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Le 30 janvier, Christiane Taubira a remporté la primaire populaire. Lancée en juillet dernier par une poignée de militants associatifs, la primaire populaire a réussi à largement mobiliser les électeurs de gauche mais elle est loin de faire l’unanimité chez les candidats.
Dans ce podcast : Lancée par une poignée de militants et de militantes la primaire populaire a réussi à mobiliser largement à gauche et a attiré l'attention des médias. Mais l'initiative censée aboutir à une union à gauche s'est soldée par l'apparition d'une nouvelle candidature celle de l'ancien ministre de la justice Christiane Taubira. Code source refait le film de la primaire populaire.
Le 11 juillet une poignée de militants associatifs lance sur internet un processus de parrainage en ligne. C'est une idée qui a germé à la fin de l'année 2020, c'est d'un groupe de jeunes qui sont assez engagés contre le dérèglement climatique et pour la justice sociale. Ils vont d'abord créer une association qui s'appelle « 2022 ou jamais » qui résume assez bien l'enjeu une urgence à la fois climatique et sociale qui fait que le rassemblement autour d'une candidature unique est un impératif pour cette élection présidentielle. Derrière cette initiative il y a notamment deux militants associatifs…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : Public Sénat, TF1, BFM TV, LaPrimairePopulaire, France Info.
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Dans ce podcast : Lancée par une poignée de militants et de militantes la primaire populaire a réussi à mobiliser largement à gauche et a attiré l'attention des médias. Mais l'initiative censée aboutir à une union à gauche s'est soldée par l'apparition d'une nouvelle candidature celle de l'ancien ministre de la justice Christiane Taubira. Code source refait le film de la primaire populaire.
Le 11 juillet une poignée de militants associatifs lance sur internet un processus de parrainage en ligne. C'est une idée qui a germé à la fin de l'année 2020, c'est d'un groupe de jeunes qui sont assez engagés contre le dérèglement climatique et pour la justice sociale. Ils vont d'abord créer une association qui s'appelle « 2022 ou jamais » qui résume assez bien l'enjeu une urgence à la fois climatique et sociale qui fait que le rassemblement autour d'une candidature unique est un impératif pour cette élection présidentielle. Derrière cette initiative il y a notamment deux militants associatifs…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Lancée par une poignée de militants et de militantes, la primaire populaire a réussi à mobiliser largement à gauche et
00:19à attirer l'attention des médias.
00:21Mais l'initiative, censée aboutir à une union à gauche, s'est soldée par l'apparition d'une nouvelle candidature,
00:29celle de l'ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira.
00:32Codesources refait le film de la primaire populaire avec Jannick Halimi et Julien Dufay en charge de la gauche au
00:39sein du service politique du Parisien.
00:44Le dimanche 30 janvier, le soir, Christiane Taubira est dans la salle du Point éphémère à Paris où elle a
00:49réuni ses militants.
00:51Elle vient de remporter la primaire populaire. Julien Dufay, que dit-elle dans son discours à la tribune ?
00:56Elle va très vite appeler au rassemblement des différents candidats à gauche.
01:01Il n'y a rien qui divise les différentes sensibilités de gauche de façon insurmontable.
01:07Il n'y a rien qui nous empêche de nous parler, de discuter, d'aboutir à des compromis et de
01:14gouverner ensemble.
01:15Pour cela, elle va convoquer des figures tutélaires un peu de la gauche.
01:18Elle va parler de Jean Jaurès pour les socialistes, de René Dumont qui est un écoloïs historique, le premier candidat
01:23à la présidentielle.
01:25Donc son idée, c'est vraiment de parler aux militants et aux candidats pour incarner le rassemblement à gauche.
01:33Christiane Taubira qui vient de remporter cette primaire.
01:36Alors on va voir comment on en est arrivé là avec vous, Julien Dufay et vous, Jannick Halimi.
01:40Julien Tout commence le 11 juillet, une poignée de militants associatifs lancent sur internet un processus de parrainage en ligne.
01:47Oui, c'est une idée qu'a jamais à la fin de l'année 2020 chez un groupe de jeunes
01:52qui sont assez engagés contre le dérèglement climatique et pour la justice sociale.
