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Crime story raconte l’affaire hors norme Xavier Dupont de Ligonnès en six parties. Après plusieurs mois d’enquête, les policiers établissent une chronologie des derniers jours de Xavier Dupont de Ligonnès dans la maison familiale et du soir des meurtres. Cette affaire hors norme est racontée dans Crime story par la journaliste Clawdia Prolongeau et le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delseny.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara Garnier Amouroux, Barbara Gouy, Raphael Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

#truecrimepodcast #crimestory #france #disparition

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Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:08Cet été, avec Damien Delsenis, le chef du service police-justice du Parisien,
00:13nous vous racontons pendant six semaines une affaire criminelle au long cours.
00:17Trois corps et même un quatrième, juste à l'instant, ont été découverts au domicile d'un couple et de
00:22ses quatre enfants.
00:23L'affaire Xavier Dupont de Ligonnès, la disparition de toute une famille au printemps 2011
00:29et la traque du père, qui dure depuis 13 ans.
00:31Priorité à cette information qui nous parvient à l'instant, la police écossaise affirme avoir été un homme ce soir
00:37à l'aéroport de Glasgow.
00:39Xavier Dupont de Ligonnès, la fabrique d'un mythe, épisode 4.
00:43Cet homme serait Xavier Dupont de Ligonnès.
00:50Dans les épisodes précédents, nous avons raconté comment de plus en plus de témoins
00:55pouvant aider à la progression de l'enquête dans l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès se manifeste.
01:00Parmi eux, il y a Catherine, une ancienne maîtresse de Xavier,
01:05qui lui avait prêté 50 000 euros et qu'il avait promis de rembourser au plus tard en juillet 2010.
01:14Au mois d'août 2010, Xavier n'a toujours pas remboursé Catherine des 50 000 euros qu'il lui doit.
01:19Et le tribunal de grande instance de Nantes donne raison à son ancienne maîtresse.
01:25C'est la première fois que Xavier se retrouve vraiment au pied du mur.
01:29Pas d'échappatoire.
01:31C'est d'ailleurs ainsi qu'il formule les choses dans ses derniers échanges avec Catherine.
01:36Et c'est dans ce contexte qu'il rédige, le dimanche 11 juillet 2010,
01:40un mail à destination d'Emmanuel Teneur et de Michel Rétif.
01:45Il leur joint un document intitulé « Disposition Xavier »
01:49et leur indique comment le télécharger et l'enregistrer.
01:52Il leur écrit être dans une situation plus que précaire
01:56et bien qu'il les enjoigne à ne pas s'inquiéter, il précise
02:10Le vendredi 17 septembre 2010, un huissier se rend devant le 55 boulevard Schumann.
02:16Il veut remettre à Xavier Dupont de Ligonnès
02:18une assignation à comparaître devant le tribunal de grande instance.
02:23C'est sa fille, Anne, qui ouvre la porte.
02:26Les deux mondes que Xavier avait mis tant de soin à garder séparés se rencontrent.
02:32On est alors sept mois avant la tuerie.
02:35Les enquêteurs découvrent que le 2 février suivant,
02:38seulement huit semaines avant les crimes,
02:41Xavier Dupont de Ligonnès finalise son inscription à la société nantaise de tir.
02:46Les semaines qui suivent, il y amène sa propre carabine,
02:49celle qu'il a récupérée de son père, mort une dizaine de jours plus tôt.
02:52Il souhaite savoir si elle est en état de marche, correctement entretenue,
02:57et s'il est intéressant ou pas de l'équiper d'un silencieux.
03:01Son instructeur le dissuade d'en acquérir un.
03:03Selon lui, un tel accessoire nuirait à la précision du tir.
03:08Lors de la plupart des séances de maniement des armes
03:10auxquelles Xavier participe au stand de tir,
03:12il utilise un pistolet fourni par le cercle sportif.
03:16Puis il s'entraîne avec la carabine de son père,
03:18assourdi d'un silencieux, acheté le 12 mars,
03:21en même temps que des munitions dans une armurerie du centre de Nantes.
03:25Et ce, malgré les recommandations de l'instructeur
03:28qui estime que le tir sera moins précis.
03:30Entre février et avril 2011,
03:33Xavier vient au stand de tir accompagné de son ami,
03:36Emmanuel Teneur, et de deux de ses fils.
03:39Thomas et Benoît, les plus jeunes, apprennent à tirer avec lui.
03:43Dans le courant de l'année,
03:44il était prévu qu'Arthur vienne lui aussi suivre la même initiation.
03:48Le dernier entraînement auquel se rend Xavier
03:50a lieu le 1er avril, en fin d'après-midi.
03:54Nous sommes deux jours avant la date présumée du début des crimes.
