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Le 7 avril 2004, un petit garçon de 10 ans, Jonathan Coulom est porté disparu pendant un voyage scolaire à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique). L’enquête stagne pendant des mois jusqu’à ce que les policiers explorent la piste d’un pédocriminel allemand… Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : INA
#crime #disparition #truecrime
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NewsTranscription
00:02Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast faits divers du Parisien.
00:08Décidément, ce sont les faits divers et leurs conséquences qui ont la vedette aujourd'hui.
00:14Des restes humains ont été retrouvés sur la propriété.
00:17Le préfet de la région Corse a été assassiné de plusieurs balles dans la tête ce soir.
00:21Un couple et ses quatre enfants ont donc disparu. L'enquête se vante aujourd'hui vers un geste criminel.
00:26Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle en m'appuyant sur l'expertise du chef du service police
00:33-justice du Parisien, Damien Delsenis.
00:38Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:40Aujourd'hui dans Crime Story, le parcours criminel de l'homme en noir.
00:44Ou comment l'ombre d'un prédateur allemand est venu planer sur la disparition en Loire-Atlantique d'un petit
00:50garçon longtemps resté un Colgate.
00:56Mars 2004. Jonathan a 10 ans, bientôt 11, et il est inquiet.
01:01Ce petit garçon très calme, aux yeux bleus, aux cheveux châtains coupés courts, avec un anneau en or à l
01:07'oreille, va voir la mère pour la première fois, et sans ses parents.
01:11Avec une trentaine de camarades de CM1-CM2 de l'école d'Orval, un petit village du Cher, il part
01:17en classe de mère.
01:18Mais Stéphane et Virginie Coulon rassurent leur titi, comme ils le surnomment.
01:23Ils sont heureux que leur fils puisse faire cette découverte organisée par l'école, et qu'ils ne peuvent pas
01:27lui offrir.
01:28Le mercredi 31 mars, c'est le départ en quart pour Saint-Brévin-les-Pins, une commune de Loire-Atlantique,
01:34située à côté de La Baule, à 400 km de chez Jonathan.
01:39Dès le premier jour, les enfants partent à la plage à pied, en empruntant un petit chemin qui traverse la
01:44forêt depuis le centre de vacances où ils logent.
01:47Les jours suivants sont rythmés par les activités.
01:49Parties de foot, char à voile, serre-volant, visite d'un sous-marin et d'un chalutier,
01:55apprentissage des techniques de fabrication de sel fin et de gros sel dans les marais salants de Guérande.
02:01Dans les trois bâtiments du camp, les enfants sont répartis par dortoirs de six places.
02:05L'instituteur et deux animateurs dorment dans une chambre attenante.
02:09La conductrice du car est aussi installée dans une autre chambre.
02:16Le mercredi 7 avril, vers 7h30, les surveillants font le tour des chambres pour réveiller les enfants.
02:22Dans la chambre de Jonathan, ses camarades remarquent immédiatement que son lit est vide.
02:27Le surveillant qu'ils appellent croit d'abord à une blague.
02:30Il est persuadé que les enfants ont organisé la fausse disparition de leurs copains.
02:35Mais après quelques minutes, ils réalisent que si Jonathan est caché quelque part,
02:39les autres en tout cas ne sont pas au courant.
02:43Surveillants et enfants commencent à chercher Jonathan.
02:46Au fur et à mesure qu'ils font le tour des pièces, leurs craintes grandissent.
02:50Après avoir fouillé toutes les chambres, les cuisines et le terrain qui entoure les bâtiments,
02:55il faut se rendre à l'évidence.
02:57Jonathan a disparu.
03:01A 8h30, les gendarmes sont sur place.
03:04Que s'est-il passé ?
03:05Le petit garçon a-t-il été enlevé ?
03:07A-t-il décidé de fuguer ?
03:09La première option semble peu probable.
03:12Car pour arriver jusqu'à la chambre de Jonathan,
03:15il faut passer devant celle des surveillants et de son professeur,
03:18sans se faire repérer.
03:19C'est très risqué.
03:21Comme le lit du petit garçon est celui qui est le plus près de la porte,
03:24les enquêteurs imaginent plutôt qu'il a pu partir volontairement
03:28et sans réveiller les autres enfants de la chambre.
03:37Damien, les gendarmes privilégient en premier lieu l'hypothèse de la fugue.
03:41Oui, mais quand même avec quelques réserves.