01:57Et ils vont d'abord créer une association qui s'appelle 2022 ou jamais, qui résume assez bien l'enjeu.
02:02Selon eux, il y a une urgence à la fois climatique et sociale qui fait que le rassemblement autour d
02:07'une candidature unique est un impératif pour cette élection présidentielle.
02:11Derrière cette initiative, il y a notamment deux militants associatifs, Samuel Gribowski et Mathilde Himer.
02:17Mathilde Himer, qui est-elle en quelques mots ?
02:19C'est une jeune femme de 31 ans, elle est plutôt brillante, elle a fait des études de biologie et
02:23de relations internationales à Sciences Po.
02:26Ses faits d'armes principaux, c'est qu'elle s'engage lors de la COP21 auprès de l'ambassadrice chargée
02:31des négociations pour l'accord de Paris en 2015.
02:34Et puis elle va ensuite s'engager dans des mouvements associatifs, l'affaire du siècle.
02:38Mais aussi pendant la crise des Gilets jaunes, elle va créer une association qui s'appelle Gilets citoyens et qui
02:42va être à l'origine de la Convention citoyenne pour le climat que va lancer l'Elysée.
02:48Et Mathilde Himer va être un peu la cheville ouvrière de cette Convention citoyenne pour le climat qui va rassembler
02:54150 citoyens pour faire des propositions contre le dérèglement climatique.
02:58Et lui, Samuel Gribowski, comment le présenter, Jannick Halimi ?
03:01Alors lui, il a un profil un peu différent, il est un peu plus jeune que Mme Himer puisqu'il
03:06n'a pas encore 30 ans et il se qualifie d'entrepreneur social parce qu'il a un profil certes
03:12associatif mais aussi de start-upper.
03:15Il a commencé à travers une association qu'il a créée, il avait alors 16 ans, il était tout jeune
03:21et qui s'appelait Coexister et qui appelait à la coexistence justement des religions au nom d'une laïcité souple
03:29et inclusive.
03:30Et il a créé ensuite, après cette association, justement une start-up, une petite PME à partir de pratiquement rien,
03:38destinée à accompagner les entreprises dans les enjeux de la laïcité.
03:43On sait que les entreprises de plus en plus sont confrontées à ce type de problématiques.
03:47Donc il a ce profil-là et c'est la rencontre avec Mme Himer qui fait que la primaire populaire
03:53va sortir des limbes.
03:54Et particularité de cette primaire citoyenne, Jannick Halimi, une esquisse de programme pré-existe aux candidats.
04:01Ils appellent ça le socle commun. C'est un programme qui est composé d'une dizaine de mesures qui sont
04:08assez générales, qui vont d'un big bang fiscal, encore une fois une sorte de sixième république destinée à mettre
04:15fin à ce qu'ils appellent la monarchie présidentielle.
04:18C'est précis et suffisamment large à la fois. Et l'élément important, c'est que les candidats qui s
04:25'inscriront dans cette primaire auront dû souscrire à ce socle commun pour participer à cette primaire.
04:32Alors au départ, Julien Dufay, l'initiative n'est pas beaucoup évoquée par les grands médias nationaux, même s'il
04:38y a des articles, dès le mois de juillet y compris dans le Parisien, ça ne fait pas la une.
04:42C'est une initiative qui est regardée un peu de haut par les responsables politiques d'abord et puis il
04:45faut le reconnaître aussi par les journalistes.
04:47C'est vrai qu'on y consacre un article début juillet, mais très vite en fait, Jean-Luc Mélenchon par
04:52exemple ferme la porte.
04:54Il dit qu'il est lancé depuis six mois et que la primaire populaire ce sera sans lui.
04:57Anne Hidalgo s'apprête à se lancer, Arnaud Montebourg aussi. Donc on voit qu'à l'époque, c'est une
05:01initiative qui d'ores et déjà part avec peu de chance.
05:04Le 11 octobre, une liste de dix candidats présélectionnés est dévoilée. La primaire populaire revendique 130 000 inscrits, mais l
05:11'idée ne semble pas prendre dans l'opinion publique.