04:03Damien, à ce stade, on pense toujours
04:05que Xavier Dupont-de-Ligonnès est responsable
04:08de la mort de sa femme et de ses quatre enfants,
04:10mais cette histoire de stand de tir,
04:12ça n'a finalement pas beaucoup de sens.
04:14Ça n'a pas de sens aux yeux du scénario de cette tuerie
04:17parce qu'au dire même des instructeurs de tir
04:19qui sont interrogés,
04:21le mode opératoire de la tuerie
04:23ne nécessitait pas du tout de formation poussée en tir.
04:26Il n'avait pas besoin de s'entraîner pendant des mois.
04:28Pourquoi ? Parce que les tirs ont été effectués
04:30à bout touchant, c'est-à-dire avec le canon de l'arme
04:33qui est posé sur la tête ou sur la peau de ses victimes
04:35et avec cette carabine d'un calibre assez moyen
04:38qui n'a que très peu de recul.
04:40Il n'y a pas beaucoup de gestes techniques
04:42à maîtriser pour pouvoir se servir de cette arme.
04:44C'est une arme vraiment de prise en main
04:46et d'utilisation facile, y compris pour des amateurs.
04:49Il n'a pas tiré à plusieurs mètres
04:51ou plusieurs dizaines de mètres de distance.
04:53Donc effectivement, le fait de fréquenter
04:55un stand de tir et de s'entraîner au tir
04:57n'a sans doute pas eu d'impact et d'influence
04:59sur la façon dont il a possiblement tué
05:02sa femme et ses enfants.
05:04Simplement, cet élément-là mis à part,
05:06les policiers vont quand même trouver
05:08de nombreux autres éléments qui permettent
05:10de lever les tout petits doutes
05:12qu'il y avait encore sur l'implication
05:13de Xavier Dupont-de-Légonès dans les tueries.
05:19Le vendredi 22 avril, le lendemain
05:22de la découverte des corps,
05:23le procureur Xavier Roncin déclare
05:25qu'il y a une quasi-certitude
05:27que les exécutions ont eu lieu dans la maison.
05:30Des projectiles ont été retrouvés
05:32et des produits de détection
05:34de la présence de sang ont réagi
05:35sur le sol de la cuisine.
05:37Les policiers essaient de reconstituer
05:39le scénario criminel.
05:41Ils apprennent que mi-mars,
05:43une quinzaine de jours avant les meurtres,
05:44Véronique, l'autre sœur de Xavier,
05:47rend visite à sa fille et son gendre
05:49qui vivent à Nantes.
05:51Le lundi 21 mars,
05:53Xavier est convié à dîner avec eux.
05:55Les participants à la soirée
05:57évoquent le comportement inquiétant
05:59du père de famille.
06:00Il a passé le dîner à parler
06:02du maniement des armes à feu
06:03avec son neveu par alliance
06:05qui est aussi chasseur.
06:07Jusqu'ici, Xavier n'avait jamais montré
06:09un intérêt particulier pour ce sujet.
06:12Mais ce soir-là,
06:13il montre son fusil
06:14et demande des conseils
06:16sur l'utilisation d'un silencieux.
06:19Xavier Dupont-de-Ligonnès
06:20pose également des questions
06:22sur la méthode idéale
06:23pour se débarrasser d'un animal mort.
06:26Mais pas n'importe lequel.
06:27Il veut spécifiquement
06:29s'informer sur les animaux lourds
06:31comme les sangliers
06:32et savoir s'ils ne sont pas
06:33trop difficiles à transporter.
06:36En examinant les mouvements bancaires
06:38de Xavier Dupont-de-Ligonnès,
06:39les enquêteurs découvrent
06:40que le vendredi 1er avril 2011,
06:43quelques jours avant les dates présumées
06:45des crimes,
06:46le père de famille se rend
06:47au Castorama d'Orvaux,
06:48en banlieue de Nantes.
06:50Il y achète du ciment,
06:51des sacs de gravats,
06:53une bêche et une houe,
06:55un instrument manuel
06:56pour labourer la terre.
06:57Il règle le montant
06:59de 73,85 euros
07:01par carte bancaire
07:02à 16h19.
07:04En fin d'après-midi,
07:06il retrouve son ami Emmanuel
07:07dans un stand de tir
07:08de la Chapelle-sur-Herdre
07:09avec deux de ses enfants,
07:11Thomas et Benoît.
07:13Le lendemain,
07:14le samedi 2 avril,
07:16Xavier Dupont-de-Ligonnès
07:17s'arrête au Jardilande
07:18de Bouguenay,
07:19près de l'aéroport de Nantes.