03:44L'enlèvement, il leur paraît quasi impossible pour les raisons qu'on vient de donner.
03:47Il semble qu'il y a des surveillants, qu'il y a même des rondes
03:50qui sont organisées la nuit par les surveillants pour vérifier que tout le monde dort.
03:53Donc, il reste la fugue.
03:55Mais ce qui est quand même problématique,
03:56c'est que toutes les affaires de Jonathan sont dans la chambre.
04:00Quand on dit ses affaires, ça veut dire ses chaussures, son manteau.
04:04Ça veut dire qu'il serait sorti en pyjama en pleine nuit,
04:07alors qu'en plus, cette nuit-là,
04:08les températures sont tombées presque au niveau de zéro degré à l'extérieur.
04:12Pourquoi est-ce que Jonathan aurait pu vouloir fuguer ?
04:15Il avait l'air malheureux pendant ce séjour.
04:17Jonathan, il a un caractère plutôt timide, réservé, prudent.
04:22Mais lorsqu'il est entendu, le surveillant,
04:24le principal surveillant qui s'occupe du groupe,
04:26va raconter que, globalement, le séjour se passait plutôt bien.
04:29Alors, il va chercher dans sa mémoire.
04:31Il va dire, oui, OK, Jonathan, il s'est un peu disputé avec des copains
04:34en jouant au foot la veille.
04:36Et surtout, il y a eu, alors ce n'est même pas un incident,
04:39mais le lundi soir, il y avait une boum qui était organisée
04:42entre tous ceux qui participaient à la colonie de vacances.
04:44Il a invité Jonathan, une fille, à danser.
04:47Elle a refusé alors même qu'elle avait déjà dansé avec plusieurs autres garçons.
04:51Donc, ça l'a un petit peu vexé et il a un peu boudé.
04:54Donc, voilà, c'est les seuls éléments, mais qui sont quand même très ténus
04:57pour expliquer une fugue.
04:58Les parents de Jonathan ne sont prévenus de sa disparition
05:01qu'en début d'après-midi.
05:03C'est l'instituteur qui va les appeler.
05:05Il est évidemment très gêné à l'autre bout du fil.
05:08Il va quand même tenter de les rassurer, leur dire, écoutez, on fait tout pour le retrouver.
05:12Les gendarmes sont là.
05:14Néanmoins, les parents de Jonathan, ils sont évidemment morts d'inquiétude.
05:17Ils prennent deux, trois affaires, qu'ils jettent dans une valise.
05:20Ils prennent la route pour Saint-Brévin immédiatement.
05:22Et ils arrivent au centre de vacances en fin de journée.
05:25Ils ont quand même fait tous ces 400 kilomètres d'une traite
05:28et avec une vraie angoisse.
05:29Dès qu'ils arrivent, ils sont interrogés, évidemment, par les gendarmes.
05:33Alors, pas tellement sur les circonstances de la disparition,
05:35puisqu'ils n'étaient pas là, mais en tout cas sur le portrait, un peu,
05:38qu'ils peuvent faire de leurs petits garçons,
05:41afin d'imaginer si, oui ou non, cette hypothèse de la fugue,
05:44elle tient encore debout.
05:45Les parents de Jonathan, ils vont dire tout de suite aux gendarmes,
05:48mais pas du tout, c'est un garçon qui ne fait pas du tout ça,
05:50qui n'est pas solitaire, qui est un peu craintif.
05:53Même physiquement, c'est un garçon qui est plutôt fluet,
05:55il fait 30 kilos pour 1m40, donc ce n'est pas un leader,
05:58c'est plutôt un enfant qui a l'habitude de suivre les autres.
06:00Les gendarmes apprennent aussi, en discutant avec les parents de Jonathan,
06:03que son histoire familiale est un peu compliquée.
06:06Il est né dans le Val-de-Marne, a choisi le roi le 29 avril 1993,
06:11mais Jonathan a d'abord porté uniquement le nom de famille de sa maman,
06:14puisque son père, biologique, avait refusé de le reconnaître.
06:19Et puis, sa maman, elle s'est installée avec Stéphane Coulon,
06:22qui lui avait d'autres enfants,
06:23mais ce Stéphane Coulon, il a décidé de reconnaître la paternité de Jonathan,
06:29quand Jonathan avait à peu près un an et demi.
06:31Et cette situation, elle a été expliquée à Jonathan quand il avait 7 ans.