05:13Par exemple, ce jour-là, le 11 octobre, un papier du Parisien présente cette idée comme une douce utopie qui
05:19semble vouée à l'échec.
05:20Quelques semaines plus tard, le mardi 16 novembre, des militants de la primaire populaire manifestent dans la rue.
05:26Ils organisent des sit-ins devant les sièges de la France Insoumise, d'Europe Écologie Les Verts ou encore du
05:31Parti Socialiste.
05:32Quel est le but, Jannick Halimi ?
05:33C'est de faire pression sur les partis par la base pour que la base soit véritablement consultée et participe
05:42à la désignation de ce candidat unique qui est la finalité de cette primaire populaire.
05:47Le vendredi 19 novembre, dans une interview accordée à la chaîne de télévision Public Sénat, la candidate socialiste Anne Hidalgo
05:54est interrogée sur cette idée de primaire.
05:56Non, je ne suis pas favorable et je l'ai dit déjà à ce type de primaire.
06:00Elle explique que c'est une candidate investie par le Parti Socialiste, qu'elle est social-démocrate.
06:05Je suis profondément social-démocrate. Je pense que les solutions, notamment pour répondre à la crise écologique, pour répondre notamment
06:13à la crise sociale qui accompagne cette crise idéologique, sont des solutions dans lesquelles il faut de la justice sociale.
06:20Elle ne se reconnaît pas dans les offres de ses concurrents, notamment Jean-Luc Mélenchon, mais aussi les écologistes, puisqu
06:25'elle estime que les écologistes ne portent pas assez de mesures sociales, notamment.
06:29Anne Hidalgo change d'avis quelques semaines plus tard, le 8 décembre, au cours d'une journée rocambolesque.
06:36Anne Hidalgo devait se rendre à La Rochelle pour visiter un hôpital et elle décide, à la surprise générale, y
06:44compris des membres de son équipe et du Parti Socialiste lui-même, de faire demi-tour et de rentrer immédiatement
06:51à Paris.
06:51Elle descend du train à Poitiers. On apprend un peu plus tard qu'elle va s'exprimer à la télé.
06:56Elle est invitée au journal de 20h de TF1.
06:59Toutes les rumeurs les plus folles ont circulé dans la journée. Que se passe-t-il ? Est-ce qu
07:05'il y a eu un problème familial ? Est-ce qu'il y a eu un problème dans son équipe
07:11municipale de Paris ?
07:12Bref, c'était l'étonnement, l'interrogation, encore une fois, le plus total.
07:18Et donc arrive ce 20h de TF1. Qu'est-ce qu'elle dit en quelques mots ?
07:21Elle appelle toute la gauche à une primaire, elle ne précise pas laquelle, afin qu'il y ait une chance
07:27pour la gauche d'être présente au second tour.
07:30Cette gauche fracturée, cette gauche qui aujourd'hui désespère beaucoup de nos concitoyens, doit se rassembler pour gouverner.
07:39Et la conséquence que j'en tire, c'est qu'il faut organiser une primaire de cette gauche.
07:45Elle précise également de façon très explicite qu'en cas de défaite de sa part, elle soutiendrait le candidat désigné.
07:53Anne Hidalgo invite ses adversaires de gauche à participer à une primaire.
07:57Yannick Halimi, que répondent dans les heures et les jours qui suivent ? Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon notamment.
08:01Eh bien, la proposition d'Anne Hidalgo, il la retoque avec insistance et dédain à la fois. Pas question pour
08:08eux.
08:09Alors qu'Yannick Jadot a été vainqueur de sa propre primaire au sein du camp écologiste et que Jean-Luc
08:15Mélenchon estime qu'il a lui aussi reçu l'aval des militants de son union populaire.
08:20Ils n'ont rien à faire de cette main tendue d'Anne Hidalgo qui en plus s'est faite à
08:25la surprise générale.
08:27Le vendredi 17 décembre, Julien Dufay, Christiane Taubira, l'ancienne ministre de la Justice, reconnaît envisager sa candidature pour la
08:36prochaine présidentielle.