07:21Il achète 4 sacs,
07:23de 10 kilos de chaux-vives,
07:24de la poudre utilisée
07:25en maçonnerie
07:26et qui a aussi pour effet
07:28d'accélérer la putréfaction
07:29des corps.
07:30Le tout lui coûte
07:3133,85 euros.
07:40Damien,
07:41finalement,
07:42les enquêteurs estiment
07:43que Xavier Dupont-de-Ligonnès
07:44préparait ce crime
07:45depuis combien de temps ?
07:47Alors,
07:48les éléments préparatoires
07:49concrets,
07:50on les a,
07:51avec ses tickets de caisse,
07:52ses achats,
07:53donc c'est quelques jours
07:54avant.
07:54Mais évidemment,
07:55on est obligé
07:56de se dire
07:57que la lettre
07:58qu'il envoie
07:58à ses deux amis
07:59en juillet 2010
08:00où il parle
08:00de sa situation financière
08:02devenue très précaire,
08:04de cette histoire
08:05de suicide collectif,
08:06ça fait sans doute partie
08:08en tout cas
08:08de la préparation
08:09peut-être mentale
08:10de ce qu'il va faire.
08:11Mais les éléments
08:12vraiment constitutifs
08:13de la préparation
08:14de ces assassinats,
08:15ils sont réalisés
08:16dans les heures,
08:17dans les jours
08:17qui ont précédé
08:18les tueries.
08:19Dans les éléments préparatoires,
08:20on peut aussi considérer
08:21que le fait
08:22de récupérer
08:23l'arme de son père
08:24quand son père décède,
08:25qu'il vide l'appartement
08:26et qu'il récupère
08:27cette carabine,
08:28le fait de s'inscrire
08:29aussi après
08:30dans un stand de tir
08:31pour s'entraîner,
08:32tout ça peut aussi
08:34laisser penser,
08:35même pas imaginer,
08:36laisser penser
08:36que ça rentre
08:38dans une sorte
08:39de scénario,
08:39une sorte de mise en place
08:41de son projet criminel.
08:45Le dimanche 3 avril au soir,
08:47les Duponts de Ligonnès
08:49dînent en famille
08:49dans un restaurant,
08:51le Charolais Grill
08:52à Nantes.
08:53Seul Thomas,
08:54le cadet,
08:55âgé de 18 ans,
08:56est absent.
08:57Un peu plus tôt
08:58dans la journée,
08:59il est rentré
09:00chez lui à Angers
09:00où il suit des études.
09:02Le reste de la famille
09:04arrive au restaurant
09:05entre 20h15
09:06et 20h30.
09:07Les enfants prennent
09:08du jus de fruits,
09:09Agnès commande
09:10un martini blanc
09:11et Xavier,
09:12une bouteille de vin.
09:14Un peu avant 22h,
09:15il se lève de table.
09:17Xavier règle la note,
09:19136,30 euros
09:20et toute la famille repart,
09:22direction
09:22la maison du boulevard Schumann.
09:25A 22h16,
09:27Anne commente le repas
09:28sur Facebook
09:29en écrivant
09:29que c'était
09:30hyper bon.
09:3211 minutes plus tard,
09:33à 22h37,
09:35Xavier décroche son téléphone
09:36et appelle sa petite sœur,
09:38Christine,
09:38sur son portable.
09:40Elle ne répond pas.
09:42Il lui laisse un message.
09:4430 secondes,
09:45révélées par RTL
09:46et dans lesquelles
09:47le suspect numéro 1
09:49semble de bonne humeur.
09:52On est plus
09:52à Pinoche,
09:53je suis en famille
09:54et en restant
09:55à 8h,
09:56à 8h,
09:57et on rentre juste.
09:58Donc,
09:59je t'ai envoyé
10:00un petit téléphone
10:01à 6h30,
10:02pour le téléphone
10:02et puis la journée
10:03sur le plan
10:04à 11h.
10:05Voilà,
10:16quelques minutes plus tard,
10:19selon les enquêteurs,
10:20Agnès,
10:21Anne,
10:22Arthur
10:22et Benoît
10:23sont froidement abattus
10:25à coups de fusil.
10:32Damien,
10:33comment les enquêteurs
10:34peuvent savoir
10:34à peu près
10:35à quelle heure
10:36sont morts
10:36les quatre membres
10:37de la famille ?
10:38Ils disposent
10:38d'éléments matériels
10:39qu'ils vont mettre
10:41à jour au début
10:42de leur enquête,
10:43notamment une communication
10:44que Arthur,
10:45l'un des enfants,
10:46a avec une amie
10:47à 23h08,
10:49un message dans lequel
10:50il lui dit
10:50qu'il est fatigué.
10:51Agnès,
10:52elle,
10:53a envoyé
10:53un dernier SMS
10:55à une de ses amies
10:56à 23h40.