06:35Stéphane, il explique à Jonathan,
06:36voilà, je ne suis pas ton père biologique,
06:37mais je t'ai reconnu comme étant mon fils.
06:40Et Jonathan, il prend assez bien cette nouvelle,
06:43puisqu'il a toujours dit qu'il considérait Stéphane comme son père à part entière.
06:47Mais en revanche, dans l'oreille des gendarmes,
06:49ça reste quand même cette situation familiale, une piste possible qu'il faut suivre.
06:56Le père biologique de Jonathan est en vie.
06:59Les gendarmes pensent que l'enfant a pu décider de le retrouver
07:02ou que le père a pu enlever son fils.
07:05Il est donc urgent de mettre la main sur lui.
07:08Car on sait que dans les disparitions d'enfants,
07:10les 48 premières heures sont cruciales.
07:13Après ça, les chances de les retrouver vivants s'amenuisent considérablement.
07:18Pendant que certains gendarmes partent à la recherche du père biologique,
07:21d'autres sont mobilisés à Saint-Brévin.
07:24Dans les premières heures qui suivent la disparition du garçon,
07:27entre 150 et 200 gendarmes sont mobilisés sur l'enquête.
07:3190 élèves gendarmes du Mans, 30 réservistes
07:34et 20 gendarmes départementaux participent aux recherches opérationnelles.
07:37Ils quadrillent un périmètre de 2 km autour du lieu de la disparition
07:42et fouillent les maisons et la zone boisée.
07:45Deux équipes avec des chiens viennent les appuyer
07:47pour flairer d'éventuelles traces de l'enfant.
07:50En vain.
07:51Les auditions commencent aussi.
07:53Tous ceux qui pourraient avoir vu quelque chose sont entendus.
07:56Mais personne n'est capable de livrer le moindre indice.
08:00Les autres participants à la classe de mère n'ont rien vu, rien entendu,
08:03du côté des enfants comme de celui des adultes.
08:06Même un groupe d'adolescents qui a organisé une petite fête
08:09dans un bâtiment à proximité ne peut rien dire.
08:12Seule certitude, les surveillants ont fait une ronde un peu avant 23h
08:16et c'est la dernière fois que Jonathan a été vu vivant.
08:20Le témoignage de la conductrice du bus livre un élément important.
08:24Lorsqu'elle s'est levée pour aller aux toilettes vers 1h du matin,
08:28elle a constaté que la porte donnant accès au couloir et donc aux chambres
08:31était grande ouverte.
08:32Le vendredi 9 avril, deux jours après la disparition de Jonathan,
08:37un hélicoptère équipé d'une caméra thermique vient en renfort.
08:40À nouveau sans succès.
08:43Les pêcheurs sont alertés et ont la consigne d'ouvrir l'œil lorsqu'ils longent le littoral.
08:48Les enquêteurs n'excluent pas non plus la possibilité de retrouver Jonathan dans l'eau.
08:52Mais il préfère se concentrer sur toutes les issues positives possibles.
08:56Il reste optimiste.
08:58Pendant ce temps, la famille de Jonathan vit dans une angoisse terrible
09:02et tente de comprendre ce qui a pu se passer avec cet enfant,
09:06qu'il décrive comme timide, réservé et très sensible.
09:11Si on lui fait une remarque, il pleure facilement, témoigne sa grand-mère.
09:14Elle ajoute que c'est un garçon qui peut s'occuper tout seul.
09:17Il est un peu tête en l'air, mais comme il est craintif, il n'est pas du genre à
09:21suivre un inconnu.
09:22Le dimanche 11 avril, le commandant de la section de recherche de Rennes
09:27déclare que la piste de l'enlèvement est privilégiée.
09:31Après 4 jours et sans nouvelles de Jonathan, l'hypothèse de la fugue est de moins en moins crédible.
09:41Damien, les gendarmes pensent toujours que le père biologique de Jonathan peut être à l'origine de son enlèvement.
09:46En tout cas, c'est la piste qui suit en priorité.
09:49Ils vont donc tenter de mettre la main sur ce géniteur qui se prénomme Laurent
09:53et qui est originaire de Sergie, dans le Val d'Oise, en banlieue parisienne.
09:56Là-bas, il exerce la profession de forain.
09:59En gros, il souhaite vérifier s'il n'a pas tenté, les jours, les semaines précédentes,
10:03de renouer un contact avec son fils.