08:37Oui, elle fait ça dans une courte vidéo. La rumeur courait depuis quelques jours qu'elle pouvait se déclarer à
08:43la présidentielle.
08:44Elle constate l'impasse dans laquelle se trouve la famille de gauche au sens large.
08:48Il y a des candidatures de personnes de grande valeur pour qui j'ai de l'estime et de l
08:55'amitié.
08:57Mais je constate l'impasse.
08:58Elle dit donc envisager une candidature. Pour l'instant, elle n'est pas officialisée.
09:02Elle donne rendez-vous d'ailleurs au 15 janvier pour dire si oui ou non elle sera candidate.
09:07Elle précise qu'elle ne sera pas une candidature de plus et elle s'engage là-dessus.
09:10Je ne serai pas une candidate de plus. Je mettrai toutes mes forces dans les dernières chances de l'union.
09:17Julien Duffet, un mois après son appel au 20h de TF1, le samedi 8 janvier, pendant un déplacement dans la
09:23ville natale de François Mitterrand, Jarnac en Charente, Anne Hidalgo fait marche arrière sur sa proposition de primaire.
09:31Elle se rend compte que le coup de poker qu'elle a tenté un mois plus tôt, le 8 décembre,
09:35n'a pas fonctionné.
09:36Que ni Jean-Luc Mélenchon et à forcerie surtout ni Yannick Jadot n'a accepté la main tendue.
09:42Et donc elle redit à Jarnac qu'elle ne veut pas porter la responsabilité de cet échec et que c
09:47'est Yannick Jadot qui, en refusant la main tendue, le porte.
09:50Je l'ai dit, une primaire n'a de sens que si elle sert à avoir un candidat unique, pas
09:57à ajouter des candidatures.
09:59Et donc évidemment que dans cette primaire, si les verts autour de Yannick Jadot ne sont pas présents, ça ne
10:07s'appelle plus une primaire.
10:09Yannick Halimi, le lendemain, la potentielle nouvelle candidate de gauche, Christiane Taubira, fait une visite à Bondy, en Seine-Saint
10:15-Denis.
10:15Et elle dit oui à cette consultation des sympathisants de gauche, la primaire populaire.
10:20Pendant les quelques semaines, entre le moment où elle est un peu sortie du bois et cette fameuse visite à
10:27Bondy,
10:27Christiane Taubira n'est pas restée les bras croisés.
10:30Elle a fait des déplacements nombreux en France et effectivement, elle profite de ce déplacement de Bondy pour faire un
10:38pas de plus en avant vers une éventuelle candidature.
10:41Et elle dit explicitement qu'elle pourrait tout à fait participer à cette primaire populaire.
10:46Et elle appelle tous les autres candidats de gauche à faire d'eux-mêmes.
10:50Il faut dire qu'entre-temps également, le nombre d'inscrits sur la primaire populaire augmente et il y sont
10:56quelques centaines de milliers d'inscrits à ce moment-là.
10:59Le mardi 11 janvier, le Parti Socialiste réunit son bureau national et plusieurs cadres du PS disent qu'ils ne
11:06comprennent plus Anne Hidalgo.
11:08Oui, c'est une réunion en visio où certains cadres du PS vont clairement exprimer leur incompréhension après le rétro
11:16-pédalage d'Anne Hidalgo sur la primaire populaire.
11:18En clair, ils ne comprennent pas pourquoi pendant un mois elle leur a demandé de la défendre et désormais elle
11:23s'en détourne.
11:23Ça, ils ne le comprennent pas et ils ont du mal aussi à l'expliquer aux militants socialistes.
11:27Quelques jours plus tard, le 13, le maire PS de Marseille annonce qu'il ne soutiendra d'Hidalgo que si
11:33elle gagne la primaire populaire.
11:35C'est quand même un camouflet pour Anne Hidalgo parce qu'elle vient de présenter son programme, elle relance sa
11:38campagne, entre guillemets.
11:39Et là, le maire de la deuxième ville de France explique qu'il ne donnera son parrainage qu'au vainqueur
11:44de la primaire populaire.