10:58Le dernier élément
10:59qu'ils ont un peu
11:00pour horodater
11:01cette fin de soirée,
11:02cette nuit,
11:03c'est l'appareil
11:04d'apnée du sommeil
11:05dont est équipée
11:06Agnès,
11:07qui est éteint
11:08vers 3h,
11:09qui se coupe
11:09à 3h.
11:10Donc,
11:11selon les enquêteurs,
11:123h du matin,
11:13ça peut être
11:14l'heure
11:14de la mort d'Agnès.
11:15Toujours selon les enquêteurs,
11:17Xavier Dupont-de-Ligonnès
11:18a administré
11:19des somnifères
11:20aux enfants.
11:21D'après les enquêteurs
11:22et surtout d'après
11:22les constatations médicales
11:24qui sont réalisées
11:24en toxicologie
11:26après l'autopsie.
11:27Pour Agnès,
11:28il y a eu un doute
11:28pendant quelques semaines.
11:30On n'arrivait pas
11:30à découvrir
11:31dans son sang
11:32des traces
11:33de somnifères.
11:34Les enquêteurs
11:35ont même cru
11:36que si elle n'avait pas
11:37pris de somnifères,
11:38c'est qu'elle était peut-être
11:38au courant des tueries
11:39qu'elle n'avait pas besoin
11:40d'être droguée.
11:40Mais finalement,
11:41le 9 juin,
11:43on apprend,
11:44selon les derniers tests
11:46toxicologiques réalisés,
11:47qu'en fait,
11:48elle-même était droguée.
11:50En tout cas,
11:50elle a pris une dose
11:51massive de somnifères
11:52qui lui a sans doute
11:53été administrée par Xavier.
11:55La dernière question
11:56qu'on peut se poser
11:56sur les autopsies
11:57et la découverte des corps,
11:59c'est qu'on n'a que
12:00des balles dans la tête
12:01pour tous,
12:02sauf pour Benoît
12:03qui, en plus des projectiles
12:04dans la tête,
12:05a reçu également
12:06deux projectiles
12:07au niveau du thorax.
12:08L'une des hypothèses
12:09formulées par les policiers,
12:10c'est que Benoît
12:11s'est peut-être réveillé
12:12au moment où son père
12:14allait lui tirer dessus
12:15et que c'est pour ça
12:16qu'au lieu de lui tirer
12:17dans la tête
12:18que dans la tête,
12:19il a aussi tiré
12:20dans le thorax de son fils.
12:21Dans la nuit du 3 au 4 avril,
12:24quatre membres de la famille
12:25sont tués,
12:26mais pas Thomas,
12:27le deuxième fils
12:28de Xavier Dupont de Ligonnès.
12:30Non, Thomas,
12:30il n'est pas physiquement présent
12:33dans la nuit du 3 au 4
12:34à Nantes,
12:35dans la maison familiale.
12:36Il est à Angers,
12:37dans son studio d'étudiant.
12:39Simplement,
12:39ce qu'on sait
12:40au moment de la découverte
12:40des corps,
12:41c'est que le corps de Thomas,
12:42il est sous la terrasse.
12:43Donc, ça veut dire
12:44qu'il a été tué après.
12:51Le lundi 4 avril,
12:53vers 10 heures,
12:55la secrétaire de l'établissement
12:56où travaille Agnès
12:57reçoit l'appel d'un homme
12:59qui se présente
12:59comme son mari.
13:01Il dit qu'Agnès est souffrante
13:02et ne viendra pas.
13:04Quelques minutes plus tard,
13:06il se passe la même chose
13:07pour Anne et Benoît.
13:08Leurs collèges et lycées
13:10sont informés
13:11qu'ils ne viendront pas.
13:12La pizzeria dans laquelle
13:14travaille Arthur
13:14reçoit une lettre
13:15de démission
13:16de ce dernier.
13:17Il y explique
13:18qu'il quitte le restaurant
13:19suite à la mutation
13:21de son père
13:21en Australie
13:22et qu'il renonce
13:23à ce que son employeur
13:24lui verse ses congés payés.
13:26En début d'après-midi,
13:28Xavier Dupont-de-Ligonnès
13:29parle 20 minutes
13:30au téléphone
13:30avec sa sœur Christine.
13:32Elle dira
13:33qu'à ce moment-là,
13:34il avait un ton normal.
13:37Un peu avant 21h,
13:39Xavier rejoint son fils Thomas,
13:41le deuxième de la fratrie
13:42mais son premier enfant biologique,
13:44et ils dînent ensemble
13:45au Cavier,
13:46un restaurant gastronomique
13:47près d'Angers.
13:48Le père commande un menu
13:50et une demi-bouteille d'anjou.