10:06Voilà, en souhaitant peut-être le voir, peut-être le prendre avec lui.
10:10C'est clair que ça expliquerait pas mal de choses,
10:13mais en tout cas, ça fait partie évidemment de l'hypothèse qu'ils vont contrôler en premier.
10:17Certains témoignages d'enfants qui sont entendus corroborent cette hypothèse ?
10:22Oui, alors pas tous, mais quelques enfants qui font partie de la colonie de vacances avec Jonathan
10:28vont évoquer devant les gendarmes le désir qu'il aurait exprimé de s'enfuir de cette classe de mère
10:34pour ne plus retourner dans sa famille.
10:37Ça expliquerait d'ailleurs les raisons de ce départ en pleine nuit,
10:40sans rien emporter de ses affaires, simplement vêtu de son pyjama, alors qu'il fait très froid d'heure.
10:45Donc les gendarmes imaginent que quelqu'un a pu venir le chercher en lui disant
10:49« c'est pas la peine de prendre des affaires, j'ai tout ce qu'il faut ».
10:51Les enquêteurs finissent par trouver des indices.
10:53Les enquêteurs s'intéressent à une route qui passe derrière le centre de vacances,
10:58qui est ce qu'on appelle la route bleue, c'est la route qui est côtière,
11:01qui passe entre Saint-Brévin, Portnique, etc.
11:04et qui est distante, cette route, de vraiment à peine 50 mètres, 100 mètres,
11:09des premiers bâtiments de la colonie de vacances.
11:11Et ils vont donc un peu se balader aux côtés de cette route, le long de cette route,
11:15et ils vont s'apercevoir que le grillage qui sépare la route du centre de vacances,
11:21c'est un grillage quasiment factice parce qu'il est complètement couché,
11:25c'est-à-dire que n'importe qui peut rentrer et sortir,
11:27ça veut dire que de cette route, on a un accès extrêmement simple,
11:30extrêmement facile à la colonie de vacances.
11:33Si quelqu'un est venu enlever Jonathan, il a pu, au cours des journées,
11:37voire même des nuits précédentes, venir se poster à cet endroit
11:40et s'apercevoir qu'il était à la fois facile de rentrer dans le centre, facile d'en sortir,
11:45va venir là-dessus le témoignage d'un boulanger qui explique aux gendarmes
11:50que la nuit de la disparition, vers 4h du matin,
11:53lui passait pour aller faire sa tournée, rejoindre sa boulangerie,
11:57il a aperçu, ça l'a marqué, une voiture sur le bas-côté,
12:00sur la bande d'arrêt d'urgence de cette route, toute porte ouverte.
12:03Donc, on se dit, les gendarmes se disent, bon, c'est forcément une piste
12:07soit de quelqu'un qui est venu enlever Jonathan de force,
12:10soit quelqu'un qui est venu en tout cas le récupérer.
12:16Le dimanche 11 avril 2004, Stéphane Coulon passe un appel désespéré sur RTL.
12:22On veut le revoir, on veut avoir une piste,
12:25les gens, il faut qu'ils sachent qu'on l'appelle Titi ou Cowboy.
12:27S'il a peur, appelez-le par son surnom, c'est le seul moyen de le réconforter.
12:32Qu'on lui dise que ses sœurs l'attendent, que nous on l'attend,
12:34que sa mère attend qu'il revienne, on ne va pas le fâcher, on se pose des questions.
12:39Le mardi 13 avril, une enquête est ouverte pour enlèvement et séquestration.
12:44Pour la justice, le caractère criminel de l'affaire ne fait plus aucun doute.
12:50Dans la soirée du jeudi 15 avril, 8 jours après la disparition de Jonathan,
12:55les enquêteurs mettent enfin la main sur son père biologique.
12:59Et ils le mettent aussitôt hors de cause.
13:01Il n'était pas dans la région au moment des faits,
13:03et il n'a pas eu de contact avec son fils.
13:06La meilleure piste des enquêteurs s'évanouit.
13:09Pendant un mois, l'enquête stagne.
13:12Jusqu'au mercredi 19 mai, 6 semaines après la disparition du jeune garçon.
13:17Ce jour-là, vers 19h, une riveraine de Guérande,
13:21ville située à 30 km de Saint-Brévin de l'autre côté du pont de Saint-Nazaire,
13:25alerte les gendarmes.