11:46Il dit dans cette interview au journal Libération, on ne peut pas dire je vais à la primaire le lundi
11:50et le jeudi je n'y vais pas parce qu'il n'y a pas les copains que je veux.
11:53Donc bon, c'est quand même assez clair.
11:54Et il dit nous ne sommes peut-être pas condamnés à être la gauche la plus bête du monde.
11:59Le samedi 15 à Lyon, l'ancienne ministre Christiane Taubira annonce sa candidature à la présidentielle.
12:05Le même jour, les organisateurs de la primaire populaire arrêtent la liste des sept personnalités dont les noms seront soumis
12:13au vote.
12:14Il y a quelques inconnus et il y a bien Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.
12:19Alors que tous les trois, Yannick Halimi, ne souhaitent pas participer à cette consultation.
12:23Absolument, c'est ce qui fait dire à tous les détracteurs de cette primaire populaire qu'il y a un
12:28verre dans le fruit.
12:29C'est-à-dire qu'en quoi ce processus est-il démocratique ?
12:32Puisque les candidats qui sont automatiquement inscrits le sont à l'insu de leur plein gré et de façon explicite.
12:40Donc c'est un des éléments encore une fois de fragilisation de cette primaire populaire.
12:45D'un mot Yannick, il n'y a pas le candidat communiste Fabien Roussel dans cette liste.
12:50Pourquoi et est-ce qu'il s'en plaint ?
12:51Fabien Roussel dit seulement qu'il en prend acte.
12:54Donc il y a une certaine distance avec cette décision.
12:57Il dit j'en prends acte, c'est comme ça.
12:59Il y a une raison tout de même officielle pour écarter Fabien Roussel de cette primaire populaire.
13:06C'est que Fabien Roussel défend explicitement l'énergie nucléaire.
13:11Ça ne correspond pas avec les principes écologiques du socle commun sur lequel s'appuie la primaire populaire.
13:19Le 17 janvier, les organisateurs de la primaire annoncent que 250 000 personnes se sont inscrites pour pouvoir voter.
13:26Nombre qui a doublé en une semaine selon eux.
13:28Mais problème, Julien Dufay, une vidéo gênante pour l'un des fondateurs, Samuel Gribowski, est publiée sur internet.
13:35Qu'est-ce que l'on voit à l'image ?
13:37On y voit donc Samuel Gribowski inciter les militants de la primaire populaire à faire pression sur les grands élus
13:43pour qu'ils ne donnent pas les fameux 500 parrainages qui sont nécessaires aux candidats pour se qualifier à la
13:48présidentielle.
13:49Nous, notre but avec le pôle politique, c'est d'essayer d'empêcher que les membres du bloc des justices,
13:54donc Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Arnaud Montlebourg et Yannick Jadot,
13:58puissent avoir les 500 signatures avec ce Samuel de Romainville qui bloque les parrainages.
14:02Il parle aussi d'un autre levier pour faire pression sur les candidats,
14:04c'est de les critiquer sur les réseaux sociaux,
14:07pour les faire baisser dans les sondages et les empêcher d'avoir des prêts des banques notamment.
14:12Le troisième levier, c'est leur image dans les sondages.
14:15Si on les critique de plus en plus sur les réseaux sociaux, sur Twitter, dans les médias,
14:19on peut faire baisser leur code de popularité et c'est ce qui est le plus redoutable pour eux.
14:23C'est une vidéo qui, évidemment, va très mal passer chez les candidats qui dénoncent des méthodes déloyales.
14:27Yannick Halimi, comment réagissent Jean-Luc Mélenchon ou encore Yannick Jadot ?
14:31Ils sont droits dans leur botte et ils demandent explicitement là encore aux organisateurs de la primaire
14:36de retirer leur nom de la liste des impétrants potentiels
14:41et de ne pas du tout tenir compte, encore une fois, de leur candidature dont ils ne veulent pas.
14:47Le cofondateur de la primaire populaire, Samuel Gribowski, est interrogé au sujet de cette vidéo
14:51quelques jours plus tard en direct sur France Info.