13:52Le fils mange du poisson
13:53et boit un jus de tomate.
13:55La note s'élève
13:56à 72,55 euros.
13:58Les serveurs témoigneront
13:59de la scène.
14:00Ils diront que les deux
14:01étaient silencieux,
14:03que Thomas est sorti
14:04en leur disant
14:04qu'il se sentait mal,
14:05et qu'ils ont pris cela
14:06pour un malaise.
14:08Après cet épisode,
14:10Thomas raconte à ses amis
14:11qu'il lui est arrivé
14:12un truc bizarre au restaurant
14:13et que son père
14:14l'a ramené chez lui.
14:15Il attribue cela
14:17aux médicaments
14:17qu'il prend à ce moment-là
14:18pour traiter une angine.
14:28Damien,
14:29le mardi 5 avril,
14:31un homme achète un diable
14:32dans un magasin de bricolage
14:33situé rue Émile Zola
14:35à Nantes.
14:35Le 5 avril,
14:37le mardi,
14:37d'après les conclusions
14:39des enquêteurs,
14:40à ce moment-là,
14:41tous les membres
14:41de la famille Dupont-Ligonnès
14:43sont morts,
14:43sauf Thomas,
14:45le deuxième fils,
14:46et Xavier,
14:46bien sûr.
14:47Mais l'homme
14:48qui achète ce diable
14:49dans son magasin de bricolage,
14:50qu'on soupçonne donc
14:51d'être Xavier,
14:52va payer
14:52avec la carte bleue
14:54d'Agnès.
14:55Et sur le mur Facebook
14:56d'Agnès,
14:57une photo
14:58qui va être intitulée
14:59« Mon jardin en fleurs »
15:00en anglais
15:01est publiée ce mardi
15:025 avril
15:02à 18h.
15:04Et vers 20h,
15:05sa carte bleue,
15:06la carte bleue d'Agnès,
15:07est une nouvelle fois
15:08utilisée
15:08pour régler un montant
15:10de 54,36 euros
15:11au Carrefour Market.
15:13Le panier comprend
15:14de la nourriture
15:15et un produit ménager
15:17puissant.
15:18À peu près au même moment,
15:20Thomas,
15:20qui joue à des jeux vidéo
15:21chez un de ses amis
15:22à Angers,
15:23reçoit un appel
15:24de son père.
15:25Un appel relativement
15:26inquiétant et urgent.
15:28Il lui dit
15:28que sa mère
15:29a eu un accident
15:30de vélo,
15:31qu'elle est plongée
15:31dans un coma
15:32sans gravité,
15:33ajoute-t-il,
15:34mais il lui demande
15:35quand même
15:35de prendre le premier train
15:36pour revenir vers Nantes.
15:38Thomas s'exécute
15:39et à 22h30,
15:41il est dans le train
15:42puisque depuis le wagon,
15:43il va écrire
15:44un message à un ami.
15:45Vers minuit,
15:46il envoie un nouveau texto
15:48où il demande à son ami
15:49« Alors, tu joues toujours ?
15:51Moi, je regarde
15:52Midnight Express
15:52avec mon père. »
15:54Après ce dernier message,
15:55donc aux environs de minuit,
15:57le téléphone de Thomas
15:58va sonner dans le vide.
16:00Les policiers
16:01en concluent donc
16:02que c'est cette nuit-là,
16:04la nuit du mardi 5
16:05au mercredi 6 avril,
16:07que Thomas a été tué.
16:13Mercredi 6 avril,
16:15deux jours après
16:16les premiers meurtres
16:17vers 9h,
16:19deux amis d'Anne
16:19passent devant
16:20la maison du boulevard Schumann.
16:22Elles constatent
16:23que les volets de sa chambre
16:24sont fermés,
16:25contrairement à d'habitude.
16:27La petite amie d'Arthur,
16:28Laure,
16:29est elle aussi inquiète.
16:31Depuis plusieurs jours,
16:32l'aîné de la fratrie
16:33ne répond plus au téléphone.
16:35ni à elle,
16:36ni au gérant de la pizzeria
16:38où il travaille,
16:39ni à ses camarades de BTS.
16:41Elles se rendent elles-mêmes
16:42devant la maison,
16:43comme les amis d'Anne,
16:44et sonnent à la porte.
16:46Personne ne répond.
16:48Les deux labradors
16:49de la famille,
16:50Léon et Jules,
16:51n'aboient pas.
16:52Elles trouvent cela étrange.
16:54D'autant qu'en levant la tête,
16:56Laure remarque
16:57que la lumière
16:58d'une des pièces
16:59est allumée.
17:00Elles sonnent
17:01une seconde fois.
17:02Rien ne se passe.
17:04et elles rebroussent chemin.