13:27Depuis plusieurs jours, elle a remarqué une masse grisâtre
13:31flottant à la surface d'un étang près de chez elle.
13:34Elle a d'abord pensé qu'il s'agissait d'un animal mort.
13:37Ce point d'eau n'est connu de quasiment personne.
13:40Il est à l'abri de tout passage,
13:42et le maire de Guérande lui-même dira aux gendarmes
13:44à prendre son existence.
13:47La riveraine qui aperçoit la masse grisâtre
13:49commence à se poser beaucoup de questions,
13:51et à douter.
13:52Elle se demande si ce n'est pas un corps humain.
13:55Alors elle prévient les gendarmes.
13:57Quand ils remontent le corps,
13:58ils voient tout de suite
14:00que c'est celui d'un enfant.
14:02Impossible d'être sûr qu'il s'agit bien de Jonathan,
14:05mais ils n'ont pas beaucoup de doutes,
14:07à tel point qu'ils préviennent ses parents.
14:16Damien, l'autopsie confirme
14:17qu'il s'agit bien du petit Jonathan Coulon.
14:20Oui, c'est l'autopsie,
14:21parce qu'on a bien compris que visuellement,
14:23le corps était beaucoup trop abîmé
14:24pour qu'on puisse le reconnaître ainsi,
14:27d'autant qu'il est découvert
14:28dans une position assez particulière,
14:30une position fétale.
14:32Les pieds et les poings ont été liés
14:34par des cordelettes.
14:35Et à la découverte du corps,
14:37les gendarmes pensent que le cadavre
14:39a été immergé déjà depuis
14:40au moins plusieurs jours.
14:42Ce qui complique d'ailleurs le travail
14:43des enquêteurs,
14:44puisque plus un corps passe du temps dans l'eau,
14:47plus il est compliqué de trouver des éléments
14:49qui permettent d'avancer sur les causes du décès.
14:51L'autopsie permet quand même
14:53d'en apprendre un peu plus ?
14:54D'abord que Jonathan n'est pas mort noyé,
14:57mais c'est à peu près la seule certitude
14:59que peut établir le médecin légiste.
15:02Il n'est pas capable de dire le médecin
15:04si Jonathan a été violé.
15:06Il n'y a pas non plus de marque caractéristique
15:09qui aurait pu être la cause directe de la mort.
15:11On peut parler par exemple d'un coup de feu,
15:13des coups très forts avec des fractures.
15:15On aurait pu aussi retrouver des traces.
15:17Mais là, l'état de putréfaction du corps
15:20qui a été évidemment accéléré par son immersion
15:23parce que plus un corps passe du temps
15:25dans un milieu humide,
15:26plus il se détériore rapidement
15:28et plus donc les traces disparaissent.
15:30Donc voilà, l'autopsie,
15:31elle permet juste de te dire
15:32il n'a pas été noyé,
15:34mais c'est vraiment le seul résultat certain
15:36qu'elle donne.
15:37Donc, le médecin légiste et les gendarmes
15:40vont en déduire que la cause principale
15:42de la mort de Jonathan,
15:43c'est une suffocation,
15:45donc un étouffement ou un étranglement.
15:47En général, la deuxième chose
15:49qu'on demande à un médecin légiste
15:50après lui avoir demandé les causes de la mort,
15:52c'est d'essayer de dater cette mort.
15:55Alors, les médecins légistes,
15:56comme les experts en identification criminelle,
15:58ils ont plusieurs méthodes
16:00pour permettre cette datation.
16:02Souvent, ce sont d'ailleurs les insectes
16:04qui sont présents,
16:04les larves qui sont présentes sur les cadavres
16:06qui permettent de dater un corps ou un cadavre.
16:09Pourquoi ?
16:10Parce que, on ne va pas rentrer dans le détail,
16:11mais chaque insecte a une fonction
16:12et chaque insecte remplace l'autre
16:14au fil des jours et au fil des semaines.
16:16Donc, si vous trouvez tel type de mouche
16:18ou tel type de larve,
16:19vous pouvez en déduire que le corps est là
16:20depuis 2, 3, 4 ou 5 semaines.
16:22On n'est pas à l'heure près,
16:23on n'est pas au jour près,
16:24mais ça donne toujours des indications.
16:26Et le légiste,
16:27quand il va établir son rapport
16:28sur l'autopsie de Jonathan,
16:30lui, il va estimer
16:31que la mort du petit garçon,
16:33elle est intervenue
16:34entre le 7 et le 8 mai.