14:53Est-ce que votre but, c'était comme vous l'avez dit dans une vidéo,
14:56mais vous allez vous en expliquer, d'empêcher Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélenchon,
14:59et Yannick Jadot d'avoir leurs 500 parrainages ?
15:01Non, absolument pas.
15:02C'est ce que vous avez dit ?
15:03Oui, parce qu'il y a une vidéo qui date d'il y a effectivement trois mois,
15:07qui est un peu datée, qui explique notre stratégie de rapport de force
15:09à un moment où on ne pouvait pas se faire entendre par les partis.
15:13Il va essayer de déminer en expliquant que d'abord c'est une vidéo à usage interne,
15:16qu'elle date d'octobre 2021, donc trois mois avant qu'elle ne sorte,
15:21selon lui, opportunément pour discréditer la primaire populaire.
15:24Puis par ailleurs, il va regretter dans un deuxième temps un langage un peu non diplomatique.
15:28Je regrette que le terme blocage ait été utilisé, c'est une erreur de ma part,
15:31parce qu'il s'agit bien d'une mise en attente de ces élus-là qui sont en plus indépendants.
15:36Mathilde Himmer elle-même va reconnaître que c'est une maladresse sur la forme.
15:39Le jeudi 20 janvier, 114 artistes, dont l'actrice Juliette Binoche,
15:44appellent à voter à la primaire populaire dans une tribune publiée par le magazine Les Inrocs.
15:49Jeanne Calimi, OPS, et vu le nombre d'inscrits qui augmente,
15:52le nombre annoncé par la primaire populaire,
15:54certains pensent qu'il faut appeler les militants socialistes à participer.
15:57Absolument. Pour des raisons de tactique,
16:00de nombreux cadres du Parti Socialiste et élus
16:03appellent les militants socialistes à s'inscrire et à voter pour Anne Hidalgo
16:07parce qu'ils estiment qu'au regard de la croissance du nombre d'inscrits,
16:12il vaut mieux jouer le jeu et faire en sorte que la candidate, la leur,
16:15remporte le plus de souffrages.
16:17Ils rajoutent, de toute façon, quel qu'en soit le résultat,
16:20ils soutiendraient Anne Hidalgo.
16:22Les électeurs potentiels, les sympathisants de gauche,
16:24ont jusqu'au dimanche soir, le 23 à minuit, pour s'inscrire
16:28et le lendemain matin, les organisateurs de la primaire annoncent le nombre de
16:33467 000 inscrits, plus de 450 000.
16:36Donc, Jeanne Calimi, c'est beaucoup ?
16:38Tout dépend par rapport à quel chiffre on les compare.
16:41C'est beaucoup par rapport aux dernières primaires qui ont eu lieu cette année,
16:44celles des écologistes qui ont rassemblé 122 000 votants
16:48et celles également des républicains qui ont rassemblé quelques 140 000 votants.
16:54En revanche, si l'on se réfère à la précédente élection où ont eu lieu également deux primaires importantes,
17:01celles de la gauche et celles de la droite et du centre.
17:04Celles de la gauche avaient récolté 2 millions d'électeurs
17:08et celles de la droite et du centre, près de 4 400 000 électeurs.
17:17Jeanne Calimi, vous, ce jour-là, vous signez un papier sur les candidats de gauche
17:20qui ne sont toujours pas convertis à cette idée de primaire
17:23et vous racontez que, hors micro, en off, certains cadres de la gauche disent
17:27que la primaire populaire roule, en fait, pour Christiane Taubira.
17:31Tout d'abord, un des principaux bras droits de Christiane Taubira,
17:36c'est Christian Paul, un socialiste frondeur
17:39et un des premiers soutiens également de la primaire populaire.
17:44Deuxième élément, c'est le palmarès, le hit parade
17:47qui a été dressé avant que cette primaire ait lieu
17:51où les inscrits pouvaient désigner les personnalités de gauche
17:57qu'ils considéraient comme celles les plus susceptibles à leurs yeux d'arriver à l'Elysée
18:02et Christiane Taubira dans pratiquement tous ces hit parade, ces sondages, arrivés en tête.