17:06Les enquêteurs pensent
17:08après coup
17:08qu'à ce moment-là,
17:10Xavier était toujours
17:11dans la maison,
17:12mais que sa femme
17:13et ses enfants
17:14étaient eux déjà morts.
17:17Un peu plus tard
17:17dans la journée,
17:19les amis d'Anne repassent.
17:20Cette fois-ci,
17:21un mot est scotché
17:22sur la porte d'entrée.
17:23Il y est écrit
17:24de ne pas sonner
17:25car ils sont tous malades
17:26au fond de leur lit.
17:28Ce même jour,
17:29toujours selon le scénario
17:31établi par les enquêteurs,
17:32le père de famille
17:33poste les courriers
17:34adressés aux écoles
17:35et la résiliation
17:36de l'occasion
17:37du logement de Thomas.
17:38Elles commencent
17:39toutes de la même manière.
17:42Ayant été mutée
17:43de toute urgence
17:44en Australie
17:44dans le cadre
17:45de mon activité professionnelle
17:46et étant partie
17:47avec mon épouse
17:48et mes enfants,
17:49je vous informe
17:50que notre fils,
17:51notre fille
17:51ne se rendra plus en cours.
17:54Salutations distinguées.
17:56En début de soirée,
17:58Xavier envoie un e-mail
17:59à l'un de ses beaux-frères
18:00pour qu'il récupère
18:00la caution de l'appartement
18:02de Levallois-Péret
18:02qu'occupait son père,
18:04décédé en janvier.
18:05Puis il envoie un texto
18:06à sa petite sœur,
18:08Christine,
18:08pour la prévenir
18:09de son initiative.
18:11Pendant ce temps-là,
18:13les amis des enfants
18:14de la famille
18:14essaient de les contacter.
18:16Un copain de Thomas
18:17qui lui a écrit
18:18sur son portable
18:19reçoit une réponse.
18:21Je suis malade,
18:22je ne rentre pas.
18:24Le lendemain,
18:25il est destinataire
18:26du dernier message
18:27envoyé depuis
18:28le téléphone de Thomas.
18:29J'ai plus de batterie,
18:31mon père va chercher
18:32un chargeur.
18:38Damien,
18:38on pense à postériori
18:40que ce n'est pas Thomas
18:41qui a écrit ce message.
18:42L'hypothèse la plus probable,
18:44c'est que c'est
18:44Xavier Dupont-de-Ligonnès
18:45qui a récupéré
18:46les téléphones
18:47de ses enfants
18:48et qui fait croire
18:49qu'ils sont toujours en vie,
18:51qu'ils ont toujours
18:51une activité.
18:52Et en fait,
18:53c'est lui
18:53qui écrit ces messages.
18:54Le jeudi 7 avril,
18:56Xavier Dupont-de-Ligonnès
18:57efface ses serveurs.
18:59Non seulement
18:59il efface les serveurs,
19:00mais à 1h23 du matin,
19:03son téléphone borne
19:04à côté du 77 rue
19:05du Port-Boyer
19:06à Nantes.
19:07Alors,
19:08c'est dans un quartier
19:08plutôt populaire
19:10avec pas mal de tours HLM
19:11qui sont face à un bois
19:13et surtout au pied
19:14d'un petit ruisseau
19:15qui se jette
19:16100 mètres plus loin
19:17dans l'Erdre.
19:18C'est un endroit
19:18qui est facilement accessible
19:20depuis un parking
19:21et qui est surtout
19:22très isolé.
19:23Donc,
19:23on peut imaginer
19:24que ce déplacement,
19:25il le fait
19:26pour se débarrasser
19:27de quelque chose
19:28et pourquoi pas
19:29se débarrasser
19:29de téléphone.
19:30Le matin du 7,
19:32du jeudi 7,
19:32des copines d'Anne
19:33qui repassent devant
19:34la maison du boulevard Schumann
19:36constatent que la boîte aux lettres
19:37a disparu.
19:38Et à 16h20,
19:40il y a un dernier SMS
19:41qui est émis
19:42du portable d'Anne.
19:43Ce SMS,
19:44il dit
19:44« Je suis malade,
19:46ne comptez pas sur moi
19:47avant plusieurs jours ».
19:48Là aussi,
19:49on peut largement penser
19:51que ce message
19:52qui est émis
19:53par le portable d'Anne
19:54n'est pas un message
19:55écrit par Anne
19:55mais qui a été écrit
19:56par son père.
19:57Le vendredi 8 avril,
19:58Xavier se rend
19:59au foyer Saint-Aubin
20:00à Angers.
20:01pour vider
20:02la chambre d'étudiants
20:03de Thomas d'abord.
