils explosent.
23:32Il explique avoir imaginé
23:34cette mise en scène
23:35après le placement
23:36en liquidation judiciaire
23:37de son entreprise
23:38afin d'obtenir des fonds
23:39pour financer un projet
23:40de moteur à eau.
23:42Le but était de faire peur
23:43aux enquêteurs
23:44et d'être crédible
23:45se justifie-t-il.
23:52Damien, qui est cet homme ?
23:54Qui est Michel D ?
23:55Alors, c'est un ancien chef
23:57d'entreprise
23:58il avait une société
23:59qui s'appelait
23:59Clairefontaine
24:00à l'époque
24:01alors rien à voir
24:02avec les cahiers
24:03c'était une société
24:04qui était spécialisée
24:05dans le traitement des eaux.
24:06En fait, ce Michel D
24:07c'est un peu un original
24:09un savant fou
24:10quelqu'un qui est intelligent
24:11qui a un niveau
24:12d'intelligence
24:13plutôt élevé
24:14qui se définit lui-même
24:15comme autodidacte
24:16et qui se définit aussi
24:17comme un inventeur.
24:19A l'époque
24:19Michel D avait exposé
24:21son projet
24:21à son employé
24:22Perrine R.
24:23Oui, alors Michel D
24:24on l'a dit
24:25il est en proie
24:26à des difficultés financières
24:27très importantes
24:28sa société est proche
24:29de la liquidation judiciaire
24:31et il va
24:32pour financer
24:33son nouveau projet
24:34qu'il ne peut plus
24:35financer lui-même
24:36il va inventer
24:37cette histoire
24:38de groupe AZF
24:39de groupe terroriste
24:39qui ferait pression
24:40sur l'état
24:41pour obtenir une rançon.
24:43Et comme son unique
24:44employé presque
24:46c'est Perrine
24:46à ce moment-là
24:47il va lui exposer
24:48le projet
24:48d'ailleurs il va raconter
24:49comment il fait
24:49il l'emmène
24:50le long d'une rivière
24:51sur un pont
24:52et pendant une heure
24:52il lui explique
24:53les détails
24:54de ce qu'il a imaginé
24:55et donc il demande
24:56à Perrine son aide
24:57alors pas son aide
24:58pour confectionner
24:59les engins explosifs
25:00mais plutôt
25:01pour être une sorte
25:02d'assistante
25:02qui va d'ailleurs
25:03notamment passer
25:04les coups de fil
25:05ou qui va
25:06surveiller les voies SNCF
25:07pendant que Michel
25:08va poser
25:09ses engins explosifs
25:10sous le balastre.
25:11Et ils ne sont finalement
25:12pas considérés
25:13comme des terroristes.
25:14En réalité
25:15au cours de l'enquête
25:16après les auditions
25:17après les gardes à vue
25:18après les interrogatoires
25:19les juges ont en effet
25:21estimé que AZF
25:23le groupe AZF
25:24ne peut pas être considéré
25:25comme un groupe terroriste
25:26d'abord parce que
25:28leurs intentions
25:28étaient avant tout
25:30financières
25:30et en fait 100% financières
25:32il n'y avait pas
25:32de revendications politiques
25:33ou religieuses
25:34derrière tout ça
25:35que l'objectif
25:36de ces membres
25:37n'a jamais été
25:38de provoquer la terreur
25:40c'était une forme
25:40de chantage
25:41de pression
25:42pour obtenir de l'argent
25:44et donc les deux prévenus
25:45ne vont pas
25:46comparaître
25:46pour des infractions
25:47terroristes
25:48mais uniquement
25:49pour des infractions
25:50de droit commun
25:51la dimension terroriste
25:53de cette histoire
25:54tout à fait rocambolesque
25:55est donc finalement
25:56abandonnée.
26:00Le mardi 13 février 2023
26:0219 ans après les faits
26:04Michel D
26:0576 ans
26:06et Périne P
26:0761 ans
26:08comparaissent donc
26:09en correctionnel
26:10pour associations
26:10de malfaiteurs
26:11et pour des infractions
26:12à la législation
26:13sur les explosifs
26:143 jours plus tard
26:16le vendredi 17 février
26:18ils sont condamnés
26:19à des peines
26:19de prison ferme
26:20mais qu'ils pourront
26:21purger depuis chez eux
26:22sous bracelet électronique
26:24Michel D
26:25est condamné
26:26à 5 ans de prison
26:27dont 1 avec sursis
26:28sa complice
26:30à 3 ans
26:30dont 2 avec sursis
26:32en outre
26:33ils doivent verser
26:34à la SNCF
26:355,8 millions d'euros
26:37pour le préjudice matériel
26:39et 1 euro symbolique
26:40pour le préjudice moral
26:41ceux qui réclamaient
26:43l'équivalent
26:43de 6 millions d'euros
26:44à l'état français
26:45se retrouvent
26:46à devoir finalement
26:47payer quasiment
26:48la même somme
26:48qu'ils n'ont en fait
26:50jamais touchée
26:50vous venez d'écouter
26:58Crime Story
26:59le podcast fait divers
27:00du Parisien
27:01avec à la production
27:02Pénélope Gualquierotti
27:04et Thibault Lambert
27:05à la réalisation
27:06Julien Moncouquiole
27:07et à la rédaction en chef
27:09Jules Lavi
27:10un épisode que je vous raconte
27:12avec Damien Delsenis
27:13et un podcast
27:14à retrouver chaque samedi
27:15sur le site
27:16leparisien.fr
27:17et sur toutes les plateformes d'écoute

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