18:07Julien Duffet, le scrutin s'ouvre le jeudi 27, il va durer plusieurs jours.
18:12D'un mot, comment ça fonctionne pour ceux qui participent au vote ?
18:15Qu'est-ce qu'il faut cocher, écrire ?
18:17C'est ce qu'on appelle le scrutin à jugement majoritaire.
18:19C'est un seul tour et chaque votant doit choisir pour chaque candidat
18:24une mention pour désigner le meilleur candidat possible.
18:27Alors ces mentions, c'est très bien, bien, assez bien, passable ou insuffisant.
18:32Et en fait, le gagnant sera désigné en faisant la médiane de toutes ces mentions
18:37et celui qui obtient la meilleure mention gagne.
18:39Ça fait un peu bulletin scolaire.
18:42Et les résultats de la primaire populaire sont dévoilés le dimanche 30 janvier, peu après 19h.
18:48Sur la base des données du vote issu de ce dépouillement
18:50et du calcul opéré selon la méthode de vote dite du jugement majoritaire,
18:55il a été déterminé que la personne arrivée en tête est Madame Christiane Taubira.
19:02Christiane Taubira remporte cette consultation avec la mention bien plus.
19:07Elle devance Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon ou encore l'eurodéputé Pierre Larou-Turou.
19:12Anne Hidalgo termine cinquième.
19:14Yannick Halimi, c'est un nouveau coup dur pour elle ?
19:17C'est une humiliation même parce que même si personne ne s'attendait à ce qu'elle l'emporte,
19:23elle ne pensait pas tout de même tomber en cinquième position derrière un quasi inconnu.
19:29Rationnellement, on se demande est-ce qu'elle peut continuer ?
19:33Officiellement, cette primaire et ce résultat est un quasi non-événement
19:37et la candidate socialiste continue son chemin comme si de rien n'était.
19:41D'un mot, Julien Dufay, les deux cofondateurs de cette primaire,
19:44Samuel Gribowski et Mathilde Himer, qu'est-ce qu'ils vont faire maintenant ?
19:48Ils vont s'engager derrière la vainqueur de la primaire populaire.
19:53C'est ce qui est prévu dans les statuts de cette primaire,
19:56puisque Christiane Taubira a signé une charte d'engagement.
19:58Elle s'engage aussi sur le socle commun et en retour, la primaire populaire mobilise ses militants
20:03et notamment ses 5000 bénévoles derrière le vainqueur de la primaire populaire.
20:07Yannick Halimi, cette primaire populaire était censée dégager un candidat commun à gauche.
20:11Finalement, elle aboutit à une candidature de plus.
20:14Pour le moment, effectivement, elle aboutit à une candidature de plus,
20:17puisque de cette primaire populaire est sorti non pas un des candidats déjà en lice,
20:22mais une nouvelle candidate.
20:24Et c'est le paradoxe de la situation,
20:26puisque Christiane Taubira et la primaire populaire se sont engagés
20:29pour qu'il y ait un rassemblement à gauche.
20:31Est-ce que cet éparpillement va se poursuivre ou est-ce qu'au contraire,
20:35il va y avoir des renoncements, faute de dynamique sondagière,
20:39soit de Christiane Taubira, soit d'Anne Hidalgo ?
20:42Il est un peu trop tôt pour le dire.
20:43Pour l'instant, Christiane Taubira est sous les 5% d'intention de vote dans les sondages.
20:48Elle pourrait ne pas aller jusqu'au bout ?
20:51Officiellement, elle en appelle encore au rassemblement,
20:53donc elle est toujours sur cette ligne-là.
20:56Son équipe lui donne environ deux semaines,
20:58environ pour voir si sa victoire à la primaire populaire
21:01va entraîner une réelle dynamique.
21:04S'il n'y a pas de dynamique, elle sera face à ses responsabilités.
21:16Merci à Jany Kalimi et Julien Dufay.
21:19Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou,
21:23réalisation Julien Moncouquiol.
21:25Code Source, le podcast d'actualité du Parisien,
21:28est disponible sur toutes les plateformes.
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