20:04Alors, il va dire
20:05à un voisin de Thomas
20:06qui est assez étonné
20:07de voir Xavier Dupont-de-Ligonnès
20:09balancer des cartons
20:10par la fenêtre,
20:11il va lui répondre
20:12« Ah, qu'est-ce qu'on ne ferait pas
20:13pour ses enfants ? »
20:13Mais c'est aussi ce jour-là,
20:14le vendredi 8 avril,
20:16que XDDL va poster
20:18le fameux courrier
20:19aux 9 proches
20:21évoquant un départ précipité
20:22aux Etats-Unis,
20:23le fameux courrier
20:24intitulé
20:24« Coucou tout le monde ».
20:25Le lendemain,
20:26le samedi 9,
20:27il est vu
20:28à Saint-Laurent-sur-Sèvres
20:30en Vendée cette fois
20:31où il va vider
20:32le logement étudiant
20:33d'Arthur.
20:34Comment est-ce que
20:35les enquêteurs
20:35datent le moment
20:37où Xavier
20:38quitte définitivement
20:39la maison
20:40du 55 boulevard Schumann ?
20:42Alors, l'indication
20:43que les enquêteurs
20:44possèdent,
20:45c'est que
20:45le copain
20:46Emmanuel Teneur,
20:47lui,
20:47quand il passe
20:48le 9 avril,
20:49il ne trouve pas
20:50les fameuses clés
20:51rangées dans le compteur EDF.
20:53Mais en revanche,
20:54elles y sont
20:55le 10,
20:55le lendemain.
20:56Donc, pour eux,
20:57XDDL est donc
20:58partie
20:59entre les deux passages
21:00de Teneur.
21:06Grâce au bornage
21:07de son téléphone
21:08et à ses paiements bancaires,
21:10les enquêteurs
21:10arrivent à retracer
21:11le parcours
21:12de Xavier Dupont-de-Ligonnès
21:14quelques jours
21:15après les meurtres
21:16qu'il a perpétrés.
21:17Le dimanche 10 avril,
21:19Xavier Dupont-de-Ligonnès
21:20quitte Nantes
21:21au volant
21:22de sa Citroën C5
21:23bleu marine.
21:24A 8 heures du matin,
21:25il est flashé
21:26à hauteur d'Angers.
21:28Au déjeuner,
21:29Xavier s'arrête
21:29au restaurant
21:30Le Tisonnier
21:31près de Moléon
21:32entre Nantes
21:33et Poitiers.
21:34La gérante
21:35se souvient
21:35d'un homme seul
21:36qui a déjeuné rapidement.
21:38Il repart
21:39à 13h50.
21:41Vers 20h,
21:42Xavier Dupont-de-Ligonnès
21:44s'arrête
21:44dans la banlieue
21:45de La Rochelle
21:45en Charente-Maritime.
21:47Il prend une chambre
21:48à l'hôtel
21:49Le Beaulieu
21:50de Puy-le-Borreau.
21:51Selon le gérant
21:52de l'établissement,
21:53rien de particulier
21:54n'est à relever
21:55dans son comportement.
21:56C'est simplement
21:57un client parmi d'autres.
22:00Le lendemain,
22:01le lundi 11 avril,
22:03le suspect numéro 1
22:04prend la route
22:05vers le sud,
22:05direction Toulouse.
22:07Sa Citroën C5
22:08est flashée
22:09par un radar automatique
22:10aux abords
22:11de la ville rose.
22:12Xavier Dupont-de-Ligonnès
22:14passe la nuit
22:14dans un hôtel
22:15modeste à Blagnac
22:16près de l'aéroport
22:17de Toulouse.
22:18Le mardi 12h au soir,
22:20il fait halte
22:21à l'auberge
22:21de Cassagne,
22:22un établissement
22:235 étoiles
22:24du Vaucluse,
22:24au Pontet.
22:26Selon la direction,
22:27il est souriant
22:28et affable,
22:29détendu,
22:30même un petit peu
22:30dragueur.
22:31Il dîne
22:32au restaurant
22:33de l'hôtel
22:33puis passe
22:34une bonne partie
22:34de la soirée
22:35à surfer
22:36sur le site internet
22:37Cité Catholique.
22:38Le lendemain,
22:39il quitte l'établissement
22:40vers 10h30,
22:42juste après avoir payé
22:43par carte bleue
22:44une note salée,
22:45214,59 euros.
22:47Après cette étape,
22:49Xavier Dupont
22:50de Ligonnès
22:50roule jusqu'en Provence-Côte d'Azur,
22:53à la Seine-sur-Mer,
22:54où il s'enregistre
22:55sous le nom
22:55de Xavier Laurent
22:56dans un hôtel
22:57première classe,
22:58un établissement
22:59de standing bas de gamme
23:00à l'opposé
23:01de la luxueuse auberge
23:02où il a passé
23:03la nuit précédente.