16:36Ça signifie que Jonathan
16:38a été séquestré
16:39pendant une grande partie du temps
16:41où les gendarmes
16:41et sa famille le cherchaient.
16:42Le Parisien titre d'ailleurs
16:44le calvaire de Jonathan.
16:4730 jours, en fait.
16:4830 jours, c'est le délai
16:49entre le moment où il disparaît
16:51de sa chambre du centre de vacances
16:52de Saint-Brévin-les-Pins
16:53et le jour approximatif
16:55du décès donné par le légiste.
16:5730 jours, c'est considérable.
16:59Et d'ailleurs,
16:59le procureur de Saint-Nazaire
17:00qui va prendre la parole
17:01à ce moment-là,
17:02lui, il va dire,
17:03il apparaît certain
17:03que Jonathan a été séquestré
17:06pendant un mois
17:06et que cette séquestration
17:08s'est vraisemblablement déroulée,
17:10dit-il,
17:11dans la région nazérienne,
17:12dans la région de Saint-Nazaire.
17:13Ce que va ajouter le procureur,
17:14c'est que le corps,
17:16quand il est retrouvé,
17:17on estime qu'il a été immergé
17:19très vite
17:19après le décès de l'enfant,
17:21dont je rappelle,
17:21entre le 7 et le 8 mai,
17:23et que ce corps,
17:24il a été lesté
17:26avec un parpaing
17:27qui a été saisi,
17:28retrouvé par les gendarmes
17:30avec les cordages
17:31autour du cadavre de Jonathan.
17:32Sauf que cet élément
17:34qualifié d'irréfutable
17:35va en fait
17:36être complètement
17:37remis en question.
17:39Et c'est un coup de théâtre
17:40très malheureux
17:42à tout le moins
17:42pour l'enquête
17:43parce que la réanalyse
17:44de l'autopsie
17:45de Jonathan
17:46va en fait
17:47totalement battre en brèche
17:49cette première hypothèse.
17:50En fait,
17:51il n'y a pas eu
17:51de séquestration.
17:52La nouvelle analyse
17:53du corps
17:54et des tissus
17:55de l'enfant
17:56va démontrer
17:57que Jonathan,
17:58en fait,
17:58il a été tué
17:59quelques heures
18:00au plus
18:01après sa disparition
18:03du mois d'avril.
18:04Donc,
18:04ça bat en brèche
18:05à peu près
18:06tout le début
18:06de l'enquête
18:07puisque toutes les auditions
18:08qui ont été faites
18:08sur la foi
18:09de cette autopsie
18:10qui disait
18:10« il a disparu,
18:12il a été séquestré
18:1330 jours
18:13avant d'être jeté
18:14dans cet étang »,
18:15tout ça,
18:15c'est poubelle
18:16parce que maintenant,
18:17il faut réentendre
18:18les mêmes témoins
18:18non plus pour leur demander
18:19ce qu'ils faisaient
18:20pendant les 30 jours
18:21qu'on durait la séquestration
18:22mais les réentendre
18:23avec une date de disparition
18:25et une date de décès
18:26qui est très proche
18:27du mois d'avril
18:28et donc de la disparition
18:29de l'enfant.
18:30Et surtout,
18:30cette erreur d'autopsie,
18:32cette erreur
18:32dans la chronologie
18:33de ce qui est arrivé
18:34à Jonathan,
18:35ça remet en cause
18:36la piste principale
18:38suivie à ce moment-là
18:38par les enquêteurs
18:39qui, on le rappelle,
18:40est celle d'un prédateur local,
18:42quelqu'un qui est capable
18:43de garder un enfant
18:44pendant un mois
18:45dans la région de Saint-Nazaire
18:46avant de le jeter
18:47dans un étang inguérante,
18:48c'est forcément
18:48quelqu'un du coin,
18:49se sont dit les enquêteurs
18:51et le procureur
18:51d'ailleurs à l'époque.
18:52Donc, une fois qu'on a compris
18:53que cette hypothèse,
18:54elle n'était plus valable,
18:56eh bien,
18:56ça ouvre la porte
18:57à toutes les autres hypothèses,
18:59y compris,
19:00évidemment à celle
19:01d'un prédateur
19:02qui viendrait
19:02de beaucoup plus loin.
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19:11le premier épisode
19:12de Crime Story
19:13L'homme en noir,
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