23:04Le trajet,
23:05qui jusque-là
23:06semblait seulement
23:07être la route
23:08la plus pratique
23:09vers le sud,
23:10prend alors
23:10des airs de pèlerinage.
23:12Les policiers savent
23:13que Xavier Dupont
23:14de Ligonnès
23:14a vécu
23:15dans cette petite ville
23:15du sud de la France.
23:16C'était au début
23:18des années 1980.
23:19Il était déjà séparé
23:21d'Agnès
23:21et vivait une amourette
23:23avec une fille du coin,
23:24âgée elle aussi
23:25d'une vingtaine d'années.
23:27Les policiers
23:27apprennent que justement,
23:29une femme
23:29d'environ 50 ans
23:30s'est présentée
23:31dans un commissariat
23:32du secteur
23:33quelques jours plus tard
23:34pour parler de Xavier.
23:42Damien,
23:42on a dit tout à l'heure
23:43que plusieurs femmes
23:44s'étaient spontanément
23:45rendues dans des commissariats
23:46pour évoquer leur lien
23:47avec Xavier Dupont
23:48de Ligonnès.
23:49Oui,
23:50alors on se souvient
23:51de Catherine.
23:52Catherine,
23:52c'est la femme d'affaires
23:53qui était l'amour de jeunesse
23:54de XDDL
23:55qui l'a recontactée
23:57quelques mois auparavant
23:58surtout pour lui emprunter
23:59de l'argent,
23:59les fameuses 50 000 euros
24:00qu'il ne lui a jamais rendus.
24:02Là,
24:02cette fois-ci,
24:02c'est une autre femme,
24:04une autre ex de Xavier
24:05qui se présente aux policiers
24:07pour leur dire
24:07que celui qui est quand même
24:09à ce moment-là
24:10l'homme le plus recherché
24:11de France
24:11l'a contactée
24:13quelques temps auparavant
24:14avant les meurtres
24:15pour lui proposer
24:16des retrouvailles,
24:17de se revoir.
24:18Elle,
24:19elle dit qu'elle se souvenait
24:20à peine de lui
24:21et qu'elle a refusé
24:22ces retrouvailles.
24:23À partir de ce moment-là,
24:24les policiers se disent
24:25que peut-être,
24:26après avoir tué
24:27toute sa famille,
24:29Xavier est allé
24:30retrouver une femme.
24:30Oui,
24:31en tout cas,
24:31ils vont essayer
24:31de faire un petit peu
24:32le tour des ex de Xavier,
24:34de toutes les femmes
24:34qu'il a pu croiser.
24:36Alors,
24:36Catherine,
24:36bon,
24:37elle était de toute façon
24:37très remontée contre lui,
24:39donc elle ne l'a probablement
24:40pas aidée,
24:41ni reçue,
24:41ni vue,
24:42mais ils apprennent
24:43au cours de ces investigations-là
24:45qu'il avait rendez-vous
24:46avec une autre femme
24:48qu'il a connue auparavant
24:49et qui vit désormais
24:50en Savoie.
24:51Ils tiennent
24:52enfin une piste
24:53et ils contactent
24:54cette femme.
24:55Oui,
24:55mais en réalité,
24:56ils ne se sont pas vus.
24:57Xavier n'est pas venu
24:58honorer ce rendez-vous,
25:00mais ça donne
25:00la conviction
25:01aux policiers
25:02qu'il y a peut-être
25:03des complices
25:04dans cette cavale
25:05et qu'il faut absolument
25:06les identifier
25:07et les interroger.
25:09Et c'est là
25:09que l'étau
25:10va se resserrer
25:11autour de ses deux amis
25:12de toujours,
25:14Emmanuel Teneur
25:15et Michel Rétif.
25:27Vous venez d'écouter
25:28le quatrième épisode
25:29sur six
25:30de notre série d'été
25:31Crime Story
25:32Xavier Dupont
25:33de Ligonnès
25:34La fabrique
25:35d'un mythe.
25:36Un épisode produit
25:38par Clara Garnier-Amourou,
25:39Barbara Gouy,
25:41Thibaut Lambert
25:41et Raphaël Pueillot.
25:43Réalisation et mixage
25:45Julien Moncouquiole
25:46Lecture
25:47Julien Meunier
25:49Vous pouvez retrouver
25:50sur notre site internet
25:52les références
25:53des ouvrages
25:53que nous avons cités.
25:55Suite de ce podcast
25:56dans le cinquième épisode,
25:58déjà disponible
25:59sur leparisien.fr
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26:02d'écoute.
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26:04est le podcast
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26:08Au revoir.
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